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Full text of "Revue de l'Orient chrétien"

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PER  BR  140  .R42  v.20 

Revue  de  l'Orient  chr  etien 


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OCi    Tfi  19 
ML  8l< 


REVUE 


DE 


L'ORIENT  CHRETIEN 


DIRIGEE 


Par  R.  GRAFFIN   et  F.   NAU 


r>£;xjxiEM:jE   série 
Tome  X  (XX) 


20^  volume.  —  1915-1917 


RÉSUMÉ  DE  MONOGRAPHIES  SYRIAQUES  : 

Barsau.ma,  Abraham  de  la  Haute  Montagne,  Siméon  de  Kefar 
'Abdin,  Yaret  l'alflxandrin,  Jacques  le  reclus,  Romanus, 
Tall\,  Asia,  Pantaléon,  Candida,  Sergis  et  Abraham  de 
Cascar. 

{Fin)  (1) 


V.  —  Histoire  de  Jacques  le  reclus  (2). 

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.)bAi^«Jt./o    ><^  COQ  »0    .^A-^CSSO    >£ûâ^*f.^O    .)jL.âa^    OOH^w^ 

(1)  Voyez  ROC,  1913,  p.  270,  379;  1911,  p.  113,  278,  114. 

(•2)  Manuscrit  du  British  Muséum,  Add.  12174,  foL411%  écrit  en   li;>7. 


4  REVUE    DE    L  ORIENT   CHRETIEN. 

Ensuite,  histoire  des  belles  actions  de  saint  Mar  Jacques,  moine  soli- 
taire, égyptien  et  reclus  {\). 

Puisque  nous  nous  sommes  adonnés  à  écrire  de  nombreux  discours, 
avec  le  secours  des  saints  et  l'appui  de  la  grâce  de  Notre-Seigneur  Jésus- 
Christ...  Après  la  mort  de  Constantin,  empereur  fidèle,  fils  de  Constantin, 
empereur  fidèle  et  victorieux,  et  le  décès  de  Mar  Eusèbe  de  Césarée,  chef 
des  évèques,  et  de  tous  les  évéques  qui  étaient  avec  lui;  alors  régna  Ju- 
lien, l'ennemi  de  la  vérité. 

Il  y  avait  à  la  porte  d'Alexandrie  la  Grande  un  petit  monastère  où  il  y 
avait  cinq  moines  solitaires;  le  premier  était  le  bienheureux  Jacques,  pifis 
Marc,  Elisée,  Joseph  et  Isaïe. 

Quand  ils  apprennent  les  mesures  prises  par  Julien  contre 
les  chrétiens,  ils  songent  à  s'enfuir.  Ils  consultent  le  Seigneur 
et  un  ange  leur  dit  d'aller  au  désert. 

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)oo(  h^l   .^.oocL*  )LsL^a^   );V-^    y--*!  ^^^  )»*o6io  ♦)^»).^q-^ 
|^|..*.^yw^   )ooi  fv^i-aL^;  .^.^  )^'^-^  '^^  It-^t*^?   oiK^peus  ^9 

.^.^io/     ^..Kll^i    OUiOO»    \    ^\o     .^"^^V— =5l^     )ooi    )^K:^9 

JJ^N  -yço  oC^  )ooi  jylx   :oC^  "^o^o;   vju/   )ooi  )^09    ).^oo 
^1/9  "^^^o  .ôi»V   )ooi  ^û.,m.^  )ooi  s^^^I^D;  jL^  JLosoio 

I  .  es    *X.     y^l     ',^'^\^    jKJ^i    OÔI    )^a-Jd9    ^0I09^.....\     ooot 

oooio  Cyooi^t)    ^^o  jLjL_Sa^   anqu    ^o  Jv-*-^"-^?®  1 1  ï »  »  •>; 

Il  y  avait  une  voie  désertique  qui  conduisait  d'Alexandrie  à  Mârià,  le 
chemin  était  d'environ  cinq  jours.  Au  milieu  de  ce  désert,  il  y  avait  une 
tour  construite  par  un  moine  nommé  Gabriel,  dont  la  hauteur  dépassait 
trente  coudées,  et  il  l'avait  nommée  «  la  tour  des  reclus  ».  La  porte  était 
au  milieu  et,  lorsqu'un  homme  voulait  y  monter,  (Gabriel)  lui  jetait  une 

(1)  Cf.  P.  0.,  X,  80,  112,  131  (au  18  septembre). 


RESUME    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  5 

éclielle  et  l'introduisait  ainsi.  Comme  des  caravanes  passaient  par  cette 
route  déserte  et  qu'il  n'y  avait  pas  d'eau,  elles  creusèrent  trois  puits  aux 
environs  de  cette  tour  pour  abreuver  les  hommes  et  les  troupeaux.  Lors- 
que les  bienheureux  eurent  quitté  leur  monastère  et  marché  durant  trois 
jours  et  trois  nuits  dans  cette  solitude,  ils  arrivèrent  près  de  la  tour  et 
s'assirent. 

Gabriel  leur  jette  réchelle  et  les  fait  monter  près  de  lui. 
11  leur  montre  le  tombeau  qu'il  s'est  creusé  et  leur  dit  qu'ils 
sont  envoyés  pour  l'enterrer.  Il  meurt.  Ils  re.stent  là  trois  ans, 
ils  boivent  l'eau  du  puits  et  le  lait  des  animaux  sauvages  qui 
venaient  boire  sans  se  nuire  entre  eux.  Il  passait  aussi  des 
caravanes  (i»--,^),  mais  ils  n'en  acceptaient  que  ce  qui  servait 
aux  saints  mystères. 

Un  jour  ils  ont  le  désir  de  voir  un  saint  homme  d'Alexandrie 
nommé  Moyse  (|j»a^),  et  aussitôt  Satan  prend  la  l'orme  de  Moyse 
et  vient  les  trouver.  Il  leur  dit  : 

)L«^JLy^{  y/    )Ljioi  .)^9{;  ôt...^om\  ôtx^cLûo  ^:bo  .Uf^  f^-^ 
.yoJSu/   >  »S«»   •^V  ^j)^!   ov>r>n  .yoKj/ 

Si  vous  étiez  vraiment  des  moines,  vous  ne  me  demanderiez  pas  ainsi, 
parce  que  les  œuvres  du  moine  le  font  voler  en  un  instant  d'une  extré- 
mité à  l'autre  de  la  terre.  Maintenant,  si  vous  êtes  des  moines,  levez-vous 
pour  aller  où  vous  voulez. 

Satan  s'informe  de  ce  qu'ils  font,  leur  apprend  quels  psau- 
mes ils  doivent  réciter,  et  ils  l'écoutent  dans  l'espoir  d'arriver 
aussi  à  pouvoir  voler.  Jacques  s'aperçoit  qu'ils  ont  eu  affaire 
au  tentateur  et  il  le  dit  aux  frères.  Satan  vient  et  dit  qu'il 
va  leur  montrer  tout  ce  qu'il  y  a  de  beau  au  monde  :  «  Voici  que 
je  vous  amène  Mar  Cosme  (i.^û^cLi>)  patriarche  d'Egypte,  et  tout 
son  concile  (^oj-^cm»)  avec  lui  »  (I). 

(l)  Des  idées  analogues  avaient  cours  chez  les  moines  euchites  d'Édesse,  voir 
Pliiloxène,  lettre  à  Patricius,  éditée  et  traduite  par  Ms'  Rahmani,  Studia 
syriaca,  IV,  1908  et  1909.  Cette  lettre  a  été  traduite  en  grec  et  éditée  parmi  les 
œuvres  d'Isaac  doNinive,  Leipzig,  1770,  p.  540.  —  Le  premier  patriarche  égyptien 


6  REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN. 

Et  il  commença  à  faire  passer  une  illusion  devant  eux  et  ils  virent  le 
désert  et  les  patriaréhes  et  les  évoques  revêtus  de  leurs  habits  avec 
leurs  ornements  et  leurs  mitres,  devant  des  tables  chargées  de  tous  les 
mets  délicats  de  l'univers,  et  des  disciples  et  un  peuple  nombreux  les 
servaient. 

Le  patriarche  prend  la  parole.  Ils  font'un  signe  de  croix  et 
tout  disparaît.  D'autres  visions  suivent  :  un  roi  et  sa  cour,  des 
animaux  effrayants;  des  femmes;  des  mets;  des  fleuves;  des 
arbres;  la  mer;  des  poissons;  des  chars;  des  animaux  mons- 
trueux ;  les  hommes  repoussants  qu'Alexandre  a  vaincus  dans  le 
nord.  Jacques  ramène  les  moines  à  leurs  anciennes  pratiques  de 
prière  et  ils  sont  deux  ans  sans  revoir  le  démon.  Un  ange  or- 
donne alors  à  Jacques  d'aller  à  Amid.  Il  quitte  ses  compagnons 
et  part.  Il  marche  sur  la  mer  et  voit  un  navire,  il  y  entre  et 
demande  aux  matelots  où  ils  vont.  Ils  lui  répondent  qu'ils  vont  à 
Tarse  (-tcoix.^,)  et  un  vent  violent  les  porte  aussitôt  dans  cette 
ville.  Il  y  avait  là  un  jeune  homme  jeté  hors  de  la  ville  parce 
qu'il  souffrait  d'un  ulcère  fétide;  Jacques  le  guérit.  Le  jeune 
homme  se  nommait  Antoine  (vq-^j/),  il  se  joint  à  lui. 

Quand  ils  arrivent  à  Amid,  le  chef  U'^^Ji)  de  cette  ville,  un 
romain  nommé  Anthime  (^Q^^to/),  qui  était  parent  (©vt*-/)  de 
l'empereur  fidèle  Théodose,  avait  un  fils  possédé  du  démon  qui 
errait  dans  les  villages  et  les  montagnes.  Jacques  et  Antoine 
le  rencontrent,  le  guérissent  et  le  conduisent  à  Amid.  Anthime 
les  reçoit;  ils  font  de  nombreux  prodiges. 


du  nom  de  Cosme  semble  avoir  vécu  vers  727,  cf.  Fabricius,  Bibl.  graeca, 
t.  IX,  p.  499,  ce  qui  donne  un  terminus  a  quo  pour  la  rédaction  de  la  présente 
histoire. 


RÉSUMÉ    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  7 

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^-w.  )t-^^A^9  .,-.».-io).-s  ôiJi  v^Wî  ogiio  ^-^  )ooi  K^l  .yjW? 
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»)|..#^2^i    ^^£0^    Ô|^    OV^    )oO|    K^{o    .^dK^OJl 

Après  que  l'empereur  Constantin,  fils  de  Constantin  le  Grand,  eut  bâti 
Amid,  il  l'aima  plus  que  toutes  les  villes  de  son  empire  et  lui  soumit  de 
nombreux  pays  depuis  Ris 'aïnâ  jusqu'à  Nisibe  et  aussi  le  pays  de  Mayfer- 
qat  et  d'Arzoun  et  jusqu'aux  confins  de  Qardou.  Parce  que  ces  pays 
étaient  à  la  frontière  persane,  des  voleurs  perses  faisaient  constamment 
irruption  dans  ces  contrées  et  les  ravageaient.  Le  Tour  'Abdin  était  au 
milieu  de  ces  pays  et  (l'empereur)  y  fit  deux  grands  châteaux  pour  pro- 
téger ces  pays  contre  les  voleurs  perses:  il  bâtit  l'un  d'eux  à  la  frontière 
du  Beit  'Arbaïé,  au  sommet  de  la  montagne,  et  l'autre  sur  le  Tigre,  et  il  le 
nomma  château  de  la  Pierre  (Hesn-Kîfà),  et  il  en  fit  le  chef-lieu  du  pays 
d'Arzoun.  Il  y  avait  à  Amid  même  un  archimandrite  d'Arzoun,  nommé 
Barsabbà  et  il  avait  un  monastère  nomme  Sourgin,  où  se  trouvaient  vingt 
disciples. 

Barsabbà  demande  à  Anthime  de  persuader  à  Jacques  d'aller 
à  son  monastère. 

Rufus  (^asoj),  frère  d'Anthime,  était  chef  (v<"5/)  du  château 
deKîfà  (i^hj  y^-'^]  et  le  monastère  n'était  pas  loin  de  ce  château; 


8  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

ils  se  préparent  à  y  aller,  sont  bénis  par  les  prêtres  et  par  Mar 
Sergis  (>.m.s^-^)  métropolitain  d'Amicl.  Ils  partent  et  arrivent  à 
riiôtellerie  qui  est  appelée  Qen  'Ourba  (io<»  i^otoo.  iid^  t...^  a^uLio© 
i^îoi.  ^)  où  un  enfant  nomme  Halà  (>i-)  demande  à  être  son  dis- 
ciple. Antoine  meurt  en  route,  on  Tenlerre  et  on  bâtit  «  un 
tombeau,  c'est-à-dire  un  temple  (nommé)  de  Mar  Antoine  [ys^i] 
jusqu'aujourd'hui  ». 

Ils  arrivent  «  à  un  village  nommé  Agoursâ  {)^i<^i),  peu 
éloigné  du  monastère  »  de  Barsabbâ;  un  fidèle  nommé  Habib 
(ou.^)  les  reçoit  chez  lui.  Il  avait  un  fils,  nommé  Daniel,  qui 
était  paralytique  depuis  sa  naissance.  Jacques  le  guérit  et 
Daniel  les  accompagne. 

Rufus  (^«cLsoî),  chef  (v«"'/)  de  cette  place,  et  févêque  Benjamin 
(v»v>.i-.)  vinrent  demander  à  être  bénis.  Cela  dura  deux  mois. 

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*^  '  oiioJS.  )i/  fSo  .061  )K...*_aL.^  jK^Mie^io  \iU^  t  ^v  M 
.Q^y^»:^2S>  ).:>CL^9  ^Vol  Jv-^o^  oi.:>ol>.  t-*^;  P  .otntv) 


RKSUME    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  9 

OOOl    QjQ.I^wC0    .061    )U/    OiS-SL.^     v^OIQjQQ.^^  OOOl    Off^i/    ^.dO 

Et  voilà  que  Samîr,  général  du  roi  des  Perses,  se  mit  en  mouvement  de 
Torient  pour  monter  en  ces  pays.  Sa  renommée  se  répandit  par  tout  le 
pays  des  Romains,  et  les  chefs  de  ces  pays  s'éloignèrent  et  entrèrent 
dans  les  châteaux  forts.  Quant  à  Daniel  et  Halâ,  disciples  du  bienheureux 
Jacques,  leur  mère  les  prit  et  ils  descendirent  avec  elle  au  château  fort... 
Lorsque  le  général  Samîr  monta,  il  assiégea  ce  château  fort,  et  (ses 
troupes)  se  répandirent  par  tout  le  pays.  Il  y  avait  en  dessous  un  village 
nommé  Sillouh  près  duquel  était  un  oratoire  des  mages,  bâti  depuis  les 
anciens  temps  à  Héraclès  dieu  des  Perses.  Il  y  avait  dans  cette  maison 
grande  illusion  causée  par  le  diable,  et  chaque  fois  que  les  Perses  mon- 
taient en  ce  pays,  ils  venaient  y  faire  une  fête  et  ils  y  offraient  des 
sacrifices  à  Héraclès  leur  dieu.  Samîr  aussi,  lorsqu'il  assiégea  le  château 
fort  durant  de  nombreux  jours,  monta,  selon  la  coutume,  pour  faire  une 
fcte  et  offrir  des  sacrifices  dans  cette  maison.  Quand  il  y  arriva,  il  planta 
sa  tente  —  il  conduisait  avec  lui  dix  bœufs  gras  pour  le  sacrifice  —  et, 
comme  ses  troupes  s'étaient  répandues  par  tout  le  pays,  il  y  en  eut  qui 
montèrent  à  ce  monastère  (de  Barsabbà). 

Les  bienheureux  décident  en  tin  de  rester  et  de  s'en  remettre 
à  Dieu.  On  arrête  Barsabbà  avec  dix  disciples,  et  Samir  lui  de- 
mande pourquoi  il  trompe  les  enfants  par  ses  opérations  magi- 
ques, il  le  somme  de  sacrifier  à  Héraclès  (1)  dieu  des  Perses. 
Un  serviteur  de  Samîr  voit  un  ange  qui  vient  couronner  les 
(  lisciples  à  mesure  qu'on  les  met  à  mort,  il  se  joint  à  eux  et  meurt 
aussi.  Lorsque  les  disciples  ont  été  mis  à  mort,  on  ne  retrouve 
plus  le  corps  du  serviteur  de  Samir.  Celui-ci  ordonne  donc  de 
brûler  les  corps,  mais  un  orage  de  pluie  et  de  grêle  noie  et  tue 
tous  les  Perses.  Les  gens  du  pays  sortent  de  la  place  forte  et 
ramassent  un  grand  butin;  depuis  ce  jour  la  troupe  {i=°^  des 
Perses  ne  revint  plus  dans  cette  région. 

Jacques  ne  voulut  pas  quitter  le  pays.  On  lui  fit  un  monas- 
tère qui  est  appelé  monastère  du  reclus  (1-^^-=-!  i^-»)  jusqu'au- 
jourd'hui, non  parce  qu'il  s'enferma  là,  mais  parce  qu'il  sortit, 
de  cette  habitation  (k!^'<"),  des  reclus. 

(1)  Écrit  aussi  .m,.\f>j^/. 


10  REVUE    DE    l/ORIENT   CHRÉTIEN. 

)^*»   i^/;    )-^-»/   ""^oo  .on<^  I   oèi  )-^»Q-3   ^^»   ^^-^^io 

Il  y  a,  par  le  monde,  beaucoup  de  monastères  qui  sont  nommés 
«  monastères  des  reclus  »  parce  qu'ils  sont  sortis  de  cette  habitation,  et 
partout  où  il  y  a  un  monastère  nommé  <  du  reclus  »,  ils  sont  sortis  de 
cette  habitation. 

Il  y  demeure  avec  Halà  et  Daniel  et  sa  renommée  se  répand 
en  Arménie  et  en  Syrie,  il  fait  de  sa  maison  une  hôtellerie  pour 
les  voyageurs.  Il  fait  bâtir  un  petit  temple  à  l'endroit  où  Bar- 
sabbâ  et  ses  disciples  avaient  été  couronnés  et  on  rappelle  jus- 
qu'aujourd'hui le  temple  du  saint  archimandrite  Mar  Barsabbâ 
et  de  ses  onze  disciples.  Ils  avaient  été  mis  à  mort  le  18  du 
mois  d'Ab  (août)  (1). 

Le  bienheureux  reclus  demeurait  dans  sa  cellule  et  on  l'y 
servait. 

JJ09   ou^   >âo'X   ^   :^oio^.2ub^  ^ibo   ^^  otioL^   9t-itO   .{..«JL^V/l 

La  renommée  du  saint  parvint  à  Etienne,  roi  des  Arméniens,  et  il  lui 
envoya  un  de  ses  serviteurs  pour  lui  demander  de  prier  pour  lui. 

Une  peste  (ii-ai.pt;  po,;a3)  tombe  sur  le  pays,  on  recourt  au  saint. 
Il  donne  à  Daniel  un  encensoir  et  de  l'encens.  Il  prend  de  la 
poussière  et  la  jette  vers  le  ciel  et  dit  à  ses  visiteurs  :  «  Allez  en 
paix,  il  sera  fait  selon  votre  foi.  »  Ils  retournent  chez  eux  et 
apprennent  que  la  peste  a  cessé. 

Il  y  avait  dans  le  village  voisin  un  soldat  romain  (i-iooî  i-^s), 

(1)  C'est  sans  doute  «  Sabas  et  ses  disciples  •>  mentionnés  au  18  août  dans  le 
martyrologe  de  Rabban  Sliba,  Anal.  BolL,  t.  XXYII  (1908),  p.  192.  Cependant 
notre  calendrier  XII  distingue  Sabas  et  onze  mille  avec  lui  au  16  août  de  Mar 
Barsabbâ  et  ses  onze  disciples  au  28  août  (lire  sans  doute  18),  Palrul.  Or.,  t.  X, 
p.  131.  Ailleurs  (iind.,  p,  7.5)  on  trouve  au  10  avril  «  Mar  Barhadbesabba  et  ses 
onze  disciples  »  rapproché  de  Mar  Saba  (ou  Goustazad)  martyr  perse  au  13  avril. 
Il  s'est  encore  produit  une  confusion  entre  Barsabbâ  et  Jacques,  cf.  Anal. 
BolL,  loc.  cit.,  p.  193  (au  18  sept.).  Nous  verrons  plus  loin  qu'au  20  sept,  est 
mort  (sans  être  martyr)  Jacques  le  reclus. 


RÉSUMi:;    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  11 

nommé  Gousan  (^<h.^  qui  était  très  riche  et  n'avait  qu'une 
fille  unique.  Celle-ci  s'éprend  de  Halà  et  lui  demande  de  la 
prendre  pour  femme.  Il  résiste  ;\  toutes  ses  instances.  Elle  a 
commerce  avec  un  serviteur  de  son  père,  elle  conçoit  un  fils 
qu'elle  cherche  à  faire  périr,  mais  elle  n'y  réussit  pas.  Elle 
l'enfante  et  dit  qu'il  est  de  Halà.  Le  père  emmène  ses  serviteurs 
pour  mettre  à  mort  les  solitaires.  Tout  le  monde  se  réunit,  y 
compris  le  chef  (v<"5/)  Rufus  (^aso;)  et  l'évêque  Benjamin.  Jac- 
ques prend  l'enfant  et  l'adjure  de  parler.  Celui-ci  dit  à  son  grand- 
père  :  «  Ta  fille  a  dormi  avec  Décius  (^cl^o.)  ton  serviteur  et 
c'est  de  lui  que  je  suis.  »  L'enfant  révèle  encore  l'endroit  où  se 
trouve  caché  l'argent  que  la  fille  a  volé  et  donné  à  Décius. 

lâjLaL:}  vQ.j/  aia^io  .01^  \Q-j/  o^Jio  Jjoi  )m;  ^-^  ^oiX 
^i3Da,^o  .jjL^a^  )>^t^  s£Da.«uû099   )^Q"^  «^^oi/o  .)K.d9oV 

Le  chef  Rufus  ordonna  d'amener  la  jeune  fille  et  Décius  et  il  les  fit 
jeter  dans  une  citerne  vide  qui  était  au-dessus  du  monastère  et  on  les  la- 
pida avec  de  grosses  pierres  et  on  la  nomme  «  citerne  de  Décius  »  jus- 
qu'aujourd'hui. On  chassa  Gousan  du  village  et  il  descendit  dans  la 
plaine  qui  est  au  nord  et  il  y  construisit  un  village  et  il  y  demeura. 

La  renommée  de  .Jacques  se  répandit  partout.  I.Ialà  fit  vœu 
de  ne  plus  jamais  parler  à  une  femme.  Il  quitta  son  maître  et 
bâtit  un  monastère  qu'on  nomme  jusqu'aujourd'hui  monastère 
de  Mar  Halà.  Après  avoir  été  reclus  pendant  trente-deux  ans, 
Jacques  tomba  malade.  Il  fit  ses  recommandations  à  Daniel,  puis 
«  sortit  et  s'assit  sur  la  porte  de  sa  cellule  selon  sa  coutume  d-e 
chaque  jour  »;  il  adressa  la  parole  à  la  foule  qui  s'était  réunie; 
il  demanda  à  Dieu  de  bénir  quiconque  prierait,  veillerait  et 
prendrait  une  bénédiction  de  ses  os  (--iû-^  ^  icoîo^).  Il  mourut 
le  20  Elul  (septembre)  l'an  732  d'Alexandre  (121). 

On  le  veille  trois  jours  et  trois  nuits  et  on  l'enterre  dans  le 


12  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

temple.  11  opère   des  prodiges,  on    apporte   des   présents  et 
Daniel  en  profite  pour  embellir  le  monastère. 

•jbLûD  JJ90  )K^9   |ia.«ULo  ôi^  I-L7O0  .jLa^oV  liVi^a   ôi^  )^:-do 
.{.auCD  JJ9    )Voio  .pb^o  l^^a^o  .))L:l^£D   ).jl3Vo  )ioi.^/o  fy.^'^ 

ÔU'.^QJt.  ^^K^OO  .S2l^  V2l^    jjOI  )t»»9     KâV"*0  .JJLX^^    )^0^9    ÔtO 

' . |Liu^V.o    yoo*"^^^!    yooiK °>  t.oK-^o   vooiIq.2S« «.^9    Desinit 
\iY^yj^o   jifL^:do  .j^^CL^^   ov^sJiâ    JL^olSjio  ).jl.».a    joj^  y^^oj 

Lorsque  le  bienheureux  Daniel  vit  que  les  dons  et  les  présents  étaient 
nombreux,  il  commença  à  orner  le  monastère,  il  y  fit  de  nombreuses  cons- 
tructions et  lui  acquit  de  nombreux  biens  :  des  serviteurs,  des  servantes, 
des  bêtes  de  soifime,  des  ânes,  des  brebis,  des  bœufs  innombrables.  Il  y 
mit  avant  sa  mort  cent  frères  pour  porter  les  fardeaux  ;  il  y  planta  de 
nombreuses  vignes,  et  le  monastère  s'enrichit  beaucoup  et  sa  renommée 
se  répandit;  il  acquit  de  nombreux  villages,  et  beaucoup  de  prodiges 
eurent  lieu  par  les  mains  de  saint  Mar  Daniel. 

...  Que  Dieu,  par  les  prières  et  les  supplications  de  tous  les  saints, 
fasse  régner  la  paix  et  le  salut  par  tout  le  monde  ainsi  que  dans  les  égli- 
ses et  dans  ses  saints  monastères.  Que  cela  ait  lieu  en  perfection,  par  les 
prières  de  tous  les  saints.  Amen... 

Fin  de  Vhistoire  de  saint  Mar  Jacques  le  reclus.  Que  sa  prière  soit  avec 
nous.  Amen. 


RÉSUME    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  13 

VI.  —  Histoire  de  Romanus  et  de  l'enfant 

QUI    FUT    martyrisé    AVEC    LUI    (1). 

vcr>o  iv>o»    s^t>^    )"i>-*t-^;    )io90WfiD    K^oo/    )K..«.Xsil    ool 

.90|.^d/   owïa^.9   oôi  IV'âJt.fo  .JL^^^tJ 

jooi  ^oioh^^l  ^^9   jlov^^^/  ♦  s£oaj)..oo.^(vtnv>  oijJSs.wmo  rj^a^s^o 
sâ^V^oSkO  )if^^  ^'^«^'..^o^   j-^t^o/   )ooi  jL^\o  : ^fia^^.jkâuJS»û-CD/ 

^Q ,.  n  J      .vOOiS.      \^lo     ]b«,VK^     ^^■,V)'.>.0»      QJL;o)^9QLâjJ      ^ /o 

^.s    )^t-âo/     ^^9    v.fici^^.«^^xi.^/    *>)X^^    ^a^U9    jLdt-âo/ 
.^OIQ^O^  s£DQJL^O'^  Otia^K^OCL^  ^.oâ  j^.^^  •.^.«JS.oi  >»>^ait 

saJLHlIS,     i^Hâ;     ''^^     )^^!     )%!>•>     jjOt     I  ^»0  ..    OIV>    »  Ji.»,.3> 

oiS«.aL^oi:d  \ \  pf> N^"^  )-^;.âDi  U^t  y^f^  vkia^peu^  JL-^^^;;  JJ/ 

Ensuite    histoire  —  c'est-à-dire    martyre  —  de  saint    Mar   Bomanux 
V illustre,  et  de  V enfant  qui  fut  martyrisé  avec  lui. 
Aux  jours  de  l'empereur  Dioclétien  et  de  son  gendre  Maximien,  l'épar- 

(1)  Add.  ms.  12174,  énorme  manuscrit  écrit  en  1197,  au  monastère  de  15ar- 
sauma  près  de  Mélitène,  sous  la  direction  de  Michel  le  Syrien,  toi.  299'.  — 
Romanus  figure  au  18  novembre  dans  la  plupart  des  calendriei's  syriens,  cf. 
P.  0.,  X,  p.  148,  au  mot  Romanus.  —  Il  figure  aussi  à  cette  date  dans  le  marty- 
rologe romain. 


14  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

que  (gouverneur  d'Antioche)  se  nommait  Asclépiade  et  voulait  entrer  à 
l'église  et  persécuter  les  chrétiens.  Le  bienheureux  Romanus  commença 
par  faire  des  recommandations  aux  fils  de  l'église  et  aux  sous-diacres  qui 
se  tenaient  aux  portes,  et  il  leur  dit  :  «Levons-nous  et  soyons  fermes 
comme  des  hommes  courageux,  et  ne  permettons  par  que  l'éparque  Asclé- 
piade entre  à  l'église.  »  Lorsque  l'éparque  Asclépiade  l'apprit,  il  commanda 
aussitôt  d'amener  Romanus  devant  lui  ;  il  s'assit  sur  son  tribunal  et  il  fit 
comparaître  Romanus.  La  cohorte  dit  :  «  Voici  Romanus.  »  L'éparque  Asclé- 
piade dit  à  Romanus  :  «  Mauvais  coupable,  quelle  était  ta  mauvaise  pensée 
quand  tu  as  donné  ces  ordres  à  l'église?  »  Romanus  dit  :  «Une  convient  pas 
que  tu  entres  dans  l'église  du  Christ,  non  parce  que  le  temple  du  Sei- 
gneur serait  souillé,  mais  de  crainte  que,  dans  ton  audace,  tu  ne  tentes 
de  faire  quelque  chose  d'inconvenant  dans  le  temple  du  Seigneur.  » 

Ils  discutent  longuement,  puis  Romanus  dit  de  faire  venir  un 
enfant  et  de  lui  demander  quelle  est  la  vérité  ;  il  fera  ce  que 
l'enfant  dira.  On  amène  un  enfant  pris  sur  la  place  publique. 

L'enfant  dit  qu'il  faut  adorer  Celui  qui  a  créé  le  ciel  et  la 
terre  par  le  moyen  de  son  fils  unique.  Sa  mère,  qui  était  chré- 
tienne, le  lui  avait  appris.  On  torture  l'enfant  ainsi  que  Roma- 
nus, on  les  mène  en  prison  et  le  juge  ordonne  d'allumer  un  feu 
pour  brûler  Romanus,  mais  la  pluie  éteint  le  feu. 

On  tue  l'enfant,  on  fait  venir  de  force  le  médecin  Ariston 
(^Q^^jj)  pour  couper  la  langue  de  Romanus;  celui-ci  n'en  con- 
tinue pas  moins  à  parler.  Le  juge  reproche  à  Ariston  de  n'avoir 
pas  coupé  la  langue  à  l'intérieur.  Le  médecin  répond  qu'il  l'a 
fait  et  qu'un  homme  ordinaire  serait  déjà  mort.  Il  le  montre  en 
coupant  de  la  même  manière  la  langue  d'un  porc  (i^^^-)  qui 
meurt  aussitôt.  Le  juge  annonce  tout  cela  à  Maximien  qui 
ordonne  d'étrangler  Romanus  en  prison  ;  ce  qu'on  fait. 

^V^K^  ]  <vNvK  tN>^K  ^  vxoQJL^O)  |jLâa^9  oiS^ao  ^9   )ooi 

Desinit  :  Le  couronnement  du  bienheureux  Romanus  eut  lieu  le  18 
du  second  Tichri  (novembre)  ;  des  hommes  justes  l'enterrèrent  en  secret. 
Que  sa  prière  soit  avec  nous.  Amen. 


RKSUMÉ    DE   MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  15 

Fin  de  Vhistoive  de  saint  Mar  Romaniis.  Que  sa  prière  nous  soit  un 
mur  dans  les  deux  mondes. 


■  VIL  —  Histoire  de  Mar  Talia  (1). 

,  ,jyxx  C>|Lcx\j   •  |-«^    ^'r^    l-»-*-^  o^VâOJi  <->")->;    IIS.aïjiL  ^oL 

Ir^-^^  fio  .p^j>  )j   .)t-»V*  )<H^  t-* 

^^    IV-^^  »V^*'^*     ^iVlo    ^'J^^io    ))v>\  ->»;    )iJLd>.âo 

♦)  »N  •> rf>  jooi  v^oioK^{  ^t-^^?  ^!  ot.:baji  JnNxS  ^.«09  ^!bw^9 
Joî^jJ  0001  ^iI^L^;   vOOuVio  J^-n-aji   )ooi  ôt-^CLU  ^;   oiIKj/ 

Ensuite,  histoire  du  saint  aux  belles  actions  :  Mar  Taliâ.  Que  sa  prière 
soit  avec  nous. 

Incipit  :  Au  nom  du  Père,  du  Fils  et  du  Saint-Esprit,  une  nature,  une 
essence,  un  vrai  Dieu  non  créé  et  non  fait 

En  l'an  732  (421)  dans  la  ville  de  Cyr,  au  pays  de  Syrie  (Scham)  où 
régna  le  roi  David,  il  y  avait  un  homme  nommé  Sabelliâ  ;  sa  femme  se 
nommait  Schafirâ  (belle),  et  tous  deux  craignaient  Dieu. 

Ils  n'avaient  pas  d'enfant  et  en  demandaient  un  au  temple 
du  martyr  Mar  Talil  (^^O- 

Après  cinquante-deux  ans,  ils  ont  un  fils  et  une  révélation 
leur  apprend  qu'à  l'âge  de  deux  ans  il  tuera  les  rois  impies  et 
détruira  leurs  idoles.  On  le  nomme  Talià,  et  les  parents  racon- 
tent cette  vision. 

Le  bruit  en  arriva  au  gouverneur  Alexandre,  qui  arrêta  Talicâ  et  ses  pa- 
rents, et  les  conduisit  à  la  ville  de  Djebel  (Byblos)  qui  est  sur  le  rivage  de 
la  mer. 

On  emprisonne  les  parents  et  on  mène  l'enfant  devant  le 

(1)  Ms.  add.  1217-1,  écrit  en  1197,  loi.  420  à  430.  Talià  signifie  «  enfant  -'. 


16  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

juge;  aussitôt  soixante  idoles,  qui  étaient  clans  un  grand 
temple,  tombent.  Le  juge  et  l'enfant  dialoguent.  On  jette  Taliâ 
dans  une  fournaise  et  aussitôt  la  fournaise  et  la  maison  sont 
remplis  d'eau.  Le  juge  lui  dit  :  «  Tu  es  un  magicien  !  »  Taliâ 
fait  semblant  de  vouloir  sacrifier  aux  dieux  ;  on  l'annonce  par- 
tout, on  se  réunit,  et  Taliâ  fait  tomber  les  idoles  et  elles  se 
•réduisent  en  poudre.  Le  juge  l'envoie  en  prison  et  fait  lapider 
ses  parents.  Les  portes  de  la  prison  s'ouvrent  et  Taliâ  en  sort 
pour  aller  braver  le  juge  jusque  dans  sa  chambre  à  coucher. 
On  constate  que  les  portes  n'ont  pas  été  ouvertes  et  le  juge 
ordonne  de  scier  Taliâ  en  trois  morceaux.  On  le  jette  en  dehors 
de  la  ville.  Des  pêcheurs  le  trouvent  et  disent  :  «N'est-ce  pas 
celui-là  que  le  juge  a  fait  scier  aujourd'hui?  »  Ils  se  convertis- 
sent; ils  se  nommaient  Lîqôs  (^otla)  et  Malîs  {-^a^^).  On  les 
conduit  au  juge.  Dès  leur  entrée,  le  juge  est  aveuglé.  On  va 
chercher  des  médecins  à  Tarse  {-^o^-ri)  et  à  Antioche  {^^a.w^J/), 
qui  ne  peuvent  le  guérir. 

On  torture  encore  Taliâ  en  vain.  On  coupe  la  tête  des  deux 
pêcheurs  et  on  jette  leurs  corps  dans  la  mer  le  7  du  mois  de  Ab. 
On  prépare  de  nouvelles  tortures  pour  Taliâ;  il  prédit  que  tous 
les  pays  qui  l'honoreront  seront  bénis  par  Dieu.  On  lui  donne 
six  coups  d'épée  du  côté  droit  et  six  du  côté  gauche.  Il  meurt, 
et  on  jette  ses  os  hors  de  la  ville  ;  mais  un  fidèle  nommé  Hakimà 
(i-v^.-.-.)  les  porte  chez  lui,  dans  la  ville  nommée  Rômaniâ  (j-^jl^oo;); 
il  bâtit  un,  temple  en  l'honneur  du  saint.  Taliâ  fut  couronné  le 
8  ab;  ses  os  sont  conservés  jusqu'aujourd'hui  dans  la  ville 
de  Remania. 

)if..^-.ûoo    )'f.ii.*/o    )J^...jolo    )L^.da-j>.    yo-n^û-jo  Desinit 

jLtOi^o  )v-^o  )L.r»jJ  .jKjjLâ  yOO|..«9Q.^do  jL>.»  •>%   yoot  n  i>  n  •> 

.^.«.^Z   ^a^olS.^  >o^^^o  ^.ajNni-Tto  \.È,ot   «jj, i^  n 

■■^  ^x^to  0|Iq\>j;    .^0(030»»';  pototooo    ^--■■'j-'    )»oiJ=o    :  l-«^  ^>;.io   )-«~.vû;    jtoojil    toa\ji 

Fin  de  r/iistoire  de  saint  Mar  Taliâ,  martyr  illustre,  et  de 
ce  qu'on  peut  écrire  de  ses  souffrances. 

Que,  par  ses  prières,  quiconque  lira  ce  livre  trouve  miséri- 
corde. Amen. 


RÉSUMÉ    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  17 

VIII.  —  Histoire  de  Mar  Asia  (I). 
yà*  ^\  .j^QJL^o  .)'f..«.^CL^  |^f>«i.,.yi^o   ).iL^t°^;   jK^^iii  ooi 

OOI  .|K.iA«r>  •>»!»   oipo    ooC^    jK^a^jil   vix!.ûQ.j    oi  •  .^^Ji^l 
.).t  ty  n  |.JO(9   y.*o(oo(^/  oooi  ^V-ibct!^  )K..29   |^sJUf.^)0  jL^^âL^jL:» 

Ensuite,  histoire  du  saint,  du  solitaire  parfait  et  ascète  revêtu  de  Dieu, 
Mar  Asia.  Que  sa  prière  soit  avec  nous.  Seigneur,  bénis(-nous). 

Incipit  :  Mes  frères,  venez  louanger  le  maître  des  louanges,  celui  qui  a 
créé  le  monde  dans  sa  Providence 

Mar  Asia  était  d'illustre  famille.  Ses  parents  habitaient  la  grande  ville 
d'Elipidia.  Il  était  renommé  près  de  l'empereur  Théodose,   l'empereur 

fidèle  et  grand  et  craignant  Dieu Son  père  se  nommait  Panthèros  et 

.sa  mère  Gorgonia;  et  ils  étaient  justes  devant  Dieu. 

Ils  n'avaient  pas  d'enfant;  ils  ont  enfin  l'idée  d'aller  «  prier 
au  saint  temple  (n^oi)  de  Mar  Jean-Baptiste  ».  Ils  s'y  rendent 
avec  des  dons  et  des  présents,  sont  bien  reçus  par  «  le  saint  qui 
faisait  le  service  dans  ce  temple  »  et  adressent  de  longues 
prières  à  saint  Jean-Baptiste,  pendant  trois  jours,  puis  ils 
retournent  à  leur  ville.  Ils  ont  un  fils  et  veulent  le  porter  à 

(1)  Ms.  du  British  Muséum,  add.  1-2174,  écrit  en  1197,  fol.  78'.  —  Ce  nom 
signifie  •  médecin  ».  —  Cf.  P.  0.,  X,  p.  53,  64,  93,  108,  128  (au  15  octobrej.  Sa 
légende  a  des  traits  de  celle  de  saint  Alexis  et  de  saint  Paul  de  Thèbes,  En 
tout  cas,  il  est  inexact  qu'Asia  soit  Pantaléon  (Pantaléémon)  comme  le  porte 
un  texte  sjriaque,  ib'uL,  p.  64,  note  21.  Nous  le  montrerons  en  résumant  i)lus 
loin  la  légende  de  Pantaléon.  La  légende  d'Asia  (le  médecin)  est  de  tournure 
syrienne;  celle  de  Pantaléon  est  grecque. 

ORIENT  CiinÉTIEN.  2       * 


18  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

nouveau  au  temple  de  saint  Jean-Baptiste  pour  lui  donner  le 
signe  du  baptême  et  le  sceau  du  |xjpov.  Un  anacliorète  du  mont 
Si naï,  nommé  Marc,  reçoit  l'ordre,  par  révélation,  d'aller  lui 
donner  la  paix  et  de  le  nommer  Asia,  parce  qu'il  fera  beaucoup 
de  guérisons.  Il  s'instruit.  Quand  il  a  quinze  ans,  on  lui  choisit 
pour  femme,  suivant  l'ordre  de  l'Église,  la  fille  d'un  éparque; 
elle  se  nommait  Oronia  (i-«o5;).  Le  Saint-Esprit  se  révèle  alors  à 
lui  sous  forme  de  feu  ardent,  et  il  quitte  la  maison  de  ses  pa- 
rents, vêtu  de  soie,  ceint  d'une  ceinture  d'or  ornée  de  pierres 
précieuses.  Il  descend  au  rivage  de  la  mer  et  demande  à  la 
traver-ser.  A  la  vue  de  son  costume,  le  nautonier  (iva.^)  le  prend 
pour  un  fils  de  roi.  Il  donne  son  vêtement  pour  prix  du  passage. 
Ils  vont  vers  Jérusalem.  Ses  parents  viennent  le  réclamer,  mais 
le  nautonier,  comme  il  en  a  reçu  l'ordre,  dit  qu'il  ne  l'a  pas 
vu.  Asia  prie  à  l'endroit  où  le  Christ  avait  été  crucifié  et  prend 
l'habit  monacal.  Il  passe  là  cinq  mois. 

jLsL^JJ  ^j/o  JKjLiy^  )K.j:â09   w^oi-â  Ji>^o   >V^   f^ 

Il  parcourait  ces  saints  lieux  et  il  y  priait.  Il  alla  encore  où  (le  Sei- 
gneur) bénit  les  sept  pains,  et  il  alla  à  cette  chambre  élevée  (cénacle)  où 
Notre-Seigneur  fit  le  repas  (la  Cène)  avec  ses  disciples.  Après  qu'il  eut  prié 
dans  tous  ces  lieux,  il  voulut  en  partir  pour  aller  au  mont  Siiiaï  et  prier  à 
l'endroit  où  la  gloire  du  Seigneur  était  descendue  sur  la  montagne. 

Il  vient  à  un  monastère  où  il  y  a  dix  frères,  y  reste  quelque 
temps,  puis  veut  aller  au  désert.  II  va  alors  au  Sinaï  et  y  trouve 
une  caverne  dans  laquelle  demeurait  un  bienheureux  nommé 
Mar  Dmiit  (-è^i^î  -Pô)  que  des  lions  venaient  servir.  Ils  prient 
ensemble  et  Asia  y  demeure  dix  jours;  puis  il  va  se  faire  une 
habitation  dans  un  trou  {u>-^^  p-j-"  ov^  r^o)  à  une  parasange  de 
Dimit.  Il  demeure  dix  ans  sur  cette  montagne,  et  Dimit  l'appelle 
alors  pour  qu'il  l'enterre  après  sa  mort.  Il  n'avait  pas  d'outil. 


RKSUMÉ    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  19 

mais  les  deux  lions  qui  venaient  constamment  près  de  Mar 
Dimit  arrivèrent  à  la  caverne,  se  lamentèrent  et  creusèrent  une 
fosse.  Asia  veille  Dimit  pendant  trois  jours  et  Tenterre.  Les 
démons  viennent  le  tenter.  Il  demeure  encore  quinze  ans  en  cet 
endroit.  Il  se  rend  ensuite  à  un  village  nommé  ^r^^  (Sandaq). 
Sa  renommée  s'était  d'ailleurs  répandue  tout  autour  du  Sinaï. 
On  le  reçoit  avec  joie.  Les  habitants  avaient  subi  la  grêle  et  le 
chef  du  village  (n^v^»  o,;io)  était  mauvais.  Asia  le  reprend  et  il 
se  fait  chrétien. 

Il  va  àla  ville  nommée  Apamée(u:>=^oi).  L'évêque  de  cette  ville 
le  reçoit  volontiers.  Il  y  avait  un  temple  d'idoles  avec  170 
prêtres.  Asia  prie,  et  le  temple  brûle;  il  baptise  les  prêtres  des 
idoles  et  leur  famille,  soit  près  de  500  personnes. 

Il  se  dirige  vers  Antioche.  En  route,  il  guérit  un  aveugle  et 
d'autres  malades  dans  le  village  de  Gandris  (.iû^î^jl.^).  Près  d'un 
autre  village  il  guérit  un  jeune  homme  qui  demeurait  constam- 
ment dans  le  cimetière. 

II  rencontre  un  messager  du  roi  des  Perses  qui  allait  con- 
clure la  paix  avec  l'empereur  des  Romains.  Le  messager  tombe 
comme  mort.  Asia  bénit  du  baume  (puu.),  le  met  dans  de  l'eau, 
oint  le  messager  et  le  guérit.  Celui-ci  raconte  tout  cela  au  roi 
des  Perses  dont  le  fils,  nommé  Hormizçla  (i.^^ioîoo,),  avait  reçu 
de  nombreuses  blessures.  Les  Perses  conduisent  Hormizda 
près  d'Asia.  Tout  le  pays  d'Antioche  s'effraie,  mais  le  saint 
empêche  les  guerres  et  il  guérit  le  jeune  homme  avec  du  puu. 
mis  dans  l'eau  dont  il  l'oint  ensuite.  Il  ne  veut  rien  accepter, 
«  sinon  une  pomme  d'or  et  un  vêtement  (r-  pi-^°  m^iî?  i'°>-))  et  il 
les  envoya  pour  qu'ils  fussent  sur  la  table  de  vie  (l'autel),  à 
Jérusalem  ». 

Asia  circula  au  pays  d'Antioche  (/-é^/)-  Une  femme  avait  bu 
du  vin  et,  pendant  qu'elle  dormait,  un  serpent  lui  était  entré 
dans  la  bouche.  Le  saint  lui  fait  boire  de  Teau  dans  laquelle  il 
avait  mis  du  baume  (m^)  et  le  serpent  sort. 

Dans  un  autre  pays  [w]  nommé  Tagra  (1^5,1-)»  un  animal  causait 
des  ravages.  Asia  dit  aux  habitants  de  faire  une  croix  avec 
l'eau  mélangée  de  |j-l-  du  côté  par  où  vient  l'animal.  Ils  le  font  et 
trouvent  le  monstre  déchiré  de  bout  en  bout. 

Il  guérit  une  femme  hydropique,  en  lui  faisant  boire  de 
l'eau  mélangée  de  p^-. 


20  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Il  forme  ensuite  le  projet  de  se  rendre  au  pays  éloigné  de 
i..;Qi^  (Qlodia),  qui  était  alors  dévasté  et  désert.  On  n'y  trouvait 
que  des  moines  qui  y  avaient  de  grands  couvents.  Il  y  demeura 
longtemps;  puis  l'empereur  fidèle  Théodose  le  fit  appeler  à 
l'occasion  de  sa  fille  qui  était  possédée  du  démon  (1). 

Quand  ils  viennent  au  pays  des  Romains,  à  une  ville  nommée 
Nicomédie,  on  lui  apporte  des  malades  de  tout  genre  qu'il 
guérit.  Il  se  remet  en  route.  L'empereur  et  toute  la  ville  sortent 
au-devant  de  lui.  Il  guérit  la  jeune  fille.  L'empereur  et  l'impé- 
ratrice veulent  le  retenir,  mais  il  s'embarque  et  regagne  son 
monastère.  Il  y  demeure  un  mois,  et  la  ville  d'Antioche  se 
rejouit  ainsi  que  tous  les  pays  des  environs.  Il  fait  ses  dernières 
recommandations  et  meurt. 

jL^9    )j)uxp    l^r-^  )"i^?    )K.icu».ûo   '.oiv^  ^|io   (en  marge 
)L.ju.f..D9    jK^b^i    K:^eu^^    •^■'^^/    .^-«^^al^^    ^^    9^1 

Alors  le  saint  rendit  son  âme  à  Dieu  et  laissa  son  corps  aux  hommes 
comme  un  dépôt  de  vie  nouvelle  et  un  trésor  rempli  de  secours.  Sa  mort 
eut  lieu  le  Mercredi,  le  15  du  premier  Teschri  (octobre).  Que  sa 
mémoire  soit  en  bénédiction  et  que  sa  prière  nous  aide  toujours.  Amen. 

Fin  de  l'histoire  du  saint  et  parfait  ascète  Mar  Asia.  Que  sa  prière  aide 
le  pécheur  qui  l'a  écrite  selon  sa  force. 

(1)  C'est  ainsi  qu'Aaron  de  Saroug  aurait  été  mandé  à  Constantinople  à  l'oc- 
casion  de  la  fille  de  Constantin  possédée  du  démon,  P.  0.,  t.  V,  724  à  726  et 
735  à  738. 


RÉSUMÉ    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  21 

IX.  —  Histoire  de  Pantaléon  et  Hermolaos  (1). 
Jk*/o    )Ki*,.io    \^^  w>  n  ,  I  ^    6|.^    Jooi    V^ô^    ^ûû.*.^V^^o/ 

).^CL^N»  )*f.âLaDO  .yOJL^Xâ  JOOI  Oi^CLA.;  jL^^^^  j'^  oC^  joO| 
f^  ^ÛDV.^^^ij]  OlJiCL^Jl/o  .)oO|  0|.2l^  )1)u..^^  IKy»*^  ,sO 
)ot,^Q.JU^   l«»-C0l    JOCK    ^OtoK.*/;    )Lju/   .uaDCll^myao/     )oO|    0<.:bCLJl9 

)ooi  yjii^/  ^«.^s^S^ji»  otloiS,  ^.sjN  m  >o 

^OL^k^o  .^£Do)L^9{  Jooi  oi.:»ajL9  ^^   |»..OLi)  ^9   jooi  K.»{ 
.)L:>w.aJl9  9    oi.wi.ao9  9    ^1^    jju.^^'^    ^Vio    ooi  oiv^oib^^    jooi 

(.^CL^^^^XDVâ;   ^^^iOO yOJL^^JLS  )o01  ^li.  K..)jL.»bo/9  jLau./ 

^^^     V^^a^9     ^iÔ    ^^09     JLtOOl     Ol.^     )o01     0.-Kd9      ^Sl^^^OJ     )oO| 

Jia-^eu^    )joi    A^  rr>i    )L^v>ivi°>oot9    ^t-^o^oo    |Ljo(    ILi^^^oâ 

^^K.^.^.    )l.*^^9    jioViJi     ^OOI   ^L^L^^l     ^9    >    I...  l/    .>ClS.KjlJ 

)90Uûû    t-*^  sooiJ^s    .)LaL2S.^9    ^otâ.^^...o    ^/t^-o    QLS^ji/9 

sOO(.X39     JIN  V>t     .OOOi     OlSISwSI/      -'^«  '^  -  /VN>NX^     v.^b^0cLwâ9 


(1)  Brit.  Mus.,  add.  ms.  12142,  fol.  87'',  du  m"  siècle.  Cette  pièce  est  traduite 
du  grec  et  concorde  en  substance  avec  Acta  SS.,  juillet,  t.  VI,  p.  412-420.  Voir 
aussi  P.  0.,  X,  82,  au  27  juillet,  et  Synaxaire  de  Constanlbiople,  éd.  Delehaj'e, 
p.  847,  à  la  même  date.  —  Nous  voulons  montrer  que  Pantaléon  est  différent 
d'Asia.  —  Voir  aussi  René  Basset,  Le  synaxaire  arabe  jacobile,  P.  0.,  I,  339, 
au  12  octobre. 


22  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

yjp090    .\^l     )oi^9     )K  ..O  -MiJS^    .)oO|     ^0|oK.^/     yQ^ojL^ULâ 
Vl^s^C^    )V-^^/o    ).**-S*QJl     oi!^9    .)Lll9a.09    )^0990    .)L^y^.«wJL^    >^QJL^ 

Martyre  de  saint  Pantaléon  et  du  prêtre  HermoJaos  avec  beaucoup 
d'autres  dans  la  ville  de  Nicomédie. 

Sous  le  règne  du  méchant  et  impie  Maximin,  beaucoup  de  gens  mépri- 
sèrent la  vie  de  ce  monde  pour  la  foi  en  Dieu  et  le  royaume  promis  par 
Notre-Seigneur  Jésus-Christ  à  ceux  qui  croient  en  lui 

A  cette  époque,  un  sénateur,  nommé  Eustorgios,  habitait  la  ville 
de  Nicomédie  et  avait  un  fils  unique,  nommé  Pantaléon,  qui  avait  appris 
l'écriture  séculière  et  beavicoup  de  sagesse.  Il  le  donna  liiin  chef  médecin, 
nommé  Euphrosynus  qui  était  renommé  dans  l'empire  de  l'impie  Maxi- 
min. Ce  médecin  prit  Pantaléon  et  lui  enseigna  patiemment  l'art  de  la 
médecine,  et  il  demeurait  constamment  près  de  lui  dans  le  palais 

11  y  avait  un  prêtre  nommé  Hermolaos  qui  s'était  caché  avec  deux 
chrétiens,  au  temps  de  la  persécution  de  l'impie  (Maximin),  dans  un  monas- 
tère où  Pantaléon  passait  constamment 

Desinit  :  Parce  qu'il  y  avait  un  ordre  de  l'empereur  qui  condamnait  à 
mort  ceux  qui  oseraient  prendre  les  actes  (des  martyrs),  nous  nous  som- 
mes éloignés  aux  pays  de  l'Orient,  parce  que  nous  avions  été  accusés 
devant  l'empereur.  Pantaléémon  a  été  le  couronnement  de  tous  les 
martyrs  qui  ont  été  mis  à  mort  sous  le  règne  de  Maximin,  pour  la  gloire 
de  Dieu  le  Père  et  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ  et  du  Saint-Esprit,  à  qui 
gloire  et  honneur  dans  les  siècles  des  siècles.  Amen. 

Fin  du  martyre  de  saint  Pantaléon  et  du  prêtre  Hermolaos  et  des  reli- 
gieux Hermip'pus  et  Hermocrate  qui  furent  martyrisés  avec  beaucoup 
d'autres  saints  dans  la  ville  de  Nicomédie  (1). 

(1)  Le  même  manuscrit  du  vr  siècle  (add.  12142)  porte,  foL  74  à  86,  le  martyre 
de  Cyprienle  magicien,  de  Justa  (lè>^«^)  et  deThéoctisto  (ié>**^^l^)  au  15  juin. 
Ils  figurent  à  cette  date  P.  0.,  X,  42,  où  v«oûx.;aûû  doit  être  lu  '^ûi^;3ûû.  _ 
51.  Wright  relève  les  différences  entre  ce  manuscrit  et  le  ms.  add.  12174,  mais 
nous  avons  constaté  pour  saint  Syméon  stylite  que  le  dernier  est  sujet  à  cau- 
tion. Il  faut  donc  s'en  tenir  au  précédent.  —  Cf.  René  Basset,  Le  synaxaire 
arabe  jacobite,  P.  0.,  I,  285,  au  18  septembre. 


RÉSUMÉ    DE   MONOGRAPHIES   SYRIAQUES.  23 

X.  —  Martyre  de  Qandida  (1). 

.0)IVj-,    pu;    |j>VJt    ^OLi.    y^JLJo    |jL^i::K>  ^.^oa^ 


y^Sj^     9Q.^bJl9     ^Ota^/l      [^l     y9l90    ^«.^OQJÎ..S    .)L 


.jLibO    >^QJl^9 


);0|    ^J     loOl     CH-K^/    K-CS^l/     llDjliO     K-^^O    .KS^JuO 

.ioOl    )..»OkJl 

Martyre  de  la  bienheureuse  Qandida,  qui  fut  faite  prisonnière  au  pays 
des  Romains,  alla  chez  les  Perses  et  fut  femme  du  roi  des  rois  Wartaran, 
avec  les  autres  femmes  ses  compagnes. 

A  l'époque  de  la  première  persécution  qui  eut  lieu  dans  le  pays  des 
Perses,  à  propos  de  la  doctrine  de  Jésus-Christ,  aux  jours  de  Wartaran 
(Warahran  ou  Baliram)  père  du  père  de  Sapor  (2),  roi  des  rois  de  Perse,  la 
bienheureuse  Qandida  fut  couronnée  par  le  glaive  et  entra  au  pays  des 

anges Cette  Qandida  était  une  captive  du  pays  des  Romains  qui  fut 

attribuée  au  roi  de  Perse. 

Le  roi  de  Perse  la  prend  au  nombre  de  ses  femmes  et  la 
chérit  tout  particulièrement.  Les  autres  femmes  en  sont  jalou- 
ses et  font  remarquer  au  roi  qu'elle  n'a  pas  la  même  religion 
que  lui... 

sA.a\   ^jJu    ^.«oCl^o   ^^9    ^j.^    .ôi^   V^/<>    )LaL^:M   )Ijln 

(1)  Ms.  add.  12142,  du  vr  siècle,  fol.  104. 

(2)  En  général  on  écrit  que  Sapor  II  (309  à  37!))  est  fds  de  Ilormizd,  fds  de 
Narsè.  fils  de  Bahram.  Il  est  remarquable  qu'une  inscription  porte,  comme  notre 
histoire  :  Sapor  II,  fils  de  Hormizd,  fils  de  Warahran  (Bahram).  Cf.  Th.  Noldeke, 
Geschichte  der  Perser,  Leyde,  1879,  p.  50,  note  4.  Il  s'agit  donc  de  Bahram  III 
(276  à  293)  et  non  de  Bahram  P'"  comme  l'écrit  M.  Wright,  Catalogue  des  7nss. 
syriaques  de  Londres,  p.  1093,  note,  car  on  lit  Patr.  Or.,  t.  IV,  p.  238,  que 
Bahram,  qui  régna  dix-neuf  ans  et  10  mois  à  partir  de  590  d'Alexandre  (279), 
«  fit  tuer  Qandira  sa  femme  (lire  Qandida),  qui  était  d'origine  romaine,  parce 
qu'elle  croyait  à  la  religion  chrétienne  «. 


•24  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

JîQJL^o   jLsL^axS.   s^^a^^oo   ^^^^Kl^b^^^    ^a^î/o  .^Kb^^9    ^ly^ 
.JL^^ûJ    *uoia^  uw^sa^;   JjlSl*/   .JJL^cl^  V.ii^o 

L'empereur  lui  dit  :  «  Tu  vois  que  je  t'ai  ai.mée  et  honorée  plus  que 
les  autres  femmes,  obéis-moi  donc  et  partage  ma  religion  ;  abandonne  la 
tienne  et  adore  le  soleil  et  le  feu  et  vénère  l'eau,  afin  que  mon  amour 
pour  toi  aille  en  augmentant.  » 

Elle  ne  lèvent  pas,  parce  que  le  soleil,  l'eau  et  le  feu  ne  sont 
que  des  créatures  de  Dieu.  Le  roi  la  fait  enchaîner  en  prison. 
On  la  frappe,  on  la  promène  par  la  ville,  on  la  torture 

Le  manuscrit  (tronqué)  s'arrête  ici. 


XL  —  Histoire  de  Sergis  l'anachorète  et  d'Abraham  (1). 

Nous  avons  transcrit  le  texte  suivant  sur  un  manuscrit  nes- 
torien  de  Berlin  (Sachau  329).  On  y  trouve  les  idées  mises  à  la 
mode  par  les  écrits  ascétiques  égyptiens,  avec  cependant  plus 
de  mise  en  scène.  Nous  sommes  sans  doute  à  l'époque  et  au 
pays  des  Mille  el  une  nuits.  On  notera  la  réclame  qui  est  faite 
dans  cette  histoire  à  un  évêque  et  à  un  solitaire  de  Cascar, 
nommés  Yzdafneh  et  Théodore,  qui  sont  sans  doute  des  per- 
sonnages historiques  : 

^JLI(    ^9     JOOI  l^-»(    .l-ptia  j>oo,;^/jo  )1JJ>[  (fol.    126  V)  .£ïi.*^Vicj  )C^..>jiL  .iol 

oôi  :\ji)ooi  K^^i  jU/  ^^  voi^^V'^  )ooi  oi.^ajL9  )^^.<w.m..* 
JI3/  v^l.^0^9  ^li  -JoÇ»  ^hH  ot^^  U^  ^'f'^  JI.iai..a» 
)K^»  ^  ^.dj  )|.M  )ooi  ^'^«^Z;  ^9  ooij/o  :)oo(  V-âu»K>fia:M 
^«.jL^oi^  ""^tN-Adôi  \^y^i  :\yx^J^  jooi  >«.ni  t.^  y^f  )ooi  ^^>^/ 
^q.m99  ^6i  ycL'^o  :|ooi  ^'^^Z  )L^(Y>\o  j^îo^  >  »  v>o  »  >  >  tv>I^ 
oiJ^  )ooi  jLLbk  i^)«d909  oi^.,^â  sa/  :)ooi  ^otoh^l  JI-vi.,\ 
t-.^  )oo!  j-.w^^  :)oi-^  y..»^   ^j   );6|   va/   :oi.JL.i.^i  t-^'^-'! 

(I)  Cette  histoire  porte,  dans  le  syriaque,  le  n»  06  ('^^). 


RESUME    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  2o 

jl/  .-vcoi!^  K^/  l^^^,   JK'lo  jioJL^   ^^l  s^l  )K^â  ^-io 

^pKio  »)/  K„,^^i  )J^.ioVo  )Vci^  ^^^0<  )La<HN*^  )  >>oo ...  ^o 
(fol.  127  r)  :yQ..iJ^^^o/  y/  jl/  )ooi  )jl1o  Ji  )o^-^o  :)oo< 
^CL^o  :iooi  ImV^  ^4  ^'*?  oiju^lad  :ot..3)  |  >  nrtn  )'^  •>  foo 
o«J^^  jJ/  :)ia^..»a^  jL^^^oK^)  ^ôi  ou^  )ooi  K.^^  >  ■i.Nôi 
:).jl;L2  )  ^ilo  ..o  jLjLw»  ioS.  va/  :)oo(  ^.ol*  j^ox^  oCSJb  ^a:s. 
joC^  s^.,v>-./»  ^^  ^9  vju{  :)KJL^  fj^/o  );)lI1i>.  iou^  vâ/o 
))^  yL^l   01^2099    jlaiiâa.^  ^  ^  «  flf>9    oôi   :oueL^  1^9^!  s^^/ 

^^  ^00(*^/  )t.^K^9  )oOt  K^/  j'J^t-^  ^j/o  .'It-^  |i^O|^ 
f.^    )<Y>  o^^     :);t^     y^^"^     |..«.^Û..«9  9)-â     ^JLLLD     s^l     OU^     ^^"'^'^ 

:).::aL:^)-s  )bal  ^K-JlJ  ^io  (fol.  127  b)  K-,ooi  v-.L-/  )v^)l 
>  I  >  n^ro  ^  ^^...oôt  ^^^^  '^^^"^^"^^  |  «v^iS  Iv-^l:^  ^'^Lat^o 
w^!;!.^  ^9  t^  :l\^lll  yK.«9po9   )â^jJ9    :|L.*OfJoi  K..^^  ^^ 

|LâÙb^)Ld9  jiojLi/;  )|L^Q-fio  ^^  ^3  :)$2l^  ^9  ycuoi  :Kak^9o 
o/  .Ôiâ  )oo(  j^/  ^aAJ/  jj^K^l  y^l  \\  n.rn  «»  97*^;  •'^Ôl 
:)KjLit  ^io  1^  ^9  9^5  ts^ooj:^^  )^/  ^^s^^^^o  l-»/  ^•>'m  JJ 
l^/;  oml2lJ  ^^  jLàoV^  s->»  ..JSsJ  :^|LaL^  jJo  ).2l^  JJ  K^ 
.  ..•^»  \^  JJ  JL^cuLd  v.«  » °>  I  )t^{9  :KjuL.  |..ju.'ji  Jla^o  JJ^^aJ^. 
'"'îi^aLi  .)ii^a-D)-bo  ..-Jii.  )ooi  Jis-.w2S.  )i»>s^  9^0/90  :)^o6i 
jj^^^l   9K-^   ^-^^  J^^f*^  l-*l    )oudo   J^ocLD   t-'^^   vmoVâ 


26  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

jusuD  ^^^^^io    J-i-^-ioo   (fol.  128  a)  z^-Ji^.  ).-,V-3   t^ 

JJL09   )6io   .*oi^  l^  fï    ^'^^'"^^   y^f^l  ^^   :s.<i.â.qiij;   ôt  >  t  v\ 
^«^01  .)ooi   N\ »  ^ n  1»  i^  o  )  •>  »  \|   Ji  f>^  ^o  tv»  ^^..o  f-M 

:K^001    ji>-^    ^l    )L99Q~d    K^CLXDO    j^  ^    •>\1/    )    «Ni    I  v> 

I  n\o  )  '^N  lyl^  ^3o  :);â90i  K^l  ^ju/9  ^^^.i^ôi  JS^s^Kl^/ 

K^*j     0|K»*J.M     ^.^O     .OU..C09QLâ9     |N.jc.ai3i    )oO(    t-^-2>^     ^^^? 

(fol.  128  b)  y  >  I  ^  ^N  wt^^oi  :^^^99  oO>^  po  :ouL^  K^w^yo 
)o^9   ^K-../  oi^-s^-^J  ^"^-i^'^   ^j— ;l  ^CL^    jJ    :wJb^  *t-^/o 


Q-uKàOL^  Ky^Ji  )v~*)^   Jt-*)-^  Xf^^    :w^«ôi  ^>\  ^m^  vjujj 
^  *  *  *  *  ^ 

^t^i.rx  ^\    ^9    oo(    :^*^A^   ^^?    |jLA,9aâo   wv.»^a^    ""^^   Oi^ 

JJ/  ..sn  >  \Ui  JJo  ^a-J  ;)oA  JJ  :..J^  (fol.  129a)  v^/o 

)^«   );oi-^   ooi  s^  po{  :)LpcLâ  T*^   ^jl^Kjo  ""^w^^Jl/ 

:^«V^   ^/    Xp6/    ^9   )Lj{   ;  s>K  »  ^\o  ^UJJ    ^j)L:)OLbv  J^{ 


RÉSUMÉ    DE   MONOGRAPHIES   SYRIAQUES.  27 

:)oNii  ji;  oi^  >  N  •>  ^.^u^.  )t  ^  vN  )^V-^o  (^9/9  ôt  >*NSrr> 
i  IVS'N   ^9    hs.^6i  )>1^  :|LA-atj/   ).^qjl,^   y^H  W)   ^  j  \  «^  '>o 

jj;    ^j    )^—     ^9   Jl     :)  I  ï  \     Q^   ^    )Lû    s3;  ^9 

.•v-po  ^i-S  .-Ol^  ^,..\  wJu/  yi^l  ^^9  )00|  V^/  .'IIJJL,^©© 
.*)LSL^99    )jp^^   )J^l9    ^9    ).^a^  .*)»oit-^    ).:)0L^^    ^l    jjôi 

.•}j>Jbo  (fol.  129  v)  ^-.jut^L^  1:jI  oC^  p©;  :^^-/  QJl:^ 
ôl^Ja  )oi  :).Dj]bo  oC^  po/  .-Kj/  ^j/  )jl.JJ  ool  oC^  p6/ 
^o)Iû  t-^  y  '^  »  >  Jbn  r>  m  «  o>)  oiiâ9>^^  o(.2^  K^/  )K^i 
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28  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

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^^J     )^oC^     ^fiD09O90)i     ioiSy     9t-ii-     ^^Ôl      Ji:^9      )ioJ^K^1^9 


RÉSUMÉ    DE    MONOGRAPHIES    SYRIAQUES.  29 

:)»V3  iiOb.1  )V-io)KiO;  ^l  jJL^Of  061  ^io  ^;  oiA  j^I 
:iooi  ôuK.-/  JlJliJV^;   )b^j  y^l   ^ou^  )^—  )t— ^^^î   ^^6| 

.•).^;)l-s  )-.v-^  ^^»  (fol.  131  v)   )K^VoV   Uii-io;!  ^^ 

:K-uU/  JL^/  ^i.;  s-ULio^  )K^^1  K^ij  :^-o  t^£0  JJio 
:^'^^w)v^^  Jbjboo  001  «i^^i^^  );^-  ^)CLi.;  jbci^  Ki^iÔJt;© 
K-.ooto  Kjx!aLi  .-KiN^ji  sa/  K*>L*»  )K^»oV  ^oî^^  X;^*^ 
JJ   Ual/f  )oot  Jl:*  JJ   s^^-aJS.  ^   )~^p)  ^;   ^V-^  .)-'♦-; 

J^jLio    Si»-/;   V-^/?   ^©t-S?   01^^^^:^;   )ioK«.K.-*  ^l   );oi 

JLlbjl.^  ^o-i.  yoot.  Nn ,  \   jLîLaL^   vooi^b  o^d   ^io  ).j6i  ^; 

•vooijo»   sa/    tyooiv^»   ^oioK^/   )ji.VvO 


Ensuite  histoire  de  Sergis  l'ermite  et  d'Abraham  de  Cascar. 

Il  y  avait  un  moine  nommé  Sergis,  du  pays  du  Beit-Houzoïê  ;  il  brillait  à 
ce  point  dans  les  travaux  corporels  que  —  pour  ainsi  dire  —  il  ne  man- 
geait pas  :  lorsqu'il  mangeait  une  fois  par  semaine,  il  mangeait,  s'il  le 
pouvait,  du  pain;  d'ailleurs  donc,  tous  les  cinquante  jours,  il  mangeait  des 
légumes  et  des  herbes.  Comme  il  était  encore  ami  des  fatigues,  son  corps 
aussi  était  grandement  occupé  à  faire  sa  volonté,  cela  encore  avec  le 
secours  de  Dieu;  car  il  était  privé  d'habitation,  comme  les  animaux  et  les 
renards  qui  ont  des  cavernes,  mais  il  circulait  sur  les  montagnes  et  les 
collines,  tantôt  sous  le  froid  de  la  neige,  de  la  glace  et  de  la  j^luie,  et  aussi 
par  la  chaleur  brûlante,  exposé  aux  injures  de  l'air,  sans  rien  posséder 
que  l'évangile  (fol.  127  r)  et  l'espérance  qui  s'y  trouve  cachée.  Sa  tunique 
était  très  rapiécée.  De  plus,  il  n'avait  pas  ce  qu'on  appelle  gaieté,  mais  il 
brûlait  entièrement  au  feu,  soit  contre  des  passions  et  les  mauvaises 
pensées,  soit  contre  des  démons  et  les  hommes  iniques.  L'un  des  hommes 
pieux  désira  demeurer  avec  lui  et  mena  sa  vie  pénible  durant  cent  jours,  et 


30  REVUE    DE    l'orient   CHRETIEN. 

il  dit  que  ce  bienheureux  racontait  avoir  demeuré  peu  de  temps  dans  un 
endroit,  et  qu'un  saint  nommé  Abraham,  du  pays  de  Kaskar,  était  venu 
chercher  de  l'eau  à  sa  fontaine.  «  Quand  je  l'eus  remarqué,  (dit-il),  nous 
primes  confiance  (Trappriaîa)  l'un  dans  l'autre  et  je  le  priai  (Tcelatç)  que  cha- 
cun de  nous  révélât  à  l'autre  la  cause  pour  laquelle  il  avait  quitté  le 
monde.  Ce  saint  me  dit  : 

«  J'étais  de  ces  marchands  (fol.  127  v)  qui  courent  la  mer  sur  les  navires 
et  suivent  les  rivages  de  nombreux  océans.  11  arriva,  comme  nous  reve- 
nions du  pays  des  Hindous,  que  le  navire. qui  nous  portait  fut  brisé.  Tan- 
dis que  le  pilote  réparait  le  navire,  je  sortis  un  peu  à  l'écart  des  (autres) 
hommes  et  je  m'endormis.  Les  matelots,  soit  à  cause  du  grand  nombre 
des  passagers  de  ce  navire  —  car  il  y  avait  environ  trois  cents  personnes 
—  soit  pour  une  cause  que  je  ne  connais  pas,  m'abandonnèrent.  Quand  je 
sortis  du  sommeil,  il  n'y  avait  plus  de  navire,  ni  de  camarades.  Tout 
(homme)  intelligent  comprendra  de  lui-même  quelle  angoisse  et  quelle 
seconde  mort  j'ai  souffertes  :  je  ne  pouvais  pas*me  jeter  à  la  mer  et  je  n'a- 
vais pas  de  nourriture  pour  demeurer  dans  File;  de  toute  manière  je 
restai  dans  l'île  et  j'y  errai.  Au  bout  de  trois  jours,  comme  j'étais  dans  la 
douleur  et  l'angoisse  (fol.  128  r)  à  cause  de  la  faim,  de  la  fatigue  et  de  la 
séparation  d'avec  mes  compagnons,  Notre-Seigneur  —  à  qui  absolument 
rien  n'est  caché  —  ouvrit  les  yeux  de  mon  àme  et  voilà  que  devant  moi 
était  un  palmier  sur  lequel  la  sainte  croix  était  fixée.  Alors  je  fus  aussitôt 
fortifié;  je  me  mis  à  genoux  et  je  priai.  Je  compris  qu'il  y  avait  quelqu'un 
là.  Comme  je  regardais  de-ci  de-là,  j'aperçus  (une  caverne)  comme  les 
terriers  des  trous  que  les  animaux  font  dans  la  terre.  J'allai  donc  à  la  porte 
de  la  caverne  et  je  commençai  à  crier  et  à  invoquer  au  nom  du  Christ. 
Lorsque  ce  saint  entendit  le  nom  du  Christ,  il  sortit  aussitôt,  comme  un 
liomme  qui  sort  du  tombeau  ;  le  poil  de  son  corps  était  devenu  le  vêtement 
de  sa  nudité.  Lorsque  je  le  vis,  je  craignis  et  j'en  eus  peur.  Lorsqu'il  vit 
que  je  craignais,  il  me  réconforta  (fol.  128  v)  et  me  dit  :  «  Ne  crains  pas,  car 
je  suis  un  serviteur  du  Dieu  vivant;  mais  toi,  comment  es-tu  venu  ici,  qui 
t'a  amené  et  comment  es-tu  venu?  »  Comme  il  m'interrogeait,  lorsqu'il  vit 
que  je  ne  pouvais  pas  répondre,  il  me  dit  :  «  Je  crois  que  tu  as  très  faim.  » 
Je  lui  dis  :  «  Voilà  quatre  jours  que  je  n'ai  rien  goûté.  »  Il  me  donna  trois 
ou  quatre  grosses  dattes  comme  on  n'en  trouve  pas  partout;  j'en  mangeai 
et  j'en  avais  trop,  bjen  que  cela  n'eût  évidemment  pas  lieu  à  cause  de  leur 
nombre  et  de  leur  grandeur.  11  me  fit  aussi  boire  de  l'eau  comme  les 
cuisiniers  des  rois  en  emploient  pour  rafraîchir  quelqu'un;  ensuite  je 
commençai  à  lui  raconter  peu  à  peu  comment  je  m'étais  égaré  et  séparé 
de  mes  compagnons.  Il  me  réconforta  et  me  dit  :  (fol.  129  r)  «  Ne  sois  pas 
abattu  ni  tourmenté,  mais  prends  courage;  que  ton  cœur  se  fortifie  dans  le 
Seigneur.  »  11  me  dit  encore  :  «  Tu  veux  aller  à  ton  pays  et  chez  toi  ?  »  Je 
lui  dis  :  «  Oui,  seigneur.  »  Je  demeurai  donc  trois  jours  près  de  lui.  Mais 
celui  qui  fait  monter  les  nuages  des  extrémités  de  la  terre,  ainsi  que  les 
éclairs  pour  la  pluie  (1),  agissait  toujours  comme  de  coutume  et  sans  cesse 

(1)  Cf.  Ps.  cxxxiv,  7. 


RÉSUMÉ   DE  MONOGRAPHIES   SYRIAQUES.  31 

rendait  service  au  genre  humain,  car  je  voyais  les  nuées  qui  se  posaient  sur 
la  mer  et  qui  en  emportaient  les  eaux  pour  les  faire  tomber  en  pluie,  et 
j'entendais  aussi  —  non  pas  une  fois  mais  très  souvent  —  une  voix  de 
l'intérieur  des  nuées  qui  disait  comme  le  fait  un  homme  à  son  prochain  : 
«  Bénis,  Seigneur  »,  comme  on  le  dit  pour  la  paix  à  l'église.  Le  troisième 
jour,  au  soir,  j'entendis  encore  la  voix  qui  lui  disait  :  «  Bénis,  Seigneur.  » 
Le  saint  lui  demanda  :  «  Qui  es-tu?  »  Il  lui  dit  :  «  Je  suis  Gabriel  (fol.  129  v) 
l'ange.  »  11  lui  demanda  encore  :  «  Où  vas-tu?  »  L'ange  lui  répondit  :  «  Voici 
que  Yzdafnch,  évêque  de  Cascar,  a  passé  toute  la  semaine  à  prier  sur  le 
sac  et  la  cendre  à  cause  du  manque  de  pluie  qui  (afflige)  cette  région,  et 
j'ai  été  chargé  de  lui  conduire  cette  nuée.  »  Il  lui  demanda  encore  :  «  Que 
portes-tu?  »  (L'ange)  lui  dit  :  «  Cette  grenade  que  j'ai  est  envoyée  par  Élie 
et  Hénoch  à  Théodore  l'ascète  qui  demeure  à  Cascar,  car  depuis  trois  ans 
que  j'ai  promis  d'aller  le  voir,  j'ai  entendu  dire  qu'il  ne  s'est  pas  assis  à 
terre.  »  (L'ange)  ajouta  encore  :  «  lis  ont  envoyé  avec  moi  quelqu'un  pour 
lui  dire  :  Dans  quatre  jours  d'ici  tu  viendras  près  de  nous.  •»  Jl  disait  cela 
comme  un  homme  qui  invite  son  ami  à  un  repas.  Mon  Père  juste,  a  dit 
Notre-Seigneur,  le  monde  ne  Ca  pas  connu  (1).  Le  juste  (fol.  130  r)  parmi 
les  justes  convoque  les  justes  et  les  convoque  au  repas  céleste  et  les  intro 
duit  aussitôt  dans  le  Paradis,  avant  l'arrivée  du  Fils.  Le  saint  dit  encore  à 
l'ange  :  «  Prends  cet  hornme  avec  toi  et  conduis  le  à  sa  maison.  »  Et  aussitôt 
je  fus  emporté  comme  en  songe  et  je  me  ti^ouvai  à  un  mille  de  ma  ville. 

Les  marchands,  mes  compagnons,  étaient  rentrés  dans  leurs  demeures 
et  avaient  annoncé  ma  mort  à  tous,  aussi  mes  familiers  étaient  dans  le 
deuil.  Lorsqu'il  fut  nuit  et  que  j'allai  frappera  la  porte,  j'entendis  le  bruit 
des  pleurs.  On  vint  me  demander  :  «  Qui  es-tu?  »  je  répondis  :  «  Je  suis  un 
étranger  et  je  demande  à  passer  la  nuit  ici.  t>  On  me  répondit  :  «  Va  en 
paix  à  une  autre  maison,  parce  que  celle-ci  est  aujourd'hui  en  deuil  à 
cause  de  son  maître  (fol.  130  v)  qui  est  mort.  »  Je  leur  dis  :  «  Je  suis 
Abraham  le  maître  de  celte  maison.  »  Ils  me  répondirent  :  «  0  notre  frère, 
ne  te  moque  pas  de  nous,  mais  va  à  une  autre  maison.  »  Je  leur  dis 
encore  :  «  Je  suis  bien  un  tel  »,  mais  ils  me  laissèrent  sur  la  porte  d'entrée 
et  rentrèrent  dans  la  maison.  Quand  ils  s'aperçurent  que  je  ne  cessais  pas 
de  frapper,  ils  allumèrent  des  torches  et  des  cierges  et  vinrent  pour  dis- 
cerner la  vérité  du  mensonge  ;  quand  ils  me  virent,  ils  furent  dans  l'éton- 
nement.  Ainsi  se  trouve  réalisé  à  mon  occasion  le  soir  arrivent  les  pleurs 
et  le  matin  l'allégresse  (2).  Ils  me  demandèrent  ce  qui  m'était  arrivé,  mais 
je  leur  fis  signe  de  se  taire. 

Au  matin,  j'allai  près  de  l'évêque  lorsque  mes  amis,  les  nobles  et  les 
grands  de  la  ville  s'étaient  réunis  pour  le  saluer  et  l'entretenir  de  ma 
mort  prétendue.  Quand  ils  me  virent  passer  la  porte,  tous  furent  dans  la 
joie  et  je  racontai  à  l'évêque,  à  sa  demande,  tous  les  grands  prodiges  qui 
étaient  arrivés,  comment  j'avais  vu  un  saint,  comment  un  ange  m'avait 
ramené  et  avait  porté  une  grenade  à  Théodore  (Je  la  part  des  bienheureux 

(1)  Jean,  xvii,  25. 

(2)  Ps.  XXIX,  G. 


32  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Hénoch  et  Elle.  Pour  contrôler  ces  paroles,  l'ami  de  Dieu  envoya  demander 
au  divin  Théodore  une  part  de  la  bénédiction  qui  lui  avait  été  adressée 
par  les  saints  et  il  reçut  trois  grains  de  cette  grenade  ;  chacun  d'eux  était 
comme  le  doigt  d'un  homme.  Toute  la  ville  fut  dans  la  joie  à  cause 
des  prodiges  que  Dieu  avait  faits  en  un  jour  :  d'abord  la  pluie  qui  avait 
arrosé  la  terre  en  suffisance,  ensuite  mon  retour  contre  toute  espérance 
après  qu'on  m'avait  cru  mort,  enfin  l'histoire  que  je  racontai  sur  le  soli- 
taire et  les  paroles  que  je  l'avais  entendu  échanger  avec  l'ange  Gabriel. 

A  la  suite  de  toutes  les  grandes  choses  que  j'avais  vues  et  entendues, 
j'allai  me  faire  moine,  mais  j'avais  toujours  le  regret  de  n'avoir  pas  de- 
mandé à  ce  saint  de  demeurer  avec  lui  et  je  mourrai  sans  oublier  jamais 
cette  vision  étonnante.  » 

Cette  histoire  nous  montre  la  vérité  de  la  parole  de  notre  Sauveur  qui  a 
dit  :  Dans  le  monde  nouveau  les  saints  sont  comme  les  anges  de  Dieu  dans 
le  ciel  (1),  mais  déjà  en  ce  monde,  tous  les  élus  reçoivent  consolation  des 
saints  Anges. 

(1)  Matth.,  XXII,  30. 


LITTÉRATURE  ÉTHIOPIENNE 
PSEUDO-CLÉMENTINE 

III.    —    TRADUCTION    DU    QALÈMENTOS 

{Suite)  (1) 


LIVRE  TROISIEME 

PRODIGES    MONTRÉS    A    PIERRE    PAR    LE    SEIGNEUR 

(Fol.  08  v°  b  à  fol.  121  r''  a). 
CHAPITRE  V 

Fondement,  discipline  et  sainteté  de   TÉglise. 

1.  Pierre  est  le  fondement  de  l'Église.  —  2.  Le  choix  des  évèques.  —  3.  Les 
règles  de  l'Église.  —  1.  Les  sanctions  confirmées  par  l'exemple  du  châtiment 
de  Simon  le  Magicien.  —  5.  Sainteté  de  l'Église  du  Christ.  —  6.  Le  tabernacle 
et  la  prévarication  des  Lévites.  —  7.  Le  Décalogue.  —  8.  Canons  pénitentiels. 
—  9.  Virginité,  fiançailles  et  mariage.  —  10.  Excommunication  des  poly- 
games. 

1.  PiERRK  EST  LE  FONDEMENT  DE  l'Eglise.  —  (F.  72  v  b,  suite)  Si  quelqu'un 
désobéit  à  ta  parole  et  à  la  parole  de  tes  semblables  (2),  qu'il  soit  maudit 
de  l'Église!  Ne  lui  ouvre  pas  la  porte  du  royaume  des  cieux,  car  le«  ver- 
rous, les  portes  et  les  clefs  du  royaume  des  cieux  sont  dans  ta  (3)  main.  Je 
suis  le  roc  ;  toi  (aussi)  tu  es  le  roc  de  la  foi  ;  sur  moi  est  ton  assise.  Tu  es 
Céphas,  car  Céphas  veut  dire  7'oc  dans  la  langue  des  Hébreux.  (F.  73  r^  a) 
Sur  toi  je  bâtirai  l'Église  et  les  portes  du  Schéol  ne  prévaudront  pas  contre 
elle. 

2.  Le  choix  des  évèques.  —  (C'est  toi)  que  j'ai  admis  auprès  de  mon 
Père;  (c'est)  à  toi  que  j'ai  accordé  et  que  j'ai  donné  l'Esprit  de  grâce,  afin 
que  toi  aussi  tu  (Daccordes  à  ceux  qui  seront  après  toi,  à  ceux  dont  tu 

(1)  Cf.  ROC,  1911,  1912,  1913  et  1914. 

(2)  M.  à  m.  :  de  ceux  qui  sonl  comme  toi. 

(3)  M.  à  m.  :  sa. 

ORIENT   CHRÉTIEN.  3 


34  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

auras  sondé  le  cœur  et  sur  lesquels  il  ne  se  sera  pas  trouvé  de  tache,  (à 
savoir)  :  celui  qui  est  attentif  sur  sa  parole,  ne  profère  pas  le  mensonge 
et  ne  multiplie  pas  les  occupations  et  les  affaires  de  ce  monde  passager; 
celui  qui  ne  détourne  pas  les  biens  d'autrui  par  l'injustice  ;  celui  qui  par- 
donne la  faute  aux  criminels,  les  convertit  par  une  parole  de  paix,  reçoit 
le  repentir  des  pécheurs,  rend  la  justice  (F.  73  r°  b)  sans  partialité  (ni) 
acception  des  personnes,  sans  soudoiement  (ni)  acceptation  de  prix.  En 
droiture  et  en  équité  tel  donc  (doit  être)  le  jugement  (sur)  celui  qui  est 
digne  d'être  institué  chef  des  prêtres  :  celui  qui  est  éprouvé  en  toute 
œuvre  de  bien;  celui  qui  n'atténue  pas  les  commandements  (1)  du  Seigneur 
de  l'Ancien  (Testament),  du  Nouveau,  des  canons;  celui  qui  interprète  les 
Écritures  du  Seigneur  de  l'Ancien  (Testament)  et  du  Nouveau;  (celui  qui) 
ne  néglige  pas  les  heures  du  jour  et  de  la  nuit;  celui  qui  (2)  n'oublie  pas 
de  se  sovivenir  (.3)  des  pauvres,  des  malheureux,  des  prisonniers,  des  répu- 
diés (qui  se  trouvent)  à  la  porte  de  l'église;  (celui  qui)  ne  dissipe  pas  (4) 
les  ressources  de  l'église  (F.  73  v^  a)  pour  l'administration  (5)  de  sa  mai- 
son ni  pour  l'hospitalisation  (6)  de  sa  famille,  mais  vit  dans  la  droiture  et 
ne  fait  pas  acception  de  la  personne  du  grand  et  du  petit  ni  (de  celle)  du 
riche  ni  du  pauvre.  Quant  à  celui  qui  aura  transgressé  cette  parole,  il  sera 
anathématisé  (7)  et  exclu  de  l'Eglise;  il  ne  sera  pas  édifié  sur  elle  (ni)  sur 
toi,  mais  il  sera  répudié  et  rejeté.  Garde  ma  parole.  » 

3.  Les  règles  de  l'Eglise.  • —  Après  que  mon  Seigneur  m'eut  donné  ce 
commandement,  (il  m'a  enjoint)  de  garder  tout  ce  qu'il  m'avait  ordonné. 
Moi,  de  mon  côté,  j'ai  établi  (des  règles)  pour  l'Eglise,  pour  tous  les  biens 
de  sa  communauté,  pour  toutes  les  œuvres  de  son  (ministère)  (8),  pour 
ses  chandeliers  (9),  (pour)  ses  (F.  73  v°  b)  huiles  (10)  (saintes),  pour  ses 
linges  (11),  pour  ses  autels,  pour  les  sous-diacres,  pour  les  lecteurs  (12), 
pour  les  chantres,  pour  les  laïcs,  pour  les  hommes  et  pour  les  femmes,  pour 

(1)  M.  à  m.  :  le  commandement. 

(2)  M.  à  m.  :  alors  que. 

(3)  Au  lieu  de  HïlC  lire  tH\iC. 

(4)  Au  lieu  de  h.^H.Yj<.  lire  .eH<.. 

(5)  m^,C.  désigne  ordinairement  un  champ. 
((>)  "I^BCS",  état  d'étranc/er. 

(7)  Le  texte  contient  'VCI^Î'";  c'est  une  mauvaise  leçon  :  il  faut  lire  !h<'9° 
(il  est  vrai  que  quelquefois  !hCi:9"  a  le  sens  de  fh<'9°.) 

(8)  Texte  :  "/flJV.  Le  mot  •V-fin  signifie  ici  ministère  sacre. 

(9j  Texte  :  T'IS-tS  [sic).  A  signaler  la  transposition  des  lettres  i.  et  Ç,  le 
véritable  mot  étant  tfoÇ^Tt"  (pluriel).  Cf.  l'arabe  ix^. 

flO)  Texte  :  ïi^m,Ç-tV  {sic].  Au  lieu  de  cette  forme  corrompue  lire  Crtl.'i'^, 
pluriel  de  Crtl.Tr,  baume,  transcription  du  grec  pyiTtvr). 

(11)  M.  à  m.  :  voiles,  couvertures. 

(12)  Ces  trois  derniers  mots  sont  transcrits  du  grec  :  m4A.ilî(',  tpâueÇa;  %t,  s  jÇ, 
^^T^,  vTToôtàyovo;;  ^l'i■7^^rîIm,fl,  àvayvoxjTyi;. 


LITTÉRATURE    ÉTHIOPIENNE    PSEUDO-CLÉMENTINE.  35 

les  enfants  et  pour  les  petits  (enfants),  confomiément  ;i  (celles  de)  Vd  Jéru- 
salem d'en-haut,  la  libre,  celle  qui  est  dans  les  deux,  la  sainte. 

4.  Les  sanctions  confirmées  par  l'exemple  du  châtiment  de  Simon  le 
Magicien.  —  La  loi  a  des  degrés  (1)  :  pour  les  vertueux  le  règlement  bon, 
mais  pour  les  méchants  l'exclusion  et  l'excommunication.  Tel  (2)  (fut  le 
châtiment  de)  Simon  qui  trafiqua  avec  les  fruits  (3)  de  sa  vigne  et  en  ap- 
porta la  moitié  du  prix,  en  voulant  la  bénédiction  de  la  grâce  de  l'Esprit- 
Saint.  En  effet,  son  cœur  était  fou  et  il  lui  semblait  que  par  l'or  il  achète- 
rait la  grâce  (F.  74  r°  a)  du  Seigneur.  Mais  moi  je  me  suis  fâché  contre  lui. 
Sur-le-champ  (4)  il  vit  l'ange  qui  se  tenait  devant  moi,  le  gardien  de  la 
loi  de  l'Eglise  qui  fit  périr  son  âme  et  (la)  fit  descendre  dans  le  Schéol 
inférieur.  (Puis)  des  jeimes  gens  l'enterrèrent.  En  outre,  sa  femme  vint. 
Lorsqu'elle  eut  appris  ce  qui  était  arrivé  à  son  mari,  elle  tomba  à  mes  pieds 
et  me  supplia.  Je  lui  dis  :  «  Pourquoi  avez-vous  tant  irrité  l'Esprit-Sainf? 
Toi  aussi  maintenant,  on  (va)  te  conduire  (au  tombeau).  »  L'ange  qui  avait 
reçu  ordre  de  la  part  du  (F.  74  r°  b)  Seigneur  fit  également  périr  son 
âme. 

5.  Sainteté  de  l'Église  du  Christ.  —  Toi,  de  ton  côté,  ô  mon  fils  Clémeni. 
n'épargne  pas  de  te  fâcher  contre  ceux  qui  méprisent  l'Eglise  et  répri- 
mande-les (5).  Ce  n'est  pas  toi-même  qui  puniras,  mais  c'est  le  Seigneur 
qui  a  établi  pour  l'Eglise  l'Ange  (qui)  la  vengera  par  ta  propre  parole. 
Pour  lui,  il  fera  comme  tu  voudras.  Mais  toi,  commence  (6)  par  te  répri- 
mander (7)  toi-même  et  rends  bonnes  tes  œuvres.  Puis  réprimande  et  fais 
rougir  (8)  (les  autres),  sans  peur.  Combats  pour  la  justice,  jusqu'au  sang. 
En  effet,  le  Père  du  sang  lui-même,  l'Ange  du  Seigneur,  (F.  74  v°  a)  {Jésus- 
Chri:^t)  assiste  (9)  l'Eglise  qu'il  a  acquise  de  son  sang  et  (qu'il)  a  signée  du 
bois  de  sa  croix. 

6.  Le  tabernacle  et  la  prévarication  des  Lévites.  —  Autrefois  il  parla 
(aux  Israélites).  Il  fit  voir  à  Moïse  comment  il  (devait)  faire  l'œuvre  de  son 
tabernacle  qui  est  dans  les  cieux.  11  lui  détailla  (10)  entièrement  (11)  com- 
ment il  (devait)  faire  (cette)  œuvre.  Il  lui  dit  :  Prescris  que  les  ouvriers 
soient  (prompts  à  l'exécuter}.  Mais  pour  les  Lévites  seuls  dispose  une  loi. 

(1)  Texte  :  nnaooiciih. 

(2)  M.  à  m.  :  comme. 

(3)  Texte  :  Hf^fm  :  "hf^V^.  H  faut  prendre  ici  le  verbe  l-'^pm  dans  son  sens 
général  de  trafiquer  et  non  dans  son  sens  particulier  d'acheter.  Très  probable- 
ment la  leçon  est  mauvaise  :  on  doit  lire  "fcrti,  venclU. 

(4)  Texte  :  atCtt  ;  le  sens  demande  qu'on  lise  :  mCtt,^. 

(5)  Texte  :  luf^ao^.  Lire  :  l^fia»'. 

(6)  M.  à  m.  :  ayant  commencé. 

(7)  Texte  :  7/»*».  Lire  :  7/*'K. 

(8)  Texte  :  hftl-zl^Ctfo-.  Lire  :  hil^"^và(i^. 

(9)  M.  à  m.  :  se  lient  debout  pour. 

(10)  >int'rn'ï"«|>4»  signifie  examiner  soigneuse  ment. 

(11)  M.  à  m.  :  tout. 


36  REVUE    DE    l'ORIEXT    CHRÉTIEN. 

Lorsque  les  Lévites  eurent  péché,  comme  les  autres  enfants  à.* Israël,  et 
eurent  adoré  les  idoles  (1),  le  Seigneur  se  fâcha  contre  eux  et  (F.  74  v»  b) 
voulut  les  anéantir  d'un  seul  coup.  Il  apparut  à  Moïse.  Il  descendit  vers 
eux  et  leur  dit  :  Que  chacun  prenne  son  épée  et  tue  (2)  (son)  voisin  (3)  !  C'est 
ainsi  qu'il  leur  ordonna,  parce  qu'ils  avaient  souillé  le  règlement  du  taber- 
nacle qu'il  leur  avait  donné  à  exécuter  sur  la  terre.  C'est  le  tabernacle 
dans  lequel  il  a  habité  avec  les  hommes. 

7.  Le  Décalogue.  —  En  effet,  il  a  écrit  en  lui  les  dix  paroles  de  justice, 
de  ses  mains  saintes.  La  première  de  toutes  (les  paroles  qu'il)  a  dites 
(est)  :  Honore  et  aime  le  Seigneur,  ton  Dieu,  de  toute  ton  âme,  de  toute  ta 
force  et  de  toute  ton  intelligence.  (F.  75  r'^^'  a)  Aime  ton  prochain  comme 
loi-même.  Honore  le  sabbat  du  Seigneur,  ton  Dieu.  Ne  tue  pas  d'âme.  Ne  va 
pas  ve7-s  la  femme  d'un  homme.  Ne  viole  pas.  Ne  sois  pas  faux  témoin.  Ne 
parjure  pas  le  nom  du  Seigneur.  Ne  fornique  pas.  Ne  désire  pas  le  bien  de 
ton  prochain  :  (le  bien)  que  ton  prochain  a  acquis  vraiment  (4). 

8.  Canons  pénitentiels.  —  Au  sujet  de  l'amour  des  hommes  vous  avez  la 
science.  Donnez  (aux  pécheurs)  la  pénitence  (3),  selon  (ce)  qu'ils  ont  fait. 
Que  la  femme  qui  aura  épousé  deux  frères  soit  excommuniée  (6),  et 
que  l'homme  aussi  qui  aura  épousé  deux  sœurs  (7)  soit  excommunié  ! 
(F.  75  r°  b)  (8)  (Que  la  femme)  qui  se  sera  montrée  jalouse  et  que  (celle  qui) 
aura  rendu  odieux  ses  (9)  père  et  mère  (soient  soumises  à  la  pénitence)! 
A  celle-ci  et  à  celle-là  on  remettra  (10)  (leur  péché,  si)  elles  ont  fait  péni- 
tence. (Le  pécheur)  sait  (11)  qu'on  lui  remettra  la  pénitence,  afin  qu'il 
rentre  (12)  (dans  la  communion  de  l'Eglise). 

9.  Virginité,  fiançailles  et  mariage.  —  Enseigne  aux  vierges  qui  n'ont 
pas  épousé  de  garder  leur  virginité  comme  la  pupille  de  l'œil.  Que 
l'homme  forme  son  fils  et  que  la  femme  forme  (13)  sa  fille  !  Qu'ils  ne  plai- 

(1)  "/AG  désigne  les  idoles  sculptées. 

(2)  Lire  jB^'^A  au  lieu  de  .R+^A. 

(3)  Ex.,  XXXII,  27. 

(4)  Ex.,  XX,  12-17. 

(5)  'Vft'h  désigne  ici  la  pénitence  canonique,  imposée. 

(6)  M.  à  m.  :  soit  chaskée. 

(7)  Texte  :  >i'V*P1'  {sic).  Cette  forme  fautive  doit  se  trouver  à  la  place  de  la 
forme  'h'^Vk'  laquelle  est  rare,  puisque  "M^^  se  rencontre  peu  souvent. 

(8)  Les  six  premières  lignes  du  fol.  75  r"  b  présentent  un  texte  en  mauvais  état 
et  par  conséquent  obscur. 

(9)  M.  à  m.  :  leurs. 

(10)  Texte  :  >,floi>  :  /hjÇT. 

(11)  Texte  :  ftjP'O', 

(12)  Texte  :  pV^flR  i  [^ic)  tf"ti  •■  mfTiiï^  »  jB^/Oïi.  Il  serait  préférable  de  lire  : 
^>/hîlR  !  A"*  •  fl'Vfi'h  '•  ^aTlTi.  En  effet,  d'une  part,  le  verbe  MihM  emploie 
la  préposition  n,  pour  désigner  l'objet  de  la  pénitence  :  d'autre  part,  le  sens  géné- 
ral (contexte)  indique  qu'il  s'agit  ici  d'une  remise  de  la  pénitence  imposée. 

(13)  Lire  ^7^»  au  lieu  de  ^•%r"^'. 


LITTÉRATURE    ÉTHIOPIENNE    PSEUDO-CLÉMENTINE.  37 

.sautent  pas  devant  eux,  atifl  que  (leurs  enfants)  ne  se  débauchent  pas  ! 
Mais  comme  nous  avons  prescrit  dans  la  loi  du  mariage,  que  (les  parents) 
les  fiancent,  après  qu'ils  (1)  les  auront  sondés!  Que  (ceux  qui)  (2)  auront 
désiré  et  que  ceux  qui  auront  choisi  de  mariage)  se  contiennent!  Qu'on  les 
mette  d'abord  (F.  75  v°  a)  devant  le  Seigneur  !  On  les  fiancera  à  l'Époux 
céleste,  afin  qu'ils  se  gardent  eux-mêmes.  S'ils  ne  peuvent  pas  se  contenir, 
ils  demeureront  dans  la  loi  canonique  du  mariage  avec  une  (seule)  femme, 
remplie  de  la  crainte  du  Seigneur.  Si  l'union  (se  fait)  dans  un  mariage 
pur,  elle  sera  bénie  par  le  Seigneur.  Le  Seigneur  a  créé  notre  père  Adam 
à  son  image  et  à  sa  ressemblance  et  lui  a  donné  une  (seule)  femme  :  Eve. 
Il  les  a  bénis  et  leur  a  dit  :  Croissez,  multipliez-vous  et  remplissez  la 
terre  (3).  C'est  ainsi  que  le  Seigneur  a  ordonné  (F.  75  v°  b)  (aux  hommes) 
de  demeurer  avec  une  (seule)  femme. 

10.  Excommunication  des  polygames.  —  Quant  à  ceux  qui  demeurent 
avec  plusieurs  (4)  femmes,  (contrairement  à)  ce  que  le  Seigneur  ordonne 
dans  la  Loi,  ils  ne  seront  pas  comptés  avec  les  brebis  du  troupeau  du  Sei- 
gneur. S'ils  se  repentent  et  reviennent,  on  leur  pardonnera.  (Mais)  s'ils  ne 
se  convertissent  pas,  qu'ils  soient  exclus  et  anathématisés  de  l'Eglise! 

(A  siiirre.)  Sylvain  Grébaut. 

Neufmarché  (Seine-Inférieure),  le  4  Mai  1916. 


(1)  Texte:  fl»>»îr»,Ç"V^.   Il  n'a  pas  été   tenu  compte,  dans  la  traduction,  du  m 
;opulatil', 
(■2)  Le  relatif  >iA  est  omis  ici  et  placé  devant  le  verbe  sui\  ant. 

(3)  Gen.,  i,  28. 

(4)  M.  à  m.  :  de  nombreuses. 


DISCOURS  DE  PISENTHIUS 

SUR  SAINT  ONNOPHRIUS, 

ÉDITÉ    ET   TRADUIT    PAR    W.    E.    CRUM. 


A  la  page  143  de  la  ROC,  1914,  M.  Griveau  a  exprimé  le 
vœu  d'être  mieux  renseigné  sur  Pisenthius  (1),  soi-disant 
auteur  de  la  lettre  prophétique  publiée  déjà  dans  cette  revue 
par  M.  l'abbé  Périer;  et  il  parle  à  ce  propos  de  la  Vie  arabe 
(Paris,  fonds  arabe  4785)  encore  inédite  (2).  Cette  Vie  est  en 
effet  ce  que  nous  avons  de  plus  complet  sur  le  fameux  évêque 
de  Coptos  et  ce  n'est  qu'en  l'utilisant  que  l'on  arrive  à  tirer  le 
parti  qu'il  convient  des  deux  Vies  coptes  (3),  dont  tantôt 
elle  abrège,  tantôt  elle  amplifie  les  données. 

J'espère  traiter  ailleurs  toute  cette  question,  avec  les  dévelop- 
pements qu'elle  comporte,  en  publiant  la  collection  considéra- 
ble à!ostraca  et  de  papyrus  appartenant  au  Musée  de  New- 
York  (4)  et  ayant  justement  trait,  en  grande  partie  —  comme 
d'ailleurs  presque  tous  les  ostraca  coptes  jusqu'ici  connus  —  à 
Pisenthius  et  à  ses  contemporains  et  amis  (5).  En  attendant, 
je  profite  de  l'hospitalité  de  la  ROC.  pour  offrir  à  ceux  qui 
s'intéressent  à  l'histoire  de  cette  époque  importante  de  l'église 

(1)  Ainsi  écrit  dans  le  texte  édité  ici.  A  côté  de  plusieurs  variantes  hellénisées, 
on  rencontre  ailleurs  la  forme  originale  Pesente,  Pisente.  Voir  PSBA., 
1908,  260. 

(2)  .Je  l'ai  décrite  en  parlant  du  livre  de  RI.  Budge,  cité  à  la  note  suivante. 
Voir  ZDMG.,  1914,  178. 

(3)  Sa'idique  dans  Budge,  Coptic  Apocrypha,!^  ss.;  bohairique  par  Amélineau 
dans  Mém.  de  VInst.  égyptien,  II. 

(4;  Voir  Winlock  dans  Bulletin  of  the  Metrop.  Mus.  of  Art,  N.-York,  X,  138. 
(5)  L'une  des  collections  les  plus  importantes,  celle  du  Louvre,  a  été  publiée 
d'une  façon  peu  satisfaisante,  par  Revillout,  Rev.  égypt.,  IX,  X. 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  39 

égyptienne,  une  traduction  de  la  seule  composition  littéraire 
qui  nous  soit  parvenue  sous  le  nom  de  Pisenthius. 

Le  texte  même  est  déjà  entre  les  mains  de  tout  coptisant  dans 
le  dernier  volume  de  M.  Budge  (1);  mais  ce  savant  en  ayant 
omis  les  premières  et  les  dernières  pages,  fort  mal  conservées 
du  reste,  j'ai  jugé  utile  d'ajouter  à  ma  traduction  une  réédition 
du  texte  entier.  M.  Budge  a  décrit  d'une  façon  sommaire  le 
codex  d'où  il  est  tiré.  Il  appartient  aux  beaux  volumes,  réunis 
jadis  par  M.  de  Rustafjaell  —  collection  de  provenance  nulle- 
ment homogène,  comme  le  prouvent  du  reste  les  colophons 
et  les  types  d'écriture,  bien  qu'elle  soit  censée  avoir  été  acquise 
dans  les  parages  d'Edfou  ou  d'Esné. 

Notre  volume,  de  19  feuillets  en  2  cahiers  de  8  feuillets 
chacun,  ne  renferme  que  ce  seul  texte.  Il  fut  copié  Fan  1031-32 
{sic)  de  J.-C.  (2),  aux  frais  d'un  habitant  de  Coptos  (3)  (nommé 
peut-être  Mena),  heureux  sans  doute  de  posséder  un  exem- 
plaire d'une  des  rares  homélies  du  seul  évèque  de  sa  ville 
dont  le  renom  ait  dépassé  la  Thébaïde  (4).  L'écriture  est  de 
celles  que  Ton  ne  peut  guère  attribuer  à  l'école  si  féconde  du 
Fayyoum  (5);  elle  est  d'un  type  quelque  peu  postérieur  (6). 
L'enluminure,  rouge,  jaune  et  verte,  d'un  style  fort  grossier, 
n'est  non  plus  du  genre  usité  en  Fayyoum.  De  plus,  l'idiome 
de  l'écrivain,  quoique  peu  soucieux  de  l'orthographe  classique 
et  d'une  négligence  remarquable,  n'est  pas  moins  un  sa'idique 
pur,  sans  trace  de  cette  phonétique  fayyoumique  que  l'on  cons- 
tate partout  dans  les  nombreux  Mss.  de  Toulon.  Je  serais 
donc  plutôt  porté  à  y  reconnaître  le  travail  d'une  école  locale,  à 


(1)  Miscellaneous  Coptîc  Texts,  1915,  p.  1206  ss. 

(2)  Le  colophon  Paris  132',  6H  est  daté  de  l'année  suivante.  Le  volume  fut 
dédié  à  l'église  du  niartjT  Pschemmaô,  près  d'Alvhmîm. 

(3)  Ou  bien  acheté  par  lui,  tout  prêt. 

(4)  Budge,  Copt.  Apoc,  100  ;  «  Car  ton  nom  a  atteint  les  extrémités  du  monde  »  ; 
Ar.  4785,  204  b  :  -•  On  parle  de  ton  bon  renom  dans  les  contrées  syriennes  ■•, 
jL»liJ!    ♦Jli^!.  Inutile  de  dire  que,   en   dehors  de  l'Egypte,   Pisenthius  est 

resté  complètement  inconnu. 

(5)  On  peut  même  se  demander  si  les  calligraphes  du  Fayyoum  ne  travaillent 
exclusivement  pour  le  compte  du  Monastère  Blanc. 

(6)  Cf.  Ciasca,  tab.  XI,  ou  Balestri,  tabb.  XVII  ou  XXV. 


40  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

chercher  peut-être  dans  les  nomes  de  Siout  ou  d'Akhmîm  (1). 

De  Pisenthius  lui-même  il  n'y  a  pas  lieu  de  parler  ici  lon- 
guement; sa  carrière  ecclésiastique  est  suffisamment  connue 
d'après  ses  deux  disciples  biographes,  Jean  et  Moïse.  La  Acrsion 
arabe  précitée  y  ajoute  pourtant  quelques  données  chronologi- 
ques, qui  nous  permettent  les  constatations  suivantes  (2).  Pisen- 
thius naquit  en  Tan  568,  fit  très  jeune  sa  profession  de  moine 
au  fameux  monastère  thébain  de  Phibamôn,  devint  évêque  de 
Coptos  vers  598  et  mourut  en  631  ou  632.  Il  est  à  remarquer 
que,  tandis  qu'au  titre  du  discours  (p.  1)  Pisenthius  est  traité 
d'évêque,  il  ne  figure  dans  la  souscription  (p.  34)  que  comme 
«  Pisenthius  de  la  montagne  (c'est-à-dire  la  communauté 
monastique)  de  Tsinti  ».  Or  c'est  comme  membre  de  cette 
colonie  érémitiquè  que  le  futur  évèque  fit  ses  débuts  de  moine, 
c'est  avec  elle  qu'il  entretenait  jusqu'à  sa  mort  les  relations  les 
plus  intimes,  et  c'est  là  —  probablement  —  que  l'on  déposa  ses 
ossements  (3).  Ses  biographes  font,  à  tout  moment,  allusion  à 
l'activité  littéraire  de  Pisenthius  à  l'époque  où  il  n't'tait  encore 
que  simple  moine;  faut-il  en  conclure  que  la  présente  oraison 
serait  un  produit  de  cette  période  antérieure,  où,  vénéré  déjà 
comme  saint  ascète,  il  n'aurait  pas  encore  été  élevé  à  la  dignité 
épiscopale?  C'est  ce  que  le  titre  de  la  pièce  semblerait  interdire. 

L'occasion  du  discours  (4)  est  Ja  fête  de  saint  Onnophrius, 
l'un  des  anachorètes  les  plus  célèbres  de  l'Egypte;  elle  avait  lieu 
le  16  Payni  (5).  L'endroit,  c'est  le  tôttoç  du  saint,  qui  consistait  en 
une  église  (p.  19)  et  peut-être  en  d'autres  bâtiments.  On  serait 
naturellement  porté  à  chercher  ce  tôttoç  dans  le  diocèse  même 
de  l'auteur,  non  loin  de  la  ville  de  Coptos.  Et  en  effet  un 
fragment  de  contrat  sur  papyrus,  provenant  de  l'époque  et  de 

(1)  Il  est  à  remarquer  que  Zoega  CLII  (Martyre  de  saint  Georges),  dont 
l'écriture  et  l'ornementation  sont  d'une  ressemblance  frappante  à  celles  du 
présent  codex,  fut  écrit  à  Akhmim. 

(2)  Arabe  4785,  199,  201.  Voir  ZDMG.,  I.  c,  179. 

(3)  Voir  mes  Coptic  Ostraca,  n"  25,  note. 

(4)  Toutefois  est-il  à  remarquer  qu'à  la  p.  IG  l'auteur  en  parle  comme  s'il 
avait  été  écrit  et  non  pas  prononcé.  Aurait-il  donc  été  envoyé  à  la  fête  poui- 
être  lu  par  un  remplaçant? 

(5)  Zoega,  565  {^  CSCO.,  73 X);  Brit.  Mus.,  CataL,  n"  140. 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  tl 

Tentourage  immédiat  de  Pisentliius  (1),  fait  mention  d'un 
«  diacre  de  l'église  d'Apa  Onophrios  ».  Or,  puisque  la  ligne 
précédente  cite  «  l'église  d'Apa  Sansnô  à  Pallas  »  (Ballas,  peu 
de  kilomètres  en  aval  de  Coptos),  ce  n'est  pas  beaucoup  risquer 
que  d'y  reconnaître  l'église  dont  il  est  question  dans  notre 
oraison. 

Toujours  est-il  à  remarquer  (]ue  le  célèbre  anachorète,  dont 
on  s'attend  à  voir  raconter  la  vie  et  louer  les  vertus,  n'entre 
en  vérité  que  pour  peu  dans  la  composition  de  Pisentliius,  qui 
le  nomme  à  tout  propos,  mais  sans  témoigner  d'aucune  con- 
naissance de  sa  légende  (2)  :  çà  et  là  quelques  allusions  aux 
exercices  ascétiques  du  saint  (p.  11  fm),  mais  en  des  termes 
tellement  vagues,  qu'elles  pourraient  s'appliquer  également  à 
tout  autre  héros  monastique.  Pour  le  reste,  exhortations  à  une 
conduite  digne  d'être  approuvée  du  saint,  menaces  à  ceux  de 
son  troupeau  qui,  malgré  les  admonitions  déjà  réitérées  du 
prédicateur,  s'obstinent  à  braver  les  préceptes  de  la  morale  et 
de  la  bienséance  —  voilà  le  contenu  d'une  pièce  dont  le  genre 
n'est  point  sans  traits  de  parenté,  en  pensée  tant  qu'en  langage, 
avec  les  sermons  exhortatoires  du  grand  orateur  moral  des 
Coptes,  Schenouté  (3). 

De  même  que  pour  les  sermons  de  ce  dernier,  il  n'y  a  pas 
lieu  de  chercher  ici  un  original  grec.  Quoique  les  documents 
provenant  de  l'entourage  de  Pisenthius  témoignent  d'une 
façon  indiscutable  aux  connaissances  grecques  de  la  société 
thébaine  vers  l'an  600  (4),  il  serait  en  dehors  de  toute  probabi- 

(1)  Coté  sous  le  n°  16402  de  la  collection  Phillipps,  à  Cheltenham.  Ces  papyrus 
(autrefois  collection  Libri)  faisaient  partie  intégrale  de  la  trouvaille  d'où  pro- 
viennent les  papyrus  susdits  du  Louvre.  La  preuve  en  est  que  pas  mal  de 
fragments  se  joignent. 

(2)  Le  texte  sa'idique  en  est  édité  dans  Budge,  Copiic  Marlyrdums,  205;  le 
bohairique  par  Amélineau,  Recueil  de  trav.,  VI,  l*j6  (=  Zoega,  p.  14). 

(3)  Une  phrase  remarquable,  mais  qui  ne  paraît  pas  être  biblique,  leur  est 
commune  à  tous  les  deux  :  OVAAOC  eniOll?  (p.  33  do  notre  texte  et 
CSCO.,  42,  218): 

(4)  Il  est  vrai  qu'il  n'existe  aucun  document  grec,  à  ma  connaissance,  adressé 
à  Pisenthius  lui-même;  de  plus,  il  eut  besoin  d'un  interprète  pour  comprendre 
un  soldat  venu  des  environs  du  Fayyoum  (Budge,  Apoc,  121),  qui  parlait  pro- 
bablement grec  —  il  ne  devrait  guère  s'agir  ici  d'une  simple  ditïérence  de 
dialecte  copte. 


42  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

lité  que  de  se  figurer  l'évêque  se  servant  d'une  langue  autre 
que  l'idiome  indigène  pour  prôner  ses  fidèles  coptes.  Les  mots 
grecs  qu'il  emploie  appartiennent  tous  au  bien  commun  des 
écrivains  coptes,  qu'il  s'agisse  d'une  coniposition  litéraire,  ou 
d'une  simple  lettre  privée. 

Une  remarque  préalable  à  l'édition  suivante.  Malgré  le 
manque  de  tout  système,  tant  en  ce  qui  est  de  la  ponctua- 
tion du  scribe,  que  de  sa  distribution  des  lettres  initiales  (1), 
je  me  suis  astreint  à  en  reproduire  fidèlement  toutes  les  par- 
ticularités, ne  serait-ce  que  pour  démontrer  jusqu'à  quel 
point  on  avait  oublié  au  onzième  siècle  les  règles  saines  de 
l'orthographe.  Là  donc  où  les  phrases  imprimées  se  trouvent 
séparées  par  un  trait,  c'est  que  le  scribe  avait  commencé  le 
mot  suivant  par  une  lettre  majuscule  et  colorée.  Les  lacunes 
du  Ms.  sont  ici  calculées  à  raison  d'une  moyenne  de  10  lettres 
la  ligne;  le  nombre  de  points  entre  crochets  correspond  au 
nombre  probable  des  lettres  perdues.  D'autre  part,  ces  mêmes 
lacunes  ne  sont  représentées  à  la  traduction  que  d'une  façon 
approximative. 

Ma  copie  a  été  faite  sur  une  photographie  de  l'original;  aussi 
ai-je  dû  renoncer  à  préciser  définitivement  la  lecture  de  plus 
d'un  endroit  douteux. 


(1)  Ici  le  seul  but  visible  c'est  la  décoration  équilibrée  des  2  colonnes  :  à  cha- 
cune autant  de  points  rouges,  autant  de  majuscules  enluminées. 


DISCOURS    SUR    S.    ONNOPHRIUS.  43 

[oTAoroc  GAqTcVToq  iKvi  11  1^  (1)  Jaha  n[iceiioioc 
iienicKjonoo  nTrioA[ic  k6I4t'  At)TA]Toq  enep  nueer[6 
LineiTjeMOG      Avto      ii3:aja)[p6]      A.vHetoc      iith      ne\c 

n[et\riOCj  ARA  OTAMOqpe  IIAIIA\ajpiTHC  ATOl 

neipHUIKOC'      GTXHK      GBOA     2HOVeipHlie      IITU      UIIOTTe 
2AUHM 


HAnOCTOAOC  eTOVAAB  HCAe  HAVAOC"  HAAC 

unecfuorqe*  qKA  iiouoc  iiaii  eepAi  erpeiip  nueere 
iiN6iiiio(r  MAI  iiTATXto  iiHTii  un^A3:e  uniioTTe' 
nAi[   .    .    .   JOHO^T     [en:xi]ce     nT[evAHAc]Tpo[<|)H  —  (2)  ] 

ATtO     [    .     .     .     TI|]-(Ôtm[tHv]tIJ         [GT6TniCTIG         eUVirOU  ^.  2 

65     lettres      KAT]A(t)po[nei      un]iiouoc      uniiOTTe      crii 

A(|)OpUH  II2HTOT  GTUTpeTTMTCOMOT         GUeTOTAAB' 

eVTATO    HUAI    ?lie6MAOI(T6'    BTXVH   [uUOc]   :!^eAIITA[    .  .   .    .  ] 

Kepoc  e.'r[  ....]• —  [ Jxooc  [ ]rie\G 

[ ]qnG  [.  .   .]v\r\  environ  85   lettres]  ngutat 

[.    •    .    .]ova)^    t[.    .    .    .]    G6p    AiiAq    u[.    .    .]»'»'expoiiOG 
uîyopn'  —  iiTO(|  OH  unoorne  neiiioTTe  iiotcot  PApne* 
Hneqiy[i]BG  ovag  u[Hq]ncjucoHe  — aaaa  qGBTCOT  6+  crou 
HOTOH  Hiu*  —  haï  gtotco^  G>yconG  iiGtoTH*  (r)  jyAepAi  p.  3 
GTov  (3)  [environ  70  lettres  ]hov[.  .  •   .]ne  \mag['   .  •  .] 

AVU3     u[uA]meXC  [ghJgIAH'  AT6TH[c]tJDTU    HGATHTOAH 

UriAHOGTOAOC    RAI    GTOTG2CA2IIG    HAH     GTpGHCTtO     GHBipG 

unueevG  —  [kata]    og   gtgcixu)    uuog   3C6Api    nuGcre 

HHGTHHOO"       HAI       HTATXtO      IIHTH       UH^A^CG      UnilOTTG' 

eTB6n[Ai]   p[«)]    at6th[ ]  n  [environ  30   lettres] 

HAi[ j   An[A    ovAHoqpGJ    2uriG[200T       u]nGqpn 

(1)  La  lacune  peut  (Hre  d'une  ou  de  deux  lignes,  c.-à-d.  en  tout  de  22  ou  de 
44  lettres  environ. 

(2)  Espace  de  4  ou  5  lettres,  mais  laissé  probablement  en  blanc. 

(3)  GTGHOV  possible. 


44  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

[ueere]    fïTOVA[AB]  UAptîllcajLTu]     IICATA(3glC      eTHHV 

UIIIICAIIAI'    (rrXtU    UIIOC    AeTIITHIITIIVTII    eTfîVlIKiTIC    — 

eunTpeqxooc    rAp   :xf3[TM]THiiT[HVTii]   eTevniL<:Tic*]  — 

iJTOor    ii[eTovAA]B    eTu[  ....:]    eqoT[   .    .    .   ]u    (1) 

p.  4  haii(a)  2un[ei,"jA]3:6  6Tp[euTii]T(o[ii6ii  environ  28  tet- 

ires]^u[ Jah    [.     .     .     .  ]\     HTnic[TIG   .   .    .    .    1 

h[.  .  at]co  -f-pq^:!  uoeiT  2HTOV  iluneTiiAiioTq  TiipoV- — 
A3:iinicTic  oTATcroLiiie  e[e]p  aiia(j  uniiovre"  —  a^xu] 
nicTic  rie[.  •  .  .]  u6p6pto[u6  eijTOOTq  po)  enneTiiAwov([ 

6[ ]epTunpa)U6  [environ  ^"o  lettres]  —  ovag  haï 

ii[.  .  .  .]pcju  Aii[.  .  .  neTJiiAiioTq  [.  .  .Iuaatg  uiieqBeeKe" 

GBOA      2ITIinilOv[Te']  6TB6nAI(rO      IIAUepATe     II^HpH* 

UApeoTow  mu   kcjuz  uroattia  {'2)   unptoue   iia[ikai]oc" 

ATU3   M2AriOC  AHA  OTAUOqpe    nAMA\tOpiTMC    HTCIIAUAAT 

p.  5  2iTuniioTTe    (e)    uiiiiptoue    a-    .    .    iiot[t6    •    .    .    .]akt 

[ ]vcx}[.    .Jba[.    .    .    .]a   •    lie  [ovo]ii  mu  [•  .    •    .j 

uepe  nto[ii2]  eTunHiie  gboa  —  neqBioc  rAp  o  uuai:xi 
CBO    iireiioc    mu     iipiDue    eievAUKiA    mu    erre    eoo'ï'T" 

6IT6       Ceiue'       KAII       TIIIIA^       AIIOTAOCe       AU        lllIKOCUOCi 

umieqpoov^  eT^oveiT*  —  unpocovoei^  UTiictopu 
HTU'  yrxH'  euneiKOGuoc  iiee  ii[  .  .  r  ]emieii[  •  .  gua-] 
ua[at  (3)  ARA  o]vAiioqpe  [iiAi]  eTeiiep  xha  iia(| 
unoov  —  ,X6KAC  eiiepA  (4)  L-  .  .Jevecoue  [.  .  •  lue*  kata 
[nJjyAxe  iiat>:i  cfoa  unexc — aaaa  uApeincoiieu  (5) 
eneqBioG  (jtotaab  hova  hova  npoG  nqetoB  — -hiiATAue- 
THTTM  Ae  (O  iiAuepATe  li^yiipe*  a:eAîyTe  ee  gtijua^ 
p.  6  TiiTtoueii     eiiBioG     uneiptoue     ii.v(jD-(s)co[pe    6tu]uat 

n2[ArioG  aJha  ovAiioqpe"  —  1  ^[ •    •1n[ 

•  .]»'^^•^[pe  ,"Jh]u"  iiai  [gï-Jutakua  [iiTu]uTBppe'  —  u[nii] 
iiieepe    ^nu    [haï    ejTGpeiieTGtouA*    o    iifiBppe    epoor* 

(1)  Ou  ]a,  ou  ]e. 

(.*)  Lisez  GunOAVTIA    —  (3)  Gu  bien  6t]iiua|v.  —  (4)  Ou    eiie2A[. 
—  (5)  Lisez THTtOIKill. 


DISCOURS    SUR    S.    ONWOPHRIUS.  45 

eilTUHÏBppG       UlipOOOVOeiJ'J       ZA.pGZ       61  ItiTeHGCOU  A 

eqovAAB  2HTBBO  iMu  —  a:eKAO  eTeTiiiX^tone"  iiauc] 
[ijj^JHpe'  urieineTOTAAB'eiiTuirrppo  iiiiriHre*  —  eTerii- 
^jAiiijAv  Ae  enueere   at(1)[.   •   .]n  [eiiviron  illettrés] 

tgtHl .]<v(:nii    n[TeTiip]    nu66[ve     iiii]Artoii* 

u[ii]urio\TTiA  uiieipujue  iiaikaioc*  —  irreTMAi'toiiiï.e 
2tt)TTHTTii     ovBeniioBG     HT6q2e    —   iiTeruncuT     gboa 

unueeve*  eooo'i uT6Tii2ApH2  eneTiiTBBo  axiitcoau" 

eiiovunrpuze"  uuovuiitcvuiioc*  eiiuiiTeAGreepoc  mu 

(ï)^AHTOTII,"J(o[(2)  .     .     .      .JrAUOC    [•    •    •    llJllOTTe    [ ]  p.  7 

Co[ ]  AVtO    eT[.    .     .     .]•    eULHAI 

T6]TUAiyUj[ne       H]TeTIITHTUJM        enAlKAIOC'        eiTUHTBBO 

iiTeriicAps  uiinGTiieuT  gttbbhv*  —  KTeriAine 
GTpeneoovT  2Apoe  epoq*  GTeqceiue  atco  erpeTeceiue 
2cotoc'  eneoeoovT  (3)'  atco  iiTeTiip  haikaioii" 
eiiiie  riieBHVci         Tiipov  TeriiA^tonc;  ?toTTHVTii 

iiT6[Tii](4)Ta)iiTHv[Tii  eJnBioc  un[eineTOVAAB].  —  iitok 
[ueii  (o]  neTApxG[i  ejXiieiJKOove'  gk^amiiav  gova 
eqxH'i"  iitroiic*  —  avco  \ifz<\p[ez  e]n2An  iiaikaioij 
iiiiovoii        liiu       —      euHAi        6KiiA^jtone         iipecjKtoe 

eTAIIACTp()c|)M     UIIAIKAIOC'     AMA    ()VAIIO(|pH    AVtO    OU 

lir^ytOriH     n>yBHp     KAVpOIIOUOO     lllieTO'i'AAB     Tupov'    — 

HTOK  etocoK  to  neTovooAe  2iiTcriiiu)ii2  uneiKocuoc* 
(il)  umt[63cp]ia  6T;yo[on  iia]k  u[npocoToei]^y  —  GK[iyAii-  p.  8 
.  .]  uneTÏpo-pjCotoe  iirTUZoxzex  uneTeoviiTAK  epoq'  — 
Av[to  iiJrKTG  TeKO'i:^:  gboa  gtuxi  UHce  eTeop^'i  — iitcah^m 
nneuKe*  2iiiieirrAn:voei(;  taat  iiak  kiia^^jcomo  etotoK 
HAK<|)iAO(;o<|)ei  iioe  iiiigtovaab'  —  BAKcrto^yr  en:s:ice 
iiTevAiJACTpoc|)H  HTiiAiiovc  ATCO  artutioiii"  epoov'  — 

ep^AMOVA  Ae  "f  OVBHK  AVCO  liqi'  liOVO'(]  IIAK  HTOK 
2(OtOK     lli'p  llu[eGVe]   IITUUT2A[pjy    2h]t  liMeTOv[AAB*]   — 

(1)  Ou  Ax['  —  (2)  ?  iyaj[llB-    La  lacune  n'admet  pas  2unl.  —  (3)  2AI 
fut  changé  en  îOOVT-  —  (4)  C'est  tout  ce  que  permet  la  lacune. 


46  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

iirp  2Ap^  [2IIT  ecoJtoK  [iii"t|i]  epoK  eAn[eTiiA]f  (1)  aviibi 
[uuok] — eovij  croij  uuoKeTtocuBe  UAq  uneuTiutoBe  — 

AAAA    AKCtOTII    IICATeiJTOAH     eTOTAAB    6TOVe2CA2lie    IJAK 

ecxu)  uiioc'  3i:eun6pTto(OBe  Jiorneeoov'  enuA 
ijovneeoov  iiaaaV  —  eie  HTKOTp6qTHTa)iir  eujojK 
p.  9  euerovAAB  (e)  eiiTUUTpeqqï  epoK"  oni  trou  [uuo]k 
eaitoK  [e.  .  -1  6a:iJiJKo[oTe  .  .]ov*  u[nno]MHpoc  [•  .  Ooe 
n^iXXG  (2)  uneueitJUT  aavgia  —  haï  eT^ov^yo/  uuoq 
eq:x«3  uuoG  un3:oeic  — xne^xG  AiTco«>Be  uiieTTtocoBe 
MAI  iieeiineeoo'i  ■  eieee  gboa  eiTiiiiA3:A3:e  ei^ovoir  — 
uApeiio'iA  (3)  Ae  novA  uijcotii"  to  iiAuepATe  ii^Hpe' 
-f  2Tnq  eTAiiACTpo(j)H  LineineTovAAB  uuak[ap]ioc' 
A'ïto      ii[ArtJOij]oeeTHC     [neij^oeix      iiAue      iipequi^e 

KAAtOC'    ARA     OTAIlOqpe     II  AH  AX«JpiTHC    HAI     GTOHCGOV? 

euHOOT'  eneq-ronoc  btovaab  —  H:>i:toK  gboa  uneqp 
Hueere  gtovaab  (4)  —  3:eKAc  ereTneovtouz  gboa 
HTeiee'  3:eATeTH^toHCi  eTeTHTUTtoii  eTeqHiCTic 
p.  10  uHneqBioc  eTcovTtoH*  hottaio  (5)  (i)  neTerH^  uuoq 
HHAïKAioc  2HTeTucrHicajov2  eHe[qTon]oc  gtotaab'  — 
e^ytone  oTeTH^yAueipe*  HUOTequocTe  uuoov*- —  uTAeio 

HHGTOTAAB     OTOTB     GTAIO     HIU     eT2l2:unKA2     HC6U6     TAp 

AH  H(ri  H6TOTAAB  Hpeq3:Hp"  2ipeqcujBe'  2ipeq+2H' 
eipeq^AK  HH6vcri:s*  —  uee  uneiptoue  GTHo^yc' 
2ipeqop\6i"  uHHKeeceene  (6)  n^JAoq*  iipeqAHATA  AVto  — 
Avoj  (7)  erue  neoTo  HHeHTAVKtoine  eneT[Bioc] — atw) 
ATu[oo"je  uJeHTq  [enovpJA^e*  A[Ta)  cîv^iJhh 
hcah[ov2u]  uuoot  [eBOA  uJuGrueTHOBe  (8) 
HceuoTAHOi     —    evue      rAp     HiKneApee     eiievuncriA 

N0T06l>y     HHJ    AXHTtUAIl'    eVUe     HH6T^yAHA    eHHOVTB 

eHOT2HT     eqTBBHv    —    tîvue     HiieT2Ape2     eneTrAUoc 


(1)  Ou  [euTAq].  —  (:J)  Lisez:  ?  [kata]    og    un^Aa:e. 
(3)  Budge  à  partir  d'ici.  —  (4)  H2CtOK  —   GTOTAAB  répété  par  méprise. 
-  (5)  Il  manque  l'A  M.  —  (6)  Sic.  —  (7)  Sic.  —  (8)  Sic. 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  47 

eqovAAii"  GTue  iiiiGTeapee  eTiiApoeiiiA  (îCOVaab' 
eiinHï  (ia)  nneveioTe  mai  iiaug*  iieTepe[ii6To]TAAii 
^iue[iiccoo]v  —  A[rto  ev]ovu)>i  [eTperlctoore  ^[eovii]  i>.  il 
(3ii6TTonoc  eTovAAii  —  ijqiiAnoiBe  (1)  ikvi  haikaioc" 
orpeKTAeioq'  eirreKrpAnpo  (2)  iiiiATe]  —  (3K.\uj  uuoc 
iiAq'  xenAGiajT  avco  nAa^oeio  av(o  nnfivoTAAB  atco 
nAïKAioc  —  iiro-K)  A(i  2toujq  eKeuooc  eiiiiezBHre  (3) 
GTequocTe     uuooV    —    iioe     eTeunen:xoeiG     Aiieixfi 

IIHGTTAeiO    IIIIO()'    eilTGVTAnpO    IIIIATe*    IIO(;     IITAqXOOC 

ij[av      e]ii()v:^:nio     —      aieAeptoTii      TexiiuoTTG      &poi 
xen:xoeiG"     iiTeTueipe    au     iiiifi'f-2i:a3     iiuoov  —  e^^e 

GKOVtOiy        AG       GTAGIO       UHAIKAIOC"        TAGIOq       eUHTBBO' 

Un6KCU)UA    (4)* IITAnAlKAIOC    l'Ap    AflA    OTAIlOqpG     H  Al 

GTGIIGp     yJA     IIA<[      linOOV     XeH     HGqBIOG     GBOA     2ll()V?KO 
IIIIOVGIBtr        IIII^GIJOV^yH        npOGIC*       HTOK        AG 

eojtoK   (ib)    lo    npcoue    kaii    6,"iXG    uriiA^    iihgtgvg   au 

IIIIAV    mu"   ,"JAXn   yiTG    UUATG (3IG   KAII    UApeKMHGTGVG 

linGeilG      N200V      gtovaab'      iiiitiihgtia      ggiitg     kata 

GABBATCOir  ^  AVtU    UretO    GpOK    6VKOVI     lllipil    eGIIOV^Mr 

IIIIOVptO^yG  2IIIIG\piA    IIAIIArKAIOII   lirTUG(3V2    20UUT 

IIAK     G20VII     eiiOVIIIITATIIA     G^ytOHG       AG      CU       ripCOUG 

IIAUGAHG"        HAI        GTBIIK      GIITOIIOG        lilIGÏOTAAB      

UTKOVno[pil]oC      H      HTKOv[ ]     H     GKAIa[ ]     (5) 

lin6T2l[TOTto]tOK     eilOv[Kpo]q     GTpGTp      HGBOOV     IIA(|*    Il 
GKnOlllipGVG"    GIIGIIKA   1 1  nGT?iTOVtOtOK    GqiTOV    IITOOTq" 

Il  GKUOCTG    UUO(|    M    GKKC02   Gpoq  eilOVKCO?  GqGA^G*    Il 

nTKovpGqoxDtouG  iineAn  iiriGTerrovtotOK  GTBGAcopon* 

M      UTKO'rpGq-fîG      II       !ITKOVpGq3:i         epAK         2llll,"JA3:(: 

iiAprcon"       (ir)       eiieGiixto      GVGCotoq'      —      G^ton6(FG  j).  i:; 

IIT6TII2GII'fuGIIIG[liG      IJTJGTIIGipG      [|ITGI2g]'     CjU     IIGTBHK 
flTOnOG        IIIIGTOVAAB        —        H        (0)        Gn^LlII^^II        IIIITIIIK: 

(1)  Il  manque  I'aii.  —  (2)  Sic.  —  (3)  ^d")  douteux,  ajouté  i)eut-èlre  après 
coup.  —  (4)  Sur  un  mot  gratté.  —  (5)  Lacune  peut-être  moins  longue.  —  (6)  Li- 
sez GIG. 


48  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

(JTHTIIIiHK*        IJ6I2BHV6  l'Ap  01*61  U6I 1161161  (1) 

ll6T6p6ll6TOVAAB        UOCT6  UUOOV        IIC6II  Ari6ie6         Ail 

IIHTII*       HT6TIIOVOH20T.       6BOA       n2HTTHVTII    llcVAICfA 

IIT60VA    II2HTTIIVTII    p    N  AI*  2U  nTp6TCUJOV?    eiieVTOlKX; 

6TOTAAB         6K^AtlBa)K  PAp  2IIOVI I  pATII  ATI  A* 

IIT6n6IKOGUOC        tO        npa)U6        >yAKCIIOTAA(f6         nAIITUî". 

6UAT6*    eiJCnOTAH    IIIU*   OT     UOIIOII     6T6UTp6K'f    ()C6' 

AAAA  6Tp6KK6pAAII6  2UTeKei6n,"JU)tOT         ATtO 

6K^AIJKTOK    Uee     HTAKBtOK     UUOC     6U6K'f    eilV     IIAAAV   

;yAp6n2ajB  eqeopiy  (2)  iiiuvepAK  6n620vo  —  iiaaaoii  A6 

6K;yAII'f'  OC6  2IIMeUTAKC|ITOV  IIIIUAK  MAI 

p.   14  eTeKIipOGAOKA    (ia)    6pOOV  6Tp6TKtOB    IIAK'   ^J ApeO'ï'WOCF 

iJATnn    ,"ja)n6     iiak    iioviiotr    ijc)to6i."j' — 6^X6  i~iiocr 

OVIl  ilOllOVAH         ;!JOOn         IIAK         CO  npCOU6  IIABHT' 

2lllieTMATAKO  U  llflCAOTKOVI  '      MAI  6T6UII>y(rOII 

UUOOV  6B0U06IA  (3)  6pOK  OVA6  6qiTOV  IIUUAK  6nUA 
6TeKMAB(JOK        6pOq'     Il        (4)        e^,"J6        6pOK        flOVHp* 

6TpeKcnoTAAï.e  6'fen^toa)T  iiaug  unuiKou' 

6TpeK:\noc  iiak — ii6^a)a)T  rAp  iiTiiiiTppo  iiunHT6ii6 

II6TOTAAB*   ATtO    lip6qXI     ll(ro[llC   h](5)  ll6TTU)[pn    uJuOC* 

eTeijeT3ci  uueTH'TXH  no^ouciie"  2iiiJ6eBHV6  er^yoveiT 
uneiKociioc  —  +  n6KeHT(r6  ovii  to  nptou6  euBioc 
iineiptoue  iiaikaioc*  —  A-rto  un6TOTAAB  iiabautik; 
IJAU6  ARA    ovAiioqp6'    iir6iU6"   »:6i iTAq puu AO    (6)    IIA^y 

61126*    eilTUIITppO   IIUnHr6    6TIIHII6   (7)   6BOA   >yA6ll62"  

p.  15  iircnovÀAï.e   etotoK   (le)  co    nptoue    iipuuAo  (8)    iit6I26 

eilTUIITepO  llu[nil]T6  6TUHII6  [gbOa]  ,"JA6Me2  2Ape20-6 
OVIl    6piOTII    to    IIAU6pAT6   UIIIIAi'JHp6    2UT6TI  lOM  IICCOOT? 

62orii     iiTonoc    (9)    iiii6totaab  —    euiieeooT     un6vp 

(1)  iiei  =  116. 

(2)  6q-  est  superflu.  —  (3)  Lisez  6BOHe6l-  —  (1)  Lisez  616»  —  (5)  Budge 
a  lu  ]6  IJ6t;  lisez  donc  peut-être  6l]6.  —  (G)  Lisez  p    puilAO- 

(7)   Forme    fautive   constante   dans    ce    Ms.  —    (8)   Lisez    ijp     puuAO> 
—  (9)  Lisez  eiiTonoc. 


DISCOURS   SUR   S.    ONNOPHRIUS.  49 

Mueeve     cTovAcvr,     a:(3ka(;     iiiieTiictooTe      g2ovn*     tix\ 

IIOTCUOT'        IITeTMXI        ll()VCA20V        GRUA         IIOVOUOV    

eApeecre  epcoTii  to  iiA^yiipè  uuepiT*  iiTeTii^ydint}' 
ïiiuiiTCABc;  iiiu"  eiTe  2iiT(riiKru)X'iT  iiiieTiiiiA.v'  —  eiTe 
?irr()-iiiuoo,"je'  eiTe  2UT(iTiHriii>yA^:e'  iieeioiiB  ab  ou' 
•TUTperiioo>y6"  2iiovuiitacbaa  (1)  —  epeiievBA.x  «iiopu 
eeo'iMi  2uneo  iiAAAv  ii^()()'i"r  2iio'i"uirrAT,"Jiiie* —  ovAe 
uiiepTpevuoo^ye  epfiepAV  (roAn  gboa'  zlirhiua  uijatb 
A»r  AAAA  eimeip  on"  iiri(rreii1~ue'  —  totiicoovn  ivvp 
:xeeic  zaz  iicon  aiaiihiah  eptoru  (is)  to  iieeioiie  p-  i'> 
eTBeiieieiiTOAH  avoi  untîTeiiAueixe'  iiTeTii^'Jirie' 
uTeniAo      eiiTeTiiuAiiiA'    —     T6iior      A6      ou      eiC2AI 

(3inApAKAAei     IIIKOTII    AVtO     6121011     eTtOTTHVTII      GUATH* 

^iioviiocF'  LiriApAiT-eAenA"  eTUTpeAAAV  iiceiue  onTnpq 
p  riBOA  Linpo  unecHi*  epextoc  troAn  gboa*  ovag 
GTLiTpecqei  iiiiecBAA  eepAi  eAneo  iiaaav  iiîoott 
M^yiiuo  enTMp(|"  aaaa  eTpeT6Tiiuoo>ae  iiovoei^  iiiu" 
(«3  iieeioue  6peiieTii[BAA]  riAzr  eriecHT  exunKAe'  — 
<3perieTeii20Bc  (2)  iicaca  iiiu  ^iiiiHTeAevofîpoc  mu*  — 
AVto  TCTiiKocuei  (3)  A6  OU  uutoTii*  uApec^coue* 
•euov>'ji  uue  uuoTuuTceuuoc'  eTeTii+  ii2tutu 
uovoei^u  uiu*  eu^Axe  unuovre"  2uovuo(v  u+  e'i  u(| 
AVto      eTGTuoBe     uuoq      uovoeijy      uiu*     f     gbio     ou 

—  .  —  sic 

uuHTU^upe     Kovi     (is)  erpevuoo^e   etoov    kaacoc'  — p.  u, 
uGTu^yupe  Ae  ou  uceiue"  e'rpevp  uAïuevuT  —  Avto  «p 

UAlUeveAI"        KAI     l'Ap     TCiCBtO     U(JU6IOTe     (4)"     TtJTG^ACn 

^yupH     e?pAi    euovuuTevoepoC         Avct)    TevoMU-f   cbo 

AU  UAV'  eUOTAtOK^  Uef;  U?VAer  UTOO 

;yACTpeTUUTATUA2T(3       +      OVtO        eepAI'    IITCOTU        Ae 

?(OTTUVTU        U200VT         UpeqCtOTU      AVto         UUAIUt:\'t; 

(1)  Lisez  UUTTAtJBAA  (=    U  UT2lACIBAa)< 

(2)  Lisez    epeTt3TU-.  —  (3)    Lisez   TCTUfriHKOCUei.    —   {4j   Lisez 
»Uieu-,  plutôt  que  }m-. 

ORIENT   CHRÉTIEN.  4 


50  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

nAptvrre\er    iiiieTU^Hpe*  euco^ye   euuiiTCABe   mu   — 

TeTIICOOVIl      PAp      3Ç6ll'fAO      AU      61+       CBQl       IIHTII'      AVCU 

61211)11    6TOOTTHVTU   6TB6n6l210B UnepKAAV    6X1    2pAT 

21126113:1      2pAC|      6UII       2HV     n2HTOV*   , orA6       2ll2eiJX«) 

IIAprtOM*     6T6UII      2HV      II2HTOV    OTA6     2ll2eilOV6AA6 

6VOV6pBOOII6"  —  M  lieT3:A2:X  2I126IIBAKA6  1106  6:yAVAAC 
n<ri       IIATCBU)      H       2IIIJKieApU3AOG'        H        AAAT       ll2tUB 

p.  17  iJTeiu6iii6"   (lï.)   oviyHp6    6q3:i   2pAq    II2A2    iicoH    eqx6p 

(ropT6     6p()q    UAVAAq  6IC  2HHT6    "fp     UIITp6     IIHTII     tO 

iiA^upe  —  3C6neTirAAij6A6i  6n6qiyHp6*    eq2iiovnopniA 

6X1.1+  CBU)  IIAq  IKjKTOq  liqil6TAIIOÏ*  n6qKpiUA  IIHV 
62pAI  63;:tOq  2Un6IKOCUOC  (1)"  2IJnK6AÏUJII  T6M'T\H 
6T6p      IIOB6      IITOC      eTIlAUOV'      KATA       n6TCH2      UnUJpcr6 

T6IIOV    Cl)   iiA^np6    iiu6piT'   un6pAii6iX6   ep    liei2BHTe 

n^UAOq       6T6IIII       2MV       II2UTOV  —    II20V0    A6      2llli:yAa:6 

iiAproC  —  :x6KAc  1111611+  iiovirc  uniiovT6 
2iiii6iinpAgic  eeoov*  — aa.va  covn  Tcriiip  ^a  6Tnp6n6i 

tu     ll6\piCTIAIIOC    6TOVAAB    (2)  *   UUnCDTH"     lITlICtOTII 

2tot()ii  opoq  2iTiiiienpoc|)HTHC.  éTovAAB'  eq:xa)  Ouoc 
iiAir     a:e+iiAKTo      iiiieT6ii^A     ev2BB6     (3)*      Avo)     ou 

2C6AIUeCT6  ll6T6lliyA'  AIKTOI  eBOA  UUOOV'         

p.    18  AVO)        A'6+IIACrU)-(lH)^T         Ail'       6Xn  HeTIIOTtOIJ2         6BO.\ 

2llll6TeNIIOCr     ll>yA'    AVIO     ou     X6ll6Teil^A      TAyv\H 

UOCre  UUOOV  eT6TUGOOV20'6  OVU  620VU'  «) 

UAU6pATe  6n6p  nU66Ve*  UUeiUAKApiOC  UlipOCTATHC 
6TOVAAB        n2AriOC         AUA  OVAUOqp6"        UAUAXCUpiTHO 

6TCUAUAAT'  UUOOV  tO  UA^Hp6  UU6piT' 

OVAUArKAIOUn6  en620VO*  AVtO  0VC06IT  TAp 

6UAuovqn6     n6p     nu66V6     uuaikaiog     —     ^opu     uu 

UOO:^i6  2UUIITC6UUOG  lUU*  UUUUTCAB6  UIU 

6T2un6xc      16      ueuyoeic'     —     uee      uTAi^pu      xoog' 

6T6TU+    600V     UnUOVT6*    AVtO    6T6TU+    600V     UIIApUT6 

(1)    Ajoutez    AV(0.    —   (2)    Lisez   6II6TOVAAB,    pour     UU6TOVAAB 
(cf.  p.  22).  —  (3)  Lisez  2UBe. 


DISCOURS   SUR   S.    ONNOPHRIUS.  51 

THpOV       UriAlKAIOC"     AVCO       eT6THTA6IO        II6HOVHHB 

unMOTTe"  uiiH^u^^iT  uneerciACTupioii  eTovAAB"  — 
wjyopn      un     eTeTiiiydiiovcDiy     eei     oboa*     eurieTiiHi' 

6BtOK  en^'JA ,"iAH.\  IJ^yopn    GT6I    6TeTeil2U-(lG)n6TIIHr   p.    19 

KiTeriiTeBe  nxoeio  TApeqcoovTii  HTeTiieiH*  —  crto 
ou'      eTeTWi^Axe*      2iiii^Aa:6       iinuovTe"      uiJiJAruuu 

UHUnOATTGIA  IIIJ6TOVAAB'     IJTeTI  IT  U  AH6I  \e  ep 

MGiuHTAOHT  iiAi  tJTAi^epii  :xoov  epcoTri  IIKGCOri 
ereiixcoiiei  uiiM:?k:AK'  2mi6Tii(ri3f'  mai  eTeTiieipe 
uuooV     iiTtoTii      Ae     (1)     aj      iieeioiiH     otbha     gboa* 

UUII^AXe      II^BtO*       MAI       eTeTIIAtO        UUOOV      AeToeiT' 

ATco    ou     eTeTU>yAMnto2    enuAprupiou'     uiigtovaab' 

+      UneTUOVOI*      UCOOVTU       eTGKKAUCIA    UTeTUi^AHA 

ATtO      JIT6TUCOUO       UUAIKAIOG        6TOVAAB'       eTpeq-f       BG 

uHTii  ep  ueeBHve  erep  AUAq'  eunereutoii?' — uuuou)c 
Ae         ou  UTeTUGOUC         UnAlKAIOC         gtovaab'         aha 

oTAUoqpe'      eTpeq3:i      euoT     e:xujTu      uuAepunyoeic* 
iic|pTuvTu      luln^yA      (k)      eKArpououeï      (2)      uuua(|  p.  20 
euuuuve*    Avto     iiTerucnovAAï.e'    ep    tgv^u     upoeic 
2UOVUUTUAI2IC6         —       eTeTuf"  ovBe  eneiuHB' 

^^uleyAAuoc  gtovaab"  —  eTCTiiovco^B  ucAneTyAAAei 

eUOVUlITpUUeUT"      euil      AAAV      jyAXG      U  U  UGTZITOVCOCOq 

euTGKKAuciA  2UAAAV  u^Axe  uAprou'  —  Avto  OU  uuepei 

GBOA    eureKKAUGIA'     UTGTUZUOOC    eipUUpO*    IITeTUiyA2C6 

?u2eu^Aa:e  eri^oveir*  uuuexuepuv  uueeucvuTex'iA"  — 
2UUAI  l'Ap  eTeTUKATA(l)pouei  uu^yAiïe  unnovre*  avco 
eTCTUTAeio  uuxi  epAq  er^oveiT  iieovo  Ae  (3)  u>yAA'e 
gtovaab  uuuovre'  —  aaaa  ^toue  ereTuf-  2tutu 
eueTovto^  uuoov  eptoTii  euTeKKAuciA  ureTUKAAv 
ZwueTuguT  —  AeKAc:   GTeTiiAcrco  eTerii^Axe     uzutov 

(1)  Le  Ae  est  à  bilTer. 

("2)  Au  commencement  de  la  ligne,  en  dessus  UOV    (?  UOVKA'i'pouo- 
UIa).  —(3)  Au  lieu  de  Ae,  lisez  •e-. 


52  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

p    22  2*"^GTHHI"  mi-(KB)M6Teil^lipe"  UlllieT2ITOVa)TII 

iioToei^  mu  —  eTeTii>'JAiia:ujK  ag  gboa  iiTev^n 
iipoeic  iiTeiee'  eiiovuuTpuiieHT"  eTnpenei  iiii6totaab 

- —    CnOVAAÏ.e     AG     OH     eTLITCUn     AAAV,  lieilKA     IIOVOJU"     H 

fiVAi)  Il  exi  'fne  iiaaav  enTHpq"  iyAirreTiicviiAre" 
irreTiJCtDTu  2ITIII1AIAKOIIOC'  ^:euo()^e  2iioveipHije* 
■ —  ATU)  ou  neiK62coB  iiAiiArKAioii  uTerupoeic 
eptoTii         epoq         guatg         eTpeTHTiiuoo^ye         eepAi 

BALlUeeVCIACTUpiOII  ^IIOVIIOO'  IIKIlIGTUlier  GTeTGU- 
^repTtOp  AU  eilT6TGIIOMIIUOO:±l6"         AAAA  GTeTII- 

UOO^e  2IIOVTGAIIO"  - —  UIIIIGATpGTGTIIGAIIArG  (1) 
MTGTIiCOJTU"  eiTUIlAlAKOllOG  SCGUOO^G  eilOVCipUNG* 
UllUeTlliyGGpG'     GTGTIIBUK     AG     GUGTGUHl"     UUGpp     20'ï*0 

eunovcjuu"        uiiugcju      —     aaaa        nTG-rii-h        uucajiiA 

p.  23  UIJA-(2)(Kr;TGq>:pÏA'  UUATG  GUOVAAÏ.G  OU  UJ  IIAUGpATG 
IliyHpG         G"f        OVIIGpOG         IIII2HKG"        2IIIIGTIIGIOGIK        (3)' 

UlllIGTGIIO^IIIO'iHOU'     milIGTUHpn'    XGKAG    GpeuSOGIG 

CUOT       GpCJUTII       UllUGTGTUAOrOUOV"    ZUJC      GATGTIip 

^Opn'     ATGTII'f     UnUOVTG     II2HTOV    TUpOV  IITOq     TAp 

UGIITAqXOOG*  a:GUGTIIATGG  OVA  IIIIGIKOTI  IIOV:C(0 
UUOT    lltop^y     UUATG'     GUpAII    IIOTUAeVTUG*     IIC|IIAGU3pU 

AU       UnGqBGGKG    GTGTIIOVtOU      AG      OVIOU      ?II0V20TG 

UTGUUO'i'TG*        eUOVUUTATCGI         AU  AAAA         2IIOVGUOV 

UUOrCGi'    OTAG    eilOvfeG    AU      AAAA     21  IOVGTc|>pOCVII  H 

UIIOTOVpOT*  GTGTIlS'AAAGI  2IIUGTIi?UT  AVtO 

GT6TIICUOT    GUIIOTTG"    UApGU^A.XG    UIIIIOVTG    ^(OUG 

ÏUTGTIITAUpO  2liTGTIITpO(|)U  2IOVCOU*        NOG 

p.  24  GTGOVAIIArKAIOU  GXptO  UTG-(ka)tPO<|)U  2iOVGOn 

UCa)UATIKOU  0T20V0     AIJArKAIOII     oiiiig'     GXtopHrGi 

UTGVfTXU         IITGepG         UnilIKOR'     GTGUAine  U^^AAG 

UnilOVTG  UApGKCFII  UGKCUJUACrG  OTII  GC|OrU)U  2UT62pG 
UnGIKOCUOC'  6peTGN|/TXH  AG  2aJtOC  GAAII^y 

ÏUIIAnUOVTG"     TGTpO<t)U       PAp       UTGyv\HnG       n^A3fG 

(1)  Sic.  —  (2)  De  GTGTIIBUK  à  UUA  sur  une  rature.  —  (3;  Sic. 


DISCOURS    SUR   S.    ONXOPHRIUS.  53 

iiiiiiovTfi*  — Tr;Tpoc|)n  l'Ap  unccouA  ^MAcp  X'piA  iijyonc 
eaeouiiT*  AV(()  :yAcp  \piA  ou  neeiineipAcuoo 
iyAiiTeKGOo'/ec  eovii  (1)  iiak"  —  TGTpocIiii  Ae  ecotoG 
LiTeyvxHnG  ii^'jAXo  iiniiovTn"  ,"JAK2e  epoc  iiA:iii:kii 
iiove^  un(;ipACLK)(;'  — ■  f:T(;Tii:yAii:xnK  ecur.  iiiii  ei>o.\ 
eTnpnriGr    iiii,"ja   gtovaab    iiTGTiiKTeTiivTir   GiieTiiui 

eilOVGipHlie' liriGpAO  eTGTIIGipG  liriMGGVG  UHGXt:  IIIIAV 

mu'     HGIITACI'h    CrOII     IIIIAIKAIOG      UII-(KG)uUApTHpOG         95 

THpoV  AV(t)  GTGTIIOHO  GTGTII  {SW)  (2)  IJUOq"  UnG200V 
UIITG'i\vyir  TApGC|pTHVTII  lllin^A  1 1 K  WpOIIOLIGI  ' 

UIIIIGTOVAAB"  TAITG  OG  UTAtj2COII   GTOOTII    IIOM    HGC^AI 

GTOVAAB'      ^:GIIGGVG'        GHXOGIG        AVU)       KIKVp       IIAOTtO^y 

TUpoV     AIIOII      AG     eaXOli      Gpi^AlinGp      HUGGTG     fVCO" 

GqUHHIK;    GBOA    211 IIGI  IS'VXII  "     IIOVOGI^     IIIU"    TmiAa:OOG 

etOCOIl'    UlinGVf AAUOAOG    GTOVAAB  AAVGIA  HOVA    ROTA 

UUOII  A'GIIGIIIAV  GII^^OGIG  UHAUTO  GBOA  IIOVOGI>'J  IIIIJ  — 
XGqeiOVIlAU      ULIOI      A:GKAG     IIIIAKIU      GTGI      TG     TAKGCApg 

HA0V(02  2IIOV2GAniG T^INKIU    l'Ap  GTGq^ASG    GpOGTG 

TO-llipiKG     UnilOBG*    Gp^yAimpCOUG      TAp      KA     FIIIOVTG 

UHGqUTO    GBOA    IIOTOGI^'    «HU    GqonO^JT    GpOtJ   2IIIIBAA 

IITGyVJCH"   Gq2A2THq   liqilApiKG  AlinG'   GM-(KS)GnilOBG    (3)         og 
GI1C2"      —      HAI       TApnG       nUGGTG       IITAI IGTOVAAB      THpOV" 

^|)IAOCO(t)IA  (4)  U2HTq  ^AHT0rnC02  GH^il  IITUIITTGAIOO    

AIIOII      AG      eCOCOII      IIGGIIHT'     A'*CO      IIA^JIipG      IIIIGpiT' 
IIApGTGlKniinCOCOliG        GBOA       eURGILIA       IKFOIAG'       ^^tOHG 
6C2AGIATII       II200V       IlILl'       AV(0       IITGI2G       TU  II  AH  ApAITGI 

UnilOBG"  KAI    PAp  IIAUG  OTHGOOVII    AU    linG200V"0VAG 

TG'ïMlOV   GTOVIlACjlTir    G?IIAII     AU    GBOA    eUlIGlUA    lUrOlAG 

IITIip    ^'JIIUO    GpO(|    ^AGIIG2*  TU6AGTA  (5)    l'Ap    linUOV 

OVO'lllUCOT  GBOA  UIIIIOBGUG'  —  GTBGUAI  -fuApAKAAGI 
IIUCOTII   CA2GTUVTII  GBOA   UUIIOBG  —  KAII    G^yXG  AIIA^^AXG 

(1)  Lisez  G20VII. 

(2)  Le  verbe,  GO  ne  peut-être  ou  TCOB2,  manque.  —  (3)  Sic.  —  (4)  Lisez 
([)l'VOCO(hei-    —  (5)  Lisez  TO-IIIUGAGTA. 


54  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

tOKU     M20me     II2HTTHVTII    - —     AAAA     eUMCTOU      UUOI     eKA 

ptOI  GTUl^AXe  HU  UHTII  6TBeneTKIOT2CAI  OVA6    OTKOTI 

p.   27  I1U-(kï:)kA2      IJ2HT      AH       neTIIATa3UMT      epoï      ei^AHKIAV" 

eveice  eAqTtouT  eptOTii  •.6:y2i:e   iiT6Tiip  eoTe  au  aiiok 

-j-^TpTUip  eUATfi*  eTBGTHTTU*  6TBeOV  IIAIITCUC  TeTNO 
IIATCOOVII       XO'fp       20Te       eApCUTIl"     ATOTIIIIAT        TAp 

eKieiiiocT  (1)  ii.^'jajiie  eTo^y  iiTAqiiTov  e2cajii  ii2A2 
Mcon  ijcri  niiovTe'  eTBeiieiiuoBe'  —  T6rpA(t)H  ueii 
TAp  6TOVAAB  xu)  uuoc'  xeii  iieTfiiiei  p6  liée 
iiueieeeiiiKoc  —  eTBenAi*  eiovtoiii  eTpeTeTiiKeTTUTTii 
eBOA    iiiieTeniJOBe"  —  rota  A6   hova  kata   Tequeiue' 

—  ApHv  niioTTe  iiA^eiie  2THq  eepAi  ea:uneiJKTO' 
iKjTpeTeqoprH  ao  2i:xajir  neqiiA  rAp  cbtu)t 
IIII6TKTOOV  6BOA  2iiiieviioBe  —  iiceeipR  iieeiiKApnoc 
evun^A      irriieTAiioiA     —     irioq      rAp      ii(3iiTAq3:ooG 

p.  28  2iTunenpoc|)HTHc  let^eKiMA*  2ce-(KH)TAiioueiA' 

unAceBHC      iiABUKoq      euneeoov      eTeqiiAKToq      gboa 

2IIT6qAIIOU6IA*  11^  Al  ITU  KTOII     A6     nAIITtOC     qilAXUjp 

iiTeqcHqe*    iioe    iJTAq:xopG    ezeiiKoore"  —  2A2   ag    ou 

AVII63:        200V        IIGA200V        GVZillIGTIIOBG       ATGTUOT 

GTZAeOTG     GTUUAV     Gi     G^CtOOV    UUATOVeiUG*  GTCOOTU 

AU    XGAV^^tOUG    liepe      ljnK<JL)2T     UIIIIBIIT     Ili^AGIIGe      OTOI 

AG     AG      (2)     lllieTIIAp     AUGAUC"     GnGVOV^:AI      UATAAV    

IICGCrOJ  GVUUHIie  gboa  2IIIIGVII0BG  iyAIITOTUOT*  — 
IITAIJIU      KtOAV     LIUOK     G»:!     C2IUG     tO     UpCOUG    iyAUTGKKCO 

GKHOpilGVG  Il    IIIU     llGIITAqKtOAT   UUO    CO    TGC2IUG    G2CI 

2Ar       KATA       nilOLIOC*       SIGIlUGpeG        GVAOIŒG*       UnopillA' 

Giy3:G  uuiiiyo'ou  uutOTu*  gtkpatgvg  (3)  uucotii  —  gig 

p.  29  nrAUOC    GTFBBHV    KU    G2pAI    UUpCOUG    AI     (ko)    G2IUG     UAK 
KATA     UIIOUOG     AVIO      UApGGXI       2AI     2tOCOG     IKFI      TGG2iUG 

GUUIJOBG  Xi  GpCOTII      UOIIOII  U  UGpUOpiJGTG* 

XGUTGTUeGUGBIHU    TAp    IITGTIIIIA>M     qGI     AU    2AIIKOAACIG* 

tO    lIGTGOOq    UnGVCtOUA    eilOVnopillA'  GITG    200TT* 

(1)  Pour  GIIGIIOO-  =  GIJUOO^.  —(2)  Sic.  —  (3)  Lisez  GGP-. 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  55 

eiTe  62iue*  eK^amiAV  rAp  evKe\6Biir  h  ovcnqe 
eccBTioT  enoTneT  enocirr  uneTiictouA  uiiiieTiicApg 
eoT6  LiHnecTtoT  iiA-rpeKtocrp  cxeTcoir  iiee 
nneKoiie  (!)•  —  arto  khacohc  guatg  eiieeHpueioovn 
eK+  iieeiieouoAoriA'  enepHT  erup  iiobcî  3:iiiun6iiiAV 
11611  pcuLK:  (2)  eTKOAAï,e  uuoK*  —  6^:^:6  TeilOT  <JU 
riptoue*  AKp  20Te  zhtov  iinpcoLie  gtkoaaïg  uuok* 
eTBeriTAKo'     iineKctouA*     to     nptoLie     tieBiHii*     h     (3) 

6KU-(A)n^A        IIOTHp       IHîp        eOT6       2HTC|        UnilOVT6*      p.  oO 

neTGOTii  o'OLi  ULioq  gtako  irreKVK'i^Xn  uiineKCUJUA* 
epAi     eirrreeeiinA*    xeunHKCAetoK      gboa      uniioBe    — 

KCtOTLI         TAp        6TeKAnOct)ACIO        IIOVOGI^        IIILI        LU 

neTHopiieve  eqxco  ulioc  iiak*  >:6neTG(jotoq  unepne 
Liniiovre  fiai  niiovre  iiATAKoq  —  avco  on  eKccoTu 
6TBeiienTAvp  iioBe  aieiieTGApg  iiAiioriieT  enecHT* 
evAee  epATov  e^cmierovepHTe'  ato)   iigtbaa   uA^yovo 

UOOV'     GBOA    2IHI6TKtOAU  ATtO     lieVAAC     IIAOTOTOVGT 

eilTGTTAnpO ATCO  OU  XeunenBlJT  (4)    MAUOT  AU  AVUJ 

n6VKto2T  iiaa:6ua  (5)  uce^ytone  epecApg  uiu  iiav 
epoov  —  UACUHV  UApeup  boa  eTopru  ATa3  UApeiip 
?OTe  2HTq  unuoTTe  UApeiip  eoTeo^e  reuov  eBOA 
inieFicviuioiA    eeooT  —  uuueinAGoc  (6)    (aa)    GTCOoq  p.  31 

UTAVp      OVA     nOVCOT      UUUAU'      aZGKAG      UUAXOOC     ZU3UJH 

euovnAppMGiA"  +uAova)TB  (7)  uoTGOBT  —  6iiyA:\:e 

enCOBT        UUHAOOG        GTKtOTG        GpOII*       GTGUTOOVUG 

UGUUOBG   UUGMIG   UUOu(8)*  2'aIO    -fuApAKAAGI    UUCOTU* 

UUGpGtOTU    GUGIjyA3:G*  UTGTUU03:0T    GUAeOV    UUCOTU  

UUGpKAAV  2UTGKKAHGIA  HUA  UTATO^OV  GptOTU" 
UZUrq  A^^UGUGpiMA^ —  UTGTUGI  GBo[a']aAAA  UAp6u[G2A|-J 
COV     2l2CUIIG[nAAg]      UnGU2HT     UApGU:yA:VG     u[2u]tOV 

(1)  Pour  uucoilG-  —  (2)  Pour  uupcouG»  —  (3)  Lisez  GIG-  —  (4)  Lisez 
UnGTBUT?—  (5)  Ajoutez  AU- 

(6)  Pour  UUUG-   =    UUU-.  —  (7)  Avant -f  ajoutez  3:6-.  —  (8)  Ici  se 

termine  le  texte  de  Budge. 


56  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

iiluvv     iii[u]    ?uneiiHi    Avto     eiiiieip'   —    avco    eiiiieeiH 

UUOO,"J(;        KAII        IIOVCOII        [n]        IIOU)'        KAII        (JllOp       2U)[li] 

2iineii(n:\:  —  uApeiiTAToov  eiieiieioue  uiiiiev^Hpe 
uiiiieii2Li2cVA  uiiiieiicBovi'  uii[iieT]20Tp  epoii"  — 
ceiicvxiiovii  [?  PAp]  (1)  2Apoov  Av[to]  on  2Anc  [e.  .  .] 
p.  3.'(Mi)[.  .  .]ov"  2urie[2o]ov  iiTeKpicic  —  [2a]uoi  pio 
eruMpeii^ytorie  iiAct)opuH  xeiiTiieApee  [au]  epoii" 
iiuei[iie]  uuoir  6Tu[p]  iiobg  [aa]aa  eiiep  nK6[T]toovii 
2Apoov  [ejrp  iioBe"  eTUTpeHeneiTeiuA  mat  [a]aaa 
UApeiiAo[oo]  ecotoii  2ii[oT]nAppnGiA  [3i:e]f  iJAa:co 
[ujneKpAii    eiiA[cii]HV  —  [avu)  ou]  a:(;aita[ ] 

2UnA2HT'    AVtO    ON    3:6lieilTAKTAAV    MAI'     UnGITAKe     AAAV 

6BOA  II2HTOV  —  niiovre  nuAipcoue  neTeneqovco,") 
>yoon    euniiA"    haï    eTeiieqovto^    au    eTpeAAAT    tako* 

AAAA     GqtOB^     IJUO(|      Gll  U  U  HTX'JAqTG'      AVCO     tîqp     HCOB^M" 

iiiienTAiii~  AvriH    uiioq   ii2htov  iiqAUA2Te  iiTe[q]oprn* 

eTUTpecei  hboa  e»:irniuuT(3VBiHii  (2)  —  AqAAii    iiun^'JA 

p.  33  (ai-)  uneqiJA  exiiA^toq*  atco  iiq-f  ee  iiaii"  eTpeucAetoii 

6BOA        II3:C02U         IIIU         UIIIIOB6        lllll         IITHTBBOII        IIA(|" 

IIOV2HOIIOC  eqovAAB  AVCO  ovAAOC  oncoii?*  —  AVtO 
eqTOTHT  eTpeqK«3  iiaii  GBOA*  IITIIAUGAGIA  THpo 
iiTAooveiiie  —  iiqBUJA  gboa  iiTuiiT3:A:xe  iiTAiixnoo 
iiAir  ovTtoii  iiLiuAq*  —  iiqecoTn  epoii  iiKecon' 
ii[qiie]2u  TiiuiiT[TA]AoinopoG'  —  AVCO    iiq\Apiï,e   ii[aii] 

IIOVIIA"      Un[6]200V      nTIIAIj[Ar]KH'    2ITIIIITto[Be      UII-] 

iiconc  ii[iieii]6ioTe  Tupov  [e]TovAAB"  htav[h]p  aiiacj 
3^111'  uneiAUoii  —  II20V0  ag  neArioc  ara  ovAiioqpe" 
nAHAX«JpiTH[c]  —  haï  6Teiicoov[26]2o[vM  GneqTonoc] 
eT[ovAAB    iiiioov]    2u[nTpeiip    ^a    eneq-]    (3)pn[ue6ve 

p.  34  eTOv]AA[B ]  (aa)    [•    •     .]c/    UIITLI  I|[tI|]aIPCOU6" 

u[n6]ii3k:oeio  ic  iiex^"  haï  eTGBOA  [2i]TooTq'  [neoo]v 
uneicoT     [iiuu]ac|     uii[nen]iiA     eTOVA[A]B      iipeqxAiizo 

(1)  La  lacune  ne  renferma  peut-être  rien. 

(2)  Sic.  —  (3)  La  lacune  n'admet  guère  autant. 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  57      . 

[a]vco   iieoiioovcioii    reiiov   on  (1)  avco    iiovoei^   iiiir 

^yAlieiAICUII    (2)   Tiipov    IIIIBIAKOII    2AUIIir 

{Écriture  penchée  à  droite) 

\i\xa)K  GiiOA  lien  nAoroo"  iiTA()ovoq  (3)  iicri  ara 
nicGiioioc  iiiiToov  fiTciirir  crriienneTovAAB"  ara 
ovAiioqpe  GvY-oo'/  miiiovrij  :  — 

niioTTe  ii6HTAq.\i  iiTeevoiA  iiab6\  iiiin\enToii 
GiiAV  iiTe\iipA'  ii^hef;  etotoq  luxooic  6KC:GUOv 
eiieiiTAq(|i      iilpojov^'      uiiei>:u)(uue'      evp       nueeve 

LinnGTOVAAB    AFIA     OTAIlOqpG    (ag)     3:GKAG    6(|IIA3:I     2UOT   p.  35 

O'toq"    iiiiA2p[ii]niiovTG'     iic|XApiï.(î    iia(|"    iiriKto    gboa 

IIIIG(|IIOBG'    AUHII    :    

iiToq     on     nG\G*     6(|G2Ap2     GncDiie'     unnAiiApiiTOG 

GiaiT      (4)        UnilATO(|)o[pOc(5)  lllA  nTGTnOA"        KBT* 

Iiq[ .]      GTOVAAB      GepAI        G2CCOII.       ALUHII'       GPp]/ 

p  

xpoilov    M    yuH     cap[akhii(1)ij]   ^y-^'    —    Api     hauggvg 

IIATARG     AIIOK     :^GIIOr[TG]    IITGTHTGBe     IIOG     6:ïCOII'     liqp 
OVIIA    IILIUAII'    2AUHII    I   


TRADUCTION 


[Un  discours  {"kô-^oi)  prononcé  par   le  ,|  Apa  P[isenthius,  évêjque 

(ânbxoTîoç)  de  la  ville  (tzoXiç)  [de  Keft.  Il]  le  prononça  à  la  commémoration 
de  (l'homme)  parfait  (téXeio;)  et  le  héros  en  vérité  (àX/jôtoç)  du  Christ,  le 
[saint  (àycoç)]  Apa  Ouanofre,  l'anachorète  (àvaywpriTrf;)  et  l'ermite  (Ipr.txtxd?) 
consommé.  En  la  paix  (îtprJvY))  de  Dieu.  Amen. 

Le  saint  apôtre  (à;i:6iii.),  le  docteur  Paul,  la  langue  de  parfum,  nous  a 
établi  une  loi  (voiaoç)  (6)  que  nous  nous  souvenions  de  nos  chefs  (7),  ceux 
qui  vous  {sic)  ont  annoncé  la  parole  de  Dieu:  ceux  [doiit  en]  considéi\anl 
la  haut]eur  de  [la  condu]ite  (àvasipoo/)'),  imi[tez  leur  foi  (Tctaitç)]  *   [ p.  2 

(i)  On  ne  voit  qu'un  o,  à  peu  près  efïacé  et  ou  tout  cas  superflu.  —  (-2)  Pour 
IIAICUII.    —  (3)  Lisez    IITAqTAOVOq.   —  (1)   Ou   bien   6TT/(^^=     GT- 

TAGIHt).  —(.".)  Ou  IIIIAmpC)Gc|)OpA. 

(6)  Hébr,,  xni,  7. 

(7)  Mot  à  mot  :  -  grand.s  ». 


58  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

qui]  méprisent  (/.axatppoveïv)  la  loi  (vo'ij-oç)  de  Dieu,  y  trouvent  occasion 
(àçopjxrj)  pour  qu'ils  ne  se  conforment  pas  aux  saints,  disant  ces  (choses) 
avec  excuses,  en  disant  :  Nous  avons  [environ  ii  lignes  perdues]  désirer 

[..'.  de]  lui  plaire  [ ]  les  premiers  âges  (ypdvoç).  Car  {yip)  c'est  lui,  ce 

même  Dieu,  aussi  aujourd'hui;  il  n'a  ni  chg,ngé,  ni  (oioé)  s'est-il  trans- 
formé; plutôt  (àXki)   est-il  prêt  à  fortifier  quiconque  veut  devenir  élu 

p.  3  '  [environ  8  lignes  fragmentaires']  et  [aimant]  le  Christ.  Puisque  (ÈTceiSr;)  vous 
avez  entendu  le  commandement  (IvtoXt;)  de  l'apôtre  (ir.),  qui  nous  ordonne 
de  continuer  à  nous  souvenir,  ainsi  qu'il  dit  (1)  :  «  Souvenez-vous  de  vos 
chefs,  ceux  qui  vous  ont  annoncé  la  parole  de  Dieu.  »Et  c'est  pour  cela  que 
vous  avez  [5  iig7ies  perdues]  Apa  [Ouanofre,  au  jour  de]  sa  commémora- 
tion sainte.  Écoutons  le  verset  (ki^iç)  qui  fait  suite  à  celui-ci  (et)  qui  dit  : 
Imitez  leur  foi  (Tzh.).  Or  (ydtp),  en  disant  :  «  Imitez  leur  foi  {rda.)  »,  c'est 

p.  4  ces  saints-[là  qu']il  nous  [ ]  *  par  ces  [paroles?],  que  nous  nous  [con- 
formions... .5  lignes  fragmentaires]  la  foi  (rib.)  [ ]  et  ce  guide  au-devant 

de  toutes  les  bonnes  choses.  Sans  foi  (;:ta.)  il  est  impossible  d'être  agréa- 
ble à  Dieu  (2);  sans  foi  {tAq.)  [ ]  un  homme  ne  peut  même  commen- 
cer (?)  à  faire  le  bien  [9  lignes  fragmentaires]  obtenir  de  Dieu  son  salaire. 
Pour  cette  raison,  mes  enfants  bien-aimés,  que  chacun  se  montre  zélé 
pour  la  manière  de  vie  (-oXusIa)  de  l'homme  juste  (Sixato?)  et  saint  (Sy.), 

p.  5  Apa  Ouanofre,  l'anachorète  («iva-/,.)  béni  de  Dieu  *  et  des  hommes  [4  lignes 

perdues]  chacun  [ ]  aime  la  vie  qui  dure.  Car  (yap)  (le  récit  de)  sa  vie 

(fit'o;)  est  instructif  pour  chaque  génération  (yevo;)  d'hommes  et  (pour)  tout 
âge  (TjXizta),  soit  hommes,  soit  femmes.  Même  (xav)  s'il  ne  nous  sera  pas 
possible  de  renoncer  (àTOTdtaasaOai)  au  monde  (x6c7.)  et  à  ses  soucis  vains  et 
temporaires,  et  qu'il  nous  faille  perdre  notre  âme  (ifu.)  dans  le  monde 

{v.6q.)^  (3)  (comme)  [ ]  bienheureux  (?)  [Apa  Oua]nofre,  celui  dont  nous 

célébrons  aujourd'hui  la  fête,  pour  que  nous  [...]  vivre  [ ],  selon  (xaxd) 

la  parole  sans  mensonge  du  Christ.  Mais  (hXki)  imitons  sa  vie  (Ptoç)  sainte, 
chacun  selon  [t^^-'Ôz)  sa  capacité. 
Et  (û£)  je  vais  vous  dire,  ô  mes  enfants  bien-aimés,  de  quelle  façon  nous 

p.  6  pouvons  imiter  la  vie  (Pt'oç)  de  cet  homme  vaillant,  *  le  [saint  (Sy.)]  Apa 

[Ouanofre ]  jeunes  gens,  vous  [qui ]  l'ordre  (xàyiAa)  de  la  jeunesse, 

[et]  les  jeunes  filles,  dont  les  corps  (awaa)  leur  sont  jeunes  d'une  jeunesse 
passagère  (7:p6;-),  gardez  vos  corps  (aw.)  purs  en  toute  pureté,  pour  que 
vous  deveniez  en  vérité  enfants  de  ce  saint  dans  le  royaume  des  cieux. 

Mais  (BÉ)  quand  vous  voyez  la  pensée  [4  lignes  perdues]  vite  [ ]  sou- 

venez-[vous  des]  combats  (àyoSv)  et  du  genre  de  vie  {iiokixtlci.)  de  cet  homme 
juste  (Six.)  et  luttez  (àycovfÇsoôat),  vous  aussi,  contre  le  mal,  comme  lui; 
fuyez  la   mauvaise  pensée,    sauvegardant  votre  pureté  sans  lache,  en 

p.  7  liberté  et  honnêteté  (-aepéç)  et  toute  bienséance  (-èXeuôspoç),  *  jusqu'à 
ce  que  vous  deveniez  [ ]  mariage  (yafAoç)  [...]  Dieu  [3  lj2  lignes  pér- 


il) Hébr.,  xni,  7. 

(2)  Hébr.,  xi,  6. 

(3)  Matth.,  XVI,  26. 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  59 

dues].  Ain[si  vous]  deviendrez  semblables  au  juste  (8tx.)  par  la,  pureté  de 
votre  chair  (lâp?)  et  vos  cœurs  purifiés. 

Et  pour  y  arriver  (l),  que  riiomme  se  restreigne  à  sa  femme  et  la 
femme,  de  son  côté,  à  son  mari  et  que  vous  fassiez  ce  qui  est  juste  (8tx.) 
dans  toutes  vos  affaires:  (par  là)  vous  vous  conformerez  à  la  vie  (p-lo;)  de  [ce 
saint  (?).  Et  ([aév)]  toi,  [ô  toi]  qui  en  gouvernes  (apyetv)  d'autres,  quand  tu 
vois  quelqu'un  maltraité  et  que  tu  maintiens  le  jugement  juste  (Ô(x.)  avec 
tout  le  monde,  par  là  tu  deviendras  zélateur  de  la  conduite  (ivaatpo^TÎ)  du 
juste  (8tx..)  Apa  Ouanofre;  et  de  plus,  tu  deviendras  cohéritier  (-xXripovo- 
fAo;)  de  tous  les  saints.  Toi,  au  contraire,  qui  as  de  l'abondance  dans  la  vie 
de  ce  monde  (xda.)  '  et  des  provisions  (yoda.)  que  tu  possèdes  [pour  un]  p. 
temps,  quand  (?)  tu  [donnes]  au  [besogn]eux  et  que  tu  ne  l'affliges  pas 
pour  ce  qu'il  te  doit,  et  (quand)  tu  détournes  ta  main  pour  ne  pas  prendre 
de  lourdes  usures,  et  que  tu  nourris  les  pauvres  de  ce  que  le  Seigneur  t'a 
donné,  tu  seras  devenu,  toi  aussi,  sage  (çtXoctopst'v)  à  la  manière  des  saints, 
ayant  fixé  tes  regards  sur  la  hauteur  de  leur  bonne  conduite  (àvaa-rp.)  et 
t'étant  fait  leur  semblable. 

Mais  (M)  si  quelqu'im  te  résiste  et  te  provoque,  tandis  que  toi,  tu  te  sou- 
viens de  la  patience  des  saints  et  que,  toi  aussi,  tu  es  patient  [ ]  celui 

qui  [t']afflige  (Xuraîv),  pendant  qu'ayant  le  pouvoir  de  le  lui  rendre,  tu 
ne  le  rends  pas,  mais  que  tu  obéis  plutôt  [akM)  au  saint  commandement 
(IvT.),  qui  te  commande  en  disant  :  «  Ne  rendez  à  personne  le  mal  pour 
le  mal  »  (2),  alors  tu  es  un  (homme)  qui,  pour  ta  part,  te  conformes  aux 

saints  *  par  ta  patience.  Il  t'est  aussi  possible  [ ]  aux  autres  [ ]  mal  p,  9 

(TîovYjpdç) ,  selon  (?)  la  parole  de  notre  père  David,  qui  se  vante  en  disant 
au  Seigneur  :  «  Si  j'ai  rendu  à  ceux  qui  m'ont  rendu  le  mal,  je  tomberai 
vide  par  mes  ennemis  »  (3).  Que  chacim  de  vous,  mes  enfants  bien- 
aimés,  fasse  attention  à  la  conduite  (àvacrup.)  de  ce  saint  bienheureux 
(;j.axd(pioç),  ce  vaillant  (dtyojvoÔiTriç),  le  vrai  athlète  qui  a  bien  (xaXwç)  com- 
battu, Apa  Ouanofre,  l'anachorète  (àva-/^.),  au  saint  totoç  duquel  nous 
nous  sommes  aujourd'hui  réunis,  en  accomplissant  sa  commémoration 
sainte  ;  pour  que  par  là  vous  puissiez  démontrer  que  vous  vous  êtes  con- 
formés à  sa  foi  et  à  sa  vie  (p(o;)  droites. 

Ce  n'est  point  un  honneur  *  que  vous  rendez  au  juste  (Sî/..),  en  vous  p.  10 
réunissant  à  son  saint  to'tioç,  si  vous  faites  (les  choses)  qu'il  déteste. 
L'honneur  des  saints  dépasse  tout  honneur  qui  soit  sur  terre  :  car  (yap) 
les  saints  n'aiment  ni  moqueurs,  ni  rieurs,  ni  ivrognes,  ni  ceux  qui 
battent  des  mains,  à  la  manière  des  gens  sots  et  des  danseurs  (-épxeîtïôat) 
et  du  reste  des  déshonnêtes  trompeurs  (-aTtaiàv)  ;  ils  aiment  plutôt  ceux 
qui  se  sont  montrés  zélés  pour  leur  [(genre  de)  vie  (l^toç)]  et  qui  la  sui- 
vent avec  allégresse  ;  et  [ils  cherch]ent  à  les  [sauver  de]  leurs  péchés, 
pour  qu'ils  se  repentent  ([xeTavoEÎv).  Car  (y^p)  ils  aiment  ceux  qui  observent 


(1)  M.  à  m.  :  Ce  qui  est  =  en  d'autres  termes. 

(2)  Rom.,  XII,  17. 

(3j  Traduction  littérale,  Ps.  vu,  4. 


60  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

leurs  jeûnes  (v/iarei'a)  de  tout  temps,  sans  tache;  ils  aiment  ceux  qui  prient 
Dieu  d'un  cœur  purifié  ;  ils  aiment  ceux  qui  gardent  pur  leur  mariage 
(yaixo;) ,  ils  aiment  ceux  qui  gardent  pure  leur  virginité  (7i:ap6lvEta)  dans  la 

p.  11  maison  *  de  leurs  parents.  Tels  sont  ceux  que  recherchent  les  saints  [et 
ils]  voudraient  que  (de  tels)  se  réunissent  à  leurs  saints  tottoc  Le  juste 
(8(x.)  ne  consentira  (TretGEtv)  point  que  tu  l'honores  de  ta  bouche  seulement, 
en  lui  disant  :  «  Mon  père  et  mon  seigneur  et  saint  et  juste  (^t'x.)  »,  tandis 
que  (8é)  d'autre  part  tu  continues  demeurant  dans  les  choses  qu'il 
déteste.  De  rtiéme  que  le  Seigneur  n'a  pas  souffert  (àvlysiôat)  ceux  qui 
l'honoraient  de  leur  bouche  seulement  (1);  comme  il  le  leur  a  dit,  en  les 
reprenant  :  «  Pourquoi  m'appelez-vous  Seigneur,  tandis  que  vous  ne  faites 
pas  ce  que  je  dis?  »  (2). 

Si  donc  (Se)  tu  veux  honorer  le  juste  (ôiV..),  honore-le  de  la  pureté  de  ton 
corps  (aôj.).  Or  (ydtp)  le  juste  (8tx.)  Apa  Ouanofre,  dont  nous  célébrons 
aujourd'hui  la  fête,  accomplit  sa  vie  (pfo;)  dans  la  faim  et  la  soif  et  les 

p.  12  vigiles.  Et  [U)  toi,  *  ô  homme,  si  même  (xav)  tu  ne  sais  pas  jeûner  (vyiaisustv) 
toujours  jusqu'à  la  neuvième  heure,  jeûne  au  moins  (xav)  la  sainte  Qua- 
rantaine et  les  deux  jeûnes  (vr-jat.)  par  semaine  (aàSSaiov),  et  contente-toi 
d'un  peu  de  vin  avec  modération  et  d'une  suffisance  des  mets  (/,p£t«) 
nécessaires  ((Jvayxaîo;)  ;  et  ne  t'amasse  pas  l'argent  sans  répit. 
Mais  (SI),  ô  homme  négligent  (à^aeXrîç),  qui  vas  au  t^tio;  des  saints,  si  tu 

es  un  fornicateur  (zo'pvo?),  ou  (rj)  si  tu  es  un  [ ],  ou  (ï))  si  tu  [ ] 

(Sta )  (3)  ton  voisin  par  [ruse],  pour  que  l'on  lui  fasse  du  tort,  ou  (tj)  si 

tu  gâtes  (TTovTjptieaOai)  les  biens  de  ton  voisin,  dans  le  but  de  les  lui  enle- 
ver, ou  (ri)  si  tu  le  hais,  ou  (r])  si  tu  lui  portes  envie  d'une  envie  amère, 
ou  (ri)  si  tu  es  un  (homme)  qui  fais  fléchir  le  droit  de  ton  voisin  pour  un 
présent  (ôwpov),  ou  {■}])  si  tu  es  un  ivrogne,  ou  [r])  si  tu  es  un  (liomme)  qui 

p.  13  prends  plaisir  aux  paroles  vaines  {àpfôi)  *  des  chants  impudiques  —  si 
enfin  vous  êtes  de  cette  sorte  et  si  vous  agissez  [ainsi?],  ô  vous  qui  venez 
aux  T^TTot  des  saints,  (alors)  il  ne  vous  sert  à  rien  d'y  aller.  Car  (ydtp)  de 
telles  choses,  les  saints  les  ont  en  horreur  et  ils  ne  consentiront  (jtsîSstv) 
point  que  vous  les  fassiez  voir  en  vous  :  encore  moins  (p-iXiaia)  que  quelqu'un 
d'entre  vous  les  fasse  pendant  que  l'on  se  réunit  cà  leurs  tôkoi  saints. 

Car  (ydtp)  si  tu  entreprends  un  négoce  (TrpayiJateta)  mondain  (x(5a.),  ô 
homme,  tu  feras  certainement  (ndévrwç)  de  grands  efforts  (artouBoéÇeiv)  en 
tout  empressement  (aTOuSrl),  non  seulement  (où  jjiovov)  pour  ne  pas  faire 
des  pertes,  mais  (àXXà)  pour  que  tu  gagnes  (xepoaîvstv)  par  ton  trafic.  Et  si 
tu  reviens  comme  tu  es  parti,  n'ayant  fait  aucun  profit,  la  chose  te  pèsera 
bien  lourd;  encore  plus  ([xàXXov  8É)  situ  as  fait  des  pertes  dans  les  (effets) 

p.  14  que  tu  portais  avec  toi  et  que  tu  comptais  (TcpocrSoxeïv)  '  te  dédoubler,  (alors) 
tu  (en)  auras  pour  longtemps  un  grand  chagrin  (kÛKr\).  Si  donc  (o5v)  tu  as 
ce  grand  zèle  (aTOuBrj),  ô  homme  dépourvu  de  sens,  dans  les  choses  qui 
vont  bientôt  périr,  celles  qui  ne  peuvent  te  venir  en  aide  (PoYiOerv),  ni 

(1)  Matth.,  XV,  8. 

(2)  Luc,  VI,  46. 

(3)  Verbe  grec  que  je  n'arrive  pus  à  identifier. 


r 

V 

(lie 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  61 

[oùoi)  être  emportées  avec  toi  au  lieu  où  tu  vas,  combien  te  faut-il  de  zèle 
(g-ouoàÇetv)  pour  ce  négoce  spirituel  (7i:veu[AaTixdç),  afin  de  te  l'acquérir?  Or 
(yap)  les  marchands  du  royaume  des  cieux,  ce  sont  les  saints,  et  les  vio- 
lents, [ou  {r])1]  ceux  qui  le  ravissent  (1),  ce  sont  ceux  qui  font  violence  à 
k'urs  propres  âmes  (■j'u.)  par  les  choses  vaincs  de  ce  monde  (xocr.)- 

Considère  donc  (ouv),ô  homme,  (le  récit  de)  la  vie  (pîoç)  de  cet  homme 
juste  (oÎK.)  et  ce  combattant  (à0Xr;Tï)ç)  saint  en  vérité,  Apa  Ouanofre,  et 
ai)prends  comment  il  est  devenu  riche  dans  le  ro/aume  des  cieux.  qui 
dure  éternellement;  et  applique-toi  (arouSârsiv),  toi  aussi,  *  ô  homme,  à  p.  15 
t  rnricliir  ainsi  dans  le  royaume  des  cieux,  qui  dure  éternellement. 

Prenez  donc  (ouv}  garde,  ô  mes  bien-aimés  et  mes  enfants,  dans  votre 
union  aux  xôroi  des  saints,  au  jour  de  leur  commémoration  sainte,  qu'en 
)us  réunissant  pour  recevoir  une  bénédiction,  vous  ne  receviez  malé- 
...ction  au  lieu  de  bénédiction  (2).  Ayez  soin,  ô  mes  enfants  bien-aimés,  de 
garder  toute  sagesse,  soit  (st'xe)  en  ce  qui  est  des  regards  des  yeux,  soit 
lîht)  de  la  démarche,  soit  (stie)  de  votre  conversation.  Et  (os)  les  femmes 
aussi,  qu'elles  ne  marchent  pas  le  regard  effronté  (3),  qu'elles  ne  regar- 
dent pas  de  leurs  yeux  aucun  homme  en  face  impudiquement;  ni  (ciôÉ) 
qu'elles  se  promènent  le  visage  découvert,  non  seulement  ici  (4),  mais 
(àXXâ)  aussi  dans  les  rues  de  votre  village.  Car  {yi?)  vous  savez  que  déjà, 
maintes  fois,  je  vous  ai  averties  (iTïeiXsïv),  *  ô  femmes,  à  propos  de  ces  com-  p.  10 
mandements  (Ivx.),  et  vous  ne  vous  êtes  point  laissé  persuader  (àvé/.EaÔai) 
d'avoir  honte  et  de  mettre  un  terme  à  votre  folie  (|i.avia).  Et  (U)  maintenant 
encore  j'écris  et  je  vous  exhorte  (Tiapa/aXeiv)  et  je  vous  ordonne  bien,  avec 
une  grande  exhortation  (TtapayYîXfa),  pour  qu'aucune  femme  du  tout  ne 
sorte  de  la  porte  de  sa  maison  ayant  la  tète  découverte,  ni  (où8é)  qu'elle 
lève  des  yeux  sur  le  visage  d'aucun  homme  étranger  du  tout  ;  mais  (alM) 
que  vous  marchiez,  ô  femmes,  ayant  vos  [yeux]  abaissés  à  terre  et  votre 
vêtement  (tombant)  de  toutes  parts,  en  toute  bienséance  (-èXeuÔspo?).  Et 
(ôé)  de  même,  en  vous  parant  (y.oa[j.£rv),  que  ce  soit  avec  juste  mesure  et 
honnêtement  (-CT£;j.vd;),  en  vous  adonnant  de  tout  temps  à  la  parole  de 
Dieu,  avec  grande  attention  et  en  en  ayant  toujours  soif.  .,/,. 

Instruisez  aussi  vos  garçons,  *  qu'eux  aussi,  ils  marchent  bien  (xaXôJ;)  ;  j,.  i(3 
et  (5É)  pareillement  vos  filles  (5),  qu'elles  soient  attachées  à  leurs  maisons 
et  attachées  à  leurs  maris.  Car  (xal  yap)  c'est  l'instruction  des  parents  qui 
élève  les  enfants  dans  la  bienséance  (-IXstiOepo;);  mais  (Zi)  lorsqu'on  les 
instruit  avec  faiblesse,  à  l'instar  d'Héli,  c'est  ce  qui  fait  fleurir  l'in- 
croyance. Or  (Bé)  vous,  hommes  de  l'auditoire  (6)  et  aimant  le  Christ, 
conseillez  {■KOLpay^ikeiv)  à  vos  enfants   de  marcher  en  toute  sagesse;  car 

(1)  Cf.  Matth.,  XI,  12.  A  noter  l'e.xégèse  que  fait  Pisenthius  de  ce  verset. 

(2)  Cf.  Gen.,  xxvii,  U. 

(3)  Voir  pour  TAO    BA\  Sirach,  xxvi,  9  cXZDMG.,  1914,  184. 

(4)  C.-à-d.  à  l'église. 

(5)  A  noter  la  locution  'enfants  femelles'  pour  'filles',  comme  par  ex.  dans 
les  documents  de  Djomé. 

(6)  Ou  bien  :  liommcs  obéissants. 


62  REVUE   DE   l'orient   CHRÉTIEN. 

(Y»p)  vous  savez  que  je  ne  cesse  pas  de  vous  instruire  et  de  vous  exhorter 
là-dessus.  Ne  les  laissez  pas  se  divertir  aux  divertissements  sans  profit, 
ni  (où5é)  aux  chants  oisifs  (àpTo'ç)  qui  sont  sans  profit,  ni  (oiôé)  à  la  musi- 
que pernicieuse,  ou  {n)  (avec  ceux)  qui  frappent  avec  des  bâtons  (1), 
comme  pour  les  gens  sans  instruction,  ou  {ri]  avec  des  musiciens  (xiôapio- 

p.  17  8dç),  ni  (rj)  rien  de  cette  sorte.  *  Un  enfant  qui  se  divertit  souvent  aiguise 
un  couteau  à  sa  propre  intention.  Voici,  je  vous  assure,  mes  enfants, 
quiconque  néglige  (a^jisXeiv)  son  enfant,  quand  celui-ci  tombe  en  fornica- 
tion (^Topvst'a),  et  ne  l'instruit  pas,  de  manière  qu'il  s{'en)  détourne  et  se 
repente  (tj-eTavoatv),  sa  condamnation  {y-fvj.cL)  lui  viendra  sur  la  tète  dans  ce 
monde  (xoa.):  dans  l'autre  siècle  (aWv)  l'âme  (ju.)  qui  péchera  est  celle  qui 
mourra  (2),  selon  (xaxdt)  ce  qui  est  écrit. 

Loin  donc  de  vous,  ô  mes  enfants  bien-aimés!  Ne  supportez  (àvé/_£(j6at) 
pas  que  (l'on)  fasse  ces  choses  honteuses,  où  il  n'y  a  point  profit,  ce  qui 
est  surtout  le  cas  des  paroles  oisives  (àpY6?)  ;  afin  que  nous  ne  provoquions 
pas  Dieu  par  nos  œuvres  (r.ç.a.^ii)  mauvaises.  Mais  (àXXâ)  sachez,  ô  chré- 
tiens (-/ptaT.),  la  manière  convenable  (rpÉTveiv)  de  fêter  les  saints  (3),  de 
peur  que  ([j.r;7:oxe)  nous  l'entendions,  nous  aussi,  qui  nous  dit  par  le  saint 
prophète  (npocp.)  :  «  Je  changerai  vos  fêtes  en  deuil  »  (4);  et  encore  :  «  Tai 

p.  18  haï  vos  fêtes,  je  m'en  suis  détourne  »  (5);  et  :  ^  Je  tie  regarderai*  point  vos 
épiphanies  dans  vos  grandes  fêtes  »  (6)  ;  et  :  «  Vos  fêtes ^  mon  âme  {'j'u.)  les 
a  haïes  »  (7). 

Vous  vous  êtes  donc  (ouv)  réunis  aujourd'hui,  à  mes  bien-aimés,  pour  la 
commémoration  de  ce  bienheureux  (ji-ax.)  et  saint  patron  (7ipoaxd(TYiç),  le 
saint  (àyioç)  Apa  Ouanofre,  l'anachorète  (àva/.)  béni,  ô  mes  enfants  bien- 
aimés.  Car  (yap)  c'est  chose  très  importante  (àva^xaio;)  et  de  bon  renom, 
que  cette  commémoration  du  juste  (8(/..).  Avant  tout  (-|-  jxév)  marchez  en 
toute  honnêteté  (-(i£[j.vo;)  et  toute  sagesse,  lesquelles  sont  du  Christ  Jésus, 
Notre-Seigneur  ;  ainsi  que  je  l'ai  déjà  dit,  en  glorifiant  Dieu  et  glorifiant 
toutes  les  vertus  (àpstr)')  du  juste  (oî/..)  et  en  honorant  les  prêtres  de  Dieu 
et  les  serviteurs  du  saint  autel  (OuotaatTÎpcov). 
Et  ([A^v)  d'abord,  quand  vous  vous  disposez  à  sortir  de  vos  maisons,  pour 

p.  19  vous  rendre  à  la  fête,  priez  d'abord,  étant  encore  (hi)  dans  '  vos  maisons, 
en  demandant  à  Dieu  qu'il  dirige  votre  chemin  ;  et  continuez  de  réciter  les 
paroles  de  Dieu  et  les  combats  (^Yt&v)  et  la  conduite  (roXixsfa)  des  saints; 
et  ne  vous  laissez  point  aller  (àvéysaâai)  à  faire  des  sottises,  dont  je  vous  ai 
déjà  entretenues  ailleurs,  à  savoir,  les  chansons  et  le  battement  de  vos 

(1)  2iA.ZX  parfois  stridor  (denlium),  Br.  Mus.,  Catal.,  n"  2C0;  Mém.  Jnst.  fr., 
IX,  46.  Donc  ici"?  'frapper'.  Pour  BAK.\e  cf.  Zoega,  335,  BAKAA,  sans  doute 
pixXov,  comme  l'a  supposé  Zoega. 

(2)  Ézéch.,  xvui,  4. 

(3)  La  leçon  du  ms.  donne  :  Sachez,  ô  chrétiens  saints,  la  manière  conv.  de  fêter. 

(4)  Amos,  VIII,  10. 

(5)  Ib.,  V,  21.  , 

(6)  Ib.,  v,  22. 

(7)  Is.,  I,  14. 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  63 

mains  que  vous  (avez  coutume  de)  faire,  vous,  ô  femmes  négligentes  (1); 
et  les  récits  fabuleux  que  vous  chantez,  (appelés)  «  complaintes  »  (2).  De 
plus,  en  arrivant  au  saint  martyrium,  allez  de  suite  à  l'église  (Ikxà.),  priez 
et  demandez  au  saint  juste  (ova.)  qu'il  vous  mette  à  même  de  faire  les 
actions  qui  lui  plairont  dans  votre  vie.  Et  {U)  ensuite  priez  le  saint  et  juste 
(Sîx.)  Apa  Ouanofre  pour  qu'il  intercède  pour  vous  auprès  du  Seigneur, 
afin  que  celui-ci  vous  rende  dignes  *  d'hériter  (y.XripovojxEî'v)  avec  lui  dans  p.  20 
les  cieux;  en  vous  appliquant  (anouBàÇetv)  à  accomplir  la  vigile  avec  dili- 
gence, en  combattant  le  sommeil  par  de  saints  psaumes  ('|aX.),  en  donnant 
les  réponses  à  celui  qui  psalmodie  (({^aXXsïv),  avec  attention  et  sans  que 
personne  parle  à  l'église  (èxxX.)  avec  son  voisin,  en  d'oisives  (àpy6ç) 
paroles.  Et  encore,  ne  sortez  pas  de  l'église  (èr./.X.)  pour  vous  asseoir  à  la 
porte,  en  débitant  des  paroles  vaines,  l'un  à  l'autre,  et  (en  faisant)  des 
rendez-vous  (auviu/ £a)  ;  car  (ydcp)  vous  méprisez  (xataçpovstv)  en  cela  la 
parole  de  Dieu  et  vous  honorez  le  plaisir  vain  plus  que  la  sainte  parole  de 
Dieu.  Soyez  plutôt  (àWi)  attentifs  à  ce  qu'on  vous  lit  à  l'église  (êxzÀ.),  le 
plaçant  dans  vos  cœurs,  afin  de  continuer  à  le  réciter  dans  vos  maisons,  . 
avec  *  vos  enfants  et  vos  voisins,  à  toute  heure.  p.  22 

Donc  (oé)  la. vigile  ainsi  terminé,  avec  le  soin  convenable  (jipÉivetv)  aux 
saints,  faites  aussi  (+  o^)  votre  possible  (aj:ouoâretv)  pour  ne  rien  manger, 
soit  mets,  soit  (/])  boisson,  ni  (rj)  de  rien  goûter  du  tout,  jusqu'à  ce  que 
vous  ayez  communié  (auvaysiv)  et  que  vous  ayez  entendu  de  la  part  du 
diacre  (Staxovo?)  :  «  Allez  en  paix  (etpTfvr,)  ».  Et  cette  autre  chose  importante 
(àvayx.)  aussi  qu'il  vous  faut  observer,  (à  savoir)  que  vous  vous  approchiez 
de  l'autel  ^GuaiaiTTÎptov)  avec  grande  circonspection  (â7:i'jT:v]';j.rj),  sans  être 
désordonnés  en  votre  démarche,  mais  (àXXâ)  marchant  avec  décence. 
Quand  vous  aurez  communié  (juvayav)  et  entendu  de  la  part  du  diacre 
(o;a.)  ;  «  Allez  en  paix  (sîprjvTi)  »,  en  vous  en  allant  (+  Bé)  avec  vos  enfants, 
à  vos  maisons,  ne  soyez  pas  gourmands  en  mangeant  et  en  buvant,  mais 
ÇxXki)  donnez  au  corps  (aw.)  ce  seulement  dont*  il  a  besoin  (-ypet'a).  Ayez  p.  23 
soin  (a::ouoàÇ£tv)  aussi,  ù  mes  enfants  bien-aimés,  de  donner  aux  pauvres 
une  part  (;j-^po;)  de  votre  pain,  vos  mets  et  votre  vin,  afin  que  le  Seigneur 
bénisse  et  vous  et  ce  que  vous  mangez  ;  puisque  (  w;)  du  tout  vous  avez 
d'abord  donné  à  Dieu.  Car  (yap)  c'est  lui  qui  a  dit  :  «  Quiconque  donnera 
à  boire  à  un  de  ces  petits  seulement  un  verre  cVeau  froide,  au  nom  d'un 
disciple  ([AaO.  ),  ne  perdra  pas  sa  récompense  »  (3).  Et  (os)  en  mangeant, 
mangez  dans  la  crainte  de  Dieu,  non  pas  d'un  (appétit)  in.satiabïe,  mais 
plutôt  (xXXâ)  avec  bénédiction  et  à  suffisance  :  ni  (oùoi)  avec  ivresse,  mais 
plutôt  (àXÀà)  avec  joie  (eù^poaûvri)  et  allégresse,  en  psalmodiant  ((faXÀeïv)  de 
votre  cœur  et  en  bénissant  Dieu  (4).  Que  la  parole  de  Dieu  soit  dans  vos 

(1)  M.  à  m.  'dissolues';  mais  ici  le  laot  se  rapporte  à  des  façons  légères,  peu 
dignes  du  lieu  sacré.  Cf.  B(0.\  eBO.v  dans  CSCO.,  73,  213;  Rossi,  II,  ni,  3U: 
Budge,  Mise.  Copt.  Texts,  150;  Zoega,  333. 

(2)  Traduction  ailleurs  de  Op^vo;  (par  ex.  Ainos,  vni,  10;  Sirach,  xxxvni,  16). 

(3)  Matth.,  X,  42. 

(4)  Eph.,  v,  19. 


64  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

bouches  en  même  temps  que  la  nourriture  (tpocpr;).  De  même  qu'il  est  néces- 

P-  24  saire  (àva^x.)  d'user  (-/.pàv)  de  la*  nourriture  (xp.)  corporelle  (afO|j.aTty.d;),  il 
est  encore  plus  nécessaire  (àvayx.)  de  pourvoir  (/.opriysiv)  l'àme  de  mets 
spirituels  (7îveu[AaTr/.6«),  à  savoir,  la  parole  de  Dieu.  Ayez  donc  (o5v)  soin  (1), 
tandis  que  votre  corps  (aw.)  mange  des  mets  de  ce  monde  (y.6i.),  que  votre 
âme  ('J-'j.)  au  contraire  (8é)  se  nourrisse  des  choses  de  Dieu.  Or  (ya?)  la 
nourriture  (rp.)  de  l'âme  ('j-u.),  c'est  la  parole  de  Dieu.  Car  (yâo)  la  nourri- 
ture (ip.)  du  corps  (aw.)  a  besoin  (--/psîa)  d'être  achetée  pour  de  l'argent, 
et  de  plus,  il  est  besoin  (--/^psia)  d'efforts  (;:£tpaa;j.6;i  jusqu'à  ce  que  tu  l'aies 
rassemblée;  mais  (ôé)  par  contre,  la  nourriture  (rp.)  de  l'àme  (^u.),  c'est 
la  parole  de  Dieu;  tu  la  trouveras  gratuite,  sans  aucun  effort  (-etp.). 

Lorsque  vous  aurez  accompli  tout  ce  qui  convient  (TzpÉjreiv)  aux  fêtes 
saintes  et  que  vous  serez  de  retour  à  vos  maisons  en  paix  (etprjvr)),  ne 
cessez  point  de  méditer  le  Christ  à  toute  heure,  celui  qui  a  prêté  force  à 

p.  25  tous  les  justes  (Six.)  et*  les  martyrs  (tiâpiupo;)  ;  et  continuez  [à  le  prier], 
jour  et  nuit,  de  vous  rendre  dignes  d'hériter  [y-Mp-)  avec  les  saints  (2). 
C'est  ainsi  que  l'Écriture  sainte  nous  a  ordonné  :  «  Médite  le  Seigneur  et 
tu  accompliras  tous  mes  désirs  »  (3).  Quant  (oé)  à  nous,  si  le  souvenir  (du 
saint)  persiste  toujours  dans  nos  âmes  ('}u.),  nous  dirons,  chacun  de  nous, 
avec  le  psalmode  (^{'a^[x.)  saint  David  :  «  J'ai  vu  le  Seigneur  devant  moi  de 
tout  temps;  car  il  se  tient  à  ma  droite,  pour  que  Je  ne  sois  pas  ébranlé. 
Ma  chair  (aâpÇ)  même  (hi  U)  demeurera  dans  Vespoir  {ïkT.li)  »  (4).  Or  (yiépj 
l'ébranlement  dont  il  parle,  c'est  l'inclination  au  péché.  Car  (yoEp)  si 
l'homme  met  toujours  Dieu  devant  soi,  en  fixant  sur  lui  les  yeux  de  l'àme 

p.  26  (>l'u.)  et  en  restant  en  sa  présence,  il  ne  se  penchera  jamais  au*  péché. 
Telle  est,  en  effet  (yâp),  la  pensée  qu'ont  méditée  (çiXoaocpsî'v)  (5)  tous  les 
saints,  jusqu'à  ce  qu'ils  eussent  atteint  la  mesure  de  la  perfection 
(-TÉXeio;). 

Et  (o^)  nous  aussi,  pères  et  enfants  bien-aimés,  que  notre  translation  de 
ce  lieu  passager  nous  soit  chaque  jour  devant  les  yeux;  aussi  éviterons- 
nous  (::apaiT£ta0ai)  le  péché.  Car  (xat  yâp)  en  vérité,  nous  ne  savons  ni  le 
jour,  ni  (oùSé)  l'heure  où  l'on  nous  enlèvera,  malgré  nous,  de  ce  lieu  de 
passage,  auquel  nous  allons  devenir  à  jamais  étrangers.  Car  (yap)  la 
contemplation  (-[xsXexav)  de  la  mort  veut  dire  la  fuite  du  péché.  C'est 
pourquoi  je  vous  exhorte  (TiapaxaXav),  fuyez  le  péché. 

Même  (xav)  si  mes  paroles  attristent  quelques-uns  d'entre  vous,  je  ne 
saurais  pourtant  {hXkd)  garder  le  silence  et  ne  pas  vous  entretenir  de 

p.  27  votre  salut.  Et  ce  n'est  *  point  une  petite  tristesse  qui  va  me  frapper 
quand  je  vois  un  malheur  qui  vous  a  atteint;  si  vous,  vous  n'avez  pas  peur, 

(1)  M.  à  m.  -  Trouvez  votre  corps,  tandis  qu'il  mange  >■,  Locution  dont  je  ne 
me  rends  guère  compte. 

(2)  Cf.  Col.,  I,  12. 

(3)  Je  traduis  exactement  le  texte.  Je  n'ai  pas  identifié  la  citation. 

(4)  Ps.  xy  (xvi),  8. 

(5)  Ce  mot  se  retrouve  :  Budge,  Mise,  215  :  Véflécliir  à,  tenir  compte  de';Br. 
Mus.,  CataL,  n°  239  :  'se  montrer  philosophe';  Paris  131-',  92,  de  même. 


DISCOURS    SUR   S.    ONNOPHRIUS.  65 

moi  je  suis  grandement  troublé  à  cause  de  vous.  Comment  pouvez-vous 
d'ailleurs  (xdévrojç)  ignorer  que  je  craigne  pour  vous?  Car  {-((iç>)  vous  avez 
vu  ces  (1)  grandes  et  sérieuses  maladies  que  Dieu  a  fait  venir  maintes 
fois  sur  nous,  à  cause  de  nos  péchés.  La  sainte  Écriture  (ypaçri)  dit  en 
effet  ([i.èv  y(ip)  :  «  Vous  ne  ferez  pas  comme  les  païens  (lOvr/.dç)  »  (2).  C'est 
pourquoi  je  désire  que  vous  vous  retourniez  de  vos  péchés,  et  (ol)  chacun 
de  (xaxâ)  sa  propre  façon  (3)  ;  peut-être  Dieu  aura-t-il  pitié  de  notre  retour 
et  fera-t-il  cesser  son  courroux  (ôpyTi)  à  notre  égard.  Car  (yap)  sa  miséri- 
corde est  prête  pour  ceux  qui  se  détournent  de  leurs  péchés  et  qui 
produisent  des  fruits  (zap7:6ç)  dignes  de  la  repentance  {[xztâwit.)  (4).  Car 
(yap)  c'est  lui  qui  a  dit  par  le  prophète  (x:p.)  Ézéchiel  :  *  «  La  méchanceté  p.  28 
(àvo[i.;a)  du  méchant  (àasêTf;)  ne  lui  finira  point,  au  jour  où  il  se  détournera 
de  sa  méchanceté  (àv.)  »  (5).  Mais  (5e)  si  nous  ne  nous  détournons  pas, 
assurément  (xoEvtojç)  il  aiguisera  son  glaive,  comme  il  l'a  aiguisé  pour 
d'autres  (6).  Et  (oé)  beaucoup  aussi  ont  ajouté  jour  à  jour  en  demeurant 
dans  leurs  péchés,  (et)  cette  heure  terrible  leur  est  survenue,  avant  qu'ils 
le  sachent,  ignorant  qu'ils  sont  devenus  en  pâture  au  feu  et  au  ver  éter- 
nellement. Mais  (oÉ)  malheur  à  ceux  qui  seront  négligents  (àjiEXYj'ç)  de 
leur  propre  salut  (7)  et  qui  continuent  à  demeurer  dans  leurs  péchés 
jusqu'à  ce  qu'ils  meurent. 

Qui  t'a  empêché  (y.wXûetv)  de  prendre  femme,  ô  homme,  pour  ({ue  tu 
cesses  de  forniquer  (x:opve'j£tv)?  Ou  (■^')  qui  est-ce  qui  t'a  empêchée  (xwX.),  ô 
femme,  de  prendre  nn  mari,  suivant  (xaxa)  la  loi  (v6[i.o;),  pour  que  tu  ne 
trouves  plus  prétexte  de  fornication  (TOpveta)?  S'il  vous  est  impossible  de 
vous  contenir  (iyxpaTeustv),  voici  que  le  mariage  (yâtAoç)  pur  a  été  établi 
pour  l'homme;  prends-  *toi  une  femme  selon  Cxarâ)  la  loi  (v^aoç),  et  que  la  p.  29 
femme  également  prenne  mari,  en  étant  tous  deux  sans  atteinte  de 
péché.  Seulement  (;jl6vov),  ne  forniquez  (7:opv.)  pas;  car  (y4p)  vous  êtes  des 
misérables;  vous  ne  sauriez  pas  supporter  les  peines  (xdXaotç),  ô  (vous) 
qui  souillez  votre  corps  (tw.)  de  la  fornication  (to?.),  soit  (eI'te)  hommes, 
.soit  (el'is)  femmes.  Car  (yâp)  si  (8)  tu  vois  une  hache  ou  (ri)  une  épée  prête  à 
tomber  sur  ton  corps  (aw.)  et  ta  chair  (aâpÇ),  la  peur  et  le  tremblement  te 
feront  pre.sque  (o7£o6v)  devenir  froid  (9)  comme  de  la  pierre;  et  tu  sup- 
pHeras  beaucoup  avec  larmes,  en  faisant  des  vœux  (ô[xoXoy{a)  et  en  pro- 
mettant aux  hommes  qui  te  punissent  (/.oXâÇeiv)  de  ne  plus  pécher  désor- 

(I)  'Les'  peut  être  au  lieu  de  '  ces'.  Confusion  du  démonstratif  avec  l'article, 
qui  caractérise  .souvent  les  textes  des  basses  époques. 
{■>)  Matth.,  VI,  7. 

(3)  Ou  peut-être  :  'cliacun  selon  le  genre  (de  péché  qu'il  a  commis)'. 

(4)  Matth.,  ut,  8. 

(5)  Ézéch.,  xxxut,  12. 

(6)  Cf.  ib.,  XXI,  IL  C'est  sur  cette  thèse  que  Schenouté  composa  l'une  de  ses 
homélies  les  plus  remarquables.  Voir  CSCO.,  73,  p.  11  ss. 

(7)  Cf.  Hébr.,  ii,  3. 

(8)  M.  à  m.  'si  vous  voyez',  etc.  Ici  (et  ailleurs)  confusion  du  singuliei-  et  du 
pluriel. 

(9)  M.  à  m.  'geler'. 

ORIENT   CHRÉTIEN.  5 


66  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

mais.  Or,  si,  ô  homme,  tu  as  eu  peur  des  liommes  qui  te  punissent  (zoX. ), 
en  ce  qui  regarde  la  destruction  de  ton  corps  ('jw.),  ù  malheureux,  jusqu'à 

p.  30  quel  point  dois-tu*  avoir  peur  de  Dieu,  qui  peut  détruire  et  ton  âme  (Au.) 
et  ton  corps  (aSi.)  dans  la  Géhenne  (1),  parce  que  tu  ne  fes  pas  éloigné 
du  péché?  Tu  entends  en  effet  (yap)  ta  condamnation  (iitd-isaa'.;)  à  chaque 
instant,  ô  toi  qui  forniques  [r.op.),  quand  on  te' dit  :  «  Quiconque  souille  le 
leniple  de  Dieu,  Dieu  le  détruira  »  (2).  Et  encore  tu  as  entendu,  à  propos  de 
ceux  qui  ont  péché,  que  «  leur  chair  (aâp?)  tombera  à  terre,  'pendant  qu'Hit 
seront  debout  sur  leurs  pieds,  et  leurs  langues  deviendront  pourries  dans 
leurs  bouches  »  (3);  et  encore  :  «  Les  {sic)  vers  ne  mourront  point,  leur  feu 
ne  s'éteindra  point  et  toute  chair  (aap?)  les  verra  »  (4). 
Mes  frères,  évitons  la  colère  (ôoytq)  et  craignons  Dieu.  Craignons  d'ail- 

p.  :^i  leurs  nos  mauvaises  habitudes  (auvrjOsta)  et  les  passions  (7:a9oç)  *  impures, 
qui  se  sont  unies  à  nous,  pour  que,  nous  aussi,  nous  disions  avec  assu- 
rance (i:apprjcjta)  :  «  Je  franchirai  une  muraille  »  (5),  je  veux  dire  la  muraille 
des  passions  (icdcO.)  qui  nous  entoure,  c'est-à-dire  nos  propres  péchés.  Oui, 
je  vous  exhorte  (7tapa/.a).£ïv),  n'écoutez  pas  ces  paroles  pour  les  rejeter 
(ensuite)  derrière  vous.  Ne  les  laissez  point  à  l'église  (Ixy.X.),  là  où  l'on 
vous  les  a  lues,  dépourvues  de  force  (èvépyEta),  tandis  que  vous  sortez. 
Écrivons-les  plutôt  [àXki)  sur  les  [tables  (^Xdt^)]  de  notre  coeiu-  (6);  citons- 
les  à  toute  heure,  à  la  maison  et  dans  les  rues  et  en  nous  promenant, 
même  (xàv)  en  mangeant,  ou  (f])  en  buvant,  même  (xav)  en  faisant  notre 
travail  manuel.  Contons-les  à  nos  femmes  et  à  leurs  {sic)  enfants  et  à  nos 
serviteurs  et  à  nos  apprentis  et  à  ceux  qui  sont  en  relations  avec  nous. 

p.  32  [Car  (yâp)]  on  va  nous  interroger  là-dessus,  et  il  faut  que  [nous]  *  les  [ ], 

au  jour  du  jugement  (xpiat?).  Puissions-nous  ne  pas  devenir  l'occasion 
(i!pop[jL7J)  (de  dire)  que  (non  seulement)  nous  ne  nous  soucions  pas  de 
commettre  des  péchés,  mais  (àXÀa)  que  même  nous  en  avons  toléré 
(d'autres')  qui  pèclient,  en  tant  que  nous  ne  les  avons  point  réprimandés 
(ÈTtiTtixàv).  Mais  (àXXa)  disons  plutôt  avec  assurance  (;:appï)a[a)  :  «  J'annon- 
cerai ton  nom  à  mes  frères  »  (7);  [et  encore]  :  «  J'ai  (?)  [ ]  dans  mon 

cœur  »  ;  et  encore  :  «  De  ceux  que  tu  m'as  donnés,  je  n'ai  perdu  aucun  »  (8). 

Dieu,  ami  des  hommes,  dont  le  désir  c'est  la  miséricorde  (9);  qui  ne 

veut  point  qu'aucun  périsse  (10);  qui  oublie  plutôt  (àXXa)  nos  méfaits  et  qui 


(1)  Matth.,  X,  28. 

(2)  I  Cor.,  m,  17. 

(3)  Zach.,  XIV,  12. 

(4)  Isaïe,  Lxvi,  24. 

(5)  Ps.  XVII  (xviii),  29. 

(6)  Prov.,  VII,  3.  Ce  verset  ne  se  retrouve  (dans  les  pubHcations  actuellement 
à  ma  portée)  que  dans  H.  Munier,  Mss.  copies  (Catal.  Gén.  du  Caii'e,i916j,  p. 
infra. 

(7)  Ps.  XXI  (XXII),  22. 

(8)  Jean,  xvni,  9. 

(9)  Mich.,  VII,  18. 

(10)  II  Pierre,  m,  9. 


DISCOURS    SUR    S.    ONNOPIIRIUS.  67 

passe  sur  ce  que  nous  avons  fait  pour  l'offenser  (-XjT:r,),  en  réprimant  sa 
colère  (èpYï]'),  pour  qu'elle  ne  déborde  pas  sur  notre  misère;  il  nous  a 
rendus  dignes  *  de  sa  grande  miséricorde  et  il  nous  a  donné  moyen  de  p.  o''< 
nous  écarter  de  toute  souillure  et  de  tout  péché,  et  de  nous  sanctifier  à 
lui,  en  nation  (l'Ovo;)  sainte  et  peuple  (Xao;)  (digne)  de  vie  et  particulier  (1), 
afin  de  nous  pardonner  toute  notre  négligence  (àjj-eXs'.a)  passée  et  de  dissi- 
per l'inimitié  que  nous  avons  engendrée  entre  nous  et  lui;  qu'il  se  récon- 
cilie à  nous  encore  une  fois  ;  qu'il  nous  sauve  de  notre  misère  (-laXat-wpo?) 
et  qu'il  nous  fasse  grâce  (yapîÇsoOat)  de  miséricorde  au  jour  de  notre 
nécessité  (àvày/.rj),  par  les  prières  et  les  intercessions  de  tous  nos  pères 
saints,  depuis  (le  commencement  de)  ce  siècle  (atojvj,  mais  (oé)  surtout  du 
saint  (aytoç)  Apa  Ouanofre,  l'anachorète  (àvay .),  celui  au  saint  [-oxoç]  duquel 
nous  nous  sommes  réunis  [aujourd'hui],  en  [célébrant  (?)  sa]  comfmémo- 
ration  sainte...]*  [...]  et  la  philanthropie  de  Notre-Seigneur,  Jésus-Christ,  ]).  31 
par  qui  est  [la  gloire]  du  Père,  [avec]  lui-même  et  [le]  Saint-Esprit 
(nvE3[j(.a)  (2),  vivifiant  et  consubstantiel  (ôfioo-jato;),  maintenant  et  en  tout 
temps,  jusqu'à  tous  les  siècles  (aîwv)  des  siècles  (akôv).  Amen. 

Est  fini  le  discours  (kôyoç)  que  prononça  Apa  Pisenthius  de  la  monta- 
gne de  Tsinti  (3),  concernant  le  saint  Apa  Ouanofre,  à  la  gloire  de  Dieu. 

Dieu,  qui  acceptas  le  sacrifice  (8u7ta)  d'Abel  et  les  deux  oboles  (Xexttô'v) 
de  la  veuve  (/.^pa),  de  même.  Seigneur,  bénis  celui  qui  s'est  chargé  de  ce 
livre,  en  souvenir  du  saint  Apa  Ouanofre,  *  pour  que  celui-ci  lui  obtienne  p.  35 
faveur  auprès  de  Dieu,  et  que   (Dieu)  lui  fasse  la  grâce  ^/ap;^^sOal)  du 
pardon  de  ses  péchés.  Amen. 

Que  ce  même  Christ  protège  la  vie  du  tout-vertueux  (-avctocToç),  véné- 

rable(?)  (4)  et  généreux  (?  --poacpopd)  (5)  [ ]na  (6),  de  la  ville  (-ôÀu)  de 

Kebt,  et  quïl  [ ]  saints  sur  nous.  Amen. 

[Écrit]  l'ère  des  Martyrs  (/.pov.  [;.àpT.)  748,  (celui)  des  Sarrasins  (?  aapax./;- 
vrov)  422  (7). 

De  grâce  (àyd?:/]),  souvenez-vous  de  moi,  Schenouté,  et  priez  pour  nous, 
pour  qu'il  nous  fasse  miséricorde.  Amen. 

^      (1)  TOTHT  =  TtspioÛCTto;.  Exod.,  xix,  5;  Deut.,  vu,  G. 

(2)  L'on  constate  plusieurs  variantes  de  cette  formule;  celle-ci  ])ar  ex.  dans 
Budge,  Mise,  p.  48. 

(o)  Les  formes  peu  sa'idiques,  Pisenthius  et  Tsinti,  sont  à  noter.  La  forme 
que  l'on  attendrait,  Tsente,  est  d'ailleui's  assez  rare. 

(4)  Leçon  douteuse;  peut-être  6K.OT  'père'. 

(5)  Également  douteux;  peut-être  rillATO<i)op()C  'spirituel'. 

(6)  JMêna?  Un  nom  propre  est  obligatoire. 

(7)  Los  deux  dates  concordent  à  donner  l'an  1031-32  de  J.-C. 


UN  TEXTE  ÉTHIOPIEN  DU  SYMBOLE 
DE  SAINT  ATHANASE 


Le  symbole  qui  suit  provient  du  manuscrit  or.  793  du  British 
Muséum.  La  confiscation  par  la  douane  turque,  lors  de  notre 
expulsion  de  Syrie,  des  textes  que  nous  possédions  et  des  tra- 
ductions que  nous  en  avions  faites  (1),  épargna,  par  grand 
hasard,  quelques  feuillets  de  ce  manuscrit,  que  nous  avions  fait 
photographier  il  y  a  déjà  longtemps,  mais  dont  nous  n'avions 
pas  eu,  depuis,  le  loisir  de  nous  occuper. 

Le  manuscrit  or.  793  est  du  milieu  du  xviii"  siècle;  l'écriture 
est  petite  et  régulière;  sauf  quelques  confusions  ou  méprises, 
assez  rares  d'ailleurs,  du  copiste,  le  texte  est  correct.  Le  sym- 
bole s'y  poursuit  d'un  seul  trait,  sans  aucune  séparation  ;  nous 
avons  cru  avantageux  d'introduire  des  divisions  numérotées, 
afin  de  faciliter  les  références  du  texte  à  la  traduction,  et 
réciproquement. 

Ce  symbole  est  appelé  Symbole  d'Afrique.  La  souscription 

(1)  D'une  façon  tout  à  fait  arbitraire  et  injustifiable,  malgré  protestations  et... 
backchichs,  la  douane  s'est  emparée  de  tous  .imprimés  et  manuscrits  rassem- 
blés, pour  plus  de  sécurité,  pensions-nous,  dans  une  malle  de  cabine  :  photogra- 
phies de  trois  manuscrits  éthiopiens  de  la  Bibliothèque  Nationale,  qui  nous 
avaient  été  confiées  par  M'^''  Graffin,  traductions  préparées  soit  pour  la  Palrolo- 
gia  OrientaUs  (Canons  apostoliques),  soit  pou-r  cette  Revue  (Canons  des  saintes 
Écritures,  petits  recueils  de  décisions  conciliaires,  notices  sur  les  Apôtres...), 
notes,  lexique,  grammaire,  etc..  M.  le  Sénateur  et  Professeur  I.  Guidi,  à  qui 
nous  contions  notre  mésaventui-e,  voulut  bien  faire  des  démarches,  pour  nous 
faire,  par  l'intermédiaire  de  M.  le  consul  général  d'Italie  à  .Jérusalem,  restituer 
notre  bieh.  Nous  avons  lieu  de  craindre  qu'en  raison  des  événements  surve- 
nus, tout  ne  soit  vain.  Quoi  qu'il  en  puisse  être,  nous  tenons  à  dire  à  M.  Guidi 
notre  reconnaissance  pour  sa  précieuse  intervention,  et  à  lui  adresser,  ainsi 
qu'à  son  fils,  nos  remerciements  pour  le  bienveillant  intérêt  qu'ils  nous  ont 
témoigné. 


UN    TEXTE    ÉTHIOPIEN    DU    SYMBOLE    DE    SAINT    ATHANASE.        69 

l'attribue  à  saint  Athanase.  Il  est  de  même  allure  que  le  Qui- 
cumque,  mais  il  en  diffère  assez  notablement. 


TEXTE  ETHIOPIEN 
i.  —  (F.  109  v°  a)  XAH-  ■  Vy^*nT''l'   •   HKÇ/,.*jP  ■■  ^,0.  • 

(Oiro'idM  '  ^H'ti  •  nh>iA-  ■  fl>n'7î\'BU-  !  HAuJ&'l-'BA'P  •  X 

h'ïH'}  •  i\?:rù'\r  '\-  AJ.?.*»»/. ->  !  nÂ,'î<f.Arn  •• 

3.   —  ^'fl  :  ©A^/.  •  flJ/ui-flïA-Ç.  ! 

flïAJ^-  :  'l-tDA^i.  !  fflÂ.flJA^.  •   hCh^f   '  fm^\}(i  :  HUA'B  s 

A</»Aïi'f-  •  ^rAVlV  I  /^AA-'I-  •  nK't-'l'dA'?  i  ^rcl'  ■  WK 

HÀ.'l+'nA  1  ftÇ'M-  ■'  nti'iit  î  HÂ,-|-^.i'ï'1  :  hAO-/:  :  ni<<.C  î 
HAdA-  •'  H/iî\,AA   s  a)A,'wi|>./.'7-  .-  n;J-;hi:  -•  HJP.}\fl>-^  •  nh 

t^   ■   'l"IA,'}A   !  îilTA'^e   ■  rt*^jP->  :•:  h^'Vli-  ■  '[•+A.  :  h^r^l'A 

«•-n-n  •  \\an^**n  -.  H-^A-^  •  AA-n  :  n^^'î-fi-  :  th-a  •::  -th 

9y  '.  {F.  109  v°  b)  Mif^tm^h  '  \\on  :  Hl'-A^^.  :•: 


70  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

*ei  !  flïAJt  :•: 

7.  —  K-n  ï  uAfl>-  :  nhidii  •  T7'i-  • 

(DoD'idM  :  ^fitl  '  OAflJ-  :  HK'înA  =  T^^'  î 
/u'ÏJ^"ï^  ï  hfh'i'  '  hrh^O-  I  flJhAii  ''  hr^/AA-  ! 

flîA.^-  !  hr^iY}  ■  ^^9**  :•: 

fljA,j?.^nyA-  •  rK'^Ain'ï-  :  uh'yati  •  bh'iiih'nth^c  *  hkf 

î\C(>  ■  'rv^'Aft-f-  î  h9"^R''rD  ï  OyAr  ■■  rohAil  •  A«/A<w»  :  «JA?"  •:: 
9.  —  ha  •  îi'^H.?i  !  HAdA  :  WA-  :•: 
flïA.^'  !  ?i*7ll.h  :  HAdA  :  W-A-  ! 
(oao'ié.h  :  4»S.A  •  ?»*7ll.îi  •  HAdA  ••  ïfA-  • 

flîÀ,jx,>n(;A-  •  rhP'k'Xii'  '-  HX-^nA  !  ô?»*iH.K'nrh.c  •  nK 

tOx^h  '■  hoOilAya)-  î  éJ^i?"  •'  AI-nC^uA  :  01^,  •  lA.A  ■  hTr-t  • 

ho»'  •  p-A.*?  ••  H?»9"n,'f-  ■  w'i'  '  (oti^i  •  A.e«?»f:  ■-  j?:'J*ia  =  «^ 

C^r  •  OK  î  (F.  109  v  c)  oD^hln  •  'Tin,'/  ■  flijRn.A  •  'ïV./^'rh.  • 

th/^àx^  ■  h^wMidx^c  •'  9"AA.h.  •  fl>n-cîri  II-  :  K-j-t  -  hrh 

-itl'l'  •::  aiVU.  :  ->0^A.  !  flï'>flïA-^/.  !   «DA,^   •  OÎ'Vrtî^P-  ■  (1)  ft 

(l)  M.  flï^fllF".ef  : 


UX    TEXTE    ÉTriIOPIEN    DU    SYMBOEE    DE    SAINT   ATIIANASE.        71 

ha-o-  ••  flijL'.n/*'  '  An. '^  •  ,?à4"n  ••  A«/Ai^*  -  ïo^ao  ■  *'V'l^^ 
-t-  •  A<w7'^/*'i;  ::=  fO'in,A •  ■  '^cjP'r  •■  A'wAMn  " hc  •■  ^«hfl>« 

.ftn,A  ■  em'idM  ■  4».S.A  !  ,e./wiK-h  :  AjiA,h.  •  —  tm'i^M  ■  4»-^. 

y  —  :;:  <DÎl(in  :  .ftlLA  :  :''.ftA  •  A(hA  :  .e.}\.AAÏl.  •  —  '>^A  • 
^Aîl-f-  !  K-fl  î  hK"}*}  ■  Ah'eï  :  hf^  ■  fflA.^.  ::  n;h'|î  :  (D-h 
'f-'Ù  :  À,'ïrt1flJ  ••  h'nV  —  :•:  IDl^n  !  iPAA  :  -fly.A";!-  :•:  flïH 
5:  :  ^'.-l-^nA.^'  ■  hr'^K  •  ^*i'tl  •  iD'ïx'P  :  fl)A.eL  :  A(l-A  ■  (D'h 

-f-    î   ^H.   •   fhn,   :   ^^C^îT  :  ^ïhiSi  !  (i)   nh*/»  •  '|-fl.A3:  :•:  (D-h 

1'  •  Z^'Art.  :::  (DhtniÙ  :  o-f:  •  I^ArYi'i-  •  A'wAln'f-  •■  /*'Art.  •  h 
r^-ti^iai'  •'  h-n  -•  (D(D^!^  :  oï^wi'î^.ft  î  4».s.A  î  Ihnc^^  ■  A», 

^ho^'  !  aJA.€:  •   fliA.e.'  •  HAr/-A  :•:  Vl/.-  •  «wA^în  :  ^Wi.P. 

12.   —  H  Y.  :  '^j^A   -•  h'^H.h-nrh.C  :  ÇH-l^  •  nUA'BO-  •  H 

AiT'.e.'C  •  ^,n  •  *^J?,  :•:  ffl*^f  :  nrliCî:  •  (F.  llOr  a)  h'in  :  K 
îîKA'iA>''/fli  :  hfiV  '  '/"AA  ■  ÔO  ■  î\mA  =  AHï  •  à^  '■  K'^o^ 

X  •  toKA'V  :  H^.tt.'/  !  /uf.mç?»  '  hA-i'Ai*}*»  =  >nAnA"  •  r 
AA  :  '^'iov  !  r:^  •  b-nix-v  •  h'in  •  ^'^o'i  •  nhA/V  :  Kt-oi' 

c  :  «i'^r  •  h<wi  :  >»n-ii-  ::  l'th^d,  '  flK-n/.h  •  ho»-  •  h'in  • 

(1)  M.  .ell^îrX  : 


72  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

h'in  !  fiM  •  ù-nh  •  (1)  (Dh'iM  •  iD'M'  •■  h^O'  I  flJAU*  •• 
nnu4»  I  (DiDcna)  -.  nhî^'nv  •  -nhfL  ■ 

14.  —  whh'f'Ch?  '  ohii-t  •  "ihr  :•:  Mn  j  nr^rh-h  ■  h 

îi9"An  •  "hihh  ■  (DhM.  •■  ji-nA?'  !  rVth^  •  m-Ki--  :•:  r^ 

rtîT^J   :   ïlj   :    t^-^:   :    ^.fl    .■  ?»->»  :  .fc^A  î   'H'J'I.'  ■  (D-h-U  -  ©A 

<^J&  î  flïflJ^A  î  ^^<f.A  ■  *.S.rt  !  .ia.ii-  !  flC^  (F    110  r°b)  f 
^  '.\\ao  '.  f!A'ha»C  '•  hù/.  '  ffo^\^•^  ■  (3)  A'jn.f  ■•  VlCft-t.e'î  :•: 

^-  :  flï/w»^<f.A  :  4».S.A  î 

15.  —  iD^/hVî:  •  'ihri  ■  /*'A-A  î  Hïi^nA  ■  'l%<.Arn  ï  flï'î 

n-<:    •    liîi'ïnA   :     ï -t^Ar^   .•   \\ao  ..  A^rlia^  :  6?iîr»hAh.  !  fflhA 

16.  —  ©h^n  î  'ihr'i  '■  \ïoo  !  hSfhbb  •  ThA-Ahi:  j  îk'w» 
m  ■  <w»Arii:  :  Ah*e>  :  -lA-n?»!:  :  (Dh.^'il-nh'l'  '  Alreîr  î  ^A 

(1)  M.  ii-fiy,  : 

(2)  M.  h.^^'^nnu. 

(3)  M.  hîF^AT»*  : 


UN    TEXTE    ÉTHIOPIEN    DU    SYMBOLE    DE    SAINT    ATHANASE.        73 
(DfiàM   î  ^.ïl-7  :  î^rTh<:i'  :  ?»Ah  •  A'JA?"  :  h'^'i  •:■ 

17.  —  n-ii'  :  yj?,*^*,"!'  ••  î\rh<(.  •  ^'K'iP-A  •  Hin^  î  on  : 

h'i'i'  '  S^'h'l:  •  oDim.  •  A.T(rA  ■  fl>Afl>-A"A  ■  (Dh9^^'h  ■  r 

hdAfl>-y)*p  :  Kï  ■  ^p•c^A  :  A'^a'^  '  ?»>»  ••  k**îii.îi  ••  .e-Z-J^- 


TRADUCTION 


1.  —  (F.  109  v»  a)  Le  symbole  de  'Afrâqjâ  (Afrique)  dit  :  Quiconque  veut 
être  sauvé,  qu'il  s'applique  à  la  foi  catholique,  qui  est  apostolique,  (et)  qui 
enseigne  l'union  de  la  Trinité  dans  la  non-commixtion,  le  conjoint  dans 
la  non-diversité. 

2.  —  Père,  dans  son  liypostase  et  dans  sa  personnalité,  qui  n'est  pas 
changé  de  l'être  du  Père  en  l'être  du  Fils  et  de  l'Esprit-Saint. 

Fils,  dans  son  hypostase  et  dans  sa  personnalité,  qui  n'est  pas  changé  de 
l'être  du  Fils  en  l'être  du  Père  et  de  l'Esprit-Saint. 

Fit  Esprit-Saint,  dans  son  hypostase  et  dans  sa  personnalité,  qui  n'est  pas 
changé  de  l'être  d'Esprit-Saint  en  l'être  du  Père  et  du  Fils. 

Joints  dans  l'union,  et  unis  dans  la  non-séparation. 

•3.  —  Le  Père  générateur  et  non  engendré. 

Le  Fils  engendré  et  non  générateur,  image  et  figure  de  la  nature  du  Père. 

Et  l'Esprit-Saint  non  générateur  et  non  engendré,  ni  plus  petit,  ni  plus 
grand,  ni  autre,  ni  différent  de  la  nature  du  Père  et  du  Fils. 

4.  —  Une  est  leur  divinité,  une  la  gloire  de  leur  majesté,  une  l'image 
et  la  splendeur,  une  l'intelligence  et  une  la  volonté  du  Père,  du  Fils  et  de 
l'Esprit-Saint;  telle  est  l'union  de  la  nature  de  la  divinité  de  notre  Dieu  : 
(divinité)  trine,  qui  n'est  pas  séparée,  unie,  qui  n'est  pas  mélangée,  égale, 
qui  n'est  pas  diminuée  ni  augmentée,  pleine,  qui  ne  reçoit  pas,  combien 
grande  en  tout,  qui  n'a  pas  de  limite;  elle  n'a  pas  au-dessus  d'elle  de  toit 
qui  l'ombrage,  ni  de  fondement  au-dessous  d'elle  qui  la  porte;  elle  e.st 
d'autant  plus  au-dessus  du  ciel  des  cieux,  (pi'elle  est  plus  profonde  que 
l'abîme  des  abîmes  :  comme  l'amplitude  du  monde  ne  la  contient  pas, 
l'étroitesse  des  lieux  resserrés  ne  la  comprime  pas.  Elle  scrute  le  cœur 
(de  l'homme)  au  flambeau  de  la  sagesse;  elle  sait  (F.  109  V  b)  le  futur 
comme  le  passé. 

5.  —  Père  non  créé,  qui  a  engendré  le  Fils,  avant  que  fût  créé  le  monde; 
mais  nous  croyons  en  outre  qu'il  l'a  engendré  et  (qu)'il  ne  l'a  pas  créé. 

Et  l'Esprit-Saint  n'a  pas  engendré  comme  le  Père,  n'a  pas  été  engendré 


71  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

(•omme  le  Fils,  il  n'a  pas  non  plus  été  fait  et  il  n'a  pas  été  créé,  mais  il 
a  créé  le  monde, -sans  abstraire  sa  Trinité  de  la  nature  du  Père  et -du  Fils. 

G.  —  Père,  Seigneur  (1),  qui  n'est  pas  plus  grand  que  son  Fils  dans  son 
être  de  Père. 

Fils,  Seigneur,  qui  n'est  pas  moindre  que  son  Père,  à  cause  de  (son) 
être  de  Fils. 

Et  Esp lit-Saint,  Seigneur,  égal  en  divinité,  consubstantiel,  qui  n'est 
pas  séparé  du  Père,  et  n'est  pas  disjoint  du  Fils. 

7.  —  Le  Père  existe  sans  commencement. 
Le  Fils  existe  sans  commencement.  , 
L'Esprit-Saint  existe  sans  commencement. 

Le  premier  n'a  pas  existé  plus  tard  que  le  deuxième,  ni  le  deuxième 
plus  tard  que  le  troisième. 

8.  —  Le  Père  (est)  Dieu  parfait. 
Le  Fils  (est)  Dieu  parfait. 
L'Esprit-Saint  (est)  Dieu  parfait. 

Et  qu'ils  ne  soient  pas  dits  trois  dieux,  mais  un  seul  Seigneur,  qui  ne  fait 
pas  cesser  sa  Trinité,  depuis  avant  le  temps  jusque  dans  les  siècles  des 
siècles. 

9.  —  Le  Père  (est)  Seigneur  qui  (est)  au-dessus  de  tout. 
Le  Fils  (est)  Seigneur  qui  (est)  au-dessus  de  tout. 
L'Esprit-Saint  (est)  Seigneur  qui  (est)  au-dessus  de  tout. 

Et  qu'ils  ne  soient  pas  dits  trois  Seigneurs,  mais  un  seul  Seigneur,  qui 
ne  fait  pas  cesser  sa  Trinité,  dans  les  extrémités  des  extrémités  (du  monde). 

10.  —  Et  lorsque  le  Seigneur  (Da  voulu,  il  a  opéré  le  salut  du  genre 
humain.  //  a  envoyé  Gabriel  (2)  {dans)  une  ville  de  Galilée^  du  nom  de 
Nazareth,  vers  ime  vierge  qui  était  fiancée  à  un  homme  du  nom  de  Joseph, 
qui  {était)  de  la  maison  de  David,  et  le  nom  de  cette  vierge  (était)  Marie. 
Vange  (F.  109  v^  c)  entra  vers  elle  et  lui  dit  :  «  Réjouis-toi  d'une  {grande) 
joie,  le  Seigneur  est  avec  toi,  tu  (es)  béiiie  plus  que  les  {autres)  femmes;  et 
voici  :  tu  concevras  et  tu  enfanteras  un  fils  et  tu  l'appelleras,  de  son  nom, 
Jésus  ;  il  {sera)  grand  et  sera,  ajrpelé  Fils  du  Seigneur  {  Très-)Haut  ;  le  Seigneur 
Dieu  lui  donnera  le  trône  de  David,  son  jjère,  et  il  régnera  sur  la  maison  de 
Jacob  éternellement,  et  il  n'y  aura  pas  de  fin  à  son  règne.  »  Marie  dit  à  l'ange  : 
«  Comment  cela  me  surviendra-t-il,  puisque  je  ne  connais  pas  d'homme?  t> 
L'ange  répondit  et  lui  dit  :  «  L'Esprit-Saint  viendra  sur  toi.  »  —  L'Esprit- 
Saint  l'a  visitée  pour  le  sanctifier;  mais  pour  lui,  il  n'est  pas  devenu 
homme  selon  sa  nature  (3).  —  Et  (l'ange)  lui  dit  encore  :  «   La  vertu  du 

(1)  Bien  qu'il  ne  semble  guère  douteux,  surtout  si  le  texte  éthiopien  est  tra- 
duit du  grec,  que  'hItt.MXth.C  doive  parfois  répondre  à  Ôeô;  et  non  à  x-jptoi;,  nous 
avons  cru  préférable  de  traduire  toujours  par  Seigneur,  puisque  aussi  bien  le 
traducteur  emploie  parfois  hi'"ATfi  qui  est  le  terme  qui  répond  le  plus  générale- 
ment à  Beo:. 

(2)  Cf.  Luc,  I,  26  et  ssq. 

(3)  L'Esprit-Saint  a  visité  Marie  pour  sanctifier  le  Fils.  IVIais  l'Esprit-Saint 
n'est  pas  devenu  homme  selon  la  nature  de  Marie. 


UX    TEXTE    ETHIOPIEX    DU    SYMBOLE    DE    SAIXT    ATIIAXASE.         t  O 

{Tr(''s.-)Haut  te  couvrira  d'ombre.  »  —  La  vertu  de  la  divinité  du  Père  la 
rendit  forte  pour  devenir  la  mère  de  son  (1)  Fils:  mais  pour  lui  (2),  il  ne 
s'est  pas  incarné  d'elle.  —  Et  alors  pour  la  troisième  fois,  (l'ange)  lui 
parla  :  «  Quant  à  celui  qui  sera  enriendré  de  loi,  il  esl  saint  et  il  est  le  Fils 
du  [Très-)llant.  »  A  ce  moment,  Marie  dit:  «  Qu'il  me  survienne  comme  lu 
me  dis.  »  Et  aussitôt  le  Fils  du  Seigneur  devint,  pour  elle,  son  Fils. 

11.  —  Et  en  cela  no<is  savons  quïl  n'y  a  pas  de  mélange  pour  la  divi- 
nité de  la  Trinité;  (car)  s'il  y  avait  mélange  pour  la  divinité  de  la  Trinité, 
(ce  serait)  de  (ce  que)  le  Père,  et  le  Fils,  et  l'Esprit-Saint  auraient  pris  chair 
(le  Marie,  (or)  l'Ange  ne  lui  a  pas  promis  d'enfanter  le  Père  et  l'Esprit- 
Saint,  mais  seulement  d'enfanter  le  Fils  du  (Très-)Haut.  L'ange  lui  a 
exposé  (qu'il  y  en  aurait)  un  qui  la  sanctifierait,  un  qui  l'affermirait,  et  un 
qui  serait  engendré  par  elle. 

12.  —  Or,  celui  qui  l'a  sanctifiée  (est)  le  Seigneur  parfait  dans  sa  nature, 
par  lequel  est  donnée  la  source  de  la  sainteté . 

Celui  qui  l'a  afTermie  (est)  \é  Seigneur  parfait  dans  sa  nature,  qui  a 
affermi  la  terre  contre  l'eau,  et  aussi  l'eau  de  la  mer  (F.  110  r°  a)  pour 
qu'elle  n'aille  pas  au  delà  de  ses  limites,  et  la  terre  aussi,  pour  qu'elle 
ne  soit  pas  arrachée  par  les  coups  de  ses  flots. 

Quant  à  celui  qui  a  été  engendré  par  elle,  (il  est)  le  Seigneur  parfait 
dans  sa  nature,  qui  concilie  le  feu  avec  le  bois  du  buisson,  le  bois  n'étant 
pas  brûlé,  et  le  feu,  qui  est  en  lui,  n'étant  pas  éteint,  (qui)  concilie  sa 
flamme  avec  le  sein  d'un  corps  débile,  le  sein  d'une  femme  n'(en)  étant 
pas  brûlé;  et  la  flamme  de  sa  divinité  n'est  pas  changée  de  sa  nature. 

13.  —  Et  il  devint  homme  parfait  comme  nous,  étant  (toujours)  Sei- 
gneur parfait  comme  son  Père.  Il  a  été  tenu  embrassé  sur  le  sein  de  sa 
mère,  tandis  qu'il  remplit  le  monde,  comme  son  générateur;  il  a  été 
nourri  par  les  mamelles  de  sa  mère,  tandis  qu'il  nourrit  l'homme  et 
l'animal,  de  sa  main;  il  grandit  peu  à  peu,  fut  adolescent,  jusqu'à  (ce 
qu'il  devint)  homme. 

14.  —  Et  il  est  apparu  dans  le  monde,  non  comme  un  fantôme,  mais  en 
os,  et  sang,  et  poils,  et  muscles,  marchant,  et  un  esprit  de  vie  le  mou- 
vant, (esprit)  dont  la  nature  était  (la  même  que  dans)  le  genre  humain. 
Quant  à  ceux  qui  disent  qu'il  n'avait  pas  d'àme  ni  de  cœur,  et  qu'en  lui, 
sa  divinité  tenait  la  place  de  l'àme  et  du  cœur,  ils  sont  ignorants  et  d'un 
cœur  animal.  Et  pour  ceux  qui  disent  qu'il  était  un  fantôme,  le  fantôme 
(c'est)  leur  foi  qui  n'est  pas  glorifiée  dans  les  souffrances  du  corps  de 
notre  Sauveur.  Quant  à  nous,  nous  croyons  qu'il  a  été  fatigué,  qu'il  a  sué, 
qu'il  a  eu  faim,  qu'il  a  eu  soif,  selon  la  loi  de  la  nature  humaine,  et  qu'il  a 
fait  des  choses  admirables,  selon  la  condition  de  la  divinité,  et  qu'il  a  été 
baptisé  (3),  dans  le  Jourdain,  de  la  main  de  Jean,  fils  de  Zacharie,  et 
(alors)  le  Père  fut  témoin,  pour  lui,  en  disant  :  «  Celui-ci  est  mon 
Fils  que  j'aime,  écoutez-le.  »  Et  ensuite  il  vit  (que)  le  ciel  se  fendit  et  (que) 

(1)  Le  Fils  du  Père. 

(2)  Le  Père. 

(3)  Cf.  Matth.,  ni,  13  et  sqq.;  xvii,  ô. 


76  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

r Espr.it- Saint  descendit  sur  lui.  sous  l'ajyparence  (F.  110  r=>b)  f/'wne  colombe 
blanche.  Voilà  donc  (comment)  il  a  établi  sa  Trinité,  dans  le  lieu  de  son 
baptême,  afin  que  soit  manifesté  le  signe  (1)  de  sa  divinité  (2),  au  grand 
christianisme. 

Ensuite,  il  dit  à  ses  disciples  :  «  Allez  et  enseignez  tous  les  peuples  (3). 
et  en  les  baptisant,  dites  :  Au  nom  du  Père  et  du  Fils  et  de  V Esprit- Saint.  » 

11  a  souffert,  par  sa  volonté;  il  a  goûté  la  mort  dans  son  corps  et  il  a 
été  enseveli,  par  son  bon  plaisir;  il  est  ressuscité  par  la  vertu  de  sa  divi- 
nité, le  troisième  jour,  et  de  nouveau  il  viendra  afin  de  rétribuer  tout 
(homme)  selon  ses  œuvres. 

15.  —  Quant  à  nous,  nous  croyons  (Dieu?)  trine  sans  être  séparé,  uni 
sans  être  mélangé  ;  (nous  croyons)  que  le  premier  rfest  pas  inférieur  au 
deuxième,  ni  le  deuxième  (inférieur)  au  troisième,  ni  pendant  une  heure 
ni  comme  pendant  un  clin  d'œil. 

16.  —  Nous  croyons  encore  que  son  liumanité  n'a  pas  été  inférieure  à 
sa  divinité,  et  (qu')après  (leur  union,  elles  ont  formé)  un  seul  être.  Nous 
croyons  aussi  que  sa  divinité  n'a  pas  été  convertie  en  l'être  de  son' huma- 
nité, ni  son  liumanité  en  l'être  de  la  divinité.  Croyant  en  l'une  et  ayant 
confiance  en  l'autre,  nous  sommes  nourris  du  lait  des  mamelles  de  l'Église, 
tandis  que  nous  anathématisons  toute  fausse  doctrine  des  hérétiques,  pour 
les  siècles  des  siècles.  —  Que  sa  miséricorde  soit  sur  nous  pour  toujours. 
Amen. 

17.  —  'Atnâtjos  (Athanase)  a  écrit  cette  foi,  (Athanase)  de  la  ville  de 
Bdbfi  qui  est  le  siège  de  Pêtros  (Pierre)  et  de  Pawlos  (Paul)  ;  Meser  Zân  l'a 
fait  venir  de  la  terre  de  'Afrâqjâ  (Afrique)  jusqu'à  la  terre  de  'Itjopjâ 
(Ethiopie).  Et  moi,  Gijorgis  (Georges?)  Saglâwi,  je  l'ai  traduite  (4),  le  Sei- 
gneur aidant  et  confirmant  sa  parole  par  le  signe  qui  la  suit  (5).  Amen. 

{A  suivie.) 

H.  Guerrier. 


(1)  Litt.  :  trace. 

(2)  M.  :  religion. 

(3)  Cf.  Matth.,  xxviii,  19. 

(4)  Ou  :  transcrite. 

(5)  Cf.  Marc,  xvi,  20. 


LA  LETTRE  ET  LA  NOTICE  FINALES 
DU  VIEILLARD  SPIRITUEL 


Le  ms.  éthiopien  n°  4  de  M.  Emile  Delorme  contient,  sous 
le    titre    de    Wragàwi   Manfasûwi   (h^Pt^  '  f^Tr^A^-,    />•" 

Vieillard  Spirituel),  le  recueil  des  œuvres  ascétiques  de  Jean 
Saba  (1). 

Nous  éditons  présentement  la  Lettre  finale  de  Jean  Saba  à 
l'un  de  ses  frères  et  la  Notice  de  ce  dernier  au  sujet  de  la 
rédaction  du  Vieillard  Spirituel. 


TEXTE 
I 


(F.    119  r"  a,    in  /me),  «wAhVl'h  ••   ïx^,P'^  '  ^Sft  :  'Ml 


(1)  M.  Conti  Rossini  indique  12  mss.  du  Vieillard  Spiriluel  :  :!,  ;V  la  Biblio- 
tlièque  Nationale  de  Paris  (2  de  ces  3  mss.  font  partie  de  la  collection  .4.  d'Ab- 
badie;  en  outre,  M.  Cliaîno  a  trouvé  dans  le  ms.  75  d'Abbadie  quelques  frag- 
ments de  VAragdtvi  Manfasûwi);  5,  au  British  Muséum;  4,  à  la  Bibliothèque 
Royale  de  Berlin.  Cf.  Manoscritti  ed  opérée  abissine  in  Europa,  p.  609.  (Extrait 
des  Rendiconti  délia  Reale  Accademia  dei  Lincei,ser.  V,  vol.  VIII,  fasc.  IP-IS"). 

Au  sujet  des  œuvres  ascétiques  de  Jean  Saba  il  écrit  :  «  Esse  constano  di 
ben  trentadue  o,  secondo  altri  codici,  trentasette  dersûn  sulla  vigilanza  di  se 
stesso,  sulla  lotta  e  la  vittoria  nel  cammino  délia  perfezione,  sulla  fornica- 
cazione,  sulla  bestemmia,  suUe  visioni,  ecc.  ;  di  quarantotto  o,  secondo 
qualche  manoscritto,  quarantacinque  lettere  dello  stesso  autore,  e  infine,  di 
apoftegmi,  divisi  in  tre  sermoni.  »  Cf.  \otc  per  la  storia  lellerai-ia  abissina, 
pp.  271-272.  (Extrait  des  Rendiconti  délia  Reale  Accademia  dei  Llncel,  ser.  V 
vol.  VIII,  fasc.  .o'-G"). 


78  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

hïi^rC  •  ^Tt'ï'f  ■  htm  :  }\rhq.ïh  :  Ah  .'  hfi^'i'l'  •  /*'A'ï*  ■ 

(F.  119  1"  b)   ^q^   :   (1)   (D^Ù^Ïian-   :   g   :  ao^'fhé.  '■    nKT^-f'  '• 

CAu  •  Alî\  •  rt-flh  :!:  Tift*/»  :  Kr^'T-C  •  "/»îr;h00  î  îLKf  -  Oi'> 

^  •  hnwJ^-nth.C  •  .e,h/*''>  •  îr/*vn./,.'tii-  ■•  A^4î/«>.ii-  ^  fl» 
^ïi/"'i-  =  A"o»-  :•:  (Dh'i'i'j:  '  hnwr^.  '•  -ny^  '  vnK  •  ka-j 

-f  !  hA  •   (DUn  (F.  119  V    a)  h  '  hlllh-ûth^C  ■•  AVHH.h  : 
-I-  •  nfl>-«^fn,  •  WHh  •  (D't^iioï'  :  ni:  •■  Mh  ■  A"/A^  -  ""/A 


(1)  Texte  :  nhflrh?"'/»  (sic). 

(2)  La  négation  h.,  en  surcharge  ici,  est  une  mauvaise  leçon. 


LA    LETTRE    ET    LA    NOTICE    FINALES    DU    VIEILLARD    SPIRITUEL.    79 

n.f  •  }\rh.6"  ï  AW  ■•  A^iioô  •  p-fh'jft  ••  hUh  :  A^'Sïi  !  n/*' 

Aïh  •  h'in  '  .ftA,t:  •  ^*e'ï*  •  nwA-  ••  i^A-h  -i-  tun^^h  ■  hvi'} 
ïi-  :  t-ho^'OD  ï  A-n  •  é,*p^  '  htm  :  ^?»'f'i-  •  -M"}^  •  rihA-  •  ,^ 

A^  •  hA  •  rA-^i'J  •  'P/^^i  î  (F.  110  V"  b)  fljî^p  :;:  œh^^ 
hftf  ■  flïïiï  •  ^'W'^ôn.  -  Xïfm  :  hsch?'o«-  •  hA?i .'  u'h'ydii» 

K^  •■  .e«<Cï-  ••  '1in.f  •■  Kvh.6"  •■  a/..*»"!-  •  '>h.^'>  -  HïO'n-  -•  h 

Çh^  •  .-^AI'  ■  KA  •  ïi'Jïh  !  ?»A.hA"  :•:  fliAAf  :  ^ih^C  •  h 
thé.  ''   \\ao   :   A.-fVlUA-tfi»-   :  AnH-:5''>  •  ^.Ch^.?*  <'  W^h^X  '• 

K'l'i1^9"^'?*  ■  A.P./*.rt.  •  -H^-f:  •  hdf^  •  Yù  •  rnf*  •  h/^  -■  <»• 
ît-fî  :  hAO  !  nflJ-Ai-  ■  An-  -•  ri-\X  •  '>'*ll^'  -  T^'C  •  /^/J 
-E   ••::   KA   :   îl>   î   efti-r/i^C  :  Ch^  •  fD.e>"7.'JV   '  AH'A-  :•:  fllfl 

WA-  •  7.H.  ■  ïi>  :  ^\\.\\Ç^  :  '^mat-h  '  -aw-f*  •  ay'ih'noD  :  ft;/» 

^'[-  :::  fl)»/^  :  Jl^r  :  ^'.^C^h^  :  -Vn.f  s  h'ÎH  •  JL'.A'^.  ■  C?ir^  '- 
ihl.'*tt9  '<•  (Oh'l^  •  tDAT'n-  •  WKi'X^  ■  H^s,îl>  :  fmq'.-'l'O}'  .•  .e. 
(F.   120  r    a)  riA?'  ■  hemil  '<■ 


8U  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

fhi-  •'  AH-t  •■  î\A"'V  :•:  (1)  tD"ir3n<P  •  a-n'i'i:  '  oo^'th^  '  WK 


TRADUCTION 
I 


{F.  119  r°  a,  in  fine)  Lettre  du  saint  Vieillard  à  son  frère  qui  demeurait 
sur  le  mont  Kûnobyos  (2). 

Sache,  ô  mon  frère,  que  j'ai  écrit  pour  toi  ces  quelques  paroles,  de  temps 
à  autre,  depuis  de  nombreuses  années  jusqu'à  ce  jour,  afin  de  te  consoler 
de  ta  tristesse  à  cause  de  ma  séparation  d'avec  toi.  Mais  toi  tu  les  as  réu- 
nies avec  soin  (F.  119  r"  b)  et  tu  en  as  fait  un  livre  pour  le  souvenir 
d'une  œuvre  à  laquelle  je  n'ai  pas  pensé  moi-même. 

En  effet,  il  est  évident  que,  dans  l'acquisition  de  la  grâce,  j'ai  écrit  pour 
toi;  il  ne  faut  (donc)  pas  que  d'autres  les  voient.  Mais  garde-les  et  cache-les, 
afin  que  les  enfants  (des  hommes)  ne  voient  pas  mon  mystère,  jusqu'à  ce 
que  je  sorte  de  cette  chair.  Le  Seigneur  m'est  témoin  que,  depuis  que  je 
suis  sorti  de  la  société  (des  hommes),  j'ai  mis  dans  mon  cœur  (la  résolu- 
tion) de  ne  rien  écrire  qui  apparût  à  la  face  des  hommes.  En  effet,  j'ai 
honte  de  ma  propre  petitesse  et  de  mes  péchés  sans  nombre.  Cependant 
à  cause  de  la  grandeur  de  ton  chagrin  au  sujet  de  moi,  je  me  suis  con- 
traint moi-même  et  j'ai  écrit  ces  (paroles).  Seulement  garde-les,  afin 
que  les  (choses)  saintes  ne  soient  pas  souillées  par  la  bouche  des  chiens. 
Les  perles,  non  plus,  ne  sont  pas  jetées  au  piétinement  des  porcs.  De  même 
que  le  Seigneur  révèle  ses  mystères  à  ses  amis  et  les  cache  aux  autres,  de 
même  aussi  il  faut  que  celui  qui  aime  son  Seigneur  cache  son  mystère  et 
le  révèle  seulement  à  ceux  à  qui  il  ordonne  (de  le  faire).  Toi  aussi,  ô  savant 
en  exégèse,  cache  ces  (paroles)  que  (F.  119  v°  a)  le  Seigneur  t'a  données 
pour  ta  consolation.  Cache-les  donc.  Augmente  la  vie  qui  se  trouve  à  l'in- 
térieur de  ton  âme,  et  délecte-toi  en  elle  jusqu'aux  siècles  des  siècles. 
Amen. 

11 

Prière  [=~Notice]  qu'écrivit  le  frère  selon  la  chair  du  saint  Vieillard, 
en  exposant  quelle  fut  l'occasion  de  la  transcription  de  ce  livre  saint. 

(1)  Atl'VI:  î  aoKthV-  —  AH-fc  :  î\rt"l'  se  trouve  ajouté  au  haut  du  fol.  Il  est 
indiqué  par  un  signe  de  renvoi. 

(2)  Nous- avons  traduit  par  un  nom  propre  le  mot  ïjÇ'-nf-n  qui  est  la  trans- 
cription du  grec  xotvéêto;. 


LA    LETTRr:    ET    LA    NOTICE    FINALES    DU    VIEILLARD    SPIRITUEL.    81 

11  dit  :  Pour  moi,  je  supplie  et  je  prie,  par  le  Seigneur,  tout  (être)  qui  ' 
trouvera  ce  livre  de  ne  pas  injurier  celui  qui  a  proféré  ces  paroles.  En 
effet,  lui-niènie  exposait  ouvertement  les  mystères  de  l'Esprit,  ayant  trouvé 
la  grâce.  11  m'envoyait  (cette  exposition),  écrivant  à  moi  Jean  le  Petit,  frère 
du  saint  selon  la  chair,  (et)  voulant  me  con.soler  par  ces  paroles,  lorsqu'il 
eut  su  que  j'étais  souffrant  de  cœur  à  son  sujet.  En  effet,  il  s'était  enfui 
(loin)  du  langage  et  de  la  vue  des  hommes  ainsi  que  du  repos  de  la  chair, 
et  il  s'était  retiré  seul  sur  une  montagne  fort  élevée  et  effrayante.  11  était 
tourmenté  au  milieu  des  bêtes  et  des  serpents,  alors  qu'il  se  confiait  en 
son  Dieu,  en  espérant  mourir  chaque  jour.  Parce  que  j'étais  souffrant  de 
cœur,  il  voulut  écarter  ma  tristesse  par  ces  paroles  qui  sont  pleines  de 
joie  (F.  119  V"  b)  et  de  grâce,  fl  ne  sut  pas  que  moi  je  les  transcrivais  et 
les  rassemblais  pour  moi-même.  Il  me  (les)  confiait,  (me  recommandant) 
que  (personne)  d'autre  que  moi  ne  les  vît.  Pour  moi,  je  les  rassemblais  et 
je  les  mettais  près  de  moi,  afin  qu'elles  devinssent  pour  moi  (l'objet  de) 
ma  consolation,  car  la  vie  éternelle  se  trouve  en  elles.  En  outre,  quand  il 
ne  se  trouvait  pas  auprès  de  lui  de  parchemin  sur  lequel  écrire,  il  écri- 
vait sur  des  tablettes  de  bois  et  me  (les)  envoyait.  Parfois  il  m'envoyait  (ses 
notes),  ayant  écrit  sur  de  petites  (feuilles  de)  parchemin  que  moi-même 
je  lui  avais  envoyées.  Je  le  suppliais  de  m'écrire  l'explication  des  paroles 
sur  lesquelles  je  l'interrogeais.  Moi-même  je  compris,  après  que  je  les  eus 
transcrites  pour  moi-même  et  que  j'en  eus  fait  un  livre,  qu'il  n'est  pas  pos- 
sible à  beaucoup  (de  personnes)  de  les  voir.  Maintenant  donc  n'injuriez  pas 
l'auteur  de  ce  (livre),  car  moi-même  je  suis  certain  que  lui-même  n'avait 
dans  son  cœur  nullement  la  recherche  de  l'amour  charnel.  Mais  il  se 
vilipendait  lui-même  et  il  méprisait  sa  personne.  A  tout  moment  il  se 
souvenait  de  (ses)  péchés  nombreux  (et  il  ressentait)  la  douleur  de  (ses) 
errements.  De  plus,  il  m'écrivait,  en  s'appelant  lui-même  «  porc  ».  Mais 
moi  j'ai  changé  (cette  appellation),  parce  qu'il  n'était  pas  convenable  qu'on 
(F.  120  r"  a)  l'appelât  ainsi. 

Je  prie  et  je  supplie  celui  qui  transcrira  ce  livre,  soit  en  entier  ou  en 
partie  (1),  de  transcrire  cette  prière.  Je  l'ai  mise  dans  ce  livre  par  amour 
du  Christ  à  qui  sont  l'honneur,  la  gloire,  la  majesté  et  la  puissance  main- 
tenant, toujours  et  pour  les  siècles  des  siècles  !  Amen. 

Sylvain  Grébaut. 
Neufinarclié  (Seine-Inférieure),  le  2ij  avril  1910. 
(1)  M.  à  m.  :  un  peu  de  lui. 


ORIENT   CriRETIUN. 


LES  MANUSCRITS  ETHIOPIENS 

DE  M.  É.  Delorme 


Introduction  aux  Quatre  Évangiles;  Traité  d'Évagriixs  sur  les 
huit  mauvaises  passions;  Hexaméron  d'Épiphane  de  Chypre; 
Gadla  'Adam;  Mélanges. 

5.  —  L'Hexaméron  d'Épiphane  de  Chypre. 

{Sitite}  (1) 

2.  DEUXIÈME  HEURE  (fol.  34  v°  b  à  fol.  36  v°  b). 

Le  Seigneur  se  sert  des  quatre  éléments  pour  le  développe- 
ment et  l'Organisation  du  monde.  Leur  création  est  mentionnée 
plus  haut,  au  fol.  31  v"  b. 

a)  Lncipit. 

(F.  34  r  h,  in  fine)  hrfl^  '  H<i.m<l  *  h  (F.  3ô  r°  a)  «Vî^K-fl 

rh.C  î  ?i<^<J»'lh  '  (Nouvelle  division  indiquée  dans  l'ouvrage). 
Description  (2)  de  ce  que  le  Seigneur  a  créé  de  la  poussière. 

b)  L'ÉLÉMENT   DE   LA  POUSSIÈRE. 

(F.  35  r  a,  in  initio)  mhS^^'hd.  •  Ti^*  '.  'i^h  :  Itx^nnjfx-n 
aH'^t-  •  (D'I-nil'»  '  nr"hA.Ç  •  UthM  •  h'm.h'iïih.C  'l-  Ensuite 


(1)  Cf.  ROC,  1912  et  1914. 

(2)  M.  à  m.  :  type. 


J 


LES  MSS.  ÉTHIOPIENS  DE  M.  É.  DELORME.  83 

le  Seigneur  prit  un  peu  de  poussière.  Il  lui  dit  :  «  Crois  et 
))iuUiplie-toi.  »  Elle  crût  et  se  multiplia,  sur  la  pensée  que 
pensa  le  Seigneur. 

C)  L'ÉLÉxMENT  DU  VENT. 

(F.  35  r  b,  in  fine)  ^jT^A  •  H<(.m<:  '  h'IH.h'nrh.C  •  hr'ii^ 

rt  •  a)^n,A  î  A-fc  î  -n-W'X  •■  (D'i-n-n'i,  i  a-n-M-  •-  (D'tniil'i]^  • 

d^^^i-  .  }y*qiity^,h,C  •  a)Ç\ïi  (F.  35  v°  a)  étd  :  /h/UVii-  •  H 

thM  î  MH.h'flrh.[C  ••:•]  (Nouvelle  division  indiquée  dans  l'ou- 
vrage). Description  (1)  de  ce  que  le  Seigneur  a  créé  du  vent. 
Ensuite  le  Seigneur  prit  un  peu  de  vent.  Il  lui  dit  :  «  Crois 
et  multiplie-toi.  »  //  crût  et  se  midtiplia,  sur  V agrément  du 
Seigneur  et  selon  la  pensée  que  pensa  le  Seigneur. 

à)  L'ÉLÉMENT  DU  FEU. 

(F.  35  v°b,  inmedio)  (Dh^^'h^^  :  Tï^i:  :  V/*'K  :  hnnjtvn 

AuC  ••  tro-ié.*^  ;  (2)  -iti-i:^  .-  M^  '  n(\^M  •  A-t  :  «t»^*^  -.  n-i- 

V1C5  !  (ïh'i'khV  •  nh^A  '  hnn^h'lïfh.C  ■  Ensuite  le  Seigneur 
prit  la  moitié  d'un  peu  de  feu  —  (feu)  que  le  Seigneur  bénit, 
au  sujet  duquel  nous  avons  discouru  plus  haut,  (et)  qu'il 
divisée. 

e)  L'ÉLÉMENT  DE   l'EAU. 

{F.  36  r"  a,  in  iniiio)  (Dhr^'hù  ••  ll'î'fî  •  JK-H.  *  hTlïiMXth, 

'i'({'n'>^  .  nhrw  :  tl^iiS  !  UfhM  ••  h*nn,h'ath,C  --  Ensuite  le 
Seigneur  dit  à  la  goiUte  cVeau  de  croître  et  de  se  multiplier. 
Elle  crût  et  se  7nultiplia,  selon  la  pensée  que  pensa  le 
Seigneur. 

f)  Desinit. 

(F.  36  v°  a,  in  fuie)  r^hao  :  r^C  '-  ïiiV  ■  K^MCK  '<•  «» 

(1)  M.  à  m.  :  type. 

(2)  La  lettre  finale  «^,  de  seconde  main,  est  écrite  sur  un  grattage.  Primitive- 
ment il  devait  y  avoir  la  lettre  i\  ;  d'où  le  non-sens  :  <n»Tr<Cft,  esprit. 


84  REVUE    DE    l/ORlENT    CHRÉTIEN. 

(F.  36  r  b)  rj?:^  :  (1)  ^'Hx-tli-  •  flï^^Y-h-ty  l  (D\l'^  :  'H'}'»:  : 
nrt^^  •  JS*7'^^  î  hi^dA-h  î  hdi'^  '<:  En  eff'et,  la  terre 
n'apparaissait  pas  et  n  était  pas  prépat^ée.  Les  ténèbres 
étaient  au-dessus  de  V abîme  et  V Esprit  du  Seigneur  était 
sur  les  eaux.  En  effet,  le  Seigneur  acheva  la  terre  inférieure 
et  les  proéminences  (de  la  terre).  Ceci  eut  lieu  à  la  deuxième 
heure  du  premier  jour. 

3.  TROISIÈME  HEURE  (fol.  36  V*  b  à  fol.  38  r°  a). 

En  cette  heure-ci  et  en  les  heures  suivantes,  Dieu  revêt  les 
anges  de  vêtements  de  gloire. 

a)  Incipit. 

(F.  36  r  b,  in  initio)  œïirR'^^.  •  ti^*  =  ^HH  .•MH.h'flrh. 

C  î  AX'A<W'^  '  •■  Ensuite  le  Seigneur  ordonna  aux  ténè- 
bres... 

b)  Création  de  la  lumière. 

(F.   37  r°  a,  in  medio)  hf^iih  î  ÇT^-h  :  «nc/^  :  (DhàÇ{  '- 

Ï,V'  •'.'  (Nouvelle  division  indiquée  dans  l'ouvrage).  Descrip- 
tion (2)  de  la  création  de  la  lumière.  En  outre,  ce  fut  dans  la 
pensée  du  Seigneur  de  créer  du  feu  la  lumière,  le  premier 
jour,  et  ce  qu'il  voulait  (3)  faire  avec  elle. 

c)  Création  des  vêtements  des  anges. 

(F.  37  I"  b,  in  medio)  h9^fï^  •  Ç'P<1'^  î  A-nA-f"  *  ooiMl^  ' 

(1)  Ms.  :  f'T'^i,  (s'c);  deux  traits,  l'un  au-dessus  et  l'autre  au-dessous  du  pre- 
mier 9",  indiquent  que  cette  lettre  est  biffée. 

(2)  M.  <à  m.  :  type. 

(3)  M.  à  m.  :  ce  que  le  Seigneur  voulait. 


LES    MSS.    ÉTHIOPIENS    DE    M.    É.    DELORME.  85 

l-nd  •  h^flfil-  •'  M  (F.  37  v«  a)  ^  :  A'wAîiVl-lh  i  a)4",";^'^  s 

-nc/v-V  •  (Dh-a^/.  ■  -ncw-T-  ••  (Doo^fi^^-i^  .■  ^c/v-V  •  fl>-ft 

i"  5  ïiA^lT''***  i  (Nouvelle  division  indiquée  dans  l'ouvrage). 
Description  (1)  o?e  /a  création  du  vêtement  des  anges,  de  leurs 
ceintures,  de  leurs  bâtons  et  de  leurs  miroirs.  Ensuite  le 
Seigneur  se  réjouit,  ainsi  que  son  Verbe  et  son  Esprit,  de  la 
création  qu'il  avait  faite.  Ensuite  le  Seigneur  prit  du  [en  qui 
se  tenait  devant  son  trône  (2).  //  fd  les  vêtements  de  feu  pour 
les  anges,  les  ceintures  de  lumière,  les  bâtons  de  lumière  et 
les  miroirs  de  lumière  {qui  se  trouvent)  dans  leurs  7nains. 

d)  Desinit. 

(F.  37  v°  b,  in  fine)  o^fl  :  iR<.  :  tmf[hln'i'  •  'w^^vM"!'  'O^ 

(l  ••  ^fiil  '  6  :•:  (DhMti-  ■  .^A-fciro»-  ••  n-V^.'"|-  •  <^..e/4  .R  ':' 
at-n-i-pà  :  liV  ••  ai:Cl"A'  •  hirôà-i-  •  hriî..«l-  ■  ^filX  •<•  Lorsque 
les  anges  regardèrent  les  miroirs  {qui  se  trouvaient)  dans 
leurs  mains  et  virent  le  nom  {du  Seigneur)  trin  {et)  saint  ins- 
crit {et)  gravé  en  eux,  ils  exultèrent,  se  réjouirent  et  dirent  : 
«  Saint  est  le  Seigneur,  un.  Saint  est  le  Fils,  un.  Saint  est 
V Esprit-Saint,  un.  »  Ils  élevèrent  leur  voix,  en  une  allégresse 
extrême  (3).  Or  ceci  eut  lieu  à  la  troisième  heure  du  premier 
jour  scnnt. 

1.  QUATRIÈiME  HEURE  (fol.  38  r"  a  à  fol.  38  v"  b). 
L'Esprit-Saint  revêt  les  Chérubins. 


(1)  M.  à  m.  :  type. 

(2)  Î\I.  à  m.  :  ^e  trône  du  Seigneur. 

(3)  M.  à  m.  :  dans  l'allégresse  exlrnnemenl. 


86  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

a)  Incipit. 

(F.  38  r°  a,  in  meclio)  (Dhàiï  '  t^'iéM  '-  ^'•S-ft  •'  KAfl^*»»-  ■• 
Ah.4.rt.A  •■  (1)  n^^ti-h-y  •.  hà^'i-i-  •'  ■••En  outre,  l'Esprit- 
Saint  revêtit  les  C/térubins  qui  sont  remplis  d'yeux... 

b)  Desinit. 

(F.  38  1°  b,  in  initio)  ai\\\  :  -n^i:  :  nrt^J^  •-  à-tlà^  •'  h^à 

Ai*  ••  hfh'^  •:•  Ceci  eut  lieu  à  la  quatrième  heure  du i^remier 
jour. 

5.  CINQUIÈME  HEURE  (fol.  38  r"  b). 

L'Esprit-'Saint  revêt  les  Séraphins.  —  Morceau  cité  in  'ex- 
tenso, à  titre  de  spécimen. 
(F.  38  1°  b,  in  initio)  (Dhà^  '  aold^il  ••  4»^^  '-  ^An^tf»>- 

fl>J&n.A-  ï  *.S.A  :  K'^H.K'flrh.C  •  6  :•::  ^S-A  ••  fflA-S.  ï  ô  :•:  4»'S« 
A  •  tn^-iéM  •  4»'S.A  '  ôH*/»^A>  î  OlK/hf  0)^  :•:  (3)  <DÉrD^<(.ft  ..  4» 

^•AA  •  i'd.r'dx  -•  fl)'^;î•/*'e  I  ^^fio^  !  flifli(;no»-  •  rîi^A  I  0) 
KHHtf»-  :  h'/»  î  j?.AC4.  ï  ninA>b  ■  ïi-jç  !  iD.e.hJ^V-  ^  (4)  hch 

If <">•  :  nhAh,  •  yi^^h  I  flJïiï  ï  iTwiii  :  tï^iî  î  nr^î^A  •  A*}^  • 

Kî'^dAi'  î  îi/'h.J^"  ::5  En  outre,  l" Esprit-Saint  revêtit  les  anges  : 
tous  les  Séraphins  de  leurs  vêtements  de  lumière,  les  ceignit 
de  leurs  ceintures  de  lumière  et  mit  les  bâtons  de  lumière 
dans  leurs  7nains  et  les  miroirs  aussi.  Lorsque  les  Sérap)hins 
regardèrent  le  nom  {du  Seigneur)  trin,  ils  glorifièrent,  exul- 

(1)  La  lettre  <.  est  en  surcharge. 
{2)  Dittologie. 

(3)  Ma.  :  ath^l^fiioy  {sic). 

(4)  Le  at  copulatif,  de  seconde  main,  est  en  surcharge. 

(5)  Ms.  :  <D.en,(i->-. 


LES    MSS.    ÉTHIOPIENS    DE    M.    K.    DELORME.  87 

terent  extrêmement  et  dirent  :  «  Saint  est  le  Seigneur,  un. 
Saint  est  son  Fils,  un.  Saint  est  V Esprit- Saint,  un,  qui  nous 
a  sanctifiés  et  nous  a  vivifiés.  »  Quant  à  rEsprit-Sainl,  il  se 
réfouit  et  exulta.  Il  les  sanctifia  et  leur  donna  la  force. 
Il  leur  ordonna  de  voler  avec  deux  ailes,  de  couvrir  leur 
tète  et  leur  face  avec  deux  ailes  et  de  couvrir  leurs  pieds  avec 
deux  ailes.  Ceci  eut  lieu  ainsi  à  la  cinquième  heure  du  pre- 
mier jour. 

6.  SIXIÈME  HEURE  (fol.  38  r°  b  à  fol.  38  v°  a). 

L'Esprit-Saint  revêt  les  Vertus.  —  Achèvement  du  premier 
ciel. 

a)  Incipit. 

(F.  38  r°  b,  in  fine)  (Dhà(\''  ao-^é.  (F.  38  v°  a)  ft  :  ^f\,[\  -.  h 

Oh'Ttvf'f^'  '  ^Ci'i'  !  ^^^^'  1  En  outre,  l'Esprit-Saint  revêtit 
les  anges  de  leurs  vêtements  de  lumière  :  tous  ceux  qui  sont 
(de)  l'ordre  des  Vertus. 

b)  Desinit. 

(F.  38  v°a,  in  fine)  flJ-H^i;  .•  ïiV  :  (\fl^'h  '•  rt'J'^  :  Kî^dAi-  : 

K'^ASiVl'îl*  'l'  Ceci  eut  lieu  à  la  sixième  heure  du  premier 
jour  saint.  Le  premier  ciel  fut  achevé  ainsi  que  tout  ce  qu'il 
possède  d'anges. 

7.  SEPTIÈME  HEURE  (fol.  38  v°  a  à  fol.  38  v°  b). 
L'Esprit-Saint  revêt  les  Dominations. 
a)  Incipit. 
(F.  38 v"  a,  in  fine)  mh^J^'i/.  :  H'i'l'  •  (F.. 38  v°  b)  «td-J^. 

odMùï^  ••  nat'h'f'O»'  •  ^C^i'  •  KCfl'fl  ••     •  Ensuite  V Esprit. 


«8  REVUE    DE    L  ORIENT   CHRETIEN. 

Saint  apparut  dans  le  deuxième  ciel.  Il  revêtit  les  anges  qui 
sont  (de)  l'ordre  des  Dominations... 

b)  Desixit. 

(F.  38  v°  b,  in  medio)  (D'htxoo  s  «w^^.ft  .-  ^'•S.ft  :  *ï»^^tf«>-  : 

Ù'it-  •  il-db  '  hrùM-  •  hfh'^'  !  4».?.^  :•:  En  effet,  VEsprit- 
Saint  les  sanctifia,  les  bénit  et  les  appela  fordre  des  Domi- 
nations. Ceci  eut  lieu  à  la  septième  heure  du  premier  jour 
saint. 

8.  HUITIÈME  HEURE  (fol.  38  v"  b  à  fol.  39  r"  a). 

L'Esprit-Saint  revêt  les  Trônes. 

a)  Incipit. 

(F.  38  v«  b,  in  fuie)  (Dhr*^^^,  '-  tl^*  •  WmV  '  tn^'id.tl  '•  4» 

Ensuite  l'Esprit-Saiîit  commença  par  un  autre  ordre  (1).  // 
revêtit  {les  Trônes)  de  vêtements  de  lumière... 

b)  Desinit. 

(F.  39  r°  a,  in  medio)  aum-i^M  :  4».^.^  :  -td^^^th  '  (D-t'^f*' 

ll'i'P  '  M  '  n^rt"/^  •  hràtii-  !  ?irh..ï^  :•:  V Esprit-Saint  se 
réjouit  et  exulta  en  eux.  Il  les  sanctifia  et  les  apj^ela  V ordre 
des  Trônes.  Ceci  eut  lieu  à  la  huitième  heure  du  premier 
jour. 

9,  NEUVIÈME  HEURE  (fol.  39  r»  a  à  fol.  39  r''  b). 

L'Esprit-Saint  revêt  les    Puissances.   —    Achèvement    du 
deuxième  ciel. 

a)  Incipit. 

(F.  39  r°  a,  in  medio)  (D'h^^^'h^  ••  Ti^i^  ■•  oo'ié.h  •  ^^-il  ' 

(1)  M.  à  m.  :  par  le  deuxième  ordre. 


LES    MSS.    ÉTHIOPIENS    DE    M.    É.    DELORxME.  89 

<">•  ••  KAOA  ••  ■flC'/'T'lh  I  Ensuite  VEsprit-Saint  revêtit  les 
anges  appartenant  à  Cordre  des  Puissances.  {Il  les  revêtit) 
tous  de  vêtements  de  lumière. 

b)  Desinit. 

(F.  39  r"  a,  m  line)  WVI  •  an'^&jtv  ■  ^'-S-A  '-  O^Ïk"»-  •  fli*!* 
(F.  39  1°  b)  ^^tfo.  ;  fl)n/.h  :  rt*^jP4^oi>-  :  am-}'!:  :  inv  :  niJrt"/ 

yltors  l'Esprit-Saint  les  bénit  et  les  sancti/ia.  Il  bénit  leurs 
cieux.  Ceci  eut  lieu  à  la  neuvième  heure  du  premier  jour 
saint.  Le  deuxième  ciel  fut  achevé. 

10.  DIXIÈME  HEURE  (fol.  39  r'  b). 

L'Esprit-Saint  revêt  les  Souverainetés. 

a)  Incipit. 

(F.  39  r"^  b,  in  initio)  fl)Kî^\Ç"i^  '■  ll'ii:  '-  t»*'iéM  •  ^-^tx  • 
hh-i-Ch^  '  at-M-  :  A*^^  ■  «^AA.^  I  CD^iAnAtf»-  •  A'wAîiln 
^  !  Hfl^h-f-oo-  :  ^C^-i'  ••  <w»A?i3flîh  :  (DoDy^'i-i-l-  t  ...  Ensuite 
r Esprit-Saint  apparut  dans  le  troisième  ciel.  Il  revêtit  les 
anges  qui  sont  (de)  Vordre  des  Souverainetés  (I)... 

b)  Desinit. 

(F.  39  r'^b,  in  fine)  (Dtm'idM  ••  ^'-S-AA  •'  (\/,ï^tiO'  :  fl)«f\eL^tfo.  • 
aiA<7»p-0i>-  ï  i^CJ-h  •  tmy^'i'il'  i  <DTf7*  ■  ti>  •-  nïA^ll-  •  h 
9^àM'  ••  hib^f^  î  4''S-A  :::  0>'  l'Esprit-Saint  les  bénit,  les 
sanctifia  et  les  appela  Vordre  des  Souverainetés.  Ceci  eut  lieu 
à  la  dixième  heure  du  premier  jour  saint. 

II.  ONZIÈME  HEURE  (fol.  39  r«  b  à  fol.  39  V  a). 
L'Esprit-Saint  revêt  les  Archanges. 

(1)  M.  à  ni.  :  de  Vordre  des  anges  el  des  Suuverainetés. 


90  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

a)  Incipit. 

(F.  39  1"  b,  in  fine)  (Dhr^^^^,  •  ll'i'^  •  aD'ié.h  •  ^'^.ft  s 
?iAn^tf*>-  '  A^A?iîn'>  ■  Hfl>-  (F.  39  v°  a)  }y^ao^  .-  ^O'ti'  -  A. 
j^>  s  <wiA?»1n'>  •  ^AO^-f'  '  (D^f^^'-t  '.  «nC/TTh  :•:  Ensuite 
l'Esptit-Saint  revêtit  les  anges  qui  sont  [de)  l'ordre  des 
Archanges  de  vêtements  et  de  ceintures  de  lumière. 

b)  Desinit. 

(F.  39  v°  a,  in  medio)  WVl  '-  <^^<i.ft  •'  ^«S-ft  -■  4»A^<n>-  :  o) 

dA'l"  î  îirh'J^'  •■  4*'S-ft  î:î  ^/ors-  r Esprit-Saint  les  sanctifia  et 
les  bénit.  Il  bénit  leurs  deux.  Or  ceci  eut  lieu  à  la  onzième 
heure  du  premier  jour  saint. 

12.  DOUZIÈME  HEURE  (fol.  39  \'  a  à  fol.  10  r°  a). 

L'Esprit-Saint  revêt  les  Anges.  —  Achèvement  du  troisième 
ciel. 

a)  Incipit. 

(F   39  v«  a,  in  medio)  (Dh9^^-"iù  '.  Tl'î'f:  •  ^'><{.ft  :  ^S-ft  •■ 

fUl'i'  :  flî4»Ç;h'h  :  'flC'/T'Th  î:-'  Ensuite  l'Esprit-Saint  revêtit 
les  anges  qui  sont  (de)  l'ordre  des  Anges  de  vêtements  et  de 
ceintures  de  lumièt^e.  —  (F.  39  Y^b,  in  initio.)  Y\**%*1  \  tw^^l^ 

(DdOxi  Art^^.e»  •  «^•Mfli.  '  (1)  n-t  :•:  (D'i'é.^ffo^  ••  rt'^je. 

•^Art/>"  ••::  K^XV  ■•  -l-^î^tf*»-  [:]  rrt*^^^  1  Alors  l'Esprit-Saint 
les  bénit,  les  sanctifia  et  les  appela  Vordre  des  Anges.  Il 
bénit  le  ciel  dans  lequel  ils  se  trouvent.  Le  troisième  ciel  fut 
achevé.  Alors  les  trois  deux  furent  achevés. 

b)  Desinit. 

(F.  39  v«  b,  in  fine)  (Dltxr^'hd.  '•  Tf-Î-I:  ■  «l'^A  •  r^'ù  •  W 

(1)  Ms.  :  HjB^Afl»-. 


LES    MSS.     ÉTHIOPIENS    DE    M.    É.    DELORME.  91 

a^  •  flJn^  (F.    10  1    a)  ïitfo-  r  aiVf-A"<n>-  •  H<J.m(?  ••  îi*7H.K'n 

h'Uth.C  •  (D^ti-  î  (1)  aum-id^fl.  :  /»'/V-ft  :  ^'S-ft  •  ^.7^*^'  •-  W* 
A"   !   Hnrt'^.ft  :   flJHfl9".Ç^C  ■   ndA-l-  :   îtrh.J^-  1  01.^0.  '•  MlUK 

'flrh.C  •  .Rïl-^  :  ACh  •■  fliJK.Vl-7  :  >*^li  :•:  Ensuite  (l' Esprit-Saint) 
sanctifia  la  terre.  Elle  (2)  n'apparaissait  pas,  mais  l'eau  était 
au-dessus  d'elle.  L'Esprit  du  Seigneur  vint  sur  les  eaux;  il 
les  sanctifia  et  les  bénit  ainsi  que  tous  {les  êtres)  que  le  Sei- 
gneur avait  créés.  Ceci  eut  lieu  à  la  douzième  heure  du 
premier  jour.  Le  Seigneur,  son  Verbe  et  son  Esprit  — 
Trinité  (3)  sainte  —  achevèrent  tout  ce  qui  est  dans  le  ciel 
et  ce  qui  est  sur  (4)  la  terre,  le  premier  jour..  Le  Seigneur  dit  : 
«  Que  le  soir  soit  et  Cjue  le  matin  soit!  » 

(A  suivre.) 

Sylvain  Grébaut. 

Neufmarché  (Seine-Inférieure),  le  30  mai  1916. 

(1)  Le  a»  copulatif,  de  seconde  main,  est  en  surcharge. 

(2)  M.  à  m.  :  laquelle. 

(3)  M.  à  m.  :  trin. 

(4)  M.  à  m.  :  dans. 


LA  DISCUSSION  D'UN  MOINE  ANTHROPOMORPBITE  AUDIEN 

AVEC  LE  PATRIARCHE  THÉOPHILE  D'ALEXANDRIE 

EN  l'année  399. 


Il  est  raconté  dans  la  vie  d'Aphou,  contenue  dans  le  Pa- 
pyrus III  du  Musée  Égyptien  de  Turin  (I),  que  ce  moine  des- 
cendit un  jour  à  Alexandrie,  après  avoir  entendu  lire  la  lettre 
festale  du  patriarche  Théophile,  pour  inviter  celui-ci  à  res- 
pecter l'orthodoxie.  Comme  l'a  reconnu  Revillout,  l'épisode  se 
rattache  à  la  controverse  bien  connue  de  l'anthropomorphisme 
qui  divisa  l'Église  d'Egypte  aux  environs  de  l'an  400. 

Il  nous  a  paru  bon  de  revenir  sur  ce  document  dont  on  n'a 
fait  que  signaler  rapidement  l'importance,  parce  que  ce  texte, 
qui  revêt  un  caractère  particulier  de  précision  et  de  vérité, 
apporte  à  l'historien  des  détails  inattendus  et  indubitablement 
authentiques  :  il  fait  surgir  à  la  lumière  de  l'histoire  dans  la 
personne  d'Apliou  un  dernier  survivant  de  cette  forme  primi- 
tive de  l'hérésie  anthropomorphite,  l'audianisme;  il  ajoute  aux 
dires  des  historiens  grecs  et  latins  des  précisions  nouvelles, 
tant  sur  les  circonstances  qui  entourèrent  la  conversion  de 
Théophile  que  sur  les  idées  de  l'archevêque  à  la  veille  de  cette 
conversion;  il  livre  enfin  la  synthèse  la  plus  élevée  qui  soit 
encore  connue  de  l'hérésie  anthropomorphite. 

Le  papyrus  du  musée  de  Turin  qui  a  conservé  l'histoire 
d'Aphou  appartenait  à  la  collection  de  Drovetti,  ancien  consul 

(1)  La  partie  du  papyrus  qui  contient  la  vie  d'Aphou  a  été  publiée  une  pre- 
mière fois  en  1883,  mais  sans  traduction,  par  Revillout,  La  vie  du  bienheureux 
Aphou,  évéque  de  Pemdjé  [Oxyrinque),  dans  la  Revue  Égyplologique,  t.  111, 
p.  27  sq.  En  1885,  Francesco  Rossi  en  donna  une  nouvelle  édition  accompagnée 
d'une  traduction  italienne  :  Rossi,  Trascrizione  di  tre  manoscritti  copd  del 
Museo  egizio  di  Torino,  Memorie  délia  R.  Accademia  délie  Scienze  di  Torino, 
Série  II,  t.  XXXVII.  Nous  suivons  dans  le  fragment  publié  ci-dessous  le  texte 
copte  établi  par  F.  Rossi,  eu  tenant  compte  de  la  restitution  d'un  passage  mu- 
tilé indiquée  par  0.  von  Lemm,  Kopiixche  MisceUen.  XLIV  zur  Vita  des  h.  Aphu, 
Bulletin  de  V Académie  impériale  des  sciences  de  Saint-Pétersbourg,  YV  série, 
t.  II,  1908,  p.  596-598. 


DISCUSSION    d'un    MOIXE    AUDIEN    avec    THÉOPHILE    d'aLEX.      93 

général  de  P^rance  en  Egypte  (1).  Il  comporte  trente  et  un  feuil- 
lets, non  paginés,  écrits  en  belle  onciale  de  six  millimètres  de 
hauteur.  Envoyé  d'Egypte  à  Turin  dans  une  caisse  avec  les 
autres  papyrus  de  la  même  collection,  il  arriva,  comme  du 
reste  tout  le  précieux  envoi,  en  fort  mauvais  état;  mais  l'il- 
lustre Peyron  sut  réparer  le  désastre,  réunit  les  fragments  de 
papyrus,  les  colla  sur  papier  transparent  et  divisa  le  tout  en 
sept  codices,  suivant  le  contenu  des  fragments.  La  vie  d'.Vphou 
fut  ainsi  classée  dans  le  Papyrus  III,  entre  un  panégyrique  de 
saint  Jean-Baptiste  et  des  actes  de  la  martyre  Hêraî  [2),  avec 
lesquels  elle  n'a  du  reste  aucune  relation. 

Aucun  renseignement  n'a  été  publié  sur  la  provenance  du 
papyrus  ni  sur  sa  date.  Quoi  qu'il  en  soit,  le  papyrus  porte 
en  lui-même  un  cacbet  indubitable  d'historicité  qui  en  fait 
un  document  de  premier  ordre  pour  l'histoire  de  l'anthropo- 
morphisme :  tandis  que  l'exposé  des  idées  débattues  concorde 
dans  les  détails  les  plus  minutieux  avec  ce  que  révèlent  les 
historiens  ecclésiastiques  de  la  controverse,  l'auteur  du  récit 
ignore  la  controverse  elle-même  :  il  a  perdu  la  clé  de  ce  qu'il 
rapporte  si  exactement  et  cette  exactitude  aveugle  prouve  qu'il 
met  en  œuvre  un  document  fort  bien  renseigné,  peut  être 
même  le  procès-verbal  de  quelque  notaire  épiscopal  qui  as- 
sista à  l'entretien  d'Aphou  avec  l'archevêque  Théophile  (3). 

Aphou  était  originaire  de  Pemdjé  (Oxyrrhinkhos),  en  Haute- 
Egypte  (4).  Cette  ville,  située  sur  le  Bahr-Yousouf,  était   alors 

(I)  Kossi,  Trasciiziune  cli  alcuni  testi  copli,  IMem.  délia  lî.  Accadomia  délie 
Scienze  di  Torino,  Série  II,  t.  XXXVI,  p.  89. 

(i)  Peyron,  Lexicon  coplicum,  pp.  x.w-xxvi. 

(3)  L'auteur  du  papyrus,  s'il  connaît  le  fait  matériel  de  la  desconte  il'Aphou  à 
Alexandrie,  en  ignore  la  portée  ;  il  ne  se  doute  pas  que  son  bienheureux,  va 
défendre  une  thèse  hérétique  ;  il  ne  soupçonne  pas  toute  l'ampleur  de  la  discus- 
sion et  la  réduit  à  une  question  privée  d'exégèse;  il  ne  connaît  pas  la  forme 
concrète  et  populaire  de  la  controverse,  la  question  de  savoir  si,  oui  ou  non. 
Dieu  a  des  pieds  et  des  mains;  il  ignore  les  qualificatifs  d'«  origénistes  »  et 
d'«  anthropomorphites  »  que  les  moines  s'envoyaient  si  volontiers  à  la  tète  l'un 
de  l'autre.  Dans  ces  conditions  les  détails  qu'il  donni',  s'ils  reportent  vraiment 
au  sein  de  cette  discussion  anthropomorphite  tombée  dans  l'oubli,  portent  par 
le  fait  même  leur  cachet  d'authenticité  :  le  scribe  ne  les  eût  pas  inventés  puis- 
qu'il ne  les  comprend  plus,  et  s'il  les  reproduit  avec  une  exactitude  aussi  frap- 
pante, c'est  que  nécessairement  il  s'est  documenté  à  une  source  ancienne  et 
bien  informée. 

(1)  Le  personnage  d'Aphou  n'est  pas  un  inconnu  dans  la  littérature  patris- 


94  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

le  siège  d'un  évêché  et  elle  possédait  de  très  nombreux  cou- 
vents, comme  le  raconte  l'Itinéraire  des  pèlerins  de  391,  traduit 
par  Rufin(l).  De  l'enfance  d'Aphou  le  papyrus  ne  dit  rien; 
il  se  contente  de  décrire  en  une  phrase  son  adolescence  : 
«  Il  avait  d'abord  été  sous  la  direction  [ù'KozoLyr])  d'hommes 
distingués  et  croyants  (tîkjtoç)  qui  formaient  quelques  élèves  à 
la  vie  de  disciples  {[j.afiriVQç)  des  Apôtres  (à-ocrToXoç)  et  il  suivit 
(âvaaxpsçciv  xaxà)  leur  vie  ([3ioç)  austère  (asp-voç).  Mais  lorsque 
ceux-ci  se  furent  endormis,  il  resta  seul,  ne  connaissant  qu'un 
frère  qui  apprenait  avec  lui  le  moyen  d'aller  au  ciel  (2)  ».  C'est 
alors  qu'Aphou  se  retira  au  désert  :  il  y  resta  jusqu'au  seuil  de 
la  vieillesse,  vivant  avec  les  buffles,  comme  le  raconte  com- 
plaisamment  le  papyrus.  Aphou  ne  descendait  à  la  ville  qu'une 
fois  l'an,  pour  entendre  la  lettre  pascale,  et,  comme  il  entrait  à 
l'éghse  «  en  habit  de  campagnard  (Ttayavoç)  (3)  »,  personne  ne 
prêtait  attention  à  lui.  C'est  dans  ces  circonstances  que,  trois 
ans  avant  qu'il  fût  élevé  par  Théophile  au  siège  épiscopal  de 
Pemdjé,  il  fut  le  héros  de  l'incident  suivant  : 

tique.  Les  Apoplithegmes  des  Pères  ont  un  chapitre  intitulé  Trêpl  toy  àggà  'A7T<py, 
où  l'on  rapporte  un  trait  de  sa  vie  ascétique  {P.  G.,  LXY,  133).  On  serait  aussi 
tenté  de  i-econnaître  Apliou  dans  ce  senex  qui  etiam  dignus  eff'ectus  est  epi- 
scopus  civilalis  Oxyrynchi,  dont  parle  la  Vie  des  Pères  {De  viiis  Patrum,  lib,  VI, 
libellus  III.  P.  L.,  LXXIII,  1010  sq.).  L'examen  de  la  chronologie  favorise  ce 
rapprochement  :  l'évèque  que  rencontre  le  jeune  anonj^me  près  de  la  Grande 
Oasis  a  sacrifié  aux  idoles  dans  une  persécution  qui  s'est  terminée  par  le 
triomphe  du  Christ  {persecutio  vero  cessavit  per  potentiam  Chrisli)  et  il  s'est 
retiré  au  désert  il  y  a  49  ans,  la  persécution  durant  encore.  Il  y  a  là  une 
mention  de  la  Grande  Persécution  et  si  l'on  suppose  la  chute  de  l'évèque  dans 
les  derniers  soubresauts  de  la  tourmente,  sous  Maximin  (312),  on  placera 
l'excursion  du  jeune  anachorète  vers  l'an  361.  C'est  de  fait  le  moment  où 
Aphou  vivait  en  communauté  avec  ses  maîtres  de  Pemdjé. 

(1)  Rufln,  Historia  monachorum,  caput  V,  De  Oxyryncho  civitate.  P.  L.,  XXI, 
408-409.  

(2)  {Page  1)  ...    ^opn        ueii       iiGAqiyujne       eAGmoTAPH 
neeiiptoiie      nctu-rn      avcd      DnicToc      haï      eujov     on 

llTAVTAee -eoïlie  eilOUASHTMC  nrJAnOCTOAOC 

AqAiuvcTpec|)v  ag  kata  nevBioc  nceuiioii.  uiincA- 
Tpe-rnKOTK  Ae  Aq:yo:?^n  UAVAAq  6(|coovii  CiiiATe 
novGoii  HAÏ  2totjuq  OH  nTAq^:i-CBco  eTcriH-BtOK  ezpAï 
exne. 

(3)  epe-ovx'JTHii    nriArAHOG    to    eitotocj. 


DISCUSSION    d'un    moine    AUDIEN    avec    THÉOPHILE    d'ALEX.      95 

[Page  d) AC^icone  ag  gti   eq^oon   iiiiiieeHpioii 

eTp6C|eï  eiiOA  6nTA,"je-OOI^y  OlItVGXa  GTOVAAIi.  cV(|(HC)l'U 
Ae  (iVAGgIC  IIGGVU(ht<JHGÏ  AU  UIIIIGOOVII  OnGnilA 
6TOTAAB  etOGTG  I  l(|,"jropTp  GIIATG  GXU-n^A:XG  KAÏ 
PAp    OVOII      IIILI     flTAVCOTUGCJ     AV.Wrill     AV(()     AV^TOpTp 

etoov.  nAMil  HAi-rGAOC  QnxoGiG  AqovG2-CA2iiG  {pCtQ6  6) 
nnuAKApiOG     A(|)()v     GTLiTpGqAUGAGï     Gri^iiA^e     eqxoj 

nuOC  IKVq  .XG-AVTO:^K  GBOA  eiTLI-ri^fOeiG  GTpGKBtOK 
^ApAKQTG  lirTAeG-IIGÏ^AXG  GpATq.  il^A^kG  AG  GTUIIAV 
IIG-OVTILIIIJG-nG       2tOG      XG-Gq^^lCG        DnGOOV       flnilOVTG 

eun^HAXG  Aqp-nuGGVG  PTUHTcrcoB  nnptoLiG  AVtO 
riG:XAq     fKri-ncTevnoropGVG     xg-dtaï     aii-tg     eiKtoii 

QnilOVTG  TAÏ  AIIOII  eTUc|)OpGÏ  ÛLIOG  AIIOII  RptOIIG- 
flTGpGqCCOTU  AG  GIIAÏ  flCTI-n  U  AKApiOG  Ac})OV  A(|IIOV2 
GBOA  (pCige  7)  eUMGnilA  GTOTAAB  AVCO  AqAnOAHUGÏ 
GTnOAIG    pAKOTG    Gqc))OpGÏ     nOV^THII    UriAO'G-     AqA2G    AG 

GpATq  nm-nuAKApioG  AHA  A(t)ov  zi\)u-npo 
unGnicKonioii  n^oirr  neoov  AVto  qhg-aaat  a^irq  iia(| 


{Page  5)  ...  Or  il  arriva,  qu'étant  encore  Çéxi)  (1)  avec  les  bêtes  sauvages 
(Oripiov),  il  descendit  pour  la  lettre  festale  de  la  sainte  Pàque  {tJ-t/x),  et 
il  entendit  une  expression  (Xsçt?)  qui  ne  concordait  (tj[j.ç'.)V£Tv)  pas  avec  la 
Science  de  l'Esprit  Saint,  si  bien  qu'il  fut  fort  scandalisé  de  cette  parole  ; 
et  de  fait  [y.xi  yàp)  tous  ceux  qui  l'entendirent  furent  chagrinés  (XuTcstv;  et 
scandalisés  eux  aussi.  Mais  l'ange  (ayyeXo?)  du  Seigneur  ordonna  (page  6) 
au  bienheureux  (jj-axâpio;)  Aphou  de  ne  pas  négliger  (k^zktXy)  cette 
parole,  en  lui  disant  :  Tu  es  désigné  par  le  Seigneur  pour  aller  à  Alexan- 
drie relever  cette  parole.  Or  voici  quelle  était  cette  parole  :  en  exaltant  la 
gloire  de  Dieu  dans  le  discours,  celui  qui  lisait  (uTzayopsûciv)  avait  rappelé 
la  faiblesse  de  l'homme  et  il  avait  dit  :  Non,  cette  faiblesse  n'est  pas 
l'image  (eîxwv)  de  Dieu,  —  entendant  par  «  cette  faiblesse  »  nous  auti'es 
qui  la  portons  (cpopav),  nous  autres  hommes.  Or  lorsque  le  bienheureux 
Aphou  entendit  cela,  il  fut  rempli  {page  1)  du  Saint  Esprit  et  il  partit 
(à7coôr)|j.erv)  pour  la  ville  d'Alexandrie,  portant  (cpopetv)  une  vieille  tunique. 
Le  bienheureux  Apa  Aphou  se  tint  trois  jours  à  la  porte  de  l'évèché  (àiri- 
Œ/ioTTiov),    mais  personne   ne  l'introduisit,  car  on  regardait    cet  homme 

(1)  Nous  ne  transcrivons  pas  régulièrement  les  mots  grecs  qui  ne  présentent 
aucun  intérêt  et  qui  se  répètent  souvent  comme  |j.axàpto;,  ÈTrt'dxoTCo;,  ôe...  etc.. 


96  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

e20vii  eviiAV  enptoue  6^:xf3-ov2iAia)THc-n(i-  uiinoA- 
iitvï  Aq'f-eTiuj  epoc)  ncn-o'/A  niieKAnpiKoc  aqiiAV 
(3Tet|2vn()uoiiii  ACjAioeAiitî  :ï6-ovpcoue  nT€3-riiiovTe- 
116  Avco  AqiicoK  eeovii  A(|TAiie-nAp\ieniGKoiioc  xe-eic 
ovpajLie  neHKe  eipu-npo  eqxto  Ouoc  :xe-6iora)^ 
eAHAiiTA  epoK  Aiioii  A6  Cl neuG^y-TOAU A  efirq  hak 
f;20vii  eneiAH  uii-2Bcaj  eitoojq  eqTAiHV.  fiTeviiov  A6 
H'y^re-iJTAT-  {pcige  8)  kili  epoq  eiTU-niioTTe  Aqove?- 
CA2iie  GTperxiTq  iia(|  eeorii.  nrepeqAee  A6  epATq 
DneqDTo  gboa  Aqxiiovq  gtaitia.  AqovtoiyB  xe-uApe- 
HAXOïc  nenicKonoc  cu)tu  en^A3:e  Dneq2U2AA 
euoTArAnH        iiiiovAiiox'H.        neA'Aq        iiAq        3:6-A3fiq- 

AqOTCO^B         ntri-nUAKApiOC         ARA        A(t)OT        X6-'fcOOTIJ 

fiTuiiTxpc  nTeKyvxH   3:e-nTK-o'ï"ptoue  npeq-3:i^oA"iie 

HTB6-nAÏ      AÏ-f-HAOTOÏ       fieOVIl      6TeKU  I  ITIIOtr       6ÏeApp6Ï 

:X6-iiriiAX'jec-ii^A3i:e  au  muiiTevceBMC  kaij  OAq^ycone 
eBOA  eiToorq  novpujut;  neuKe  ere-AiioR-ne.  eeoc|)iAoo 
Ae  nApjcienicKonoG  n63î:Aq  iiAq  xe-iiiu  nATiiovTe 
neTiiAp-AeiHT    iit6ï  [pcige  9)   ee    ecoore   eTOTe-or^Aîce 


comme  un  rustre  (tS-.wTï];).  Après  cela  un  des  clercs  (z^Yipixàç)  le  remarqua, 
il  vit  sa  persévérance  (yro[j.ovr|)  et  il  comprit  (alaGâvsaGai)  que  c'était  un 
homme  de  Dieu  ;  il  entra  donc  et  il  annonça  à  l'archevêque  (àpyisTiîaxoTcoç)  : 
Voici  un  pauvre  homme  à  la  porte  qui  dit  vouloir  t'approcher  (dcTravrav). 
Mais  nous,  nous  n'avons  pas  osé  (xoXjAav)  l'introduire  vers  toi,  parce  que 
(i-eiS'TÎ)  il  n'a  point  sur  lui  d'habit  convenable.  Aussitôt,  comme  s'il  était 
{jtage  8)  mù  par  Dieu,  l'archevêque  ordonna  qu'on  introduisît  Aphou  vers 
lui.  Lors  donc  qu'il  se  tint  en  sa  présence,  l'archevêque  lui  demanda  le 
motif  (af-cta)  de  sa  visite.  Aphou  répondit  :  Veuille  mon  seigneur  l'évêque 
(ÈTrbxoTroç)  écouter  la  parole  de  son  serviteur  avec  charité  («iy*'^'))  ^^  condes- 
cendance (àvoyïî).  L'archevêque  lui  dit  :  Parle.  Le  bienheureux  Apa  Aphou 
répondit  :  Je  connais  le  christianisme  (d  nT)(.p"3Ttav6?  ■=.  ■/ptaxiavt(j[j.dç)  de  ton 
âme  (<l'U"/,'î),  comme  quoi  tu  es  un  homme  qui  prends  volontiers  conseil  :  voilà 
pourquoi  je  suis  accouru  vers  ta  Grandeur,  ayant  la  confiance  (Oappsîv)  que 
tu  ne  mépriseras  pas  la  parole  de  la  piété  (onTeùcr^STÎ.;  =  EÙaÉSîia),  même 
si  elle  te  vient  par  l'intermédiaire  du  pauvre  homme  que  je  suis.  Théo- 
phile, l'archevêque,  lui  dit  :  Quel  incrédule  serait  assez  fou  [page  9)  pour 


DISCUSSION    d'un    MOLNK    AUDIEN    AVEC    TIIÉOPHILK    d'aLEX.      97 

oiiOA  fiTe-niiovin  otbo-aaav  n2«)i4.  A(|OT(0"jii  no'i- 
A(J)ov  :ve-uApe-nAXoeic  nomcKonoc  KGAere  nce-ui^ 
Hpoï  nneïuA  Qneicoii  nnTA^e-ooi^  eneïAn  aïccdtu 
BVAGgic  neuTci  ii(;nvii(l)(oiieï  ah  iiiiiiHr|)A<l)ii  niiKjH 
nTfi-niiovTe.    aiiok    Ae    niiinicTeve    3:(i-nrA(;«ï    gboa 

eiTOOTK  AAAA  nTAÏXOOC  2^6-U  H  nOTeflTA-ncVII  rpA(|)eVC 
î^tOqT  eVCeAÏ.  TAÏ  IIAT-2A2  2lineTC6BIIC  XI-3CpOII 
HTBHHTC       eCOCTG       flCeDHAe        n2HT        eUATG.       AqKGACiVe 

nTfivilov  nm-AiiA  Beo(t)iAoc  iiApxienicKoiioc  Areiiie 
Qneicoii    DriTA^fi-otîi^^j.    fiTepoTApxeï    Afi     nto^y     at- 

{pCLCfS     10)     nt02      GTAeglO     GTUUAV.     nxeVHOV     AqilA2Tq 

flfri-AHA      A(t)ov      eq:ïa)      Duoc     xe-'fAegic      fiTeiuiiie 

OUOIIT     AU      AAAA     AIIOK     "f-MA20UOAOr6Ï      Xe-|ITAVTAUIH- 

npcoue  THpov  eiieiKcon  oniiovTe.  Aqovtu^B  ntri- 
nApvienicKonoc  :xe-ricoc  fiTOK  uavaak  ak^a:X(3  «iTBCi- 
THÏAegic  Avoj  One-K6AAAT  ^yAa:G  eq+  nrooTq  dOmak. 
ne3:6  ara  A(J)0'r  5:h-ahok  Ae  -f-eApeï  xe-KHA'f-TOOTK 
nTOK  noiiAï  AT«)  iiriJA-f  AH  eeoTM  eepAï.  nexe- 
HApxienicKonoc      xe-fïA:^      née      eKUAiy-xooc      eTB6- 


repousser  la  parole  de  Dieu  sous  quelque  prétexte  que  ce  soit.  Aphou 
repartit  :  Que  mon  seigneur  l'évêque  ordonne  (xeXeusiv)  qu'on  me  lise  ici 
sur-le-champ  (on'toov  =  tic,  tô  laov)  la  lettre  festale,  parce  que  (èjtsiBïî)  j'y  ai 
entendu  une  expression  (XéÇi;)  qui  ne  concorde  pas  (aufA^wveïv)  avec  les 
Écritures  (YP*=p'i)  de  l'Esprit  Saint.  Pour  moi,  je  n'ai  pas  cru  (TtiarstJetv) 
qu'elle  fût  venue  de  toi,  mais  j'ai  dit  :  sans  doute  ([xiircoTe)  les  scribes 
(ijuYYpaœe'J?)  se  seront  trompés  en  écrivant.  Cette  expression,  beaucoup  de 
gens  pieux  (sùueSyîç)  ont  été  scandalisés  par  elle,  en  sorte  qu'ils  en  ont  été 
fort  affligés.  Aussitôt  Apa  Théophile  l'archevêque  donna  un  ordre  (xsXeûav) 
et  l'on  apporta  sur-le-champ  (oniaov  =  zU  tô  taov)  la  lettre  festale.  Lors- 
qu'on eut  commencé  («px^i'')  à  lire,  {page  10)  on  rencontra  l'expression 
(XéÇiç)  en  question.  Aussitôt  Apa  Aphou  se  prosterna  en  disant  :  Cette 
expression-là  (XlÇtç)  ne  convient  pas;  mais  (dlXXà)  moi,  je  confesserai 
(6;ioXoY£ïv)  que  tous  les  hommes  ont  été  créés  à  l'image  (eîxwv)  de  Dieu. 
L'archevêque  répondit  :  Comment  (rtGç)  se  fait-il  que  toi  seul  tu  réclames 
contre  cette  expression  (XéÇiç)  et  qu'aucun  autre  ne  réclame,  qui  soit  d'ac- 
cord avec  toi?  Apa  Aphou  dit  :  Pour  moi,  j'ai  la  confiance  (eappE^v)  que  toi 
tu  seras  d'accord  avec  moi  et  que  tu  ne  me  contrediras  plus.  L'archevêque 

ORIENT   CHRÉTIEN.  7 


98  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

ovecrtoîy     2ce-eiKtoii-T6     QniiovTe     h     ota    «qcoB?     h 

OTCTAAe  H  OTBAAe.  AqOTUJ^B  (iCTI-n  UAKApiOC  ARA 
Ac|)OV      3Ce-eK^AHTATe-|IAÏ      flT6ÏUIII6      eKiJA^cune3     GK- 

{pcige  11.)  f-Ttoii  uijneiJTAq3LOoc  2ce-uApiiTAUioii 
norpcoLie  KATA  neiieiiie  uuTeiieiKtou.  Aqorco^yB  ncri- 
nApxienicKonoc  xe-ue  reuoiTO  aaaa  eïueere  enAÏ 
2ce-AAAU  UAVAAq  neiiTATTAU  loq  KATA  neqeiMG 
UNTeqeiKcoii  n^Hpe  A6  nTAqa:noov  uiinccuq  nce- 
eiue   Ouoq   au.  Aqoruj^B   ncn-AHA  ac|)ot  eqxui   Duoc 

JCe-KAI  UHII  UlinCA-Tpe-nHOTTe  CUII-AIASHKH  UIJIIUJ26 
UMnCA-nKATAKATCUOC      ^AqXOOC      IIAq     XG-neTII  An«J2T 

GBOA  noTciioq  nptoiie  (îeMAne2T-na)q  gboa  enequA 
xe-iiTATTAum-npcoue  2iieiKUjii  Onwovre.  ne^ce- 
nApxienicKonoc  a:6-'J-p-20Te  ea:ooG         erptoue 

npeqiycDHG  npGi\-{page  12)  jan-eice  :xe-c|)op6ï  neiKU)ij 

OniJOTTe         nAHAOHC         neTTHAeC.        e^AqeuOOC  eiBOA 

iiqnApACKGTAï.e  nA^  née  KiiAueeve  epoq  uiinoroeiu 
nue  ere-uepe-AAAT  acooBeq.  nexe-AcJiOT  iiAq  xe- 
eK^Aii2C6-iiAï    ou     ceuAXOoc     enccjouA     Dnexc     eruxi 


dit  :  Comment  pourras-tu  dire  d'un  nègre  (1)  qu'il  est  l'image  (sixtiv)  de 
Dieu,  —  ou  {r^)  d'un  lépreux,  ou  (rj)  d'un  boiteux,  ou  (vi)  d'un  aveugle?  Le 
bienheureux  Apa  Aphou  répondit  :  Si  tu  profères  de  telles  paroles,  tu  seras 
dans  le  cas  de  {page  11)  t'inscrire  en  faux  contre  Celui  qui  a  dit  :  Créons 
V homme  à  (xarâ)  notre  ressemblance  et  à  notre  image  (sixtiv).  L'archevêque 
répondit:  Jamais  de  la  vie!  ([xtj  ylvoixo-)  mais  {kXka.)  je  pense  qu'Adam  seul 
fut  créé  à  sa  ressemblance  et  à  son  image  (sixtôv).  Quant  aux  enfants  qu'il 
engendra  après  lui,  ils  ne  furent  pas  la  ressemblance  de  Dieu.  Apa  Aphou 
répondit  :  Et  pourtant  (xa\  fjLrjv)  quand  Dieu  a  conclu  alliance  (ota9iîxï))  avec 
Noé  après  le  déluge  (xaxaxXuaiAo'ç)  il  lui  dit  :  Quiconque  répandra  le  sang 
d'un  homme,  le  sien  sera  versé  à  sa  place,  car  U homme  a  été  créé  à  l'image 
(sîxojv)  de  Dieu.  L'archevêque  dit  :  Je  crains  de  dire  de  l'homme,  sujet  à 
la  maladie  et  à  la  (page  12)  fatigue,  qu'il  porte  (çpopsïv)  l'image  du  Dieu 
impassible  (àrïaOrjç)  et  simple  (eùteXt]?).  Puisque  l'homme  s'assoit  en  société 
et  se  fait  servir  (rrapaaxsuàÇeiv),  comment  concevras-tu  Dieu  avec  la  lumière 
véritable  que  personne  ne  peut  approcher?  Apa  Aphou  lui  dit  :  Mais  si  tu 
dis  cela,  on  dira  du  corps  (aw[ia)  du  Christ  que  nous  recevons  que  ce  n'est 

(i)  Mot  à  mot  :  •  d'un  Éthiopien  ». 


DISCUSSION    d'un    moine   AUDIEN   avec   THÉOPHILE   d'aLEX.      99 

OLioq  xe-nroq  am-ii«  nïoTAAÏ  r\p  iiaxooc  xe-flAi^ 
me  K3CI  QoroeiK  eA-nKA?-TAToq  gboa  atcju  evTtoo' 
Ouoq  2HOTZAce  uuncujc  MrniCTerfi  epoq  gkxi  Ouoq 
2ce-nAÏ-ne  nctoii.v  riii^:oeic.  nex6-nAp\ienicKonoc 
iiaq  xe-flTeïee  cMi-tk.  oToeiK-rap-ne  aahoujc 
OnATiiTAAoq  exu-iiHe'rciACTupioii  eUIITpHIITAAOq 
esu-neeTCiACTTpiou  n-rwe-  {page  13)  niKAAeï  OnuoTTe 
ezpAï  ea:u)ov  noeiK  ueii  ^^Aq^ytorie  ncujuA  Qiiexc 
ATco  nT6-nAnoT  îytone  nciioq  kata  ee  QTAqxooc 
flHequAGHTMC  xe-a:!  nTeTiiovuuu  nAÏ-ne  nActuuA 
uuriACiioq  atcjo  ou  TunicTeve.  nea:6-AnA  A(t)OV  iiAq 
3:6-nee  ere-ovANArKAioii-ne  enicTeve  en  aï 
ovAiJArKAioii-ne         eniCTere  eTeqegOTCiA         xe- 

nTAVTA[uie-on]pa)ue[KATA]  niiie[uiiei]Ktoii  [nmijovre. 
neiiTAqxooc  rAp  :s:fî-AiioK-ne  noeiK  fiTAqeï  6Boa 
eiiTne  nToq  ou  neiiTAqxooc  2:e-n6TMAnaj2T  gboa 
noTCiioq  nptoue  ceuAnezT-nojq  gboa  enequA  xe- 
HTATTAUie  (l)-npu)U6  2iioiKtoii  nniJOTTG.  6TBe-neoov 
Ae    Onuereooc   nnovre  {page  14)    haï  6[Te-uiJ-]^o'ou 

(1)  Le  texte  fautivement  :  flTAVTAVTAll  16- 


pas  lui.  Car  les  juifs  diront  :  Comment  se  fait-il  que  tu  reçoives  du  pain 
que  la  terre  a  produit  et  que  l'on  a  cuit  avec  labeur,  et  qu'après  cela  tu 
croies  en  le  recevant  que  c'est  le  corps  (aw|j.a)  du  Seigneur?  L'archevêque 
lui  dit  :  Ce  n'est  pas  de  cette  façon.  Car  c'est  vraiment  (àXrjâwç)  du  pain 
quand  nous  ne  l'avons  pas  encore  placé  sur  l'autel  (ôuataa-criptov)  :  lorsque 
nous  le  plaçons  sur  l'autel  et  que  nous  {page  13)  invoquons  {lmy.a.kv.^)  Dieu 
sur  eux,  le  pain  devient  corps  (aw^ia)  du  Christ  et  le  calice  devient  sang, 
selon  qu'il  a  dit  à  ses  disciples  (;j.a6YiT»5ç)  :  Prenez  et  mangez,  car  c'est  mon 
corps  (aôjfia)  et  mon  sang,  —  et  alors  nous  croyons.  Apa  Aphou  lui  dit  : 
De  même  qu'il  est  nécessaire  (àvayxarov)  de  croire  (TîiaxEÛsiv)  ceci,  il  est 
nécessaire  de  croire  son  autorité  (âÇoua(a)  :  Vhomme  a  été  créé  à  la  ressem- 
blance et  à  l'image  (sî/.i&v)  de  Dieu.  Car  Celui  qui  a  dit  :  Je  suis  le  Pain 
vivant  descendu  du  ciel,  est  aussi  Celui  qui  a  dit  :  Quiconque  répandra  le 
sang  d'un  homme,  le  sien  sera  répandu  à  sa  place,  car  l'homme  a  été  crée 
à  l'image  (sîxtiv)  de  Dieu.  Quant  à  la  gloire  de  la  grandeur  ((jLéyEÔoç)  de 
Dieu,  {page  14)  qu'il  est  impossible  que  quelqu'un  voie  à  cause  de  sa 
lumière    incompréhensible,  et   quant  à  la  faiblesse  et  à  l'imperfection 


100   .  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

erpe-AAtVT  ii[av  e]poq  eT[BB]-neqov[oeni]  nATT[A2oq](l) 

AVaj    6TBe-TUIITO'tOB      U IITU  llTeVT.eAHC     DnptOUe     KATA 

ncTttJXB  nT6(J)Tcic  erucooTii  q[uo]ot  eiiueere  fJTeïee 
3^e-ne6  norppo  eqMAKe\e're  nc6ï,curpA(|)i  noTeiKoiii 
ATOJ  on  ^Ape-oToij  Hiu  2ouoAoreï  Ouoc  xe-eiKcoii 
Onppo— re.  2aua  ag  ou  ggcootm  TupoT  xe-OT^ye-re 
iiiieeiinAepe  ovAe  rAp  n^AAiiTc  xoce  au  née 
CinAnptoue  otag   KiecuAA2*:e  noe  niiAneo  Onppo    otag 

ou  nGC^yA^kG  AU  flTGqZG  AVCO  UGÏO^COSiB  TUpOV  GTUUOC 
UGpG-AAAT      p-UGTUeeTG     GTp-ÎOTG     2HTC       nTAUO(t)ACIG 

Duppo    :xG-Aqa:ooc    xg-taï-tg    ta-    {pciSf6    15)    eiKuiu. 

(1)  0.  von  Lemm,  l.  c. 

(onT£ÙT£XT)ç  =:  sù-riXeia)  de  l'homme,  suivant  (xaToE)  les  défauts  de  la 
nature  (<pu(Tt?)  que  nous  connaissons,  nous  pensons  qu'il  en  est  comme  d'un 
roi  qui  ferait  (xeXeuetv)  portraicturer  (Çwypaipeî'v)  une  image  (eîxtiv)  :  chacun 
de  confesser  (ôjioXoYEtv)  que  c'est  l'image  (sîxoSv)  du  roi.  Et  cependant  (Sj^a 
oé)  tous  savent  bien  que  ce  n'est  que  du  bois  afec  des  ingrédients,  car  ni 
(où5è  yip)  son  nez  n'est  en  relief  comme  celui  de  l'homme,  ni  {oùU)  ses 
oreilles  comme  celles  du  visage  du  roi,  ni  (oùoé)  elle  ne  parle  comme  lui  : 
mais  tous  ces- défauts,  qui  sont  siens,  personne  ne  les  fait  remarquer, 
craignant  la  décision  (àîiocpaat;)  du  roi,  puisqu'il  a  dit  :  C'est  mon  {page  15) 
image  (eîxwv).  Bien  plus  ((xSXXov  U)  si  quelqu'un  ose  (toX^aoev)  nier  (àpv£t(j9at) 
que  ce  soit  l'image  (elxiJjv^  du  roi,  on  le  met  à  mort  parce  qu'il  a  blasphémé 
le  roi. 

{A  suivre.) 

E.  Drioton. 


MELANGES 


I 

UNE  LISTE  DE  CHRONOGRAPHES 

(ms.  syr.  de  Paris,  n°  9,  p.  165). 

Le  principal  intérêt  de  cette  liste  consiste  dans  une  épithète 
donnée  au  chronographe  Jean,  prêtre  d'Antioche.  Il  était  sur- 
nommé «i^i-x^  (Glybo).  La  lecture  du  ms.  est  certaine.  A  moins 
de  supposer  une  faute  de  copiste,  on  ne  peut  donc  pas  lire 
cui-^(Glyco  =:  Glycon).  —  Glybo  est  peut-être  un  nom  sémi- 
tique à  rapprocher  de  m^^  «  glaive  à  deux  tranchants,  etc.  », 
Thésaurus  Payne  Smith,  I,  722. 

Nous  n'avons  pas  trouvé  trace  ailleurs  de  cette  épithète 
sinon,  peut-être,  dans  l'abrégé  arménien  de  la  chronique  de 
Michel  le  Syrien. 

Cet  abrégé  arménien  a  conservé  en  première  page  (perdue 
en  syriaque)  une  liste  de  chronographes  souvent  apparentée 
avec  la  nôtre  (1). 

L'arménien  altère  les  noms  propres,  comme  nous  l'avons 
déjà  noté  à  l'occasion  des  Pléropliories,  cf.  Revue  de  V Orient 
chrétien,  t.  IV  (1899),  p.  134-5.  Notre  liste  permet  donc  de  le 
corriger  plusieurs  fois.  Lorsqu'il  porte  : 

«  L'Africain,  Jésu,  Hégésippe,  .Juifs,  écrivirent  jusqu'à  la 
venue  du  Christ  »,  il  est  certain  que  l'Africain  n'était  pns 
Juif  et  que  Jésu,  inconnu,  doit  être  remplacé  par  Josèphe  cité 


(1)  La  version  de  cette  page  arménienne  a  été  donnée  en  tête  de  la  chroni- 
que de  Michel  pour  remplacer  le  premier  feuilli't  syriaque  qui  manque. 
Chronique  de  Michel,  t.  I,  Paiùs,  1899,  p.  1-2. 


102  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

souvent  par  Michel.  11  semble  donc  bien  que  le  texte  arménien 
doit  être  remplacé  par  celui  de  notre  auteur  : 

«  Écrivains  depuis  Adam  jusqu'au  Christ  :  Africanos;  Hégé- 
sippos;  Josephos  et  Jude  (Yhouda)  qui  écrivit  sur  les  semaines 
de  Daniel.  » 

C'est  le  nom  propre  Jude  qui  a  fourni  l'épithète  Juifs  appli- 
quée aux  trois  écrivains  précédents. 

Lors  donc  que  l'arménien  porte  : 

«  Jean  d'Antioche  et  de  Djebel,  Théodore  le  lecteur,  de  Cons- 
tantinople,  et  Zacharie,  évêque  de  Mélitène,  écrivirent  à  partir 
de  Théodose  jusqu'à 'Justinien  l'Ancien  »,  nous  avons  motif  de 
voir  encore  là  un  texte  parallèle  au  suivant  : 

«  Et  depuis  Théodose  jusqu'à  Justinien  l'Ancien  :  Jean,  prê- 
tre d'Antioche,  qui  est  surnommé  Glybo ;  IhéodovQ,  lecteur  de 
l'église  de  Constantinople ;  Zacharie,  évêque  de  Mélitène  ». 

L'arménien  vient  ainsi  confirmer  la  lecture  Glybo  puis- 
qu'elle conduit,  par  simple  métathèse,  à   Djebel  (a^^»-^  pour 

Voici  maintenant  toute  la  note  syriaque  telle  qu'elle  a  été 
ajoutée  sur  la  page  165  du  ms.  syriaque  n°9,  du  xiif  siècle  (1)  : 


TEXTE  SYRIAQUE 

|JLJL»\     ^u«9aO    >     o\  ^  %     >    V^«     l-LJi^i    IV^LCD   ^^v^>.^  ^£Oo;âCLO;    .  nna,.  |g>«q/   |j>.yfi> 

)..ii.xDflâo  JLiJSLjaoo  )-«^VaxDo  )L>V-^  \  :  vuoi)  j-iL^a^  Jv^^^ûi) 
•l^opoio  j^nJJoâo  ^.oiQJo  ).i«Vpo  'y^^-^l  l'^^^^W^  •)-^-<^o 
)  i^  >fto  .)L.*'^_.aL^{o  )   >  j.  >oV/o  ).»».-^oVo  ).aJcL»  :1^s.Sl»9   JKjio 


(1)  Ce  manuscrit  renferme  des  fragments  de  tout  l'Ancien  Testament  accom- 
pagnés de  nombreuses  notes  marginales  d'ordinaire  exégétiques,  V.  Catalogue 
des  inss.  syriaques  de  Paris,  p.  2  à  3. 


MÉLANGES.  103 

''^«^    oK-39    OÔI    J900t~*0    .vfflVt   oii    i.    KKi    >0    .v£0O  g|i    >    m    ^/o 

vjoo  u  ».  ^1^  eon  n  |..jl2S^09  ofJL^jJS^  j^^^  ) ..  >  »v>  ^^boo 

^fiDQJUâ090    .jLjUi/     s£0auJL^..2uXDO    »\^\  CO  O»    viPa>  ^flOo/    *>)^9 
)909o)io    .CI  -^    «  ^-^  )V_^K-^;     ^A.^^/9     )»  «  %.Q    ^JL^Q^ 

^JL<.-J90   :)..A„aD/9   >  t   mO  iO  :|..*JL^I^  jÎQuoo  ;v.«,i  »  ^.»IS^w>.^; 

1.  Lire  :  |_»j»jii.»a4. 


TRADUCTION 


De  saint  Epiphane  de  Chypres  sur  les  écritures  des  langues  (1). 

Parmi  les  72  langues  qui  furent  confondues  à  Babel,  il  y  en  a  main- 
tenant 15  qui  connaissent  l'écriture. 

Cinq  de  Sem  :  les  Hébreux,  les  Syriens,  les  Babyloniens,  les  Perses  et 
les  Arabes. 

Quatre  de  Cham  :  les  Égyptiens,  les  Couschites,  les  Phéniciens  et  les 
Hindous. 

Six  de  Japhet  :  les  Grecs,  les  Romains,  les  Arméniens,  les  Ibères,  les 
Mèdes  et  les  Alains. 

Combien  d'écrivains  écrivirent  Vhisloire  ecclésiastique  depuis  Adam  Jus- 
qu'au Christ. 

Africanos,  Hégésippos,  Josephos  et  Jude  (Yhouda)  qui  écrivit  sur  les 
semaines  de  Daniel. 

Et  depuis  le  Christ  jusqu'à  Vempereur  Constantin  le  Grand. 

Eusèbe  de  Césarée;  Sabinus  l'arien;  Rufin  de  Rome. 

Et  depuis  Constantin  le  Grand  jusqu'à  Théodose  le  .Jeune. 

Sozomène  (2)  et  Socrate  et  Théodoret. 

(1)  Voir  une  liste  un  peu  différente  dans  Michel,  Chronique,  I,  32. 

(2)  L'arménien  porte,  à  tort,  Zosime,  dans  IMichel,  Chronique.,  p.  2. 


104  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Et  depuis  Théodose  le  Jeune  jusqu'à  Juslinien  l'Ancien. 

Jean,  prêtre  d'Antioche,  qui  est  nommé  Ghjbo  :  Théodore,  lecteur  de 
l'église  de  Constantinople;  Zacharie,  évêque  de  Mélitène;  Qoura  de 
Batna  (1);  Jean  d'Asie  et  Daniel  du  Tour  'Abdiu  (2).  Fin  de  ces  choses. 

Ajoutons  une  interprétation  mytliologique,,  assez  étendue, 
qui  figure  en  marge  à'Isaïe,  xviii,  2,  au  fol.  264\ 

ôt  ,>o,  .»»   '.sjooy  *=xa.  o  ^^e»   scci^i/o  ^«.^099   jvi/o  j.>CS,«>  n^t^rù' 

Ô|\  rtliO   s«.^^90*^)J    Ô|>0„.«»O   .|oO(    ^.,«<=>.»0    }y.'~»y   )oO|   ^0|oK^/o 

....^«.^90VâJJ    Ôt^ffllO    jjQ^oK^    oi!Sw^^^>o    )i/ 

"0[jLir]pa  7.ai  ïr.iQzolkç  j3i6X(vaç,  c'est-à-dire  :  Aphrodite  était  de  Sicile  et  du 
pays  de  Rome,  et  Ares  (Mars),  qui  était  de  Chypre,  aima  Aphrodite  en 
Sicile  et  la  prit  pour  femme.  Et  il  y  avait  à  Biblos  un  homme  nommé  en 
grec  Adonia  et,  chez  les  Syriens,  Tamouza  (3),  et  il  était  chasseur  et  il 
était  beau,  et  il  aima  Aplirodite  et  il  l'enleva  en  secret  de  Chypre  et  il 
s'enfuit  à  sa  ville. 

Lorsque  Ares  (Mars)  l'apprit,  il  vint,  il  tua  Tamouza  et  il  prit  Aphrodite.... 


II 

LEQUEL  DES  IBN  AL-'ASSAL  EST  L'AUTEUR 

DU  NOMOCANON? 

Les  Ibn  al-'Assal  vivaient  au  Caire  au  xiii''  siècle,  époque  où 

(1)  ■'  Écrivit  àÉdesse,  jusqu'à  la  mort  de  Tibère,  en  14  livres.  »  Michel,  Chro- 
nique, II,  356.  —  Il  n'est  pas  impossible  que  Qoura  ait  donné  Gouria  dans  le 
résumé  arménien,  bien  que  ce  dernier  soit  censé  avoir  écrit  jusqu'à  Héraclius, 
ibid.,  I,  2. 

(2)  «  Daniel,  (ils  de  Jloïse,  du  Tour  'Abdin,  écrivit  des  récits  qui  imitent  l'his- 
toire ecclésiastique.  »  Michel,  Chronique,  II,  358. 

(3)  Sur  Thammuz  ou  Adonis  voir  Dictionnaire  de  la  Bible,  par  F.  Vigoureux, 
t.  V,  2144. 


MÉLANGES.  IT» 

la  littérature  arabe  chrétienne  était  florissante  en  Egypte.  Les 
écrits  qu'ils  nous  ont  laissés  ont  mis  très  haut  leur  réputation 
dans  l'histoire  de  cette  littérature.  C'étaient  trois  Irères  :  Al- 
As'sad  Abou'l-Farag,  Abou-Ishaq  et  As-Safî  Abou'l-Fadà'el  Ibn 
al-'Assal.  (Le  P.  Malon,  Mélanges  de  la  Faculté  orientale  de 
Beyrouth^  an.  1906,  p.  122). 

Le  triste  état  de  l'Église  copte  sous  le  patriarcat  de  Cyrille  III 
(1-235-1213)  provoqua  une  réforme  dans  cette  Église.  De  là, 
entre  autres  conséquences  de  cette  réforme,  la  célèbre  collec- 
tion de  Canons  (Nomocanon),  compilée  par  Ibn  al-'Assal. 

D'aucuns,  tels  le  grand  J.  S.  Assemani  (1),  Et.  Asse- 
mani  (2)  et  Zotenberg  (3),  attribuent  cette  collection  à  Abou- 
Ishaq  Ibn  al-'Assal.  D'autres,  tel  le  savant  orientaliste  Ign. 
Guidi,  l'attribuent  à  son  frère  AI-' Assad  (1).  Certains,  enfin, 
comme  le  R.  P.  Malon  (5)  et  M.  le  baron  de  Slane  (6),  dési- 
gnent As-Safi  Ibn  al-'Assal  comme  auteur  de  cette  compilation. 

La  dernière  opinion,  à  ce  qu'il  nous  semble,  est  la  seule 
vraie.  Elle  se  trouve  être  étayée  de  bons  documents  historiques. 

En  effet,  1")  nous  avons  vu  à  la  Bibliothèque  Vaticane  un 
exemplaire  de  ce  Nomocanon,  daté  de  l'an  1050  des  Martyrs 
(1334  de  l'ère  chrétienne)  (7),  où  nous  lisons  :  Nous  commen- 
çons avec  l'aide  et  V  assis  tance  de  Dieu  à  copier  la  collection 
de  canons,  que  le  Cheikh  et  le  chef  Vertueux,  le  docte  et  le 
travailleur  As-Safî  Ibn  al-'Assal  eut  soin  de  compiler. 

2")  Le  célèbre  écrivain  copte  Abou'l-Barakat,  connu  sous  le 
nom  d'Ibn  Kibr  et  qui  vivait  au  xiv**  siècle,  fait,  dans  son  livre 
intitulé  i^A^l  J^\^'L^\  ^L^  (le  flambeau  des  ténèbres  et 

l'explication  du  Ministère  [ecclésiastique]),  l'énumération  des 
titres  du  Nomocanon  en  question  et  témoigne  que  l'auteur  en 
est  As-Safî  Ibn  al-'Assal  (8).  Ajoutez  qu'lbn  Kibr  avait  quatre- 

(1)  Cf.  une  note  écrite  de  sa  propre  main  au  commencement  du  Cod.  Ms.  Vat. 
Arab.  151  de  la  Vaticane. 

(2)  Bibl.  Med.  Laur.  et  Pal.  cod.  Mss.  Or.   cat.,  pp.  98-100;  cf.  aussi  A.  Mai  : 
Scriptorum  Veterum  nova  coUeclio,  t.  IV,  p.  283. 

(3)  Cat.  desMss.  Syr.  de  la  Bibl.  Nat.  de  Paris,  p.  171,  n"  225. 

(4)  Fetha  Nagast  ("traduction  italienne),  1"  page  de,  l'Introduction. 
•  (5)  L.  c. 

(6)  Cat.  des  Mss.  arab.  delà  Bibl.  Nat.  de  Pans,  n,  245. 

(7)  Mss.  Vat.  arab.  492. 

(8)  Mss.  de  la  Vaticane,  Vat.  arab.  623,  pp.  181-182  et  238. 


106  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

vingt-dix  ans  lorsqu'il  mourut  en  1079  des  martyrs  (1363  de 
l'ère  chrétienne),  et  son  témoignage  sera  d'une  importance 
extrême,  je  dirais  décisive,  attendu  qu'il  devient  à  tout  le 
moins  contemporain  des  contemporains  d'Ibn  al-'Assal. 

P.    DlB. 


III 
LES  MIRACLES  DU  SAINT  ENFANT  CYRIAQUE 

(Suite)  (1) 


TEXTE 


V.  —  (F.  41  v°  a,  suite)  -Irhrôih  •  A-na-d  :  flJA4»^.ft  •  *feC 

-thr^c  •'  flïA^  ï  hst^tn  ..  'Î4.  (F.  41  v°  b)  ^  î  (orà^c  •  ïih 

î^A"*  •■  atm.ïï'P  '  et/A-  !  rAA  •  ...  (2)  A«/A</»  •■  «JAM  •■ 
K'^'To»-  •  nî\A"^h  :  J&Chni  î  A^*4»ïl  ï  A«/A<^  •  'ÎA?»  :•: 

fl»ïi>  !  fiôdAîh  !  rH<:  ••  "Tin  !  1/7^  •■  ^n-i>  -■  co^tf»- .-  \\ao  î  je.^ 
A^r7i  :  KîfiA  .•  n  (F.  42  r  a)  idc:?'  •  <w»fth^:9"  :  (Diy?:dx  •  -i 

n  ï  «^d^lC  :•:  atatu-a?*  •  XhA  •  AM^  *  A.^/J.C  1  (oaM  •  (O 

îi^/wieT  :  -lin  !  -diluC?  :•::   fllAh^wi  :  A.^lh-nïl-  !   ^[r/i]a>«C 
l»-Ai-  î  9^^^*?  î  h<wï  :  K'^'P  !  'ï'P.e.f  :•:  flïrH^   :  fDflX'rh 
-lll^  ï  Kn-U-  ::  aije,n,A»a«>-  :  KA4»rh.5:  :•:  flï^n.  (F.  42  I"  b)  A 
P  !  ^.f ^»1A  ••  M  ••  OïAhî:  :  ^flJ&Çh  ■  J&n.AP  :•: 

(1)  Cf.  ROC,  1913,  p.  119;  1914,  p.  93. 

(2)  Ici  et  plus  bas,  les  noms  propres  ont  été  effacés. 


MÉLANGES.  107 

flinX-rh.  ï  -lin  î  «tlrh.^:  ••  H^S.  :•:   AiVî-f  ••   îiftïl-  î   TdC^.  î 
(F.  42  V»  a)  ^ao  .-  ^jb^«ï  :.;:  fl)je,n.A-  *  KA-  s  A-OK  •  A»^«'fr  s  rh 

n^A  •  Kj^*!  ï  hs^^^^  •  n^r Ah  ■  ^sa  j  «èc^a  •  i-'n'h 

KJ^*75:  •  rh/.   î  -lin  :  K'7'P^  ï   (1)  H<wi.s.  î  ffl-lin   •  ^^ 

ii.  !  (2)  fl)<:hn  î  -HK-n  ■  (3)  akj^'I  ï  ©t/Af  •  h<w>  :  jR-jAifi  :•:: 

flihA^  •  4»  (F.  42  v«  b)  -S-A  •  *feC4iA  ■  '^TAflJ  ••  Xiao  :  /i,j&'j 
Aïi  ••  -Hd-fl  :•:   (4) 

Olî^rirh  :  tDrK^  s  fl'JA  =  h.ï^'*7  "  h<W>  :  J&'V/*'/'   :  fll^hOO»-  ! 

c*A  î  iun  ' 

RA-*  !  a)fl<:h*  :  f/A-  î  9"AA  !  l-fK-  :  ...  (F.  43  r°  a)  A 


TRADUCTION 

V.  —  (F.  41  v°  a,  suite)  Miracles  du  bienheureux  et  saint 
Cyriaque,  enfant,  martyr  de  Jésus-Christ,  combattant,  thau- 
maturge (6),  fils  de  Juliette,  élu  (F.  41  v"  b)  et  {bien)  élevé, 
étoile  de  gloire  au  milieu  du  ciel  et  de  la  terre. 

(1)  Ms.  :  hat'pC  (métathèse). 

(2)  Ms.  :  jÇJ^U-  {sic). 

(3)  Ms.  :  "H-Aïi  (ici  et  plus  bas,  métathèse). 

(4)  Ms.  :  tl-nô. 

(5)  Ms.  :  mliU-ttô. 

(6)  M.  à  m.  :  auteur  de  miracles. 


108  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Que  sa  prièt^e  et  sa  bénédiction  soient  avec...  (1)  pour  les 
siècles  des  siècles/  Amen. 

Il  y  avait  un  homme  doux  {lequel  était)  prêtre,  veuf  (2), 
serviteur  de  Cyriaque.  —  Ayant  confiance  en  ta  prière,  {nous 
te  demandons)  de  nous  regarder  pour  tes  enfants  pour  les 
siècles  des  siècles.  —  Un  jour,  il  allait  au  pays  de  son  père 
et  de  sa  mère,  afin  d'emprunter  du  blé  (3),  au  (F.  42  r"  a) 
mois  de  Maskaram,  et  de  parvenir  [ainsi]  à  {attendre)  la 
moisson  (4).  On  lui  avait  donné  du  blé  pour  la  yiourriture  du 
dîner.  Il  mangea.  Il  chargea  sur  son  âne  deux  {sacs)  de  sel 
comestible.  [Il  dit)  :  «i  Si  j'obtiens  l'emprunt,  je  retournerai 
à  mon  pays.  {Mais)  si  je  ne  {ly obtiens  pas,  j'irai  au  marché, 
afin  de  vendre  mes  biens  ».  Il  s'en  alla.  Il  arriva  au  pays  de 
son  père  {et  de  sa  mère).  Il  leur  dit  :  «  Prêtez-moi  (5).  »  Ils 
lui  (F.  42  r"  b)  direfit  :  «  //  n'y  a  pas  assez  {de  blé)  pour  nous 
et  pour  toi.  N'oies  te  refusons  (6).  » 

//  alla  au  comptoir  (7),  afin  de  vendre  {ses  biens).  Un  {de) 
ses  parents  le  rencontra  au  marché.  {Il  lui  dit)  :  <i  Ne  vends 
pas  et  n'engloutis  pas  tes  biens.  Moi-même  je  te  prêterai  (8).  » 
Il  lui  obéit  {et)  alla  avec  lui. 

Ils  arrivèrent  au  pays  de  son  parent.  {Il  dit  à  son  parent)  : 
«  0  mon  freine,  de  grâce,  reposons-nous  un  peu  et  donnons  à 
manger  de  l'herbe  à  notre  âne.  »  Tandis  qu'il  mangeait, 
(F.  42  v°  a)  l'âne  fut  enveloppéfde  ténèbres.  Les  {deux)  hommes 
(9)  dirent  {ainsi)  :  «  Oii  notre  âne  est-il  allé?  »  —  «  Lève- 
toi,  mon  fî^ère.  Cherchons  notre  âne  »,  dit  le  maître  de  l'âne 
à  {son  parent)  (10).  «  Je  ne  {le)  chercherai  pas.  Je  me  mets 
sous  la  protection  du  Dieu  de  saint  Cyriaque  »,  dit  {Je  varent) 

(1)  Cf.  p.  106,  note  2, 

(2)  Dillniann,  dans  son  Lea\  œth.,  col.  75(3,  ne  donne  au  mot  TiflC  que  les 
significations  suivantes  :  grandœva,  anus;  vidua,  -/vîpa  (ce  dernier  sens  est  le  plus 
Créquent). 

(3)  M.  à  m.  :  nourriture,  céréales. 

(4)  M.  à  m.  :  il  parvint  â  la  moisson. 

(5)  Ici  et  plus  bas,  le  verbe  NA^^/h,  II,  2  n'a  pas  le  sens  causatif. 

(6)  Dans  le  ms.,  dittologie  de  jeftAî^,  Us  lui  dirent. 

(7)  Mot  étranger  :  hycf"Tr  =  àstràpiov. 

(8)  Cf.  supra,  note  5. 

(9)  M.  à  m.  :  ces  hommes. 

(10)  M.  à  m.  :  leur  dit  le  maître  de  l'âne. 


MÉLANGES.  109 

au  maître  de  l'âne.  Il  dormit  et  passa  la  nuit,  {sans  chercher 
l'âne). 

Quant  à  l'âne,  il  alla  vers  le  voisinage  de  [la  maison) 
du  parent  [de  son  maître)  et  vers  sa  porte.  Une  hyène  ren- 
contra l'âne.  Elle  songea  à  le  mordre.  {Mais)  (F.  42  v°  b) 
saint  Cyriaque  r{en)  empêcha.  Il  remplit  la  fonction  de 
berger,  afin  que  la  hyène  ne  le  mordît  pas. 

Il  fit  jour.  Le  maître  de  l'âne  alla  le  chercher.  Il  trouva 
Vâne  et  la  hyène,  s'accordant  comme  des  compagnons.  Le 
maître  se  réjouit  fort.  Il  s'en  alla,  après  avoir  chargé  Fane, 
{et)  retourna  à  sa  maison.  Il  raconta  tout  ce  qui  était  arrivé 
et  ce  que  (1)  saint  Cyriaque  enfant  avait  fait  pour  lui. 

Que  sa  prière  et  sa  bénédiction  soient  avec  son  servi- 
teur... (2)  (F.  43  r"  a)  pour  les  siècles  des  siècles!  Amen. 

(A  suivre.) 

Sylvain  Grébaut. 

Neufmarché  (Seine-Inférieure),  le  11  mai  1916. 

(1)  M.  à  m.  :  comment. 

(2)  Cf.  p.  106,  note  2. 


BIBLIOGRAPHIE 


Rev.  Samuel  A.  B.  Mercer,  The  Ethiopie  Lilurgy,  Us  Sources,  develop- 
ment  and  présent  Farm,  Londres,  Mowbray,  1915,  8°,  488  pages.  Prix 
I  $  50,  franco  :  1  $  65. 

Le  Rév.  Charles  Reuben  Haie,  évêque  coadjuteur  de  Springfield,  aux 
États-Unis,  a  laissé  des  fonds  au  séminaire  de  Théologie  de  Chicago  pour 
imprimer  les  cours  qui  y  seraient  professés  sur  divers  sujets  ecclésiasti- 
ques, à  condition  d'intituler  cette  collection  «  The  Haie  Lectures  ». 

Le  présejit  volume  appartient  à  cette  collection.  M.  Mercer,  après  quel- 
ques généralités  (1-13)  sur  la  liturgie,  étudie  (36-139)  les  plus  anciennes 
formes  de  la  liturgie  chrétienne  et  son  développement  jusqu'au  début  du 
V«  siècle  dans  le  Nouveau  Testament,  la  Didachè,  les  Pères  Apostoliques, 
pour  aboutir  à  la  liturgie  grecque  de  saint  Marc  que  l'auteur  reconstitue 
et  édite  (117-137)  comme  la  fojrme  probable  de  la  liturgie  éthiopienne  pri- 
mitive; il  expose  ensuite  (139-294)  les  développements  de  la  liturgie  éthio- 
pienne. Tous  les  manuscrits  conservés,  qui  ont  souvent  été  écrits  pour 
l'usage  de  quelques  particuliers,  présentent  des  différences  avec  la  litur- 
gie actuelle.  Pour  obtenir  un  texte  authentique,  l'auteur,  par  l'intermé- 
diaire du  consul  anglais  à  Addis-Ababa,  a  demandé  au  métropolite  de 
l'Abyssinie,  Abonna  Mathieu,  de  lui  adresser  une  copie  du  texte  usuel. 
C'est  la  partie  principale  de  ce  texte,  à  savoir  Vordo  comn^unis  et  l'ana- 
phore  des  douze  apôtres,  que  M.  Mercer  reproduit  à  l'aide  de  la  photogra- 
phie (391-466)  et  traduit  en  anglais  (295-373). 

Des  notes  sur  le  texte  éthiopien  (375-390)  et  des  tables  complètent  l'ou- 
vrage. 

C.  Angel  Gonzalez  Palencia,  Bectificacion  de  la  mente,  tràtado  de  logica 
por  Abusait  de  Dénia;  Texte  arabe,  traduction  espagnole  et  étude  préli- 
minaire, 8°,  138  et  54  pages,  4  pesetas,  Madrid,  1915  (édition  de  la  section 
des  études  historiques  de  la  Société  pour  le  développement  des  études 
et  des  recherches  scientifiques). 

Abousalt  Omeya  ben  Abdelaziz  ben  Abisalt  est  né  à  Dénia,  port  situé 
sur  la  Méditerranée,  entre  Valence  et  Alicante,  en  460  de  l'hégire  (1067- 
1068  de  notre  ère)  ;  il  est  mort  en  1 134  :  c'est  donc  un  auteur  d'origine 
espagnole^  contemporain  d'Algazel  (1058-1111)  et  immédiatement  anté- 
rieur à  Averroès  (1126-1198). 

La  plus  grande   partie  de  sa  carrière  s'est  déroulée  en  Egypte,  en 


BIBLIOGRAPHIE.  111 

Syrie  et  en  Tunisie  :  il  a  cultivé  la  poésie,  l'histoire,  la  médecine,  l'astrono- 
mie et  la  philosophie. 

M.  P.  nous  retrace  sa  carrière  et  les  études  philosophiques  à  son  époque; 
ensuite  il  décrit,  édite  et  traduit  le  manuscrit  de  la  Logique,  conservé  à 
TEscurial  sous  le  numéro  (Uô.  C'est  un  résumé  de  VIsagoge  de  Porphyre 
et  des  quatre  premiers  livres  de  VOrganon  d'Aristote,  qu'Abousalt  a  sans 
doute  connus  par  une  version  arabe. 

Abousalt,  philosophe,  médecin  et  astrologue,  n'était  pas  tendre  pour  ses 
confrères,  d'après  les  anecdotes  consignées  par  lui  et  transcrites  par  Gré- 
goire Bar-Hébraeus  dans  son  Histoire  des  dynasties,  Dyn.  rx,  éd.  Pococke, 
texte,  p.  375,  trad.,p.  246. 

«  Lorsque  j'entrai  en  Egypte  en  l'année  510  (1116),  dit  Abousalt,  j'y 
trouvai  un  médecin  d'Antioche  nommé  George,  à  qui  on  donnait  le  nom  de 
pliilosophe  avec  autant  d'à-propos  qu'on  donnerait  au  corbeau  le  nom 
d'Aboul-Bida  (le  père  de  la  blancheur).  »  Après  ce  piquant  début,  il 
entreprend  le  médecin  juif  égyptien  Aboul-Chair  Salama  ebn-Rahmoun, 
«  tellement  malheureux  que  trois  entraient  simultanément  chez  le  malade, 
à  savoir  le  médecin  Aboul-Chair,  le  cercueil  et  l'ensevelisseur  ».  Il  termine 
par  l'astrologue  Rezq-AUah,  chef  dés  astrologues  égyptiens,  et  lui  fait 
raconter  qu'un  jour  il  avait  tiré  Fhoroscope  d'une  femme  égyptienne  et 
lui  avait  annoncé  une  perte  d'argent.  «  Tu  as  bien  raison,  lui  dit  cette 
femme,  je  viens  de  perdre  l'argent  que  je  t'ai  donné.  » 

Ces  anecdotes,  conservées  par  Bar-Hébraeus,  nous  font  regretter  la 
perte  de  la  Risala  al-Mîsria  (Description  de  l'Egypte)  dont  elles  sont 
extraites.  En  attendant  qu'un  heureux  hasard  nous  en  rende  un  manus- 
crit, remercions  M.  P.  d'avoir  édité  le  traité  de  logique. 

Miscellanea  de  estudio  y  testas  Arabes  : 

R.  Besthorn,  El  anonimo  de  Copenhague  y  el  de  Madrid. 

Prieto  Vives,  La  Reforma  numismatica  de  los  Almohades. 

Gonzalez  Palencia,  Noticia  y  extractos  de  algunos  manuscrites  arabes  y 
aljamiados  de  Toledo  y  Madrid. 

M.  Alarcon  y  C.  A.  Gonzalez  Palencia,  Appendice  a  la  edicion  Codera 
de  la  «  Tecmila  »  de  Aben  al-Abbar. 

M.  Alarcon,  Carta  de  Abenaboo  en  arabe  Granadino  (estudio  dialectal). 
8°,  xvi-752  pages,  15  pesetas,  Madrid,  1915  (édition  de  la  Section  des 
études  historiques). 

M.  Besthorn  (p.  3-9)  compare  deux  manuscrits  arabes  anonymes  dont  il 
ne  donne  pas  les  cotes,  conservés  l'un  à  Copenhague  et  l'autre  à  Madrid, 
relatifs  tous  deux  aux  événements  survenus  en  Espagne  de  1170  à  1263. 
Ces  deux  manuscrits,  très  importants  pour  l'histoire  de  l'Espagne  arabe, 
offrent  tant  de  différence  qu'il  est  à  désirer  de  les  voir  éditer  séparément, 
sans  chercher  à  les  fondre  dans  une  unique  édition. 

M.  P.  Vives  étudie  la  numismatique  des  États  arabes  hispano-africains 
du  xii'=  au  XV''  siècle,  au  temps  des  califes  Almohades  (1130-1269)  et  des 
Benimerines  (1196-1423). 


112  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Il  reproduit  plus  de  cent  pièces,  et  donne  la  transcription  des  légendes 
avec  des  variantes  fournies  par  les  monnaies  simulaires  (p.  11-114). 

M.  Palencia  décrit  (p.  115-145)  dix  manuscrits  qui  contiennent  le  Coran, 
un  traité  de  droit,  des  hadiths,  des  sujets  religieux  et  une  traduction  arabe 
des  évangiles.  Les  manuscrits  sont  en  général  du  xvf  siècle. 

Le  dernier  document,  reproduit  et  étudié,  né  comprend  que  neuf  lignes  ; 
son  intérêt  provient  de  ce  qu'il  est  écrit  dans  le  dialecte  arabe  vulgaire 
de  Grenade  (p.  691  à  752). 

Mais  la  partie  principale  de  ce  volume  (p.  147-690)  est  formée  de  textes 
arabes  qui  complètent  une  publication  antérieure  de  M.  Codera.  Ce  savant 
—  le  doyen  actuel  des  arabisants  espagnols  —  a  édité  dans  sa  Bibliotheca 
Arabico-Hispana,  t.  V  et  VI,  des  biographies  arabes  de  savants  espagnols 
d'après  deux  manuscrits  de  Madrid,  n'"'  1675  et  1678.  Ces  deux  manuscrits 
étaient  incomplets  et  ne  donnaient  parfois  que  des  résumés. 

La  découverte  d'un  manuscrit  plus  complet,  meilleur  et  plus  ancien 
(.xui^  siècle),  conservé  au  Caire  dans  la  Bibliothèque  particulière  de 
Soliman  pacha,  a  permis  à  MM.  Alarcon  et  Palencia  de  compléter  l'édition 
de  M.  Codera.  Ils  donnent  in  extenso  les  biographies  nouvelles  ou  qui 
présentent  de  trop  nombreuses  variantes  (p.  149-413)  et  ajoutent  ensuite 
les  principales  variantes  relatives  aux  autres  biographies  (p.  414-611). 
Des  tables  (p.  613-690)  terminent  ce  travail  considérable. 

F.  Nau. 


Le  Directeur-Gérant 
F.  Charmetant. 


Typographie  l'irmin-Didot  et  C".  —  Paris. 


LA  DISCUSSION  D'UN  MOINE  ANTHROPOMORPHITE  AUDIEN 

AVEC  LE  PATRIARCHE  THÉOPHILE  D'ALEXANDRIE 

EN  l'année  399  (Fin)  (I). 


IIAAAOII    Afi    t-p^AW-OVA  TOAUA    OApilA    D^IIOC    ^Ci-noi  Ktllll 

Aii-re  Onppo  :yATuooTTq  xe-Acjxi-ovA  npotj.  liaaicta 
A(i  .•yApe-nfîgovGiA  cojo're  opoc  (3v+-(30(>v  neoiiriAOT; 
n^yn  MiieeiiiiAepe  eTBH-eoTB  nrippo-  r;>yxe-^Ape-iiAï- 
(re   i^jcune  noveiKtoii  euii-niiA  nuoc  ovAt;  iihckiii   eco 


nA[iiji"i]oeToc  [o]niK[iu]  UAAAOII  liptOllfî  Op(3-||fnillA 
nmiovTfi      neHT(|      eqeiiepreï      av(o      eqTAïii-r      iiApA 

llïtOOII         TUpor         6T2l3:U-nKA2-  eTBeî-TAlA(|)OpA  Ae 

nniyojue     uiinAVAii    uiin(rto^:ii    eTn2MTii     tivnerrevnio 

IIAII        GTBe-lieilOVXAÏ.        UI|-,"J(rOII         PAp        HAAAV        nilAÏ 

Bcejyq-neooT       nTA-niiovTe      TAAq      ijam      kata      en 

O-      (page     16)     T6p6-riAVAt)C     XU)     nuoc    AO-neoOVT    l'Ap 

iioxy,"J6  Ail  epoq  eeajBo  flTeciAiif}.  nTepeqctuTii  au 
iieïrJAAH  ncn-iiUAKApioo  nApx'ieriioKonoo  AqTtoovii 
AqriA2Tq    «epAï    e3:u-iiequAK2    eq:vcu    nuoc    AH-oiiTtoc 

Et  même  (u.â).taTa  oi)  les  autorités  (â^ou^fa)  ont  coutume  de  se  réunir 
pour  rendre  gloire  à  des  planches  et  à  des  couleurs  par  crainte  du  roi.  Si 
donc  de  telles  choses  se  produisent  pour  une  image  (eîzMv)  qui  n'a  point 
d'esprit  (nvsutjLa)  et  ne  (où5l)  se  meut  point,  étant  rebelle  (àvn'Ôetos?)  au 
mouvement,  à  plus  forte  raison  doivent-elles  se  produire  (liaXXov)  pour 
l'homme,  en  qui  est  le  souffle  (7:v£2;jia)  de  Dieu,  qui  agit  (èvepycTv)  et  qui  est 
honorable  au-dessus  (:rapâ)  de  tous  les  animaux  (Çwov)  qui  sont  sur  la  terre. 
Quant  à  la  diversité  (ota'^popâ)  des  maladies,  des  couleurs  et  des  défauts  qui 
sont  en  nous,  c'est  une  surcharge  (ÈrtOsotç)  pour,  notre  salut,  car  (ya'p)  il  est 
impossible  que  rien  de  cela  tarisse  la  gloire  que  Dieu  nous  a  donnée, 
comme  le  (pag'c  16)  dit  Paul  :  Car  (y«p)  l'homme  ne  doit  pas  roiuTir  sa 

.1)  Voy.  HOC,  supra,  p.  .02. 

ORIENT    CHRÉTIEN.  ,  8 


114  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

cnpeneï        eTpe-TiiuTpeci'h-CBco        ^yturie         rnooTov 

nil6TCV\AÏ.(î     IIAVAAV     AIIOII     rA|)      Il  AO|-|(;U()(;      OrifiU2IIT 

TH2  fipoii  2UJCT6  eTpeii^u)C|T    iiTeïee   Tupc   ^IIOVUIIT- 

ATCOOVII.    AVtl)    IITeVIlOV    AfjCeAÏ    HBOA   2HT(;\a)pA     l'Upo 

oqAriôKvpucce      riTAegio      tjruuAV     xe-eci'K)(|T    avco 

?IIOVUIIT-AIIOHTOC      nTAIlUtîtîVe     epOC-       MlinCA-IIAÏ    A6 

AqTApKH-miAKApioc  C3(|2:to  ûiioc  3:e-uATAuoï  A:e-ov-iie 
neKBioc  {pcige  17)  avio  nTK-ovpii-Ttoii  eiineKrBiioc 
f^iiAv  l'Ap  eiieKciioT  née  niiievAiajTHc  i~c(OTti  Ae 
etotoq  c3iibk."ja?l(3  evxoce  euA're  nApA  MAncocj>oc. 
Aqova):i)ii    eq^Lto    ûiioc    A'H-AÏovto,"j     iieii     (iione    ectx: 

UOIIAXOC    II.MIII    +OVHV    (HiO.V    TinTAOlO    (3TUUAV    AV(t)    OU 

AiH-ovpii-ncîu^e-  aaaa  enesAH  nroK  n6TiiTA3:pHv 
exiJ-TGKCocJnA  eTB6-nAï  a-ii.xa:x6  ei-TOOTq  Hp-HAÏ 
2ITOOTK  (îqcoovii  :xe-ovii-oviiHn^ye  iiAA:i-:cpoh  (?) 
6TBe-iiAï     iicR'f-oce      nceTuctoTLi      eri^A3:e      fiTecBco 

GTOVAAB  t3TIIH'i"  GBOA  ?lip(()K.  HAHII  eTBG-nue  6T^yOOII 
neUTK     020VII     eilll()TT6     6IC-2HIIT(3     AKApO      tîCIIOT     IIILI 


léte.  Lorsque  le  bienheureux  archevêque  entendit  ces'  paroles,  il  se  leva  et 
se  prosterna  sur  le  front  en  disant  :  Vraiment  (è'vToj;)  il  convient  {t.^/ct.i'~) 
que  l'enseignement  soit  aux  mains  de  ceux-là  seuls  qui  vivent  retirés  (/iau- 
yaÇEtv)  :  car  nous,  les  raisonnements  (Xoytajxôç)  de  notre  cœur  nous  trou-- 
blent  en  sorte  que  nous  errons  ainsi  par  ignorance.  Et  aussitôt  il  écrivit 
dans  toute  la  contrée  (y.tiffpa)  répudiant  (à;:o/.ripijcra£tv)  l'expression  (XIÇiç)  en 
ces  termes  :  Elle  est  fausse,  et  c'est  par  inadvertance  (oflT  ivor,Toç  -=z- 
GtvoYiTi'a)  que  nous  l'avons  conçue. 

Après  cela  Théophile  adjura  le  bienheureux  (ptaxâpto?)  en  disant  :  Ensei- 
gne-moi ce  qu'est  ta  vie  (p(o;)  {page  17)  et  d'diutu  es,  quant  à  ton  origine 
(yévoç).  Je  vois  en  effet  (yàp)  que  ton  aspect  est  celui  d'im  rustre  (îotw-rrjç) 
mais  (oÉ)  j'entends  que  tes  discours  sont  beaucoup  plus  élevés  que  (zapâ) 
ceux  des  sages  (aoço;).  Aphou  répondit  :  J'aurais  voulu  (aÉv)  vivre  en 
moine  ([jiovayo;),  mais  {rX-fy^)  je  suis  éloigné  de  cette  gloire;  et  je  suis  un 
homme  de  Pemdjé.  Mais  (àXXâ)  parce  que  (l-EiBrj)  tu  es  celui  sur  la  sagesse 
(aoçîa)  de  qui  nous  sommes  fondés,  l'Ennemi  a  entrepris  de  faire  cela  par 
toi,  sachant  bien  qu'une  foule  de  gens  en  prendront  scandale,  y  trouveront 
détriment  et  n'écouteront  pas  la  parole  du  saint  enseignement  qui  sort  de 
ta  bouche.  Mais  (7:)^vfv)  à  cause  de  l'amour  qui  est  en  ton  cœur  pour  Dieu. 


DISCUSSION    d'un    moine    AUDIEX    avec    THÉOPHILE    D'aLEX.     1  15 

{page  18)  hkotc  nrG-iiAiAiio.vocî  euirrpoKtuoTii 
<-ii,'yA^:(}  nTAiiirr-«;AcVXicTO(;.  niic|(ru-(rou  ftvp  exAcrru 
nvorioiioiA  ncri-iiiKiivMioc  oTn^iiTK  etocro  (rrpoKA- 
UcV?T(;  u:vu-iieKOv<u:'j  nu  m  nuoK  aaaa  akovcoii? 
(iBC)A      nruiiTKovï      f;T?iiii(;\(;      net;      e(o(()(|      nniiotr 

nuOVCIIO       etV(|[G](UTU       nCA-KOOOp      IIOVHMn      nUAAI^cVII 

H-riAï  Hcvu(i   iienTA-nccoTiip   >:()0(|   nnoïKiioTo   nArioc- 

rOAOC  >:G-eT6TIIK(i|-  (1)  TIIVTII  nT(:Tljp-Oe  nil(."JHpf; 
^-JUIJ.     nTOK    A6    AKOV()ll2K    (;liO.\    IIALIfî    Xe-AKKTOK    TlipK 

eBOA  euiiA'oof;  neirr  (îeovii  oitibbo  inrnniT-AiiAOVc 
nre— niHTKovï.  inmoA-iiAÏ  A(|nniKU()ii(|  {iTpe(((r(() 
iiii(jA(|    n'd(;u20()v    nToq    ag    \l\\\j^-  {pcige    19)    pakaagï 

(i(|XH)  nUOO  Xe-OVATO'OU  IIAÏ-SK;  haï.  AVCt)  TAÏ— IG  tXJ 
nTA(|eï  HBOA  eiTOOT(|  2IIOVeipMMII  llllOVTinil 

iieqiioK?  Ao  nenT  (îquiiv  oboa  eiTt)OT(|  nof; 
n()'/."nipe   epe— rec)e3ic()T    uoo^ye   gboa  eirooTtj. 

(Il  Le  texte  porte  fautivement  e'r(;TUTilK6'r- 

voici  que  tu  as  déjoué  toutes  les  sortes  (page  18)  de  ruses  du  diable  (o-.âooXoç) 
en  écoutant  la  parole  de  ma  très  petitesse  (nnr  èXayiaTo;).  Car  (yap)  elle 
n'a  pas  pu  te  porter,  la  ii,Tan4eur  ([Aî'yeGoç)  qui  est  en  toi,  à  la  folie  (àno'vota) 
de  t'obstiner  dans  ta  volonté  propre,  mais  [hXki)  tu  as  montré  rhumilité 
qui  est  dans  le  Christ,  comme  le  grand  Moïse  lui-même,  quand  il  obéit  à 
Jéthro,  le  prêtre  de  ^ladian,  car  c'est  vraiment  ce  qu'a  dit  le  Sauveiu' 
(owTrJp)  à  nos  pères  les  Apôtres  (à-odioÀo;)  :  ^/  vous  voii.'i  convertissez  et 
devenez  semblables  mix  petits  enfants...  Pour  toi  il  apparaît  vraiment  que 
tu  fes  converti  tout  entier  de  l'orgueil  à  la  pureté  et  à  la  simplicité 
(nnT  àTiXouç  =  àjtXdtnç)  de  l'humilité.  Après  cela  l'arclièvêque  le  supplia 
de  rester  avec  lui  quelques  jours,  mais  lui.  il  (pat/e  19)  s'excusa  (-apa/.aXetv) 
en  disant  :  Cela  m'est  impossible,  et  il  prit  congé  de  l'archevêque  en  paix 
i'-yq^jt])  et  honneur  (narl).  Celui-ci  s'attrista  lorsqu'il  prit  congé  de  lui. 
comme  im  fils  lorsque  son  père  se  sépare  de  lui. 

Que  dans  toute  cette  discussion  la  question  antliropomorphite 
soit  di'battue,  le  texte,  écrit  vraisemblablement  à  une  époque 
où  toute  cette  agitation  était  calmée,  l'ignore  et,  à  le  prendre 
à  la  lettre,  on  pourrait  croire  qu'il  s'agit  simplement  d'une 


IIG  REVUE    DE    l'orient    CHRETIEN. 

question  d'exégèse  vidée  à  huis  clos  entre  Aphou  et  Tarche- 
vêque  :  mais  à  serrer  de  près  les  expressions  du  texte  et  à  le 
rapprocher  des  renseignements  fournis  par  les  auteurs  ecclé- 
siastiques (1)  on  acquiert  bientôt  la  certitude  que  non  seule- 
ment le  document  reproduit  une  discussion  anthropomorphite, 
comme  l'a  reconnu  Revillout,  mais  qu'il  met  en  scène  dans 
la  personne  d' Aphou  le  disciple  authentique  de  moines  schis- 
matiques  audiens  dont  la  communauté  s'était  éteinte  à  Pemdjé 
dans  la  seconde  moitié  du  iv""  siècle. 

Les  Audiens  étaient  les  adhérents  d'un  prêtre  de  Mésopo- 
tamie, Audius,  qui,  persécuté  injustement  par  les  évêques,  se 
sépara  vers  325  de  l'Église  catholique  et  fonda  une  secte.  La 
caractéristique  de  ces  dissidents  était  de  se  recruter  chez  les 
moines  (2)  ;  ils  vivaient,  non  pas  isoles,  mais  en  couvents, 
d'une  vie  tr^s  austère,  admirable  (3)  même,  mais  complète- 
ment détachée  de  la  communion  catholique  (1).  Ces  premiers 
traits  extérieurs  conviennent  en  tous  points  aux  maîtres  qui 
ont  formé  l'adolescence  d'Aphou  :  ce  sont  des  cénobites,  d'une 
vie  admirable  (5);  la  voie  qu'ils  enseignent  pour  aller  au  ciel 
est  présentée  comme  leur  monopole  ;  et  lorsque  leur  monastère 
vient  à  disparaître,  il  ne  reste  plus  à  Pemdjé,  pourtant  si  riche 
en  couvents  (6),  de  moines  de  leur  catégorie.  Ces  hommes  que 

(1)  Sur  le  schisme  crAudiuset  sur  l'hérésie  anthropomorphite  qui  en  fut  la  suite, 
consulter  : 

Saint  Épiphane,  Haeres.,  lib.  III.  tome  I.  haeres.  LXX,  De  schismate  Audia- 
norum.  P.  G.,  XLII,  339-374. 

Sévérien  de  Gabale,  De  muncli  creatione,  Oratio  Y.  P.  G.,  LXXVI,  475  sq. 

Saint  Isidore  de  Péluse,  Episl.,  lib.  III,  Epistola  XCV  Isiduro  diacono.  P.  G.. 
LXXYIII,  800-803. 

Saint  Cyrille  d'Alexandrie,  Adversus  Anthropomorphitas,  P.  G.,  LXXVI, 
1066  sq.     " 

Socrate,  Hist.  écoles.,  lib.  VI,  cap.  vu  sq.  P.  G.,  LXVIl,  083  sq. 

Sozomène,  Hist.  eccles.,  lib.  YIII,  cap.  .\i  sq.  /'.  G.,  LXVII,  1543  sq. 

Saint  Jean  Chrysostome,  Expos,  in  psalm.  Vil.  P.  G.,  LY,  97. 

Théodoret,  Hist.  eccles.,  hb.  lY,  cap.  ix.  P.  (L,  LXXXII,  1141. 

Cassien,  Collaiio  X,  cap.  ii.  P.  L.,  XLIX,  820  sq. 

(2)  Saint  Épiphane,  L  r.,  col.  340. 

(3)  ÔaufxaffTiQ,  id.,  col.  372. 

(4)  Id. 

(5)  (Tcfxviv. 

(G)  Ruiin,  L  c,  col.  408-409,  rapporte  qu'en  ce  temps-là  la  ville  d'Oxyrrhinkhos 
renfermait  plus  de  couvents  que  de  maisons  et  l'évèque  qui  le  reçut  lui  avoua 
un  nombre  de  10.000  moines  et  de  20.000  vierges. 


DISCUSSION    D'UN    MOINE   AUDIEN    AVEC    THÉOPHILE    d'alEX.     117 

le  papyrus  désigne  si  luystérieusement  donnent  bien  l'impn^s- 
sion  d'être  des  sépan's.  Mais  cette  identification  des  moines  de 
Pemdjé  avec  les  Audiens  devient  tout  à  fait  (3vidente  si  Ton 
examine  la  doctrine  du  disciple  de  ces  schismatiques.  D'après 
saint  Épiphane,  le  credo  des  Audiens  était  ortiiodoxe  :  ils  ne 
différaient  de  l'Église  catholique  que  par  leur  enseignement 
sur  Dieu  et  leur  pratique  pour  célébrer  la  Pàque.  Ils  attri- 
buaient à  Dieu  un  corps  humain  et  le  prouvaient  par  le  texte 
Genèse,  i,  26  :  «  Faisons  rhomine  à  notre  image  et  resseni- 
Idance  »,  en  prenant  comme  instance  :  Quiconque  versera  le 
sang  de  lliomine...  (Gen.,  ix,  G)  pour  établir  que  tous  les 
hommes  sont  encore  à  l'image  de  Dieu  (1).  Or  ce  sont  préci- 
sément les  arguments  qu'Aphou  présente  à  Théophile  pour 
prouver  la  thèse  anthropomorphite  sous-jacente  à  toute  la  dis- 
cussion et  l'on  doit  reconnaître  là  la  doctrine  et  les  arguments 
de  ses  maîtres  de  Pemdjé.  Le  second  point  sur  lequel  les 
Audiens  différaient  des  catholiques  était  la  pratique  de  la 
Pùque  :  ils  prétendaient,  en  célébrant  la  fête  pnscale  en  même 
temps'^que  les  juifs,  renouer  par-dessus  l'Église  la  tradition 
apostolique  (2),  et  saint  Épiphane  remarque  d'une  façon  géné- 
rale que  c'est  en  se  vantant  de  garder  la  règle  primitive  et  les 
traditions  apostoliques  que  les  Audiens  séduisaient  la  foule  (3). 
Le  papyrus  de  Turin  ne  parle  pas  de  l'usage  pascal  des  maîtres 
d'Aphou,  mais  ceux-ci  se  réclament  ostensiblement  des  Ap<j- 
tres;  ils  se  llattent  de  former  des  élèves  «  à  la  vie  de  dis- 
ciples des  Ap(")tres  »,  et  l'expression  insolite  :  «  nos  pères  les 
Apôtres  »,  qu'emploie  Aphou  lorsqu'il  prend  congé  de  Tar- 
chevèque,  doit  être  un  reste  de  leur  terminologie;  c'est,  ajouté 
aux  autres,  un  trait  bien  audien.  Enfin  saint  Épiphane  note 
que  lorsqu'il  écrit  son  traité,  vers  378.  le  nombre  des  couvents 
audiens  décroit  sensiblement  :  en  Chalcide,  par  exemple,  où 
jadis  ils  avaient  été  si  nombreux,  on  ne  peut  plus  compter 
que  deux  monastères  (1).  Or  le  même  phénomène  se  produit 
à  Pemdjé  pour  les  maîtres  d'Aphou,  et  cela  vers  la  même 
époque  :  la  chronologie  de  la  vie  d'Aphou  n'est  pas  rigoureu- 

,1)  Saint  Épiphane,  l.  c,  col.  :M1,  34-1;  Saint  Isidore  de  Péluse,  /.  c,  col.  SOO. 

(2)  Saint  Épiphane,  L  c,  col.  obo. 

(3)  Id.,  col.  3G9. 
(i)  kl.,  col.  .373. 


118  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEX. 

sèment  établie,  mais  s'il  fut  ordonné  évêque  vers  le  début  de 
sa  vieillesse  (1),  en  402,  on  doit  reporter  son  adolescence, 
trente  ans  plus  tôt,  vers  370  :  c'est  donc  à  Pemdjé  comme  en 
Chalcide  la  date  à  laquelle  disparaît  un  couvent  audien.  Cette 
disparition  est  complète  puisque,  dans  les  années  qui  suivent, 
Aphou  doit,  contre  la  coutume  des  Audiens,  célébrer  la  Pàque 
avec  les  catholiques.  Tous  ces  traits  concordent  bien  pour 
montrer  dans  les  maîtres  d'Aphou  les  adhérents  authentiques 
d'un  schisme  finissant.  Cette  conclusion  est  d'autant  plus 
intéressante  à  retenir  que  saint  Épiphane,  qui  cite  comme 
des  centres  audiens  la  Gotliie  et  la  Mésopotamie  (2),  ne  souffle 
mot  dé  rÉgypte.  Le  papyrus  III  de  Turin  prouve  dès  mainte- 
nant qu'il  y  avait  au  moins  un  couvent  audien  en  Egypte  : 
et  Ton  est  fondé  à  croire  qu'il  y  en.  eut  plusieurs,  si  l'on 
considère  la  grande  extension  que  prit  soudain  dans  l'Église 
d'P^gypte  le  mouvement  anthropomorphite  :  par  la  dispari- 
tion du  schisme  lui-même  le  levain  audien  entrait  dans  l'Église 
oii  il  devait  faire  fermenter  toute  la  masse. 

La  crise  eut  lieu  en  390.  L'occasion  en  fut  la  lettre  pascale 
que  Théophile  envoya,  suivant  lacoutume,  aux  églises  d'Egypte 
et  dans  laquelle  il  dénonçait  et  réfutait  la  doctrine  anthropo- 
morphite. Soci'ate  (3)  et  Sozomène  (4)  content  conmient,  à  la, 
réception  de  cette  lettre,  les  «  moines  d'Egypte  »  (5)  descen- 
dirent à  Alexandrie  avec  leurs  gourdins,  et  menacèrent  de 
traiter  Théophile  comme  un  blasphémateur,  c'est-à-dire  de 
l'assommer.  Théophile  sortit  à  leur  rencontre,  et  il  leur  lança 
en  guise  de  salut  :  «  Je  vous  vois  comme  le  visage  de  Dieu!  » 
Cette  flatterie,  qui  était  en  même  temps  une  profession  de  foi 
anthropomorphite  absolument  inattendue,  déconcertâtes  moines, 
qui  répondirent  :  «  Si  tu  crois  au  visage  de  Dieu,  anathématise 

(1)  Ti'ois  ans  après  la  conversion  de  Théophile.  D'autre  part,  le  papjTus  de 
Turin  note  qu'Aphou  mena  sa  vie  retirée  jusqu'au  commencement  de  l'a  vieil- 
lesse >yAIITqAp\6Ï    tillllT2\AO- 

(2)  Saint  Épiphane.  l.  c,  col.  373. 

(3)  Socrate,  l.  c,  col.  081. 

(4)  Sozomène,  l.  c,  col.  1544-1545. 

(5)  oî  AlyuTiTt'wv  àcy.Y)Tai,  sans  autre  précision.  Alyû^Tto;  dans  le  vocabulaire  de 
l'époque  s'oppose  à  'A/,££avûp3-j:.  Palladius,  Histoire  Lausiai/ue,  XVII,  I.  Édit. 
Lucot,  p.  106. 


DISCUSSION    d'un    .MOLXK   AUDIEN   avec    THKOl'HILE    d'aLEX.    110 

les' livres  d'Origène,  car  on  en  tire  des  arguments  contre  notre 
doctrine.  »  —  «  Mais  moi  aussi,  repartit  Théophile,  j'y  pense 
depuis  longtemps,  et  je  ferai  ce  que  bon  vous  semble  :  car  je 
réprouve  non  moins  que  vous  les  partisans  d'Origène.  »  Et  de 
fait  peu  de  temps  après  le  patriarche  envoya  à  toutes  les 
églises  d'Egypte  une  lettre  de  rétractation  dans  laquelle  il 
condamnait  Origène  et  ses  partisans. 

Que  l'épisode  d'Aphou  doive  trouver  place  dans  le  cadre  de 
ces  incidents,  c'est  ce  que  suggère  la  simple  lecture  du  texte 
et  ce  que  confirme  un  examen  attentif  des  circonstances.  La 
lettre  pascale  lue  à  l'église  de  Pemdjé  est  bien  la  lettre  à 
laquelle  font  allusion  les  historiens  grecs.  Le  texte  de  cette 
lettre  d'ailleurs  est  perdu,  et  les  seules  lettres  de  Théophile 
qui  nous  restent  sont  postérieures  à  sa  conversion  :  ce  sont 
celles  desannées  lui,  402  et  104,  conservées  par  saint  Jérôme  (1), 
et  qui,  après  un  préambule  sur  la  préparation  à  la  fête  de 
raques,  réfutent  les  erreurs  d'Origène.  Mais  la  physionomie 
générale  de  la  lettre  festale  de  399  peut  facilement  se  recons- 
tituer d'après  ce  que  l'on  en  sait  par  les  écrivains  ecclésias- 
tiques. Socrate  en  parle  en  termes  voilés  :  Théophile, 
écril-il,  fut  dabord  si  opposé  aux  anthropomorphites  «  qu'il 
iilla  jusqu'à  attaquer  dans  l'église  devant  le  peuple  ceux 
qui  prétendent  que  Dieu  'a  la  forme  de  l'homme  et  à  le  pro- 
clamer incorporel  (2)  ».  Mais  Sozomène  est  beaucoup  plus 
explicite  :  «  Dans  une  lettre  que  suivant  la  coutume  il  écrivit 
au  sujet  de  la  fête  de  Pâques,  il  enseigna  qu'il  faut  concevoir 
Dieu  comme  incorporel  et  dénué  d'aspect  humain  ÇA).  »  Cassien 
dans  ses  Collations  restitue  même  en  deux  traits  la  physio- 
nomie générale  de  cette  épître  :  «  Il  arriva  des  lettres  officielles 
de  Théophile,  évêque  de  cette  ville,  dans  lesquelles,  après 
avoir  annoncé  la  Pàque,  il  discuta  longuement  l'hérésie  absurde 
des  Anthropomorphites  et  la  réfuta  abondamment  (1).  »  Gen- 


(1)  s.  Jérôme,  £'p.isLXCVI,XCVIIlGtC. /'./-.,  XXII,  col.  773  sq.,  792sq.,  81:}  sq. 

f"2)  Soci'ate,  l.  c,  col.  G84  :  ...  ibç  xal  ènl  Tf,;  èy.x)>Yi<y(a;  iiti  toO  Xao-J  •xxTaSpaji.Eïv 
[izy  Twv  àvÔpwico'pLopyov  XîyôvTwv  xà  0ctov,  àTwiAOtTov  ôè  a-jTov  SoY(i.aTÎaai. 

(3)  Sozora^rie,  l.  c,  col.  151:»  :  xaî  âv  ÈTtiaTo)?)  yjv  il  iôou;  Tztçl]  tt,;  Haff/a/ia;  ioçiv/,i 
iypaçï,  xai  à5w}Aa70v  -/pvivai  voeïv  tôv  Weôv  z\a-riyzlxo,  xal  àvOpwTtou  ff-/^(jLaTo;  à).).6Tp'.ov. 

(4) -Cassien,  l.  c,  col.  S21  :  ...Theophili  praedictae  urbis  episcopL  solemnes 
l'pistolae    commearunt  quibus    ciim    deauiitiatione   paschali    contra    ineptani 


120  UEVliE    DR    l'orient   CHRÉTIEN. 

nade,  enfin,  écrit  de  Théophile  :  «  Mais  réfutant  par  une  très 
longue  argumentation  les  Anthropomorphites,  liérétiques  qui 
attribuent  à  Dieu  un  visage  et  des  membres  humains,  il  leur 
prouva,  en  invoquant  victorieusement  des  témoignages  de  la 
Sainte  Écriture,  qu'il  faut  croire,  suivant  la  foi  des  Pères,  que 
Dieu  est  incorruptible  et  incorporel,  qu'il  n'a  aucune  espèce 
de  membres,  et  par  conséquent  qu'il  ne  se  trouve  rien  dans 
les  créatures  qui  soit  semblable  à  lui  par  la  substance,  qu'il 
n'a  communiqué  à  qui  que  ce  soit  l'incorruptibilité  de  sa 
propre  nature,  mais  que  toutes  les  créatures  intellectuelles 
sont  corporelles,  toutes  corruptibles,  toutes  changeantes,  en 
sorte  que  seul  il  n'est  pas  soumis  à  la  corruption  et  au  change- 
ment, Lui  qui  seul  a  V immortalité  (I  Tim.,  vi,  16)  (1).  » 

Ce  dernier  texte  scripturaire  est  précisément  celui  dont 
Théophile  cite  la  suite  immédiate  dans  sa  discussion  avec 
Aphou  :  tout  le  passage  devait  être  un  pivot  de  son  argumen- 
tation. En  tout  cas,  L'expression  relevée  par  Aphou  :  Non, 
cette  faiblesse  n'est  pas  V  image  de  Dieu  trouve  très  bien  sa 
place  à  côté  de  ce  que  les  écrivains  ecclésiastiques  ont  conservé 
de  la  lettre  festale  de  399.  Elle  luisait  partie  d'un  même  tout, 
et  si  Ton  ajoute  que  cette  lettre  a  scandalisé  également  les 
moines  d'Egypte  et  les  pieuses  gens  de  Pemdjé,  on  conclura 
que  ce  fut  sur  la  lecture  de  la  même  lettre  pascale  qu'Aphou 
et  les  moines  d'Egypte  descendirent  à  Alexandrie  (2). 


quoque  Antliropomorphitarum  haeresim  longa  disputatione  disseruit  eamquo 
cppioso  sermone  destru.xit. 

(1)  Gennade,  De  scriplor.  eccles.,  cap.  xxxiii,  P.  L.,  LVIII,  col.  1077-1078:  Sed 
et  Antliropomorphitas  liaereticos,  qui  dicunt  Deuia  humana  ligui-a  et  membris 
constare,  disputatione  longissima  confutans,  et  divinaruni  Scripturarum  testi- 
moniis  arguens  et  convinpens,  eos  ostendit  Deuin  incorruptibilem  et  incorpo- 
reum  juxta  fidem  Patrum  credendum,  nec  ullis  oninino  membrorum  lineamentis 
coraposituni,  et  ob  id  nihil  ei  in  creaturis  simile  per  substantiam,  neque  cui- 
quam  incorruptibilitatem  suae  dédisse  naturae,  sed  esse  omnes  intellectuales 
natùras  corporeas,  omnes  corruptibiles,  omnes  mutabiles,  ut  ille  solus  corrupti- 
bilitati  et  mutabilitati  non  subjaceat,  qui  solus  habet  immortalUalem  (I  Tim.. 
VI,  16). 

(2)  En  réunissant  dès  lors  aux  renseignements  fournis  par  la  vie  d'Aphou  Ifs 
textes  connus  jusqu'à  présent,  on  peut  tenter  de  reconstituer  la  lettre  pascale 
de  399.  Sa  structure  était  colle  des  lettres  conservées  jiar  saint  Jérôme  :  après 
une  annonce  officielle  de  la  Pàque  et  une  invitation  à  la  bien  célébrer,  s'ouvrait 
une  longue  discussion  dogmatique  :  Tarchevèquo  parlait  d'abord -des  grandeuis 
de  Dieu,  en  insistant  sur  son  incorruptibilité  et  .son  éternité;  il  en  appelait  à 


DISCUSSION  d'un  moink  audien  avkc  TiiKoi'niuE  d'alex:   1-21 

Ce  l'ait  reconnu  que  la  même  lettre  pascale  motiva  le  voyage 
d'Aphou  et  l'incursion  des  moines  d'Ég-ypte,  on  doit  se  demander 
dans  quelle  relation  se  trouvent  deux  épisodes  dont  le  dénoue- 
ment est  narré  si  semblable  et  quelle  précision  apporte  la  vie 
d'Aphou  à  ce  qui  était  déjà  connu  par  les  historiens  grecs. 

Lorsque  Aphou  s'inscrit  en  faux  contre  la  phrase  incriminée 
qu'on  vient  de  découvrir  dans  la  lettre  festale,  l'archevêque  lui 
objecte  aussitôt  :  «  Comment  se  fait-il  que  toi  seul  tu  réclames 
contre  cette  phrase,  et  qu'aucun  autre  ne  réclame,  qui  soit 
d'accord  avec  toi?  »  Théophile  n'aurait  pu  tenir  semblable 
propos  si  la  sédition  des  moines  avait  déjà  eu  lieu,  le  fait  ayant 
été  trop  retentissant.  La  visite  d'Aphou  a  donc  précédé  celle 
des  moines  d'Egypte,  —  et  de  fort  près,  car  la  même  lettre  de 
rétractation  pourra  être  considérée  comme  servant  d'aboutisse- 
ment à  chacune  des  deux  affaires. 

Dès  lors  quelle  part  revint  à  Aphou  dans  la  «  conversion  » 
de  Théophile?  et  que  resta-t-il  à  faire  aux  moines  ameutés? 
Revillout,  sur  la  foi  du  papyrus,  attribue  à  Aphou  le  mérite 
entier  d'avoir  convaincu  l'archevêque  (1)  :  c'est  aller  un  peu 
vite  en  besogne.  Les  arguments  du  bienheureux  n'étaient  point 
si  irrésistibles  qu'un  subtil  Origéniste  comme  Théopliile,  que 
les  lettres  pascales  conservées  révèlent  comme  un  véritable 
argumentateur,  dût  rendre  les  armes  et  s'avouer  vaincu,  — 
pas  plus  que  les  bâtons  des  ascètes  égyptiens  n'étaient  pour 
intimider  un  homme  qui  n'avait  pas  craint  de  s'exposer  aux 
fureurs  païennes  (2)  en  hachant  dans  son  temple  l'idole  de 

la  foi  des  Pères,  et  il  faisait,,  entre  autres  citations  scripturain's,  l'exégèse  de 
ce  passage  de  saint  Paul,  I  Tim.,  vi,'l6  :  «  ...Le  Roi  des  rois  et  le  Seif/neur  des 
Ki'iyneurs,  qui  seul  possède  Vimmortalilé,  qui  habile  une  lumière  inaccessible,  que 

nul  homme  n'a  vu,  ni  ne  peut  voir »,  d'où  il  concluait  que  Dieu  n'a  com- 

iuuniqué  à  personne  son  incorruptibilité.  Puis  en  regard,  il  mettait  la  faiblesse 
*ie  la  créature,  sujette  à  la  corruption  et  à  tous  les  défauts  qu'entraîne  la  nature 
'•orporelle  :  et  soudainement  éclatait,  visant  les  anthropomorphites,  cette  propo- 
sition que  Dieu  ne  pouvait  avoir  en  propre  une  telle  faiblesse;  conclusion  qui, 
liahilement  préparée,  devait  surgir  tout  à  coup,  car  dans  la  lecture  qu'Aphou 
lait  faire  de  la  lettre  pastorale  à  l'évèché  d'Alexandrie,  il  ne  trouve  rien  à  incri- 
miner, ni  dans  le  tableau  de  la  grandeur  de  Dieu,  ni  dans  celui  de  la  faiblesse 
liumaine,  avant  cette  fameuse  expression,  à  l'authenticité  de  laquelle  il  préten- 
dait refuser  de  croire. 

(1)  Revue  égyplol.,  III,  p.  28. 

(2)  Sous  Julien  l'Apostat,  un  prédécesseur  de  Théophile,  l'arciievèque  intrus 
d'Alexandrie,  Georges  le  Cappadocien,  bien  que  protégé  par  l'empereur,  avait 


122  REVUE   DE    l'orient    CHRfÎTIEN. 

Sérapis  (1).  11  est  infiniment  plus  probable  que  Théophile  était 
un  converti  par  avance.  Les  historiens  grecs  nous  le  dépeignent 
comme  autoritaire,  vindicatif,  tirant  ses  plans  de  très  loin, 
peu  scrupuleux  sur  les  mo3^ens,  et  subordonnant  toujours  ses 
idées  aux  opportunités  de  sa  politique  épiscopale.  Lorsque  Aphou 
descendit  à  Alexandrie,  l'incident  qui  devait  aboutir  à  l'exil 
des  Longs  Frères  était  certainement  ouvert  :  extérieurement 
Dioscore,  Ammonius,  Eusèbe  et  Euthymius  pouvaient  encore 
jouir  de  la  faveur  de  l'archevêque;  au  fond  Théophile  songeait 
déjà  à  les  atteindre  en  condamnant  les  écrits  d'Origène  dont 
ils  étaient  partisans  (2).   Dans  ces  conditions  la  réponse  de, 
Théophile  aux  moines  d'Egypte  :   «  J'y  pense  depuis  long- 
temps... ...»  était,  pour  une  fois,  sincère,  et  dans  le  cas  de  ces 

moines  comme  dans  celui  d'Aphou,  Théophile  ne  demandait 
pas  mieux  qu'on  lui  forçât  la  main  :  c'était  l'occasion  pour 
lui  de  justifier  en  public  la  volte-face  doctrinale  qu'il  méditait 
et  qui  n"avait  en  réalité  que  des  motifs  inavouables  :  la  venue 
d'Aphou  lui  donna  l'occasion  de  faire  un  premier  pas;  la 
sédition  des  moines  celle  de  rendre  publique  la  conversion 
ébauchée.  Ces  dessous  de  Thistoire  expliquent  comment  l'ar- 
chevêque fut  vaincu  si  vite  et  si  complètement  par  les  argu- 
ments d'Aphou  :  l'auteur  de  la  vie  d'Aphou,  sans  doute  Aphou 
lui-même  les  ignorèrent;  le  moine  de  Pemdjé  se  crut  obligé 
d'entonner  un  dithyrambe  sur  l'humilité  de  l'archevêque  : 
mais  Théophile,  tel  qu'il. est  connu  par  les  historiens  grecs, 
dut  bien  rire  en  lui-même  de  la  nouvelle  dupe  qu'il  venait  de 
faire,  en  servant  au  mieux  tous  ses  intérêts. 

Reste  la  lettre  de  rétractation  dont  parle  la  vie  d" Aphou. 
Socrate  raconte  qu'après  la  sédition  des  moines  d'Egypte  et 
pour  donner  suite  à  ses  promesses,  Théophile  «  écrivit  aux 
couvents  du  désert  qu'il  ne  fallait  point  écouter  Dioscore  ni 
ses  frères,  qui  prétendent  que  Dieu  n'a  point  de  corps.  Car 
Dieu,  disait-il,  selon  l'Écriture  Divine,  a  des  yeux,  des  oreilles, 


été  écartelé  et  brûlé  par  les  païens  pour  avoir  tourné  en  dérision  les  mystères 
de  Mithra.  Socrate,  lib.  III.  cap.  n.  P.  G.,  LXVII,  380  sq. 

(1)  Théodoret,  Hisl.  eccL,  lib.  V,  cap.  xxii.  P.  G.,  LXXXII,  col.  1245  sq. 

(•2)  Dans'  les  histoires  de  Socrate  et  de  Sozomène,  on  se  rend  compte  que  la 
disgrâce  dos  Longs  Frères,  arrivée  peu  après  la  sédition  des  moines,  fut  l'abou- 
tissant d'une  intrigue  longue  et  compliquée. 


I 


DISCUSSION    d'un    moine    AUDIUN    avec    THÉOPHILE    d'aLEX.    123 

des  mains  et  des  pieds  comme  les  hommes  :  mais  ceux  du 
parti  de  Dioscore,  faisant  suite  à  Origène,  introduisent  ce 
dogme  blasphématoire  c^ue  Dieu  n'a  pas  d'yeux,  ni  d'oreilles, 
ni  de  pieds,  ni  de  mains  (1)  ». 

La  lettre  que  relate  la  viedIAphou  ne^contient  pas  de  pareilles 
expressions  :  elle  paraît  désavouer  simplement  l'exéiièse  du 
passage  «  Faisons  lliomme...  »;  elle  est  envoyée  non  pas  aux 
couvents  du  désert,  mais  à  toute  la  contrée;  .et  le  seul  point 
commun  entre  les  deux  lettres,  telles  qu'on  les  connaît, 
semble  être  que  l'une  et  l'autre  sont  écrites  en  rétractation  de 
la  lettre  pascale  de  309. 

Se  trouve-t-on  en  présence  de  deux  lettres  différentes  de 
Théophile?  il  est  difficile  pourtant  de  le  croire.  Si  la  visite 
d'Aphou  a  pu  rester  secrète  dans  l'entourage  épiscopal  et  être 
ignorée  par  Socrate  et  Sozoïnène,  un  acte  public  tel  qu'une 
lettre  envoyée  dans  toute  ui^  région,  ne  pouvait  passer  ina- 
perçu, d'autant  plus  que,  révélant  un  changement  radical  de 
Théophile  sur  une  question  aussi  passionnément  controversée, 
cette  lettre  aurait  eu  un  éclatant  retentissement.  Du  reste  une 
telle  épître  n'a  pas  été  envoyée  avant  la  sédition  des  moines 
d'Egypte,  sans  quoi  ceux-ci  n'auraient  plus  eu  aucune  raison 
de  descendre  à  Alexandrie  :  elle  n'a  donc  pu  être  envoyée 
qu'après  la  venue  de  ces  moines  et  les  promesses  de  Théophile  ; 
si  bien  que  l'on  a  toutes  raisons  de  croire  que  la  lettre  citée 
.par  Socrate  et  celle  que  décrit  le  papyrus  sont  un  seul  et 
même  document.  Théophile  ne  pouvait  guère  soutenir  la  thèse 
anthropomorpliite  sans  d'abord  rétracter  sa  lettre  précédente 
qui  avait  fait  tant  de  scandale,  et  expliquer  sa  rétractation;  — 
c'est  ce  qui  intéresse  le  papyrus  de  Turin  et  c'est  ce  qu'il  relate, 
—  mais  pour  faire  largement  les  choses,  il  convenait  qu'il 
iijoutât  une  vigoureuse  profession  do  foi  anthropomorpliite  : 
c'est  ce  qu'a  noté  Socrate.  En  somme  il  s'agit  d'un  même 
document  relaté  à  deux  points  de  vue  différents.  Quant  à  la 
diversité  d'expressions  pour  désigner  les  destinataires,  il  ne 

(1)  Soci'ato,  l.  '\,  col.  68iS  :  ...  xal  ôia-EfjiTVcTai  Tof;  èv  x-^  sp^ifJ-w  àaxr,XTipioii;,  \t.-}\ 
Octv  7î£i6îffxai  AtO(7xopw.  \i.r\xt  xoï;  àoeX^poï;  a'jxo-j,  'KÎYjMrsiy  à<7u)(jiaT0v  t'ov  0£o'v.  '0 
yàp  Ocôç,  (pri'Tiv,  y.atà  vri'i  ôîîav  Ppaç/jv  xat  ôcpôaXfj.où;  iyzi  xai  wra,  xal  yeïpa;,  xal  uôôa;, 
y'aôà  y.ai  ol  âvQpwTtoi.  01  3è  TCpi  AiÔTXopov,  'Qp'.yévît  àxoXoyOo'jvte;,  [lAâffÇYîtAov  ôéyiJi.* 
c'.Tâyo-j'Tiv,  w;  àpa  ô  0so;  oûis  ôcp8a),(j.où;,  oûxe  (oxa,  oOte  Ttdoaç,  ouxî  y_£tpaç  îyzi- 


121  ■  :       REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

faut  pas  lui  attacher  une  importance  qu'elle  n'a  pas  :  en  écri- 
vant aux  couvents  du  désert,  comme  le  dit  Socrate,  Théophile 
atteignait  en  fait  toute  la  contrée  de  Pemdjé,  comme  le  rap- 
porte le  papyrus,  car  on  sait  par  Rufm  (1)  que  cette  région 
d'Oxyrrinkhos  était  littéralement  couverte  de  monastères. 

Tels  sont  les  faits  historiques  déjà  connus  auxquels  la  vie 
d'Aphou  permet  d'apporter  quelques  précisions  ou  complé- 
ments. lAIais  comme  ce  drame  anthropomorphite  était  en  réalité 
au-dessus  des  questions  personnelles  presque  exclusivement 
prises  en  considération  par  Théophile,  le  choc  de  deux  idées, 
l'idée  anthropomorphite  et  l'idée  spiritualiste,  l'intérêt  le  plus 
profond  de  la  ^1e  d'Aphou  gît  encore  dans  les  renseignements 
qu'elle  peut  donner  sur  la  position  de  ces  deux  idées  au  mo- 
ment où  le  conflit  se  déclara.  Or  la  vie  d'Aphou  livre  quelques 
détails  intéressants  sur  la  doctrine  de  Théophile  à  la  veille  de 
sa  conversion,  mais  surtout  elle  révèle  toute  une  synthèse  an- 
thropomorphite ignorée  jusqu'à  présent. 

Si  IJon  connaît  très  amplement  par  ses  lettres  pascales  h\ 
position  de  l'archevêque  contre  Origène,  on  sait  moins  claire- 
ment quelle  était  avant  sa  «  conversion  »  la  doctrine  particu- 
lière du  même  archevêque  contre  les  anthropomorphites.  Socrate 
déclare  qu'à  force  d'entendre  débattre  chez  les  Longs  Frères  les 
textes  d'Origène,  Théophile  avait  adopté  sur  Dieu  les  senti- 
ments du  docteur  alexandrin  (2)  et  un  passage  de  la  vie  d'A- 
phou, combiné  avec  les  citations  des  auteurs  ecclésiastiques, 
peut  servir  à  justifier  cette  affirmation.  Quand  l'on  compare 
en  effet  l'emploi  que  fait  l'archevêque  Théophile,  dans  la  vie 
d'Aphou  comme  d'après  Gennade  (3),  du  texte  1  Tiin.,  vi,  16,  où 
Dieu  est  dit  habiter  une  lumière  inaccessible,  avec  le  long  pas- 
sage du  Péri  Arkhôn  où  Origène  prouve  que  Dieu  est  «  hors  de 
la  compréhension  et.de  l'estimation  »  (4),  on  soupçonne  facile- 
ment que  cela  dépend  de  ceci;  cette  impression  devient  une 
certitude  quand  on  rapproche  la  doctrine  rapportée  par  Gen- 


(1)  Rufm,  l.  c. 

(2)  Socrate,  l.  c,  col.  685. 

(3)  Gennade,  l.  c,  col.  1077. 

(4)  Incomprehensibilem    atque    inaestimabilem   (trad.    Ruiiu).   Origen.    reri 
Archôn,  lib.  I,  cap.  i.  P.  (!.,  XI,  col.  123. 


DISCUSSION    d'un    moine    ALDIEN    avec    THÉOPHILE    d'aLEX.     125 

iiade,  que  «  toutes  les  natures  intellectuelles  sont  corpo- 
relles (I)  »  du  chapitre  d'Origène  sur  «  la  perpétuité  de  la  na- 
ture corporelle  »  (2).  Certes  pour  Origène  toutes  les  âmes  et 
natures  raisonnables  sont  incorporelles  «  selon  leur  propre  na- 
ture »  (3),  mais  elles  ont  vis-à-vis  de  la  matière  la  même  relation 
nécessaire  que  celle  qui  existe  au  sein  de  Dieu  entre  1(>  Père  et 
les  autres  personnes  de  la  sainte  Trinité,  si  bien  qu'elles  s'in- 
carnent nécessairement  dans  un  corps,  plus  ou  moins  subtil  il 
est  vrai,  et  que  seul  Dieu  est  incorporel  (4).  Théophile  était 
donc  vraiment  imbu  des  principes  d'Origène  et  de  la  doctrine 
du  Perl  Arkhôn  en  particulier. 

La  vie  d'Apliou  apporte  en  outre  au  sujet  de  la  doctrine  de 
Théophile  un  trait  très  précis,  mais  qui  ne  confirme  ni  n'in- 
firme cette  dépendance.  «  Je  pense,  dit  l'archevêque,  qu'Adam 
seul  fut  créé  à  sa  ressemblance  et  à  son  image;  quant  aux 
enfants  qu'il  engendra  après  lui,  ils  ne  furent  pas  à  la  ressem- 
blance de  Dieu.  »  Saint  Épiphane  avait  déjà  signalé  cette 
position  :  «  D'autres  ne  veulent  pas  qu'il  en  soit  ainsi,  mais 
ils  prétendent  que  l'image  de  Dieu  fut  en  Adam  jusqu'à  ce 
qu'il  eut  désobéi,  mangé  du  fruit  de  l'arbre  et  qu'il  fut  chassé  : 
dès  l'instant  qu'il  fut  chassé  il  perdit  l'image  de  Dieu  (5).  » 
Cette  opinion  était  sans  doute  courante,  car  saint  Épiphane  et 
Aphou  lui  font  la  même  réponse,  qui  devait  être  consacrée  : 
il  est  intéressant  de  noter  qu'elle  était  celle  de  Théophile. 
Dépend-elle  d'une  façon  plus  ou  moins  lointaine  de  la  doctrine 
d'Origène  sur  l'image  de  Dieu  qui  est  en  nous  par  la  pratique 
de  la  vertu,  et  sur  l'image  du  diable  que  nous  introduisons 
par  le  péché  (6),  qu'Adam  introduisit  donc  dans  le  genre 
humain  par  le  péché  originel?  C'est  extrêmement  possible, 
mais  rien  ne  nous  oblige  à  pousser  jusqu'à  cette  conclusion  (7). 


(I)  Gennado,,  ih/d. 

[i)  Perl  ArchÔH,  lib.  III,  cap.  ii.  P.  G.,  XI,  18<M87. 

(3)  <'  Secunduni  propriam  naturam  incorporeae  sunt  ».  Péri  Arkhôn,  lib.  I, 
cap.  VII.  /-*.  (r.,  XI,  col.  171. 

(4)  Péri  Arkhôn,  lib.  III,  cap.  ii.  Le.  ■ 

(5)  Epiphane,  l.  c,  col.  343  :  "AXXoi  oï  -rzilu  toûxo  ou  poûXovTai,  à),Xà  OéXouatv  Xî'ysiv 
t6tî  ij,£v  elvai  xô  xax'  slxôva  âv  to)  'Aôà[j.  sioç  otô  èv  Tcapaxo-<i  yÉyovs,  xat  [îiÔ^pwxEv  àTtô 
xoû  luXou  xal  £?îw(79ïi.  ài'  o-j  ôè  sÇsd'xrôv),  àuwXeae  xb  xax'  elxôva. 

(G)  Origen.  In  Genexim  Homil.  1,  P.  G.,  XII,  107. 

(7)  D'autant  plus  que  pour  Origène   lui-mèinf  l'image   de   Dieu  et  celle  du 


126  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Quant  à  la  position  anthropomorphite,  la  vie  d'Aphou  livre 
d'abord,  outre  les  arguments  déjà  transmis  et  réfutés  par  les 
Pères,  une  preuve  nouvelle  tirée  de  la  croyance  à  la  présence 
réelle  dans  la  sainte  Eucharistie.  Le  texte  :  Faisons  f  homme 
(Gen.,  I,  26)  avec  l'instance  :  Quiconque  versera  le  sang... 
(Gen.,  IX,  6)  sont,  dans  la  vie  d'Aphou  comme  chez  les  Pères, 
le  centre  et  comme  la  forteresse  de  toute  l'argumentation 
anthropomorphite  (1).  La  thèse  anthropomorphite  suppose 
que  ces  passages  doivent  être  entendus  dans  le  sens  littéral  le 
plus  absolu  :  c'est  ce  sens  littéral  qu'il  importait  de  maintenir 
contre  les  adversaires.  On  connaît  les  objections  ironiques 
puisées  chez  Origène  :  pour  être  logiques  avec  eux-mêmes,  les 
anthropomorphites  devraient  admettre  que  Dieu  a  des  ailes 
(Ps.  xc,  4)  et  sept  yeux  (Zach.,  iv,  10)  (2).  Le  papyrus  révèle 
quelle  réponse  indirecte  les  anthropomorphites  opposaient  à 
de  tels  arguments  :  Mais  si  vous  niez  le  sens  littéral  absolu  de  la 
parole  de  Dieu  dans  ce  passage,  vous  ne  pouvez  plus  justifier 
le  sens  littéral  absolu  des  paroles  :  Ceci  est  mon  corps,  et 
avec  lui  la  croyance  à  la  sainte  Eucharistie.  On  s'étonne  vrai- 
ment que  Théophile  n'ait  pas  su  trancher  par  la  distinction 
voulue  le  sophisme  d'un  tel  a  pari. 

La  vie  d'Aphou  apprend  mieux  encore  :  elle  découvre  quel 
principe  de  solution  les  anthropomorphites  prétendaient  ap- 
porter aux  objections  des  spiritualistes,  la  parabole  du  portrait 
royal  qui  est  une  véritable  synthèse.  Voilà  le  dernier  mot  de 
leur  doctrine,  l'exposé  positif  de  leur  système,  que  Ton  ignorait 
totalement.  Et  notons  bien  qu'il  ne  s'agit  pas  là  d'une  similitude 
improvisée  par  Apliou  pour  convaincre  Théophile  :  Apliou 
déclare  qu'il  livre  l'explication  reçue  parmi  ceux  de  son  parti, 
sans  doute  la  doctrine  que  lui  avaient  transmise  ses  vieux 
maîtres  audiens  :  «  Quant  à  la  gloire  de  Dieu,...  nous  pensons 
qu'il  en  est  com^me  d'un  roi...  etc..  »  La  parabole  se  développe 
et  la  doctrine  s'établit  :  il  y  a  entre  Dieu  et  l'homme,  qui  est 
son  image,  la  même  différence  qu'entre  le  roi  et  le  tableau, 
planches  et  couleurs,  qui  le  reproduit.  Le  tableau  est  semblable 

démon  coexistent  dans  l'àme  :  «  Manct  enira  semper  imago  Dei  in  te,  licet  tu  tibi 
ipse  superducas  imaginem  terreni.  »  In  Gènes.  Homil.  XII^,•  P.  G.,  XII,  234. 

(1)  Épiphane,  /.  c,  col.  341-344.  Isid.  Peins.,  l.  c,  col.  800. 

(•2)  Origen.  Selecta  in  Genesim,  P.  G.,  XII,  1)3.  Isid.  Pelus.,  l.  c,  col.  801. 


DISCUSSION    d'un    moine   AUDIEN    avec    THÉOPHILE    d'ALEX.     l'i? 

au  roi,  mais  pas  en  tout  :  il  lui  manque  bien  dcs'perfecliuns, 
le  relief,  le  mouvement...  que  le  roi  possède;  mais  il  a  par 
contre  bien  des  défauts,  propres  aux  planches,  que  le  roi  ne 
possède  pas.  Pourtant  le  roi  a  déclaré  que  c'était  son  portrait 
et  l'on  ne  doit  prêter  attention  qu'aux  ressemblanr-es  pour 
respecter  la  décision  du  roi.  Telles  sont,  expliquées  en  parabole, 
les  relations.de  ressemblance  de  Thomme  avec  Dieu.  Dieu  a  un 
corps,  c'est  la  doctrine  anthropomorphite  sous-jacente  à  toute 
cette  discussion;  mais  ce  corps,  doué  de  la  lumière  incom- 
préhensible, a,  des  qualités  que  celui  de  l'homme  ne  possède 
point;  par  contre  les  défauts  qui  choquent  dans  l'homme  sont 
une  surcharge,  épUhésis,  qui  vient  de  notre  nature  et  que  le 
modèle  ne  comporte  pas.  Dans  les  vues  de  la  Providence  ils 
sont  une  épreuve  ordonnée  à  notre  salut,  mais  ils  ne  com- 
prometlent  en  rien  la  ressemblance  divine,  puisque  saint  Paul 
fait  état  de  cette  ressemblance  pour  défendre  à  tout  homme 
de  se  voiler  la  tète  dans  l'assemltlée  des  fidèles  (I  Cor.,  xi,  7). 
Noter  en  passant  qu'au  dire  de  saint  Épiphane,  ce  dernier 
texte  était  d'un  emploi  fréquent  chez  les  anthropomorphites, 
et  ils  en  tiraient  même  une  conclusion  dogmatique  qu'Aphou 
ne  tire  pas  ici,  jugeant  sans  doute  sa  thèse  suffisamment 
démontrée  (1). 

Comme  on  le  voit,  l'anthropomorphisme  d'Aphou  est  bien 
plus  raffiné  que  celui  des  moines  qui  se  figuraient  un  Dieu 
tout  crûment  semblable  à  un  homme  :  il  admet  des  réserves 
sur  cette  ressemblance,  et,  s'il  donne  à  Dieu  un  corps,  il  le  lui 
veut  doué  de  la  lumière  incompréhensible,  c'est-à-dire  ayant 
mieux  que  les  qualités  des  corps  glorieux,  quelque  chose  sans 
doute  d'analogue  à  ce  corps  subtil  et  éthéré  que  l'ennemi  de 
l'anthropomorphisme,  Origène,  imposait  à  tous  les  esprits 
célestes,  en -le  refusant  à  Dieu  seul  (2). 

Voilà  donc  les  principales  remarques  que  suggère  ce  passage 
de  la  vije  d'Aphou,  tant  sur  l'histoire  du  fameux  Théophile  à 
la  période  la  plus  mouvementée  de  sa  vie,  que  sur  les  doctrines 
anthropomorphites.  Sur  ce  dernier  point  les  renseignements  tirés 

(1)  Épiplianc,^«ere.s-.,/.  c,  col.  'i\\.  Les  Audiens  tiraient  de  ce  texte  que  riiommo 
est  l'image  de  Dieu  comme  la  femme  l'image  de  l'homme. 

(2)  Origène,  PerrArkhon,  lil).  11,  cap.  ii.  P.  G.,  XI,  187. 


12<S  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

de  la  \ïc  d'Aphou  donnent  à  l'historien  des  hérésies  la  solution 
d'un  problème  psychologique  très  obscur  :  comment,  alors  que 
les  Pères  de  TÉp^iise  épuisent,  pour  définir  l'hérésie  anthro- 
pomorphite,  les  termes  dont  on  a  choix  pour  habiller  la  sottise 
humaine,  cette  même  hérésie  prit-elle  une  telle  extension  et 
pervertit-elle  jusqu'aux  moines  au  dire  de  Cassien  les  plus  exem- 
plaires et  les  plus  savants  d'Egypte,  les  moines  de  Scété  (1)'? 
Aphou  lui-même  n'est  pas  un  exalté,  comme  la  plèbe  des  moines 
anthropomorphites  que  nous  voyons  surgir  à  travers  les  lignes 
de  Socrate  et  de  Sozomène  :  sa  politesse,  habile  à  bien  disposer 
un  contradicteur,  prouve  la  liberté  et  la  souplesse  de  son  esprit; 
sa  discussion  démontre  qu'il  connaît  la  Sainte  Écriture  et  qu'il 
a  soigneusement  pesé  les  arguments  favorables  ou  contraires 
à  la  thèse  qu'il  défend.  Pour  de  tels  esprits,  érudits  et  méditatifs, 
les  raisons  qui  peuvent  expliquer  en  gros  la  diffusion  de  l'hé- 
résie anthropomorphite  parmi  les  moines  d'Egypte  :  fascina- 
tion exercée  par  le  sens  littéral  de  l'Écriture,  exégèse  obvie  de 
maints  passages  de  la  Bible,  et  plus  profondément,  comme  le 
remarquait  l'abbé  Isaac  (2),  renouveau  de  ce  besoin  de  concret 
qui  avait  déjà  suscité  et  nourri  les  vieilles  idolâtries,  —  ces 
raisons  sont  bien  insuffisantes.  Il  fallait  que  l'erreur  anthropo- 
morphite se  présentât  à  eux  avec  une  synthèse  et  une  dialec- 
tique capables  de  masquer  son  vice  originel.  Les  Pères,  occupés 
à  dénoncer  ce  vice,  ne  se  sont  attachés  qu'à  lui  et  l'ont  rude- 
ment traité.  Mais  la  riche  enveloppe  qui  le  cachait,  la  parabole 
du  portrait  royal,  qui  explique  d'une  façon  si  spécieuse  un 
postulat  irraisonnable,  voilà  ce  que  les  Pères  ne  s'étaient  pas 
souciés  de  conserver  :  voilà  ce  que  le  Papyrus  de  Turin  a  rendu 
et  ce  qui  explique  comment  des  gens  intelligents  par  ailleurs 
purent  se  laisser  enfermer  dans  l'absurdité  anthropomorphite. 

Et.  Drioton. 


(1)  Cassien,  Collaliu  X,  cap.  ir.  P.  Z,.,  XLIX,  8-22. 

(2)  Cassien,  Collalio  X,  cap.  v.  P.  L.,  XLIX,  820. 


I 


LES  MIRACLES  DU  SAINT  ENFANT 
CYRLVOUE 

{Suite)  (1) 


^  TEXTE 


VI.  —  (F.  43  I    a,  suite)  -i-hrVAh  ■  A-fiad  •  fliA4»'S.ft  '-  «fe 
^.(i-'P  î  (D(\^.h't:  '  f/A-  •  rl\^  ■  ...  (3)  (F.  43  r^  b)  A'JA 

n  î  MHA  :•:•  fljj?.n,A-  j  hA-nAî^  •  4)  (ohafvfn^  •  ahA  ■  anh 

(D-i'-i^h  •  M'*k  '  'i^Yx  '  A-fl  {F.  43  \°  a)  A  :  Îi^-Tifl  ■  f 
'PU  !  -nïiA.  •  AJ^AdA  '  A-nA  ■  •7'^.P.'  :•:  flïflJA.€L  -•  i;n>  :  '/• 

n'JA  •  A-flA  î  'wv-  :  flïAA^  ï  AA-nAf  ■  KChJi  •  flïA,A"V(>>  • 


(1)  Cf.  A'OC,  1913.  p.  119;  1914,  p.  93:  1915-1917,  p.  lOG. 
(•2)  Ici  et  plus  bas,  les  noms  propres  ont  été  effacés. 

(3)  Cr.  note  i)récédento. 

(4)  Ms.  :  h  AflX  («c). 

(5)  Ms.  :  A-n>.n.^ri  (xic). 

OltlKNT  Cin'.ICTIKN. 


130  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Ù^X  •  A  (F.   13  v°  b)  -nftf  :•::  ©rt'^/'  •  ?i'7H.h-  ■  i'«^'î0^ïb  : 

h9^C  ■  (DtrD-iYiC  •:-'  flJ^fl>•/^^t.  •  W-A"'"»-  î  0,-1-  ■  '^'iflC  •  h^ 
H  ■  .ft-flA-  î  h9°;hA   F.  14  r  a)  V  .•  wh-tïM  '  'Tifl  ■  <<.t.^h  - 

flï[K]4"ptf»-  ■  (3)  K^H  •  ...  (4)  WA"tf«>-  •  (5)  hiw»  :  hOc^  :  ^ 

'i^tM  ■  fllh^  ■  Î\VX-A  î  H^>*  ■  ji^jR  î  (D-ft-l-  •  hC/^i  :•:  (Dh 
tm  :  ^C'B  :  ^.^C  :  J^flrh-fl  ■  (D-  (F.  44  1°  b)  A'^  .•  A'flV  :::mi'> 

-tlf  <n».  :|: 

9"/*'.eT  :  flïAm  î  A-nrt  •  dà,^  i  (oh-to)  :  n,-f-  ••:: 
flj-K-iîrt  •  -flhA.  •  H^Tç^  !  A-nrt  •  mm  ■  d^i  •  ^9":i  .• 

A^SA  •  *  (F.  14  V"  a)  C*A  ■  h'w»  :  j?,5n/*'^  :  -J^PP-  :•: 

de-'n  •  (Daoit:rr  ■  i-n^  •  hfl->  •  a?*  ■  «feC4''rt  •  (6) 

r/ii-  '  rlti]ti  ■  ...  (F.  11  V"  b)  A^A  :  *JA  I  h'^'i  :•: 


(1)  Ms.  :  >,Ch.ï1fl«>-n  (s/r)- 

(2)  Ms.  :  h"Mha'>'. 

(o)  Ms.  :  fli<(»f»<iD.  (.«'c). 

(4)  Le  verbe  est  illisible  sur  la  ]iliotographie. 

(5)  Ms.  :  tf-AÏJ<»»*. 


j 


LES    MIRAL'LES    DU    SAINT    ENFANT    CYIÎIAQUE.  131 

TRADUCTK  >N 

(F.  43  r°  a,  suite)  Mimcles  dit  bienheureux  et  saint  (1) 
f'iji-iaque,  martyr  de  Jésus-Christ, 

(Jite  sa  prière  soit  avec  ...  (2)  pour  tes  siècles  des  siècles! 
Anicn. 

Il  !j  avait  un  veuf  (3),  prêtre,  serviteur  de  Cyriaijue,  qui 
composa  {te  récit)  des  m,iraclesy  prodiges  et  merveilles  à 
cidendre  et  à  voir  (4)  {qu'javait  faits  Cijriaque,  enfant  (5). 

('Jue  sa  prière  et  su  bénédiction  soient  avec  ...  (6)  (F.  43  r"  b) 
pour  les  hècles  des  siècles!  Amen. 

H  arriva  un  Jour  qu'un  homme  paisible  et  doux,  {qui} 
allait  chez  (son)  niaitre,  rencontra  (un  serviteur  de  Cyriaque). 
Il  lui  dit  :  «  Revèts-tnoi  et  prête-moi  un  vêtement  pour  ma 
femme,  afin  que  faille  à  la  réunion.  ».Il  lui  donna  {ce  qu'il 
demandait.  L'homme)  alla  à  sa  réunio7i,  alors  qu'il  se  ré- 
jouissait, en  portant  son  pain.  Il  se  livra,  dans  sa  joie  (7), 
{à  l'ivresse  :  les  convives)  buvaient  {beaucoup)  de  vin  (8). 

Surgit  un  voleur  {qui)  prit  (F.  13  v"  a)  à  l'homme  doux 
son  vêtement  et  le  revêtit  d'un  vêtement  de  haillons.  Il  em- 
porta {le  bon  vêtement.  L')ayant  caché,  il  revint.  Étant 
revenu,  le  voleur  dormit,  comme  s'il  n'avait  {rien)  fait. 

Lorsqu'il  fdjour,  tous  les  gens  (9)  de  la  réunion  se  levèrent. 
Le  possesseur  du  vêtement  leur  dit  :  «  Qui  a  e^nporté  mon 
vrtement?  »  {Ils  répondirent)-:  «  Xous  n'avons  ni  vu,  ni 
entendu.  »  Il  se  lamenta. 

Son  niaitre  l'aida.  {Il  lui  dit)  :  «  Qu'as-tu,  6  mon  /ils?  » 
(f'et  homme)  lui  dit  :  «  On  m'a  volé  (F.  43  v°  b)  mon  vête- 
nient.  »  Ayant  entendu,  son  maître  {dit)  :  «  Je  m'en  rapporte 
a  il' honnêteté)  de  tous  les  gens  de  la  réunion.  » 

( l)  M.  km..  :  et  Ou  saint. 

(■2)  Cf.  p.  129,  note  2. 

(:!)  Dillihann,  dans  son  Lex.  aet/i,.,  col.  75(),  ne  donne  au  mot  >in,C  que  les 
significations  suivantes  :  grandaeva.  amis;  vidua,  yr^ç'x  (ce  dct'nior  sens  est  le 
plus  fréquent). 

Il  £.ùfi  signifie  :  vision. 

■  '<i  JI.  à  m.  :  que  Cyriaque,  enfant,  fit. 

(tj)  Cf.  p.  120,  note  2. 

Ci)  M.  à  ni.  :  en  son  cœur. 

iS)  M.  à  m.  :  leur  vin. 

î')  JI.  à  m.  :  maison. 


132  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Il  les  scruta.  Ils  répondirent  d'une  seule  voi.v  :  «- iXous 
n'avons  ni  entendu,  ni  vu.  »  {Il  leur  dit)  :  «  >S'/  vraiment  (1) 
vous  n'avez  pas  entendu  et  si  vraiment  vous  n  avez  pas  vu, 
jurez  par  le  nom  de  saint  Cyriaque,  martyr  de  Jésus-Christ, 
auteur  de  miracles  et  de  prodiges.  »  Tous  les  gens  de  la 
réunion  répondirent,  en  disant  :  «  Fais-nous  jurer  {¥ .  M  r"  a) 
et  fais-nous  entrer  où  tu  voudras.  Quant  à  nous,  nous 
n'avons  pas  vu,. de  nos  yeux.  » 

Le  possesseur  du  vêtement  répondit  et  leur  dit  :  «  Levez- 
vous  tous;  allons  à  l'église.  »  //  les  conduisit,  les  Qt  entrer 
et  les  fd  se  tenir  deboiit,  alors  que  tous  ils  ...  (2)  {en  jurant 
ainsi)  :  «  Que  [Cyriaque)  nous  enfle,  comme  un  tambour! 
Qu'il  mette  comme  des  grelots,  qui  sonnent,  dans  notre 
ventre!  Qu'il  traîne,  comme  un  serpent,  (F.  44  r"  b)  dans 
notre  cœur!  »  (C'est)  par  ce  grand  serment  {qu')il  fit  jurer 
tous  les  gens  de  la  réunion.  Ils  sortirent  de  l'église,  s'en 
allèrent  et  retournèrent  à  leur  maison. 

Quant  au  voleur,  il  [s'en  alla,  ayatit  pris  le  vêlement  de 
lin  [volé),  afin  de  (le)  vendre  au  marché.  Il  {le)  troqua 
{pour)  un  autre  vêtement.  Il  retourna  à  sa  maison. 

Mais  lltomme  à  qui  il  avait  subtilisé  (3)  le  vêtement  donna 
l'encens,  (en)  présent,  à  saint  (F.  44  v°  a)  Cyriaque,  afin  qu'il 
(lui)  révélât  {qui avait  pris)  son  bien. 

En  ce  jour  même  (4),  le  voleur  tomba  malade.  Il  enfla 
jusqu'au  cou.  {Son  mal)  devint  grave.  Il  mourut  aussitôt. 
Il  fut  enterré  près  de  {l'endroit  oii  il  mourut).  Les  une 
pleurèrent;  les  autres  se  réjouirent. 

{Tel  est)  le  prodige  (5)  et  la  merveille  {que)  fit  notre  père, 
l'enfant  Cyriaque. 

Que  sa  prière,  sa  bénédictio)i,  le  don  de  son  secours  el 
l'intercession  de  sa  clémence  soient  avec  ...  (6)  (F.  44  V  b) 
pour  les  siècles  des  siècles!  Amen. 
(A  suivre.) 

Neufmarclié  (Seine-IntV'rieiire),  le  4  Juillet  I9I7. 

Sylvain  Grébaut. 

(1)  Le  suffixe  emphatique  i\  a  été  traduit  par  :  vraiment.  — ('2)  Cf.  p.  121),  note  ;.'. 
(3)  M.  à  m.  :  avait  fait  disparaître.  —  (4)  M.  à  m.  ;  en  ces  jours.  —  (5)  ô0-n 
signifie  :  étonnant.  —  (d)  Cf.  p.  1-29,  note  2. 


Ui\  TEXTE  ÉTHIOl^IEN  DU  SYMBOLE 
DE  SAIiST  ATHANASE 

{Fin) 


Comme  le  Quicumque,  ce  Symbole  (1)  s'occupe  d'abord  de  la 
Trinité,  puis,  dans  une  seconde  partie,  de  l'Incarnation.  On 
remarque  vite  que  l'allure  du  Quicumque  —  parallélisme 
des  formules  —  que  nous  trouvons  dans  la  partie  trinitaire, 
disparaît  dans  la  partie  christologique,  et  que  cette  seconde 
partie  est  plus  indépendante,  non  seulement  dans  la  forme, 
mais  aussi  dans  la  doctrine. 

Le  Symbole  insiste  beaucoup  sur  ce  qu'il  appelle  runion 
de  la  Trinité  [1,  2,  4,  15]  (2),  parfois  même  d'une  façon  assez 
étrange;  ne  j^cis  faire  cesser,  ne  pas  interrompre  sa  Trinité 
|8,  9]  quand  il  s'agit  de  Dieu,  du  Seigneur,  est  une  formule 
qui  peut  s'entendre  d'une  façon  orthodoxe.  Mais  abstraire  sa, 
Trinité  [5]  ou  établir  sa  Trinité  [11],  quand  il  n'est  question 
que  d'une  seule  des  personnes  divines,  est  ,plus  malaisé  <! 
admettre.  Il  est  cependant  proljable  que  cela  veut  signifier 
simplement  que  le  Saint-Esprit  par  suite  de  son  acte  créateur, 
et  le  Fils  par  suite  de  son  Incarnation,  n'ont  pas  —  pour 
employer  les  expressions  du  Symbole  lui-même  —  cessé  d'être 
joints  dans  l'union,  unis  dans  la  non-séparation,  entre  eux  et 
avec  le  Père. 

La  divinité  n'est  ni  augmentée  ni  diminuée;  elle  ne  reçoit 
rien,  elle  remplit  tc^ut  et  sait  tout  [4].  La  distinction  des  per- 
sonnes est  nettement  établie  |2|  :  aucune  d'elles  n'est  changée 
en  aucune  des  deux  autres.  Puis  l'auteur  insiste  immédiate- 


(1)  cr.  ROC,  1915-191  r,  11°  1,  p.  m. 

(2)  Le  passage  [151  ne  se  trouve  pas  a  ,sa  place  logique,  il  di-vrait  iHie  placé 
avant  le  récit  de  l'Annonciation  [10]. 


134  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

ment  sur  l'imion,  à  laquelle  il  paraît  tenir  bien  plus  qu'à  la 
distinction,  et  au  lieu  de  formules  à  antithèse  (1)  qu'on  atten- 
drait là  :  joints  dans  la  non-confusion,  par  exemple,  il  emploie 
des  formules  qui  ne  font  qu'accentuer  l'idée  de  l'union.  Rela- 
tivement au  Père  et  au  Fils,  la  doctrine  n'offre  rien  de 
particulier  [3,  5]  ;  quant  à  l'Esprit-Saint,  il  est  dit  consubstan- 
tiel,  égal  en  divinité  aux  autres  personnes  [6],  mais  le  Symbole 
ignore  que  l'Esprit-Saint  procède  du  Père  et  du  Fils;  de  plus, 
c'est  à  lui  que  la  création  est  attribuée  [5].  Chacune  des  per- 
sonnes existe  sans  commencement  |7],  chacune  est  Dieu  parfait 
[8],  et  Seigneur  au-dessus  de  tout  [9],  elles  sont  toujours  coexis- 
tantes [7|,  et  ne  sont  en,  rien  inférieures  l'une  aux  autres  [15|. 
Il  n'y  a  qu'un  seul  Dieu  |8]  et  un  seul  Seigneur  [9],  dont  la 
Trinité  est  éternelle  [8]  et  immense  [9|. 

La  partie  christologique  est  introduite  par  le  récit,  d'après 
saint  Luc,  de  l'Annonciation  [10].  —  Dans  cette  narration 
l'auteur  insère  deux  gloses,  destinées  à  déterminer  le  rôle 
de  chacune  des  trois  personnes.  Ni  le  Père,  ni  le  Saint-Esprit 
ne  se  sont  incarnés  de  Marie,  l'un  a  sanctifié  (2)  le  Fils,  l'autre 
a  fortifié  la  mère  [10].  Et  ce  rôle  des  trois  personnes  montre 
qu'il  n'y  a  pas  eu  dans  ce  mystère  de  l'Incarnation,  de  mélamje 
pour  la  divinité  de  la  Trinité  [11],  .ce  qui  veut  dire  probable- 
ment que  la  divinité  n'a  subi  aucun  changement  par  suite  de 
l'Incarnation,  et  que  les  personnes  restent  distinctes  après 
comme  avant. 

L'auteur  développe  avec  complaisance  ce  qui  a  trait  à  la 
réalité  de  l'Incarnation,  et  de  la  nature  humaine,  en  .Jésus- 
Christ,  dont  le  nom  toutefois  ne  se  trouve  que  dans  le  récit 
évangélique.  .lésus  est  homme  parfait,  tout  en  étant  Seigneur 

(1)  L'auteur  connaît  ces  formules  [v.  .g.  1,  15]  mais  il  les  emploie  timidement; 
on  dirait  qu'il  craint  qu'elles  ne  lassent  tort  à  l'union  ou  qu'elles  n'impliquent 
quelque  dépendance. 

(2)  A  la  prendre  en  elle-même  et  isolée,  cette  expression  serait  assez  suspecte. 
3Iais  ^e  doit  être  interprétée  d'après  ce  qui  suit.  Pour  l'auteur,  le  Fils  de  Marie 
n'a  pas  été  simplement  sanctifié,  semble-t-il,  puisqu'il  reconnaît  qu'il  est 
Seigneur  parfail  comme  son  Père  [13].  — Il  ne  serait  même  pas  impossible  que  le 
copiste  ait  écrit  0,  pour  i\  qui  aui-ait  donné  :  <•  l'Esprit-Saint  l'a  visitée  (IMarie) 
pour  la  sanctifier  »  correspondant  exactement  à  ce  que  nous  lisons  plus  bas 
«  l'ange  lui  (à  Marie)  a  exposé  (qu'il  y  en  aurait)  un  qui  la  sanctifierait  [11]  •<. 
Simple  hypothèse,  que  nous  n'avons  pas  à  faire,  puisqu'elle  modifie  une  affirma- 
tion doctrinale  de  l'auteur. 


UN    TEXTE    ÉTHIOPIEN    DU    SYMBOLE    DE    SAINT   ATIIANASE.      135 

parfait  comme  son  Père  [13].  Il  n'est  pas  apparu  comme  un 
rant<'>me,  mais  avec  un  corps  réel,  une  àme  comme  la  nôtre 
et  un  cœur,  sa  divinité  ne  tenant  nullement  la  [ilace  de  Fâme 
et  du  cœur  [11].  Son  humanité  n'était  pas  inférieure  à  sa 
divinité  —  ce  qu'on  doit  entendre  sans  doute  que  l'humanité 
en  Jésus-Christ  était  une  nature  humaine  complète  et  parfaite 
—  mais  avec  celle-ci  elle  a  formé  un  seul  être,  et  cela,  non 
par  une  conversion  de  l'une  en  l'autre  |1<3];  mais  le  Symbole 
ne  tente  aucune  explication  de  l'union.  Jésus  a  souffert,  est 
mort,  a  été  enseveli,  parce  qu'il  l'a  voulu;  il  est  ressuscité 
et  reviendra  pour  le  Jugement  [I4j . 

En  face  du  Quicumque,  notre  Symbole  paraît  confus  et 
(■•trique.  Nous  n'y  trouvons  textuellement  aucune  des  formules 
du  Quicumque;  même  dans  la  partie  trinitaire  où  nous  avons 
t'ii  somme  à  peu  près  l'équivalent  de  la  doctrine  du  Quicumque, 
quelle  différence  dans  la  netteté  de  l'exposition;  le  Symbok 
nous  dit  d'une  façon  parfois  à  peine  compréhensible,  e1,  par 
le  moyen  de  périphrase,  ce  que  le  Quicumque,  d'un  mot, 
exprime  clairement.  Quelquefois  la  pensée  est'  douteuse,  le 
sens  incertain,  il  peut  être  orthodoxe,  mais  pourrait  tout  aussi 
bien  ne  l'être  pas.  Enfin,  il  manque  dans  le  Symbole,  soit  sur  la 
Trinité  soit  plus  encore  sur  l'Incarnation,  bien  des  points  <le 
doctrine,  des  précisions  que  note  le  Quicumque  (1). 

Bien  qu'il  implique  de  soi-même  l'exclusion  des  doctrines 
advorses,  un  exposé  doctrinal  ne  vise  pas  toujours,  pour  autant, 
d'une  manière  expresse  les  théories  qu'il  condamne.  Il  paraît 
toutefois  difficile  de  ne  pas  reconnaître  au  Sj'mbole  quelque 
intention  polémique.  Douteuse  dans  la  partie  trinitaire,  oi^i 
rien  ne  la  manifeste  très  nettement  (2),  cette  intention  paraît 
indéniable  dans  la  partie  christologique,  qui  se  termine  par 
l'anathème  aux  hérétiques. 

C'est  ainsi  que  les  gloses  insérées  dans  le  récit  évangélique 


(1)  Cf.  V.  g.  les  versets  du  Quiciunqm  3,  !,  13,  22,  io,  25,  2!J,  ôl,  :î2.  'M,  3S  qui 
n'ont  pas  leur  équivalent  dans  le  Symbole. 

(2)  Il  s'y  trouve  la  contre-partie  du  modalisme,  des  eireurs  de  Sabcllius,  de 
Marcel  d'Ancyre,  d'Arius,  et  il  semble  que  certains  traits  —  v.  g.  le  commence- 
ment de  [4]  et'la  lin  de  [C]  —  pourraient  être  considéri'S  comme  une  opposition 
voulue. 


13G  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

|10],  l'insistance  qui  suit  |11,  12\  semblent  bien  être  dirigées 
contre  les  erreurs  du  modalisme  et  du  monarchianisme  patri- 
passien.  Le  docétisme  est  assez  nettement  visé  par  tout  ce  que 
le  Syinbole  affirme  de  la  réalité  du  corps  de  Jésus-Christ 
I  l.'J,  14j.  Contre  les  théories  de  Lucien,  d'Apollinaire,  contre  les 
lantasiastes,  r-'est  une  attaque  directe  [14].  Le  symbole,  et  la 
chose  n'est  pas  sans  étonner  un  peu,  n'est  pas  monophysite. 
Et  le  monopliysisme  eutychien,  et  les  erreurs  si  diverses  et 
si  nombreuses  qui  s'y  sont  l'attacliées,  sont  nettement  écartés 
[11,  1(3].  Quant  à  une  influence  du  monophysisme  plus  raffiné 
de  Sévère,  analyser  de  très  près  certaines  expressions  de  Fauteur 
serait  plutôt  lui  chercher  chicane.  Nous  pensons  que.  ce  Symbole 
est  .en  réaction  très  nette  contre  la  doctrine  monophysite  reçue 
en  Ethiopie. 

^,  Le  livre  qui  a  pour  tit^-e  Haimânota  'Abau  (1),  dont  on  sait 
la  faveur  et  l'importance  dans  l'église  d'Ethiopie,  contient 
la  traduction  de  certains  traités,  et  des  fragments  des  œuvres 
de  saint  Athanase,  relatifs  surtout  à  la  Trinité,  à  l'Incarnation 
et  à  la  Foi  (2).  Au  t'moignage  de  M.  Zotenberg,  quelques-uns 
de  ces  fragments  diffèrent  assez  peu  du  texte  grec.  Notre 
Symbole  est  offert  sous  le  nom  de  saint  Athanase,  à  quoi  il 
n'y  a  pas  lieu  d'attacher  une  extrême  importance,  mais  encore 
est-il  que  certaines  phrases  ou  expressions,  dans  la  partie  tri- 
nitaire,  sont  bien  réellement  empruntées  au  texte  éthiopien 
d'Athanase  tel  qu'il  se  trouve  dans  \q  H.  A.  Il  eût  été  nécessaire 
de  comparer  ces-  textes  au  Symljole  afin  de  voir  dans  quelle 
mesure  le  ^.  ^.  avait  pu  être  utilisé;  de  les  comparer  aussi 
avec  le  texte  grec  afin  d'établir  la  correspondance  exacte  entre 
le  grec  et  l'éthiopien,  pour  les  termes,  par  exemple,  qui  répon- 
dent aux  idées  d'être,  de  nature,  d'essence,  d'hypostase,  de  per- 
sonne... mais  les  circonstances  présentes  ne  nous  ont  pas  permis 
do  nous  procurer  les  photographies  de  ces  textes  du  H.  A  (3). 

(1)  Cf.  Wriglit,  Catalogue  of  the  éthiopic  manuscripts,  v.  g.  CCCXLIV.  — 
D'Abbadie,  Calaloijue  raisojiné  de  manuscrits  éthiopiens...,  v.  g.  15.  —  Zotenberg, 
Catalogue  des  manuscrits  éthiopiens  de  la  B.  .X.,  v.  g;.  111. 

(2)  Il  est  vrai  qu'il  s'agit  parfois  de  traités  à  l'authenticiti'  desquels  la  critique 
est  assez -peu  favorable. 

(3)  C'est  pourquoi  nolis  avons  cru  mieux  de  nous  abstenir  d'indiquer,  dans 
notre  traduction,  l'équivalent  grec  des  termes  (''thiopiens. 


UN    TEXTE    ÉTIIIOPIEX    DU.  SYMBOLE    DE    SAINT    ATHANASE.      137 

Voici  les  quelques  relations  que  d'après  les  références  du 
Lexicon  de  Dillmann,  nous  avons  constatées  entre  le  Symbole 
et  le  H.  A. 

1°    Symbole    1,  lignes    ;,    l  :  Xî^^-f-  :  /^'AA.  •  flAu'Mrh.  ■ 

Lex.  col.  r)31,  H.  A.,  Atlian.  cleTrinitate  :  /^'Art,-*  JÇ"tf»>*C  •■ 
flAv.fl'*J^  ■  cAu'Mrh.  :  La  Trinité  (est)  unie  dans  la  non- 
diversité  et  la  non-conimixtion  (voir  plus  bas,  3").  L'expression 
(ï.jjiY'l'  :  z^'Art,  est  aussi  une  expression  d'Athanase  Lex. 
col.  1323. 

2"  Symb.  2,  ligne  1  :  K-fl  :  nK>l/V-  •  mVlV^ih  •  UKf^* 
•Ih'BAT  •  ltx9^\\HVi  :  ^'n  •  '1(fl  î  h'/i>  .•  flïAJ^-  • 

Lex.  col.  1211,  //.  A.,  Atlian.de  Tri)u'tate:'ih9'^'i  •■  h(i  '-  d 

Les  deux,  phrases  diffèrent  par  le  verbe,  par  conséquent  par 
ridée;  la  préférence  nous  semble  devoir  être  donnée  au  Sym- 
bole, dans  lequel  la  phrase  est  claire  et  la  construction  cor- 
recte. 

Le  verbe  qu'emploie  Athanase,  ^.Am  s,  expriine  la  sépara- 
tion d'un  être  de  celui  auquel  il  était  joint,  la  dissociation,  il 
se  construit  avec  la  préposition  hîT^ï  qui  marque  l'origine,  le 
terme  a  quo,  non  avec  -Vfl  qui  marque  une  direction.  Le  sens 
d'Athanase  serait  :  «  Nous  croyons  (Dieu)  Père  dans  son  hypo- 
stase  et  dans  sa  personnalité  qui  n'est  pas  séparé  de  l'être  de 
Père  vers  l'être  de  P'ils.  »  Ce  sens  est  défectueux.  Le  symbole  au 
contraire  emploie  le  verbr  (Dtia\  qui  exprime  le  changement, 
la  transformation  et  qui  régulièrement  est  construit  avec  Ji^V, 
et  aveé  -^n,  qui  indique  le  terme  ad  quern.  Si  nous  remarquons 
que  ces  deux  verbes  ne  diffèrent  que  par  la  première  radicale, 
nous  pouvons,  sans  trop  d'invraisemblance,  supposer  une  faute 
de  Gopie,  dans  le  H.  A.  Mais  tout  cela  ne  paraît  pas  infirmer 
l'hypothèse  d'un  emprunt  du  Symbole  au  H.  A  ... 

3"  Symb.    2,   dernière   ligne  :  K't-H'J  ••  flX*9"^^'  ■•  (D^:ti9' 

Lex.  col.  1323,  //.  .1.,  Athan.  de  Trinitate  :  K'i-H'î  •■  (iii9^^. 


138  REVUE    DE    l'oRIEXT    CHRÉTIEN. 

^  :  lDJÇ■tf»>•^^r  :  flA^'t^rh^'  '•  Joints  dans  THnion,  unis  dans  la 
non-commixtion. 

Le  texte  d'Athanase  est  plus  correct  en  ce  sens  qu'il  est  plus 
doctrinal.  Nous  avons  signalé  déjà  la  tendance  du  Symbole  à 
insister  sur  l'union,  la  non-séparation,  'plus  que  sur  la  distinc- 
tion, la  non-comniixtion  des  personnes. 

4°  Symb.  5,  lignes  1,  5  :  Il  s'agit  du  Saint-Esprit  qui  a  créé  le 
monde  h^H  •  K^T^Ox  •  ^Muih  -.  XlPUA'B  •-  h-d  -  (DW^H:  .• 

Le.\.  col.  1320,  H.  A.,  AtJuin.  de  Trimtale :  ao'^é.h  •-  ^fi-tl  - 
K^BCà  •  ^/^Aft-f^  •  hrvà*S  :  h-n  ••  flïfflAJ^  •  <  L  Esprit- 
Saint  n'a  pas  abstrait  sa  Trinité  de  la  nature  du  Père  et  du  Fils.  » 

La  formule  a  abstraire  sa  Trinité  »  est  assez  bizarre  pour 
que,  employée  à  la  fois  par  le  Symbole  et  parle//.  A.,  elle 
puisse  faire  conclure  qu'ils  ne  sont  pas  étrangers  l'un  à  l'autre. 
Le  Symbole  et  Athanase  n'emploient  pas  le  même  terme  pour 
exprimer  la  Trinité  :  c'est  la  seule  et  faible  différence  entre  les 
deux  phrases.  Il  faut  remarquer  d'ailleurs  Cjue  l'expression 
employée  plus  loin  par  le  Symbole,  et  que  nous  avons  traduite 
ne  pas  faire  cesser  sa  Trinité,  est,  mot  pour  mot,  l'expres- 
sion d'Athanase  que  r^ous  rappo-rtons  ici. 

Le  Symbole  [13,  à  la  fin]  emprunte  à  mi  autre  ouvrage 
théologique, ''le  Mashafa  Méstir  (1)  (le  Livre  du  Mystère),  les 
paroles  suivantes  que  nous  ortliograpliions  d'après  ce  dernier  : 

A  propos  de  l'Esprit-Saint,  tandis  que  le  //.  .1.  (Lex.  col.  216, 
Athanase  de  Tnnitate)  connaît  l'expression  :  tWi^^fi  t  4»'Ç-ft  ' 
n»ù'%^  '  (oK.hi^à'SL  '  l'Esprit-Saint  procédant  et  ne  faisant 
pas  procéder,  le  Symbole  évite  de  dire  que  l'Esprit-Saint  pro- 
cède; ce  qui  eût  été  fort  bien  à  sa  place  après  ce  qu'il  dit  du 
Père  engendrant  et  du  Fils  engendré  (3). 

/ 

(1)  Le  Livre  du  Mystère  est  l'exposé  et  la  réfutation  de  certaines  doctrines 
opposées  aux  doctrines  de  l'église  monophysite  éthiopienne.  Il  a  été  composi^-  au 
XV'  siècle.  » 

(2)  Nous  trouvons  encore  dans  le  H.  A.,  Athanase  de  Trinitate  (Lex,  col.  ioû) 
les  mots  suivants  :'  to^fl  j  iuftA  «  "n^UV^'  s  H'VI'  que  nous  avons  aussi,  moins 
H'Vt',  dans  le  Symbole  [11];  mais  ces  mots  sont  sans  importance. 

(3)  Le  "Symbole  d(^  Nicée  qui,  dans  le  ms.  or.  793,  suit  le  Symbole  de  saint 
Athanase,  dit,  avec  ce  même  terme,  que  l'Esprit-Saint  procède  du  Pèi*e,  mais  il 


UN    TEXTE    ÉTHIOPIEN    DU    SYMBOLE    DE    SAINT    ATIIANASE.      130 

Il  est  fort  possible  que  le  Lccicon  ait  pu  nous  fournir  encore 
quelques  points  de  contacl  entre  le  Symbole  et  d'autres  écrits 
doctrinaux:  nous  n'avons  remarqué  que  ceux  que  nous  venons 
de  signaler. 

Nous  croyons  possible  de  tirer  une  brève  conclusion  des 
quelques  remarques  qui  précèdent,  avant  même  de  nous  occuper 
de  la  souscription,  car  elle  n'apporte  aucun  élément  dont  nous 
puissions  attendre  un  éclaircissement  quelconque. 

Qu'est  donc  ce  Symltole? 

L'influence  du  Quicuinque  y  est  patente,  mais  il  n'en  est  pas 
la  traduction.  De  plus,  il  est  aussi  éloigné  de  laHraduction  arabe 
et  des  traductions  grecques  que  du  texte  latin.  '^ 

Malgré  son  titre,  nous  croyons  que  ce  Symbole  n'a  jamais  été 
une  profession  de  foi  reçue,  dans  aucune  église  d'Ethiopie. 
L'église  officielle  nous  eût  donné  un  texte  monophjsite;  une 
église  orthodoxe  ne  se  serait  sans  doute  pas  contentée  d'une 
semblable  représentation  du  Quicumque.  Nous  inclinerions  à 
y  voir  l'œuvre  privée  d'un  chrétien,  moine  ou  laïque,  œuvre  qui 
aurait  consisté  à  remanier  d'après  le  Quwuïiiqae  un  texte 
préexistant,  sorte  de  profession  de  foi  en  la  Trinité  et  en  l'Incar- 
nation, et  duquel  une  partie,  dont  il  est  difficile  d'apprécier  l'im- 
portance, viendrait  surtout  du  recueil  dont  nous  avons  parlé, 
le  //.  A.,  et  serait  empruntée  particulièrement  aux  traités 
d'Athanase.  Il  semble  même  difficile  d'admettre  que  l'auteur 
ait  eu  entre  les  mains  la  traduction  arabe,  par  exemple,  du 
Quicumque,  car  il  y  aurait  eu  plus  de  ressemblance.  Ce  rema- 
niement a  pu  être  fait  plutôt  de  mémoire;  il  est  plus  accentu»' 
dans  la  partie  trinitaire  —  où  les  formules  correspondantes,  dans 
le  Quicumque,  sont,  parleur  symétrie,  leur  parallélisme,  plus 
aisées  à  retenir  —  que  dans  la  partie  christologique. 

Nous  ne  tenterons  pas  de  déterminer,  même  d'une  façon 
approximative,  la  date  de  composition  de  t:e  S3  mbole.  En  son  état 
actuel  il  dépend  du  Quicumque,  mais  nous  ne  savons  quand 
s'est  faite  en  Ethiopie  l'introduction  du  Quicumque.  Le  texte 
primitif  est  sensiblement  plus  ancien.  Nous  avons  constaté  qu'il 
fait,  dans  la  partie  Trinitaire,  des  emprunts  à  la  version  éthio- 

n'ajoute  pas  (|u'il  procéile  aussi  du  Fils.  C'est  d'ailleurs  la  seule  dilïérentV  doc- 
trinale que  présente  le  texte  i-thiopien  avec  le  texte  grec. 


MO  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

piençe  des  œuvres  de  saint  Athanase.  A  quelle  époque  a  été  faite 
cette  version,  et  les  emprunts  sont-ils  faits  à  la  version  isolée, 
ou  à  la  compilation  dont  nous  avons  parlé,  le  H.  A.?  Les  mêmes 
questions  se  posent  relativement  au  Livre  du  Mystère.  D'ailleurs 
les  références  que  nous  avons  pu  établir,  relativement  à  ces 
livres,  sont  bien  peu  nombreuses. 

Mais  notre  texte  primitif  dénote,  ainsi  que  nous  l'avons  mar- 
qué, quelques  intentions  polémiques.  Et  elles  se  manifestent 
dans  la  partie  christologique,  qui  est  indépendante  du  Qui- 
cumque,  en  grande  partie.  Les  erreurs  qui  sont  visées,  plus  ou 
moins  directement,  s'échelonnent  du  m"  au  v'  siècle.  Il  semble 
que  si  ce, texte  avait  été  compilé  longtemps  après  cette  époque, 
il  n'eût  pas  contenu  les  petites  attaques  que  nous  avons  signa- 
lées, car  les  erreurs  auxquelles  il  en  a,  ne  sont  pas  celles  qui  ont 
survécu  longtemps,  elles  n'intéressaient  presque  en  rien  la  foi 
postérieure  :  il  semble  donc  que  s'il  écrivait  longtemps  après  cette 
époque  l'auteur  y  eût  été  plus  indifférent.  C'est  tout  ce  qu'il  nous 
est  possible  de  dire;  et,  au  surplus,  ce  texte  n'a  pas  une  impor- 
tance telle,  que  nous  devions  regretter  beaucoup  notre  ignorance. 

La  souscription  nous  dit  que  ce  Symbole  a  été  écrit  par  At/ia- 
nase  de  la  ville  de  Bâhà  siège  de  Pierre  et  de  Paul.  Un  autre 
texte  ($)  du  Symbole  l'attribue  à  Athanase  de  Rome  (C*^*^)- 
Qu'est  cette  ville  de  Bâbâ,  siège  de  Pierre  et  de  Paul?  Si  Bâbâ 
n'est  pas  une  transcription  abrégée  et  extrêmement  défec- 
tueuse de  BâbilOn,  Bâbêl,  surnom  peu  llatteur  et  assez  malen- 
contreux, dans  le  cas  présent,  de  Rome,  nous  ne  savons  quel 
est  ce  siège  des  deux  Apôtres.  Nous  ne  connaissons  que  deux 
villes  antiques  de  ce  nom.  Baba  en  Mésopotamie,  au  S.-E.  de 
Nisibe,  et  Babba  en  Maurétanie,  mais  l'une  pas  plus  que  l'autre 
ne  peut  être  dite  siège  de  Pierre  et  de  Paul. 

L'attribution  de  ce  Symbole  soit  à  Athanase  de  Rome,  soit  à 
Athanase  de  Baba,  est  la  négation  de  l'oi^igine  orientale  du  Qid- 
ciiinque.  Il  faut  croire  qu'en  Ethiopie,  on  n'ignore  pas  qu'Ai  ha- 

(1)  Cf.  Wright,  Catalogue...,  N"  CCCXIX,  I,  c.  —  Nous  ue  connaissons  pas  ce 
texte  et  ne  savons  pas  s'il  est  une  traduction  véiitabli;  du  QuicuDique,  ou  s'il  se 
rapproche  de  notre  Symbole.  Ce  qu'en  note  le  Catalogue  correspond  à  notre 
^^  I;  il  ii^y  a  pas  identité  absolue  entre  les  deux  textes,  mais  —  à  part  l'attribu- 
tion à  Athanase  de  Rome  —  il  n'y  a  pas  de  divergence  qui  mérite  d'être 
signalée. 


UN    TKXTK    ÉTIIIOl'IKN    DU    SVMBOLK    DK    SAINT    ATHANASK.      1  11 

nase  fut  patriarche  d'Alexamlrie  et  si  rattribution  du  Symbole 
à  un  Atlianase  visait  rAlexaiidrin,  nous  n'aurions  pas  plus 
Athanase  de  Rome  (\\i  Atlianase  de  Bàbâ.  Elle  vise  donc,  sur  la 
foi  du  titre  que  portait  le  Qidcuuique  quand  il  fut  connu,  un 
Athanase  qu'on  ne  connaissait  guère,  mais  qu'on  supposait  occi- 
dental. Il  est  même  assez  curieux  que  le  texte  primitif —  qui 
est,  il  est  vrai,  supposé  —  empruntant  à  Athanase  d'Alexan- 
drie, le  Symbole  soit,  après  remaniement,  attribué  à  Athanase 
deBi'djâ. 

Le  Symbole  aurait  été  importé  en  Ethiopie  ])z.v  Meser  Zâu. 
Nous  nous  demandons  si  Meser  Zan  ne  serait  pas  la  transcrip- 
tion du  maltais  Missier  Ganni.  Nous  avons  vocalisé  iPftC  ' 
par  ë;  Antoine  d'Abbadie  aurait  vocalisé  sans  doute  par  /,  ce 
qui  alors  représenterait  assez  exactement  la  prononciation  de 
Missier.  Quant  à  Ganni,  le  y  étant  doux  (comme  dans  geôle 
par  exemple),  l'accent  portant  sur  la  première  syllabe,  la  seconde 
restant  presque  muette,  la  prononciation  est  très  proche  de 
Jane;  et  il  semble  bien  que Zûn  soit  la  meilleure  transcription 
de  Jâne,  puisque  le  son  ge  n'existe  pas  en  éthiopien.  Dans  cette 
hypothèse,  Meser  Zan  signifierait  donc  «f  le  Père  Jçan  ». 
Serait-ce  le  nom  d'un  missionnaire,  maltais  ou  italien,  qui 
aurait  réellement  apporté  le  Qidcainqae  en  Ethiopie? 

Le  traducteur  ou  le  copiste  est  Gijorgis  de\Sagla. 

Sagla  est  probablement  Addi-Sagla,  dans  la  province  de 
Tigré. 

L.    GUERUIEli. 

Tavel  (Gard). 


RECUEIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMENTS 
SUR  LES  YÉnDIS 


INTRODUCTION 

LES    YÉZIDfS     KT    CHEIKH    (T)    'aDF    (2). 

Les  Dasnoié,  auxquels  on  a  donné  le  nom  de  Yézidis  (3), 
sont  une  petite  secte  de  2  à  300.000  âmes  qui  demeurent  aux 
environs  diAlep,  vers  Van  et  Erzeroum,  mais  surtout  aux 
environs  de  Mossoul  :  sur  la  rive  droite  du  Tigre  au  mont 
Smjai'  et,  sur  la  rive  gauche,  aux  environs  du  sanctuaire  de 
Cheikh  \Adi  qui  joue,  chez  eux,  le  rôle  que  joue  la  Mecque 
chez  les  Musulmans.  Leur  langue  est  le  kurde;  très  peu  d'en- 
tre eux  comprennent  Farabe.   Leurs   prières  et  leurs  chants 


(1)  Le  mot  Cheikh  est  ici  un  titre  religieux  :  «  Suivant  une  tradition  attri- 
buée au  prophète  Jlohammed,  le  plus  haut  stade  de  la  hiérarchie  soufie  est 
celui  de  Cheikh  que  les  docteurs  mj^stiques  considèrent  comme  le  vicariat  de 
la  prophétie...  Le  stade  de  la  mission  du  Cheikh,  dit  Mohyi  ed-Din-JIohammed 
ibn  Ali  ibn  el-Arabi,  est  identique,  et  rigoureusement,  au  stade  de  la  prophé- 
tie: l'homme  qui  l'atteint  est  nommé  nébi  (prophète),  durant  .tout  le  temps 
qu'Allaîi  rinvesti#de  la  mission  prophétique,  et  tout  le  reste  du  temps,  il  est 

-nommé  Cheikh.  »  E.  Blochet,  Etudes  sur  Vésotérisme  musulman,  dans  Muséon. 
t.  IX,  1008,  p.  256-7.  —  Les  auteurs  mystiques  musulmans,  surtout  ceu.x  de  basse 
époque,  donnent  au  Cheikh  le  nom  de  Pir  qui  signifie  vieux,  Ibid.,  p.  255.  ^^ous 
trouverons  ce  nom  de  Pir  donné,  chez  les  Yézidis,  à  la  troisième  catégorie  do 
leurs  chefs. 

(2)  Adi,  écrit  aussi  Addaï  et  Thaddée,  est  le  nom  de  l'apôtre  qui  aurait  évan- 
gélisé  la  Mésopotamie.  Il  est  doiîc  très  fréquent  ciiez  les  chrétiens  et  se  conçoit 
moins  bien  chez  les  musulmans. 

(3)  Dasnoié  (Dasini)  est  le  nom  du  principal  groupement  des  Yézidis  qui  est 
autour  de  Mossoul  et  de  Cheikh-'Adi.  Ailleurs,  ils  portent  le  nom  de  la  région 
ou  de  la  tri-bu  kurde  à  laquelle  ils  appartiennent,  les  Sinjaris,  (au  mont  Sinjar), 
les  Cheikkanlès  (dans  le  Cheikkan  sur  le  territoire  d'Amadia),  les  RUnvessins. 
les  Dinnadis,  etc. 


RMCUKIL    DE    TEXTKS    KT    DE    DOCUMENTS    SUR    EES    VÉZIDIS.    1  13 

sont  en  langue  arabe,  mais  ils  les  récitent  et  ils  les  chantent 
sans  les  comprendre.  Ils  sont  monothéistes,  mais  le  Dieu 
suprême  a  créé  dos  dieux  inférieurs  qui  devaient  l'aider  à  créer 
et  à  gouverner  le  monde.  Dans  leur  plus  ancien  document, 
Méh'h*  Taous  est  le  nom  du  Dieu  suprême;  dans  les  documents 
plus  récents,  c'est  le  nom  du  di#u  secondaire  chargé,  durant 
la  période  actuelle,  du  gouvernement  du  monde.  L'ignorance 
est  chez  eux  un  précepte;  une  seule  famille  a  le  droit  d'ap- 
prendre à  lire.  Leurs  traditions  sont  donc  purement  orales,  et 
livrées  en  partie  aux  caprices  et  à  l'imagination  de  leurs  chefs 
religieux.  Leur  fondateur  et  législateur  est  le  Cheikh  'Adi, 
fils  de  Mosaffer,  fils  d'Ahmed:  il' joue  chez  eux  le  rôle  que 
Mahomet  joue  chez  les  Musulmans.  Ils  peuvent  même,  grâce 
à  la  métempsychose  qui  est  l'une  des  bases  de  leur  religion, 
enseigner  que  leurs  chefs  ont  déjà  vécu  à  toutes  les  époques  de 
l'histoire  du  monde  et  identifier  paifois  Cheikh  'Adi  avec  le 
Dieu  suprême,  dont  il  n'aurait  été  qu'une  incarnation. 

Ils  ont  emprunté  aux  chrétiens  la  tradition  de  l'ange  déchu, 
mais,  chez  eux,  toutes  les  peines  sont  temporaires,  l'ange  cou- 
pable est  donc  rentré  en  grâce.  Les  Ames  des  méchants  sont 
envoyées  dans  des  corps  d'animaux,  c'est  là  leur  seule  puni- 
tion, et  les  prières,  ainsi  que  les  aumônes  des  vivants,  ont  pour 
but  d'obtenir  de  Dieu  que  les  âmes  de  leurs  parents  méchants 
passent  des  corps  d'animaux  dans  des  corps  d'hommes  ou  au 
Paradis.  Il  n'y  a  donc  i^hez  eux  ni  enfer  ni  diables.  Leurs 
mauvais  esprits  sont  les  calamités  personnifiées  :  la  peste,  la 
famine,  la  mort.  Ces  calamités  leur  sont  envoyées  par  les  gou- 
verneurs du  monde  qui  sont  des  dieux  inférieurs  auxquels  le 
dieu  suprême  donne  le  monde  à  ferme.  Leurs  bonnes  actions 
'ont  donc  pour  but  d'obtenir  de  bons  gouverneurs,  d'être  per- 
sonnellement protégés  contre  les  mauvais,  d'échapper  aux 
maladies  et  à  la  mort,  et  d'aller,  après  leur  mort,  dans  le  corps 
d'un  liomme  de  leur  nation  ou  au  Paradis. 

<;'e  sont  les  missionnaires  et  plus  tard  les  voyageurs  (1)  qui 

Il  En  voici  deux  spécim(Mis  :  ■<  Dans  les  montagnes  de  Sidjan  (Sidjar),  entre 
Mossoul  et  Mardin,  vit  une  tribu  nommée  yézidie,  qui  adore  le  diable  et  ne  le 
tient  pas  seulement  pour  égal  en  puissance  à  la  tlivinité,  mais  pour  beauac/up 
plus  redoutable.  Le  père  sacrifie  quelquefois  sa  fille  pour  se  concilier  ce  faux 
dieu.  "  Frowler,  Dvei  lahre  in  Persien,  Leipzig,  1845,  t.  II,  p.  l'i.  —  »  Ils  tirent 


144  REVUE    DE    l'orient  CHRÉTIEN. 

ont  d'abord  fait  connaître  les  Yézidis.  Les  missionnaires, 
comme  les  Musulmans,  ont  dû  identifier  Taous  Mélek,  nom 
de  la  divinité  chez  les  Yézidis,  avec  Satan,  de  là  vient  sans 
doute  que  ceux-ci  défendent  de. prononcer  le  mot  Satan  et  les 
mots  de  son  analogue,  ainsi  que  les  mots  arabes  qui  signifient 
itiaJédiction  et  maudU.  On  en  a  conclu  qu'ils  adoraient  Satan 
et  on  les  a  nommés  «  adorateurs  du  diable  »  sans  tenir  compte 
que  chez  eux  il  n'y  a  ni  enfer  ni  diable;  ils  semblent  plut(H 
condamner  les  mots  dont  leurs  adversaires  se  servaient  pour 
couvrir  leur  dieu  d'opprobre  (1). 

Les  traditions  musulmanes  font  de  Cheikh  'Adi,  fils  de  Mosaf- 
fer,  fils  d'Ismaël,  un  soufi,  c'est-à-dire  un  ascète  musulman, 
mort  en  1160  ou  1102  de  notre  ère,  à  l'âge  de  90  ans.  Ces  tra- 
ditions (cf.  infra  1)  se  trouvent  déjà  dans  Yakout  {-;  1229)  et 
dansibn  el-Athir  (f  1233). 

Par  contre,  Bar  Hébraeus,  leur  contemporain,  primat  jaco- 
bite  d'Orient,  nous  fait  connaître  trois  fils  de  Cheikh  'Adi 
a  que  les  Kurdes  du  pays  de  Mossoul  tiennent  pour  un  pro- 
phète ».  Et  deux  de  ces  fils  ont  été  mis  à  mort  par  les  Mongols 
en  1257  et  en  1281,  ce  qui  conduirait  donc  à  placer  la  mort  de 
leur  père  au  plus  tôt  en  1223,  comme  le  porte  le  document  que 
nous  éditerons  plus  loin  (Vlll)  et  qui  a  donné  occasion  à  ce 
travail. 

Si  les  passages  qui  visent  Cheikh  'Adi  n'ont  pas  été  interpo- 
lés plus  tard  dans  Yakout  et  Ibn  el'Athir  et  ne  peuvent  pas 
s'expliquer  par  une  légende  propagée   par  les  fils  d"Adi  une 

leur  nom  du  calife  Yézid.  Ils  détestent  également  Sunnites  et  Chyites  et,  chose 
singulière,  ils  se  rapprochent  plus  volontiers  des  chrétiens  dont  ils  visitent  les 
église*s  avec  dévotion,  professant  à  l'égard  de  leurs  saints  une  grande  vénéra- 
tion... Leur  culte  parait  avoii'  certains  points  de  contact  avec  celui  des  peuples 
idolâtres  de  l'antique  Assyrie.  Reconnaissant,  comme  eux,  deux  génies  supérieurs, 
,deux  êtres  surhumains,  l'un  présidant  au  bien,  l'autre  inspirant  et  faisant  le 
mal,  ils  adorent  le  premier  sous  le  nom  de  Tahous  et  le  second  sous  celui  de 
Chaïtan  (Satan),  nom  commun  du  démon  dans  tout  l'Orient.  »  E.  Flandin,  Voyage 
en  Mésopotamie  (1843-5),  dans  Le  tour  du  Monde,  18G1,  t.  II,  p.  06. 

(1)  Ils  ont  obligation  de  tuer  celui  qui  prononce  le  nom  de  iSatan  [infra 
VII,  5)',  mais  les  textes  que  l'on  va  lire  ne  montrent  jamais  que  Satan  .soit  adon; 
par  les  Yézidis.  Cela  n'a  pas  empêché  Djelal  Noury  pacha  d'écrire  Le  diable 
promu  Dieu,  Essai  sur  le  yézidisme,  Constantinople,  1910,  imprimerie  du  «  Jeune 
Turc  »,  d'après  un  livre  turc  imprimé  à  Mossoul;  On  a  fait  remarquer  que  les 
Turcs  avaient  intérêt  à  propager  ces  bruits  pour  justifier  les  massacres  pério- 
diques qu'ils  faisaient  chez  les  Yézidis. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YKZIDIS.    145 

quarantaine  d'années  après  la  mort  de  leur  père,  il  faut  donc 
admettre  l'existence  de  deux  'Adi.  M.  R.  Frank  fait  du  pre- 
mier un  fils  de  Mûsafir,  mort  en  1160,  et  du  second  un  arrière- 
petit-fds  du  même  Mûsafir  ou  Mosafer  (cf.  iyif'ra  I).  Il  nous 
semble,  pour  l'instant,  qu'il  vaut  mieux  ne  pas  les  rattacher 
l'un  à  l'autre  et  de  séparer  les  traditions  relatives  à  'Adi,  soufi 
musulman  originaire  de  la  Syrie,  chef  de  la  secte  des  Adawijé, 
auteur  de  divers  ouvrages  recueillis  par  M.  R.  Frank  {infra  I), 
des  traditions  relatives  à  'Adi,  Kurde  Taïrahite,  procureur  du 
couvent  nestorien  qui  est  devenu  depuis  le  sanctuaire  de  Cheikh- 
'Adi,  et  chef  des  Yézidis.  Ils  n'ont  de  commun  que  le  nom 
('Adi  ou  Cheikh  'Adi)  et  le  pays  (pays  des  Kurdes)  oîi  le  pre- 
mier est  venu  mourir,  vers  1160,  sans  autre  postérité  qu'un 
fils  adoptif  nommé  Hassan,  et  où  le  second  a  vécu  jusqu'en 
1223.  Les  fils  du  second,  qui  ont  pris  parti  pour  les  musulmans 
contre  les  Mongols  (cf.  infra  II),  ont  pu  donner  à  leur  père  la 
généalogie  du  soufi  musulman  (1). 
Nous  traduisons  ici,  à  titre  d'anciens  documents  : 

I.  Les  légendes  musulmanes  sur  Cheikh  'Adi,  le  soufi  musul- 
man syrien,  mort  vers  1160. 

II.  Les  textes  de  Bar  Hébrasus  qui  concernent  la  famille  de 
Cheikh  'Adi  le  Kurde,  mort  vers  1223. 

III.  Le  Livre  de  la  Révélation  (al-Djilva)  attribué  à  Cheikh 
'Adi  le  Kurde,  et  qui  semble  du  moins  contenir  l'ancienne 
théologie  de  la  secte. 

IV.  Le  Livre  noir,  qui  aurait  été  écrit  en  1342-3  de  notre 
ère.  Il  renferme  des  parties  qui  semblent  plus  modernes.  Nous 
le  traduisons  à  titre  d'exposé,  soi-disant  ancien,  des  traditions 
qui  ont  encore  cours  aujourd'hui  chez  les  Yézidis. 

V.  Le  poème  de  Cheikh  'Adi,  qui  est  le  seul  livre  montré 
volontiers  par  les  Yézidis.  Cheikh  'Adi  y  a  pris  la  place  du 
Dieu  suprême. 

VI.  La  principale  pnére  des  Yézidis. 

VIL  La  pétition  adressée  en  1872  au  gouvernement  ottoman 
par  les  Yézidis,  pour  obtenir  la  dispense  du  service  militaire. 
Cette  pièce  est  presque   contemporaine,  mais  elle  nous  ren- 

(1)  Ceci  présente  moins  de  difficultés  chez  les  Yézidis  que  partout  ailleurs  puis- 
qu'ils professent  la  métempsychose. 

ORIENT    CHRÉTIEN.  10 


146  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

seigne,  mieux  que] tous  les  voyageurs,  sur  les  pratiques  de  la 
religion  des  Yézidis. 

VIII.  Nous  terminerons  par  l'édition  et  la  traduction  d'un 
petit  texte  syriaque,  jusqu'ici  inédit,  important  pour  l'histoire 
de  l'église  nestorienne  puisqu'il  établit 'que  Cheikh- 'Adi  n'est 
qu'un  ancien  couvent  nestorien  et  que  la  secte  yézidite  s'est 
formée  à  l'ombre  et  aux  dépens  de  ce  couvent.  Musfir  (Mosaf- 
fer),  fils  d'Ahmed,  était  un  Kurde,  chef  des  bergers  du  cou- 
vent nestorien  de  Youhanan  et  Icho'Sabran  (Jean  et  Jésus 
«  notre  espoir  »).  Son  fils  'Adi  fut  élevé  et  instruit  au  couvent 
dont  il  géra  assez  longtemps  tous  les  biens.  Ses  fils  qui  avaient 
épousé,  comme  lui,  des  femmes  mongoles,  se  rendirent  insup- 
portables aux  moines  et  on  ne  leur  laissa  que  la  garde  des 
troupeaux.  En  1219,  pendant  que  le  supérieur  faisait  le  pèle- 
rinage de  Jérusalem,  'Adi  massacra  les  moines  qui  restaient 
et  s'empara  du  couvent.  Le  supérieur  alla  demander  justice 
au  prince  mongol  Batou,  et  'Adi  fut  mis  à  mort  au  plus  tôt 
en  1223. 

Voici  comment  se  présente  le  nouveau  document  :  Il  a  été 
écrit  par  un  moine  nestorien,  nommé  Ramicho',  l'an  1763  des 
Grecs  (1452  de  notre  ère).  Il  consigne  donc  la  tradition  nesto- 
rienne qui  avait  cours  deux  siècles  après  la  mort  d"Adi.  Cet 
intervalle  suffit  déjà  à  expliquer  quelques  inexactitudes  comme 
le  transfert  à  'Adi  le  Kurde  de  la  généalogie  légendaire  d'  'Adi 
le  soufi  musulman  (fils  de  Musfir,  ou  Mosaffer,  de  la  dynastie 
des  Ommiades,  delà  famille  de  Yézid),  quelques  oublis  et  quel- 
ques anachronismes. 

Une  copie  de  l'ouvrage  de  Ramichô'  a  été  faite  en  1899  des 
Grecs  (1588  de  notre  ère)  par  le  diacre  Aucha  nâ. 

Cette  copie  a  été  transcrite  en  1880  de  notre  ère  par  Etienne 
(Estifan)  d'Alqos.  Plus  tard,  le^27  mai  1912,  le  même  Etienne 
a  fait  une  transcription  de  sa  première  copie  pour  le  Rév. 
Andrès,  missionnaire  américain  de  Mardin. 

Enfin,  le  manuscrit  du  Rév.  Andrès  a  été  transcrit  par  Sa 
Grandeur  M^'  Audo,  évêque  chaldéen  de  Mardin,  en  caractères 
chaldéens,  au  mois  de  juin  1912,  et  par  le  moine  orthodoxe 
Éphrem,  en  caractères  jacobites,  au  mois  d'octobre  dala  même 
année. 

La  transcription  de  M^'  Audo  a  été  traduite  en  français  et 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    VÉZIDIS.     1  17 

annotée  par  M.  Joseph  Tfinkdji,  prêtre  chaldéen  déjà  connu 
des  lecteurs  de  V Orient  Chrétien  (t.  XIX,  1914,  p.  221),  qui  :i 
cédé  texte  et  traduction  à  M^""  Graffin,  et  le  moine  Éphrem 
nous  a  donné  gracieusement  sa  copie. 

L'étude  de  ces  docu-ments  nous  a  mis  en  face  de  plusieurs 
difficultés.  Les  unes,  plus  générales,  provenaient  des  contra- 
dictions des  récits  musulmans  et  des  récits  jacobites  (Bar 
Hébraeus)  ou  nestoriens  (Ramischo').  Nous  en  avons  rendu 
compte  en  supposant  que  ces  récits  se  rapportaient  à  deux 
hommes  différents-:  un  soufi  syrien  musulman  et  un  Kurde, 
nommés  tous  deux  'Adi  et  identifiés  plus  tard.  Les  autres,  plus 
particulières,  provenaient  de  contradictions  déjà  signalées  par 
M.  Tfinkdji,  entre  la  première  et  la  dernière  partie  de  l'écrit 
attribué  à  Ramicho',  et  de  quelques  anachronismes  que  nous 
avons  relevés  dans  cet  écrit. 

L'écrit,  attribué  à  Ramicho',  en  1452,  contient  :  1"  l'histoire 
d"Adi;  2°  l'histoire  de  Yézid,  de  qui  dépendent  les  Yézidis; 
3"  une  compilation  sur  les  croyances,  les  mœurs  et  l'organisa- 
tion des  Yézidis;  4"  des  vers  et  des  colophons;  5°  une  analyse 
des  événements  relatifs  au  couvent  de  Cheikh-'Adi;  6°  des  colo- 
phons de  l'an  1912. 

11  y  a  contradiction  entre  certaines  dates  de  l'analyse  (5")  et 
des  dates  de  la  première  partie.  On  peut  en  rendre  compte  en 
supposant  que  l'analyse  a  été  ajoutée  après  coup  et  a  donc 
moindre  autorité.  Nous  avons  retouché  en  ce  sens  les  notes 
de  M.  Tfinkdji.  Il  reste  à  savoir  si  les  quatre  premières  par- 
ties (nors  le  colophon)  remontent  intégralement  à  Ramicho' 
en  1452  :  La  première  partie, 'vie  d"Adi,  trouve  ailleurs  de 
nombreux  points  d'attache  :  Bar  Hébraeus,  Icho'yahb  bar  Mqa- 
dam  (cité  et  traduit  en  note  par  M.  Tfinkdji),  traditions  orales 
des  nestoriens  et  des  Yézidis,.  architecture  du  monument  de 
Cheikh- 'Adi  (1).  La  deuxième  partie,  légende  de  Yézid,  peut 

(1)  Un  archéologue  un  peu  exercé,  écrit  M.  Menant,  ne  tarde  pas  à  distinguer 
le  caractère  de  la  construction  primitive  de  ce  monument  et  à  y  découvrir  les 
restes  d'un  ancien  monastère  chrétien.  On  reconnaît  immédiatement  la  dispo- 
sition du  cloître  et  les  vestiges  de  l'ancienne  église  qui  offre  une  particularité 
assez  bizarre  :  le  chœur  se  trouve  en  effet  à  gauche  de  la  nef  orientée  de  l'Est 
à  l'Ouest.  Ce  monument  est  très  bas  et  cette  particularité  ne  se  rencontre  pas 
dans  les  églises  clialdéennes.  Il  est  visible  que  la  construction  primitive  a  été 
souvent  dénaturée,  et  que  ce  lieu,  ayant  été  conquis  et  ravagé  par  les  Musul- 


148  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

être  ancienne.  Elle  expliquerait  le  nom  de  Yézidis  donné  déjà 
par  les  auteurs  musulmans  du  xiii"  siècle  aux  sectateurs  d"Adi. 
Mais  la  troisième  partie,  mœurs  des  Yézidis,  renferme  quelques 
anachronismes  et  ressemble  assez,  par  endroits,  au  texte 
syriaque  du  xix"  siècle,  édité  par  M.  Giamil,  pour  obliger  à 
supposer  une  relation  directe  entre  les  deux  documents.  La 
comparaison  est  quelquefois  en  faveur  du  texte  édité  par 
M.  Giamil.  Pour  déterminer  à  quelle  époque  remontent  les 
interpolations  probables,  nous  avons  écrit  à  M.  Tfmkdji  pour 
lui  demander  si  quelqu'un  avait  pu  voir  la  copie  d'Aucha'nâ, 
datée  de  l'an  1588  de  notre  ère.  Il  nous  a  très  aimablement 
répondu,  le  11  avril  1914,  que  le  Rév.  Andrès  avait  vu  l'ori- 
ginal, à  Alkoch,  chez  un  laïque  et  en  avait  pris  copie  pour 
80  francs.  Nous  avons  écrit  alors  à  Rév.  Andrès  pour  lui 
demander  si  «  l'original  »  qu'il  a  vu  est  la  copie  d'Aucha'nà 
de  1588,  ou  bien  la  copie  d'Etienne,  faite  en  1880,  et  s'il  croyait, 
dans  ce  dernier  cas,  qu'Etienne  avait  transcrit  fidèlement  l'ori- 
ginal sans  l'allonger  et  l'embellir  (1).  Nous  n'avons  pas  reçu 
de  réponse  et  nous  avions  remis  à  plus  tard  la  suite  de  cette 
étude,  mais  la  prolongation  de  la  guerre  nous  décide  à  l'éditer 
telle  quelle  ne  pereat. 

On  trouvera  donc  sous  le  n°  VIII  l'édition  de  la  copie  du 
moine  Éphrem  (B),  plus  facile  à  lire  pour  nos  compositeurs  et 
plus  complète,  avec  les  variantes  de  la  copie  de  M^""  Audo  (A), 
puis  la  traduction  annotée  de  M.  Tfmkdji  avec,  entre  crochets, 
les  quelques  additions  que  nous  avons  cru  devoir  y  faire. 

Nous  ajouterons,  en  appendice,  quelques  textes  parallèles 
empruntés  à  l'ouvrage  de  M.  Giamil. 

1''  février  1917. 

F.  Nau. 


mans  à  une  époque  déjà  lointaine,  a  été  enfin  repris  par  les  Yézidis  qui  l'ont 
approprié  à  leur  culte. 

(1)  Il  est  intéressant  de  remarquer  qu'Etienne  avait  l'étoffe  d'un  auteur,  car 
c'est  sans  doute  lui  le  diacre  Estifan,  réis  d'Alkoch,  qui  a  publié  trois  articles 
sur  les  Yézidis  en  octobre,  novembre  et  décembre  1897,  dans  la  Revue  néo-syria- 
que Qala  da-cherarâ  (La  voix  de  la  vérité)  rédigée  par  les  prêtres  lazaristes 
d'Ourmiah.  A  ces  articles  sont  aussi  apparentés  des  manuscrits  récents  de  Paris 
édités  par  M.  Chabot,  dans  Journal  asiatique,  ix'  série,  t.  Vil  (1896),  p.  100  sqq. 
Dans  ces  trois  articles,  en  1897,  Etienne  ne  semble  pas  utiliser  la  relation  de 
Ramicbo'  qu'il  est  censé  avoir  copiée  en  1888. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.    149 


LES  TRADITIONS  MUSULMANES 

Les  musulmans  nous  ont  conservé  des  œuvres  arabes  attri- 
buées à  Cheikh  'Adi  et  des  témoignages  relatifs  à  cet  auteur. 
Tout  cela  a  été  compilé  par  M.  Rudolf  Frank  dans  sa  thèse 
présentée  à  Erlangen  pour  le  doctorat  et  intitulée  Scheich  'Adî 
der  grosse  Heilige  der  Jezidls,  Kirchhain,  1911, 8°,  136  pages  : 

Les  œuvres  de  'Adî  bîn  Musàfir  sont  contenues  dans  deux 
manuscrits  arabes  de  Berlin,  à  savoir  :  un  poème  dans  We  1769, 
fol.  106'  et  les  autres  écrits  dans  We  1743.  Dans  ce  dernier 
manuscrit,  daté  de  Damas,  Tan  1509,  on  a  gratté  le  nom  de 
Cheikh  'Adi  et  on  a  récrit  à  sa  place  le  nom  de  Ahmed  bin  ar- 
Rifà'î,  mort  en  1182,  fondateur  des  derviches  hurleurs. 

L'écrit  le  plus  long  est  intitulé  Profession  de  foi  des  ortho- 
doxes, ms.  We  1743,  fol.  29''-43^  L'auteur  est  un  musulman, 
qui  cite  le  Coran  et  connaît  les  traditions.  C'est  un  adversaire 
des  Chiites.  Il  connaît  le  paradis  et  l'enfer.  M.  Frank  avoue 
que  rien  dans  cet  écrit  ne  désigne  spécialement  Cheikh  'Adi, 
chef  des  Yézidis.  —  Hadji  Khaifa,  au  xvii"  siècle,  dans  son 
Lexicon  bibliographicum,  éd.  G.  Fluegel,  Londres,  1845,  t.  IV, 
p.  243,  mentionne  aussi  une  «  Confession  de  foi  de  Cheikh  'Adi 
ben  Mosàfer  ach-Chami  »  qui  commence  par  :  «  Louange  au 
Dieu  un,  incomparable...  » 

On  trouve  ensuite  à  Berlin,  dans  le  ms.  We  1743,  fol.  45''-47*',^ 
un  «  livre  où  il  est  traité  des  belles  dispositions  de  l'âme  ». 
Ce  livre  commence  par  les  propriétés  des  hommes  pieux;  on 
trouve  ensuite  des  récits  empruntés  à  l'eschatologie  musulmane. 
L'auteur  est  un  soufi. 

Ibid.,  fol.  47''-48^  Avertissements  d"Adi  ibn  Musàfir  aux 
califes. 

Ibid.,  fol.  48M9\  Avertissements  de  Cheikh  'Adi  à  ses  dis- 
ciples, à  Cheikh  Qà'id  (en-Nùri)  et  aux  autres  disciples.  On 
y  trouve  des  citations  du  Coran  et  un  logion  du  Christ  sur  la 
faim  et  la  pauvreté  à  côté  de  textes  aùalogues  attribués  à  Moïse 
et  à  Salomon, 


150  *  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Le  scribe  se  nomme  Mohammed  ben  Ahmed  al-'Adawi  et 
appartiendrait  donc  aussi  (en  l'an  1509)  à  Tordre  soufi  des 
'Adawîjê. 

Dans  le  même  manuscrit  We  1743  sont  conservés  deux 
poèmes  d"Adi  et  un  troisième  se  trouve  dans  le  ms  We  1769, 
fol.  106^ 

Deux  poèmes  se  trouvent  aussi  au  British  Muséum  dans  le 
ms.  Or.  7596  (Rich),  n°  644  du  Catalogue. 

Yakout  (f  1229)  écrit  au  t.  IV  de  son  'dictionnaire  (termine 
le  13  mars  1224)  :  «  Lailesch  est  un  village  près  de  la  mon- 
tagne. Il  appartient  au  district  de  Mossoul.  Là  vivait  le  Cheikh 
'Adi  ben  Musâfir  le  Chafî'ite,  le  Cheikh  et  l'imam  des  Kurdes, 
et  son  fils.  » 

Ibn  el-Athir  (f  1223)  mentionne  la  mort  de  Cheikh  'Adi 
parmi  les  événements  de  l'an  557  de  l'hégire  (1162)  :  «  En  cette 
année,  au  mois  de  moharrem,  mourut  Cheikh  'Adi  ben  Musâfir, 
le  pieux,  qui  se  retira  dans  la  montagne  de  Al-Hekkarijà  au 
district  de  Mossoul.  Il  venait  de  Syrie,  de  la  région  de  Ba  albek, 
d'où  il  alla  à  Mossoul.  Des  gens  de  ces  pays  se  joignirent  à  lui 
et  lui  obéirent.  » 

Pour  concilier  les  traditions  arabes  avec  les  textes  de  Bar 
Hébraeus  (m/ra  II),  M.  R.  Frank  a  utilisé  un  texte.de  Kutubi 
(f  1363)  qui  mentionne  Al-Hasan  ben  'Adi  ben  Abi-1-Berekàt 
ben  Sahr  ben  Musâfir  Chems  ed-Din  Abu  Mohammed  et  sup- 
pose que  Bar  Hébraeus  ne  vise  pas  'Adi  fils  de  Musâfir,  mais 
r'Adi  ben  Abi-1-Berekat  qui  figure  ici  dans  le  texte  de  Kutubi. 
Dans  cette  hypothèse,  les  trois  fils  d"Adi  mentionnés  par  Bar 
Hébraeus  seraient  les  frères  d' Al-Hasan  mentionné  par  Kutubi. 

Kutubi  ajoute  que  Al-Hasan  avaitde  nombreux  disciples  parmi 
les  Kurdes  et  qu'il  fut  dangereux  pour  l'émir  de  Mossoul  Badr 
ed-Din  Loulou.  «  Des  Kurdes,  dit  Kutubi,  croient  encore  que 
Al-Hasan  reviendra  et  n'est  pas  mort.  »  Il  a  été  tué  en  1246,  à 
l'âge  de  53  ans.  Cheikh  al-Hasan,  dans  son  écrit  «  Comment 
les  disciples  doivent  se  conduire  envers  leur  maître  »,  cite  deux 
fois  des  passages  de  Cheikh  'Adi.  Ce  sont  surtout  ces  détails 
qui  ont  conduit  M.  R.  Frank  à  supposer  que  Bar  Hébraeus  par- 
lait, non  pas  de  Cheikh  'Adi,  mais  de  'Adi,  père  de  Hasan, 
arrière-petit-fils  d'un  certain  Musâfir  Chems  ed-Din  que 
M.  Frank  identifie  aussi  avec  le  père  de  Cheikh  'Adi. 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE   DOCUMENTS    SUR   LES    YÉZIDIS.    151 

Le  ms.  de  Berlin  We  1743  contient  encore,  fol.  1-26,  les  pro- 
priétés de  Cheikh  'Adi  ben  Musâfir.  Ce  sont  des  anecdotes  sur 
son  compte.  On  trouve,  fol.  27",  les  noms  de  quarante  de  ses 
disciples. 

M.  Siouffi,  le  premier,  avait  attiré  l'attention  sur  ces  légendes 
musulmanes;  cf.  Journal  asiatique,  vu"  série,  t.  XX  (1882), 
p.  252,  et  viir  série,  t.  V  (1885),  p.  78.  Voici,  d'après  lui,  la 
notice  consacrée  à  Adi  par  Ibn  Khallikan,  dans  le  dictionnaire 
des  hommes  célèbres  de  l'Islam  qu'il  rédigeait  au  Caire  entre 
1256  «t  1274: 

Le  cheikh  Adi  ben  Moussafer  (Musfir)  ben  Ismaïl  ben  Moussa  ben  Mar- 
wan  ben  el-Hassan  ben  Marwàn  el-Hakkari,  le  serviteur  (de  Dieu),  bon  et 
célèbre,  dont  la  secte  Adouiyah  a  tiré  son  nom.' 

Sa  renommée  s'est  répandue  dans  le  monde  et  beaucoup  de  gens  ont 
suivi  sa  doctrine.  La  confiance  illimitée  qu'il  leur  a  inspirée  a  été  poussée 
si  loin,  qu'ils  l'ont  pris  pour  la  qibla  vers  laquelle  ils  dirigent  leurs  prières, 
et  en  ont  fait  l'objet  de  leurs  espérances  dans  la  vie  future. 

Après  avoir  fréquenté  un  grand  nombre  de  cheikhs  et  de  personnages 
célèbres  par  leurs  vertus,  tels  que  Akil  el-Manhi,  Hammad  ed-Dabbas, 
Abin'  Nagib  Abd  el-Kader  ech-Chahrazouri,  Abd  el-Kader  el-Jili  (1),  et 
Aboul  Wafa  el-Houlwani,  il  se  retira  dans  les  montagnes  de  Hakkariya 
qui  dépendent  de  Mossoul,  oîi  il  se  fit  construire  une  cellule.  Les  habi- 
tants de  toutes  les  contrées  (voisines)  lui  témoignèrent  leur  respectueuse 
sympathie,  avec  un  enthousiasme  inconnu  dans  l'histoire  des  ascètes. 

Sa  naissance  eut  lieu  dans  un  village  du  district  de  Ba'albek,  appelé 
Beit-Fâr,  et  la  maison  où  il  est  né  est  visitée  jusqu'à  présent  (comme  un 
lieu  saint). 

Il  est  mort  en  l'an  555  ou  557  (1259  ou  1261),  dans  le  pays  qu'il  habitait 
à  Hakkariya,  et  il  a  été  enterré  dans  sa  cellule.  Sa  tombe  est,  pour  les 
habitants,  un  des  principaux  lieux  de  dévotion  qu'ils  visitent  avec  assi- 
duité. Ses  descendants  habitent  jusqu'à  nos  jours  l'endroit  qu'il  a  habité, 
et  où  ils  se  font  reconnaître  pour  être  les  siens  en  imitant  ses  actions. 
Les  gens  (les  voisins)  ont  conservé  pour  lui,  ainsi  que  ses  partisans  eux- 
mêmes,  la  même  confiance  et  le  même  respect  qu'ils  lui  avaient  voués  de 
son  vivant. 

En  parlant  du  cheikh  Adi  dans  l'histoire  d'Arbèles,  Abou'l-Barakat  ben 
el-Moustaoufi  l'a  compté  au  nombre  des  personnes  qui  ont  visité  cette 

(1)  Prédicateur  et  soufi,  né  en  1Q77,  mort  en  1166.  Voir  Encyclopédie  de  l'Is- 
lam, I,  1908,  Paris,  p.  42-44.  Il  disait  :  «  J'ai  le  pied  sur  le  cou  de  chaque  saint.  » 
Il  possédait  70  portes  de  science,  chacune  plus  large  que  l'espace  entre  le  ciel  et 
la  terre.  L'auteur  de  l'article  suppose  que  les  fables  sur  son  compte  sont  proba- 
blement dues  à  ses  nombreux  enfants.  —  Cette  hypothèse  peut  être  faite  dans 
bien  d'autres  cas. 


152  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

ville.  Mouzaffar  ed-Din,  seigneur  d'Arbèles,  disait  :  «  J'ai  vu,  étant  enfant, 
le  cheikh  Adi  ben  Moussafer  ;  c'était  un  vieillard  brun,  de  taille  moyenne 
et  dont  on  disait  beaucoup  de  bien.  > 
Le  cheikh  Adi  a  vécu  quatre-vingt-dix  ans. 

Dans  ce  texte,  il  n'est  pas  question  des  Yézidis,  mais  la  lé- 
gende ne  va  pas  tarder  à  s'amplifier.  Mouhammad-Emin  el- 
'Oumari,  traduit  aussi  par  M.  Siouffi,  représente  Adi  comme  le 
modèle  le  plus  parfait  des  anachorètes.  L'austérité,  les  priva- 
tions de  tout  genre  et  les  mortifications  qu'il  s'était  imposées 
avaient  tellement  agi  sur  son  corps  que,  lorsqu'il  se  prosternait 
en  priant,  on  entendait,  d'après  cet  auteur,  le  bruit  que  faisait 
son  cerveau,  en  se  heurtant  intérieurement  contre  les  parois 
du  crâne,  et  qui  ressemblait  au  bruit  produit  par  des  cailloux 
qu'on  remue  dans  une  citrouille  desséchée.  On  lui  attribue 
plusieurs  miracles  :  les  lions  et  les  serpents  qui  vivaient  dans 
son  voisinage  et  qui  le  fréquentaient,  étaient  doués  d'une  dou- 
ceur surnaturelle. 

Le  même  historien  continue  ainsi  : 

«  On  dit  que  le  cheikh  Adi  était  un  des  habitants  de  Ba'albek,  qu'il 
s'était  transporté  à  Mossoul  et,  de  là,  à  Jabal  Lâch,  dépendant  de  cette 
ville,  où  il  résida  jusqu'à  sa  mort.  On  dit  aussi  qu'il  était  de  Hôrân  et  que 
son  lignage  remonte  jusqu'à  Marwan  ben  el-Hakam,  ainsi  qu'il  suit  : 
Charaf  ed-Din  Abou'l-Fadaïl  Adi  ben  Moussafer  ben  Ismaïl  ben  Moussa 
ben  Marwàn  ben  el-Hassan  ben  Marwàn  ben  Mouhammad  ben  Marwân 
ben  el-Hakam,  décédé  l'an  558  (10  déc.  1162  au30nov.  1163).  Son  tombeau 
qui  est  bien  connu  est  l'objet  de  pieux  pèlerinages. 

«  Dieu  l'a  éprouvé  d'une  calamité  :  à  savoir  l'apparition  d'une  secte  de 
renégats  qu'on  appelle  les  Yézidis,  parce  qu'ils  prétendent  descendre  de 
Yézid.  Ils  adorent  le  soleil  et  rendent  un  culte  au  diable.  Voici  quelques 
préceptes  de  leurs  croyances,  que  j'ai  trouvés  dans  un  petit,  traité  fait  par 
un  des  habitants  d'Alep  qui  a  connu  leur  religion  :  1»  L'adultère  devient 
licite  quand  il  est  commis  de  consentement  (mutuel);  2°  ils  prétendent 
que,  lorsque  le  jour  du  jugement  sera  arrivé,  le  cheikh  'Adi  les  mettra 
dans  un  plateau  qu'il  posera  sur  sa  tète,  pour  les  faire  entrer  dans  le 
Paradis,  en  disant  ces  paroles  dédaigneuses  :  «  Je  fais  ceci  (ou  :  je  les 
fais  entrer)  en  contraignant  Dieu  et  malgré  lui  »  ;  3°  la  visite  qu'ils  font 
au  (tombeau  du)  cheikh  est,  pour  eux,  un  pèlerinage  qu'ils  accomplissent, 
quelque  lointain  que  soit  le  pays  qu'ils  habitent  et  sans  se  préoccuper  des 
frais  qu'entraîne  le  voyage.  » 

On  trouve  encore  des  détails  analogues  dans  un  fragment  de 


RECUEIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMENTS  SUR  LES  YÉZIDIS.  153 

Yassîn   el-Khatib   el-Oumari  el-Maussili    cité   également   par 
M.  Siouffi,  loc.  cit.,  p.  81  : 

En  cette  année  (557  ou  1162)  mourut  le  saint  cheikh  et  le  pieux  dévot 
Adi  ben  Moussafer,  qui  a  opéré  des  miracles.  (Sa  mort  eut  lieu)  dans  la 
■ville  de  Hakkariya,  une  des  dépendances  de  MÔssoul.  Son  origine  est  de 
Ba'albek  qu'il  quitta  afin  de  se  rendre  à  Mossoul,  pour  s'y  consacrer  à 
Dieu.  Il  mena  une  vie  solitaire  dans  les  montagnes  et  les  cavernes,  où  les 
lions  et  les  bêtes  sauvages  le  fréquentaient. 

On  dit  qu'il  descend  de  la  famille  des  Omayades,  et  voici  le  lignage 
qu'il  se  donnait  ;  Adi  ben  Moussafer  ben  Ismaïl  ben  Moussa  ben^arwàn 
ben  el-Hassan  ben  Marwàm  ben  el-Hakam  ben  el-Ass  ben  Omaya(l). 

Il  était  versé  dans  la  connaissance  de  la  loi  divine.  Dieu  l'a  éprouvé 
d'une  calamité  en  suscitant  les  Yézidis  qui  prétendent  que  ce  cheikh  est 
Dieu,  et  qui  ont  fait  de  son  tombeau  le  but  de  leur  pèlerinage.  Ils  s'y 
rendent  tous  les  ans  au  son  des  tambours,  pour  s'y  livrer  aux  jeux  et  à  la 
débauche. 

Dans  un  passage,  dont  M.  Blochet  a  bien  voulu  nous  donner 
un  résumé,  Maqrizi  (ms.' arabe  de  Paris  1727,  fol.  287-8)  résume 
d'abord  Ibn  Khallikan  :  Xà\  serait  un  soufi  mort  à  Tàge  de 
90  ans  en  555  ou  557  de  l'hégire.  Il  ajoute  que  les  partisans 
d'Adi,  les  Adouwiyé,  demeurent  en  nombre  considérable 
autour  de  son  tombeau  et  y  viennent  en  pèlerinage.  Adi  avait 
un  familier  nommé  Hassan  qui  le  suivait.  Près  de  mourir,  il 
prit  celui-ci  pour  fils  :  il  lui  commanda  de  mettre  son  dos  contre 
son  propre  dos  et  lorsqu'il  l'eut  fait  le  cheikh  lui  dit  :  «  Trans- 
porte ma  lignée  d'ancêtres  à  tes  réis  »,  de  sorte  que  les  enfants 
de  Hassan  étaient  censés  descendre  de  la  lignée  de  Adi. 

C'est  sans  doute  ce  Hassan  el-Bawab  qui  a  été  identifié  plus 
tard  à  Hassan  el-Basri,  célèbre  chez  les  musulmans,  et  qui  a 
reçu  le  nom  de  Cheikh  Sinn  (lune)  pour  faire  pendant  au  fils 
d'Adi  nommé  Chems  (soleil)  ed-Din. 

Maqrizi  ajoute  qu'un  juriste  de  Perse  nommé  Djelal  ed-Din 
Mohammed  ibn  'Izz  ed-Din  Yousouf  el-Holwani,  qui  suivait  la 

(1)  Chebab  ed-Din  écrivait,  vers  738  de  l'hégire,  qu'une  tribu  de  3.000  hommes, 
habitant  au  pays  de  Djoulamerk  et  Hakkari,  descendait  d'une  branche  des 
enfants  d'Omaïah.  Il  ajoute  :  «  On  dit  que  ce  sont  des  Hakamis  (descendants  de 
Hakam,  père  du  calit'e  Merwan'ben  Hakam)  qui,  au  moment  de  la  catastrophe 
.de  leur  famille,  se  réfugièrent  dans  des  montagnes  impraticables  et  y  trouvèrent 
un  asile  sur.  Ils  firent  corps  avec  les  Kurdes.  »  Notices  et  extraits  des  manuscrits, 
t.  XIII,  1838,  p.  317.  Cheikh  'Adi,  fils  de  MosalTer,  fils  d'ismaïl,  serait  donc  l'un 
de  ceux-là. 


154  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

règle  de  Chaféi,  vint  lesjtrouver,  s'éleva  contre  eux  et  leur  fit 
déclarer  la  guerre.  Aussi,  en  l'année  817  de  l'hégire  (23  mars 
1411  au  18  mars  1415),  on  tua  un  nombre  considérable  des 
disciples  de  Cheikh  Adi,  qui  sont  connus  parmi  les  Kurdes  sous 
le  nom  de  Es-Sohbatlyé,  et  on  en  fit  prisonniers  un  grand 
nombre.  De  plus,  les  Persans  détruisirent  le  tombeau  ainsi  que 
la  coupole  qui  le  surmontait  et  brûlèrent  les  ossements  de 
Cheilih  Adi  en  présence  des  Sohbatiyé;  mais  ceux-ci  recons- 
truisirent le  tombeau  et  continuèrent  à  s'y  réunir. 


II 


TRADUCTION  DES  TEXTES  DE  BAR  HEBRAEUS 
RELATIFS  A  ^ADI  LE  KURDE 

Chronique  syriaque,  éd.  Bedjan,  p.  497-8  :  En  l'année  1568  (1256-7), 
comme  Azz  ed-Din  (sultan  d'Iconium)  craignait  (le  chef  mongol)  Badjou,  il 
commença  à  préparer  une  armée  :  il  envoya  l'un  de  ses  serviteurs, 
nommé  Tougar  Hifà  (ou  Taphala,  d'après  V Histoire  des  dynasties),  du  côté 
de  Mélitène,  pour  lui  lever  une  armée  de  Kurdes,  de  Madéens  et  de  Tur- 
comans.  Celui-ci  se  rendit  à  Hesn-Zaid  et  fit  venir  de  l'Orient  deux 
grands  (chefs)  kurdes  :  l'un  Charaf  ed-Din  Ahmed,  fils  de  Bêlas  (du  pays 
d'Al-Hakkar),  et  il  lui  donna  Mélitène,  et  l'autre  Charaf  ed-Din  Mohammed, 
fils  de  Cheikh  'Adi,  du  pays  de  Mossoul,  et  il  lui  donna  Hesn-Zaid  (Khar- 
tabert)...  Le  fils  de  Cheikh  'Adi  qui  était  à  Hesn-Zaid,  après  avoir  opprimé 
de  diverses  manières  les  habitants  de  cette  forteresse,  réunit  ses  hommes 
et  marcha  contre  Qamah  pour  porter  secours  au  sultan  Azz  ed-Din,  mais  les 
troupes  du  noyan  Angourc  l'y  atteignirent  et  le  mirent  à  mort. 

Ce  passage  figure  à  peu  près  textuellement  dans  Y  Histoire 
des  dynasties,  éd.  Pococke,  p.  509,  nous  avons  mis  entre  pa- 
renthèses deux  courtes  additions  que  l'on  y  trouve.  Bar  Hébraeus 
fait  encore  allusion  à  ces  événements  dans  sa  Chronique  ecclé- 
siastique, éd.  Abbéloos,  1,  725  :  il  raconte  en  cet  endroit 
l'histoire  du  couvent  jacobite  de  Mar  Cyriaque  à  Zôniqrat,  en 
1257,  qui  est  la  fidèle  reproduction  du  sort  du  couvent  nestorien 
de  Jean  et  Jésus  Sabran  en  1219  : 

Le  couvent  de  Zôniqrat  avait  été  fondé  par  le  défunt  Siméon,  médecin 
de  Hesn-(Zaid).  Celui-ci  avait  un  fils  mauvais  et  prodigue,  nommé  Michel, 
qui  vexait  beaucoup  les  moines  par  ses  exactions.  Lorsqu'ils  s'en  fati- 
guèrent et  qu'ils  se  détournèrent  de  lui,  il  alla  trouver  le  sultan  Roukn 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE   DOCUMENTS    SUR    LES   YÉZIDIS.    155 

ed-Din  et  il  se  fit  musulman.  Il  obtint  un  décret  pour  aller  chasser  les 
moines  du  monastère  de  son  père  et  les  remplacer  par  des  fakirs.  Lors- 
qu'il vint  à  Hesn-Zaid,  il  réunit  des  troupes  de  brigands  arabes  et  il  alla 
^'emparer  du  couvent  le  vendredi  qui  termine  les  quarante  jours  du  jeûne 
du  Seigneur.  Après  avoir  fait  subir  beaucoup  de  tourments  aux  moines, 
il  les  chassa  nus  et  sar^  souliers  et  pilla  tous  les  biens  du  monastère 
ainsi  que  les  choses  précieuses  de  l'église,  depuis  les  croix  et  les  calices 
jusqu'aux  livres,  et  il  retourna  à  Hesn-Zaid.  Le  saint  évêque  de  cette  ville, 
nommé  Denys,  lui  racheta  les  livres  et  fit  don  à  l'église  de  Tabriz  d'un 
évangile  orné  de  peintures  écrit  par  Rabban  Zebina.  L'année  même  où 
ce  sacrilège  avait  fait  cela,  qui  est  l'année  1568  des  Grecs  (1257),  la 
justice  divine  ne  le  supporta  pas  plus  longtemps  et  lui  rendit  le  mal 
(qu'il  méritait).  Aux  jours  de  l'été,  en  effet,  lorsque  Charaf  ed-Din,  fils  de 
Cheikh  'Adi,  vint  au  secours  du  sultan  Azz  ed-Din,  les  habitants  de  Hesn- 
Zaid  qui  avaient  promis  obéissance  à  Roukn  ed-Din  sortirent  pour  com- 
battre contre  Charaf  ed-Din.  Le  sacrilège  Michel,  qui  s'était  fait  musulman, 
assista  à  ce  combat  et  y  fut  tué.  A  cette  époque,  un  nestorien,  nommé 
Amin.ed-Din  Mobarek,  envoyé  des  Tartares,  vint  au  pays  des  Grecs... 


Nous  nous  arrêtons  à  cette  phrase  qui  nous  montre  encore  le 
rôle  des  nestoriens  chez  les  Tartares  et  rend  très  vraisemblable 
que  le  supérieur  du  couvent  de  Jean  et  Jésus  Sabran,  spolié 
par  Cheikh  'Adi,  a  pu  porter  plainte  près  des  chefs  mongols. 
Nous  avons  vu  plus  haut  comment  Charaf  ed-Din,  après  s'être 
emparé  de  Hesn-Zaid,  a  été  tué  lui-même  par  les  Mongols. 

Chronique  syriaque,  p.  532  :  En  1586  (1275),  une  guerre  éclata  entre 
deux  frères,  fils  de  Cheikh  'Adi  que  les  Kurdes  du  pays  de  Mossoul  tiennent 
pour  un  prophète,  et  parce  que  l'un  d'eux  (nous  verrons  qu'il  se  nommait 
Fakhr  ed-Din)  avait  pris  une  femme  mongole,  l'autre  (Chems  ed-Din)  se 
trouva  en  danger,  aussi  il  prit  tous  ses  familiers,  au  nombre  de  400  per- 
sonnes, et  s'enfuit  en  Syrie,  avec  ses  troupeaux  de  gros  et  de  petit  bétail 
et  ses  chevaux.  Les  chrétiens  furent  inquiets  et  craignirent  qu'il  ne  les 
dépouillât  sur  son  trajet  et  qu'il  ne  les  mit  à  mort,  mais  il  passa  sans  faire 
de  tort  à  personne. 

Ibid.,  p.  535  :  En  1587  (1276),  l'autre  fils  de  Cheikh  'Adi  (Fakhr  ed-Din) 
s'enfuit  aussi  du  pays  de  Mossoul  et  gagna  l'Egypte  et  il  emmena  avec 
lui  la  femme  mongole  qu'il  avait  prise  chez  les  Tartares. 

Ibid.,  p.  544  :  Un  émir  kurde  du  pays  de  Hakkari,  qui  avait  vécu  long- 
temps en  rebelle  dans  les  montagnes  d'Assur  et  avec  qui  les  Mongols 
avaient  fait  la  paix,  fut  tué' à  l'ordou  (à  la  cour)  d'Abaga  avec  huit  de  ses 
compagnons.  Et  le  fils  aîné  de  Cheikh  'Adi  qui  s'était  enfui  en  Syrie, 
lorsqu'il  revint  et  se  présenta  à  l'ordou  et  qu'il  commença  à  s'excuser  de 
son  départ,  fut  condamné  et  mis  à  mort. 


156  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 


III-IV 

Badger  et  Layard  n'ont  pu  connaître  qu'un  seul  livre  des 
Yézidis  :  «  le  poème  de  Cheikh  Adi  »  ;  maj^  on  vient  d'éditer  et 
de  traduire  en  trois  endroits  différents  deux  autres  livres  :  le 
Livre  de  la  Révélation  (Al-Djilwah)  et  le  Livre  noir,  qui 
seraient  les  livres  sacrés  des  Yézidis.  On  en  trouve  une  traduc- 
tion anglaise,  faite  sur  un  texte  arabe  par  E.  H.  Brovvne,  éditée 
en  appendice  à  0.  H.  Parry,  Six  Months  in  a  Syrian  Monas- 
tery,  Londres,  1895.  Le  texte  arabe  a  été  édité  et  traduit  en 
anglais  par  Isya  Joseph,  Yezldi  Texis,  dans  The  American 
Journal  of  Semitic  Languages,  t.  XXV  (1908-9).  Enfin,  un 
calque  du  texte  kurde  a  été  édité,  avec  une  traduction  française 
faite  sur  deux  manuscrits  arabes,  par  le  Père  Anastase  Marie, 
dans  Anthropos,  t.  VI  (1911),  p.  1-39.  Le  texte  kurde,  écrit  en 
caractères  cryptographiques,  a  été  édité  par  M.  Max  Bittner, 
Ihid.,  p.  628-39.  Nous  donnons  pour  ces  deux  livres  la  traduc- 
tion qui  nous  paraît  la  meilleure  en  mettant  entre  parenthèses 
les  variantes  les  plus  importantes  de  la  traduction  anglaise  de 
M.  Isya  Joseph  (J)  ou  de  la  traduction  française  du  Père  Anas- 
tase (A)  (1). 

LE  LIVRE  DE  LA  RÉVÉLATION. 

[A,  page  20]  Prologue  :  Celui  qui  existe  avant  tous  les  êtres  est  Melek- 
Taous  (Taous-Melek  J).  C'est  lui  qui  a  envoyé  'Abd-Taous  ('Abtaûs  A)  en  ce 

(1)  Sammas  Jeremia  Samir  écrivait  le  28  cet.  1892  à  M.  A.  N.  Andrès,  de 
Mardin,  que  le  livre  Al-Djilwah  aurait  été  écrit  en  558  (1162-3)  par  Cheikh  Fakr 
ed-Din,  secrétaire  de  Cheikh  'Adi,  sous  la  dictée  de  ce  dernier.  La  copie  originale  ' 
enveloppée  de  toile  et  entourée  de  soie  serait  conservée  dans  la  demeure  de 
Mulla  Haidar  à  Baadrie.  Deux  fois  par  an  le  livre  est  porté  près  du  tombeau  de 
Cheikh  'Adi.  D'après  une  lettre  du  même  au  même,  du  9  nov.  1901,  le  Livre 
noir  aurait  été  écrit  par  un  certain  Hassan  al-Basri,  en  743  (1342-3).  La  copie 
originale  serait  conservée  dans  la  demeure  du  chef  Ali,  de  Qasr  'Azz  ed-Din,  à 
une  heure  à  l'ouest  de  Semale,  village  à  l'est  du  Tigre.  Le  livre  est  sous  un 
trône;  il  est  relié  en  bois  et  a  diverses  enveloppes.  —  Ajoutons  que  c'est  à 
Sirijar,  d'après  le  P.  Anastase  Marie,  que  ces  livres  seraient  conservés  avec  des 
précautions  extraordinaires.  C'est  à  Singar  qu'il  en  a  obtenu,  en  1904,  la  copie 
en  caractères  cryptographiques,  éditée  dans  Anthropos,  t.  VI  (1911).  —  M'' De- 
courdemanche  nous  a  dit  que  ces  caractères  cryptographiques  sont  en  réalité 
un  alphabet  kurde  et  qu'il  les  avait  retrouvés  dans  un  recueil  d'alphabets  qu'il 
possédait. 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS   SUR    LES   YÉZIDIS.    157 

monde  (1),  pour  séparer  la  foi  de  l'erreur  et  pour  faire  connaître  la  foi 
à  son  peuple  élu.  Il  le  fit  d'abord  verbalement  et  ensuite  par  le  moyen  de 
ce  livre  appelé  la  Révélation  {Al-Djilwah)  ;  livre  que  les  étrangers  ne  doi- 
vent ni  lire  ni  regarder. 

[J,  page  209]  Chapitre  I«^  —  1.  J'étais,  je  suis  et  je  n'aurai  pas  de  fin. 
Je  domine  sur  toutes  les  créatures  et  sur  les  affaires  de  tous  ceux  qui  sont 
sous  la  protection  de  mon  image  (  J',^).  —  2.  Je  suis  toujours  prompt 
à  secourir  tous  ceux  qui  se  confient'en  moi  et  qui  m'invoquent  dans  leurs 
affaires.  —  3.  J'occupe  tous  les  lieux.  Je  prends  part  à  tous  les  événe- 
ments que  les  infidèles  appellent  maux,  et  ils  ne  les  appellent  ainsi  que 
parce  qu'ils  ne  répondent  pas  à  leurs  désirs.  —  4.  Chaque  âge  a  son 
administrateur  propre  qui  dirige  les  affaires  conformément  à  mes  décrets. 
Cet  office  change  de  génération  en  génération,  parce  que  celui  qui  gou- 
verne ce  monde  et  les  supérieurs  qui  en  relèvent  changent,  chacun  à  son 
toiir,  après  avoir  rempli  sa  fonction.  —  5.  Je  permets  à  chacun  de  suivre 
la  loi  de  sa  propre  nature.  —  6.  Mais  celui  qui  me  contrarie  le  regrettera 
vivement.  —  7.  Aucun  dieu  n'a  le  droit  d'intervenir  dans  mes  affaires  et 
j-'ai  défendu  d'adorer  tout  autre  dieu  [Les  autres  dieux  ne  se  mêlent  guère 
de  mes  affaires,  et  ne  peuvent  point  m'empêcher  de  faire  ce  que  j'ai 
résolu,  n'importe  que  ce  soit.  A].  —  8.  Tous  les  livres  des  étrangers  ont 
été  altérés  par  eux  et  ils  s'en  sont  écartés,  quand  bien  même  ils  auraient 
été  écrits  par  les  prophètes  et  les  apôtres.  On  voit  que  ces  livres  ont  été 
altérés  parce  que  chaque  secte  s'efforce  de  prouver  que  les  autres  sont 
mauvaises  et  cherche  à  détruire  leurs  livres.  [Ces  malheureux  se  sont 
égarés  eux-mêmes,  en  s 'écartant  de  la  vérité  et  en  se  frayant  un  chemin 
à  eux.  C'est  ainsi  que  chacun  de  leurs  prophètes  abolit  ce  que  son  pré- 
décesseur a  établi.  A].  —  9.  La  vérité  et  le  mensonge  me  sont  connus. 
[D'ailleurs,  la  vérité  et  le  mensonge  se  reconnaissent  par  expérience.  A]. 
Lorsque  les  tentations  viennent,  je  donne  mon  appui  à  celui  qui  a  foi  en 

(1)  Taous,  figuré  par  un  oiseau,  a  été  traduit  en  général  par  «  paon  ».  A  notre 
avis,  c'est  le  mot  6soc  «  dieu  »  légèrement  déformé.  Mélek  =  roi  et  'Abd  =  ser- 
viteur. Nous  proposons  donc,  au  lieu  de  conserver  des  mots  non  traduits,  de 
traduire  ainsi  ce  passage  :  "  Celui  qui  existe  avant  tous  les  êtres  est  le  grand 
Dieu  (lin.  :  le  roi  Dieu).  C'est  lui  qui  a  envoyé  le  serviteur  de  Dieu  en  ce 
monde.  >■  Ce  serviteur  de  Dieu  peut  être  Cheikh  'Adi,  venu  après  le  Messie  et 
après  Mahomet.  Chaque  période  a  d'ailleurs  son  envoyé.  —  Quant  à  la  repré- 
sentation de  la  divinité  par  un  oiseau,  c'était,  nous  a-t-on  dit,  l'usage  des  Turcs; 
il  semble  très  naturel  de  donner  des  ailes  aux  êtres  spirituels.  Pour  remonter 
plus  haut  :  Zoroastre  disait  déjà  :  «  Dieu  a  une  tête  d'épervier,  il  est  le  premier 
de  tous  les  êtres.  »  Eusèbe,  Prépar.  évangéligue,  I,  10.  —  En  somme,  si  l'on  tient 
compte  que  Cheikh  'Adi  et  ses  fils  avaient  été  élevés  et  instruits  par  les  nesto- 
riens,  qu'ils  avaient  pris  des  femmes  mongoles  (ou  turques),  qu'ils  avaient  été 
au  service  des  musulmans  et  parfois  des  Mongols  de  Perse,  on  comprendra  très 
bien  le  syncrétisme  de  la  religion  yézidie,  autant  qu'on  peut  la  faire  remonter 
jusqu'à  eux.  —  Mélek  (roi)  est  une  simple  épithète  honorifique.  C'est  ainsi  que 
les  Yézidis  ont  des  chants  en  l'honneur  de  «  Mélek  Jésus  ...  Cf.  Menant,  Les 
Yézidis,  Paris,  1892,  p.  144,  154. 


158  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

moi  :  de  plus  c'est  moi  qui  conseille  les  habiles  directeurs  à  qui  j'ai 
donné  cette  charge  pour  des  périodes  qui  sont  connues  de  moi.  —  10. 
[Mes  châtiments  sont  réservés  à  ceux  qui  révèlent  mon  alliance,  seraient- 
ils  même  d'habiles  maîtres  en  tout.  A].  Je  n'oublie  pas  les  affaires  néces- 
saires et  je  les  exécute  en  leur  temps  [Je  me,  réserve  certaines  choses,  je 
défends  certains  travaux.  Le  tout  en  temps  et  lieu.  A].  —  11.  J'instruis  et 
je  guide  ceux  qui  suivent  mes  instructions.  Si  quelqu'un  m'obéit  et  se 
conforme  à  mes  commandements,  il  trouvera  joie,  délices  et  bonté. 

Chapitre  II.  —  1.  Je  récompense  les  descendants  d'Adam  et  je  le  fais 
avec  des  récompenses  diverses  que  je  suis  seul  à  connaître.  —  2.  En  ma 
main  se  trouvent  le  pouvoir  et  la  domination  sur  tout  ce  qui  existe  sur 
la  terre,  au-dessus  et  au-dessous.  —  3.  Je  ne  permets  pas  d'association 
amicale  avec  un  autre  peuple,  —  4.  et  je  ne  prive  pas  ceux  qui  sont  miens 
et  qui  m'obéissent  de  toute  chose  qui  leur  est  bonne.  —  5.  Je  confie  mes 
intérêts  à  ceux  que  j'ai  choisis  et  que  j'ai  trouvés  conformes  à  mes  désirs. 
—  6.  Je  me  révèle  de  diverses  manières  à  ceux  qui  [J,  p.  220]  me  sont 
fidèles  ou  qui  suivent  mes  avis.  —  7.  Je  donne  et  j'enlève;  j'enrichis  et 
j'appauvris;  je  fais  le  bonheur  ou  le  malheur  de  l'homme.  Je  fais  tout 
cela  d'accord  avec  le  caractère  propre  de  chaque  époque,  —  8.  et  per- 
sonne n'a  le  droit  de  s'immiscer  dans  [A,  p.  21]  ce  que  je  fais.  —  9.  J'en- 
voie les  maladies  et  les  infirmités  à  ceux  qui  refusent  de  m'obéir;  —  10. 
mais  les  miens  ne  meurent  pas  comme  les  fils  d'Adam  qui  me  sont  étran- 
gers. —  11.  Personne  ne  peut  vivre  plus  longtemps  que  je  ne  l'ai  déter- 
miné; cependant,  si  je  le  juge  convenable,  je  puis  envoyer  quelqu'un  une 
seconde  ou  une  troisième  fois  en  ce  monde  ou  en  un  autre,  par  la  trans- 
migration de  l'âme  (métempsychose). 

Chapitre  III.  —  1.  Je  conduis  dans  le  droit  chemin  sans  livre  révélé; 
c'est  d'une  manière  invisible  que  je  dirige  dans  la  bonne  voie  mes  amis 
et  mes  fidèles.  Mes  instructions  ne  coûtent  rien  et  s^appliquent  à  toute 
époque  et  à  toute  condition.  —  2.  Je  châtie  dans  l'autre  monde  tous  ceux 
qui  agissent  contre  ma  volonté.  —  3.  Les  fils  d'Adam  ignorent  ce  qui  leur 
est  réservé  au  delà  de  la  tombe,  aussi  les  voit-on  se  livrer  à  beaucoup 
d'égarements.  —  4.  Tout  dépend  de  moi  :  les  animaux  de  la  terre,  les 
oiseaux  du  ciel  et  les  poissons  de  la  mer,  tous  ces  êtres  sont  dans  mes 
mains.  —  5.  Les  trésors  et  les  mines  enfouis  sous  terre  me  sont  connus, 
il  dépend  de  moi  de  les  enlever  à  l'un  et  de  les  donner  à  un  autre.  — 
6.  Je  révèle  mes.  miracles  et  mes  œuvres  surnaturelles  à  ceux  qui  y  sont 
disposés  et  qui  me  les  demandent.  —  7.  Ceux  du  dehors  sont  mes  adver- 
saires, c'est  pour  cela  qu'ils  me  sont  opposés;  ils  ne  savent  pas  qu'en 
agissant  ainsi  ils  vont  contre  leurs  intérêts  parce  que  la  puissance  et  la 
richesse  sont  dans  ma  main  et  je  ne  les  donne  qu'à  ceux  des  fils  d'Adain 
qui  en  sont  dignes.  —  8.  Le  gouvernement  des  mondes,  les  révolutions 
des  siècles  et  le  changement  de  leurs  directeurs  ont  été  préordonnés  par 
moi  dès  l'éternité. 

Chapitre  IV.  —  1.  Je  ne  cède  mes  droits  à  aucun  des  autres  dieux.  — 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES   YÉZIDIS.    159 

2.  Les  quatre  éléments,  les  quatre  temps  (saisons)  et  les  quatre  bases 
(points  cardinaux  ou  éléments?)  ont  été  établis  pour  les  nécessités  des 
créatures.  —  3.  Les  livres  des  'Juifs,  des  chrétiens  et  des  Musulmans, 
comme  ceux  des  (autres)  étrangers,  seront  reçus  pour  la  partie  qui  s'ac- 
corde avec  ma  loi  et  qui  s'y  conforme.  Tout  ce  qui  est  contraire  a  été 
altéré  par  eux  et  ne  doit  pas  être  accepté.  —  4.  Trois  choses  me  sont 
odieuses  et  je  hais  trois  autres  choses.  —  5.  Mais  [J,  p.  221]  ceux  qui  gar- 
dent mes  secrets  recevront  l'accomplissement  de  mes  promesses.  —  6.  Je 
récompenserai  certainement  dans  l'un  de  mes  mondes  ceux  qui  souffrent 

,  pour  moi.  —  7.  Je  désire  que  tous  mes  fidèles  s'unissent  par  un  seul  lien 
pour  faire  face  aux  étrangers.  —  8.  0  vous  qui  avez  suivi  mes  comman- 
dements et  mes  préceptes,  rejetez  toutes  les  doctrines  et  les  paroles  de 
ceux  du  dehors;  car  je  n'ai  pas  enseigné  ces  doctrines  et  elles  ne  procè- 
dent pas  de  moi.  —  9.  Il  ne  faut  pas  mentionner  mon  nom  ni  mes  quali- 
tés, parce  que  vous  ne  savez  pas  ce  que  les  étrangers  font  [à  ma  religion 
et  à  ma  doctrine.  A]. 

Chapitre  V.  —  1.0  vous  qui  m'aimez,  honorez  mon  symbole  et  mon 
image,  parce  qu'ils  vous  font  souvenir  de  moi  [A  aj.  :  ce  que  vous  avez 
omis  depuis  des  années].  —  2.  Observez  mes  lois  et  mes  préceptes.  — 

3.  Écoutez  mes  serviteurs,  car  ce  sont  eux  qui  vous  instruisent  de  tout  ce 
qui  est  invisible  et  qui  se  rapporte  à  moi;  —  4.  [J  aj.  :  Recevez  ce  qui  est 
commandé  et  ne  l'exposez  pas  devant  ceux  du  dehors  :  les  Juifs,  les 
Musulmans,  les  chrétiens  et  les  autres,  parce  qu'ils  ne  connaissent  pas  la 
nature  de  ma  prédication;  ne  leur  donnez  pas  vos  livres,  de  crainte 
qu'ils  ne  les  altèrent  sans  que  vous  vous  en  aperceviez.  Apprenez-en 
par  cœur  la  plus  grande  partie  pour  qu'ils  ne  soient  pas  altérés].  Fin  du 
Livre  de  la  Révélation. 

[A,  p.  36]  LE  LIVRE  NOIR 

1.  Au  commencement  Dieu  créa  une  (grosse)  perle  blanche  de  sa  très 
précieuse  essence  (de  son  sein).  Il  créa  aussi  un  oiseau  appelé  Angar 
(  »*jt  ;  Anfar  (I)  A)  ;  il  plaça  la  (grosse)  perle  sur  son  dos  et  lui  se  mit  dessus 
(la  couva)  pendant  quarante  mille  ans.  —  2.  Le  premier  jour  où  Dieu  créa 
était  le  dimanche.  Dieu,  en  ce  jour,  créa  Melek  Azazail  (  J^j  us  ;  Izrail  A)  et 
c'est  Taou.s-Melek  (w-vU  ^^^iL)  le  chef  de  tout  (il  est  le  prince  de  tous 
les  anges.  A).  —  3.  Le^second  jour  (lundi)  il  créa  Melek  Dardael  (Jw.»b..>) 
et  c'est  Cheikh  Hassan  ((j-*~^)-  —  4.  Le  mardi,  il  créa  Melek  Israfel  et 
c'est  Cheikh  Chems  ed-Din.  —  5.  Le  mercredi,  il  créa  Melek  Mikhael 
(J^IO)  et  c'est  Cheikh  Abou-Bekr  [^ y\).  —  6.  Le  jeudi,  il  créa  Melek 
Gabriel  (Asrael  J)  et  c'est  Sajjad ed-Din  {^y^s^).  —  7.  Le  vendredi,  il  créa 

(I)  Anfà  {\^l)  en  hébreu  et  en  syria,que  est  la  huppe  (k'iroij/).  On  trouve  ensuite 
les  noms  des  fils  de  Cheikh  'Adi  :  Chems  ed-Din  et  Fakr  ed-Din.  Il  manque 
Charaf  ed-Din.  Hassan  est  le  fds  adoptif  du  sou  fi  'Adi. 


160  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Melek  Semnael  (JwJU-<vw)  et  c'est  Nasir  ed-Din.  —  8.  Le  samedi,  il   créa 
Melek  Nourael  (J^^'t^)  et  c'est  Fakr  ed-Din  (^^J.^.  Yadin  J).  —  9.  Melek 
Taous  fut  établi  le  chef  de  tous  (chef  suprême  de  tous  ces  anges.  A).  — 10. 
Dieu  créa  ensuite  les  sept  cieux,  la  terre,  le  soleil  et  la  lune.  —  11.  Fakr 
ed-Din  créa  ensuite  l'homme  [J,  p.  222],  les  animaux,  les  oiseaux  et  les 
bêtes  fauves.  Il  les  plaça  ensuite  dans  les  poches  de  son  vêtement,  et  il 
sortit  ainsi  de  la  grosse  perle,  accompagné  d'une  multitude  d'anges.  Il 
poussa  ensuite  un  grand  cri  contre  la  grosse  perle,  et  immédiatement 
elle  se  divisa  en  quatre  morceaux.  De  son  sein  jaillit  l'eau  qui  forma  la 
mer.  A  cette  époque,  la  terre  était  ronde  et  sans  fissure.  —  12.  Et  Dieu 
créa  Gabriel  sous  la  forme  d'un  oiseau,  et  il  mit  dans  sa  main  (sous  sa 
dépendance)  les  quatre  coins  (de  la  terre)  (points  cardinaux  ou  éléments). 
Dieu  créa  encore  un  vaisseau  et  se  mit  dedans  durant  trente  mille  ans. 
11  vint  ensuite  habiter  Lalis  ((i^^  ;  le  mont  Lalis  J).  Il  cria  contre  la  terre 
et  la  terre  devint  solide  et  la  terre  apparut,  mais  elle  commença  à  trem- 
bler. Alors  il  prit  un  morceau  de  la  perle  et  le  plaça  sous  la  terre  pour 
la  raffermir;  il  mit  un  autre  morceau  à  la  porte  du  ciel  pour  l'orner. 
C'est  dans  cette  fraction  de  perle  que  se  trouvent  enchâssés  le  soleil  et  la 
lune.  Puis  il  parsema  autour  de  ces  deux  luminaires  une  poudre  provenant 
de  la  brisure  de  la  perle,  ce  qui  forma  les  étoiles  du  firmament.  Le  tout 
est  suspendu  au  ciel.  —  13.  Il  fit  aussi  sortir  de  la  terre  les  arbres  frui- 
tiers et  les  plantes  de  la  terre.  C'est  encore  lui  qui  fit  surgir  les  mon- 
tagnes pour  agrémenter  la  surface  de  la  terre.  Il  établit  ensuite  le  trône 
céleste  (le  ciel)  et  le  plaça  sur  le  tapis  de  sa  gloire  {rp/"^'i  la  terre;  cf. 
Coran,  sur.  LX,  131).  —  14.  Le  souverain  maître  dit  alors  :  0  anges,  je  vais 
créer  Adam  et  Eve  (A  aj.  :   et  je    les  rendrai  des   êtres  humains).  De 
l'essence   d'Adam  procédera   Sehar  ben  Djebr   [j^   ^^.w;   Sahr  ibn 
Safar  A)  (A  aj.  :  dont  il  sortira  une  nation  sur  la  terre).  Du  même  Adam 
sortira  la  nation  d'Izràil  (sic  A;  J  porte  :  Azazail   J.J.)y>),  à  savoir  la 
nation  privilégiée  de  Taous  Melek,  autrement  appelée  la  nation  des  Yézi- 
dis.  —  15.  [A,  p.  37]  Le  Cheikh  Adi  ibn  Mosafir  [yL^  ^^  ^^^  J)  vien- 
dra ensuite  de  la  terre  de  Syrie  pour  aller  habiter  Lalis.  —  16.  Le  Seigneur 
descendit  ensuite  sur  la  montagne  noire,  il  cria  et  créa  aussitôt  trente 
mille  meleks  (anges).  Il  les  répartit  en  trois  chœurs  et  ils  l'adorèrent 
pendant  quarante  mille  ans.  Il  les  donna  ensuite  à  Taous  melek  et  il  les 
fit  monter  aux  cieux.  —  17.  Le  Seigneur  descendit  ensuite  à  Jérusalem 
(^^Jji5|  (J^\^),  et  ordonna  à  Gabriel  d'apporter  un  peu  de  terre  des  quatre 
coins  (points  cardinaux  ou  éléments)  de  la  terre.  Il  s'exécuta.  Il  ajouta  à 
cette  terre  de  l'air,  du  feu  et  de  l'eau,  et  c'est  ainsi  qu'il  créa  le  premier 
homme.  Il  lui  donna  l'âme  en  la  retirant  de  sa  toute-puissance  et  il  le 
nomma  Adam.  Il   commanda  alors  à  Gabriel  d'installer  Adam  dans  le 
Paradis,  et  de  lui  dire  qu'il  pouvait  manger  de  tous  les  arbres  mais  pas 
du  blé.  Adam  demeura  ainsi  cent  ans.  —    18.  Melek  Taous  dit  alors  à 
Dieu  :  Comment  Adam  se  multipliera-t-il  et  aura-t-il  des  descendants  s'il 
lui  est  défendu  de  manger  du  grain?  Dieu  lui  répondit  :  J'ai  tout  remis 
entre  tes  mains;  fais  comme  tu  l'entendras.  [J,  p.  223]  Taous  melek  s'a- 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS,    IGl 

dressa  alors  à  Adam  et  lui  dit  :  As-tu  mangé  du  blév  11  répondit  :  Ncm. 
Dieu  me  l'a  défendu.  Taous  melek  répondit  et  lui  dit  :  Mange  du  blé  et 
tout  ira  mieux  pour  toi.  Alors  Adam  mangea  du  blé  et  immédiatement  son 
ventre  se  gonfla.  Cependant  Taous  melek  le  chassa  du  jardin,  puis, 
l'abandonnant,  il  remonta  au  ciel.  —  10.  Adam  était  fort  gêné  de  ce  que 
son  ventre  était  gonflé,  car  il  n'avait  pas  d'issue.  Dieu  lui  envoya  un 
oiseau  qui  lui  donna  un  coup  de  bec  à.  l'anus  et  y  fit  une  issue,  et  Adam 
fut  immédiatement  soulagé.  —  20.  Gabriel  se  sépara  d'Adam  pendant 
cent  ang;  aussi  Adam  s'en  trouva  attristé  et  pleura  son  conseiller  pen- 
dant cette  longue  durée.  —  21.  Dieu  ordonna  à  Gabriel  de  (-réer  alors 
I']ve.  L'ange  obéissant  à  l'ordre  de  son  maître,  retira  la  future  compagne 
du  premier  homme  du  creux  de  son  aisselle  gauche. 

(J  ajoute  :  Après  la  création  d'Eve  et  de  tous  les  animaux,  il  arriva  que 
Adam  et  Eve  se  querellèrent  pour  savoir  si  la  race  humaine  descendait  de 
l'un  ou  de  l'autre,  car  chacun  d'eux  voulait  être  le  seul  principe  de  la 
race...)  Tout  ce  passage  [J,  p.  223-224]  se  trouve  dans  Giamil,  pages  9-13. 
-22.  Ensuite  [quand  la  durée  de  cent  ans  fut  accomplie.  A.]  Taous  melek 
descendit  du  ciel  sur  la  terre  pour  s'occuper  de  notre  nation  alors  créée.  11 
nous  donna,  en  dehors  des  anciens  rois  assyriens,  les  rois  suivants  :  Nesroch 
l^^j^)  qui  est  Na^sir  ed-Din;  Cambyse  (Kamusch  ,  ^_j.*b)  ou  Melek 
lakr  ed-Din  (m^.-^/^)i  Artemis  {.^j^^.\)  ou  Melek  Chams  ed-Din;  puis 
deux  autres  monarques  qui  se  firent  remarquer  chez  noi^s  :  Sapor  I''"'  (224- 
272  de  notre  ère)  et  Sapor  11  (309-379).  Leur  règne  dura  cent  cinquante 
ans.  De  leur  descendance  directe  viennent  nos  émirs  jusqu'à  présent.  — 
23.  Nous  haïssons  quatre  potentats.  —  24.  [A,  p.  28]  A  ajoute  ici  :  voici 
maintenant  ce  que  nous  défendons  :  et  d'abord  la  laitue  (Khas)  parce  que 
son  nom  ressemble  à  celui  de  notre  prophétesse  Khasieh  (jL^Ià,  J.  p.  22())  ; 
les  haricots;  la  couleur  bleue;  le  poisson,  par  vénération  pour  notre 
prophète*  Jonas  (qui  a  été  sauvé  par  un  poisson).  La  gazelle  nous  est  éga- 
lement défendue  parce  qu'elle  est  la  brebis  d'un  de  nos  prophètes.  Le 
(  'lieikh  et  ses  disciples  ne  doivent  point  toucher  à  la  chair  de  coq,  car 
cette  volaille  représente  l'image  de  Taous,  et  celui-ci  est  un  des  sept 
dieux  remarquables  qui  régissent  l'univers.  Les, mêmes  ne  doivent  pas 
manger  de  courges.  Il  est  défendu  d'uriner  debout.  Personne  ne  doit 
mettre  ses  caleçons  étant  assis.  Pour  soulager  la  nature  on  ne  doit  point 
avoir  un  lieu  d'aisance  déterminé.  Les  bains  publics  sont  absolument 
défendus  chez  nous.  Voici  maintenant  la  liste  des  noms  qu'il  ne  faut  pas 
prononcer,  à  savoir  :  Saitau  (Satan)  [A  seul  ajoute  :  car  c'est  le  nom  de 
notre  dieu].  On  ne  doit  pas  non  plus  prononcer  tout  mot  qui  a  quelque  res: 
semblance  avec  le  mot  Saitan  comme  Kitan  [^^j^^  cordon),  sait  (fleuve), 
karr  (mal;.  Jamais  on  ne  doit  avoir  à  la  bouche  les  mots  mnVoxm  (mau- 
dit), Ja'neh  (malédiction),  na'  (fer  à  cheval  et  aussi,  dans  le  langage  vul- 
gaire, malédiction),  et  autres  semblables.  —  2.").  Avant  l'arrivée  de  Jésus. 
dans  le  monde,  notre  religion  portait  le  nom  de  paganisme.  Les  Juifs,  les 
Chrétiens  et  les  Musulmans  se  sont  toujours  montrés  les  ennemis  de  notre 
leligion ;  les  Persans  (Mazdéens)  également  [A  et  Giamil  ont  cette  phrase 

ORIENT  CHRÉTIEN.  "^  11 


162  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

ici:  J  la  porte  plus  loin  après  Agrinkalos].  —  26.  Parmi  nos  anciens  sou- 
verains, il  y  en  avait  un  qui  s'appelait  Ahab.  Il  ordonna  à  chacun  de 
nous  de  lui  donner  un  nom  particulier  et  les  nôtres  rappelèrent  à  cette 
époque  iedieu  Ahab,  ou  Beelzéboub.  Aujourd'hui  il  est  connu  sous  le  nom 
de  Pir-Boub.  —  27.  Nous  avions  à  Babylone  un  autre  roi  nommé  Nabu- 
chodonosor  (Bahtnasar  J)  ;  en  Perse,  le  roi  Assuérus  (Ahsuras  J)  et  enfin, 
à  Constantinople,  Agrinkalos  (,  w^Jlb^!).  — ,28  [A,  p.  39]  Avant  que  le 
ciel  et  la  terre  existassent,  Dieu  se  trouvait  sur  les  mers.  Il  s'était  fait  un 
vaisseau  sur  lequel  il  se  promenait  partout  pour  son  plaisir  [sur lequel  il 
se  promenait  sur  Tensemble  {-^^^^^-^y  —  U'qj.^)  des  mers,  se  réjouis- 
sant ainsi  de  lui-même  en  lui-même.  J].  —  29.  Dieu  s'était  créé  une 
grosse  perle  [la  perle  blanche.  J],  à  laquelle  il  avait  commandé  durant 
quarante  ans  (plus  haut,  ou  lit  40.000  ans)  ;  puis  il  se  fâcha  contre  elle  en 
lui  donnant  un  coup  de  pied.  —  30.  L^  bruit  formidable  (fracas)  occa- 
sionné par  la  brisure,  fit  dresser  les  montagnes;  le  petit  bruit  (ou  :  sa 
poussière)  donna  naissance  aux  collines:  et  les  vapeurs  (}ui  s'en  dégagè- 
rent produisirent  le  ciel.  [Voir  le  début  de  Çiamil].  Ensuite,  Dieu  monta 
aux  cieux,  il  les  solidifia  et  il  les  fixa  sans  colonnes.  —  31.  Il  ferma  à  clef 
la  terre  et  ses  abîmes  ((J^i"^'  ^-^  J^');  puis  il  prit  une  plume  à  la 
main  et  il  écrivit  les  événements  de  la  création.  —  32.  Il  créa  ensuite  six 
dieux  de  sa  pi^opre  essence  et  de  sa  lumière  à  lui:  il  les  créa  de  la  même 
façon  que  l'homme  allume  une  lampe  d'une  autre.  —  33.  Le  premier  dieu 
dit  au  second  :  «  Moi  j'ai  tiré  du  néant  le  ciel  seulement;  quant  à  toi, 
monte  donc  là  et  crée  quelque  chose  ».  Il  y  monta  et  devint  le  soleil,  il 
dit  la  même  chose  au  troisième  et  celui-ci  devint  la  lune.  Le  quatrième 
se  fit  l'orbite  des  corps  célestes,  le  cinquième  se  proclama  étoile  du  matin, 
enfin  le  sixième  se  changea  en  atmosphère  (espace).  [A  se  termine  ici  •. 


V 

Les  deux  livres  précédents  (III  et  IV)  ne  sont  pas  montrés  par 
les  Yézidis.  Leur  version  arabe  est  colportée  par  les  cli  rétien  s 
et  le  Père  Anastase  n'a  dû  qu'à  des  circonstances  très  mélo- 
dramatiques d'obtenir,  pour  500  francs,  le  calque  du  texte 
kurde,  soi-disant  conservé  dans  le  plus  grand  mystère,  en 
exemplaire  unique,  chez  les  Yézidis.  La  pièce  suivante,  écrite 
en  arabe,  a  l'avantage  d'être  avouée  et  montrée  par  les  Yézidis. 
Elle  renferme,  selon  eux,  le  r-ode  de  leur  doctrine  Badger  et 
Layard  l'ont  vue  et  nous  en  ont  donné  la  description  et  la  tra- 
duction. Elle  a  été  éditée  et  traduite  dans  American  Jountal 
of  Semitic  Languages,  t.  XXV,  1908-1),  p.  147-9  et  2-11-2.  Ce 
livre  ne  contient  que  quelques  feuillets  qui  ne  présentent  pas 
un  caractère  de  grande  antiquité;  c'est  une  sorte  de  rhapsodie 


UECUKIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMENTS  SÛR  LES  VÉZIDIS.  1(J3 

poétique  sur  le  mérite  et  les  attriijutions  de  Cheikh  'Adi  qui 
paraît  être  identifié  avec  la  divinité.  Nous  reproduisons  la  tra- 
duction que  M.  Menant  en  a  donnée  d'après  Badger  et  Layard, 
parce  que  «  toutes  les. prières  des  Yézidis  sont  exclusivement 
empruntées  à  des  fragments  de  ce. poème.  Ces  fragments  sont 
récités  traditionnellement  dans  les  principales  fêtes  par  les 
Cawals,  les  musiciens  et  les  hiérophantes  de  la  secte,  au  son 
des  tlùtes  et  des  tambourins,  sur  un  rythme  qui  rappelle  va- 
guement la  psalmodie  de  quelques  prières  chrétiennes*», 

LE  POÈME  DE  CHEIKH   VVDI 

Que  la  paix  soit  avec  lui. 

1.  —  Ma  science  embrasse  la  vérité  des  choses, 

Et  ma  vérité  est  mêlée  en  mai. 

Et  la  vérité  de  mon  origine  est  publiée  par  elle-même; 

Et,  quand  elle  a  été  connue,  elle  était  déjà  en  moi. 
7).  —  Tous  ceux  qui  peuplent  l'iinivers  me  sont  soumis  ; 

Et  toutes  les  régions  habitées  et  désertes. 

Et  toutes  choses  créées  me  sont  soumises. 

Et  je  suis  la  piiissance  souveraine  précédant  tout  ce  qui  existe. 

Et  je  suis  celui  qui  a  prononcé  une  parole  de  vérité. 
10;  —  Et  je  suis  le  Juge  juste  et  te  dominateur  de  la  terre  (Bat'hai) 

Et  je  suis  celui  que  les  hommes  adorent  dans  ma  gloire. 

Et  qui  viennent  vers  moi  pour  embrasser  mes  pieds. 

Et  je  suis  celui  qui  a  déployé  sur  les  cieux  leur  grandeur, 

Efje  suis 'celui  qui  a  crié  au  commencement, 
15.  —  Et  je  suis  le  Cheikh,  le  seul  et  l'unique. 

Et  je  .suis  celui  qui  de  moi-même  révèle  toutes  choses. 

Et  je  suis  cehii  à  qui  est  parvenu  le  livre  des  bonnes  nouvelles  (  1), 

De  la  part  de  mon  Seigneur  qui  embrase  (ou  :  divise)  les  mon- 
tagnes. 

Et  je  suis  celui  vers  qui  viennent  toutes  les  créatures  liumaines 
•20,  —  (Pour)  embrasser  mes  pieds  avec  soumission. 

J'engendre  le  fruit  du  premier  suc  de  la  jeunesse  précoce 

Par  ma  présence,  et  je  fais  venir  vers  moi  mes  disciples, 

Et,  devant  sa  lumière,  les  ténèbres  du  matin  se  .sont  dissipées. 

Je  guide  celui  qui  demande  un  guide, 
25.  —  Et  je  suis  celui  <[ui  a  fait  habiter  Adam  dans  le  Paradis, 


(1)  Peut-i'tre   un  livre  perdu  par  los  Yc/.idis.  Noter   cepoiulant  que  c'ost  la 
li-aduction  du  iuot  «  évangile  ». 


IGl  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Et  Nemrod  dans  une  fournaise  ardente  (l'enfer). 
Et  je  suis  celui  qui  a  guidé  Ahmed  le  juste  (1) 
Et  l'a  conduit  dans  mon  sentier  et  ma  voie. 
Et  je  suis  celui  vers  lequel  toutes  les  créatures 
30.  —  Viennent  chercher  mes  bons  exemples  et  mes  dons. 

Et  je  suis  celui  qui  a  visité  toutes  les  liauteurs  (ou  :  qui  possède 

toute  majesté). 
Et  la  bonté  et  la  charité  procèdent  de  ma  miséricorde. 
Et  je  suis  celui  qui  a  fait  que  tous  les  cœurs  craignent  mes  des- 
seins, 
Et  ils  ont  augmenté  le  pouvoir  et  la  grandeur  de  ma  majesté. 
35.  —  Et  je  suis  celui  vers  lequel  est  venu  le  lion  destructeur 

Plein  de  rage,  et  j'ai  poussé  des  cris  contre  lui,  et  il  a  été  changé 

en  pierre. 
Et  je  suis  celui  vers  lequel  le  serpent  est  venu, 
Et.  par  ma  volonté,  je  l'ai  réduit  en  poussière. 
Et  je  suis  celui  qui  a  frappé  le  rocher  et  l'a  fait  trembler  (2) 
40.  —  Et  qui  a  fait  sortir  de  son  flanc  la  plus  douce  des  ondes. 
■  Et  je  suis  celui  qui  a  envoyé  ici-bas  la  vérité  vraie. 
Le  livre  qui  console  l'opprimé  est  venu  de  mpi. 
Et  je  suis  celui  qui  a  jugé  justement; 
Et.  quand  j'ai  jugé,  c'était  mon  droit. 
45.  —  Et  je  suis  celui  qui  a  donné  aux  sources  une  eau 
Plus  douce  et  plus  agréable  que  toutes  les  eaux. 
Et  je  suis  celui  qui  l'a  fait  jaillir  par  ma  miséricorde. 
Et,  par  ma  puissance,  je  l'ai  appelée  la  pure  (ou  :  la  blanche). 
Et  je  suis  celui  à  qui  le  Seigneur  du  ciel  a  dit  : 
50.  —  Tu  es  le  juste  juge  et  le  maître  de  la  terre  (Bat 'liai).- 

Et  je  suis  celui  qui  a  révélé  quelques-uns  de  mes  prodiges.. 

Et  quelques-unes  de  mes  vertus  sont  manifestées   dans  ce    qui 

existe. 
Et  je  suis  celui  qui  a  fait  que  les  montagnes  se  sont  inclinées 
Pour  se  mouvoir  sous  moi  et  à  ma  volonté. 
55-  —  Et  je  suis  celui  devant  la  majesté  terrible  duquel  les  liêtes  sau- 
vages ont  crié  ; 
Elles  se  sont  tournées  vers  moi  pour  m'adorer  et  ont  embrassé 

mes  pieds. 
Et  je  suis  Adi  Es-.shami  (ou  :  de  Damas),  le  fils  de  Moosafir  (3). 
C'est  en  vérité  le  Miséricordieux  qui  m'a  donné  mes  noms, 

(1)  C'est  le  nom  du  grand-père  de  Cheikh  'Adi,  d'après  le  document  syriaque. 
—  Il  n'est  pas  probable  que  les  Yézidis  aient  songé  ici  à  Mahomet  nommé  aussi 
Alimed. 

(2)  Allusion  à  l'origine  attribuée  à  la  source  Zemzem  de  Cheikh  'Adi. 

(3)  M.  Menant  (p.  110)  ajoute  en  note  :  «  D'après  une  tradition  répandue  cho/. 
les  Yézidis,  Sheikh  3Ioosafir  était  un  vcnérablo  personnage,  dont  la  mère  était 
native  de  Bassorah  ■■.  Cf.  infra. 


RECUEIL    DK    TEXTES    KT    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     165 

Le  trône  céleste,  le  sièfic  et  les  sept  (cieux),  et  la  terre. 
i  60.  —  Dans  le  secret  de  ma  science,  il  n'y  a  de  Dieu  que  moi. 
''  Toutes  choses  sont  subordonnées  à  mon  pouvoir. 

Et,  à  cause  de  cela,  vous  ne  renierez  pas  ma  direction  (  1  ). 

0  hommes!  ne  me  reniez  pas,  mais  soumettez- vous  ; 

Au  jour  du  jugement,  vous  serez  heureux  en  me  retrouvant. 
(')5.  —  Celui  qui  meurt  dans  mon  amour,  je  le  placerai 

Au  milieu  du  'Paradis,  suivant  ma  volonté  et  mon  bon  plaisir: 

Mais  celui  qui  mourra  oublieux  de  moi, 

Sera  jeté  dans  les  tourments,  la  misère  et  l'affliction. 

Je  dis  que  je  suis  l'Unique  et  le  Sublime. 
70.  —  .Je  crée  et  j'enrichis  ceux  que  je  veux. 

Louange  à  moi,  car  toutes  choses  existent  par  ma  volonté  ; 

Et  l'univers  est  éclairé  par  quelques-uns  de  mes  dons. 

Je  suis  le  roi  qui  s'exalte  lui-même  ; 

Et  toutes  les  richesses  de  la  création  sont  à  mes  ordres. 
7r).  —  Je  vous  ai  fait  connaître,  ô  Peuple,  quelques-unes  de  mes  voies, 

Qui  me  désire  doit  abandonner  le  monde. 

Et  je  puis  dire  aussi  la  vérité  : 

Et  le  jardin  là-haut  est  réservé  à  ceux  qui  accomplissent  mon 
bon  plaisir. 

J'ai  cherché  la  vérité  et  je  suis  devenu  la  vérité  établie  : 
80.  —  Et,  par  cette  vérité,  ils  posséderont  la  plus  haute  place  à  côté  de  moi. 

Tel  est  le  seul  livre  qui  est  montré  chez  les  Yézidis.  Un  s'est 
demandé  s'il  n'a  pas  été  écrit  pour  faire  illusion  aux  musulmans 
qui  affectent  de  distinguer,  dans  leurs  guerres  contre  les  infi- 
dèles, ceux  qui  ont  un  livre,  c'est-à-dire  une  tradition  écrite,  de 
ceux  qui  n'en  ont  pas;  mais  il  ne  faut  pas  oublier  que  les  mu- 
sulmans, en  fait,  n'en  tiennent  aucun  compte  et  qu'on  l'aurait 
sans  doute  fait  un  peu  plus  lonir,  pour  le  rapprocher  de  la  Bible, 
de  l'Évangile  et  du  Coran,  si  on  l'avait  fabriqué  dans  ce  but. 
Quelle  que  soit  son  origine,  les  Yézidis  tiennent  ce  poème  pour 
sacré  et  pi'ofessent  à  son  égard  la  vénération  que  tous  les  fidèles 
ont  pour  leurs  livres  saints;  il  est  accepté  et  imposé  par  le  chef 
des  prières  (le  Pcesh  Namaz}ei  se  trouve  donc,  par  cela  même, 
le  code  de  la  secte. 

M 

Le  texte  kurde  et  la  traduction  allemande  de  la  pièce  sui- 
vante ont  été  édités  par  M.  Ilugu  Makas,  Kurdische  StucUen, 

(Il  Le  texte  aral»'  porte  :  .  0  mes  euuemis,  j)Oiu-ciiioi  nie  reniez-vous?  » 


166  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN, 

Ileidelberg,  1000,  p.  40-41.  On  remarquera  surloutlâ  phrase  : 
«  Tu  as  créé  Jésus  et  Marie  ■».  Cette  phrase  ligure  encore  dans 
deux  autres  formes  de  la  même  prière  récitée  par  deux  autres 
l'ézidis,  Ibid,  p.  42-41.  M.  Hugo  Mâkàs,  Ibid,  p.  18-53,  relève, 
d'après  le  Père  Anastase,  d'autres  traces  du  christianisme  chez 
les  Yézidis  :  Ils  ont  une  prière  du  matin;  ceux  du  village  de 
llaltar  (  .1-^'^)  près  de  Diarbékir  ont  une  cérémonie  qui  rap- 
pelle l'Eucharistie  :  Durant  le  repas,  leur  grand-prétre  prend 
une  coupe  de  vin  et  on  lui  demande  :  «  Qu'est-ce  que  cela"?  »  Il 
répond  :  «  C'est  la  coupe  de  Jésus  » ,  et  il  ajoute  :  «  Ici  repose 
Jésus  ».  Après  en  avoir  bu,  le  grand-prêtre  fait  passer  la  coupe 
à  la  ronde  et  tous  y  boivent  jusqu'au  dernier  qui  achève  de  la 
vider.  Ils  baptisent  leurs  enfants  à  la  source  Zemzem,  qui  se 
trouve  près  du  sanctuaire  de  Cheikh  Adi  (1),  en  disant  :  «  En 
vérité,  Yézid  est  sultan.  Tu  es  devenu  une  brebis  de  Yézid,  du 
chef  de  la  secte  de  Yézid.  » 

Ce  dernier  point  nous  paraît  douteux,  car  Yézid  ne  joue  aucun 
rôle  dans  les  textes  écrits  que  nous  venons  de  traduire,  au 
point  que  ces  sectaires  ne  se  donnent  même  pas  le  nom  de 
Vézidis,  mais  de  Dasnoyé.  M.  Menant,  Les  Yézidis,  Paris. 
1892,  p.  73-74.  ne  rapporte  pas  qu'il  y  ait  une  formule  pour  lo 
baptême.  Ils  ont  d'ailleurs  de  nombreux  emprunts  au  chris- 
tianisme dans  leurs  légendes  qui  dérivent  souvent  de  l'Ancien 
et  du  Nouveau  Testament,  Ibid,  p.'  i>Q.  Une  mélodie  arabe  que 
tous  chantent  lors  de  leur  grande  fête,  est  appelée  «  la  chanson 
du  Seigneur  Jésus  »;  Ibid,  p.  111.  Ils  répètent  dans  leurs 
prières  les  mots  syriaques  Mor,  Moran  «  Maître,  notre  Maî- 
tre »  ;  Hugo  Makas,  loc.  cit.  Ils  utilisent  la  poussière  du  tom- 
beau de  Cheikh  'Adi  contre  les  maladies  comme  les  chrétiens 
orientaux  le  font  du  Mena n a.  Leur  coutume  d'oindre  le  visage, 
la  bouche  et  le  côté  de  celui  qui  va  mourir  avec  la  poussière  de 
Cheikh  'Adi  pétrie  dans  l'eau  du  Zemzem,  est  une  incitation 
de  l'exti'ême-onction,  cf.  Giamil,  Monte  Singar,  Rome,  1900, 
p.  .")  1.  Ces  survivances  de  christianisme  ne  sont  d'ailleurs  pas 
étonnantes  chez  les  descendants  des  Kurdes  qui  vivaient  dans 

(I)  Le  nom  "  Zemzem  >>  a  été  donné  à' cette  source  à  l'imitation  du  puits  du 
môme  nom  de  La  Mecque.  Les  musulmans  racontent  que  ce  dernier  est  à  la 
place  de  la  source  que  l'ange  a  montrée  à  Agar  lorsqu'elle  se  retira  dans  le 
désert  avec  son  fils  Ismaël.  .  « 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    VÉZIDLS.     167 

la  familiarité  et  même  dans  la  domesticité  des  nestoriens.  11 
y  a  plus  :  il  est  possible  que  des  nestoriens  en  masse  soient 
devenus  yézidis,  comme  lant  d'autres  sonf  devenus  musulmans, 
en  introduisant  dans  leur  nouvelle  religion  une  partie  des  tra- 
ditions et  (les  coutumes  de  celle  qu'ils  professaient  jusque-là. 
M.  Pognon  nous  a  dit  posséder  une  chronique  du  mont  Singar, 
d'après  laquelle,  vers  le  xv"  siècle,  des  villages  nestoriens,  ne 
pouvant  obtenir  de  prêtre,  seraient  passés,  en  bloc,  au  culte 
yézid  i . 

Le  texte  kurde  de  la  prière  suivante  a  été  édité  aussi  avec 
une  traduction  anglaise  par  Isya  Joseph,  Am.  Journal  of  Sem. 
Languages,  t.  XXV,  1908-9.  Nous  traduisons  M.  Makas  et  nous 
indiquons  par  la  lettre  J  les  emprunts  que  nous  faisons  à 
jM.  Isya  Joseph. 


Prirre  des  Yézidis,  dictée  par  Pir  Hasan. 

1.  Amen.  Amen.  Amen. 

Par  la  protection  de  Chams  ed-Dîn,  de  Fakhr  ed-Din,  de  Nasr  ed-Din. 
de  Cliija  (-^-^st-'î  Sajad  J)  ed-Dîn.  de  Cheikh  Sin,  de  Cheikh  Bakir,  de 
Qadir  er-Rnhmân  ! 

2.  0  mon  maître  !  tu  es  bienveillant,  tu  es  miséricordieux,  tu  es  Dieu, 
tu  es  Fange  de  la  puissance  royale  et  de  tous  les  lieux:  tu  es  l'ange  du 
bon  goût  et  du  bon  plaisir;  tu  es  l'ange  bienveillant  du  pouvoir  royal; 
depuis  le  commencement  tu  es  éternel  ;  tu  es  le  siège  du  bonheur  et  de 
la  vie:  tu  es  le  trône  de  la  grâce  et  du  bonheur;  tu  es  l'ange  des  génies 
(^^2^  J)  et  des  êtres  humains;  tu  es  l'ange  des  hommes  saints;  tu  es  le 
trône  de  la  frayeur  et  de  la  gloire;  tu  es  le  siège  des  commandements' 
divins  et  de  la  glorification.  A  toi  appartient  la  louange  du  ciel. 

3.  0  mon  maître!  tu  es  le  Dieu  du  voyageur;  tu  es  le  Dieu  de  la  lune 
et  des  ténèbres,  tu  es  le  Dieu  du  soleil  et  de  la  lumière;  tu  es  le  Dieu  du 
trône  élevé;  tu  es  le  Dieu  de  la  bienfaisance. 

4.  0  mou  maître!  personne  ne  sait  ce  que  tu  es;  tu  n'as  pas  de  beauté, 
tu  n'as  pas  de  hauteur,  tu  n"as  pas  de  mouvement,  tu  n'as  pas  de 
nombre. 

5.  Omon  maître!  tu  es  l'avocat  des  rois  et  des  mendiants;  tu  es  l'avo- 
cat de  la  race  humaine  et  du  monde.  Tu  as  sanctifié  (révélé  J)  la  péni- 
tence d'Adam. 

6.  0  mon  maître!  tu  n'as  pas  de  maison:  tu  n'as  pas  de  plumes  (d'ar- 
gent J);  tu  n'as  pas  d'ailes;  tu  n'as  pas  de  serres;  tu  n'as  pas  de  voix:  tu 
n'as  pas  de  couleur;  tu  nous  as  créé  le  bonheur  et  le  plaisir;  tu  as  créé 
Jésus  et  Marie. 

7.  0  mon  maître!  tu  es  bienveillant;  tu  es  miséricordieux;  tu  es  la 
garantie  de  notre  recours;  ti»  es  le  troue  et  je  suis  le  néant;  je  suis  un 


168  rp:vue  de  l'orient  chrétien. 

malade,  je  suis  un  déchu  (1);  je  suis  un  déchu  (1):  toi,  ne  m'oublie  pas; 
tu  nous  as  tirés  de  l'obscurité  et  conduits  à  la  lumière. 

8.  0  mon  maître!  prends  sur  toi  mes  péchés  et  ma  dette  et  pardonne! 
O  Dieu;  ô  Dieu;  ô  Dieu!  Amen. 

VII 

Le  document  suivant  a  été  traduit  en  anglais  sur  un  résumé 
arabe  par  E.  H.  Browne  en  appendice  de  0.  H.  Parry,  ,S'ù; 
Months  in  a  sijrian  Monasterij,  Londres,  1895,  p.  372.  Il  a  été 
édité  et  traduit  en  allemand  par  M.  Lidzbarski  dsinsZeitschrift 
der  deutschen  Morg.  GeseUscJtaft,  t.  LI,  1897,  p.  597.  M.  Isya 
Joseph,  Amer.  Jout^ial  of  Sem.  iMiig.,  t.  XXV,  1908-9,  p.  151 
et  244,  a  édité  le  texte  arabe  et  Ta  traduit  en  anglais.  Nous 
renvoyons  à  ces  deux  derniers  travaux  par  les  lettres  L  et  J,  au 
premier  par  P. 

Au  temps  du  Sultan  Abdu-1-eziz  en  l'année  1289  (11  mars  1872-28  févr. 
1873),  il  envoya  le  maréchal  Muhammed  Tàhir  Beg  de  Stamboul  à  Mos- 
soul  pour  lever  15.000  soldats  (Nizams)  parmi  les  Dasnéens,  c'est-à-dire 
les  Yézidis,  qui  demeuraient  aux  environs  de  cette  ville  (2).  Le  gouver- 
neur convoqua  les  notables  et  les  maires  près  de  lui  à  Mossoul  et  leur 
lut  le  firman.  Ils  demandèrent  un  délai  de  dix  jours  et  lui  adressèrent  un 
exposé  dans  lequel  il  était  écrit  ;  Nous,  les  Dasnéens,  à  cause  de  notre 
religion,  nous  ne  pouvons  pas  faire  le  service  militaire;  nous  préférons 
donner  de  l'argent  en  place  des  hommes,  comme  les  Syriens  et  les  Juifs. 
Il  y  a  beaucoup  de  causes  qui  nous  en  écartent:  nous  en  écrivons  14  ci- 
dessous  : 

1.  D'après  la  religion  des  Yézidis,  chaque  partisan  de  notre  secte,  petit 

(1)  ■■  Un  pécheur  >>  J. 

(2)  Comme  spécimen  des  massacres  périodiques  (sans  parler  des  vexations 
continuelles)  des  Yézidis  par  les  Musulmans,  on  lira  dans  le  Journal  asiatique, 
x"  série,  t.  XV  (1910),  p.  132-9,  le  récit  des  massacres  que  lit  Mohammed  pacha, 
ou  Mir  Kor,  de  1831  .à  1836.  —  Enfin,  au  point  de  vue  bibliographique,  ajoutons 
qu'une  notice  sur  les  Yézidis,  écrite  en  turc,  en  1905,  par  iMustapha  Nouri 
pacha,  de  Crète,  vali  du  vilayet  de  Mossoul,  a  été  éditée  en  turc,  puis  résumée 
par  M.  .Jacob  dans  Beilrâgen  zur  Kunde  des  Orients,  t.  VII,  p.  30  sqq.  et  enfin 
traduite  intégralement  et  annotée  par  Th.  Menzel,  dans  Hugo  Grothe,  Meine 
Vordernasien  expédition  4906-7,  t.  I,  Leipzig,  I9II,  p.  cxxix-ccxi.  Nous  n'avons 
pas  vu  cet  ouvrage,  mais  nous  avons  lu  qu'il  fait  d'ordinaire  double  emploi 
avec  Siouffi  et  Isya  Joseph.  Tous  ces  auteurs  puisent,  en  effet,  aux  mêmes  sour- 
ces. M.  N.  Siouffi,  consul  de  France  à  Mossoul,  en  sus  de  ses  relations  avec  le 
yézidi  MuUa  IJaidar,  était  en  rapports  intimes  avec  Hawaja  as-Sàîg,  dont  !e 
parent  Daoud  as-Sàîg  a  cédé  à  M.  Isya  Joseph  le  manuscrit  arabe  édité  par  lui. 
C'est  sans  doute  M.  Siouffi  qui  a  mis  ces  études  %n  honneur. 


RECUEIL    DK    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     Kîî} 

et  grand,  femme  et  fille,  doit  révérer  (visiter  J)  trois  fois  par  an  l'imago 
de  Melek  Taous  (v-iA-W"  ,  ^.^U»),  l'être  élevé,  trois  fois  par  an,  durant  les 
mois  d'avril,  de  septembre  et  de  novembre.  S'il  ne  fait  pas  cela,  il  est  infidèle. 

2.  Si  quelque  partisan  de  notre  secte,  petit  et  grand,  ne  visite  pas,  au 
moins  une  fois  l'an,  du  15  au  20  septembre,  le  sanctuaire  de  Cheikh  'Adi 
fils  de  Mussàfir  —  que  Dieu  sanctifie  leurs  profonds  mystères  !  —  il  est 
infidèle  d'après  notre  religion. 

3.  Chaque  partisan  de  notre  secte  doit,  chaque  jour  au  lever  du  soleil, 
chercher  un  lieu  d'où  il  puisse  voir  le  lever  du  soleil  et  il  ne  doit  se  trou- 
-ver  là  aucun  musulman,  aucun  chrétien,  aucun  juif,  ni  aucun  autre  infi- 
dèle. Si  un  Yézidi  ne  le  fait  pas,  il  est  incrédule  (1). 

4.  Chaque  partisan  de  notre  secte  doit  chaque  jour  baiser  la  main  de 
son  frère,  à  savoir  de  son  frère  pour  l'éternité,  c'est-à-dire  du  serviteur 
du  iMahdi  et  de  son  Cheikh  ou  de  son  Pir.  S'il  ne  le  fait  pas,  il  tombe  dans 
l'incrédulité. 

5.  Voici  encore  une  chose  que  notre  religion  ne  peut  tolérer  :  Lorsciue 
les  Musulmans  commencent  à  prier  le  matin,  ils  disent  —  Dieu  nous  en 
préserve  !  —  «  Je  me  réfugie  en  Dieu,  etc.  (2).  »  Si  l'un  d'entre  vous 
entend  cela  il  doit  tuer  celui  qui  le  dit  et  lui-même,  sinon  il  est  in- 
croyant (3). 

G.  Au  temps  où  l'un  de  nous  meurt  (il  est  obligatoire)  que  son  frère  pour 
léternité.  son  Cheikh,  son  Pir  ou  un  Kawal  soit  près  de  lui  et  lui  dise 
trois  phrases,  à  savoir  :  «  0  toi,  adorateur  de  Melek  Taous  (4)  l'être  élevé; 
tu  mourras  dans  la  foi  de  l'être  que  nous  révérons,  c'est-à-dire  de  Melek 
Taous  l'être  sublime,  et  non  dans  la  foi  d'un  autre.  Et  si  quelqu'un  vient 
à  toi  et  te  dit  quelque  chose  de  l'islam,  du  christianisme,  du  judaïsme  ou 
d'une  autre  religion,  n'y  crois  pas  et  ne  le  suis  pas,  car  si  tu  reconnais 
une  autre  religion  que  celle  de  Melek  Taous,  l'être  sublime,  que  nous  ado- 
rons, et  si  tu  la  suis,  tu  meurs  comme  un  infidèle  (5).  » 

7.  Il  y  a  chez  nous  quelque  ch.ose  que  nous  nommons  «  bénédiction  de 
Cheikh  'Adi  »,  c'est-à-dire  de  la  terre  du  mausolée  de  Cheikh  'Adi;  chaque 
partisan  de  notre  secte  doit  en  porter  un  peu  avec  lui  dans  sa  poclie  et 
en  manger  chaque  matin,  sinon  il  est  compté-  avec  les  incrédules  (6).  Si 


(I)  Ce  passage  a  fait  diro  «lue  les  Yczidis  adorent  le  soleil;  ic  Cheikli  Senis 
serait  le  Cheikh  Soleil  et  le  Cheikh  Sinn  serait  li-  Cheikh  Lune,  parce  que  ces 
deux  mots  signifient  en  effet  soleil  et  lune.  Dans  cet  ordre  d'idées,  on  a  rap- 
proché aussi  le  Cheikh  Nasr  ed-Din  du  I»*'  ••  aigle  •■  df  la  doctrine  d'.Adiiaï  et 
du  vesroch  des  Assyriens. 

(•2)  r  ajoute  :  "  loin  de  Satan  >>  :  ci.  Coran,  sur.  CXIV. 

(3)  Un  Yézidi  ne  doit  ni  prononcer  ni  <'nliMuIre  le  nom  do  S;it;in  qui  est  mau- 
dit en  tète  de  la  prièn'  des  musulmans. 

(1)  if>^  '--r-  ■''  '!"<'  nouî5  aimerions  transcrii'e  par  'Ahd  6éo:,  ou  <•  servi- 
teur de  Dieu  ». 

(5)  P  :  «  0  ange  'Abta'ous!  cet  homiue  meurt  dans  notre  loi.  Il  n'a  vécu  dans 
aucune  autre  religion  et  n'en  a  accepté  aucune  autre.   ■■ 

(6)  J  ajoute  :  ■-  s'il  n'en  mang(?pas  intentionnellement  ». 


170  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

quelqu'un  arrive  à  mourir  sans  qu'il  se  trouve  près  de  lui  de  cette  terre 
bénie  (1),  il  meurt  compté  avec  les  incrédules  (2). 

8.  A  cause  de  notre  jeune.  Tous  ceux  de  notre  secte,  lorsqu'ils  veulent 
jeûner,  doivent  le  faire  dans  leur  patrie  et  non  à  l'étranger.  Car,  chaque 
jour  de  jeûne,  il  doit  aller  au  matin  dans  la  maison  de  son  Cheikh  ou  de 
son  Pir  et  y  commencer  son  jeûne.  Au  moment  de  cesser  son  jeûne,  il 
doit  aussi  aller  le  rompre  dans  la  maison  de  son  Cheikh  ou  de  son  Pir 
avec  le  saint  vin  de  ce  Cheikh  ou  de  ce  Pir.  S'il  ne  boit  pas  deux  ou  trois 
coupes  de  ce  vm,  son  jeûne  ne  compte  pas  et  il  tombe  dans  l'infidélité. 

9.  Si  quelqu'un  de  notre  secte  voyage  en  pays  étranger,  s'il  y  demeure 
au  moins  une  année  entière  et  revient  ensuite  dans  sa  patrie,  il  ne  peut 
plus  vivre  de  nouveau  avec  sa  femme  et  personne  de  nous  ne  peut  lui 
donner  une  femme.  Si  quelqu'un  fait  cela,  il  est  infidèle. 

10.  Au  sujet  de  notre  habit.  Comme  nous  l'avons  dit  au  u"  4,  chaque 
partisan  de  notre  secte  a  un  frère  pour  l'éternité,  mais  il  a  aussi  une  sœur 
pour  l'éternité.  Lorsque  l'un  d'entre  nous  se  fait  faire  une  nouvelle  che- 
mise, c'est  la  sœur  choisie  pour  l'éternité  qui  doit  faire  le  trou  pour  le 
col.  de  sa  propre  main,  dans  chaque  chemise.  Si  elle  n'a  pas  ouvert  de  sa 
propre  main  le  trou  pour  le  col  et  qu'il  porte  la  chemise,  il  tombe  dans 
rinfidélité. 

11.  Si  un  membre  de  notre  secte  se  fait  faire  une  chemise  ou  un  nou- 
vel habit  et  ne  le  lave  pas  dans  l'eau  bénie  qui  se  trouve  dans  le  sanc- 
tuaire de  Cheikh  'Adi  (3),  il  ne  peut  pas  s'en  revêtir.  S'il  le  fait,  il  tombe 
dans  l'infidélité. 

12.  Nous  ne  pouvons  en  aucun  cas  revêtir  des  habits  bleus.  Nous  ne 
pouvons  pas  nous  peigner  la  tête  avec  le  peigne  d'un  musulman,  d'un, 
chrétien  ou  d'un  juif.  Nous  ne  pouvons  jamais  nous  raser  la  tète  avec  le 
rasoir  dont  un  infidèle  s'est  servi.  Si  nous  le  lavions  dans  l'eau  bénie  qui 
se  trouve  dans  le  sanctuaire  de  Cheikh  'Adi  et  que  nous  nous  rasions  (en- 
suite) la  tête,  cela  ne  nous  fait  aucun  tort,  mais  s'il  n'a  pas  été  lavé  dans 
l'eau  bénie  et  qne  nous  nous  en  servions  pour  nous  raser  la  tête,  nous 
devenons  infidèles. 

13.  Aucun  Yézidi  ne  peut  utiliser  un  water-closet,  un  bain,  une  cuillère 
ou  un  gobelet  dont  se  sert  un  musulman  ou  un  autre  infidèle.  S'il  va  dans 
un  bain  ou  un  water-closet,  s'il  mange  et  boit  avec  la  fourcliette  d'un 
musulman  ou  d'un  autre  infidèle,  il  tombe  dans  l'infidélité.  • 


(Ij  '■  Si,  intentionnellement,  i\  ne  possède  pas  de  cette  poussière  »  J. 

('■2)  On  trouve  des  usages  analogues  chez  les  chrétiens  orientaux,  par  exem- 
ple :  En  décembre  1175  un  prêtre  nommé  Mas'ùd,  devenu  muet  à  la  suite  d'une 
chute,  a  une  vision  qui  lui  dit  d'aller  au  tombeau  du  catholique  .Jésuyahb,  mort 
sept  mois  auparavant  (25  mai  1175),  de  gratter  la  pierre  qui  se  trouvait  dessus, 
de  diluer  dans  l'eau  la  poussière  ainsi  détachée  et  de  la  boire.  II  le  fit  et  lut 
guéri  et,  depuis  ce  moment,  les  fidèles  allaient  gratter  la  pierre  de  ce  tombeau 
pour  en  boire  la  poussière.  Cf.  H.  Gismondi,  Aniri  el  SHbae  versiu  latina,  Rome, 
1897,  p.  02.' 

(3)  11  s'agit  de  la  source  Zemzem. 


ItECLKIL    DK    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.    171 

14.  Au  sujet  de  la  nourriture.  Il  y  a  une  grande  différence  entre  nous 
et  les'  autres  sectes.  iXous  ne  pouvons  pas  manger  de  poisson,  ni  de  con- 
combre ni  de  bàmia  (1)  (Hibiscus  esculentus),  ni  de  pois,  ni  de  choux,  ni 
de  laitues  (2).  Nous  ne  pouvons  même  pas  habiter  dans  un  lieu  oîi  on  a 
semé  des  laitues,  etc.  (3). 

Pour  ces  raisons  nous  ne  pouvons  pas  faire  le  service  militaire,  etc. 

Noms  des  signataires  : 

Le  chef  de  la  secte  des  Yézidis,  prince  de  Seikhân  (4).  Hussein. 

Le  chef  spirituel  de  la  secte  des  Yézidis  dans  le  district  de  Seikhân, 
Cheikh  Nassir. 

Le  chef  du  village  de  Mam  Resân,  Pîr  Suleimân. 

Le  chef  du  Muskân,  Murad. 

Le  chef  de  Hatârah  (5),  Ajjub.      • 

Le  chef  de  Beiban  (6),  Hussein. 

Le  chef  de  Dakhan  (7),  Hassan. 
,    Le  chef  de  Huzràn,  Nu'mo' 

Le  chef  de  l>aqa.sra,  Ali. 

Le  chef  de  Ba'siqa  (8j.  (iamo. 

Le  chef  de  Chôsaba  (9),  Eljàs. 

Le  chef  de  Krê  Pahn  (10),  Çgd. 

Le  chef  de  Kobareh,  Kodschak  Qâsso. 

Le  chef  de  Ssîna,  'Abdo. 

Le  chef  de  'Ain  Sifni,  Gurgo. 

Le  clief  de  Qasr  'Izz  ed-Din.  Cheikh  Khain». 

Le  chef  de  Kebertou,  Tahir,  etc. 

Nous  avons  tous  signé. 

Tels  sont  ceux  dont  les'  noms  figuraient  dans  la  pétition  ci-dessus,  dont 
nous  avons  donné  des  extraits. 

Le  résultat  ;i  été  que  ceux  qui  ont  présenté  cette  pétition  ont  été  exemp- 
tés du  service  militaire  et  ont  payé  une  taxe  comme  les  chrétiens. 


(1;  «  riaricots  »  L  ;  «  okra  ■•  .1. 

(2)  ,     v-à.»     ïil^a     iJa^vcUa     i.w»'j  <,      Ç-  t^, 

(3)  Comparer  ce  que  Bar  Hébraeus  rapporte  des  païens  de  Ilarran,  do  leurs  trois 
jeûnes  (de  30  jours  à  partir  du  8  mars;  de  1)  jours  à  partir  du  9  décembre;  do 
7  jours  à  partir  du  8  février),  de  leurs  trois  prières  (au  lover,  au  coucher  du  so- 
soleil,  à  midi)  et  de  leur  abstinence  des  liaricots,  choux,  choux-fleurs  et  lentilles. 
Hisloria  dynastiarum,  trad.  Pococke,  p.  ISl-r.. 

(4)  Cf.  Hoffmann,  p.  197.      Xsnr'. 

(5)  Au  sud-ouest  d'Alqos. 

(6)  Au  sud-est  d'Alqos. 

(7)  Au  sud-ouest  d'Alqos. 

(8)  Au  nord-est  de  Mossoul. 

(9)  Près  de  Mosgoul;  Choch-ab  ou  Maluniidivè. 

(10)  Grepahn,  au  uord-ouost  de  Dakhàn. 


172  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

VIII 
TEXTE  SYRIAQUE 

A  =  copie  de  U^  Aude. 

B  =  copie  d'Éphrem,  moine  de  Mar  Hanania  (Zafaran). 

«siv&^il  ^uT-x^a  r^^xLX.y^  ^ax*  o^?!^  aalijj  d^. 

^T^^^ci.x*c\  ^3Jcv»  j'\I>3';:>  t^Tj'ii^tx   rsTivA^JC-Jv 

•\a  j'nrdi.  cpTUir^a  con^oA  r^A*^»r^  vyr^":> 

*      \^         ♦      ♦       ♦       ♦♦♦♦♦♦ 
rd^ci^  -la 


o/     .oi-JL-iO     Ki^ii     IIJLX^JQD     li^OLSJ      fi^^î    t^ 
1^^^^.*   <3u£Oa^   ^j    ^XXlJL-^V-^o      ^-^Z  •^'^^  >-CS^;     )V^^^ 

(:3)»-po;    )oi.^aA.^o    )*t-û.-^^    )V-^o-^?   )-au£û.io    (2))KiL.Ka^ 
JKS..^  .(4)^oi  jjLboo  )oo(    \.iJX*l    ^■•/i    yV^m.^ajL>o  ^jLm(X* 

(<>)KiJuaj  l^eo  ^ajL^^9  )j/  ^^a^V  ('^))j/  >^;aio  .)  ^  »  ^  «» 

]L»'^9    ^^    JOOI    Jl^   |.^-.i.^JlO    )t-*oi^    )t-^^^    vQ.il.\     i^^ 

jfou  K.«/  JV'M  ).JL^ajL  s.»«.JtJM  ^^o  .o6i  l^a^-d  (iâL^D  ^.a^. 


(1)  ^;a£&va*<'o  ^a.  i*;-ao»  |;*^^  j^saaL  in  inarg.  B.  —  (■2)  l^a*^a^  B.  —  (3)  **»-»« 
B.  _  (4j  Low  Usco  B.  —  (5j  M~"^*'ttso  A.    -  (6)  ^i^a*  .•.4a«  B. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    VÉZIDIS.     173 

(liy)jop^  )n\'rf);  |l^o  o<^  jooi  J^{  )v^oa^9  )  » n\o  v>  j^Vojs 
^^ju^9  ))^  ^  V^-^  •0091  vOou^^/  )La.V  ))  vt  t.ao,MO  >qî^ 

Jooi  ^j7   »l/o  Vu  ^^Ol:>  )v-»;»   ^j   oi.^oljl  .>  «fiv>  JJjo  oooi 

t^;    ^^..^.^O    .OtJ..gM\    Oi-2L£ÛJO     0|,-^/j     OÔ!    ),-^    sJU>-a    ^î)^î 

^^  oi!^  sUâKji/  )oo(  ^oioK^{  >  V 1.»  ^^9/9  Iv^âX^  ^^l^s. 

)jLJl^    ^jji.    3!^-»    )^JLs   (V))t-»)-:&    ^;   )JL30I    .)jLi.   ^)CLi.    (l)vJjOj 

^9  t^o  .(3))t-»oi^.  )v^9  ^'pCL^  ^ibo  )JL.V^  ^a^  l-'^^Wo  l-'t^O 
)lt~:L^  U^y  \\  n  »)  •>  W  09j  /  )ioLV>.«„\^9  )K  ..ouviN  v.^^^<^o 
)ooi  JLJLO;  t^^-flooivs  ^"'^^^^^o  l-^;©  joi^cuL^  I^Ui  (^jyju/» 
^0fo*tL.)_3   g^ixN  a/    yooila^    0^9    )  >   ">>-^   )^»9    sJl^9    ^^^ 

us^o  v^  s^iJL^  0909!/    |Li>-d  01^  .yOoC^d  jK^'j    >^'->o  .«o 

^^^^*iO  )jLSj  061 9  )JL39090  ).JLJl9  vOOJ^D  lo^  J-iÛJl  oCS.  )oOiO 
OÎ^  |001    |ia^90  |jL»*00    )t~û-*/    .yOOiSwd    io^  ^^OIO^/    JlQN..*.'=Vit 

\j>ijr\y>  ot-^CLA.   )oo(   s^oioK^/   ^i).-^;  v^otOL-^/    ^-  -  <^  Ok-^ 

p 
000(     ^^j{      I^JJU.:^/;     vQJOI    ^^    |L»0|^1    1^9  903    f^CL^/     ^3 

)jLl^>^9     )K-^o/      |Ll2j      oÔi-d    ^9      )oO(     K^/     .)oK.^D9     jjL^j 

^9  oooi  >  >  ^  >  t  ..o  .(r>)vJio;    ^Vo^^  )L.ljba^o  ^9  JJj|  vi  •> 

^JM    (6)000|    ^^K.^^^     ^^9     y.0     .).â9     )J^>«*.^    o6|9     j'tli  V>t  V>      ^^/ 


(1)  s'o'*^  A.  —  (2)  1,-^  B.  —  (:!)  \l;-w^  A.  —  (1)    -»i  A.  —  (5)   v'o<  A. 

ff.)  Om.  A. 


174  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

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lioVi/     061    ).iL:^>.^9   ^^^iO    .Ot^v   jO    0|.m.Di    ^j/      Jlo    (4)JL-*^*f^ 

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JLm.^^^  01.x  ua-â.!jL  JJ9  01..^).^  )*^9  '^,9  ))-~M  14-^9  ^.3  .).^a4 
li^^9  ^9  ^  .)jU9  IqlS.  )KjL«^àaâ  v^oiqlSw^  u  V^^^^;  V^/o 

(1)  vl«l  A.  —  (-2)  lUorv  A.  —  (;J)  >«""^*.?o/  A.  —  (4)  );*♦=  A. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YKZIDIS.     l?.")  ' 

^^Jj^o  .).-V-»î  I-^CLD  )CLi.  yà:^x'^oji  v^j---  J-^V^  J-^oj  )o^ 
^jjjLo  ^'^^»  oïlaix.»  ^^s^o  )L-.^L.^Ib.  aji)LaL:)OLS.  >.*V*  )f^  ^-"^-^ 
oilS.  oooi  ^:dotl»  yOOiJiio  )oo(  >&^c>*l9  |:^olS^  ^  •)-^'r-*;o  )v-; 
yOoC^   )oo!  K^o  ^"-^^ao    juiL^i  )ooi  jULdj^^    yOOiKSw»*;   ^Jbo 

)^^^.m.lSâ9    )loVl).~s  ood»    )l^o  )J^^^  "^^   ^oiq^îo/o 

|KJL«f2)00  )LVQ.âO  |1^^|0  )'fbOa^>  O^V^l/  lljjjLa.^/  ^Z?®  )»*9Q-fiDO 

)^9Va39  nAj/  )La.?  ^^  oïlal^  )t^v/  ).-^<a--»  oôi--»  ).-^-i09 
(î)J.js)j  »cuJ-^''"^j^9  »-f^?  )Vq.^  w»*fiQ^  {.^offl^l  0001  ^V^Kioj 
jL:i\.bo  ^iio  )v^^  '^.i.o  jKboiL  ^ô».:>  yoi^  ^îKso  .)-3i 
Soi.   )ï.\^   )J^  oCb^    o-souo   .0!»Ki    iyji.;    )La.»  oÔC^   jLK.JL.ioo 

j;ljj  a3L^  iaJU.ji  ^  .j^oi'^l  lo^  aiwJL^  ^o  .oiK^.3  ^iu{ 
LfL.*^  qlS^jdo  Iv^o:^  )oo(  >I^   |.Jot  ^^io..*..  ^K.^  ^^o 

|'P0Q.b^    o(S.     v£!LS..aD    ^t-^OI     .|.£0p»   ^^1^    Oi.*V90    )oO|    ^^a^J9 

j\^^c>  oi»«VJL:M  K.^.^  jooio  Jt->*;9  jJLjwXD  ^^b^  ^^j.^  «.^Clb^Kji/o 

(l)^i      A.    —  (2)  1=1  A. 


17(1  REVUE    DE   l'orient    CHRÉTIEN. 

^9     Ot^|LA.O    >^^\^    joOf    Ol^K^I     ),â09     oÔi^    )-«t-*!     U^^^    Oi^CL^O 

oi-^  V^/o  )t-»?  ^'  I^J^-^o  'T^t"^  V^®  )  I  n  iT>  v>  o/  Kj/ 
)L.9o)^  I  y^nnNo  JLjioi   o^  Kj/   ou.K^9   Jv»;  ^9   )Li{  jj/; 

)    VI    *>/     ^^    Of-Su^O    ^aJL^J      JL^Od     ^A^>.^     Cl\  PllJ      >a2^wJl9o/9 

j^/o  .ooi  ^^M  ^^^^wio  )*poQ>^  K-,1/  ^j  )jtoi  .Kj/  )>1w.J 

\^l  w*9|b^  ^t-^^  JiV^ol  jJ)  JJIOI  OULbO  y^  ^DOâ  .vOOÎ!^3 
0,9    |oO|     ^OloK^/;     fJ)     )..ia2D'^â    K..«..âL^    a^j/o    «.«OIO'^LSumO    )^9 

p  oiia^  ^^*7^  ^j/  ^^*®^  .^ioi  ^j»JS^.^^i..:^9  )1q  ...Na 
JKjlsl^  ^^§&s»i..^o  otAV^    V>  >  co  )v-â.^o  ^9«.^   ^0(Qjia-ak2^ 

.  v^)   vjuâo  .^.«^^'^  )^-A9   JKJLsljo  )"»o  ^^o  )K.*jQL£aâf 

)io^  >  >.9  )K^l),^,\  ).iOp.  y)uÛD9a^9  (I)OÔI  lU)-^  )i-»9  Jl9 
)jL3j  0Ô|-»9  ^'^^iO  )^^^-^?  )L*KiO  ^ww^î/;  JîijI  )-.2îk^^^09 
.yJj»9a.ûO      >o)j9Q.-39     jU)-^    v.«JÎL,^Q^0O    )^VU    00(    ^-/i  .3»  O  ] V> 

jbcL^aii  9Kâ  ^3  J-au^^  9>jK.ûDa:boo  90u^  ^^^d^^d  ^:Lui 

(1)  Oai.  A. 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     177 

V^  sXjI    )t-*^o/9   )f^Jl    ).J^a3    ooi^l/   vQJoi    jioVl/    v-o-^V^; 

sû^  ^f-*0|  .)^9  jpOO-^  OÔI9  jLi'tLt^  ^*^^^cû9  ji^CS^  ^0(  )JL^ 
90J90IJ19   jîlJJ    Cl^^iO  po  .Pk^^LiO  )jl^  jLSL^   ^CLi.  ^JU  /   )t-^io/ 

^jjLjs.  lo^  ^.M  )  t\  <^  09tA  ^^i  ^iMo  .^oi  a...,i.jll/ 
^f^oi  Jooi  ILLau/9  IL-jy-^o  fff>  ^  oiJS^  "^90/0  "^j/o  .)L99a3 

^l  Iv^v^JJ  oi!^  1-^)^  )^'/  ^^^^  ^'^^^^  oïlal^  t-^'^®!  r^o 
t-aL^9  Jl.^  0610  )poa-i.  ^^.^00  It-^L^/  oiA)-Ji  ^  J,!*^ 
.^po  0/9  :po{o  ).jL:»i  ^;|^  ooi  ^t>*oi  Ji^^^w^  ^otjjL^;  |L*V^t-^ 

^^^  QlS^J    I^Ol'fL.1    |L»9 Vod    ^^  .vJLl  /    vOOU^    J^^^-^^  JJ    U  l 

hJi,}^  ^  |Lj/o  .o^j/o  o>.âo  o^v^  CLS..^wûa  oiS^   jjoi  lu/ 

^rfJu/    vOoC^    K^lso/   ^39^^    .ts^K^    ^^.w^^O    >    »)  Il  ^fff>9 

^  )i9a-^JL.\    ou^    ^:dK^o   )^v^  )oou  JI9    jjia^/  )v-«t-^ 

^OtQ^^.^k^O  ^OiaJ9   ^io  ,1^)'^    jKx^^^O^   )...^.flD'^9   jUjJ    )^9 

Q-J^j/   ^9)L^9   ^oiald  ^^-^  (^ijKjV^i;   |Ll2>^  >  roo ..  )J9 

J^Oi^  )poabC^  QJl.âOtO  >  »  •>  »U9  jUJJ  0>âO  Q.2LJL  v  ).^oi 
^f^     ^V^    ^9J^     .061    It-*.^/     \,^l     Ôiu»\:^l     )Kâ09     0>^9     ^ 

))1jx^/o  jKiioia^  o°>.flOo/  )Lt99a3  ^9)1^  v^^^  >  »^^  spnvito 

vOOia^/9  Ji.^«<.Û-d  0001  ^b^t^.*  Ji  t^  .01:^0^9  <^0|CLJjJJo  j^*.^/  oÔiS, 
s^^*  9^^^  ^^  ^9  ^  ''-*-'^°^  OlK  \  ,^.^  Q^âULâi/o  .^9|l^ 
^Q-b^    )Ld9      (4)v  1^    lo^     '\-^'i^    (3)vCUO(     0001     OSl^    ^JLbOâ^ 

(1)  ^  A.  —  (2)  1^-;*'-,  B.  —  (3)  Om.  A.  —  (1)  ^  A. 

OllIENT    CHRÉTIEN.  12 


178  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

vQj/  Ilul*/  y^l^  ).^Mad  ^9)^;  s^oiQJL^  ^^sÀ.  ^oiQ^iolo  Iv-'»::^/ 

'^  •^'•^  (V)vJ-^  ^ijLiaxD  oi.^aji9  yoou^  y^  ^9!^  .'^.^..o 
)l^^  )L.^*^9  jKjupo  ).^)i.^eL2  QjLâ  ot:)eL^9  |L*'^;o  jv^;  «Jl«9 
oi^  i.û.â  )L^;  OvJ^  ^^  .vooi.io.b»  ^jj-iciS.  )Ls,  )v-;  J>.»o 

oôi.:^  )   L.».^  rnî\'=^;  )'i<)"^  ).^uJ^.^â„d  )oo(  J^/9  )..i^a^  ^"^..^^.^ 

JIj:.^  )-^a^  jL^CJao  )jLs; 
^^aj  QÙ^).^o  v.*l|.jQ.£D  aLS.^iUi/  vOJOi  jK^cu^^  ^9  )ooi 
^Qj  a^vLdo  .JL'^L,^a.::do  Is n ^q>  o»  )K<>»q>\  )K.â9  )K«»^»v>  ^ 

%xil  sjoQ.^jLi  Jlo  yoj/  t^QJ9  ).w>I^2;:^a^/9  |^9j  ^^K^.   )j^.Aad 

Oi^  vJULS  0|ts^w^9  ^^  yO  »  1  n  >/;  ^^^  >;;^  ,y-£0  yOOUV) 
)LlL9    vOoilS.     >eL«^/o    )  «  I VI 0 9 olo    11^99030    |L*pw^    ^    IIolS^^^^ 

|jLm..^  oj!S.  oouo  1^9903  ^^9)1^  T"*^^  t-^  f^..>.«.V>  ^Y-^  ^t-*'' 
o^^Ao  01:^0^  aJiKsl/o  ).^9ii  O^V)9  )>^t^  Oi^d  v&âO  ^)j9 
vjJIâjJ  )  I  ffl  iM  ^  |-«IS!^:5  sf>  <=>!  0010  .||..,^3LflD  Ollc^L*^^ .  ^ 
s.*0|al^^.^^0  )*f«^o/   ^-«O-J    ^90^/9    jloL^d^  «.«010^99/0  )i9>^ 

(1)  v*  A.  —  (2)  A  omet  les  quatre  mots  précédents. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDÎS.    179 
).^9o)^^    )990    (l)0|iQ,.'S;„».  ..N     00(9/    ^-«^oOl    ."^  •>  ^\     Iq.^wJ» 

)i-io  ^.^fj^  9t-^  ^  ^^^^1/  7-^-^?  ''^^■^^■^  •/-flO  )'^/ 
(3)v^;    )Ki>OAl   ^iô    )ooi    j^ll    )K-^*Q^    V^-'ôi-s    ^iOioj 

.OIA      ^OJïQJD     iO     )iKj/     voIJLd    vJ.-D9oi    Oi-^    'K^Oi^i/o     .)-S9 

^^l!^  vrovii  ^^-iOt  .)K.iC^.^i^  ^ai>'>rr>/  ^^^  iooi  01.^0^,0 
^.>ô*^..,V)  ^fl^  va  Vit  ^010^/9    jL^^-a^  )-^;'Cls  ^9).^.   >-<^  t-^ 

I901  iooi  .f^/o  K^A^o  ^^io  )  .i<^  n(s\  so'^o  v^oiqJu/  ^cl^ 
j*^  S;>fto    \loilly  ).A.^CL^    ^^v.^   )jpvQ.ûD  )joi    VrSL^i/ 

^O^  VOJÔI  jiV^t-^  ).A.ÛD'^  Ka^  Ka^O  )t-«^Jl9  sa/  .JJL^J  001^9 
^eL09  JV>^  \  .jL^V"^  >  y  I  »  >  >^  rf>\  vJuâ  )t>*90  .|^V^9  ^0|0'^L2uk« 
^f^    y3V*  (6)^-uLs   QlÎ^j/o   .9.^^/;    OÔI    J-^VU;    )jl^^^  (5)^0-*/ 

"is  ':\:\cu:i^  lOajJT^  (7)v»*^*'>i/o  .|L>9U9   [-tNv)  )^9 

J^Oi^.  jt^;  "^«.^^.^  ^"''^^  OU^  (8)  w^^^.30  ^__J^;&V&j\^ 
fV)...^/  )ll\v»  ^0^  1^990^0  ).Aâ9oi  .  JpL^/  )  »  I  \  099^0 
.Nk^rfCSvfi^,,   01^    (9).»  ^<Y>IO  .)lNv>   ^oOiS.    0|.^0U  wt-^OI  •^'S^O 

(1)  fyiL^'2^  B.  —  (2)  |liw>L,  B.  —  (3)  ^î  A.  —  (4)  Titulus  in  marg.  AB.  — 
(5)  A  add.  :  Jsis^P»  ift^ll  inter  uncos.  —  (6)  uwaiita  a.  —  (7)  ^a^sL/o  A. 
—  (8)  *A*^o  A.  —  (9)  ^aflûjo  A.  ' 


180  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

),V>^.  No  l-^Q^  OÔI  ^.^  y^CHOy^lo  .j^Oi.^  j\  V>0  \  \  0,l/o 
OLS^S-^CL^Ct^     )oO|     jiJbO     sXjI     jJo     yOOtnNoV»    (l)vJLâO     .jJlOi^ 

a.9  ^010^/  oif.jx^>o  .)L:ïu.*ol^o  JjK.^^  ^V-^"^  ^^^  ^oioK^/o 

^/o  IVo^jU-:»  oi^  v,fi,,,ft)/  )L*900U  viu/  w^L^oo^  ^^  ^.m^^m 
V^/;   ^^^  )^>4A  )t-^  ^  ^/  Y-^^;  (4)^^  (3)<<^;^eu  :t^>^ 

.fjL^^^O    >    y  1  t     ^a1    )oO|1    .)lî\vil\     oC^     f^l      )L»900i^    ^t-«^ 

y/  :^)»*   oC^  po/  .^o/    ^^^KjLbo   sk.*JLâf!!^».bw^  yOoiN'^No 

a^9  fK.^  ^  .OÔI  )^900|.^  ^.2uOo  .ys.^^{  Ijoi  jooil  (5)JJ 
f^l^  y.~aâo  ^joKji/;    )^9oajLâ  (6))L»900U  ot^^j^I  «t^j-*  J'iNv) 

oCS.^9     jiVoCSiO     JLSKSL^    f^^/    M<30(-*    t^/<^    l^>^^<>;    )L900|^ 

^loniNv)  ^^  )i°ii\Q^  ^^Jbk^  yooi \ ni \  y^olo  .yJy.^ol 
^V-^Uio  ^^oU  jfoi^o  .)Kj9oi  ^oi.2s^  ^^  hs^\  t  «  n 
»)%»->  jL»90ou  po/;  )Of^o  ^y^  ^o^^axo  ^-^^  >-*t-*^  '^''"''^^ 
.)|..,vQj»  (7) ^^^^4^  )|g>\v)o  .JiVoiO  jLSKd)  )|.^m\  f^o/o 
*K  1  i  -^  ♦>  ■>  Yi  KJ^KIS^  i-^y^  >  »  ff>o  mO  ^^û^  yOOi^eL^o 
)  «y  *  nio  )^Vo9  )^V^  ^fV  t-^  ^^ol^)^  J^^K^  )-«^o-*;  «^y  y 

(9)NS.-^V/  ^/  f"^^  (8)vOO|.*U  ^io  JLl^  c^.?>jo  ).^bX^^ 
JOJUJ;     )U)~â9    )90U    (11)9>JlJ^    ^   01^030    (10))9v^    ^^^    .yO^V 

(1)  o^âo  B.  — (2)  w*oli>x>  A.—  (3)  «'-^o  B.  —  (4)  o^  B.  — (5)  H/  B.  —  (6)  l*»û-  B. 
_(7)  ii-^  B.  —  (8)  >$>ov.Vl.  A.  —  (9)  ^='il  A.  —  (10)  w»j3  A.  —  (11)  i\\i^  A. 


RECUEIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMENTS  SUR  LES  YÉZIDIS.  181 

.yOOiKS.-k*;  ^o  ^oio'^Lîuw.  yOoCS.  ^'^^^^  oC^;  U-^h^  )j^oio 
>CLJD  p  (2)^;  ^  .u>offlV>;|— a  )ooi  )-3»  )l^^  oiloio  îK-s 
♦^M...^^  ^^o^  yo\^   .^>-  i^-a  .)^'^^  ^?  1^*^^'  o»N.3o^ 

.yoou^  Q^^-^^  )1q-sVo  .sfio^a^o  vjjoj  ^Vq^C^  )  n  »  ..V  )loViJJ 
oooi  joou^^/  J^^-wio  )Vo/  ^/  a-^Ji^l/j  v^ô»  i^V*»® 
^■^>Io  IlLioo  .SuSs  J^  «»\  )^^  .)La-.Vjo  ) 'n m na  )LjLj/ 
.)ji;  vooi!^  )ooio  ^»)L\  ^i-oij  )L=)/j  )Ls/  fiot-/  ^o-o  )jLia-.\ 
♦orftN^  V^  y^^jj^  skd<^  oiiK^o  .oiv^  •^otjm  V)  t.y>..*/  9K.30 
v.>j„..)..,.ao  )oiJSs  |-«^  vf!^?  voo».^  ^aJ^  '^;)~^  ^^-*a  )-»®t 

Q^CLO    ^»K-30    .001    )oC^    w#»)^      Si-Ol     sâ/o    Joj^    ^0|oK-./j 

)bo_D/  jiv— /   )J^<it-io  OjâLflOo/  ^^^   sfitiiCLiLO  ^^3^  ^V* 

^V^o  .ooi  )oi2^  yS.^  vmct^o  Joi!^  001  sâj  ^j)^  ^^r*^^ 
)oC^  ^^^  V^o  ®9(  joj!:^  sjQQ^ii  y.^^0  .001  )oi^  >  »t^ 
jKikSJ    >»  >o  »  •>   ^90^0  .K^/9    ^9Q^o  )oî!^    IJJs^DO   .ooi 

(1)  aiiâl  B,  —  (2)  Om.  B,  —  (3;  U»^)^  ^.i-vi^ov»  A.  * 


182  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

,  ^  oooi   )  »  i„  «  I.  ^o  .ooot   |L^;{   ^Uo  ^■^^.■:>ii»  ^»tV>( 

),^    01.2^     )oO|    h^l     0I^-t)L-30    .9Q.«J^Jd    )oO|    ^OloK-./    )oC^9 

'K^w^dâ  ^o  01.^  )ooi  I^Ka^oo  )>o>ii  io^^  JK-UL^V^ 
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(1)  Ui^taa  A.  —  (2)  oow  B. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES   YÉZIDIS.    183 

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(1)  f^  ^,oot  '^  ^^^-^  V-H^   n  niarg.  AB.  —  (2)  o;oL/,  B.  —  (3)  Om.  A. 


184  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

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061   oif^aiibi   >Qi^\    \^\^y^    ""^^^^o   It-^ot^b..    JV^fl^    w*;)^    ^..ot 

^OloK^/o     JoCI     )L.^^.iu09     )K^<X*     ^«^^^9/     ^CL^OJLd     jjuU 

(1)  aAo  A.  —  (2)  w^  A.  —  (3)  sOChav  A.  —'(4)  Om.  B.  —  (5j  vpcn*.»»  A. 


RECUEIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMENTS  SUR  LES  YÉZIDIS.  185 
«Jl*^  ^OloK^/  ^9  I^K^i  h)^0  •^9)^  7-*^!  JJ^^^  ^OQ^ 

^^    ^iU;    jKjLdj    (1)  061    )t-^9    s"^  nr>>l/  p;    "^'^    ^V^^ 

{A  suivre.) 


TRADUCTION 

Document  inédit  du  ZP  siècle,  sur  le  couvent  nestorien  de 
Mar-Youhanan  et  d'Icho'Sahran  et  les  Yézidis,  écrit  par 
le  moine  RaniHchô'  du  couvent  de  Beith-Abé,  traduit  sur 
le  texte  Syro-Chaldaïque  et  annoté  par  l'abbé  Joseph 
Tfmkdji,  prêtre  chaldéen  catholique  à  Mardin  (Mésopo- 
tamie). 

Cheikh- Adi,  situé  à  45  kilomètres  au  nord-est  de  Mossoul, 
à  trois  heures  de  marche  du  couvent  chaldéen  de  Rabban- 
Hormez,  dans  le  voisinage  du  village  de  Baëdré  (plutôt  Beith- 
'Édrê)  où  réside  le  chef  suprême  de  tous  les  Yézidis,  est, 
aujourd'hui  comme  autrefois,  le  nom  du  temple  par  excellence, 
du  lieu  de  pèlerinage  le  plus  fameux  de  ces  sectaires  et  le  centre, 
pour  ainsi  dire,  de  leur  religion  satanique. 

C'était  autrefois,  selon  la  tradition  locale,  avant  de  devenir 
le  lieu  saint  et  sacré  du  Yézidisme,  un  couvent  chrétien. 

Tous  les  auteurs  indigènes  ou  étrangers  qui  ont  écrit  jus- 
qu'ici sur  les  Yézidis,  ont  en  effet  reconnu,  en  parlant  de 
Cheikh-Adi,  l'origine  chrétienne  de  ce  temple  monumental. 

Les  uns,  se  basant,  à  défaut  do  données  sûres,  sur  la  tradi- 
tion orale  du  pays,  ont  supposé  qu'à  l'origine,  ce  beau  centre  ou 
plutôt  cet  antique  monastère  aurait  été  dédié  à  Mar-Addaï,  un 
des  72  disciples  de  Notre-Seigneur,  qui  passe  pour  avoir  été 
l'apôtre  de  la  Chaldée,  et  que,  par  la  plus  bizarre  des  transitions, 

(1)  Om.  B.  —  (2)  lû^^Sû»»  A. 


186  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

le  temple  de  Mar-Addaï,  en  tombant,  dans  la  suite  des  temps, 
au  pouvoir  des  Yézidis,  aurait  été  identifié  avec  Cheikii  Adi  le 
réformateur  prétendu  de  leur  secte  (1). 

Les  autres  prétendent  que  ce  lieu  de  pèlerinage  serait  appelé 
Cheikh- Adi  parce  que  ce  dernier  personnage  y  aurait  été 
enseveli  (2). 

Ces  opinions,  on  le  voit,  n'étaient  basées  sur  aucun  docu- 
ment historique  et  ne  présentaient  que  des  conjectures  plus  ou 
moins  vraisemblables. 

Ayant  appris  dernièrement  qu'on  possédait  à  Alqôs  (près 
Mossoul)  un  document,  écrit  en  chaldéen,  sur  Cheikh  Adi  et 
les  Yézidis,  je  me  suis  procuré,  non  sans  difficultés,  une  copie 
faite  sur  l'original  chaldaïque. 

Après  avoir  lu  et  examiné  cette  précieuse  copie,  je  me  suis 
résolu  à  la  traduire  en  français  et  à  la  présenter  particulière- 
ment à  tous  ceux  qui  s'intéressent  à  l'histoire  de  notre  orient 
chrétien,  en  l'enrichissant  de  plusieurs  notes  puisées  aux 
sources  autorisées,  qui  ne  seront  pas  inutiles  pour  la  bonne 
intelligence  du  texte. 

Ce  document,  écrit  au  xv"  siècle  (3),  nous  vient  de  la  plume 
d'un  saint  vieillard,  nommé  Ramicho',  moine  du  couvent  de 
Beith-Abé,  qui  l'adresse  à  un  certain  Joseph,  moine  du  couvent 
de  Mar-Michel  de  Tarrël,  à  la  demande  de  ce  dernier. 

Cet  écrit  est,  à  notre  humble  avis,  une  pièce  de  haute  valeur; 
car  l'écrivain,  si  bien  informé,  nous  laisse,  en  passant,  de  pré- 
cieuses données  historiques  confirmées  par  l'histoire  et  un 
précis  exact,  quoique  abrégé,  sur  les  Yézidis  de  son  époque. 
Son  écrit  est  divisé  en  deux  parties  :  dans  la  première,  l'auteur 
nous  fait  connaître  l'origine  nestorienne  de  Cheikh- Adi  qui 
fut  jusqu'au  xiii"  siècle  le  couvent  de  Mar-Youhanan  et  d'Icho' 
Sabran  et  comment  Adi,  qui  lui  laissa  son  nom,  s'en  empara,  de 
sorte  qu'il  devint  à  la  fin  de  ce  siècle  le  domaine  exclusif  de 


(1)  Voir  abbé  Maitin,  La  Chaldée,  page  38,  Rome,  imprimerie  de  la  Civillà 
Cattolica,  1867  [Journal  As.,  ix'  série,  t.  Vil,  p.  100]. 

(2)  Le  P.  Anastase,  carme  à  Bagdad,  Les  Yézidis,  bel  article  arabe  publié 
dans  Al'Machriq,  Beyrouth,  deuxième  année,  1899,  page  396  [p.  32-7;  151- 
6;  309-14;  395-9;  547-53;  651-5;  731-6;  830-6]. 

(3)  Le  document  a  été  écrit  en  l'année  1763  des  Grecs  (1451  de  notre  ère).  Voir 
ci-dessous. 


RECUEIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMENTS  SUR  LES  YÉZIDIS.  187 

ses  descendants  et  de  sa  secte  ;  dans  la  deuxième  partie,  Ram- 
icho'  nous  donne,  sur  les  Yézidis  de  son  époque,  un  tableau 
succinct  mais  sûr  de  leurs  croyances,  de  leurs  mœurs,  de 
leurs  usages. 

J'espère  que  mon  œuvre,  qui  ne  manque  pas  d'intérêt,  sera 
bien  accueillie  par  ceux  à  qui  je  l'offre  de  grand  cœur. 

Mardin,  le  P'  janvier  1913. 

Joseph  Tfinkdji,  prêtre  chaldéen. 


Par  le  secours  de  Noire-Seigneur  Jésus-Christ,  nous  commençons  à  rédiger 
l'histoire  du  couvent  de  Mar-Youhanan  et  d'fcho'Sabran  et  à  raconter 
comment  'Adi,  fils  de  Musfir,  fils  d'Ahmed,  de  la  dynastie  des  Ommiades 
et  de  la  famille  de  Yézid  fils  de  Moawiah,  le  prit  et  s'en  empara. 

Comme,  plusieurs  fois,  tu  m'as  demandé,  ô  mon  bien  cher  ami,  mon 
frère  et  mon  parent  (1)  Rabban  Joseph,  moine  célèbre  du  couvent  de 
Mar- Michel  de  Tarrël  (2),  de  te  faire  savoir  par  écrit  la  prise  du  couvent 
glorieux  et  renommé  de  Mar-Youhanan  et  d'Icho'Sabran,  la  manière  dont 
il  fut  pris  et  enfin  le  motif  pour  lequel  'Adi,  fils  de  Musfir  le  Kurde, 
l'usurpa  et  s'en  empara. 

Je  te  fais  donc  savoir,  ô  notre  cher  frère  Joseph,  moi  le  vieillard  Ram- 
icho',  qu'en  l'année  1509  des  Grecs  (1198)  le  susdit  couvent  glorieux  était' 
rempli  de  moines,  de  prêtres  et  de  novices. 

Situé  au-dessus  du  village  de  "Aïn-Sepné  (3),  à  l'est  de  la  rivière  de 
Gomal,  à  trois  heures  du  village  de  Hénos,  ce  monastère  possédait  environ 
trente  villages.  Ses  brebis  qui  montaient  à  la  montagne  de  Zozan  (4) 
étaient  au  nombre  de  1.500,  en  sus  des  chèvres  qu'on  laissait  habituelle- 
ment dans  le  couvent  pour  le  besoin  ;  les  chameaux  aussi  et  les  vaches 
étaient  nombreux  et  innombrables. 

La  célébrité  du  couvent  était  alors  répandue  en  tout  lieu  et  toute  con- 

(1)  Le  terme  employé  par  l'écrivain  est  ****^  ♦^i  c'est-à-dire  fds  de  ma  race, 
et  il  nous  laisse  entendre  par  ce  terme  qu'il  y  avait  une  parenté  entre  lui  et  le 
destinataire.  C'est  pourquoi  nous  l'avons  traduit  par  :  mon  parent. 

(2)  Mar-Michel  de  Tarrël  ('^^^'•),  célèbre  couvent,  aujourd'hui  ruine,  qui 
avait  été  fondé  par  un  saint  moine  Mar-Michel  (fin  du  vu"  siècle)  dans  le  village 
de  Tarrël  (d'où  son  nom)  aux  environs  de  la  ville  d'Arbelles  (voir  Bedjan, 
Historia  Fundatorum,  Paris,  1901,  page  480,  n°  61). 

(3)  Ce  village,  entièrement  Yézidi,  se  voit  encore  de  nos  jours  près  de  Cheikh- 
'Adi. 

(4)  Le  Zozan  est  le  nom  d'une  montagne  du  Kurdistan  à  3  jours  de  marche  au 
nord  de  la  ville  actuelle  de  Gézirah.  Elle  est  célèbre  par  sa  bonne  température 
et  sa  riche  fertilité;  les  Kurdes  y  passent  l'été  avec  leurs  bestiaux  et  en  font  le 
lieu  de  leur  repos  et  de  leur  agrément. 


188  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

trée  (1).  Les  chefs  des  bergers  du  riche  bétail  du  monastère  étaient  les 
deux  pères  du  malheureux  'Adi  qui  plus  tard  s'emparera  du  couvent  et 
en  deviendra  le  maître. 

Obligés  de  conduire  eux-mêmes,  selon  l'usage,  les  bestiaux  au  Zozan, 
les  parents  d"Adi,  qui  n'avait  alors  que  quatre  ans,  le  laissèrent  dans  le 
couvent  susmçntionné  et  suivirent  leurs  troupeaux.  Ainsi  'Adi  apprit 
petit  h  petit  les  deux  langues  chaldéenne  et  arabe  et  la  lecture,  (à  l'école) 
des  habitants  du  monastère. 

Parvenu  à  l'âge  viril,  'Adi  épousa,  avec  de  grands  honneurs,  la  fille 
d'un  riche  Tartare  célèbre  et,  en  raison  du  crédit  qu'il  avait  acquis  auprès 
du  supérieur  du  monastère  pendant  le  temps  qu'il  y  avait  passé,  il  reçut 
de  ce  dernier  la  charge  de  procureur  et  la  gérance  des  affaires  du  couvent, 
telles  que  l'administration  des  moulins,  la  moisson  des  blés  et  la  récolte 
des  olives. 

Ainsi  'Adi  s'enrichit,  se  glorifia  beaucoup  et  gagna  une  bonne  renom- 
mée auprès  de  tous  les  supérieurs  du  monastère  et  de  tous  les  grands  et 
les  notables  de  son  temps.  Sa  générosité  et  sa  munificence  envers  eux 
tous  lui  gagnèrent  l'affection  et  l'estime  générales. 

Le  père  naturel  de  'Àdi  s'appelait  Musfir  (Mosaffer),  fils  d'Ahmed  des 
Kurdes  Taïrahites  (2)  qui  passaient  habituellement  la  saison  de  l'été  au 
Zozan  et  descendaient  en  hiver  aux  régions  de  Mossoul.  Il  y  avait  à  cette 
époque  la  tribu  des  Yézidis,  ses  ancêtres,  habitants  du  Zozan,  qui  suivaient 
les  parents  de  'Adi  dans  leur  départ  et  leur  retour  aux  montagnes  de 
Zozan.  Ils  étaient  regardés  comme  les  serviteurs  de  cette  grande  famille. 

Lorsque,  au  commencement  de  novembre,  ces  Yézidis  revenaient  du 
Zozan,  ils  passaient,  sur  leur  Chemin,  chez  'Adi  le  fils  de  leur  Émir,  avec 
de  riches  présents  et  des  dons,  et  'Adi  les  récompensait  par  le  boire  et  le 
manger  et  des  fêtes  de  toute  sorte,  et  ces  gens  aimaient  excessivement 
la  boisson,  et  leur  nombre  était  d'environ  650  tentes  sans  compter  les 

^  (])  Ce  couvent  de  Mar-Youhanan  (Jean)  et  d'Icho'Sabran  avait  été  fondé  à  la 
fin  du  vn°  siècle  par  ces  deux  saints  compagnons  :  Ce  Mar-Youhanan  nommé 
^)o^)  «  le  Dylamite  »,  du  nom  de  son  pays,  fut  le  maître  d'Icho'Sabran. 
Thomas  de  Marga,  l'auteur  du  Liber  Superiorum  édité  par  Bedjan,  nous  a  laissé 
la  biographie  de  ce  Usocù>>*»  ^eu  i*;so.  Voir  Bedjan,  Op.  cit.,  page  92.  UHistoria 
Fundatorum,  en  donnant  la  biographie  de  Ichô  'Sabran,  l'appelle  »*>>»  ©v^-J^  '*=> 
V>M&^.>7  ^**^)  c'est-à-dire  ■•  compagnon  de  Mar-Youhanan  le  Dylamite  ».  Tous 
les  deux  fondèrent  ce  couvent  qui  reçut  leurs  noms  et  fut  un  monastère  très 
célèbre  dans  les  annales  monastiques  du  nestorîanîsme,  jusqu'à  sa  prise  par 
'Adi  (voir  P.  Bedjan,  Lib.  Fund.,  Paris,  1001,  page  499,  n°  105  et  page  504, 
n"  117). 

(2)  Le  savant  Barhébraeus  nous  a  laissé  dans  son  Chronicon  Syriacum  sur  les 
Taïrahites  de  bons  renseignements  :  «  En  l'année  602  des  Arabes  (18  août  1205- 
8  août  1206),  la  race  de  ces  Kurdes  qui  sont  dans  les  montagnes  de  Maddaï  (vers 
•■  Hôlwan)  et  qui  sont  nommés  Taïrahites  (Uwlv»!-),  descendit  des  montagnes 
"  et  causa  de  grands  dégâts  dans  ces  pays  (vers  Mossoul)  ;  les  troupes  perses 
"  se  réunirent  contre  eux  et  en  tuèrent  beaucoup.  Les  (Taïrahites)  n'embrassè- 
•  rent  pas  l'islamisme,  mais  ils  persévérèrent  dans  leur  première  idolâtrie  et 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     189 

hommes  de  'Adi  qui  étaient  musulmans  (1),  des  Kurdes  Taïrahites,  qui 
formaient  plus  de  1 .000  tentes  (2) . 

11  y  avait  aussi  dans  le  couvent  l'usage  suivant  :  chaque  année  le 
supérieur  du  monastère  se  rendait,  accompagné  de  quelques  moines,  à 
Jérusalem  pour  la  visite  des  Lieux  Saints.  Pendant  son  absence,  les  affaires 
du  couvent  étaient  régies  par  'Adi  selon  sa  coutume.  Mais,  quand  mou- 
rurent les  parents  de  ce  dernier,  les  rapports  se  brouillèrent  parce  que 
ses  deux  fils,  Charaf  ed-Din  Mohammed  et  Chams  ed-Din  (3),  qui  se 
marièrent,  à  l'exemple  de  leur  père,  à  des  femmes  mongoles-tartares, 
troublaient  beaucoup  le  monastère  sans  que  leur  père  les  en  détournât. 
C'est  pourquoi  le  supérieur  du  couvent  retira  à  'Adi  la  direction  des 
villages  et  des  moulins  et  ne  laissa  entre  ses  mains  que  la  garde  des 
troupeaux  de  moutons  seulement.  Cet  acte  devint  l'occasion,  par  la  malice 
de  'Adi  et  de  ses  deux  fils,  d'un  grand  désordre  dans  les  affaires  du  couvent. 

'Adi  poussa  l'ingratitude  jusqu'à  voler  un  jour  un  mulet  du  couvent, 
sans  rougir  des  bienfaits  qu'il  avait  reçus  du  supérieur  d'alors.  Somme 
toute,  le  traître  'Adi  fit  beaucoup  de  mal  aux  moines  sans  que  personne 
l'en  reprît  ou  l'en  détournât,  car,  à  cette  époque,  tous  les  pays  et  contrées 
étaient  bouleversés  et  troublés  par  les  guerres  des  chrétiens  et  des  musul- 
mans (4)  en  Palestine  pour  Jérusalem  et  les  côtes  maritimes  (5). 

Le  supérieur  du  monastère  dut  enfin  le  réprimander  durement,  parce 
qu'il  ne  lui  laissait  point  de  repos  par  ses  vexations,  et  il  l'avertit  qu'il 
l'accuserait  à  la  ville  auprès  des  juges.  Le  malheureux  coupable  profita 
du  départ  de  ce  supérieur  et  de  ses  compagnons  pour  Jérusalem  selon 
l'usage,  qui  eut  lieu  avant  le  jeune  de  Notre-Seigneur  (6),  pour  molester 
plus  librement  le  couvent,  se  venger  sur  le  reste  des  moines  et  satisfaire 
sa  cupidité  pour  les  biens  du  couvent  et  des  moines.  Ces  derniers,  saisis 
de  crainte,  lui  donnaient  tout  ce  qu'il  exigeait  pendant  l'absence  de  leur 
supérieur  et  personne  n'osait  le  contrarier. 

Sur  ces  entrefaites,  environ  quarante  cavaliers  arrivèrent  de  Jérusalem  ; 


•  la  religion  de  Zoroastre  (I^^ao^).  h  y  avait  de  plus  entre  eux  et  les  musul- 
«  nians  une  inimitié  mortelle.  »  Voir  P.  Bedjan,  Chronîcon,  page  420.  On  voit 
que  les  Yézidis  étaient  une  branche  des  Taïrahites. 

(1)  Les  mss.  portent  U'»»^^^'^»  au  lieu  de  U'»*^^^»»,  sans  doute  sous  l'influence 
de  l'arabe  qui  ponctue  mou. 

(2)  Étant  nomades,  les  Yézidis  à  cette  époque,  comme  la  plupart  de  ceux 
d'aujourd'hui,  habitaient  des  tentes  et  formaient  une  secte  à  part,  indépendante 
et  alliée.  —  La  tente  se  compose,  en  chiffre  rond,  de  5  personnes  ou  une  famille  : 
1.000  tentes  contiendraient  donc  environ  5.000  personnes. 

(3)  [Le  résumé  qui  figure  plus  loin  fait  connaître  un  troisième  fils  d"Adi, 
nommé  Fakr  ed-Din.  Bar  Hébraeus  suppose  aussi  l'existence  de  ce  troisième  fils.] 

(4)  Voir  note  1. 

(5)  L'auteur  entend  par  ces  guerres,  les  croisades  des  chrétiens  qui  se  dérou- 
laient à  cette  époque  (xni°  siècle)  en  Palestine,  pour  la  délivrance  de  la  Terre 
Sainte. 

(6)  Le  carême  s'appelle  en  Orient  «  le  jeûne  de  Notre-Seigneur  ». 


190  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

c'étaient  des  voleurs  qui  se  mirent  sous  Tautorité  de  'Adi,  et  lui  racon- 
tèrent tous  les  événements  ei.  les  faits  qui  s'étaient  passés  en  Palestine  et 
en  Syrie;  ils  lui  apprirent  la  marche  des  événements  et  comment  les 
couvents,  les  monastères,  les  villages  et  les  villes  avaient  été  pillés  et 
<  détruits. 

Ayant  entendu  toutes  ces  communications,  'Adi  se  décida  à  prendre  le 
bâton  et  à  chasser,  ce  jour-là  même,  tous  les  moines,  s'il  n'avait  reçu,  au 
même  moment,  un  envoyé  de  la  part  d'un  chef  des  Kurdes  Taïrahites 
qui  habitaient  les  montagnes  de  Médie  sur  les  rives  du  grand  Zab  (1). 

Il  se  contenta  en  Ce  moment  d'entrer  dans  le  couvent  et  d'exiger  de  la 
nourriture  et  des  boissons  pour  ce  chef  qui  l'avait  envoyé  mander.  Les 
moines,  effrayés,  lui  offrirent  de  plus  6  charges  remplies  de  présents  et 
de  cadeaux  pour  son  voyage.  'Adi  se  mit  en  route  en  se  faisant  accom- 
pagner de  près  de  1.000  personnes  de  sa  maison.  Quand  ils  furent  arrivés 
près  des  Taïrahites,  ils  revinrent  ensuite,  à  nouveau,  dans  le  pays,  et  y 
commirent  de  grands  ravages  et  massacres.  'Adi  rentra  donc  triomphant, 
accompagné  des  hommes  de  sa  maison,  avec  un  riche  butin. 

A  la  suite  de  ces  dévastations,  'Adi,  l'infâme,  se  jeta  sans  pitié  sur  le 
couvent,  le  pilla  et  en  massacra  tous  les  moines,  sans  en  épargner  aucun, 
sinon  un  seul  religieux  qui  gisait- alors  sur  son  lit  de  douleur,  presque 
mourant  (2). 

Trois  semaines  après  lé  massacre  des  moines,  au  commencement  du 
printemps  (3),  'Adi  se  transporta  au  couvent  avec  toute  sa  nombreuse 
famille,  s'en  rendit  maître,  y  fixa  sa  résidence  et  le  fit  la  propriété  exclu- 
sive de  sa  maison  (4). 


(1)  Le  grand  Zab  et  le  petit  Zab  :  deux  rivières  de  la  Turquie  d'Asie,  toutes 
deux  alfluentes  du  Tigre.  —  Le  grand  Zab  (Zabatus  major  ou  Lycus  des  anciens) 
sort  des  montagnes  du  Kurdistan  et  se  jette  dans  le  Tigre  au  sud-est  de 
Mossoul.  —  Le  petit  Zab  (Zabatus  minor  ou  Caprus  des  Grecs)  coule  au  sud- 
ouest  et  se  jette  dans  le  Tigre  à  70  k.  au-dessous  du  confluent  du  grand  Zab. 

(2)  L'hymne  acrostique  chantée  par  ce  moine  pendant  le  massacre  de  ses 
frères  par  'Adi  nous  apprend  qu'il  se  nommait  Mathias  pKi  (voir  ci-dessous). 

(3)  D'après  l'analyse  des  faits  écrite  par  l'auteur  lui-même  à  la  fin  du  docu- 
ment, le  massacre  des  moines  par  Cheikh  'Adi  eut  lieu  le  7  avril  1509  des 
Grecs  (1198),  [ou  plutôt,  voir  ci-dessus,  p.  14G-8,  en  1219]. 

(4)  Ischô'yahb,  dit  Bar-Mqadam  >«»û-»o  i^  ooui.û*.*^  Métropolitain  d'Arbelles, 
qui  vécut  en  plein  xv  siècle,  et  qui  était  donc  contemporain  de  notre  auteur, 
confirme  tous  ces  faits  et  l'usurpation  d"Adi  :  dans  une  longue  hymne  métri- 
que, composée  par  cet  éminent  écrivain  nestorien,  en  l'honneur  des  saints 
moines  de  la  Chaldée  et  des  Fondateurs  des  couvents  nestoriens,  Ischô'yahb, 
en  parlant  du  couvent  de  Mar-Youhanan  et  Icho'Sabran  et  de  sa  prise  par 
'Adi,  s'exprime  ainsi  : 

IiLm    .  ^«  I  -)    . ..  Kl»    Iv^tooj.   ai.30    ....    yVào   yr^oâo    yOOiISjiOr.3    ojlS    .  ^i  ..o  .o    y,  -iwvot^ 
oô)^   pMp'   ...  ^*i^<v>^   O001   |>ov.3ajio    ...    <^N  «.lyva  oooi   )  ..Nae   ^{   ...   ^pv^a^  '^^    yay.  )Lk^ 
|i>aft\l.o   yIS.âoau    y.\\    <.A^o.(>    oc>)   .^^|>    |C>-m{    î^O)    >a^l-    .  .m  .\:>o  |p.£o    |l-{;    .^:^oo^    )j>oa.i 
ipeox'S    ^«    ov3bCQjo  .^oju   ^jLâo    y>La^    )^o    ....    yViNtn'bo    «-^^  ^;|.^    opoji    .  ^«^   joot   |èoi 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.    191 

Un  mois  environ  après  le  massacre,  c'est-à-dire  au  mois  de  mai,  le 
supérieur  du  couvent  (1)  était  de  retour  de  son  pèlerinage  de  Jérusalem. 
On  le  conduisit  avec  les  quelques  moines,  ses  compagnons,  devant  'Adi 
à  l'endroit  du  couvent  où  était  assis  cet  usurpateur.  L'assassin,  en  le 
voyant,  fit  semblant  de  ne  pas  le  connaître  et  lui  demanda  frauduleusement  : 
«  Qui  es-tu,  ô  misérable,  et  que  t'arriva-t-il ?  »  —  «  Je  suis,  lui  répliqua 
«  le  supérieur,  le  directeur  de  ce  couvent  que  tu  habites  en  ce  moment; 
«  à  notre  retour  de  Jérusalem  les  brigands  en  chemin  se  jetèrent  maintes 
«  fois  sur  nous  et  nous  dépouillèrent  et  nous  mirent  dans  l'état  où  tu 
«  nous  vois;  maintenant  je  rentre  dans  mon  couvent  parce  qu'il  est  notre 
«  domaine  et  que,  toi,  tu  n'as  pas  le  pouvoir  de  nous  le  prendre  par  force 
«  et  d'en  massacrer  les  moines;  quitte-le  donc  à  l'instant,  sans  retard.  » 
'Adi,.  emporté  de  colère,  lui  répliqua  :  «  C'est  par  l'épée  que  j'en  suis 
«  devenu  le  maître  et  non  point  par  héritage;  va-t'en  vite  et  fais  ce  qu'il 
«  te  plaira  et  sors  sur-le-champ,  vivant,  avant  que  je  ne  te  mette  à  mort.  » 
Le  supérieur  et  ses  compagnons,  désespérés,  prirent  congé  de  'Adi  et  se 
rendirent  en  Perse  auprès  du  chef  de  la  religion  des  Mongols.  A  leur 
arrivée,  ils  entrèrent  chez  lui  les  habits  déchirés  et  la  cendre  sur  leurs 
tètes  et  pleurèrent  amèrement  devant  lui  en  chantant  des  hymnes  lugu- 
bres et  des  lamentations  sur  le  couvent  et  les  moines  massacrés  (2). 

Les  voyant  ainsi  pleurer  et  se  lamenter,  l'émir  Batou  fut  profondément 
ému  (3)  et  donna  ordre  à  ses  serviteurs  d'entourer  d'honneur  le  supérieur 


....^a./>^  (.Mp-  ^;|.^  y-»-*-   .^'poo   ;j   ^'^>a^ 

«  Ichô'Sabran  et  Youhanan  se  fixèrent  à  leur  place  par  ordre  du  Seigneur  et 
«  y  bâtirent  un  couvent  glorieusement  construit,  rempli  de  prodiges  et  de 
«  miracles;  ils  ont  été  comme  le  sel  de  notre  pays  et  la  gloire  des  chrétiens  ... 
«  jusqu'à  ce  jour-là,  de  notre  temps,  où  est  venue  l'ennemie,  notre  perturba- 
«  trice,  la  descendance  (la  race)  d'Agar,  la  servante  de  notre  mère  (il  veut  dire 
«  les  musulmans  qu'on  croit  les  fds  d'Ismaël,  fils  d'Agar).  Cette  race  rendit  nos 
«  jours  difficiles  :  un-certain  musulman  nommé  'Adi  devint  l'élèv^e  du  Rabbàn 
«  (supérieur  du  couventj,  vola  notre  trésor  (le  couvent)  et  devint  notre  persé- 
«  cuteur,  et  des  Ismaélites  (musulmans)  sans  nombre  devinrent  ses  subordonnés 
«  en  tous  leurs  devoirs.  Le  nom  du  couvent  reste  dans  tout  lieu  et  partout 
<'  Cheikh- 'Adi  jusqu'à  ce  jour...  »  C'est  la  plus  éclatante  confirmation  en  faveur 
de  ce  qu'écrit  notre  auteur  avec  une  si  grande  simplicité  et  exactitude.  —  Nous 
possédons  une  copie  de  cette  hymne  d'Ichô'yahb  Bar-Mqadam,  encore  inédite 
à  ce  qu'il  semble.  —  [Ce  passage  a  été  cité  par  M.  Siouffi  d'après  un  manuscrit 
(le  Warda)  de  l'église  de  Karamlès  (l'ancienne  Gaugamela?)  à  quatre  heures  de 
Mossoul;  cf.  Journal  asiaUque,  \in'  série,  t.  V  (1885),  p.  Si]. 

(1)  L'hymne  acrostique  ciiantée  par  le  supérieur  du  couvent  devant  le  prince 
mongol  à  qui  il  avait  porté  ses  plaintes,  nous  apprend  que  ce  supérieur  se 
nommait  jl/«n  ^-U^  (voir  ci-dessous). 

(2)  Voir  ci-dessous,  les  hymnes  ou  plutôt  les  lamentations  chantées  par  le 
supérieur  et  ses  moines  devant  le  prince  mongol. 

(3)  Cet  émir  serait-il  le  prince  Batou-Rhan,  petit-fils  de  Gengis-Khan,  qui  reçut 
en  partage  après  la  mort  de  ce  dernier  (1227)  le  Kapchak,  la  Russie  méridio- 


\ 

192  REVUE   DE   l'orient   CHRÉTIEN. 

opprimé  et  ses  moines,  et  d'avoir  bien  soin  d'eux  jusqu'à  ce  que  ses 
armées  se  rendissent  à  la  contrée  d'Arbelles  ;  puis  il  fournit  à  ce  supérieur 
et  à  ses  compagnons  les  vêtements  nécessaires,  les  dépenses  et  la  subsis- 
tance pour  six  mois. 

Le  supérieur  du  couvent  demeura  (avec  ses  compagnons)  dans  ce  pays 
de  Khoraçan  pendant  un  an,  jusqu'à  la  rentrée  des  armées  mongoles  à 
Arbelles  (1),  parce  qu'à  cette  époque  les  Tartares  et  les  Mongols  se  livraient 
des  batailles  dans  le  Kharzim  et  le  Khoraçan  (2),  et  c'était  en  l'année  619 
des  Arabes  (3),  c'est-à-dire  trois  ans  après  la  prise  par  'Adi  du  couvent 
glorieux  de  Mar-Youhanan  et  Ichô'Sabran,  sous  le  règne  des  deux  califes 
Daher  et  Mostansir  (4). 

Après  la  fin  des  guerres  de  ces  régions,  ordre  fut  donné  à  un  certain 
émir  nommé  Tuman  ^piooi.  (5),  neveu  de  Gengis-Khan,  d'amener  'Adi  le 
Kurde  pour  voir  quel  fut  le  motif  du  massacre  des  moines  du  couvent. 
L'émir  se  mit  en  chemin  avec  1.000  soldats  cavaliers  mongols  et,  arrivant 
à  Chahrzor,  il  s'y  fixa  et  de  là  il  envoya  un  seul  cavalier  chercher  'Adi  le 
Kurde. 

L'envoyé  se  rendit  et  vint  communiquer  à  'Adi  le  sujet  de  sa  mission. 
'Adi,  sans  rien  prétexter,  monta  sa  jument  et  se  rendit  avec  l'envoyé 
auprès  de  l'émir  Tuman.  Arrivé  en  présence  de  ce  dernier,  l'usurpateur  se 
prosterna  devant  lui  selon  l'usage.  L'émir  le  questionna  sur  le  couvent  et 
le  massacre  des  moines  et  sur  le  motif  de  cet  acte  de  barbarie.  'Adi  répon- 
dit :  «  Maître,  je  n'ai  tué  personne  d'entre  eux;  mais  ce  sont  les  Kurdes 
«  Taïrahites  qui  se  jetèrent  sur  toute  la  région,  l'envahirent,  et  firent 
«  partout  des  massacres,  des  ruines  et  des  pillages  et  s'enfuirent.  Voyant 
«  qu'ils  étaient  nombreux  et  puissants,  j'ai  dû  garder  le  silence;  le  cou- 
«  vent  ayant  été  désert  à  la  suite  de  cet  envahissement,  j'y  ai  anîené  tous 
«  les  membres  de  ma  famille  pour  qu'il  ne  fût  pas  vacant  et  nous  y  avons 
«  habité  jusqu'à  ce  jour  pour  le  garder.  »  L'émir  ordonna  finalement 


nale,  etc.,  et  mourut  en  1276?  Voir  P.  Bedjan,  Histoire  de  Mar-Jabalaha  III, 
page  93  et  suivantes.  —  Chronicon  de  Barhébraeus,  page  456  et  suivantes,  et  580 
[M.  d'Ohsson,  Hist.  des  Mongols,  t.  II,  p.  334,  place  la  mort  de  Batou  en  1256]. 

(1)  Petite  ville  du  Kurdistan  appelée  aujourd'hui  Arwil  J^,^X 

(2)  Kharzim  et  Khoraçan.  —  Kharzim  était  une  région  du  Turkestan  occi- 
dental et  le  Khoraçan,  une  partie  de  l'Arie,  contrée  de  la  Perse. 

(3)  L'année  619  des  Arabes  va  du  15  févi'ier  1222  au  3  février  1223. 

(4)  Daher  régna  de  1226  à  1243  et  Mostansir,  le  dernier  calife  d'Orient,  de 
1243  à  1258.  —  Si  la  prise  du  couvent  eut  lieu,  d'après  notre  écrivain,  en  1198, 
comment  alors  expliquer  cet  anachronisme  de  50  ans?  Et  comment  se  fait-il 
que  la  3'  année  de  la  prise  du  couvent  correspondait  à  l'année  619  des  Arabes 
(1222)??  Comment  expliquer  cette  différence  de  près  de  23  ans?  —  [Nous  nous  en 
tiendrons  à  la  présente  date  et  placerons  la  prise  du  couvent  par  'Adi  en 
1219,  la  plainte  du  supérieur  en  619  des  Arabes  (1222-3)  et  la  mort  d"Adi  au 
plus  tôt  en  1223.  Nous  corrigerons  en  conséquence  les  dates  de  l'analyse  ajoutée 
à  la  fin,  au  lieu  de  partir  de  ces  dates  pour  corriger  celle-ci.] 

(5)  Tuman  était  fils  de  Otkin  <3to/,  frère  de  Gengis-Khan,  Chronicon,  p.  411. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    VÉZIDIS.    193 

(ramener  'Adi  à  la  ville  de  Maraghà  en  Perse  où  résidait  le  ^rand  Khan  (1)  ; 
c'est  là  qu'ils  le  jugèrent  et  (qu'ils  le  tuèrent  en  novemlire  r2}. 

Les  deux  fils  de  'Adi  (qui  ignoraient  le  sort  fatal  qu'avait  subi  leur 
père)  se  rendirent  à  Nisibe  avec  500  cavaliers  de  leur  famille  et  se  mirent 
au  service  de  l'émir  mongol  (Tuman).  Charaf  ed-Din  Mohammed  et  Tuman 
pillèrent  ensemble  les  régions  de  Nisibe  et  retournèrent  ensuite  au  cou- 
vent dont  la  cause  faisait  le  but  de  la  mission  de  l'émir.  Charaf  ed-Din  et 
Chams  ed-Din,  fils  de  'Adi,  no  connaissaient  pas  jusque-là  la  peine  de  mort 
de  leur  père,  comblèrent  l'émir  Tuman  de  présents  et  de  riches  dons  de 
toute  sorte  et  le  supplièrent  beaucoup  en  sa  faveur. 

Un  mois  après,  Tuman  et  son  armée  rentrèrent  auprès  du  grand  Klian 
et  lui  parlèrent  des  fils  de  'Adi  le  Kurde  et  comment  ils  étaient  toujours 
en  révolution,  et  <iu"ils  étaient  d'ailleurs  deux  hommes  vaillants  et  cou- 
rageux, à  la  tète  de  plus  de  1.500  combattants  implacables  et  intrépides, 
et  qu'il  fallait  les  dompter.    • 

Lorsque  le  grand  Khan  et  les  princes  de  sa  famille  entendirent  cela, 
ils  réfléchirent  beaucoup  et,  après  un  long  silence,  un  des  émirs  du  roi 
nommé  Sounati  (3)  Khan  reçut  du  grand  Khan  l'ordre  d'arranger  cette  affaire. 

Le  supérieur  du  couvent  (Mari)  et  ses  religieux  demeurèrent  à  Maraghà 
en  Perse  en  attendant  que  Sounati  vînt  dans  la  contrée  avec  son  armée. 
Le  supérieur  eût  voulu  l'accompagner  pour  rentrer  dans  son  couvent; 
mais  le  grand  Khan  lui  ordonna  de  demeurer  en  Perse  jusqu'à  ce  qu'on 
eût  saisi  les  fils  de  'Adi  et  qu'on  les  eût  fait  mourir,  après  quoi  ils  retour- 
neraient dans  leur  couvent  et  feraient  ainsi  sa  volonté.  Le  grand  Khan 
leur  traça  cette  ligne  de  conduite  à  cause  des  troubles,  des  agitations  et 
des  guerres  qui  avaient  dieu  en  Palestine  à  cette  époque. 

En  ces  jours-là,  Sounati  et  Bajo-Nowin  (4)  envahirent  avec  une  grande 
armée  la  région  des  Kaptchakiens  et  des  Bulgares  (5).  Bajo-Nowin  conquit 
celle  d'Arzan  er-Roum  (6)  à  l'aide  d'une  armée  formidable  de  Tartares  et 


(1)  Ce  grand  Khan  était  le  célèbre  Houlagou,  au  dire  de  notre  écrivain  (voir 
ci-dessous,  mais  nous  pensons,  puisque  'Adi  fut  tué  en  1201,  qu'il  s'agit  ici 
plutôt  de  Gengis-Khan  lui-même  (lUM-1227).  ['Adi  n'a  pas  été  tué  avant  1223]. 

(2)  D'après  ce  qu'on  lit  à  la  fin  de  cet  écrit,  'Adi  aurait  été  tué  en  novem- 
bre 1201  '[au  plus  tôt  en  novembre  1223.  La  date  de  1223  est  vraisendalable 
et  celle  de  1201  impossible,  car  d'après  d'Ohsson,  Histoire  des  Mongols,  t.  1, 
p.  328-30,  c'est  en  1221  que  les  Mongols  rançonnèrent  Tabriz,  prirent  Marar/a 
et  marchèrent  sur  Arbelles]. 

(3)  Sounati-Klian  était  général  des  armées  mongoles.  —  V.  Bedjan,  Chronicon, 
page  460. 

(4)  ûs^V*  ou  û*-^»  était  le  général  on  chef  des  armées  tartares.  Dans  son 
Chronicon  (édition  Bedjan,  page  497)  Barliébraeus  a  consigné  tous  ces  faits  et  voici 
ses  propres  termes  au  sujet  de  Bajo-Nowin  :  •-  En  cette  année- (1560  des  Ch'ocs, 
«  1204),  Bajo-Novin,  le  chef  de  l'armée  des  Tartares,  marcha  contre  Arzan- 
"  er-Roum...  » 

(3)  L'envahissement  des  Kaptchakiens  et  des  Bulgares  eut  lieu  en  1203. 
(G)  Arzan  er-Roum,  c'est-à-dire  Arx  Romanorum,  est  la  ville  actuelle  d'Erze- 
roum  en  Arménie  turque. 

OKIENT   CtniÉTIKN.  13 


lî^i  revlt:  de  l'orient  chrétien. 

reçut  Tordre  d'exterminer  la  race  de  tous  les  Ismaélites  jusqu'au  der- 
nier (1).  Azz  ed-Diii;  le  sultan  d'Iconium  (2),  leva  alors  de  grandes  troupes 
de  Mèdes,  de  Kurdes  et  de  Turcomans  et  leur  douua  pour  général  en 
chef  Charaf  ed-Din  Mohammed,  fils  de  Cheikh  Adi(;j).  et  lui  assigna  pour 
résidence  la  ville  do  Hisna-Zaïd  (4),  où  il  se  fixa  jusqu'à  l'arrivée  des 
Tartares  qui  lui  livrèrent  une  terrible  bataille  et  tuèrent  beaucoup  de 
ses  soldats  (5).  Charaf  ed-Din  quitta  Hisna-Zaïd  la  nuit  dans  le  but  d'envahir 
les  iles  (la  Mésopotamie?),  mais  les  soldats  d'Angurc-Nowin  (6)  l'atteigni- 
rent et  le  tuèrent  devant  la  place  nommée  Kammah  au-dessus  de  Gizi- 
rah,  avant  l'arrivée  du  Sultan  Azz  ed-Din  (/;. 

Ayant  reçu  du  grand  Ivlian  après  cette  victoire  l'ordre  de  descendre  à 
Bal)ylone,  Bajo-Nowin  leva  ses  troupes  et  se  mit  en  route.  Ils  arrivèrent 
(Bajo-Nowin  et  ses  soldats)  en  novembre  à  Mossoul,  mais  ne  firent  aucun 
mal  aux  mossouliotes  parce  que  leur  roi  Saleli.  fils  de  Bedr  ed-Din.  venait 
de  rentrer  du  service  du  grand  Khan  avec  sa  femme  Turcan-Khatoun, 
fille  de  Khourzam-Chah  (habillée  à  la  mode  des  femmes  mongoles),  qui  lui 
était  donnée  en  mariage  (8). 

(1)  Ismaélites  :  c'était  le  nom  (^ue  donnaient  les  chrétiens  du  moyen  âge  aux 
musulmans.  Barhébraeus  {loc.  cil.,  page  197)  confirme  aussi  l'ordre  de  cet  acte 
barbare  en  ces  termes  :  ■<  L'ordre  fut  donné  que  la  race  des  Ismaélites,  hommes 
«  et  femmes,  fût  exterminée  partout  où  elle  se  trouvait.  » 

(2)  Azz  ed-Din.  sultan  d'Iconium  (auj.  Konieh,  vilayef  de  Turquie),  régna  de 
1215  à  I26I.  —  L'envahissement  de  son  territoire  dont  parle  l'auteur  eut  lieu 
en  1250. 

(3)  Notre  auteur  est  parfaitement  d'accord,  en  tout  ce  qu'il  écrit  ici,  avec  le 
Judicieux  Barhébraeus  qui  dit  de  Charaf  ed-Din  :  «  Il  (Azz  ed-Din)  vint  à  Ilisna- 
"■  Zaïd  et  envoya  chercher  en  Orient  deux  grands  kurdes;  le  premier,  Charaf 
<■  ed-Din  Ahmed,  fils  de  Bêlas,  et  lui  donna  Mélitène  (auj.  Malatia);  le  deuxième, 
«  Charaf  ed-Din  Mohammed,  fils  de  Cheikh  'Adi.  et  lui  désigna  Hisna-Zaïd.  » 
Chronicon,  page  498,  sous  l'année  1256/7.  Cf.  Chron.  eccL,  I,  725. 

(4)  irisua-Zaïd,  ville  delà  Turquie  d'Asie  entre  Diarbékir  et  Kharpout,  appelée 
aujourd'hui  i-^a  '•P  Khartabarl  (voir  aussi  Chronicon,  p.  281). 

(5)  Voir  Chronicon,  p.   198. 

(6)  Augurc-Nowin  était  aussi  un  des  généraux  célèbres  de  l'armée  mongole. 
Chronicon,  p.  198. 

(7)  Cette  triste  fin  du  fils  d"Adi,  l'usurpateur,  telle  que  la  rapporte  notre 
auteur,  est  absolument  conforme  avec  les  données  de  Barhébraeus  :  «  L'autre 
"  (général),  le  fils  de  Cheikh  'Adi  qui  demeurait  à  Ilisna-Zàïd,  se  transporta 
«  devant  Kammah  pom^  arriver  au  secours  du  Sultan  Azz  ed-Din  et,  là-bas,  les 
"  soldats  d'Augurc-Nov\in  l'atteignirent  et  le  tuèrent...  »  Chronicon,  p.  498. 

(8)  En  ce  qui  concerne  Salili,  roi  de  Mossoul,  voici  les  termes  de  Barhébraeus  : 
"  Au  coamiencement  de  l'année  1509  (1257),  au  mois  de  noAcmbre,  arriva  à 
«  Mossoul  Bajo-No\\in  et  il  ne  molesta  pas  beaucotip  cette  contrée,  parce  que  le 
"  roi  Salih  fils  de  Badr  ed-Din,  maître  de  Mossoul,  venait  de  rentrer  ces  jours- 
"  kl  du  service  de  Iloulacou.  Turcan,  fille  de  Djeialed-Din  Kliorazm-Chah,  lui 
«  ("tait  donnée  pour  lémme  et  vivait  avec  lui,  (habillée)  à  la  mode  des  Rfon- 
<■  goles.  '■  Chronicon,  p.  499.  —  C'est  à  peu  près  le  mot  pour  mot  de  notre  écri- 
vain, ce  (jui  prouve  son  exactitude. 


UKCVEVu    DE    TKXTES    ET    DE    DOCU.MEN'I'S    SUR    LES    VÉZIDIS.    195 

Ayant  appris  le  massacre  de  Ciiaraf  ed-Din,  son  frère  Chams  ed-Din 
fils  de  Cheikh  Adi  le  Kurde,  prit  sa  femme  mongole,  ses  enfants  et  toute 
sa  famille  et  s'enfuit  la  nuit  en  Syrie  où  il  mourut  et  périt  (1). 

Tous  ces  événements  ont  eu  lieu  39  ans  après  le  massacre  des  moines  (2). 

D'après  les  histoires  ecclésiastiques  (lui  sont  à  Mai-aghd  dans  la  cellule 
du  patriarche  (3). 

L'affaire  du  couvent  traîna  beaucoup  à  cause  des  troubles  du  siècle  et 
des  rois.  Le  supérieur  du  couvent  finit  ses  jours,  avec  ses  compagnons, 
dans  les  monastères  de  la  Perse  et  le  couvent  demeura  désert  pendant 
plus  de  20  ans,  jusqu'à  l'avènement  d'Ahmed  Takhoudar,  roi  des  Tarta- 
res,  qui  se  fit  musulman  (4).  Les  fils  de  Charaf  ed-Din  et  de  Chams  ed- 
Din  (deux  fils  d"'Adi)  vinrent  trouver,  avec  leurs  mères  mongoles,  le 
grand  Khan  Ahmed,  le  roi  des  ïartares,  et  le  supplièrent  de  leur  donner 
le  couvent. 

La  demande  de  ces  femmes  fut  appuyée  par  les  émirs  turcs  et  kurdes, 
par  les  prières  de  ces  derniers  auprès  du  roi  qui  leur  donna  enfin  défini- 
tivement le  couvent  et  en  fit  la  propriété  exclusive  de  leur  famille  par 
ordonnance  royale  (5). 


(1)  [Bar  Ilébraeus  nous  apprend,  plus  exactement,  que  deux  lils  do  Clioikh 
'Adi  se  firent  la  guerre  en  1275;  l'un  avait  une  femme  mongole,  ce  qui  lui  valut 
sans  doute  l'appui  des  Mongols  et  obligea  l'autre  (Chams  ed-Din)  à  fuir  en  Syrio. 
En  1276,  l'autre  frèi'e  (Fakr  ed-Din?)  fut  contraint  lui-même  de  fuir  «  avec  la 
femme  mongole  qu'il  avait  prise  des  Tartares  »  ;  il  se  réfugia  en  Egypte.  — 
En  r2<Sl,  le  fds  aîné  de  Cheikh  'Adi  qui  s'était  réfîigié  en  Syrie  (Chams  ed-Din) 
revint  à  l'ordou  (à  la  cour  d'Abaga),  et  chercha  à  s'excuser  de  sa  fuite,  mais  il 
fut  t'ondamué  et  mis  à  mort.  La  fuite  en  Egypte  et  en  Syrie  des  fils  de  Cheikh 
'Adi  s'explique  tout  naturellement  par  le  fait  qu'ils  savaient  devoir  y  trouver 
des  compatriotes,  car  quinze  ans  auparavant,  en  1260,  le  maître  do  Singar, 
'Ala  ed-Din,  fils  de  Badr  ed-Din.  maître  de  Mossoul,  s'était  réfugié  en  Egypte 
près  de  Bibars  qui  lui  avait  donné  Alep  en  Syrie  et,  en  12(U,  Sahib,  autre  (ils 
de  Badr  ed-Din.  maître  de  Mossoul,  n'était  ausxi  réfur/ié  en  Egypte.  Cf.  d'Ohsson, 
Histoire  des  Mongols,  III,  362.] 

(2)  Si  ces  événements  eurent  lieu  en  1257,  comme  nous  l'avons  dit,  et  que  le 
massacre  des  moines  arriva  en  1198,  l'intervalle  serait  de  5l>  ans  et  non  de  3!» 
comme  le  suppose  notre  écrivain.  [C'est  pourquoi  il  faut  placer  le  massacre  des 
moines  vers  1219]. 

(3)  Ce  titre  figure  en  marge  des  manuscrits,  écrit  à  l'encre  de  couleur,  et 
n'avait  pas  été  traduit  par  M,  Tfinkdji.  Il  est  écrit  en  face  des  trois  paragraphes 
suivants,  mais  semble  indiquer  que  l'auteur  a  utilisé  des  histoires  (sans  doute 
Bar  Hébraeus)  pour  rédiger  son  document. 

(1)  Ahmed  (surnommé  Takhoudar  de  son  nom  do  naissance)  s'était  fait  chré- 
tien avant  son  avènement  au  trône  et  avait  reçu  au  baptême  le  nom  de  Xicolas 
En  montant  sur  le  trône  en  1282,  il  apostasia,  se  déclara  musulman  et  prit  le 
nom  d'Ahmed.  11  fut  tué  en  1281,  après  2  ans  de  règne.  Voir  Bedjau,  Chronicon 
syriacum  de  Barhébraeus,  page  548.  Histoire  de  Mar  Jabalaha  III,  page  39.  — 
Ahmed  succéda  à  Abaga.  son  frère  (1265-1282),  fils  de  lloulacou. 

(.5)  Le  texte  porte  y^U,  terme  persan  qui  veut  ilire  :  ordonnance  royale;  la 
donMtion  par  Ahmed  s'est  faite  en    12N3. 


196  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Les  descendants  de  Cheikh  'Adi  devinrent  dès  lors  les  maîtres  et  posses- 
senrs  de  ce  célèhre  couvent  jusqu'à  ce  jour.  Le  couvent  reçut  depuis  le 
nom  de  Clieikh-'Adi  et  devint  le  domaine  de  sa  famille  sans  que  personne 
put  dans  la  suite  en  rappeler  les  épisodes  ou  prétendre  à  le  reprendre. 

Histoire  de  Yézid  de  qvi  descendent  les  Yézidis  (1). 

En  Tannée  970  des  Grecs  (G59)  naquit  Yézid  fils  de  Moawiah  et  il  devint 
un  homme  guerrier  et  intrépide.  Son  père  le  fit  le  chef  des  armées  et  son 
nom  acquit  une  grande  célébrité  auprès  de  tous. 

Un  jour,  un  juif  magicien  lui  prédit  par  la  magie  qu'il  deviendrait  roi. 
Ce  sorcier  dit  à  Yézid  et  lui  demanda,  quand  il  serait  sur  le  trône,  d'agir 
pendant  un  an  comme  il  le  lui  dirait.  Yézid  y  consentit.  Le  juif  lui  dit 
alors  :  «  Tu  seras  roi  et  tu  régneras  neuf  ans  (2)  et  tu  soumettras  tous  tes 
ennemis.  »  Yézid  lui  répondit  :  «  Je  te  ferai  mourir  s"il  n"en  est  pas  ainsi.  » 
Le  sorcier  juif  y  cpnsentit.  Lorsqu'en  effet  Yézid  devint  roi.  (c'est-à-dire 
Calife),  le  juif  lui  demanda  l'exécution  de  la  promesse  donnée.  Yézid  lui 
signifia  de  demander  ce  qu'il  voulait.  Le  juif  lui  dit  :  e  Brûle  les  livres  et 
les  images  dans  ton  empire  et  fais  aussi  périr  les  savants  de  toutes  les 
religions  qui  existent  dans  tes  états.  Par  ce  moyen  tu  triompheras  et  tu 
t'élévera  beaucoup  »  (3). 

Yézid  exécuta  parfaitement  le  conseil  exécrable  du  juif  diabolique  et  fit 
détruire  les  livres  et  les  images  et  fit  massacrer  beaucoup  de  savants 
parmi  lesquels  périrent  aussi  Hassan  et  Hocéïn.  Cette  persécution  dura 
trois  ans  (4). 

(1)  Yézid  I"'.  —  Ce  prétendu  Fondateur  des  Yézidis,  2'  Calife  Omniiade,  lils 
en  effet  de  Moawiah,  régna  à  Damas  de  680  à  683,  vainquit  Hocéïn  fils  d'Ali  et 
fit  rude  guerre  au  rebelle  Abdallah.  —  Son  nom  est  en  exécration  chez  les 
Chiites  (voir  Diclionnaire  Universel  d'histoire  et  de  géographie^  par  Bouillet, 
page  1907).  Voir  aussi  les  Yézidis,  article  publié  dans  Al-Machriq  par  le 
P.  Anastase,  II""  année,  1899,  page33.  —  Barhébraeus,  Chronicon,  page  110.  [C'est 
un  lait  que  des  musulmans  du  xnr  siècle  donnaient  déjà  le  nom  de  Yézidis 
aux  sectateurs  d"Adi  (v.  supra,  p.  152);  c'est  peut-être  pour  expliquer  ce  fait 
qu'on  les  a  rattachés  à  Yézid  I  ou  II.  Il  paraît  plus  vraisemblable  que  les 
musulmans  les  ont  confondus  avec  les  Yézidis,  partisans  de  Yézid  ibn  Anisa 
d'après  qui  Dieu  devait  envoyer  un  apôtre  du  milieu  des  Perses  avec  un  livre 
révélé  en  une  fois  pour  renverser  la  religion  de  Mahomet.  Cf.  Schahrastani, 
trad.  Th.  Haarbriicker,  Halle,    1850,  p.   153]. 

(2)  Yézid  cependant  ne  régna  que  3  ans  (680-683)  et  8  mois.  —  Chnmicon,  p.  IIO. 

(3)  [Cette  histoire  est  racontée  de  Yézid  II  (721-724),  et  non  do  Yézid  I,  par 
Théophane  (Chron.,  éd.  de  Bonn,  I,  401);  elle  a  été  reprise  et  embellie  par 
Georges  le  moine  (p.  629)  et  a  passé  de  là  chez  Léon  le  grammairien  (p.  173) 
et  Cédrénus  (I,  788)  aussi  bien  que  chez  Michel  Cdycas  (p.  521),  Constantnv 
Manassé  (p.  180,  v.  4204)  et  Zonaras  (p.  339-341).] 

(4)  Haçan  ou  Hassan,  5°  Calife,  fils  d'Ali  et  de  Fatime,  serait  mort  empoi- 
sonné en  669  par,  le  fils  de  Moawiah  (son  compétiteur).  11  est  en  grande  vém''- 
ration  chez  les  Chiites  (voir  Dict.  Univ.  d'hist.  et  de  géogr.,  par  Bouillet,  p.  771). 
•<  Hocéïn,  frère  de  Haçan,  après  la  mort  de  ce  frère  (669),  fut  considéré  comme 


r.ECUEIL    DK    TEXTES    KT    I>E    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     1*.»7 

Le  3  septembre  de  l'année  999  des  Grecs  (087),  Yézid  livra  de  grandes 
et  rudes  guerres  aux  Arabes  et  beaucoup  de  soldats  périrent  des  deux 
partis,  environ  40.000  victimes,  depuis  Bassorah  et  Koupha  jusqu'au 
Ivhazer  (1)  dans  les  régions  de  Ninive  et  d'Arbelles  (2). 

Après  ces  événements,  Yézid  envoya  des  prédicateurs  pour  dire  et  prê- 
cher ainsi  aux  hommes  :  «  Croyez  en  un  seul  Dieu  caché  et  que  Yézid  est 
son  médiateur,  et  qu'il  n'y  a  ni  prière  ni  lecture.  Quiconque  ne  croit  pas 
à  cette  religion  sera  tué  ».  et  ainsi  de  son  vivant  même  Yézid  eut  beaucoup 
d'adeptes. 

Après  la  mort  de  Yézid,  il  y  eut  un  grand  massacre  à,  Damas  (3)  parce 
que  le'roi  (Calife)  qui  lui  succéda  sur  le  trône  n'adopta  pas  sa  religion 
mais  embrassa  l'enseignement  de  Ma>liomet  (4)  et  il  expulsa  de  Damas 
tous  les  partisans  de  Yézid  et  il  les  exila  dans  les  régions  lointaines  des 
montagnes  de  Zozan  et  en  Perse  et  il  en  massacra  des  milliers.  Ceux  qui 
échappèrent  au  massacre  étaient  d'ailleurs  regardés  comme  des  branches 
sèches  et  des  gens  vils  et  exécrables  jusqu'à  l'année  1190  des  Grecs  (879) 
où  parut  Ahmed  le  grand-père  de  Cheik  'Adi  qui  devint  leur  chef.  Après 


«  Cahfe  légitime  i)ar  les  Chiites.  Il  vivait  en  paix  à  la  Mecque,  lorsque  après  la 
..  mort  de  ftloauiah  (6!S0)  il  fut  apjjelé  à  Kout'a  par  les  habitants  de  cette  ville 
..  qui  lui  promettaient  de  le  reconnaître  pour  Calife  :  il  se  rendit  à  cette  invita- 
"  tion,  accompagné  .seulement  d'une  centaine  d'hommes;  mais  il  l'ut  ai'rèté 
..  dans  sa  marche  et  mis  à  mort  par  les  troupes  de  Yézid,  fds  do  Moawiah,  qui 
"  s'était  t'ait  proclamer  Calife;  il  périt  à  quelque  distance  au  S.-O.  de  Bagdad, 
«  dans  les  plaines  voisines  de  Kerbéla,  au  lieu  qu'on  nomma  depuis  tombeau 
'■  de  Hucéïn.  Ce  lieu  est  regardé  par  les  Chiites  comme  sacré  et  est  pour  eux 
"  un  but  de  pèlerinage.  Le  jour  anniversaire  (10  octobre)  de  la  mort  de  llocéïn 
..  est  pour  les  Chiites  un  jour  néfaste.  »  Bouillet,  Dicl.  Univ.,  page  860,  Mot 
Hussein  ou  Hocéïn. 

(1)  Bassorah,  grande  ville  de  Turquie  d'Asie,  siège  d'un  vilayet  de  son  nom; 
Koufa  (auj.  en  ruine),  ville  de  la  Turquie,  à  140  k.  au  sud  de  Bagdad.  Fondée  en 
636  sous  Omar  après  la  destruction  de  Ctésiphon,  elle  fut,  avant  Bagdad,  la 
résidence  des  Califes  d'Orient  et  une  des  villes  les  plus  importantes  de  l'Asie, 
détruite  au  ix"  siècle.  Kliazer,  rivière  de  la  Mésopotamie,  au  nord-est  de  Mossoul, 
se  jette  dans  le  Tigre. 

ijl)  Dans  sou  Chronicon,  page  110,  le  judicicu.x  Barhébraeus  place  cette  guerre, 
Mon  sous  le  règne  de  Yézid,  mais  sous  celui  de  son  successeur  Moawiah  II,  et 
voici  ses  propres  termes  :  ••  A  l'entrée  de  996  dos  Ch-ecs  (684),  le  3  septembre, 
>.  les  Arabes  tirent  une  rude  guerre  entre  eux  et  environ  40.000  victimes  tom- 
«  bèrent  des  deux  côtés,  sur  Khazer  (la  rivière)  dans  les  contrées  de  Ninive...  >■ 
[Les  deux  notices  dépendent  de  la  même  source.  —  Il  y  eut,  sur  l'Euphrate,  des 
guerres  continuelles,  depuis  le  meurtre  de  Hocéïn,  sous  Y'ézid  (680),  ot  les 
luttes  sous  Mervyan  (681)  pour  venger  Ilocé'i'n,  jusqu'à  la  prise  de  Koufa  et  la 
mort  de  Mokthar  sous  Abd  el-Melek  (686).] 

(3)  Je  suis  porté  à  croire  que  ce  massacre  dont  parle  notre  éci-ivain  serait 
celui  que  rapporte  Barhébraeus  dans  son  Chronicon  et  dont  nous  rapportons  les 
termes  à  la  note  précédente.  Car  Barhébraeus  place  de  fait  ce  massacre 
la  ;!"  année  de  la  mort  de  Yézid  et  sous  Moawiah,  son  successeur  immédiat. 

(4)  Le  successeur  de  Yézid  fut  son  tils  Moawiah  qui  dut  abdiquer. 


198  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Alimed  (vint)  Mustir  (Moussafer)  son  fils  et  après  ce  dernier  Cheikli  'Adi 
son  fils  (1). 

Ce  Cheikh  'Adi  leur  enseigna  de  croire  en  un  seul  Dieu  et  leur  imposa 
que  Yézid  est  dieu  et  que  lui-même  est  aussi  dieu.  Après  Cheikh  'Adi 
dont  j'ai  raconté  la  vie,  ses  deux  fils  Charaf  ed-Din  et  Chams  ed-Din 
ajoutèrent  diverses  choses  à  ces  croyances  comme  le  rapporte  leur  histoire. 

Les  croyances  des  Yéziuis. 

Les  Yézidis  croient  en  un  seul  Dieu  bon  et  tiennent  que  Yézi^  aussi 
est  dieu,  Cheikh  'Adi  est  dieu,  Taous  (2)  Malek  (3),  Charaf  ed-Din  est 
dieu,  et  Cheikh  Chams  est  dieu,  et  Faklir  ed-Din  est  dieu  (4).  Ils  croient 
enfin  à  l'existence  de  plusieurs  divinités. 

Ils  croient  à  la  transmigration  de  l'âme  humaine  d'un  corps  à  un  autre 
et  disent  que  l'àme  de  l'homme,  en  le  quittant  par  la  mort,  entre  dans 
les  bêtes.  Si  le  défunt  est  bon,  son  âme  entre  dans  la  jument  (5),  s'il  est 
au  contraire  mauvais,  elle  entre  dans  le  cochon  ou  l'âne  ou  dans  d'autres 
animaux  semblables,  parce  que  l'âme,  disent-ils,  ne  meurt  jamais,  mais 
elle  se  transporte  des  hommes  aux  animaux. 

(yéation  d'Adam.  —  Ils  disent  qu'il  y  eut  72  Adams  et  que  les  iiemmes 
descendent  tous  de  ces  72  pères,  tandis  que  les  Yézidis  eux-mêmes  vien- 
nent uniquement  d'un  seul  père. 

La  création.  —  Dieu  exista  seul;  mais  ayant  un  jour  en  main  une 
perle  en  forme  de  pomme  avec  laquelle  il  jouait,  elle  lui  tomba  des  mains 
et 'se  fendit  et  forma  ainsi  cette  terre  et  le  ciel  :  300  dieux  provinrent  de 
la  perle  fendue. 

L'Arche  de  Noë.  —  Sur  l'arche  de  Noë  voici  ce  qu'ils  opinent  :  Lors- 
qu'elle fut  achevée,  il  y  resta  une  petite  fente.  Dieu  ordonna  au  serpent 
d'entrer  dans  la  fente.  Le  serpent  y  mourut  et  s'y  corrompit  et  sa  cor- 
ruption forma  les  insectes  et  la  race  des  Yézidis  descend  de  ces  insectes. 
Ils  appellent  ce  serpent  Cheikh  Minde  et  affirment  que  leur  race  vient  de 
ce  serpent  et  non  point  des  72  Adams. 

Leurs  mœurs.  —  En  général  tous  les  Yézidis,  à  part  le  chef  de  leur 

(1)  D'après  le  texte  ehaldaïque,  Ahmed  aurait  vécu  en  879  et  'Adi,  son  petit- 
fils,  à  la  fin  du  xh°  siècle  (cf.  infra).  Il  y  aurait  donc  entre  Ahmed  et  'Adi, 
son  petit-fils,  un  intervalle  de  plus  de  300  ans  !!!  [Il  faut  donc  ou  bien  combler 
la  lacune  avec  l'ascendance  que  les  musulmans  lui  prêtent  (cf.  supra,  p.  153;, 
ou  bien  lire  1390  au  lieu  de  1190.  Toute  cette  liistoire  de  Yczid  est  d'ailleurs 
légendaire.] 

(-2)  D'après  beaucoup  d'auteurs,  les  Yézidis  entendent  par  Mélik-Taous  le 
démon  qu'ils  adorent.  [Les  deux  mss.  ponctuent  Tawés  en  mettant  au-dessus 
de  «i  et  au-dessous,  de  o  les  deux  points  de  l'a  et  de  l'é  brefs  (.•)]. 

(3)  On  écrit  souvent  Mélek-Taouz. 

(4)  [Ce  sont  les  trois  iîls  do  Clieikh  'Adi,  bien  que  Ramicho'  no  iiientionnc  <juo 
les  deux  premiers.] 

(5)  La  jument  est  réputée  un  animal  bon  et  précieux. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOiJUMENTS    SUI!    LES    YÉZIDIS.    199 

religion  appelé  Emir  Hadj  et  un  autre  appelé  E  khi  ira- Ma  r// a,  nont  pas 
de  bonnes  mœurs.  Ces  doux  chefs  boivent  le  vin  mais  jeûnent  aussi 
40  jours  en  été  et  40  en  liiver,  aucun  mauvais  propos  ne  sort  de  leur 
bouche:  quelques-uns  même  sont  miséricordieux  et  affables  avec  tout  le 
monde.  Il  y  a  quelques  Kodjaks  qui  suivent  les  exemples  de  ces  chefs, 
tandis  que  les  autres  Yézidis  boivent  les  liqueurs  fortes,  le  vin,  et  sont 
adonnés  aux  chants  et  aux  danses.  Ce  sont  tous  des  cultivateurs  et  des 
conducteurs  de  troupeaux.  Les  métiers  n'existent  point  chez  eux. 

Les  serments.  —  Tout  genre  de  serment  est  en  honneur  chez  ces  sec- 
taires qui  vont  jusf[u'à  jurer  par  le  cadavre  d'un  âne  mort.  Les  graves 
serments  sont  bannis  (excepté  ce  dernier  usité  parmi  eux)  :  «  Sors  de  la 
religion  de  Yézid  et  entre  dans  celle  de  Mahomet,  (si  cela  n  est  pas  vrai)...  » 
Pourtant  ces  sortes  de  serments  sont  mal  vus  chez  eux. 

La  naissance.  —  Lorsqu'une  femme  acccniclie  chez  eux,  son  mari  ne 
peut  la  quitter  avant  la  fin  du  7«  jour  de  l'enfantement.  Ils  pratiquent  la 
circolicision  et  baptisent  aussi  leurs  enfants,  surtout  en  été,  dans  des 
sources  d'eaux  qu'ils  appellent  pour  cela  :  sources  d'eaux  sacrées. 

Le  mariage  (1).  —  Le  mariage  légitime  est  a.ssez  rare  chez  les  Yézidis  qui 
ravissent  le  plus  souvent  leurs  fennnes,  à  cause  de  la  grandeur  de  la  dot, 
et  plusieurs  hommes  mariés  se  ravissent  leurs  femmes  les  uns  aux  autres. 
Ils  peuvent  avoir  jusqu'à  sept  femmes  à  la  fois  (2)  et  ils  n'ont  point  de 
prières  pour  le  mariage,  mais  ils  servent  des  raisins  secs  qu'ils  mangent 
avec  l'époux  et  l'épouse.  Les  deux  conjoints  sont  laissés  ensemble  dans 
une  habitation  et,  lorsque  le  mariage  est  consommé,  on  tire  un  coup  de 
fusil  (3)  pour  signaler  que  les  rapports  conjugaux  ont  eu  lieu.  Ils  ont  aussi 
les  enchères,  c'est-à-dire  que  le  mariage  chez  eux  se  fait  comme  achat 
et  vente,  car  c'est  avec  le  conseiltement  du  père  et  de  la  mère  qu'une 
Yézidie  fait  son  contrat  de  mariage.  Lorsque  les  deux  parents  de  la  fille 
ont  donné  leur  consentement  au  fiancé,  les  parents  de  ce  dernier  se 
rendent  avec  ceux  de  la  fille  à  la  maison  du  Cheikh  du  village  et  mangent 
des  raisins  secs  et  livrent  ensuite  leur  fille  à  son  époux.  On  promène 
alors  la  nouvelle  épouse,  tète  voilée,  jusqu'à  son  arrivée  au  village  de 
l'époux.  Le  deuxième  jour,  elle  jette  le  voile.  La  fille  et  la  veuve  ont,  chez 
eux,  des  droits  égaux,  les  dots  cependant  sont  diverses.  L'échange  des 
femmes  est, aussi  usité  chez  eux.  Leurs  émirs  nèa,nmoins  prennent,  sans 
payer  de  dots,  les  femmes  qui  leur  plaisent.  Mais  un  émir  doit  toujours 
prendre  des  filles  de  Cheikh  et  non  du  peuple,  il  peut  aussi  prendre  et 
épouser  des  filles  des  émirs  mais  jamais  des  filles  du  peuple. 
Lf  décès.  —  Lorsqu'un  Yézidi  meurt,  tous  ses  parents  pleurent  et  se 

(1)  [Les  deux  nianuscrits  portent  en  marge  :  «  .\u  mois  de  Msan  (avril),  il  n'}- 
il  aucun  mariage.  »] 

(i)  [CL  Journ.  «s.,  janv.  18H0,  p.  ILJ  :  •■  Ils  prennent  depuis  uue  femme  jusqu'à 
six,  l'une  après  l'autre  »,  ce  qui  est  une  délormation  du  texte  édité  par  Gianul, 
p.  49  :  •■  La  t'amille  d'une  fournie  veuve  la  marie  à  nouveau,  mèuuî  par  force; 
elle  la  marie  encore  après  la  mort  de  son  secoftd  mari  et  cela  jusqu'à  sL\  lois.  »  i 

(3)  [11  est  douteux  que  ceci  ait  été  écrit  par  Ramiclio',  en  1 152.] 


':^0()  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

lamentent  beaucoup  ;  ils  mènent  une  belle  jument  qu'ils  enveloppent  de 
drap  rouge  et  qu'ils  conduisent  devant  le  cercueil,  pendant  qu'ils  dansent 
et  pleurent  sur  lui,  en  mettant  de  la  poussière  sur  leurs  têtes  et  en  déchi- 
rant leurs  habits  jusqu'à  leur  arrivée  à  la  tombe:  ils  servent,  le  jour  de 
la  mort,  des  nourritures  de  condoléances  et  ils  portent  ainsi  leur  mort  au 
cimetière.  Chaque  année,  au  jour  anniversaire  de  la  mort,  ils  servent  des 
festins.  II  y  en  a  qui  se  font  couper  les  cheveux  de  la  tête  en  signe  de 
deuil  et  qui  les  déposent  sur  le  tombeau  de  leur  défunt. 

La  grande  fêle  (1).  —  Pendant  l'année,  ils  ont  trois  fêtes  : 

La  première  à  la  fin  de  l'été  qu'ils  appellent  «  Fête  des  40  jours  »  et 
qu'ils  célèbrent  à  la  mémoire  du  massacre  de  Cheikh  'Adi.  Après  40  jours 
de  jeune,  les  chefs  de  la  secte  se  rendent  en  pèlerinage  à  Cheîkh-'Adi  où 
ils  font  un  sacrifice  appelé  .Sémâl  (2).  Ce  sacrifice  étant  chaud  et  bouillon- 
nant, ils  en  prennent  de  leurs  mains  et  en  mangent  à  la  suite  de  leur 
chef  suprême  qui  tend  le  premier  la  main  et  en  prend  et  tous  les  autres 
suivent  son  exemple.     ■ 

.  La  2''  fête  se  célèbre  le  premier  novembre  :  toute  la  nation  se  réimit  à 
Cheikh- -Adi  et  ils  font  un  sacrifice  appelé  aussi  Sémâl.  Pendant  cette  fête 
ils  s'adonnent  aux  danses  et  aux  jeux  de  toute  sorte  et  demeurent  à 
Cheikh-'Adi  pendant  six  jours,  se  servant  de  toute  espèce  de  nourritures. 
C'est  en  cette  fête  qu'ils  enlèvent  les  femmes  (3)  et  disent  qii'ils  célè- 
brent cette  solennité  en  mémoire  de  la  reprise  du  couvent  de  Cheikh- 'Adi 
par  l'ordre  du  roi  mongol. 

La  3'^  fête  se  fait  le  premier  jour  du  mois  d'avril  ;  quand  Cheikh  'Adi 
s"empara  du  couvent  et  en  tua  les  moines  qui  s'y  trouvaient,  il  ordonna  à 
sa  secte  de  faire  fête  en  mémoire  de  son  triomphe. 

Sache  donc,  ô  frère,  que  la  première  fête  tombe  à  la  fin  des  40  jours  de 
l'été  et  que  c'est  l'anniversaire  du  massacre  de  Cheikh  'Adi.  La  deuxième 
est  célébrée  le  P'"  novembre  en  mémoire  de  la  donation  du  couvent  faite 
par  le  roi  (Ahmicd)  Takhoudar,  le  Mongol,  après  le  massacre  de  Cheikh 
'Adi,  lorsque  les  femmes  veuves  de  ses  deux  fils  le  reçurent  en  domaine 
propre  par  ordonnance  royale.  C'est  en  mémoire  de  cette  reprise  qu'ils 
célèbrent  cette  fête  en  novembre.  La  troisième,  tombant  en  avril,  en 
mémoire  de  la  prise  du  couvent  par  Cheikh  'Adi. 

(.4  suivre.) 

(1)  [C'est  le  titre  du  chapitre  viii  de  Giamil,  mais  l'auteur  résume  ici  les 
chapitres  viii  (la  grande  fête)  et  ix  (fêtes  de  moindre  importance).] 

(2)  [Ce  mot  est  écrit  »ê>^  chez  Giamil,  p.  70.  73  et  y  est  donné  comme  l'équi- 
valent de  lûo^aa  ..  bénédiction  »  ou  ■■  don  ».  On  a  proposé  d'y  voir  l'arabe 
JsU-*o  «  nappe  »  ou  >•  table  ».] 

(:>)  [On  lit  dans  Giamil,  p.  71  :  N'f-»  l-vsV-io  ^it,,^  ^::».al^  ^ûjovs.  «  Dans  ces 
l'éuulons,  ils  .se  volent  diverses  clioses  les  uns  aux  autres.  ■■] 


MÉLANGES 


I 

UN   FRAGMENT   DE  MÉNOLOGE   ÉTHIOPIEN 


II.     LE    MOIS    DE    TEQEMT 

(Suite)  (1) 


TEXTE 

Fol.  2  r" 

h^  •  (3)  ôM-Hh^v  ■  ..  (4)  hitimti.v  r  rt  '  lhâa\i  '  (^i) 
hoD  :  r'ic'i&?*{i  '  h.A.  •  *^  •  (7)  nhc^'i,?  ■  (8)  Aîp»/">  .- 

(1)  Cr.  /?0C.,  1914,  p.  199. 

(2)  Espace  blanc  laissé  avant  T^*?"-!-  (grattago  cl"un  mot). 

(3)  Us.  :  >i<n»  (sic). 

(1)  Espace  blanc  laissé  apirs  >i"/ll>»-»  (grattago  d'un  mot. 

(5)  La  lettre  à  est  à  peino  fonniM'. 

(6)  Ms.  :  7»Trrtrnf|^,  \Ansulosy('t. 
(1)  Ms.  :  h.A.  !  «PA  '>'Vl.- 

(IS)  La  lettre  c  est  en  siircliarge. 


202  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

rt.''7./">  «  (1) 

rhV  '  iï^^b^'i-  •  (2)  .ed^-n  :  rh<PC.e  :  IDA.?.  î  ?iAÇP-ft  •  /^T 

P-A'I.'b'  ■  M"nA  •  P-r/i-JA  ï  'wïïiA  " 

K»D  :  xt^fnc  :  A  •  -nn-i'^'i  •  A«^(J;^-^  :  ^n  •  irc  •  AAV  • 

(D^t^  ■  A  •  ;»«  ••  M  •  hP-f-'y  ••  t\!h^^  '  miy  ■  flJfljyiA  • 


h#wi  .•  jiA.«PCP-A  •  A.*  •  AA 


A:: 

HCr^ï  ■  h'^ï-AP-A  •  A.+  î  i\ 
A.'l'  !  AA  :  HM>th^  •  Ar/» 


>  î  (6)  ^i,A.A  •  (7)  l.tl'A  •  -f^"7A  ^  rh'PC^  ^  ^i«e^  •  JT-/^  •  h 
n-i/-  î  AHCh  ■  ydJ^-a  ■  ?»Am.4.TA  •  A*^  '•' 

hoo  -•  ïACXA  :  fl.}\  •  nïiA  •  h.tvVCtx  •  A.*!»  •  A  :  WMxlxW 
y:Cif  •  >i<»-*^'}P-A  ■  A.*  :  AA  ï  H?tAh^.e.CjP  ■.-. 


(1)  La  lettre  «^  est  à  peine  formée. 
(•;)  Ms.  :  mùoib.^-^. 

(0)  Ms.  :  g,.  Les  scribes  confondent  souvent  le  cliiffre  %  (6)  avec  le  chiffre  %  (?). 

(1)  La  lettre  A,  à  peine  perceptible,  est  en  surcharge. 

(5)  Bis.  :  HV7A  {sic). 

(6)  Ms.  :  ii9"p-\  (sic): 

(7)  Ms.  :  K^n  (sic). 


MÉLANGES.  '203 

Fol.  120  v"'  (1)  .  - 

K*wi  :  ïmë'^Ji^A  •  «wïAKÎn  :  (3)  *n\;9*t\  •  dx'Pcy  •  .^'^ 

htn*  •  ïflïr:K'nTA'^lnft  -•  rt  ••  HhC^ft  ■  'WJiïift  :  haHAÇ  ■  K 

fl.A  « 

hem  '.  ijDod.^^  :  Mhî^c-hCJ^Ïi-l-  •  l-n^  •  îfiCft-J^ft  •  W-rt- 

j&iP'^u  ■  ^7-/^  ■  Kn  :  "ié^P'^  '  hrùhdat-  '.  v-nhco^'  •  a 

rn/,.în<P  •  h  A  ■•  î^'AA,ih  *  A  ••  ;!•  s  ^«^tî^A  •  H'^h/t.A  •  HA 
-n^  •  VA,  ■  A-^  ■  h9'*^'^tl  '  A  î  of (nflJôhA  :  Î^AA,i>  •  A  •  ;!•  • 

tf»-A.  î  -nïirt.  •  hnn^h-ntiuc  •  Afi:'>^A  •  rhT  =  n^^^,^  " 

n  :  .ftCÇ/**  :  ît-^^-zf-Si^A  ••  KC«PA.A  :  KC^A  •  hcr^'??' 
A  •  *J^A^  •  h^*^l^  '  ^^li^  ■  î^r;l-  •  /t,Aj&.eA  •  h-n  I  A.A 

A  ■  i.^h  '  ^at-à-ii  :  inu^i  ■  '^'vnc  î  flïnH'h<:îin  •  ^n  :  ^ 
TcTA  •  4'^A.'/  ■  A^,c*r">^r  «  nn-t  ■-  ipco-  •  dx*?c^^  •  h^w»  .- 

(1)  Passage  brusque  du  loi.  2  r"  au  fol.  120  v".  Les  fol.  intermédiaires  sont 
occupés  par  le  Vieillard  Spirituel  {hd.pti  •-  o»'W,'i'j;),  ouvi'age  ascétique  de 
Jean  Saba. 

(2)  Après  ft,  la  lettre  ^'  a  été  ajouti''e,  puis  biffée. 

(3)  Ms.  :  ODAhïl. 


201  HKVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

TRADUCTION 

Fol.  2  r" 

(Mois  de)  TE(iEiMT. 

Lv  !'■'.  — Notre-Dame...  {\);,Anast,asie,  martyre  ('Anes- 
tàsyà);  Cliariton  (Heriton);  Anastasie  ('Anestâsyâ);  Besoy, 
martyr;  les  Cent  Martyrs;  'Isâyn;  Suzanne,  vierge  (So- 
sennù);  Marie  (Màryâm),  sanir  de  Lazare  {'Arazâr);  Gabra- 
Manfas-Qedous,  moine;  cérémonie  {de  la  bénédiction)  de 
Veau. 

Le  2.  —  Sévère  (Sàwiros),  patriarche  d'Antioche  ('Antso- 
kyâ);  Teklâ,  martyr;  Cyriaque  (Heryàqos);  Matthias,  docteur 
(Mâtyâs);  André  ('Andreyâs). 

Le  3.  — Grégoire  (Gorgorêwos),  é oé(iue  dArménie  Ç kvmkii- 
yâ);  Siméon  (Sem'on)  d Arménie  ('Armànyà);  Théodora 
la  sainte  (Tâ'odrà);  Denys  (Danàsyos);  Georges  le  Nouveau 
(Giyorgis);  {jeûne  de)  Ninive  (Nànêwà),  de  son  peuple  et  de 
sa  tribu;  Macaire  (Maqârès);  Théophile  (Ta  ofilàs);  'Aw?narâ; 
Abba  .Siméon  (Simê  on). 

Le  4.  —  Bacchus  (Bàkos),  compagnon  de  Serge  (Sargis); 
'Abrehà  {et)  Atsbeha,  rois  cf Ethiopie  ('Ityopyà);  Ananie 
(Hanà.nyà),  qui  {fit partie)  des  soixante- di.v  disciples  etjustes; 
liomain  (Românos)  et  Jean  l'Eunuque  (Yohannès)  ;  consécra- 
tion de  V église  de  Sondjar  (Senhor). 

Le  5.  —  Paul  (Pàwlos),  patriarche  de  Constantinople 
(Questentyà)  ;  Cyriaque  (Kiràkos)  et  sa  mère  Annie  (Hannà), 
martyrs:  Jacques  (Yà'qob),  apôtre,  fils  d'Alphée  ('Elfyos); 
Pierre  et  Paul  (Pêtros  et  Pk\\los);Andronicics,  Probus,  Tara- 
chus,  martyrs  ('Aydràwos,  'Awrâs,  'AIdrâkàwos);  Paul, 
patriarc/te  (P;îwlos);  Cyprien  (Qopryànos);  Justine  (Yostênâ); 
^Endronos. 

Le  6.  —  Anne  (Hannà),  la  prophétesse,  mère  de  Samuel 
(Sàmou'êl);  Anne  (Hannâ),  fdle  de  Phanuel  (Fânou'èl); 
Pantaléon,  martyr  (Pantalèwon) ;  Pantaléon,  Vanachorète 
(Pantaliwon);  Antoine  ÇF.wXowyoi),  évéque  delà  ville  cleBanâ; 

(I)  Cr.  p.  201,  note  4. 


MÉLANGES,  '205 

Larètct;  Habacuclc  prop/irle  ('Enbàqom);  iJentjs  (Danâsyos), 
('V('(/t/e  d'Athènes  ('Aténâ);  'Frawûqenfos,  martyr;  Enos 
(llênos),  fils  de  Sel//  (Sêt);  Joseph  (Yosêf);  Samuel,  martyr 
(SàinoLi  el). 

Le  7.  . —  Menas  (Minas),  Haschinâ,  tnartyrs;  Abba  Paul 
(Boula);  Cyprien  (Qopryànos) ;  Justine,  vierge  (Yostênà); 
Jean,  moine  (Yohannès). 

Le  8.  —  Mâtor,  martyr  {avec  de)  nombreux  martyrs;  Abba 
Hor;  Suzanne  (Sosennâ)  et  ses  enfants,  martyrs;  Abba  Aga- 
ihou , solitaire  Çk^kioVi)  ;  Pélagie  et  Bacchus,  martyrs  (Balàg- 
yà  et  Wakès);  Mânyà;  ' Alcsâbartenâ;  Thëodosie  {Tiiw&X^yk) 
et  ses  enfants;'  Bèryà;  Torsyà  et  ses  enfants;  Agdthon 
('Agàton);  Bacchus,  martyr  (Bàkos). 

Le  9.  —  Libère  (Liwàryos),  patriarche  de  Piome  (Rome); 
'Amânousyos,  patriarche  d'Ale.Tandrie  (La-'Eskendryà); 
Athanase  ('Atnâtèwos),  j^idriarche  d'Antioche  {'Antsokyâ);_ 
Simëon,  éoèijue  (Sem.on)  ;  vie  (1)  de  Thomas,  apôtre  (Tomàs)  ; 
David,  roi  (Dàwit),  père  de  Zara-Yâ'qob;  Etienne,  martyr 
('Estifânos). 

Le  10.  —  Serge  (Sargis),  compagnon  de  Bacchus  (Bàkos); 
'Èsteros,  patriarche  d'Alexandrie  (La-'Eskendryà);  Eutné- 
nius  ('Awmànyos),  patriarche  cV Alexandrie  ('Eskendryà); 

F:oL   120  v^ 

Malalyà,  martyr  ;  Jean,  prêtre  (Yohannès). 

Le  11.  — Jacc[ues  (Yàqob),  patriarche  cVAntioche  ('Antso- 
kiyà);  Jacques  (Yà'qob),  (du  nom)  de  rjui  (2)  les  Jacobites 
ont  été  appelés;  'Arma min,  martyr;  Pélagie,  la  sainte (Pilùi^- 
yâ);  Victor  (Fiqtor);  Jérémie,  moine  ('Ermyàs). 

Le  12.  —  Michel,  range  {Mikk'èl);  Matthieu,  apôtre  [M'hiè- 
wos);  Démétrius  (Demêtros),  patriarche  cV Alexandrie  ('Es- 
kendryà) ;  Pierre  (Pêtros),  Diwnàwos,  Jacques  (Yà'qob),  '.1  bou- 
lefâ,  Théodore  [Tèwodros),  Justes  ;  Jacques,  docteur  (Yà'qob). 

Le  13.  —  Ptolémaque,  martyr  ('Abtelmàkos)  ;  Zacharie, 
moine  (Zakàvyds) ;  'Awldnà;  'Awlàkinos;  'Théodore  (Ta'àw- 
dràs);  'Ablàs  et  ses  frèrefs;  Nitalâws;  'Abéld. 

(Ij  M.  à  ni.  :  combat  (spiriUtel). 
(2)  M.  à  m.  :  par  qui. 


206  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Le  14.  — Philippe  (Filpos),  qui  {fit  partie)  des  soixante-di.v 
disciples;  Gabra-Krestos ;  mémoire  de  tous  les  justes  depuis 
Adam  ('Adam)  Jusqu'à  la  fin  du  inonde;  Yemràh,  roi; 
Abba  'Aragâwi,  l'un  des  neuf  Peines;  méinoire  de  Tarachus 
(Tarâkwà)  {et  de)  ses  compagnons  (1),  martyrs;  Danmtèwos; 
Za-Mikaêl  de  Dabra-Hâlèlouyà ;  'Emrûys,  martyr  {et) 
ses  à31  compagnons  (2),  martyrs;  Moïse  (Mousê),  l'homme 
du  Seigneur;  Sophonie  (Sofonyâs);  Anne  la  Bienfaitrice 
(Hannà). 

Le  15.  —  PantalééniOH  (Balàmon)  {et  ses)  o.uOO  [compa- 
gnons), martyrs;  Salâtyon;  Tarachus  ('Atrâkis);  Probus 
(Abba  Yerfescli);  Andronicus  {'Endrkniqos);" H ermolas  ('Ar- 
molis);  Hermippe  (Armis);  Hermocrate  (  '  Armqetyos)  ;  sainte 
Domnina  ('Admàiiyâ);  sainte  Tsamotà  ;  Isaie,  abbé  ('Isây- 
yàs);  Silas  (Silâs),  disciple  de  Paul  (Pàwlos);  mémoire  du 
concile  dans  lequel  se  trouva  Abba  Pierre  (Pêtros)  (3);  consé- 
'cration  {de  l'église)  de  'Êrmon'ém;  en  ce  jour,  les  Apôtres 
ont  prescrit  qu'il  y  aurait  une  assemblée  (4),  chaque  année. 

(A  suivre.) 

Neufiaarché  (Seine-Ialerieure),  le  2  Juillet  1917. 

Sylvain  Grébaut. 

(1)  M.  à  m.  :  qui  (furent)  avec  lui. 

(2)  Cf.  note  précédente. 

(:!)  Li'  deuxième  concile  de  Nicée. 

(1)  lAh,  ne  semble  pas  avoir  ici  le  sens  de  concile,  sipiode. 


li 

SENTENCES  ASCÉTIQUES 
{Suite)  (1) 


TEXTE 

{Scriptio  continua  dans  le  ms.) 

% 

(F.   23  r"  a,  in  medio)  (DhàH  '•  h'^à  '- 

^n  :  -Tr-î\.A.  !  K^^r-ïx  •  mic  ■  n^H.  •  î\A"'1-  •  oj+^cn 

/i«7  (F.  23  r»  b)  H.^'flrh.C  •  fJi-nh  ■  flA  :•: 
flihÇ  :  fll-h'J«i»'fl  : 


(1)  Ci.  ROC,  1013,  p.  l-^:t. 

(•2)  ^  est  eu  siircliarf;o. 

(:!)  Ms.  :  n<D'c:.  Il  faut  lire  ù(0'C.. 


208  REVUE    DE    l'orient    CIIRÉTIEX. 

/.  •  (B-M'  ■  ^Ar  !  bU^y*  •  ix^ff,oDtï^  i  (1) 

If j^/i^A.  î  bK^hrc  1  (3) 

flïîiî^w-/v-A  ■  f  "/fi  ■  Tnn.ii-  ■  iihiw.h'nti^c  i 

An  •  WA-  •  ^d.K  '  Mï^K-nrh-C  :  flJîtr^AC  :  Hj&ACC  : 

?iAii  :  hc*^  '  nhnj^-  ■  n^thtD-c  •  hrh-iM  •  (4)  «o^Ah  ■  A 
-ah  •  An  •  w-A-  •  ^hrc  ? 

Tnn-  -•  A^iCB  •  /uf^ô-n  : 

(Dhxds  •  A-nhî:  ■  K^n*ia  i  (o) 

^-nc^î:  :  (I  23  V  a)  AW  ■  ^hrci  (6) 

flJWA-  ■  (7  Tn-n  •  m-Ai-  :  riiA^vii-  :  'jn-c  ï  ©vf-A-  :  Tn 
n  !  «/A'r  •  fl>-A'/-  :  i"hA/,ii-  ■  ^n-c  :  oiw-A-  :  Trtn  •  *hhr  • 
fl^A-ï-  ■  h^y-  •  h'îti  ■  nî^"i)c  • 


TRADUCTION 


(F.  23  r"  a,  in  meclio)  De  nouveau,  écoute. 

Ne  te  réjouis  pas  de  la  chute  de  ton  ennemi.  Ne  ris  pas 
avec  un  homme  triste.  Ne  mets  pas  d'obstacle  devant  un 
aveugle. 

Lorsque  tu  pries,  ne  C agite  pas  en  paroles.  Au  moment  de 

(i)  Ms.  .'h^ftirnA.      ^ 

(2)  ^  est  en  surcharge. 

(3)  Ms.  :  iSh.^h  T'C'k'  Le  second  g  est  en  surcliarge. 

(4)  Le  second  "U  est  en  surcharge. 

(5)  Ms.  :  h.j6"4'7. 

(6)  Devant  ^h  9"G  se  ti'ouve  la  ni'gation  h.,  qui  a  été  biffée  par  le  scribe. 

(7)  Ms.  :  fflVf-A". 


MÉLANGES.  209 

la  prière  et  du  sacrifice  abstiens-toi  formellement  de  paroles. 

Ne  te  dérange  pas  de  {ta)  place;  là  où  tu  te  trouves,  ne  te 
dérange  pas.  Applique- toi  à  ta  prière. 

Tout  ce  qu'on  te  demande,  do7ine{-lé),  si  tu  l'as;  si  tu  ne 
Vas  pas,  (F.  23  r^  b)  dis  que  le  Seigneur  te  {le)  donne. 

Tout  ce  que  tu  feras,  que  ce  ne  soit  pas  pour  obtenir  des 
louanges  (1)/ 

Toute  épreuve  qui  viendixi  sur  toi,  reçois-{la)  dans  la  glo- 
rification (2)  du  Seigneur  et  prends  garde. 

Si  tu  fais  ainsi,  véritablement  tu  es  parfait  dans  les  com- 
mandements du  Seigneur. 

Pour  moi,  f  admire  V œuvre  du  Seigneur.  En  effet,  {parmi) 
tous  {les  êtres)  qu'il  a  créés  dans  le  monde,  aucun  ne  res- 
semble à  l'autre. 

La  pensée  de  son  cœur  n^ égale  pas  l'aspect  de  sa  face. 

Tout  {être)  créé  qui  le  charme,  il  {le  fait). 

Ce  qu'il  pense,  persomie  ne  {le)  sait. 

La  sagesse  du  Seigneur  est  plus  grande  que  tout. 

Aucune  œuvre  ne  lui  est  impossible. 

Le  Seigneur  voit  le  cœur  de  tous  {les  êtres).  Depuis  l'aigle 
qui  vole  jusqu'à  la  bête  qui  va  dans  la  lourdeur,  depuis 
l'animal  jusqu'à  l'homme  il  connaît  tout  cœur. 

L'habileté  du  serpent  n'est  pas  difficile  {pour  lui). 

L'intelligence  de  l'homme  ne  l'appréhende  pas  (3). 

L'œuvre  (F.  23  v"  a)  de  l'oiseau,  il  {la)  connaît. 

Toute  sagesse  est  incluse  (4)  dans  son  intelligence.  Toute  la 
sagesse  du  monde  est  incluse  dans  son  intelligence.  Toute  la 
sagesse  du  inonde  est  saisie  dans  sa  tnain,  d'un  {seul)  coup. 
Véritablement  le  Seigneur  est  le  vrai  roi  de  nous  tous. 

(A  suivre.) 

Neufmarché  (Seine-Inférieure),  le  2  Janvier  1917. 

Sylvain  Grébaut, 

(1)  Autre  sens  :  plaire. 

(2)  Autre  sens  :  action  de  grâces. 

(3)  M.  à  m.  :  ne  l'attrape  pas. 

(4)  M.  à  m.  :  est  placée,  ici  et  plus  bas. 


ORIENT  CHRÉTIEN.  14 


210  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

III 

NOTE  DE  CHRONOLOGIE  BIBLIQUE 

La  présente  Note  de  chronologie  biblique,  écrite  en  petits 
caractères,  se  trouve  au  bas  du  foL  25  v"  b  du  manuscrit  éthio- 
pien n"  3,  appartenant  à  M.  É.  Delorme. 

(Scriptio  continua  dans  le  ms.) 

flioo-rt.  :  h-^lh  !  (h^Oi  '.  lat^'itm-l-  :  (D'P't  I  (1) 

Le?;^  iî(^c«^  i37  ans  et  mourut  (2). 
Qa'at,  son  fils,  vécut  130  ans  (3)  et  mourut. 
'Enbaram  (4),  so>t  fis,   vécut  137  ans.  comme  Lévi,  son 
aïeul. 
Aaron,  son  fils,  vécut  123  ans  et  mourut. 
Moise,  son  frère,  vécut  120  ans  et  mourut. 

Sylvain  Grébaut. 

(1)  Un  signe  de  renvoi,  mis  sur  h  cfV  Aaron  et  0»*^.  Moïse,  indique  une  note 
marginale  qui  est  illisible. 

(2)  Exode,  VI,  16.  .      ' 

(3)  133  ans  dans  l'hébreu,  les  Septante  et  la  Vulgate,  cf.  Ex.,  vi,  18. 

(4)  Pour  Amram,  cf.  Nombres,  ni,  19.  t^tc.  ;  la  lettre  arabe  »i  a  été  dédoublée 
en  nb. 


MÉLANGES.  211 

IV 

SENTENCES  D'ÉVAGRIUS 

Le  Traité  clÉvagrius  sur  les  huit  tuauvaises  passions  est 
suivi,  clans  le  ms.  éthiopien  n"  3  de  M.  É.  Delorme,  d'un  court 
recueil  de  sentences,  qui  font  l'objet  de  la  présente  édition. 


TEXTE 
(Script îo  continua  dans  le  ms.) 
(F.  ISr  b,  in  /Iné)  h^*^  '  n/hA-  •  A^^fl  '-  a)*7^ft  î 

9^   '•   -M/iD-ln    î   Art    î   flï;J-îlAir»   s   -J-H^t  !  (D'J-C\}^  :  hiP» 
(F.  18  Y°  a)  MltK'flrh.C  ■  A£hA  •::  M-i^iï  :  ^h'ihf  ï  *7J?:4.  ' 

flïî^A.  •  -îfl,il-  !  nWA-  •  XM,  iXloD  î  hj^f^^  :  fl>-Ai-  î  à 

h  »  A'^^'E^  I 

flïiçA  :  (2)  /i^ffrA  î  hCA-f-A  î  îl</"  !  J2.A^.e.  î  Ah  •  ^flAh 

aïKK'h^  !  (3)  h9"ï,h  -.  d^TW-  .-  (4)  ^p  -.  ([m'i'U  •  H^^ 

r"ha-C  :  h^  ï  ^-Ch-fl  ■  d/.Ç'ï-  ••  HA^/A?"  ï  ÎPAA  ■  WA"tf»- 

(dK.^'1'0\\^  •  Î\AP-  •  <wi'Htfi>.c  :  hoo  î  (F.  18  V"  b)  f^Cth 

(1)  iO^phi  est  en  surcharg-e. 

(2)  z»*;?  :  (D>çi1  est  en  surcharge. 

(3)  Un  ^,  mis  entre  h  efU^  a  été  effacé. 
-    (-1)  Un  ç,  mis  entre  ô  et  <J,  a  été  effacé. 


212  REVUE   DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

ïh^  :  i^e  ï  fl>îr»ftti.îr  ï  ^ll^T<5'^  =  n-i-t:  •.  'i^r  •  (i)  hoo  •. 

^ÏKO-'ih  •■  ODCth  '  hih*^C  '•  ooTrlh  -  ÇT^  •  Ofl-fl  :•:  flïj&flift 

X-Ad  î  W-A"  ■  ^wiTiin  :  î»Aiw»  .■  ^hr*C  ■'  (2)  h'w»  :  <r* 
ih  •  J2.<wi>ç-K  !  '^^hA.l^  s  flï<^dhA.h  i  flJ^A.  ••  «wi-moh  •  fl>-A 

(dK^^^C  '-  'flm-A  !  A-flrh^  !  flï^,  (F.  19  r°  a)  ^'oo'i'i  • 
«•AAi*  •  îiA'w»  î  AHWAX  î  (3)  ^A<wi  :  ^Ihd-T  '  îiïbf  •  A 
-flrhîh  ï  -nm-A  ■  (D?:h^^*L  -  J&hfl>-T  :  i^Tf  i  (4) 

f  T  !  K^Ç^h  ■  (5)  -ïn  ï  :5.H'}  •  iD^Ji-H  '•  hlXOD  '.  ^ç^'cr*  • 

A-M^l:  :    ^A?"   •   rhA*e  •    O^M^  1  Hrt  :  Tk-fl^^  -•  ^^C  •  A'H  s 

-hflïhA  !  nMH.K'Tlrh.C  :  flïA'^d  •■  ^hHH  :  njfxV-  l 
(DK^-C9^r  '  îiî^îfl['n]<:  •  /*'A-A  î  A(hA  •  ïïoo  ï  j&Crfi 
*  -•  hr^\\  '  OAP•;^^  ï  Kù-^^  I 

KAI-^A-  •  içrtïi  •  hK^ibh  '  Tncti-f-ii  •  \\oo  -.  j^-n^u  -• 

(1)  °ihT*  est  en  surcharge. 

(2)  Ms.  :  îi.^h  ?"C.  La  négation  h.  doit  être  supprimée. 

(3)  Ms.  :  nh.jBî\Aî».  La  négation  h.  doit  être  supprimée;  elle  est  d'ailleurs  en 
surcharge. 

(4)  ujçp  est  en  surcharge. 

(5)  >i<Jç^Tfl  est  précédé  de  la  préposition  'ifl,  qui  a  été  biffée. 

(6)  H  se  trouve  sous  le  ,e  de  ja^+^fl»*. 


MÉLANGES.  213 

X\ao  ,  àC  •  (D-h-U  •  ^,f  frft  •  hCft-f  ft  •  hén»  (F.  19  r°  b)  h^^ 


TRADUCTION 

(F.  18  r°  b,  in  fine)  (Tiré)  des  sentences  de  saint  Évagrius 
[Wagris]. 

Sache,  6  mon  frère  bien-aimé^  que  V amour  de  ce  monde 
trouble  le  cœur,  obscurcit  le  regard  i^)  et  éloigne  du  (F.  18  v^a) 
Seigneur  Très-Haut.  Pour  toi,  ô  mon  frère,  rejette-le  (Icin) 
de  toi. 

Ne  t' adonne  au  désir  mauvais,  ni  pour  înanger  de  la 
viande^  ni  pour  boire  du  vin,  afin  que  tu  ne  brûles  pas  dans 
le  feu  physique  (3)  ;  mais  exerce-toi  à  la  faim  et  à  la  soif, 
afin  que  tu  n'oublies  pas  les  commandements  de  ton  Sei- 
gneur. 

Prie-le  en  tout  temps,  afin  que  tu  ne  tombes  pas  dans  la 
main  de  tes  ennemis. 

Ecarte-toi  de  l'avarice  et  de  f  intempérance. 

Regarde  ton  ascèse  et  veille,  afin  que  tu  gagnes  ton  voyage 
céleste. 

Fais  descendre  le  torrent  de  tes  larmes  devant  le  juge  du 
corps  et  de  l'âme  .Jésus-Christ,  afin  quHl  te  pardonne  tes 
péchés. 

Écarte  {loin)  de  toi  le  repos  du  corps  dans  ce  temps  court, 
afin  que  tu  obtiennes  le  repos  éternel  avec  tous  les  saints. 

Ne  sois  pas  paresseux  à  réciter  (4)  les  psaumes,  afin  que 
(F.  18  v"*  b)  s'éloignent  de  toi  les  esprits  impurs.  Prie  à  toutes 
les  époques  de  ta  vie  le  Seigneur,  qui  t'a  créé,  afin  que  s'éloi- 
gnent de  toi  les  esprits  des  ténèbres  séducteurs . 

(1)  In^VC  •■  «OAI'V  sont  en  surcharge. 

(2)  Sens  :  cunlemplation. 

(3)  M.  à  m.  :  nature. 

(4)  M.  à  m.  :  prier. 


214  REVUE   DE   l'orient   CHRÉTIEN. 

Sois  paumée  et  indigent  des  biens  de  ce  monde^  afin  que  tu 
te  couches  à  la  table  de  Lazare. 

Sacrifie-toi  toi-même  à  celui  qui  s'est  sacrifié  lui-même 
pour  toi,  et  tu  parviendras  à  son  appel,^  au  jour  grand. 

Ne  cesse  pas  de  lire  les  Écritures  divines  :  elles-mêmes 
seront  i^our  toi  le  guide  pour  aller  vers  la  voie  étroite  et  te 
conduiront  à  la  vie  dans  le  royaume  des  deux. 

Hais  tout  trésor,  car  tu  sais  que  la  mort  viendra  entre  lui 
et  toi.  Mets  ton  trésor  dans  les  deux,  oii  la  mite  ne  le  rava- 
gera pas  et  (oii)  le  voleur  ne  V atteindra  pas. 

N'aime  pas  la  vaine  gloire  et  ne  {F.  19  r"  di)  répudie  pas 
Voutrage,  car  pour  celui  qui  liait  le  monde  la  vaine  gloire 
est  un  mal  et  Voutrage  aussi  est  un  bien. 

Élève  ton  regard  de  la  pesanteur  de  ce  monde,  afin  que  ton 
repos  ne  se  tourne  pas  vers  la  tristesse  et  le  chagriny  car 

V  amour  de  ce  monde  est  menteur.  Qi^ant  à  celui  qui  préfère 

V  amour  de  ce  monde,  il  deviendra  un  tombeau  pour  les 
aniinaux. 

Confe-toi  au  Seigneur  et  écoute  ses  propres  commande- 
ments. 

Ne  te  tais  pas  de  la  glorification  (du  Dieu)  trin  Très-Haut, 
afin  que  s'éloignent  de  toi  les  pensées  mauvaises. 

Prépare  Jo7i  âme  ■pour  Jésus-C/irist,  afin  que  ta  lampe 
brille  devant  lui. 

Éloigne-toi  du  querelleur  et  de  celui  qui  chicane  avec  toi, 
afin  qu'il  ne  soit  pas  jugé  auprès  de  toi. 

Les  lèvres  et  la  langue  sont  la  porte  de  la  médisance. 
Ferme  ton  ouïe  {à  la  médisance  et  considère)  comment  Jésus- 
Christ  [s'est  comporté),  afin  que  (F.  19  r*"  b)  tu  ne  tombes  pas 
dans  la  tentation. 

Suis  les  justes,  [qui  sont)  Jiumbles,  et  7ie  f  imagine  pas  en 
toi-même  que  tu  es  un  sage. 

(A  suivre.) 

Neufmarché  (Seine-Inférieure),  le  12  Janvier  1917. 

Sylvain  Grébaut. 


BIBLIO&RÀPHIE 


J ACguES  Zeiler.  Les  origines  chrétiennes  dans  les  provinces  danubiennes 
de  V empire  romain.  Paris,  Boccard,  1918,  in-S",  667  pages,  24  francs. 

Il  n'existait  pas  jusqu'ici  d'étude  d'ensemble  sur  les  origines  chrétiennes 
dans  les  provinces  danubiennes  de  l'empire  romain.  L'ouvrage  important 
de  M.  J.  Zeiler  vient  combler  ce  vide,  et  tous  ceux  qui  voudront  s'occuper 
de  ces  questions  feront  bien  d'y  recourir. 

Dans  un  premier  chapitre,  se  trouvent  tout  d'abord  résumées  les  don- 
nées géographiques  que  nous  possédons  sur  les  trois  groupes  de  province 
au  sujet  desquelles  M.  Zeiler  s'efforce  de  relever  les  plus  anciennes 
traces  de  l'évangélisation  chrétienne,  le  Norique,  la  Pannonie,  la  Mésie, 
provinces  qui  s'étendaient  de  l'ouest  à  l'est  le  l(5ng  du  Danube.  Le  travail 
historique  dont  nous  rendons  compte  se  trouve  ainsi  parfaitement  délimité. 

L'histoire  des  martyrs  des  provinces  danubiennes  suit  la  discussion,  des 
conjectures  sur  leur  première  évangélisation.  Rien  n'échappe  aux  pa- 
tientes et  consciencieuses  recherches  de  M.  J.  Zeiler.  11  a  pris  la  peine  de 
visiter  à  plusieurs  reprises  les  lieux  dont  il  a  entrepris  de  retracer  l'his- 
toire et  il  peut  parler  de  visu  des  monuments  qui  subsistent  encore. 

La  deuxième  et  la  troisième  partie  de  cet  ouvrage  sont  consacrées  à 
l'histoire  intérieure  des  églises  illjTiennes  du  iv®  au  vi*=  siècle.  Les  grandes 
discussions  théologiques  de  cette  époque  ont  intéressé  M.  J.  Zeiler  et  il 
a  analysé  avec  méthode  et  clarté  les  documents  les  plus  connus  et  pu- 
bliés jusqu'à  ce  jour. 

L'histoire  de  saint  Martin,  archevêque  de  Tours  l'a  intéressé  tout  par- 
ticulièrement. —  Le  grand  thaumaturge  des  Gaules  est  né,  en  effet,  en 
Pannonie  et  à  ce  titre  il  se  rattache  à  l'histoire  de  cette  province.  D'ac- 
cord avec  M^'"  Duchesne,  M.  J.  Zeiler  démontre  que  le  Sabaria,  lieu  de 
naissance  de  saint  Martin,  n'est  autre  aujourd'hui  que  Stein-Am-Anger  ou 
Szombathchy,  au  sud-ouest  de  la  Hongrie,  et  non  point  comme  l'ont  pré- 
tendu certains  critiques  un  autre  Sabaria  qui  aurait  été  situé  a  l'endroit 
où  se  serait  élevée  plus  tard  l'abbaye  de  Martinsberg.  Mais  si  saint 
Martin  est  né  en  Pannonie,  sa  famille  n'était  pas  d'origine  pannonienne  ; 
le  fait  que  saint  Martin  reçut  à  Pavie  sa  première  éducation  pourrait  faire 
croire  à  des  attaches  familiales  dans  la  région  milanaise.  C'est  en  356  que 
Martin  reçut  son  congé  d'officier  de  l'armée  romaine  des  mains  de  l'em- 
pereur Julien,  et  c'est  cette  année  même  qu'il  se  rend  à  Sabaria  pour  con- 


216  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

vertir  ses  parents.  En  Gaule,  saint  Martin  avait  connu  saint  Hilaire  de 
Poitiers  et  à  l'école  de  ce  docteur  de  l'Église  il  avait  conquis  la  valeur 
inestimable  de  la  vraie  foi  ;  et  il  chercha  à  la  répandre  dans  le  diocèse  de 
Sabaria,  mais  l'évéque  arien  de  cette  ville  ne  put  supporter  le  zèle  de 
Martin,  il  l'arrêta  par  force,  et  sur  son  ordre  Martin  fut  battu  de  verges  et 
expulsé  de  la  ville. 

Un  index  bibliographique  des  plus  complets  sur  les  questions  traitées 
termine  l'ouvrage  dont  nous  venons  de  donner  un  trop  court  aperçu. 

R.  Graffin. 


Histoire  moderne  des  Arméniens,  par  M.  K.  J.  Basmadjian,  in-S"  de 
165  pages,  avec  carte  géographique  dressée  par  l'auteur  et  préface  de 
M.  J.  De  Morgan,  Gamber,  Paris,  1917. 

Ouvrage  de  vulgarisation  historique  autant  que  d'une  saine  propagande 
philarménienne,  le  travail  de  M.  Basmadjian  est  un  exposé  sobre  et 
lumineux  de  notions  ethnologiques  et  ethnographiques  basées  sur  des 
documents  notoires  et  auxquelles  sa  compétence  d'orientaliste  ajoute  le 
fruit  scientifique  de  sa  longue  expérience  des  choses  de  son  pays  d'ori- 
gine. La  division  de  l'ouvrage  en  vingt  chapitres  a  permis  à  l'auteur  d'y 
condenser,  par  groupements  méthodiques,  avec  les  faits  chronologiques 
les  plus  saillants  de  l'Arménie  ancienne,  des  détails  substantiels  relatifs 
à  toutes  les  branches  de  l'activité  physique,  morale  et  intellectuelle  de 
l'Arménie  moderne.  Cependant,  en  sériant  les  faits  et  en  esquissant  les 
détails,  l'historien  ne  nous  les  présente  pas  sous  le  jour  d'un  patriotisme 
de  commande  et  encore  moins  sous  les  traits  pathétiques  d'un  plaidoyer 
tiré  de  la  nuit  des  légendes  ancestrales.  Le  rappel  des  événements 
importants  est  judicieusement  soumis  au  contrôle  de  la  critique  moderne 
et  le  lien  logique  qui  enchaîne  les  unes  aux  autres  toutes  les  sections 
de  l'ouvrage  finit  par  faire  de  celui-ci  une  synthèse  dont  toutes  les  lignes 
convergent  naturellement  vers  ce  point  :  la  vitalité  d'une  race  qui  ne 
veut  et  ne  peut  point  périr. 

Ce  livre  s'adresse  à  tous  ceux  qui,  à  un  titre  quelconque,  s'intéressent 
aux  faits  et  gestes  passés  et  présents  de  l'Orient  et  particulièrement  de 
l'Orient  chrétien.  En  effet,  s'il  est  une  contrée  où  les  aspirations  des 
races  ont  continuellement  dégénéré  en  préjugés  dissolvants  et  où  l'idée 
nationale  et  le  sentiment  religieux  se  sont  travestis  en  un  chauvinisme 
inepte  et  en  un  mysticisme  stérile  et  malfaisant,  c'est  bien  l'Orient, 
cet  Orient  où  l'obscurantisme  islamique  a  tué  le  sentiment  du  vrai  et 
du  juste.  Considéré  à  ce  point  de  vue,  le  travail  de  M.  Basmadjian  cons- 
titue une  documentation  robuste  et  sereine  :  il  n'y  pose  ni  pour  un  poli- 
ticien, ni  pour  un  théologien;  la  modération  de  son  langage  s'allie  à 
l'impartialité  de  son  jugement,  et  l'amour  de  la  vérité  pure  fait  de  lui 
un  historien  que  devraient  imiter  tous  ceux  qui  seraient  tentés  de  sou- 
tenir une  thèse  quelconque  en  faveur  de  leurs  congénères  et  coreligion- 
naires. 


BIBLIOGRAPHIE.    '  217 

Pour  compléter  cette  notice,  ajoutons  que  M.  Basmadjian  a  terminé 
son  Histoire  moderne  des  Arméniens  par  un  appendice  du  plus  haut  intérêt, 
composé  de  deux  parties  bien  distinctes  : 

1°  Après  avoir  passé  en  revue  les  tableaux  et  les  listes  (officiels  ou 
autres)  relatifs  au  nombre  des  Arméniens,  il  fait  le  recensement  ration- 
nel des  Arméniens  de  tous  les  pays  et  nous  donne  le  chiffre  suggestif  de 
■  quatre  millions  cent  soixante  mille  âmes  ! 

2°  II  reproduit  le  texte  de  deux  témoignages  allemands  relatif  au  mas- 
sacre d'Arméniens  par  les  Turcs,  au  cours  de  la  guerre  actuelle,  et  nous 
montre  ainsi  le  panislamisme  sanguinaire  en  action. 

Paris,  18  avril  1917. 

J.  Babakhan. 


NOTES   BIBLIOORAPHigilES. 

Louis  Charles  Karpinski.  Robert  of  Chester's  latin  Translation  of  the 
Algebra  of  Al-Khowarizmi,  New- York  et  Londres,  1915,  gr.  8°,  164  pages. 

José  A.  Sanchez    Pérez.   Compendio  de  Algebra  de  Abenbéder,   Madrid, 
1916,  xLViii,  118  et  78  pages,  6  pesetas. 

M.  Karpinski,  de  l'université  de  Michigan,  a  édité  d'après  les  quatre 
manuscrits  conservés,  la  version  latine  intitulée  Liber  algebrae  et  Almu- 
cabola,  faite  par  Robert  de  Chester,  dans  la  ville  de  Ségovie,  en  1183 
de  l'ère  espagnole,  c'est-à-dire  en  1145. 

Les  premières  lignes  nous  apprennent  que  le  texte  arabe,  traduit  par 
Robert,  était  une  rédaction  de  l'Algèbre  de  Mohammed  ibn  Musa  AI- 
Khowazismi  (ou  Mahomet,  fils  de  Moïse,  né  dans  le  Khowarizm  dont  le 
chef-lieu  est  Khiva). 

Al-Kho\varizmi,  dont  le  nom  écrit  en  latin  Algaurizin  nous  a  donné 
le  mot  Algorisme  ou  algorithme,  vivait  sous  le  calife  Mamoun  (813-833). 
Son  Algèbre,  dont  le  texte  arabe  a  été  édité  avec  traduction  anglaise 
par  Fred.  Rosen  (Londres,  1831),  avait  déjà  été  adaptée  en  latin  par  Jean 
de  Séville  (Joannes  Hispalensis)  et  traduite  en  latin,  à  Tolède,  par  Gérard 
de  Crémone. 

M.  Karpinski,  après  des  prolégomènes  (p.  1-G5)  où  il  fait  connaître 
en  particulier  l'analyse  algébrique  avant  Al-Khowarizmi  et  l'influence 
de  ce  dernier  auteur  sur  le  développement  des  mathématiques,  édite  la 
version  latine  de  Robert  de  Chester  avec,  sur  la  page  parallèle,  une 
version  anglaise  (p.  66-128)  et  des  additions  (p.  128-157).  Un  glossaire  et 
des  spécimens  des  manuscrits  complètent  l'ouvrage. 

M.  Pérez  édite  le  texte  arabe  du  «  livre  qui  contient  un  résumé  de 
l'Algèbre  et  de  l'Almocabala  composé  par  le  maître  Abou  Abdalla  Moham- 
med ben  Omar,  ben  Mohammed,  connu  sous  le  nom  de  Aben  Béder  », 


218  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

et  lui  ajoute  une  traduction  espagnole:  dans  son  introduction,  il  fait 
connaître  l'auteur,  le  manuscrit  et  le  contenu  de  l'ouvrage. 

Le  manuscrit,  conservé  à  l'Escurial  sous  le  numéro  936,  est  daté  de  1343 
de  notre  ère;  il  porte  une  numérotation  en  lettres  arabes  prises  dans 
l'ordre  de  l'alphabet  syriaque  et  avec  la  valeur  numérique  qu'elles  ont 
en  syriaque,  et  une  seconde  numérotation  en  lettres  coptes;  il  est  écrit 
en  caractères  arabes  de  type  espagnol,  probablement  de  Grenade,  et  l'au- 
teur, d'après  Casiri,  serait  espagnol  ;  on  ne  sait  rien  de  précis  sur  son 
compte  :  il  cite  Abou  Kamil,  continuateur  d'Al-Khowarizmi,  et  lui  est  donc 
postérieur. 

Les  six  premiers  chapitres  ont  les  mêmes  titres  que  dans  Al-Khowa- 
rizmi,  mais  les  développements  et  les  exemples  diffèrent.  Les  problèmes 
sont  plus  nombreux.  On  trouve  une  collection  de  problèmes  pratiques 
sur  les  héritages,  les  dots,  le  commerce,  l'armée,  etc. 

Tous  les  problèmes  sont  formulés  et  résolus,  en  langage  ordinaire;  les 
éditeurs  ont  pris  soin  de  nous  ajouter  au  bas  des  pages  les  équatiçns 
correspondantes.  Par  exemple,  Alkhow.,  p.  71,  et  Aben  Béder,  p.  7  : 

Question  quatrième  :  Des  carrés  (substances),  ajoutés  à  leurs  racines  qui  sont  égaux 
à  des  nombres  :  Par  exemple,  si  un  carré  ajouté  à  dix  fois  sa  racine  est  égal  à  trente- 
neuf  unités,  quelle  est  la  racine  et  quel  est  le  carré? 

L'opération  consiste  à  diviser  par  deux  le  nombre  de  la  racine  (dix),  à  multiplier 
le  résultat  par  lui-même  et  à  ajouter  aux  unités,  on  trouve  soixante-quatre,  on  en 
extrait  la  racine  qui  est  huit,  on  en  retranche  la  moitié  du  nombre  de  la  racine,  on 
trouve  trois  qui  est  la  racine  du  carré,  et  le  carré  est  neuf. 

Comme  les  éditeurs  le  mettent  en  note,  cela  revient  à  :  «  Résoudre 
X  2  +  10  X  =  39; 


=  V/©'  +  39-'|  =  v/'«-5  =  3. 


On  trouVe  ainsi  les  équations  du  deuxième  degré  (sans  solutions  néga- 
tives), les  proportions,  quelques  cubes  et  les  équations  bicarrées  ramenées 
au  second  degré. 

Miguel  Asm,  professeur  à  l'université  de  Madrid.  Los  caractères  y  la 
conducta,  tratado  de  moral praclica  por  Abenhazam,  de  Cordoba^  traduc- 
tion espagnole,  8°,  xxxii-180  pages,  Madrid,  1916,  5  pesetas. 

Introduccion  al  arte  de  la  Logica,  por  Abenlomlus  de  Alcira.  texte  arabe 
et  traduction  espagnole,  xxxii,  l.")4  et  110  pages,  Madrid,  1916,  7  pesetas 
.  (Fasc.  1).  . 

Abenhazam  et-Tahiri,  encyclopédiste  musulman  espagnol  (t  1004),  était 
né  à  la  cour  d'Almansor.  Sa  fidélité  aux  Omeyades  et  son  mépris  des 
traditions  lui  attirèrent  des  persécutions  civiles  et  religieuses  qui  le 
réduisirent  à  la  misère.  Son  irritabilité  en  devint  excessive  et  il  se  mon- 
tra si  violent  dans  ses  disputes  avec  les  traditionalistes  musulmans,  les 
juifs  et  les  chrétiens  qu'il  était  passé  en  proverbe  :  «  La  langue  d' Abenha- 
zam et  l'épée  d'Al-Hadjadj  sont  sœurs  jumelles.  »-Son  critérium  systé- 


BIBLIOGRAPHIE.  ,  219 

inatiqiie  est  la  négation  de  toute  autorité  humaine  à  laquelle  il  substitue, 
en  matière  religieuse,  le  -sens  littéral  des  textes  sacrés  (Alcoran  et  tradi- 
tions du  prophète)  et,  en  matière  profane,  la  pure  raison  apodictique, 
exempte  des  préjugés  d'école. 

Son  originalité  dans  l'examen  de  tous  les  problèmes  de  la  science  et 
de  la  vie  aurait  dû  le  placer  au  premier  plan  avec  Averroës  et  Maimonides, 
mais  la  violence  de  ses  polémiques  lui  a  aliéné  les  musulmans  aussi  bien 
([ue  les  juifs  et  les  chrétiens  et  il  n'a  trouvé  ni  éditeur  ni  traducteur, 
jusqu'en  1903  où  on  a  édité  au  Caire  son  HUtoire  critique  des  religions, 
hérésies  et.  écoles. 

En  1908  et  en  1911  on  a  donné,  dans  la  même  ville,  deux  éditions  d'un 
autre  ouvrage  d'Abenhazam  :  Le  livre  du  caractère  et  de  la  conduite  qui 
traite  C.e  la  médecine  des  âmes.  C'est  ce  dernier  que  M.  M.  Asin  a  traduit 
en  espagnol. 

C'est  un  traité  de  morale  de  forme  gnomique  analogue  aux  vers  d'or 
de  Pythagore  ou  plutôt  aux  sentences  de  Démocrite  et  de  Plutarque,  de 
Varron  et  de  Sénèque,  et  aux  manuels  d'Epictète  et  de  Boèce.  M.  Asin 
a  donc  partagé  les  douze  chapitres  en  349  sentences  ou  paragraphes  :  il 
s'est  appliqué  à  rendre  la  pensée  de  l'auteur  plutôt  qu'à  donner  un  mot 
;i  mot  souvent  difficile  à  cause  du  manque  d'équivalence  exacte  entre 
les  expressions  analogues  de  deux  langues  différentes. 

Yousouf,  fils  d'Ahmed  Abentomlus,  mort  à  Alcira,  sa  ville  natale, , dans 
la  province  de  Valence,  en  1223  de  notre  ère,  passe  pour  un  disciple 
d' Averroës,  cependant  il  ne  le  cite  jamais.  Il  se  réclame,  par  contre, 
d'Algazzali. 

L'ouvrage  dont  la  première  partie  est  éditée  et  traduite  par  M.  Asin 
est  un  traité  sur  toute  la  logique  d'Aristote,  rédigé  avec  un  ordre  systéma- 
tique qui  montre  chez  son  auteur  une  parfaite  assimilation  de  la  matière 
et  le  propos  délibéré  de  rester  un  simple  commentateur. 

Le  manuscrit,  d'une  écriture  espagnole  du  xiV  siècle,  est  conservé  à 
l'Escurial  sous  le  n"  649. 

M.  Asin  a.  déjà  lu  sur  cet  ouvrage,  au  Congrès  de  Copenliaguc  (1908), 
une  étude  publiée  depuis  en  français  dans  la  Bévue  Tunisienne^  Tunis, 
1909,  sous  le  titre  :  La  Logique  de  Ibn  Toumloûs  d' Alcira. 

L'auteur,  lorsqu'il  n'est  pas  personnel,  reflète  souvent  des  ouvrages 
d'Alfarabi  ou  d'Algazel  qui  sont  perdus  et  n'en  a  donc  que  plus  d'impor- 
tance. Il  a  surtout  le  mérite  de  donner  une  exposition  claire,  méthodique 
et  complète  de  toutes  les  parties  qui  constituaient  VOrganon  d'Aristote  à 
une  époque  (.xii''  siècle)  où  la  scolastique  chrétienne  commençait  à  se 
l'assimiler. 


Nicolas  Fétissof.  Diodore  de  Tarse,  gr.  in-S",  460  pages,  Kiev,  1015 
(en  russe). 

La  première  partie  est  consacrée  à  Thistoire  de  Diodore  (p.  1-283)  et  la 


220  REVUE    DE   l'orient   CHRÉTIEN. 

seconde  à  ses  œuvres  (p.  284-445).  Une  table  des  noms  propres  termine 
l'ouvrage  (p.  447-456). 

Francisco  Codera.  —  Estudios  criticos  de  Historia  arabe  espanola. 
(Segunda  série),  2  vol.  petit  8°,  viii-356  pages  et  344  pages,  8  pesetas. 
(Colleccion  de  estudios  arabes,  t.  VIII  et  IX),  Madrid,  1917. 

Dans  ces  deux  volumes,  M.  Codera  a  réuni  des  articles  publiés  ailleurs 
à  diverses  époques  et  les  a  mis  à  jour. 

Le  premier  volume  renferme  quatre  chapitres  :  1.  Sur  l'importance 
de  l'étude  de  la  langue  arabe  en  Espagne  et  tout  particulièrement  dans 
l'ancien  royaume  d'Aragon,  p.  1-96.  vDiscours  d'ouverture  à  l'université 
de  Saragosse  en  1870). 

2.  La  domination  arabe  sur  la  frontière  du  Nord,  c'est-à-dire  dans  le 
bassin  de  l'Èbre  et  la  Gaule  méridionale  de  711  à  815,  p.  97-233.  (Discours 
de  réception  à  l'Académie  d'Histoire  en  1879). 

3.  Limites  probables  de  la  conquête  arabe  dans  la  chaîne  des  Pyrénées, 
p.  235-276.  (Édité  dans  le  Boletin  de  la  Real  Academia  de  la  Historia, 
avril  1906). 

4.  Narbonne,  Gerone  et  Barcelone  sous  la  domination  musulmane, 
p.  277-341.  (Édité  dans  VAnuari  de  V Institut  d'Estudis  Catalans  1909-10). 
Index,  p.  342-356. 

Le  second  volume  comprend  dix  chapitres  déjà  édités  dans  la  Revue 
d'Aragon  (les  deux  premiers)  et  dans  le  Bulletin  de  l'Académie  royale 
d'Histoire  de  Madrid  : 

1.  Les  Benimerwan  à  Merida  et  à.  Badajoz,  p.  1-74.  —  2.  La  famille 
royale  des  fils  de  Texufin  (xi'=  siècle),  p.  75-166.  —  3.  Sur  les  Cartas  de 
T>.  F.  de  B.  (ouvrage  de  D.  Faustino  Muscat  sur  l'histoire  de  l'Espagne 
Arabe),  p.  167-180.  —  4-5.  Sur  les  ambassades  des  princes  chrétiens  à 
Cordoue  durant  les  dernières  années  de  Alhaquem  II,  p.  181-222.  — 
6.  La  campagne  de  Gormaz  l'an  974-5  de  notre  ère,  p.  223-264.  —  7.  Un 
projet  sur  les  publications  Arabes  que  l'Académie  devrait  entreprendre 
comme  sources  de  l'histoire  espagnole  au  temps  des  Arabes,  p.  265-284. 
—  8.  Une  défense  de  Casiri  (contre  Dozy),  p.  285-6.  —  9.  Sur  un  écrivain 
marocain,  auteur  d'une  histoire  de  Fez,  important  pour  l'histoire  espa- 
gnole, p.  287-300.  —  10.  Recherches  sur  la  domination  arabe  en  Orient 
sous  les  Ommeyades,  à  l'occasion  d'un  ouvrage  de  M.  G.  van  Vloten, 
(p.  301-342. 

Nous  avons  appris  depuis  peu  la  mort  de  l'auteur  :  Don  Francisco 
Codera  Zaidin  est  mort  à  Fonz  (Huesca)  le  16  nov.  1917.  Né  dans  l'Aragon, 
il  fut  professeur  de  grec  et  de  latin  à  Lérida,  à  Grenade  et  à  Saragosse. 
IJ  se  spécialisa  dans  l'étude  de  l'arabe  et  de  l'Espagne  musulmane,  fut 
transféré  à  l'Université  de  Madrid  et  y  créa  une  école  d'arabisants.  Le 
6  juin  1915,  il  recevait  à  l'Académie  royale  d'histoire  son  élève  Julian 
Ribera  y  Tarrago  qui  y  prenait  la  place  de  son  ami  et  collaborateur 
E.  Saavedra.  Son  œuvre  capitale  est  l'édition  de  textes  arabes  utiles  pour 


BIBLIOGRAPHIE.  221 

l'histoire  espagnole,  sous  le  titre  de  Bihliotheca  Arabico-Hispana  dont 
dix  volumes  ont  paru  de  1882  à  1895.  Il  en  a  extrait  plus  de  50.000  notices 
géographiques  et  historiques  qui  feront  partie  d'une  onomastique  des  lieux 
et  des  personnes  citées  dans  les  œuvres  scientifiques  et  littéraires  de 
tout  le  monde  musulman.  Dans  un  travail  dont  nous  avons  donné  le  titre 
plus  haut  (ri,  7),  il  exprimait  le  désir  de  voir  éditer  encore  dix  volumes 
de  textes  arabes.  Ses  élèves  et  surtout  M.  Asin  y  Palacios  pourront  peut- 
être  aider  à  réaliser  ce  dernier  vœu. 


René  Basset.  Le  synaxaire  arabe  jacobite  (Rédaction  copte).  Les  mois 
de  Toubeh  et  cVAmchir  (27  décembre  au  24  février],  texte  arabe  publié, 
traduit  et  annoté  [Pair,  or.,  t.  XI,  fasc.  5,  p.  507-860.  Prix  :  21  fr.  15). 

Les  légendes  coptes  relatives  à  ces  deux  mois  sont  plus  nombreuses 
et  plus  longues  que  celles  des  mois  précédents.  Elles  ont  donc  donné 
matière  à  354  pages,  tandis  que  les  quatre  mois  précédents  n'en  avaient 
fourni  que  470.  La  matière  est  fournie  souvent  par  les  nombreux  miracles 
légendaires  des  saints;  c'est  ainsi  que  Youna,  de  la  montagne  d'Her- 
mouthis,  occupe  dix  pages  (p.  515-525).  A  noter  aussi  une  rédaction 
originale  de  la  vie  de  saint  Paul  de  Thèbes,  p.  767  à  781. 


MicHAEL  Asin  et  Palacios.  Logia  et  Agrapha  Domini  Jesu  apud  mosle- 
micos  Scriptores,  asceticos  p?-aesertim,  usitata.  Fasciculus  prier  (Patr. 
or.,  t.  XIII,  fasc.  3,  p.  331-432,  7  fr.  40). 

On  a  réuni  depuis  longtemps  les  quelques  paroles  que  des  auteurs  grecs 
attribuent  à  Notre-Seigneur  et  qui  ne  se  trouvent  pas  dans  les  Évangiles. 
Leur  nombre  n'est  que  d'une  trentaine.  En  1905,  au  congrès  d'Alger, 
M.  Asin  nous  a  dit  qu'il  trouverait  facilement  quelques  centaines  de 
paroles  attribuées  à  N.-S.  par  les  auteurs  musulmans  et  qui  ne  se 
trouvent  pas  textuellement  dans  les  Évangiles.  Nous  l'avons  engagé  à 
recueillir  ces  textes  si  intéressants  et,  en  1908,  au  congrès  de  Copenhague, 
il  nous  a  appris  que  ce  travail  était  en  cours.  Diverses  circonstances  ont 
retardé  son  apparition,  bien  que  les  bons  à  tirer  aient  été  donnés  depuis 
longtemps. 

M.  Asin  donne  la  liste  des  trente-huit  auteurs  arabes  qu'il  a  compilés  ; 
dans  ce  premier  fascicule,  il  édite,  traduit  en  latin,  et  commente  cent  trois 
logia  plus  ou  moins  longs. 

Chaque  logion  est  édité  d'après  la  source  principale,  qui  est  pour  le 
premier  fascicule  al-Gazzali;  on  trouve  en  note  les  variantes  des  autres 
ouvrages  ou  auteurs  qui  le  contiennent  aussi. 

Lorsque  les  rédactions  sont  assez  différentes,  chacune  est  éditée  en 
entier  avec  ses  variantes  propres,  ce  qui  a  lieu  surtout  pour  les  miracles; 
le  logion  54  a  quatre  rédactions,  le  84«  en  a  trois,  etc. 

Il  sera  intéressant  de  chercher  la  source  de  ces  logia  dont  certains 


222  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

remontent  au  vu"  siècle  et  qui  sont  fidèlement  reproduits  par  les  divers 
auteurs  musulmans. 


Sylvain  Grébaut.  Les  Miracles  de  Jésus,  l'''^  partie  {Pair,  or.,  t.  XII,  fasc.  4, 
gr.  in  8°,  104  pages,  7  fr.  40). 

La  littérature  éthiopienne  renferme  un  ouvrage  assez  volumineux  (|ui 
relate  les  miracles  du  Christ.  M.  S.  G.  édite  et  traduit  les  dix  premiers 
miracles  qui  forment  à  peu  près  le  quart  de  la  compilation.  Il  a  utilisé 
cinq  manuscrits  de  Paris  et  de  Londres  dont  il  donne  les  variantes. 

L'ouvrage  est  attribué  à  l'apôtre  saint  Jean  ;  il  commence  par  résumer 
l'histoire  de  la  création  (p.  7-26)  et  passe  ensuite  aux  miracles  qui  ont 
précédé  ou  accompagné  la  naissance  du  Christ  (épreuve  de  l'eau  de  malé- 
diction, sage-femme  Salomé,  les  bergers,  les  mages,  etc.);  les  derniers 
miracles  ont  lieu  en  Egypte,  à  Nazareth  et  à  Tibériade.  Ils  sont  souvent 
parallèles  à  ceux  de  l'évangile  de  l'enfance. 

E.  Blochet.  Monfazzal  ibn  Abil-FazaïL  Histoire  des  sultans  Mamlouks. 
Texte  arabe  publié  et  traduit  en  français  {Patrol.  or.,  t.  XII,  fasc.  3), 
gr.  in-S",  208  pages,  12  fr.  35). 

L'ouvrage  est  conservé  dans  un  seul  manuscrit  (Paris,  ms.  arabe 
n°  4525)  qui  est  peut-être  autographe.  Il  contient  une  histoire  d'Éygpte 
depuis  1260  jusqu'à  1349,  comme  suite  à  l'ouvrage  d'Elmacin. 

M.  Blochet  étudie  le  manuscrit,  l'auteur,  les  sources  de  l'ouvrage,  et 
le  place  dans  son  cadre,  en  résumant  l'histoire  des  Mongols  qu'il  connaît 
si  bien  (p.  L-04).  Il  édite  ensuite,  dans  le  premier  fascicule,  les  40  premiers 
feuillets  du  manuscrit  qui  va  jusqu'aux  luttes  en  Syrie  entre  les  Egyp- 
tiens et  les  Mongols,  l'an  670  de  l'hégire  (1271-2). 

F.  Nau.  Ammonas,  successeur  de  saint  Antoine.  Textes  grecs  et  syriaque 
(Pair,  or..,  t.  XI,  fasc.  4,  gr.  in-S»,  114  pages,  6  fr.  90). 

Cet  ouvrage  fait  suite  à  l'édition  de  la  version  syiiaque  des  lettres 
d'Ammonas  donnée  par  M.  M.  Kmosko  (Patr.  or.,  t.  X,  fasc.  5). 

Les  lettres  d'Ammonas  ont  été  mises  sous  le  nom  de  saint  Antoine 
et  traduites  en  latin.  L'ancienne  version  .syriaque  a  permis  de  les  rendre 
à  leur  véritable  auteur,  mais  quelques-unes  subsistaient  encore  en  grec, 
soit  dans  une  édition  donnée  récemment  à  Jérusalem,  soit  dans  des  manus- 
crits de  Paris.  M.  N.  a  réuni  tous  les  écrits  grecs  conservés  -sous  le  nom 
d'Ammonas  et  leur  a  ajouté  les  quelques  renseignements  que  les  apoph- 
thegmes  grecs  (ou  leurs  versions  syriaques}  nous  ont  conservés  sur  cet 
auteur. 

Après  une  étude  sur  l'auteur  et  les  ouvrages  conservés  (p.  393  à  407),  on 
trouve  des  textes  biographiques  grecs  et  syriaques  (p.  403-431),  puis  les 
ouvrages  grecs' suivants  :  sept  lettres  (p.  432-454),  quatre  enseignements, 


BIBLIOGRAPHIE.  223 

dix-neuf  exhortations,  un  discours  aux  solitaires,  des  conseils  aux  novices 
et  deux  fragments  (p.  455-487). 

Des  tables  des  citations,  des  principales  matières  et  des  mots  syriaques 
terminent  l'édition. 

Margaret  Dunlop  Gibson.  Tlte  commentaries  of  IsJio'dad  of  Merv  bùhop 
of  Hadatha,  vol.  V,  The  Epislles  of  Paul  the  aposlle,  Cambridge,  1916, 
2  vol.  4°,  texte  syria([ue,  180  pages,  trad.  anglaise,  .\viii-148  pages. 

M^i"  D.  Gibson  vient  de  terminer  Tédition  et  la  traduction  des  com- 
mentaires d'Isho'dad  sur  le  Nouveau  Testament  (cf.  ROC,  t.  XVI,  1911, 
p.  434  et  t.  XVIII,  1913,  p.  222).  Les  deux  présents  volumes  sont  consa- 
crés au  commentaire  des  épîtres  de  saint  Paul. 

M.  Rendel  Harris  ajoute  une  intéressante  introduction  dans  laquelle 
il  a  trouvé  occasion  de  donner  ses  idées  sur  la  date  de  la  version  syriaque 
du  Nouveau  Testament  au  Peschitto.  Il  a  mis  en  relief  l'importance  de 
l'ouvrage  au  point  de  vue  de  ses  sources  et  des  fragments  de  littérature 
et  de  mythologie  grecque  qu'il  nous  a  conservés  sans  doute  d'après 
Théodore'  de  Mopsueste.  On  a  déjà  dit  ailleurs  que  ces  commentaires 
sont  restés  un  ouvrage  classique  dans  l'Église  nestorienne  et  ont  même 
été  utilisés  par  quelques  jacobites.  C'est  donc  un  des  plus  importants 
ouvrages  de  la  littérature  syriaque. 

Sylvius  Ioseph  Mercati.  5.  Ephraem  Syri  opéra,  textum  syriacum  grae- 
cum  lalinum  ad  jldein  codicum  recetisuit...  Tomus  primus,  fasc.  primus. 
Sennones  in  Abraham  et  Isaac,  in  Basilium  Magnum,  in  Eliam,  Rome, 
1915,  gr.  in  8°,  xvi-232  pages  et  une  table  phototypique,  12  lires. 

L'éditeur  a  remarqué  que  l'ancienne  traduction  grecque  de  S.  Éphrem 
avait  été  faite  en  vers  qui  imitaient  le  mètre  des  vers  syriaques  afin  de 
pouvoir  être  chantés  sur  les  mêmes  tons.  Cette  remarque  lui  a  fourni 
lui  critérium  très  important  pour  reconnaître  leg  oeuvres  authentiques 
(le  S.  Ephrem.  Il  a  étudié  tous  les  manuscrits  conservés  et  donne  les 
variantes  des  meilleurs.  La  longueur  des  introductions  et  de  l'apparat 
critique  ainsi  que  la  disposition  en  vers  choisie  pour  l'édition  expliquent 
qu'il  y  ait  si  peu  de  sermons  de  S.  Kphrem  dans  un  si  gros  volume.  Non 
limita  sed  miiltum. 


Le  Directeur-Gérant 

F.   CUARMETANT. 


'"ypograi)hie  l'iniiin-Diclot  el  C'"'.  —  Paris.- 


RECUEIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMENTS 
SUR  LES  lÉZIDIS 

.  (Fin)  (1). 


)oof  V-^f^  OOI9  ""^^.^^^  •X'^*^>  ^^^   ^îJ^^  y"*^  i^^  l-^^*^ 

^9  ),  v>  ii>.2>  .yoy^  iooi  ôuK^  ^;i-^   T-r*-^  K^joi;   ^«^ 
^1^  ^;   jooi  t^^/   )»«oi'^i  K^9oi  ^9  )^>\^  .jjL^ot^jia^ 

ji9    OU^    OOOI     ^90Ui3DO     .^^0|»I^^     0|    ^   .^    ^«JL3     s^OtOJL^CUOI 


(1)  Voy.  Roc,  supra,  p.  1 13, 

(2)  Om.  A.  —  {?^)  \''^^^  ^a*^-so  ^\^  ^  Wv5o/   v^ina  jn  marg.  AB. 

OUIENT    CHRÉTIEN.  1; 


226  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

JioJL^CUOI    )jL.Jl2^^    OSL^IbCL^    yOO|.i:bO    .(l))jLJtV     vOOt.â    sfiOSL^O 

•:>oiK.>..3  ^^^y^oâL^  yooi.L^  .oiKlâ^j   ^lasiS.)   y^l  voou^o 

.0(Kji.^.2  Kd»/  )>*.^/  )jû/  )  %  V>  mO  ^'f.^a^.9  I^^OjOO  J^K^ 
:^^bCU9    yS.J\J^    sjujj     KJ^    .oio^    OOIO     VL.«>.n>0    OOI    '.O!.!^ 

.yooioi^  V-^  yooila^  o..iuJlw^9  ^^^^  '.oi-JV^ai^D  vi  n\i;  o/ 

s^/  yooilaS.  olji.x^  «I-^V^  )t"*^/  (2)oi.^âjto  su«Jk  oK.^/ 
)v:^<mO  )v^la  ^/o  ooi)L^^  ).jo(  )~slj/o  .vooi!!:^^  ^^  |^V-»t-^^ 
,)a^J^c:d  )K.!jl  )oot.o  Xt~^  .)J»'oKji  ^^)L^  oiK„<o^  jJo  )Kl&  |1 
TtL3L1    .oKL*    yooj^s   ^^   "^^o    jîallski!   yOoCS.99    |^90 

jfL*.^/;  oo((3))bL:^CLûO  ssi9  las/  )jLif.^>>9  )^9  l't-'^^ji  ol^'^joo  .001 

K.^/  I^oi  jK^oo/)  yOOtJL^  ^t-^/  ^^/  JJo  .pL^^^^  ^>  n°>v> 
♦  T^tN  iT^   T^X."^    .yOOi.x^    r-è^^^    axtâu^lS»   ),.xû.Aâ   oiJ!^ 

>    y    <y>-J^  yOO|...S     K>/     .yOOi.2S^«9     yio.JLJi     yOOUS^     yO^-»^/ 

K.^{o   .fJL.>o    ^^n    ot.2^    ^y^^/9    t^l    Joi^ola    ^JLcûjl^ 

.^^«â..^;    y.*.».    oC^     ^y^.^/9     K^/o    •^;A'flO    y    o   %    ^V^/9 

)^^a.x..d  yooi.^3  ^^2S.oi  .Nk^jl-2   T-*^  ^~^  >  -y^/;   K^/o 

(1)  UV  A.  —  C~j  Om.  A.  —  (;J)  lîi--»^  (bis)  A. 


HECUKIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    VÉZIDIS.       227 

^^Knj  JJ  ^  l^flxi^o  jloo^  ^f^{  ^^.«JS.01  ^^  yoouL.^ 
^9  ^^^01  .j»£i.«jL^^o  )j)..A^  jK^V^  <^'^^eu^,  voouK^lo 
)oi.^a-ji   y*.,\oio  .yoo(.l!^^9    IV^^JJ    ^^«.;;.'>•^oo  |L^oi90   )g>fir>'> 

.K^jju.^/  )v-<i»:m{  K-«»2L-:d  s^oioiSs^/  )LjV^{o  .v3Q„ûLfioa^o 
^t-'i.^  )Ljl>€Lmo  •.JLJLboÙS^o:^  ^v^l^  ^r-^l  ^^^  ^^  \\'>% 
ir^  Uos  iod/  )pKâ  ^^oi9  ).:bCLS.^o  fiioio  .yooila^  \^oi 

Ka..:)^  wbJULoK^  JJdp  po  ).ju:^  jf^^'^^  v^j{  )^*^^  yooiiioi 

^p>o/    J^)ju.^{   p  K^|»ûO'^â   ^oiâ^o^  o^PolS.   ^'^jl^o 

^i^  ^.o^j  00,  \-^  Mv-f  .U  ;o^Vâ.  ^^â, 

.^9  jJ   ^:^i  l.^^.^<£û'y^  ^j/  s.aoKjl^9  oom/o  .jb^^o  o^ 

^^  oj/  )J  oC^9  vQj{  jjLJj^^^i  jlcLo  ^^01  >  v>  V^-^o 
^^Do  y.oou.:o  V^-ûo   oi^)li   voj/   9a^)Lj9    oiJ^  h^l   jioit 

.oJ^^JLio^o/   1^1.*^  ^-l).io  It.^^.^/;  oulb^^;  )U/  01  ^-ojL  t^oj 

(1)  Om.  A. 


228  ■  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

JLîLiKN^ao  «cJS.^;   o6io  J^LkJ^   >  oiivi  «to  \\:io  V^^*^!  ^^lo 

JKijl^  ^  jLjLâoj^  vOoi!S.  ooi^.»  ioâoi  yOOJ^S  )«.JLsio  \yS^ 

JV;/  ^>i^o  .OOI  )L:)a3o/  yoouitQ..2L^o  )y»  t\°\  yoou^  ^V^/ 
)L:li^)^9  yooiS^f  )j;f»«.^u^  >  «  ^  I. »  «I  .)Kjl:i^  v^oj!^  >  » »nv> 
yv  v>/o  «^^JA  ^  «  t  :>    )^)^!    ^^  v^  t-^^  «v^/   )»^po<3 

V-i3L.Xtt-N0    JJo    .1^).«l2^D    ^^J    Vv  O»J.i0    ]]    )jOI    .(5)sJL.Q^  OuS. 

yooi^  >^9a..^  jK^sA  V"=>  :)ia..^>-i  ^.-^^î  oom/  .ouL-pj 
^oioK*/  Jjôij  '^^io  .oiKoot^  ^K.fc^o  I^V-<^/<3  •.v^ojP^o 
)ou>V3  )oot  K-^/;  |.i>*V-^9  ôoi  K^Of-^  "^^y^  y-^^X  )'^-^ 
rd-X*"^    .JLioi    )^»99     o»..  ^  <Y>  v>»    )l-Jl:>>^    y  «)t\->    ^^«.^cSUlO 

^)..<c,wÛD    >    nNoi   .yOOi^    ^-«V^/    l^-^^O    )^<^P^    ttt^Jk^aUJL 

^^oo  ..)La,^i3  ^A.iuJd  ^^.^L^clûD  ^j  "^^oo  Jjoi  jJ^ooo)..^ 
po  .)LaL,^ciD  ^JLiLâ  ^1^9   ^'^^/o  .yooiKiL».^  ^^   >  >  ^M; 

y*^^)^  >3  .)l2L^ Oâ  >  »  »  »w30  |LjL^>^  Vp<^  )>^too  ^A^Opbopo 
:<^^*j/    ^;l^   ^uOl^    t^O   .)L^^â9    )£O0Q^   ^A^^)/    ^A2>eL*\ 

.(.^aisjLd  yaj/  ^«(.N  ^>~^A;  j^o.^  ^2)0  )rf>  »  o  ^,».  ii,nv>  vOJoi 
jpicL^  Xod/  vd/o  .^K^/  '^;l^   >^"*-^?  )t-^^^>-^  v^^-^!  y«iv>/o 

)\-Mi  )jiV  ^~«^oi  .)Uoi-3  ^^^^  JJj  (3)^..oj!^  ^^s.*^oo  )rn  «  n 
^ÛL^  ,— JLi.;o/;    S^/dJI^l    ol*f..2L^   ^io   vJL*y.â   ^M«  '^a   yOj/   )^^'j 

(Ij  A  acld.  1»*»  iiitor  uucos.  —  (2)  «»>*ok55j  ^   ~  (3)  ^o^  A. 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDLS.       229 

yocHV-Oi^/;  .y)  aL^>;  )îi.)Lo  ôj!S^9  JXi/  yooCbwD  j-^Va^o  »^V-^^>. 
J^Vojo  ^-^-^i/  ).-Jioi  .yoo»._.K.-ji/  oi.:a  ^;)L.^  (1)  ^■•^;  )t-»!® 
)bLjiK^  ^  \h^y^  K-./0  ^-kii  ))jio  )Ky,-o  K*/  .01^  K«./ 
^  ^9)L\  y-OL  ^^   ^j^   yooi^K^/    ).^Vau3  ^^"^ot  .^:>'K.â 

t.CÛ.^f^     K^l     v/o     )KjU^    ^iO    '"^S.iCS.O    .ool     yOOI-\    h^l 

K^{  ^coj^âi;  ll^9a.ado  .wJ:d)v..d  ^t~^K.^o  jL^J^^fl  jL^VoJd 
)).ioo   )l.LjVooi  j'^idKjM    )L-Jt— /    i-H^®  .)LjL!.OLia:s   yOO|.-.K-^/ 

,     -"^«^^     )  .X-^iO  X*  AQ^O     ycÛKO     .^Ol.^)^/     ^^-.flJ     ^^2)0  lo 

yoLJb.^  yOOiV-:5ojo   .K«.)ljÙ^^^   )^jL«f...^a.â  K.iJ^o    ^V-*--^^^^ 

y^ll    ,yM>  ^«.^uu.^  JJ    (5)  )jLiCLSljiaio\   .V-w2uJl   Ol^    jjU^^^^ÛOp 

)joi    .^^^9    )ioVl)L=™s  Jjoi    )Kioo/    ^Ls  )">V.atio    vOLj/    ^01 

(1)  ^o  ^ow^vsN  B.  —  (2)  voo^s    B.   —   (3)   ^pc«*^^/    B.   —  (Ij   ^owi»    B.   — 
(j)  lLliQ^s::Aaxl  xx-v  B. 


230  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

«^OaJi.Tir  J^..i-ii., .a  .)Jl.*^-i>  y^->  nr>  No»  iO  ^jLmQ^  ^t-^; 
*>\.S^   K„i»^9  )t-»oi.^  )V-*t^    KjdKsi/  jLjLja^ 

♦)L£o^  v^  )LjLm  ).;ba.«2SL^  (i)vQ.aj90ia^ 
^9901   ^^2>»^  ^A^^  jLitas  0/    )la^  ^JJ^ 

•>'^J!    )<^>^    P'f^     SL.K.JUM    wb^QnLÛ.\    (2)90fji 

•^s»9^>«:^  fV"^-^  vAQ.âi  JJ;  ôi..«.^^  «uw^oV-d  y^^.-'^^l 

.y^9  |i;  )Lio  Kai^^  jj  KjL.^f/  oSs  y^î 

.N^r^^flLl»    yKn^A,    yKj.JUt>/     yO^C^     l^bOCL^    ^^OQ^ 

*:*(3)^i^.*9     JOOI    JI9     jlzx^.^    ^JU^^    MMOf^/l     )l^JL 

(1)  sûa'^ov>  B.  -^  (2)  ^oïL  B.  —  (3)  Les  premières  lettres  des  huit  vers  précé- 
dents donnent  le  nom  U^^  (Mathieu)  Ui*^  (moine). 


RECUEIL  DE  TEXTES  ET  UE  DOCUMENTS  SUR  LES  YÉZIDIS.   231 
.)',â.www^  (1)  uwliUJO  ^«JL^OlL»  ^^l 

♦)boi  aoV-î  vP«Q^  ^^^  ooKaI    ^^  Jl 

rsl.T-.T\T\  rSÎs-TJjrsf 

.)^^;S.    )jLa/o    )ViOO    (aS^    )»a-3    yO; 

JV-^  )o«^/o  )»)sçf  '<^  IV^^"  J^' 

(1)  ^lo  B.  —  (-2)  "»^i,o  B.  —  çh  Les  premières  lettres  des  huit  vers 
précédents  donnent  encore  l;*..*-*'  ^i\x  (Mari,  supérieur  du  monastère).  — 
(4)  U^o  A. 


232  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Jv-?  ^  t-Vi  )V-^Q-^!  oo«  U»î  Iv^n:^^  ^Q- 
•:*)i^^  y^âoil  iy-*-^t  Jjooi-s  J^^U/;  )L. 

.jLISJiL^  )•,  n  «  v>  )jui9  lo^^â  (I)  ôi-^lN^o  ol£o 
*>]L^  ^.^^^d  yo^   ^-^^-^^   Kjlsl:^  ôiliJM.^ 

♦ 
(2)^il73rsr 

."^.«^U)  )Lw.<i..aLji  jpoo^w^  vji^.âLSw.M  OV..O  jloi» 
JK^V^  ^'f^CL^  vAiJu/o  IjLm.:^  ^ISw/   ^^a^ 

<*(5))iQJU.^)L3    wi.2l^^    )1i    wijK^jJ/9    )L 

(1)  uovAsû  B.  —  (2)  A  remplace  cette  ligne  par  V\^\  «  autre  (strophe)  ».  — 
(3)  »*f3»  A.  —  (4)  ^-^  B.  —  (5)  Les  premières  lettres  des  cinq  strophes  précé- 
dentes donnent  U'ûi>.  v^^/  'v^g^/  V**i  U**^  (Thumble  moine,  1763,  1763  des 
Grecs).  Les  trois  dernières  strophes  sont  de  Ram^icho'. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.       233 

)Lau.KDo  ).ia-.Ki.  ^>K^i»9    JK--i/    ^io  vr^^    «2L9rSf    ^jljljs 
)^V;a.^9  jU/;   )^2UD   Ka»3   )K^',  n  ^   )ia.^loKâ   6|.:^^oo 


r^i\cu^T>a!73] 

)jL2l3    )oO(0    )iV-*v^    jKut,     ioOl     yV-^CL^     «SST^      KjLSLO 

^.•oi^  ^-^   0001  ^»  -^ly  jJLjiQL..aL^    'j^Y^   t~<^^^^-^   |y\ooo 
KJS.1  ô(.2   lylo   K^ôoio  .j.^tion'^  ^A^ix.^    ^fiûô)K.^cu^ 

1*^9    ^^    Ool  ).3^^f.-^â    )Lw.J9    ^^^    K.*^Aio    .KJjïKs    )j/ 

I^Kso    KL:»K^  )^-•^-^  JJi^a^    K^^;    )^^}/    ^^    l^t^V-^ 
jJI^Kj)  ^^  y-^^^o  .Kl^Ko  jLtV^;  ^£DoV^3  ILjlaJlxiS.   lio^^oiM 

(1)  Toute  cette  note,  mise  entre  crochets,  manque  dans  A. 


234  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

JCQCJ30  j:\rdL.  oyjLa  r^a-T^  *^cuix£o  rd!icD 

)ooi  f-^do/   :j   :).^t-^  >    rr>  »  i  ^  )jLiaÀ2^   *^^  'Kuls 

^^oU/o  »^;)In   sl*a  ^.aJi».!/  .^Ja-J^   iSaJT^  Kul^ 
(2)  yJL-D>3JL.^»    Ol*^    (l))l.a^O0|    J-ûtlibcio    yoy^   i-^^^S;    jîiJJ 
^^V*^  vji,.^  )^/V^  ^^  ^^^.iC^j  ^)l^CSs;  )»a^  ^^l/o 

y„0jk,  v^  ^^J  >»'^^/   y^l  )"^JQ"*^   OJXOIT^   Kuud 
'^^..bC!^  MM>.:xi^  '^^)OuâQ\  oCS.^»oo  t-^a^^Q^o  ^^^  vâ^jt.  ^^[y, 

^^  vfiO^CLA.  a^V^/;   iKjd   ^^  .jLxjOLi^  vâJT^  Kjljl:^ 
y^  ^y^  JjtL^^o^  ^9)^  ^:-'*^   ^"^   li^<*'^{   ^-«1^   h^^o 

)Ljl*^  001  )v..^a^  001.^1  {    .)jLja.«J^  CD^T^   K-JUlso 

).oVoi  )^A^{;  )LatAa-D   ^^^io  ^;)b^   /r*^   wcJLailb.    î;q-sI 
)oo(J9-  ^.«J^Vn^  01^  (4)^«^£û.Jo  J^oi.^  IbkS^:^  ^t»^!   J^jVooo 

*>)Lioi.^  f-^P'  of"^  V^^^o  jVaN;  (6)  ^ouJb 

oKol/o  .p  fl\s>  V  V^mlS.  ojJ   Kjlils  jLjtaxL^  ^m.^9a,^^ 

sr>  »  V)  ).^CSw^o{   )..M.^CS>ji  s£Do)9tj{    «Kjaa^o   JV-o^^   ^^^ 

(1)  asUow  A.  —  C2)  ^l^sj^  7  A.  —  (3)  ÛN*^  l'^^"/o  A.  —  (4)  >=^>o  A.  —(5)  f^eno 
A.  —  (6)  Npcn»-i3  B. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET   DE    DOCUMENTS    SUR   LES   YÉZIDIS.      235 

ioaiS^o  oiv^/  ^o^  l^'^io  JKjL^^io  )LJb>^KaLioo  piâi^^a^ 

rdijocuilrsf  yqi^gy>T^7\  rdjxw^  ^  ^*:\  ^ 

rCTiiui  ji^Ti  aiL:\ 

(])[a:L3i3 


TRADUCTION 


C'est  pourquoi  je  t'ai  fait  savoir,  ô  frère  Joseph,  toute  l'histoire  de  ce 
glorieux  couvent  de  Mar-Youhanan  et  d'Ichô'sabran  telle  qu'elle  a  eu 
lieu,  et  comment  il  devint  la  propriété  d"Adi  lequel  fut  appelé  Cheikh 
pour  le  motif  suivant  :  quand  'Adi  fut  banni  de  la  direction  des  affaires 
du  couvent,  il  s'associa  une  troupe  de  l^rigands  méchants  et  il  devint  leur 
clief.  Ce  sont  ces  brigands  (jui  lui  ont  donné  le  nom  de  Cheikh,  c'est-à- 
dire  notre  chef,  parôe  que,  de  fait,  il  marchait  à  leur  tète  et  il  reçut  d'eux 
ce  nom  de  Cheikh  qui  ne  semble  pas  récent.  Il  y  en  a  qui  disent  que  sa 
famille  descend  des  Onnnaïades  (2).  Quant  à  sa  religion,  je  t'ai  déjà  dit 

(1)  Les  deux  colophous  précédents,  mis  entre  crochets,  sont  propres  à  B  et 
manquent  dans  A.  Le  suivant  au  contraire  est  propre  à  A  et  manque  dans  B. 
(■2j  «  Les  Ommaïades  descendent  d'Yczid  »,  in  marg.  A, 


236  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

ce  qu'il  en  était.  Tu  dois  savoir  que  la  religion  de  Cheikh  'Adi  n'est  rien, 
car  il  était  musulman  de  nom  mais  de  fait  il  professait  la  religion  des 
Taïrahites  qui  la  tenaient  de  Yézid.  Ces  derniers  considèrent  et  honorent 
pour  leur  fondateur  Yézid  (prophète  de  Dieu)  commandant  sur  eux  et  à 
qui  ils  doivent  une  soumission  absolue. 

Tout  ce  qu"Adi  dit  et  proféra  de  sa  bouche,  ses  sectateurs  l'ont  cru  et 
professé  sans  difficulté  ou  objection  et  ils  disent  que  sa  race  provenait  des 
dieux  et  que,  de  son  vivant,  il  leur  défendit  l'étude,  les  gens  de  sa  famille 
exceptés,  et  il  leur  institua  des  chefs  :  les  uns  pour  prêcher  la  religion  et 
les  autres  pour  recueillir  les  aumônes  et  pour  le  service  de  sa  famille. 

Les  chefs  des  Yézidis. 

Le  chef  suprême  de  tous  les  Yézidis  s'appelle  Emir  et  il  y  a  dans  sa 
famille  environ  25  personnes  ou  petits  émirs  ;  et  le  gouvernement  de  toute 
la  secte  est  entre  ses  mains  :  il  peut  tuer  ceux, qu'il  veut  et  piller  leurs 
biens,  et  tous  les  autres  chefs  sont  sous  ses  ordres.  C'est  lui  qui  les  établit 
et  les  destitue.  Personne  ne  peut  lui  objecter  ou  critiquer  ses  actions 
parce  qu'il  est,  à  leurs  yeux,  comme  le  fils  de  leur  dieu  et  ils  prétendent 
pour  cela  qu'il  est  des  descendants  d"Adi. 

2'=  Catégorie  de  chefs.  —  C'est  le  Cheikh  qui  porte  le  nom  de  Ekhtira- 
Marga  (1),  il  est  considéré  par  ses  coreligionnaires  comme  leur  Patriarche 
universel.  C'est  un  personnage  pacifique  qui  ne  boit  jamais  de  vin  ni 
d'autre  liqueur  forte  et  les  buveurs  ne  peuvent  jamais  entrer  chez  lui. 
Mais  il  boit  seulement  du  café  (2).  Il  est  le  chef  de  tous  les  Cheikhs  et 
a  la  préséance  sur  eux  tous. 

5^  Catégorie.  —  C'est  Pir  Sinn  et  c'est  un  nom  commun  pour  le  chef 
de  cette  catégorie.  C'est  le  familier  de  VEmir  des  Yézidis,  son  conseiller 
et  son  aide. ,  Sa  famille  est  nombreuse  et  en  grand  honneur  dans  toute  la 
secte.  Il  boit  le  vin  et  les  autres  liqueurs.  Tout  ce  qu'il  dit  ou  ordonne  à 
l'Emir  est  accueilli  avec  respect.  Dans  sa  maison,  il  garde  une  chaîne  de 
fer  et  un  bâton  dont  ils  se  servent  pour  chasser  les  démons  des  corps 
possédés.  Personne  autre,  à  l'exception  de  sa  famille,  n'a  le  pouvoir,  dans 
la  secte,  de  les  chasser. 

4e  Catégorie.  —  Ce  sont  les  Cheikhs  qui  portent  des  noms  divers.  Les 
uns  s'appellent  chacun  Cheikh-Minde  (3)  les  autres  Cheikh-Sin,  d'autres 
Cheikh-Diguèl,  d'autres  Cheikh-Babèk.  Tous  ces  noms  étaient  auparavant 
des  dénominations  différentes  de  Satan  et  on  ne  les  reconnaît  que  par  ces 
titres.  Le  mariage  de  tous  les  Yézidis  dépend  de  ces  Cheikhs;  il  y  en  a 
qui  saisissent  les  serpents  et  les  scorpions  sans  que  ces  animaux  mal- 
faisants leur  nuisent. 

(1)  ls55j»-*«  l»-^,  Giamil,  Monte  Singar,  p.  58,  et  i7ifra,  p.  264. 

(2)  -On  voit' que  le  café  était  connu  en  Orient  et  en  Mésopotamie  au  xv°  siècle. 
[Le  médecin  Mohammed  Abou  Bekr  ibn  Zacaria  er-Razi,  mort  en  923,  le  men- 
tionne déjà.  Au  commencement  du  ix*  siècle  de  l'hégire  (1398),  il  y  avait  des 
«  maisons  de  café  •  à  la  Mecque.] 

(3)  Voir  sur  Cheikh-Minde  ci-dessus,  page  198. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMEiNTS    SUR    LES    YÉZIDIS.      237 

5*^  Catégorie.  —  On  les  appelle  Kawals  et  ce  sont  particulièrement  les 
habitants  des  deux  villages  de  Bahchiqa  et  de  Bahzani  (1).  Leurs  fonc- 
tions consistent  à  promener  leurs  idoles  dans  tous  les  villages  des  Yézidis 
et  ils  recueillent  par  elles  de  l'or  et  de  l'argent  destinés  à  leur  Emir. 
Ces  idoles  se  nomment  Sindjaks  et  sont  au  nombre  de  cinq  :  la  première 
de  ces  idoles  est  appelée  Walad-Cheikh;  la  2^  est  celle  de  la  montagne 
de  Sindjar  (2);  la  3'-  pour  Alep  et  ses  régions;  la  4"  pour  Van  et  la  Russie; 
la  5"  enfin  reste  toujours  dans  la  maison  de  VEmir.  Ces  idoles  étaient 
autrefois  au  nombre  de  sept,  mais  deux  périrent  par  les  musulmans  et 
on  n'en  possède  plus  que  cinq  (3). 

La  forme  et  la  figure  de  ces  idoles  sont  celles  d'un  oiseau.  Elles  sont 
antiques  et  faites  de  cuivre  et  ont  toutes  les  cinq  un  œil  borgne. 

Quand  ces  Kawals  se  rassemblent  dans  la  maison  de  Vèmir,  ils  mettent 
l'idole  dans  un  bassin  d'eau  et  commencent  à  chanter  autour  d'elle  en 
langue  persane  et  répètent  à  satiété  ces  mots  :  Halôm,  Ilalum,  Hola  (4), 
jusqu'à  ce  que  l'idole  se  mette  à  se  mouvoir  et  à  danser  dans  l'eau;  mais 
s'il  se  trouve  dans  l'assemblée  un  chrétien,  l'idole,  assure-t-on,  ne  se  meut 
point  ;  c'est  alors  qu'on  le  remarque  et  qu'on  expulse  le  chrétien,  après 
quoi  l'idole  commencera  à  danser  et  à  leur  parler  secrètement.  A  part  ces 
Kawals  qui  sont,  pour  ainsi  dire,  ceux  qui  font  danser  ces  idoles,  personne 
des  autres  Cheikhs  ou  des  Yézidis  ne  peut  les  toucher  ou  les  porter. 

Chaque  année  on  les  promène  une  fois.  L'émir  les  cède  aux  Kawals 
par  vente  pour  4  ou  5  mois  et  c'est  ainsi  qu'il  se  le«  fait  payer  : 

L'idole,  ou  le  Sindjak,  de  Cheikh-Walad,  qui  est  celle  de  la  contrée  de 
l'émir  lui-même,  est  vendue  pour  la  somme  de  200  livres  turques;  celle  de 
Sindjar  pour  150  livres  turques;  celle  d'Alep  et  de  Khélat  pour  120,  celle 
de  Van  et  de  la  Russie  pour  700,  tandis  que  l'idole  de  Cheikh- 'Adi  est 
habituellement  vendue  à  Pir  Haçan  (de  la  famille  de  l'Emir)  pour  200. 
Toutes  les  autres  sont  cédées  de  la  sorte  pour  toute  l'année.  La  somme 
qui  revient  de  cette  vente  forme  un  total  de  2.500  livres  turques  qui  est 
versée  toute  entière  à  l'Emir  suprême  (5). 

(1*)  Ces  doux  villages  se  trouvent  l'un  près  de  l'autre  à  20  kilomètres  au  Nord 
de  Mossoul.  Ces  deux  noms  sont  chaldaïques  et  voici  leur  étymologie  :  |o"«»**-  ^^ 
(Bet-Chhiqé)  lieu  des  contristés,  l^Jo^-  ^*3  (Bet-Hizoiné)  lieu  des  visions. 

(2)  Sindjar,  grande  montagne  fertile  et  peu  escarpée  de  la  Mésopotamie,  à 
KX)  kil.  au  sud  de  Nisibe  où  les  Yézidis  sont  nombreux  et  puissants. 

(3)  On  assure  que  de  nos  jours,  les  Yézidis  ne  possèdent  de  ces  idoles  que 
deux  seulement.  Les  autres  furent  dans  la  suite  des  temps,  à  l'époque  des  per- 
sécutions contre  les  Yézidis,  brisées  par  les  musulmans. 

(4)  [«  Hàla,  Hàla  est  le  cri  d'attaque  des  Kurdes,  comme  si  on  disait  :  en 
avant  »,  Al-Jaba,  Recueil  de  notices  et  de  récits  kourdes,  Saint-Pétersbourg,  1860, 
!..  55.] 

(5)  Ceux  qui  connaissent  la  religion  et  les  mœurs  des  Yézidis,  conviendront 
avec  nous  que  les  Yézidis  du  x\"  siècle  avaient  les  mêmes  usages  que  ceux  de 
notre  époque.  Sur  ces  idoles  et  les  autres  pratiques  de  ces  sectaires  adorateurs 
du  diable,  voir  le  judicieux  article  du  P.  Anastase  carme  à  Bagdad,  publié 
dans  Al-Machriq,  Beyrouth,  1899,  pages  32,  151,  309,  395,  517,  651,  731,  830. 


238  REVUE   DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

G"  Catégorie.  —  Ce  sont  les  Fakirs  qui  s'habillent  en  noir.  Pendant  les 
moissons  on  leur  ramasse  des  dîmes.  Ils  sont  pour  ainsi  dire  les  moines 
de  la  secte.  Ils  sont  tous  mariés  à  l'exception  d'un  seul  qui  demeure 
toujours  à  Cheikh-'Adi,  appelé  Darviche(l).  Ce  dernier  garde  le  célibat  et 
ne  se  rase  jamais  la  barbe;  mais  s'il  tombe  dans  un  adultère,  il  perd  sa 
charge  parce  seul  fait;  alors  il  se  dénonce  et  se  marie  après  qu'on  l'a 
remplacé  par  un  autre  Darviche.  Il  est  regardé  comme  le  gardien  de 
Cheikh- 'A di  à  la  place  de  ce  moine  qui  était  malade  et  agonisant  pendant 
la  prise  du  couvent.  • 

7«  et  dernière  Catégorie'.  —  La  7«  et  dernière  catégorie  de  chefs  chez 
les  Yézidis  sont  les  Kodjaks  et  les  Pirs.  Ils  sont  très  nombreux  dans  la 
secte  parce  qu'en  devenant  vieillards  et  âgés  ils  se  déclarent  Kodjaks,  c'est- 
à-dire  qu'ils  font  pénitence  de  leurs  péchés.  On  assure  qu'en  balbutiant 
des  prières  le  démon  leur  apparaît  et  c'est  alors  qu'ils  deviennent  Kodjaks. 
Ils  jeûnent  habituellement  40  jours  en  été  et  habitent  à  Clieikh-'Adi;  ils 
s'occupent  à  ramasser  du  bois  de  la  montagne  et  ils  se  disent  eux-mêmes 
les  ânes  de  Cheikh- 'A di  et  ils  vont  jusqu'à  élever  leurs  voix  et  braire 
effectivement  comme  des  ânes  sans  en  rougir.  Ils  chargent  le  bois  sur 
leurs  dos  et  le  portent  au  couvent  de  Cheikh- 'Adi  sans  aucune  honte. 

Voilà  les  sept  catégories  de  fonctionnaires  religieux  ou  civils  chez  les 
Yézidis.  Chaque  catégorie  est  distincte  de  l'autre  comme  je  viens  de  te 
l'expliquer. 

Leur  nombre. 

La  secte  des  Yézidis  est  la  plus  petite  de  toutes  les  autres.  Ces  adora- 
teurs de  Satan  sont  tous  villageois  et  habitent  la  plupart  les  régions  de 
Cheikhan  près  de  Cheikh- 'Adi  où  réside  leur  Emir  suprême. 

Actuellement  (xv^  siècle?)  il  s'y  trouve  40  villages,  les  uns  de  100  mai- 
sons et  quelques-uns  même  se  composent  de  9  et  10  maisons.  Ces  vil- 
lages sont  au  noïnbre  de  40  depuis  Cheikh- 'Adi  jusqu'à  Péchabour,  village 
au-dessous  de  Djézirah,  situé  sur  le  Tigre. 

Dans  la  montagne  de  Sindjar,  il  y  a  de  30  à  40  villages.  Au  pied  de  la 
montagne  de  Tour-'Abdin  près  de  Nisibe,  il  y  a  7  villages.  Dans  les  régions 
d'Alep,  9  villages.  A  Séert  et  aux  environs,  il  y  a  10  villages.  A  Van,  il  y 
a,  11  villages  de  Yézidis  connus  dans  ces  contrées  sous  le  nom  de  Bar- 
Abi  (2).  Près  de  Tiflis,  14  villages.  Tous  ces  villages  sont  au  nombre  de  121 
sans  compter  ceux  des  Codjars   (tribu    Kurde)  divisés  en  deux   tribus 

(1)  [i^a.^  Djawich  dans  Giamil,  Hlonie  Singar,  p.  76;  Tchavich,  d'après 
M.  Siouffi,  {«/•?■«,  p.  251  et  265.] 

(2)  [D'après  Al.  Jaba,  consul  de  Russie  à  Erzoroum,  aux  alentours  de  Van, 
parmi  les  fractions  de  la  grande  tribu  kurde  des  Sikàki  qui  descend  de  l'an- 
cienne famille  de  Ham^a-Bey,  il  y  avait  quatre  fractions  qui  étaient  yézidies, 
à  savoir  :  Re.si,  200  familles;  Barawi,  150  familles;  Mendiki,  200  familles;  Bele- 
kurti,  100  familles;  cf.  Recueil  de  notices  et  récits  kourdes,  Saint-Pétersbourg, 
1S60.  —  Barawi  est  évidemment  **=/  t^  avec  la  lecture  fréquente  de  b  en  w.] 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUAIENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.      239 

adonnées  au  pâturage  des  bestiaux  :  des  Reschkans  (formant  150  tentes 
nomades)  et  des  Hawarnaïés  y^yjoo,  (180  tentes)  et  sont  toutes  les  deux 
mêlées  aux  musulmans  (1). 

Les  hommes,  chez  les  Yézidis,  sont  généralem-ent  courageux  et  très 
braves  ;  ils  sont  au  nombre  de  1.300  combattants,  mais  le  nombre  total  des 
hommes  yézidis  atteint  le  chiffre  de  10.000.  Ils  habitent  tous  les  villages 
et  jamais  les  villes  et  leur  conduite  avec  les  chrétiens  est  très  courtoise, 
mais  par  contre  ils  détestent  les  musulmans.  Ces  malheureux  sectateurs 
sont  dispersés  et  répandus  dans  nos  contrées. 

Voilà  donc,  ô  frère  Joseph,  toute  l'histoire  de  Cheikh- 'Adi  et  des  Yézidis 
en  toute  sa  vérité. 

Prie  pour  ton  frère  le  vieillard  Ramicho',  moine  du  couvent  de  Beit-'Abé, 
qui  a  condensé  et  rédigé,  comme  tu  l'as  demandé,  les  événements  de  ce 
glorieux  couvent  de  Mar-Youhanan  et  d'ischô'sabran  en  l'année  1763  des 
Grecs  (1451  de  l'ère  chrétienne)  dans  le  susdit  couvent  de  Beit-'Abé  (2). 

Hymnes  chantées,  pat'  ce  moine  malade 
lors  de  la  prise  du  couvent. 

0  moines  pieux  mes  frères  aimés. 
Votre  mémoire,  ô  opprimés,  me  fait  du  chagrin  ! 

Malheur  à  mon  âme   qui  ne  s'est  pas  rassasiée  de  votre  compagnie 

[agréable  ! 
Soyez  devant  le  Christ  mes  protecteurs. 

Autre  (hymne)  sur  son  nom. 

0  ange  de  la  mort,  que  sont  douces  les  ailes  de  ta  gloire  ! 
Tu  illumines  par  la  clarté  de  ta  grandeur  mon  esprit  agité. 
Tu  es  béni,  en  ce  jour  où  tu  viens  pour  ma  misère. 
Je  te  conjure  par  mon  âme;  prends-la  ahn  qu'elle  ne  reste  pas  dans 

[mon  corps  après  toi. 

[Autre  (hymne)  de  la  même  manière. 

Si  tu  avais  fait  attention  à  toi,  tu  n'aurais  pas  enlevé  ce  qui  ne  t'appar- 

[tient  pas. 
Aujourd'hui,  ô  couvent,  pourquoi  nous  as-tu  haïs  (et)  nous  as-tu  laissés 

[sur  la  terre  ? 
Accueille-moi  en  paix  et  ne  t'élève  pas  contre  ce  que  tu  n'as  pas  créé^ 
11  convient  que  je  m'envole.  Tire-moi  avec  la  corde  qui  n'est  pas  tienne.] 

(1)  Les  Codjars  (divises  en  deux  tribus)  sont  nomades  et  habitent  la  montagne 
de  Zozan  et  le  nord  de  Gézirali  (Mésopotamie). 

(2)  Le  couvent  de  Beit-Abé  était  très  célèbre  chez  les  nestoriens  du  moyeu 
âge.  Son  histoire  ancienne  a  été  écrite  par  Thomas  do  Marga  (ix'=  siècle)  et 
publiée  par  W.  Budge  et  ensuite  par  le  Père  Paul  Bedjan.  Ce  couvent,  situé 
dans  les  montagnes  du  haut  Kurdistan,  après  un  millier  d'années  d'existence, 
a  été  détruit  par  les  nkisulmans  au  xvu"  siècle  et  ses  ruines  se  voient  encore 
de  nos  jours. 


240  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 


Du  supérieur  Mûri. 

Qui  m'a  séparé  de  ce  couvent? 
Comment  il  m'a  abattu  et  jeté  dans  la  fosse  ! 
Tu  m'étais  aimable  et  délicieux,  ô  couvent.  - 
Aujourd'hui,  tii  me  renies  et  tu  me  laisses  triste. 

Autre  (hymne)  du  même. 

Je  suis  le  chef  du  couvent  glorieux, 

Qui  devins  aujourd'hui  une  risée  et  une  moquerie. 

Aujourd'hui  'Adi  l'audacieux 

Jubile  et  se  réjouit,  rempli  d'allégresse. 

Autre  {hymne)  des  moines. 

0  roi  béni,  aie  pitié  des  moines. 

Vois,  ô  béni,  combien  nous  souffrons  dans  cette  vie. 

0  toi  qui  es  parvenu  au  trône  élevé  des  mongols, 

Ne  te  tais  pas  sur  notre  couvent  démoli  par  les  méchants. 

[Autre  (hymne)  des  moines. 

Juge  en  vérité,  ô  roi  et  Seigneur,  et  je  retournerai  au  monastère. 
Connais  la  vérité  ;  hais  le  lien  et  délivre  le  monastère. 
0  chef  et  Seigneur,  regarde  le  bercail  et  délivre  le  monastère.     . 
Aujourd'hui  le  chef  du  couvent  est  chassé  du  monastère. 
Toi  qui  as  grandi  dans  une  étonnante  intelligence,  fais-moi  retourner 

[au  monastère. 
(Fin). 

Autre  (hymne)  de  l'auteur. 

0  frère  Joseph,  prie  sans  cesse  pour  Ramichô'. 

Il  a  travaillé  cette  histoire  dans  sa  vieillesse  avec  un  esprit  pur. 

Veuille  l'accepter  comme  un  souvenir  cher  et  couronné. 

Je  l'ai  achevée  en  1763  (des  Grecs)  sans  nul  doute. 

[Fin,  et  gloire  continuelle  à  Dieu  Seigneur,  Ariien. 

0  frère  Joseph,  dont  l'âme  est  attachée  à  Emmanuel, 

J'ai  beaucoup  travaillé,  ô  mon  frère,  dans  la  vieillesse  de  toute  ma  force. 

Offre  l'hostie  pour  moi  dans  le  monastère  illustre  de  Tar'èl, 

Que  Mar  Michel,  l'élu  parmi  les  saints^  a  fondé. 

Autre. 

Moi,  pécheur  et  faible  vieillard,  couvert  de  taches. 

Aujourd'hui  je  suis  en  vie,  avec  les  hommes  qui  habitent  le  village 

De  Nirba  qui  est  solidement  campé  à  la  tête  du  Zab. 

0  toi  qui  m'as  fatigué,  prie  pour  moi  avec  constance. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YKZIDIS.     241 

A  été  transcrit  sur  le  manuscrit  écrit  par  Etienne  (Estifan)  réïs  d'AIqôs 
en  l'année  1880  de  Notre-Seigneur,  d'après  un  manuscrit  très  vieux  écrit 
par  le  diacre  Ausa'nà,  fils  de  Thomas  Zébarnià,.du  village  d'Addai  (Arià 
et  Arénâ)  ;  il  l'a  écrit  lorsqu'il  demeurait  au  village  de  Beit-Séfré,  du  pays 
des  Mouzournoïé,  aux  jours  de  Mar  VAxe  patriarche  et  de  Mar  Isô'yahb 
([ui  tenait  le  siège  de  l'Orient,  au  mois  d'avril  de  Tannée  1899  des  Grecs 
(1588). 

L'année  1880  de  Notre-Seigneur  fut  une  année  de  disette  et  il  y  eut 
une  grande  famine  dans  le  pays  de  Mossoul.  Le  boisseau  (waznâ)  de 
blé  se  vendit  vingt  couronnes  {qarnê),  et  l'orge  douze  couronnes.  Les 
habitants  d'AIqôs  étaient  plus  heureux  que  tous  les  villages  du  pays, 
parce  que  leurs-  semences  étaient  belles,  et  moi  Etienne  (Estifan)  raïs, 
j'allai  à  l'école  qui  fut  ouverte  dans  le  monastère  par  Mar  Timothée  Maq- 
dasi  d'Alqôs,  et  j'y  étudiai  pendant  trois  ans.  Dans  la  même  école,  je  fis 
pour  moi  des  transcriptions  des  livres  anciens,  des  histoires,  et  des  fables 
en  grand  nombre.  J'ai  aussi  écrit  pour  le  monastère  un  livre  de  comput 
et  j'ai  envoyé  du  monastère  à  la  cellule  patriarcale  la  transcription  de 
riiistoirc  du  patriarche  Mar  Denha,  j'ai  aussi  écrit  et  envoyé  à  la  cellule 
(patriarcale)  l'histoire  d'Ahiqar  ilaprès  un  manuscrit  d'AIqôs;  j'ai  écrit, 
pour  le  monastère,  l'histoire  de  Rabban  bar  'Idtà,  d'après  un  manuscrit 
(le  Beit-Youhanâ;  j'ai  écrit  un  livre  de  rhétorique  pour  le  prêtre  Pierre, 
moine,  sans  parler  d'un  grand  nombre  d'autres  livres  dont  il  n'est  pas 
nécessaire  de  faire  mention,  parce  que,  durant  ces  années  que  [j'ai  pas- 
sées à  l'école,  je  travaillais  jour  et  nuit.  0  lecteur,  notre  frère,  prie 
pour  moi]  (1). 

Analyse  des  événements  uu  couvent  de  Cheikh- 'Adl 

En  Tannée  1509  (1198),  le  7  avril,  Cheikli  'Adi  extermine  les  moines  et 
s'empare  du  couvent  [lire  :  en  l'2l9]. 

En  1512  (1201),  Cheikh  'Adi  l'usurpateur  fut  saisi  et  conduit  à  la  région 
des  Perses  devant  le  roi  Houlagou,  fils  de  Gengis-Khan,  et  tué  le  1"'  no- 
vembre à  la  montagne  d'Altaq  au-dessus  de  la  ville  de  Maraghà  [lire  :  1223 
ou  4]. 

En  1568  (1256),  Augurc-Nowin  saisit  Charaf  ed-Din  Moliammed,  fils  de 
Cheikh  'Adi,  et  le  tue  devant  Kammah  au-dessus  de  Gézirah. 

En  1587  (1275).  Après  que. les  deux  émirs  Chams  ed-Din  et  Eekhr  éd. 
Din,  fils  d"Adi,  s'entre-combattirent,  le  premier  s'enfuit  en  Syrie  avec 
400  âmes  de  sa  famille  et  tous  ses  biens  et  là  il  mourut. 

En  1595  (1283).  Le  couvent  glorieux  de  Mar  Youhanan  et  d'Ichô'sabran, 

resté  abandonné,  fut  donné  par  le  roi  Ahmed  Takhoudar  aux  petits-fils  de 

Cheikh  'Adi,  grâce  aux  supplications  des  Emirs  turcs  et  kurdes  devant  ce 

roi.  Les  femmes  reçurent  une  ordonnance  royale  pour  être  désormais  les 

• 

(1)  Les  parties  entre  crochets  (4  strophes  et  le  colophon)  inarKiuaieut  dans  la 
traduction  de  M.  Tfinkdji. 

ORIENT    CHUÉTnîN.  IG 


242  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

propriétaires  de  ce  couvent,  et  ces  femmes  veuves  retournèrent  prendre 
avec  leurs  tils  ce  couvent  qui  est  resté  leur  domaine  jusqu'à  ce  jour. 


[Le  livre  de  l'histoire  de  Cheikh  'Adi  a  été  terminé  par  mes  mains, 
Etienne  (Stifan)  Gîgôrîs  (1)  d'Al^fôs,  en  l'année  1912  de  Notre-Seigneur,  le 
27  mai.  Il  a  été  écrit  pour  l'honorable  Master  Andréus,  apôtre  évangélique 
(missionnaire  américain)  qui  aime  les  sciences,  les  chroniques  et  les 
histoires;  que  le  Seigneur  lui  donne  le  royaume  du  ciel  pour  récompense! 

Nous  l'avons  transcrit  en  entier  sur  le  manuscrit  d'Etienne  (Estifan) 
d'Alqôs,  dans  notre  monastère  de  Mar  Hananiâ  l'an  1912  de  Notre-Seigneur, 
le  30  octobre.  Gloire  continuelle  pour  toujours  au  Seigneur  qui  (nous)  a 
aidé,  t  Ephrem,  moine  et  humble  prêtre  du  même  monastère  de  Mar 
llananià,  que  le  lecteur  prie  pour  lui,  s'il  lui  plaît]  (2). 

Ce  manuscrit  a  été  écrit  dans  -la  cellule  du  métropolitain  de  Mardê 
(Mardin),  au  mois  de  juin  de  l'année  1912  du  Seigneur,  par  moi  l'humble 
-f  Israël  Audô,  métropolitain  de  Mardê. 

(1)  Lire  sans  dout(^  Goorges  (Giôrgis). 

(2)  Ces  deux  colophons  (le  second  propre  à  la  copie  B)  manquaient  aussi  dans 
la  traduction  de  M.  Tlinkdji. 


■2  l:i 


APPENDICE 

Pour  compléter  le  présent  recueil,  nous  ajoutons  en  quatre 
chapitres  :  I,  le  résumé  de  l'étude  consacrée  aux  Yézidis  par 
M.  Siouffi,  consul  de  France  à  Mossoul;  II,  la  traduction  (ré- 
sumée) de  l'ouvrage  de  M.  Giamil  déjà  mentionné  plusieurs 
fois;  III,  la  description  faite  par  M.  Layard  de  la  fête  an- 
nuelle à  Cheikh- 'Adi.  C'est  un  intéressant  et  vivant  spécimen 
de  pèlerinage  et  fête  nocturne  près  de  Mossoul.  Enfin  IV,  la 
lettre, de  recommandation  donnée  à  M.  Layard  par  le  chef  des 
Yézidis.  Nous  avions  compilé  ces  documents  pour  une  étude 
d'ensemble  que  nous  ne  pouvons  terminer;  wous  les  mettons 
par  la  présente  édition  à  la  disposition  de  tous  nos  lecteurs 

1 1  avril  1018. 

F.Nau. 

CHAPITRE  PREMIER 

Lp:s  traditions  des  Yézidis,  d'après  M.  Siouffi. 

M.  N.  Siouffi,  vice-consul  de  France  à  Mossoul,  a  résumé  dans 
le  Journal  asiatique,  VU"  série,  t.  XX  (1882),  p.  252  et  VIIP  sé- 
rie, t.  V  (1885),  p.  78,  les  résultats  de  son  enquête  personnelle 
sur  lés  "Yézidis.  Les  renseignements  qu'il  donne,  pour  étranges 
qu'ils  soient  parfois,  ressemblent  beaucoup  à  ceux  que  ïliéodoi-e 
bar  Khouni,  au  vu"  siècle,  consignait  sur  les  sectes  orientales. 
Ils  semblent  donc  bien  représenter  ce  que  les  imaginations 
populaires  ont  pu  créer  sur  un  fond  dualiste,  païen  et  chrétien, 
et  nous  croyons  bon  d'en  donner  un  résumé. 

I.   'rhaniTlÔNS   C0S.M0L0O1QDES. 

1.  De  la  création  du  monde.  —  Dans  le  principe,  le  inonde  était  un  océan 
au  milieu  duquel  se  trouvait  un  arbre  créé  par  la  puissance  divine.  Dieu 
se  tenait  sur  cet  "arbre  sous  la  forme  d'oiseau,  et  l'on  ne  sait  pendant 
combien  de  siècles  il  y  est  resté.  Dans  une  région  très  éloignée  de  celle 
où  avait  poussé  l'arbre,  il  v  avait  un  rosier  chargé  de  Heurs,  et  le  Cheikh 


211  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Sinn  (l).(ou  Cheikh  Hassan  el-Basri)  (2)  avait  pris  place  dans  une  de  ces 
roses.  Dieu  avait  tiré  ce  dernier  de  hù-même  pour  lui  donner  l'être. 

Dieu  créa  aussi  de  sa  propre  splendeur  l'archange  Gabriel  (3),  aussi  sous 
la  forme  d'oiseau,  et  le  plaça  sur  l'arbre  à  côté  de  lui.  Il  lui  adressa 
ensuite  cette  question  :  «  Qui  suis-je  et  qui  es-tu?  »  Gabriel  répondit  : 
c  Tu  es  toi  et  je  suis  moi.  »  Il  voulait  faire  entendre  qu'il  pouvait,  lui, 
(iabriel,  se  considérer  comme  l'égal  de  son  créateur.' Dieu  lui  donna  un 
coup  de  bec,  le  chassa  de  l'arbre  et  s'opposa  à  son  retour,  jusqu'au  jour 
où  Gabriel,  instruit  par  le  Ciieikh  Sinn,  vint  lui  dire  :  «  Tu  es  le  créateur 
et  je  ne  suis  (^ue  ta  créature.  »  Gabriel  resta  désormais  avec  Dieu  (4).  • 

Dieu  créa  plus  tard  trois  autres  personnages  (5)  et,  après  avoir  appelé 
Ciieikh  Sinn  près  de  lui,  il  façonna  un  vaisseau.  Chacun  des  six  passagers 
prétendait  être  tout-puissant.  Ils  convinrent  enfin  que  celui  qui  aurait 
assez  de  pouvoir  pour  épaissir  l'eau  au  point  de  la  rendre  solide  et  qui 
suspendrait  la  voûte  céleste,  serait  considéré  comme  le  seul  Dieu  tout- 
puissant.  Cette  décision  prise,  chacun  essaya  de  donner  de  la  consistance 
à  l'élément  liquide.  Pour  y  parvenir,  ils  ne  cessaient  de  cracher,  l'un 
après  l'autre,  dans  l'Océan,  mais  leurs  efforts  furent  impuissants.  Le  tour 
de  Dieu  arriva  :  il  cracha  dans  la  mer  (6)  et  l'eau  se  convertit  sur-le- 
champ  en  une  masse  solide  qui  fut  la  terre.  Il  créa  ensuite  les  astres,  le 
ciel,  le  paradis  et  la  terre. 

2.  De  la  création  de  ('hom)ne.  —  Dieu  fit  une  pâte  composée  des  quatre 
éléments  :  le  feu,  l'eau,  l'air  et  la  terre.  11  forma  de  cette  pâte  une  statue 
ayant  une  figure  humaine.  11  y  condviisit  ensuite  le  Cheikh  Sinn  et  l'y 
introduisit  (7).  Adam  reçut  la  vie  en  ce  moment  et  fit  son  entrée  dans  le 

(1)  Cheikh  Shiii  est  un  Dieu  pour  les  Yézidis  puisqu'il  tire  son  existence  do 
la  nature  divine  elle-même. 

(.2)  Hassan  el-Basri  (de  Bassorah)  a  vécu  de  l'an  ;21  à  l'an  110  de  l'hégire  ((i4-2-7"20). 
11  est  mort  en  odeur  de  sainteté,  efles  Yézidis  donnent  son  nom  à  Cheikh  Sinn 
pour  plaire  aux  musulmans  et  leur  faire  croire  qu'ils  vénèrent  leurs  s'dints. 

(3)  Pour  les  Yézidis,  (Gabriel  et  les  personnages  dont  il  .va  être  question  sont 
des  dieux  puisqu'ils  sont  tirés  de  la  splendeur  divine. 

(4)  C'est,- en  somme,  l'histoire  des  anges  déchus.  On  voit  que,  cliez  les  Yézidis, 
ils  rentrent  en  grâce  auprès  de  Dieu.  Il  n'y  a  donc,  pour  ainsi  dire,  pas  de 
démon,  et  les  maux  qui  surviennent  ici-bas  ont,  suivant  eux,  leurs  causes  na- 
turelles ou  cachées.  Les  tentations  auxquelles  l'homme  est  exposé  et  les  péchés 
çiu'il  commet  ne  sont  dus  qu'au  penchant  naturel  qui  existe  en  lui  et  qui  Jo 
porte  au  mal  (on  fie  peut  donc  les  accuser  de  manichéisme  ni  même  de  dua- 
lisme, puisque  tout  se  ramène  à  Dieu). 

(5)  Comparer  aux  Ua*-^  de  Théodore  bar  Khouni,  Cf.  Pognon,  InscripI ions 
mandaïles,  p.  212-214,  Dieu  créa  d'abord  un  serviteur  chargé  .spécialement  de 
l'honorer,  l'ange  Michel.  Après  lui,  il  en  créa  ti'ois  autres  :  Amin  appelé  au.ssi 
«  le  sceau  saint  »,  le  grand  «  Yah  »  et  Gabriel.  Ils  prônaient  aussi  la  mètcmpsy- 
chose. 

(G)  L'endroit  qui  reçut  la  salive  de  Dieu  est  celui  où  les  Yézidis  recueillent  la 
poussière  sacrée  qu'ils  appellent  "  la  poussière  de  Cheikh  Adi  ». 

(7)  Li'  premier  homme  est  considéré  comme  un  dieu  par  les  Yézidis  parce  que 
le  Cheikli  Sinn  s'est,  pour  ainsi  dire,  incarné  en  lui. 

« 


RECUEIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMENTS  SUR  LES  YÉZIDIS.  245 

Paradis.  Pendant  tout  le  séjour  qu'il  fit  dans  la  demeure  de  la  félicité, 
Adam  était  vêtu  et  coiffé  de  la  robe  et  du  bonnet  des  faliirs  (1,.  Adam 
rencontra  la  plante  du  froment  et  l'ange  qui  le  j^uidait  lui  défendit  d'en 
manger.  Il  ne  tint  pas  compte  de  la  défense  et  Dieu,  irrité,  le  dépouilla 
de  ses  habits  et  le  chassa  du  Paradis. 

3.  Création  d'Eve.  —  Dieu  prit  le  reste  de  la  pâte  qu'il  avait  employée 
à  la  formation  d'Adam  et,  de  ce  reste,  il  lit  Eve.  Une  fois  qu'ils  se  trou- 
vèrent en  face  l'un  de  l'autre,  ils  s'embrassèrent.  Après  cela  Eve  quitta 
Adam  et  s'égara.  Elle  perdit  l'homme  et  ne  cessa  de  le  chercher  pendant 
cent  ans;  durant  cette  période  d'égarement,  elle  passa  plusieurs  fois  à 
côté  d'Adam  sans  l'apercevoir  (2). 

À.  Progéniture  d'Adam.  —  Dieu  envoya  ensuite  Gabriel  pour  procéder 
au  mariage  d'Adam  avec  Eve.  Ils  eurent  soixante-douze  garçons  et  autant 
de  filles;  chaque  enfantement  se  composait  de  deux  jumeaux,  chacun  d'un 
sexe  différent,  qui  se  marièrent  entre  eux. 

II.  Orh;ine  kt  organisation  des  Yéziois. 

1.  Leur  origine.  —  Eve  prétendit  que  tous  les  enfants  lui  appartenaient, 
])uisque  c'était  d'elle  qu'ils  avaient  reçu  la  vie:  Adam  prétendait  que 
c'était  de  lui.  Pour  trancher  la  question,  chacun  d'eux  mit  sa  semence 
dans  une  jarre  qu'il.?  vinrent  ouvrir  au  bout  de  neuf  mois.  Dans  la  jarre 
d'Eve,  il  -ti'y  avait  que  des  scarabées  noirs  et  des  vers:  dans  la  jarre 
d'Adam,  il  y  avait  un  petit  enfant  aussi  beau  qu'un  diamant;  Eve  se  mit  à 
secouer  la  jarre  pour  lé  faire  périr,  mais  Adam  la  lui  arracha  des  mains 
et  en  fit  sortir  l'enfant  qui  avait  les  genoux  paralysés  à  cause  des  violentes 
secousses  qu'il  venait  de  recevoir.  Ce  nouveau  rejeton  fut  nommé  Clmhid 
ibn  el-Jarra,  ou  «  le  martyr,  fils  de  la  jarre  ».  Adam  demanda  à  Gabriel 
de  lui  procurer  une  femme  et  Dieu  lui  envoya  une  des  houris  du  paradis. 
C'est  de  cette  union  de  Chahid  avec  la  houri  que  proviennent  les  Yézidis. 

Quelque  temps  après  Chahid,  la  religion  se  corrompit  et  se  perdit  au 
point  que  les  hommes  se  souvenaient  à  peine  de  Dieu.  Cet  état  de  chose 
dura  jusqu'au  jour  où  parut  Yézid,  fils  de  Moawia,  qui  rétablit  la  religion 
et  donna  son  nom  à  la  secte.  Pendant  ce  laps  de  temps,  c'est-à-dire  depuis 
la  disparition  de  la  religion  jusqu'à  son  rétablissement  par  le  fils  de 
Moawia,  les  Yézidis  s'appelaient  Mouhaïyarin,  «  égarés  »  ou  «  indécis  » 
Yézid  abandonna  la  foi  de  ses  pères  pour  embrasser  la  religion  qui  devait 
porter  son  nom,  et  Moawia  fit  de  vains  efforts  pour  le  ramener  à  l'isla- 
misme et  le  détourner  de  l'usage  du  vin. 

La  religion  des  Yézidis  se  répandit  dans  la  Syrie  et  les  contrées  voi- 
sines jusqu'au  jour  où" parut  le  Cheikh  Adi  [^^.  Celui-ci  reçut  un  jour 
une  révélation  divine  ainsi  conçue  :  «  Bien  que  tu  sois  né  en  Syrie,  ce 

(l)Cf.  infra,  p.  2.^0. 

(2)  D'après  les  Audiens,  les  Eons  ont  ('carté  Èvo  d'Adam,  ils  ont  dit  :  •<  Venez, 
jetons  en  elle  notre  semence  et  emparons-nous  d'elle  en  premier  lieu  pour  que 
ce  qui  naîtra  d'elle  soit  on  notre  puissance.  »  Cf.  Pognon,  loc.  cit..,  p.  19G. 


210  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEX. 

pays  ne  doit  point  être  ton  séjour  définitif.  Transporte-toi  à  Maraga  (1)  où 
se  trouve  le  couvent  chrétien  de  Hanna  et  Mar  Hanna  (2).  Tu  chasseras 
les  moines  qui  habitent  ce  couvent  et  tu  t'en  empareras,  car  je  te  le  donne. 
Lorsque  Adi  se  présenta  dans  ce  couvent,  les  deux  moines  que  nous 
venons  de  nommer  (3)  et  qui  gardaient  seuls  le  cloître,  refusèrent  de  lui 
céder  leur  habitation  fet  le  renvoyèrent.  N'ayant  pas  voulu  leur  enlever 
l'immeuble  par  la  force,  le  Cheikli  les  quitta  pour  aller  habiter  une  ca- 
verne qu'il  trouva  dans  les  environs.  Après  son  départ,  les  deux  moines 
chrétiens  se  métamorphosèrent  en  serpents  et  se  dirigèrent  vers  l'habi- 
tation du  Cheikh  dans  l'intention  de  le  tuer.  Celui-ci,  les  ayant  vus  venir. 
Ips  reconnut  et  se  métamorphosa  à  son  tour  pour  prendre  une  forme  qu'il 
avait  eue  autrefois,  à. une  époque  où  les  deux  moines  s'étaient  trouvés  à 
son  service  (4).  Aussitôt  qu'ils  le  virent,  ils^  reconnurent  en  lui  leur  sei- 
gneur et  l'adorèrent.  Ils  lui  cédèrent  leur  couvent  et  reçurent  de  lui  sa 
caverne.  Adi  donna  à  la  poussière  dé  cette  caverne  la  propriété  de  guérir 
les  infirmités. 

2.  Les  règlements  de  Cheikh  Adi.  —  Le  pays  qui  venait  d'être  choisi  pour 
séjour  par  Cheikh  Adi  était  habité  par  des  Yézidis  ;  mais  la  religion  était 
tombée  en  décadence  dans  cette  population  qui  "se  trouvait  plongée  dans 
une  profonde  ignorance.  Aussitôt  qu'il  fut  installé  dans  le  couvent,  Adi 
convoqua  les  chefs  et  les  notables  de  sa  communauté  afin  de  les  instruire 
dans  leur  religion,  et  d'introduire  au  milieu  d'eux  les  enseignements 
nécessaires  qui  devaient  leur  servir  de  règles.  C'est  en  l'honneur  de  cet 
événement  qu'on  célèbre  tous  les  ans  la  fête  de  la  réunion.  Adi  fixa  les 
degrés  de  parenté  auxquels  les  mariages  sont  permis  ou  défendus.  Il 
prohiba  le  mariage  entre  les  ouailles  et  leurs  chefs  spirituels  et  entre  cer- 
taines familles  de  ces  derniers.  Il  fixa  les  redevances  à  payer.  Il  prescrivit 
le  baptême  des  deux  sexes  et  leur  enseigna  le  choix  que  tout  Yézidi  doit 
faire  d'un  frère  ou  d'une  sœur  pour  l'éternité  ;  il  porta  la  peine  de  mort 
contre  tout  chef  spirituel  qui  attenterait  à  la  pudeur  d'une  femme  ou 
d'une  fille  de  ses  paroissiens  ou  qui  lui  tiendrait  des  propos  licencieux. 
Il  en  est  de  même  pour  l'administré  qui  se  mettrait  dans  le  même  cas 
vis-à-vis  d'une  personne  appartenant  à  la  famille  du  chef.  Il  leur  défendit 
l'homicide,  le  vol  et  le  mensonge.  Il  leur  apprit  que  les  enfants  doivent 
soumission,  respect  et  assistance  à  leurs  parents. 

3.  Les  frères  de  Cheikh  Adi  et  autres  personnages  influents.  Adi   eut 


(1)  Les  Y-éziclis  prétendent  qu'une  localiti-  de  ce  nom  se  trouvait  alors  dans 
les  montagnes  d'Amadiya  qui  commencent  à  quinze  Ueues  au  nord-est  de  Mos- 
soul.  (En  réalité  il  ne  semble  pas  y  avoir  de  ville  de  ce  nom  si  ce  n'est  dans 
l'Adherbedjan.  E)'après  Ramiso',  Adi  a  été  mis  à  mort  à  la  montagne  d'Altaq 
au-dessus  de  la  ville  de  Maragha.  Ci.  supra,  p.  211. 

(2)  «  Jean  et  iMar  .Jean  ».  Il  faut  sans  doute  lire  ■<  Jean  et  Iso'sabraii   •. 

(3)  Les  Yézidis  confondent  les  éponymes  du  couvent  avec  les  occupants. 

(1)  Adi,  d'après  Ramiso',  était  un  ancien  procureur  du  couvent.  —  I^es  Yézidis 
croyaient  à' la  métempsychose,  ce  qui  leur  permettait  d'identilier  Adi  avec  la 
divinité  et  Hassan  el-Basri  avec  Cheikh  Sinn  etc. 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     247 

d'après  les  Yézidis,  quatre  frères,  (lui  sont  :  Clieikh  Abou  Bekr  (I),  Clieik 
Abd  el-Kader,  Cheikh  Ismaïl  et  Cheikh  Abd  el-Aziz.  Tous  observaient  le 
célibat,  mais  Adi  créa  un  lils  à  Abd  el-Aziz  et  c'est  de  ce  fils  que  descend 
la  première  catégorie  des  chefs  spirituels  des  Yézidis.  Il  y  a  une  seconde 
catégorie  de  Cheikhs  qui  doit  son  origine  à  quatre  autres  frères.  Ce  sont  : 
Cheikh  Chams  ed-Din,  Cheikh  Fakr  ed-Din,  Cheikh  Nasser  ed-Din  et  Cheikh 
Chudjàa  ed-Din.  La  troisième  catégorie   se  rattache   à  Cheikh   Sinn  (ou 
Hassan  el-Basri)  mentionné  plus  haut.  Ne  s'étant  point  marié,  ce  person- 
nage se  créa  lui-même  un  enfant  qui  reçut  le  nom  de  Charafd  ed-Din. 
Quand  il  fut  arrivé  à  l'âge  nubile,  celui-ci  ne  voulut  pas  se  marier.  Cheikh 
Sinn  créa  alors  un  second  fils  qu'il  nomma  Ibrahim.  Celui-ci  prit  femme, 
et  sa  descendance  forma  la  famille  ou  la  tribu  appelée  Ibrahimiya,  la- 
(|uelle  se  donne  pour  premier  ipère  le  Cheikh  Sinn,  parce  que  c'est  à  lui 
qu'Ibrahim,  leur  père  naturel,  doit  l'existence.  Cette  famille,  dont  le  chef 
principal  est  actuellement  le  Cheikh  Mirza  de  Bahchica,  un  de  mes  amis 
(ilit  Sioufïi),  est  la  seule  à  laquelle  il  soit  permis  d'apprendre  à  lire  et  à 
écrire.  Afin  de  conserver  la  pureté  du  lignage  ou  de  la  race,  chacune  de 
ces  trois  catégories  ne  peut  contracter  mariage  que  chez  elle.  Bien  que 
les  deux  premières  catégories  aient  le  pas  sur  la  troisième,  qui  est  celle 
d'Ibrahim,  ou  plutôt  de  Sinn,  celle-ci  occupe,  dans  certaines  solennités, 
le  premier  rang  après  le  prince,  parce  que  son  chef,  qui  est  le  Cheikh 
Sinn.  ou  Hassan  el-Basri,   s'incarna  dans  le  premier  successeur  d'Adi 
dont  Je  califat  se  prolongea  jusqu'au  mardi  15  rabi-awal  de  l'an  de  l'hé- 
gire r)45  (1247-1248  de  notre  ère). 

Après  celui-ci,  le  trône  du  khalifatfut  occupé  par  Clieikh  Chams  ed-Din, 
de  concert  avec  Cheikh  Fakhr  ed-Din,  son  frère.  Bien  que  venant  en 
second  lieu,  ce  dernier'  avait  cependant  la  primauté  parce  qu'il  était 
l'ainé.  La  suprématie  religieuse  est  restée  dans  sa  postérité  jusqu'à  nos 
jours,  et  le  Cheikh  Nasser,  chef  actuel  de  cette  famille  et  dont  j'ai  fait  la 
connaissance  étant  à  Mossoul  (dit  Siouftî),  est  un  de  ses  descendants.  11  est 
le  chef  suprême  de  la  religion,  et  les  Yézidis  assimilent  ses  fonctions  a 
celles  du  pape  chez  les  catholiques  et  du  Cheikh  ul-Islam  chez  les  musul- 
mans. Son  office  est  héréditaire;  cependant  les  Yézidis  peuvent  le  choisir 
sans  s'astreindi'e  à  cette  règle,  en  prenant  dans  la  famille  du  dernier 
Cheikh  un  personnage  qu'ils  jugent  plus  propre  à  remplir  cette  charge, 
par  son  caractère,  la  isonnaissance  des  rites  sacrés  et  les  autres  qualités 
morales  qu'il  possède  (2). 

Le  chef  politique  des  Yézidis  est  appelé  émir  .(3)  ;  il  occupe  sa  fonction 
par  héritage.  L'un  des  chefs  spirituels  de  la  secte  a  donné  de  mémoire  à 
M.  Siouffi  la  généalogie  suivante  des  émirs  :  Mirza  Bey,  fils  de  Hussein 
Bey  mort  en  1879  après  avoir  rempli  les  fonctions  d'émir  près  de  qua- 
rante ans,  fils  d'Ali  Bey  tué  par  les  Kurdes,  fils  de  Hassan  Bey,  fils  de 

(1)  Le  tombeau  de  Clioikh  Abou  Dckr  se  trouve  à  Balir-Zaiii,  village  situé 
près  de  Bahchica,  à  trois  heures  et  demie  de  Mossoul. 

(2)  Cf.  Menant,  loc.  cit.,  p.  57. 

(3)  Il  habite  le  vilhxgc  de  Baédri,  à  huit  heures  au  nord-est  de  MossouL 


"248  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Tchouli  Bey,  tils  de  Bedagh  Bey,  fils  de  Mirkhan  Bey,  fils  de  Suleiman 
Bey.  L'autorité  exercée  par  l'émir  des  Yézidis  est  presque  illimitée  :  c'est 
lui  qui  juge  à  son  gré  et  comme  il  l'entend  toutes  les  causes  portées  à 
son  tribunal  sans  que  personne  ose  interjeter  appel  d'une  sentence 
rendue  par  lui..  On  a  vu  assez  fréquemment  les  membres  de  la  famille 
princière  se  disputer  avec  acharnement  l'émirat  et  employer  tous  les 
moyens,  y  compris  l'assassinat,  pour  s'en  assurer  la  possession.  Pour 
exercer  ouvertement  leur  pouvoir  administratif,  les  émirs  doivent  être 
reconnus  officiellement,  comme  agents  du  gouvernement,  par  les  autorités 
turques,  ce  qui  les  conduit  à  être  aussi  rampants  vis-à-vis  des  agents  de 
la  Porte  ottomane  qu'ils  sont  hautains  vis-à-vis  des  partisans  de  leur  secte 
tient  ils  sont  les  maîtres  absolus. 

III.  Dés  chefs  spmiTrEi.s. 

Ce  sont  les  Cheikhs,  les  Pirs  et  les  fakirs. 

I.  Les  Cheikhs  se  divisent  en  cinq  familles  qui  se  rattachent  à  Chams 
ed-Din,  Fakhr  ed-Din,  Nasser  ed-Din,  Chudjâa  ed-Din  et  Sinn  (Hassan  el- 
Basri)  déjà  mentionnés  plus  haut.  Ces  'saints  personnages  n'ont  pas  cessé 
d'observer  le  célibat  ;  ils  ne  pouvaient  se  marier  puisqu'ils  étaient  d'une 
nature  divine;  mais  chacun  d'eux  donna  l'être  à  un  enfant  du  sexe 
masculin  qu'il  prit  en  adoption.  Ces  enfants,  nés  sans  mères,  se  ma- 
rièrent, et  c'est  d'eux  que  descendent  les  Cheikhs.  Ceux-ci  ont  chacun 
un  certain  nombre  de  familles  yézidies,  dont  l'administration  religieuse 
leur  est  confiée  ;  leurs  moyens  d'existence  sont  assurés  par  les  collectes 
qu'ils  font  plusieurs  fois  par  an,  et  le  plus  souvent  en  nature,  chez  leurs 
ouailles.  Ces  aumônes  sont  un  hommage  qu'on  reild  à  la  divinité  dans 
la  personne  du  Cheikh  son  descendant,  afin  de  se  concilier  sa  bienveil- 
lante protection  dans  la  vie  future. 

L'émir  a  des  ressources  pécuniaires  assurées  qui  lui  appartiennent  par 
droit  religieux  et  constitutionnel  à  la  fois.  Ce  sont  les  revenus  des 
sandjaks  (I).  Les  sandjaks  qu'on  dit  avoir  été  au  nombre  de  sept  ou  huit 
ne  sont  maintenant,  parait-il,  qu'au  nombre  de  cinq.  Ils  dépassaient 
autrefois  ce  dernier  chiffre,  mais  deux  de  ces  étendards  ont  été  enlevés 
dans  des  circonstances  diverses.  L'un  se  trouve,  assure-t-on,  chez  un  chré- 
tien de  Mossoul,  qui  le  retient  à  titre  de  nantissement  contre  inie  somme 
d'argent  qui  lui  e.st  due  par  l'ex-émir;  l'autre  est  en  ma  possession.  Cet 
objet  m'a  été  vendu  par  un  Mossouliote,  peu  de  temps  après  mon  arrivée 
à  Mossoul  (dit  Siouffi)  (2). 

(1)  Sandjak  signifie,  en  turc,  ■■  étendard  ».  Les  Yézidis  donnent  ce  nom  à 
une  sorte  de  chandelier  surmonté  d'un  oiseau  (paon?)  de  bronze. 

(2)  Les  Yézidis  affirment  que  malgré  les  guerres  et  les  massacres  dont  ils 
ont  été  victimes,  aucun  Mélek  Taous  n'est  tombé  entre  les  mains  des  musul- 
mans. Le  Kavval  Yousouf  racontait  en  avoir  sauvé  un  des  mains  des  Arabes, 
cf.  Menant,  Les  Yézidis,  p.  102,  comme  le  guide  de  Michel  Le  Fèvre  lui  racontait 
qu'un  rocher  s'était  ouvert  pour  cacher  un  Yézidi  qu'on  voulait  contraindre  à 
maudire  Mélek  Taous.  Cf.  Théâlre  de  la  Turquie,  Paris,  1688,  p.  368. 


RECUEIL   DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     219 

Ces  sandjal.s  sont  l'image  de  la  divinité  la  plus  en  vogue  chez  les 
Yézidis  :  le  Mélek  Taons,  que  Ton  traduit  par  «  le  roi  paon  »  ou  «  Tange 
paon  ».  lU  sont  toujours  gardés  dans  une  chapelle-spéciale  faisant  partie 
de  la  maison  de  l'émir  t)ù  des  lampions  brûlent  jour  et  nuit  en  leur  hon- 
neur. Chacun  de  ces  drapeaux  est  envoyé  une  ou  plusieurs  fois  ipar  an 
dans  une  des  localités  habitées  par  la  secte,  et  tout  Yèzidi  doit  s'empresser 
d'y  porter  riiommage  de  son  adoration,  accompagné  d'une  offrande 
pécuniaire.  Porter. le  sandjak  et  l'exposer  au  culte  des  fidèles  est  une  des 
prérogatives  des  Kaiunls  ou  chantres,  qui  sont  considérés  comme  faisant 
partie  de  la  suite  du  prince  et  qui  forment  une  troupe  de  près  de  (juarante 
individus.  Parfois  le  Kawal  prend  le  sandjak  à  ferme  pour  une  somme  fixe 
et  fait  la  collecte  pour  son  compte  personnel;  d'autres  fois  la  collecte  est 
faite  directement  pour  l'émir  cpii  donne  seulement  une  indemnité  au  Kawal. 

Voici  la  division  des  sandjaks  et  des  localités  habitées  par  les  Yézidis 
<iui  reçoivent  la  visite  du  Mélek  Taons  (le  roi  paon)  :  1"  Un  sandjak  qui 
parcourt  le  pays  de.Sinjâr,  deux  fois  par  an  (une  fois  en  été  et  une  fois 
en  hiver);  le  même  étendard  est  aussi  envoyé  deux  fois  par  an  dans  le 
pays  de  Djézira  (au^^printemps  et  en  automne);  2°  un  sandjak  pour  la 
province  d'Alep  qui  le  reçoit  une  fois  par  an;  il  visite  le  pays  situé  entre 
Djézira  et  la  ville  d'Alep  ;  3°  un  autre  parcourt  une  fois  par  an  le  pays 
de  Séert  et  ses  environs;  4"  un  quatrième  sandjak  visite,  une  fois  par 
an,  les  pays  de  Van,  Bayezid,  Mouche  en  Turquie,  et  certaines  contrées 
de  Russie  où  vivent  des  Yézidis;  5°  le  cinquième  fait,  trois  fois  chaque 
année,  la  visite  des  villages  situés  dans  les  alentours  de  Mossoul.  En 
outre  des  sommes  importantes  que  lui  rapportent  les  sandjaks,  l'émir 
jouit  encore  d'autres  revenus  consistant  dans  les  nombreux  cadeaux  et 
offrandes  que  lui  portent  les  pèlerins  cpii  visitent  le  tombeau  de  Cheikh 
Adi  à  l'occasion  des  cinq  fêtes  annuelles. 

Les  fonctions  religieuses  des  Cheikhs  consistent  à  engager  leurs 
ouailles  au  bien  tout  en  les  éloignant  du  mal.  Un  de  leurs  principaux 
devoirs  aussi  est  de  les  détourner  de  la  fornication  et  de  leur  interdire 
formellement  tout  commerce  coupable  avec  la  femme  ou  la  fille  d'un  de 
leurs  chefs  spirituels  (1),  ou  avec  une  personne  étrangère  à  leur  secte, 
et  de  leur  défendre  le  mariage  avec  elles. 

2.  Le  second  grade  sacerdotal,  venant  après  celui  du  Cheikh,  est  celui 
du  Pir  (2).  Ces  fonctionnaires  religieux  sont  par  rapport  aux  Cheikhs  ce 
que  les  prêtres  chrétiens  sont  par  rapport  aux  évéques  ;  ils  appartiennent 
aussi  à  des  familles  distinguées  dont  les  a'ieux  ont  été  des  personnages 
divins;  leurs  prérogatives  et  leurs  ressources,  ([uoique  de  moindre  im- 
portance, sont  à  peu  près  du  même  genre  que  celles  des  Cheikhs. 

3.  Les  Fakirs  (3),  nommés  par  les  Turcs  Kara-hach  (têtes  noires)   (4), 

(1)  Les  fautes  de  ce  genre  étaient  punies  de  mort.  Jlichel  Le  Fovro  l'a  dt'jà 
noté,  loc.  cit.,  p.  372.  Cf.  Menant,  Les  Yézidis,  p.  69. 
(•2)  C'est  un  mot  persan  qui  signifie  «  vieillard  »  ou  •  siipérioiir  de  moines  ». 
(3)  wJii  signifie  en  arabe  «  pauvre  »  ou  <«  ascète  » . 
(4j     tXi  5ji  à  cause  des  bonnets  noirs  qui  leur  servent  de  coiffure. 


250  REVUE    DE    l'ORI'ENT    CHRÉTIEN. 

peuvent  être  comparés  aux  moines  chrétiens;  mais  ils  se  marient  et  ils 
possèdent  des  biens.  Ils  forment  une  caste  distincte  et  sont  en  grande 
vénération,  parce  qu'ils  appartiennent  à  une  race  dont  les  ancêtres  ont 
vécu  au  temps  de  Cheikh  Adi  et  sont  considérés  (fbmme  les  fondateurs  de 
l'ordre.  On  les  reconnaît  à  leur  costume  qui  a  été  porté  par  Cheikh  Adi 
lui-même  et  qui  a  été  donné  par  lui  à  leurs  premiers  ancêtres  (1);  toutes 
les  pièces  en  sont  faites  d'un  tissu  de  laine  noire,  excepté  le  machak  ou 
surtout,  qui  peut  être  d'une  autre  couleur,  et  le  caleçon  qui  est  ordinai- 
rement en  toile  de  coton  blanc.  Le  lit  sur  lequel  ils  reposent  (matelas, 
couverture  et  oreiller)  doit  être  aussi  de  laine  dont  la  couleur  peut  être  de 
toiites  les  nuances,  hors  le  bleu  dont  l'usage  est  défendu  chez  les  Yézidis 
en  général.  .  . 

L'habit  du  Fakir  comprend  :  1'^  une  chemise  de  laine  noire,  tombant 
jusqu'à  quatre  doigts  au-dessus  des  genoux:  2°  une  culotte  de  toile  blanche 
en  coton;  3°  une  veste  de  laine  qui  peut  être  d'une  autre  couleur  que  le 
noir  (le  bleu  excepté);  4°  un  bonnet  de  laine  noire  que  le  fakir  doit  con- 
fectionner de  ses  propres  mains.  11  peut  ajouter  à  cette  coiffure  un  fichu 
ou  un  châle  de  laine  ou  de  ^oie  (le  coton  est  interdit)  en  forme  de  turban  ; 
5^'  une  ceinture  consistant  en  unç  corde  de  laine  noire;  6°  une  paire  de 
souliers  ordinaires;  7°  le  machak  ou  surtout  dont  il  a  été  question  plus 
haut.  Cette  dernière  pièce,  qui  sert  de  collier,  ne  le  quitte  ni  jour  ni 
nuit;  le  fakir  ne  peut  jamais  s'en  séparer,  pas  même  quand  il  va  prendre 
son  bain;  elle  reste  toujours  pendue  à  son  cou  et  l'accompagne  jusqu'à 
la  tombe  (2). 

Tout  Yézidi  peut  embrasser  l'état  de  fakir.  L'individu  qui  veut  devenir 
fakir  doit  être  initié  soit  par  son  père,  qui  est  fakir  lui-même,  soit  par  un 
autre  membre  de  cet  ordre.  L'ordinand  doit  passer  quarante  jours  dans 
la  retraite,  observant  le  jeûne  du'  matin  jusqu'au  soir.  Il  ne  doit  voir 
personne  si  ce  n'est  son  père  ou  un  autre  fakir  chargé  de  lui  apporter  de 
la.  nourriture  ;  il  est  vêtu  d'une  culotte  d'étoffe  blanche  et  d'une  veste  ;  il 
porte  au  cou  une  corde  de  laine  noire  nommée  mahak  (licou  ou  bride) 
pour  lui  rappeler  qu"il  doit  éviter  toute  espèce  de  péchés  et  de  vices.  A 
la  fin  de  sa  retraite,  l'aspirant  est  tenu  de  donner  un  repas  aux  gens  de 
son  village;  après  quoi  il  reçoit  l'habit  des  mains  d'un  fakir,  en  présence 
d'un  parrain  choisi  le  plus  souvent  parmi  les  descendants  de  Cheikh  Sinn. 
L'ordinand  lui  fait  à  cette  occasion  plusieurs  recommandations  requises 
pour  la  pureté  des  mœurs  et  de  la  morale,  telles  que  d'éviter  le  mensonge 
et  les  faux  serments,  de  ne  point  porter  de  faux  témoignages,  de  ne  pas 
commettre  le  vol  ou  la  fornication,  de  ne  point  jeter  de  regards  lascifs 
sur  la  femme  d'autrui,  etc. 

La  compagnie  des  fakirs  est  administrée  par  un  grand  chef  qui  habite 


(1)  Adam  lui-inèine,  avant  sa  chute,  était  vêtu  et  coiffé  de  la  robe  et  da  bonnet 
(les  fakirs.  Cf.  p.  '245.' 

(■-?)  Tout  ce  qui  concerne  les  fakirs  a  été  inspiré  par  le  monachismc  chrétien; 
le  machak  est  le  pendant  de  l'eskim  (a~/.riiJ.y.)  ou  habit  angélique. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    VÉZIDIS.     251 

un  mazar  (1)  dans  lu  province  d'Alep.  Ce  supérieur,  auquel  on  donne  le 
titre  tic  Kak  (2),  observe  le  célibat  et  ne  se  marie  point.  Les  Yézidis  vénè- 
rent le  mazar  qui  sert  d'habitation  au  }fak,  parce  (jue  cet  endroit  a  servi, 
suivant  eux,  pendant  quelque  temps,  de  demeure  à  Vézid,  fils  de  Moawia. 
Après  l'avoir  quitté,  Yézid  en  a  confié  la  direction  à  un  serviteur  qu'il 
avait  eu  près  de  lui  et  qu'il  a  constitué  supérieur  général  des  fakirs.  Cette 
espèce  de  couvent  possède  quelques  propriétés;  son  chef  a  de  plus  un 
sondjak  tout  particulier  qui  est  considéré  comme  le  drapeau  d'Yézid  lui- 
même,  (et  emblème  sacré  est  exposé  tous  les  ans  à  la  vénération  des 
Yézidis,  de  plus  le  supérieur  fait  une  tournée  avec  lui  tantôt  dans  une 
région  tantôt  dans  une  autre  et  recueille  des  dons  h  cette  occasion. 

4.  Les  employés  religieux  subalternes  attachés  au  service  du  culte  sont 
les  Kawals,  les  Tchawichs,  les  Kochaks,  la  Kabana,  les  Fakraïas,  le  Far- 
rach. 

i  Les  kawals  (3)  ou  «  chantres  »  promènent  les  sandjaks  et  font  entendre, 
à  cette  occasion,  des  chants  qu'ils  accompagnent  de  flûtes  et  de  tambours- 
de  basque.  On  emploie  aussi  les  kawals  k  Foccasion  des  fêtes  religieuses. 
A|eux  seuls  appartient  la  connaissance  des  chants  consacrés  à  Adi  et  des 
chants  du  culte.  Les  chants  sont  en  arabe. et  personne  ne  les  comprend 
plus.  Au  grand  pèlerinage,  dit  Layard,  les  Cheikhs,  les  Kawals  et  les 
femmes  chantent  «  la  chanson  du  Seigneur  Jésus  »  (4), 

On  donne  le  nom  de  tchawichs  (5)  à  quatre  ou  cinq  individus  employés 
au  service  permanent  du  local  où  se  trouve  le  tombeau  de  Cheikh  Adi. 
Ils  ne  sont  pas  mariés  et  portent  toujours  des  habillements  blancs.  Ils 
sont  sous  les  ordres  directs  de  Clieikh  Nasser,  grand  i)ontife.  En  cas  de 
décès  d'un  de  ces  employés,  Cheikh  Nasser  fait  choix  d'un  homme  (céli- 
bataire ou  veuf)  qui  se  recommande  par  ses  vertus  et  il  le  désigne  pour 
succéder  au  défunt. 

Les  kochaks  sont  nombreux  et  peuvent  compter  jusqu'à  deux  ou  trois 
cents  hommes.  Tout  Yézidi.peut  être  kochak.  Aucun  grade  ne  les  distin- 
gue entre  eux:  leur  seul  chef  est  le  Cheikh  Nasser  qui  les  commande. 


(1)  .'y  «  lieu  saint  »  contenant  le  tombeau  d'un  saint  ou  qui  a  été  sanctitlt' 
par  la  présence  ou  le  passage  d'un  saint. 

cl)  C'est  le  mot  persan  ^.Jj^l^  ([ui  signifie  «  maître.»  ou  «  celui  qui  enseigne  >■. 

(?')    \VJ  signifie  eu  arabe  «  éloquent  »  ou  «  qui  sait  bien  parler  ». 

(1)  Cf.  Menant,  Les  Yézidis,  p.  114.  Michel  Le  Fèvre,  Théâtre  de  la  Turquie, 
p.  308,  a  déjà  écrit  :  «  Toute  leur  religion  consiste...  à  apprendre  par  cœur  cer- 
tains cantiques  spirituels  en  l'honneur  de  Jésus-Christ,  de  sa  sainte  Mère,  do 
Bloïse,  de  Zacharie,  et  quelquefois  du  faux  prophète  Mahomet,  qu'ils  apprennent 
à  l'envi  l'un  de  l'autre,  plutôt  par  vanité  que  par  aucun  autre  motif  et  pour 
les  chanter  sur  la  guitare,  dans  les  festins,  aux  visites  qu'ils  se  rendent  (^t  dans 
d'autres  occasions.  » 

(3)  Ce  sont  sans  doute  les  analogues  dcsTchaouchs,  «  espèce  de  courriers  qui 
parcourent  les  villages  de  la  Perse  à  l'approche  de  la  saison  du  pèlerinage  des 
Chiites  à  Kerbéla  ».  Journ.  as.,  YIIl"  série,  t.  Y  (1885),  p.  5:11. 


252  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Lorsqu'on  a  besoin  d'hommes  pour  des  travaux  quelconques,  pour  faire 
des  constructions  ou  pour  couper  du  bois,  le  Cheikh  Nasser  fait  appel  aux 
kochaks  qui  s'empressent  aussitôt  de  quitter  leur  foyer  à  quelque  dis- 
tance qu'ils  se  trouvent  et  font  le  travail  demandé,  sous  la  direction  de 
chefs  provisoires. 

La  kabdna  (1)  est  la  supérieure  des  fakraïas.  Elle  doit  être  vierge  ou 
veuve.  Ses  fonctions  consistent  à  balayer,  avec  ses  compagnes,  l'appar- 
tement où  se  trouve  le  tombeau  de  Cheikh  Adi  ainsi  que  la  cour  attenante. 
Un  de  ses  devoirs  spéciaux  est  de  porter,  tous  les  soirs,  un  plateau  (de 
cuivre  ou  de  terre  cuite)  contenant  du  feu  et  de  l'encens  pour  brûler  des 
parfums  devant  les  tombeaux  de  Cheikh  Adi  et  des  autres  saints  qui  l'en- 
tourent. Elle  est  toujours  accompagnée  de  farrachs  dont  le  devoir  est 
d'allumer  les  lampions  placés  devant  ces  tombeaux,  pendant  qu'elle 
s'occupe  de  l'encensement.  C'est  elle  qui  pétrit  la  terre  sacrée  appelée 
terre  de  Cheikh  Adi  que  tout  Yézidi  doit  porter  sur  lui. 

Fakraia  est  un  diminutif  de  fakir  «  pauvre  »  fabriqué  par  les  Yézidis 
pour  en  faire  le  titre  d'un  ordre  religieux  de  femmes.  Les  fakraïas,  qui 
ont  la  kabana  pour  supérieure,  se  recrutent  dans  le  commun  des  Yézidis. 
Elles  doivent,  elles  aussi,  vivre  dans  le  célibat  (vierges  ou  veuves)  et  leur 
nombre,  qui  n'est  pas  limité,  s'élève  quelquefois  jusqu'à  cinquante.  Elles 
sont  chargées  de  toute  espèce  de  service  à  Clieikh-Adi  et  exécutent,  comme 
les  femmes  de  la  campagne  en  Orient,  les  travaux  les  plus  pénibles  (2). 

Le  farrach  est,  pour  ainsi  dire,  le  sacristain  de  Cheikh-Adi.  Ses  fonc- 
tions consistent  à  allumer  les  lampions  qui  éclairent  le  tombeau  de  ce 
dernier,  ainsi  que  ceux  des  autres  personnages  qui  se  trouvent  dans  le 
voisinage.  Le  nombre  considérable  des  lieitx  sacrés  et  la  grande  distance 
qui  les  sépare  quelquefois  les  uns  des  autres,  fait  que  le  farrach  est  obligé 
de  commencer  tous  les  soirs  sa  besogne  deux  heures  avant  le  coucher  du 
soleil,  afin  que  tout  soit  éclairé  à  l'entrée  de  la  nuit. 

A  l'occasion  de  chaque  grande  fête,  le  farrach  porte  à  la  main  un  vase 
plein  d'huile  au  milieu  duquel  brûle  une  grosse  mèche  et  il  le  pose  devant 
chacun  des  pèlerins  réunis.  Le  pèlerin,  après  avoir  porté  un  instant  ses 
deux  mains  sur  la  flamme,  les  passe  sur  son  visage,  comme  pour  respi- 
rer la  fumée  du  lampion  sacré  de  Cheikh  Adi  ;  il  remet  ensuite  au  far- 
rach une  aumône  proportionnée  à  ses  moyens. 

(1)  M.  Siouffi  n'a  pu  obtenir  rexplicatioii  de  ce  mot.  Il  avertit  du  moins  que 
i..^J3   en  persan  veut  dire  «  œil  ». 

(2)  Les  Fakraïa  et  la  kabana  continuent  les  diaconesses  et  les  veuves  de  TK- 
glise  chrétienne. 


CHAPITRE  II 


Le  document  le  plus  important,  dont  des  résumés  faits  en 
arabe  et  en  syriaque  ont  aussi  été  édités  (I),  est  :  Monte  Sin- 
gar,  p:ij»j;  ic^^.l,  Storia  di  un  popolo  ignoto  con  note  ston'c/ie, 
per  cura  di  Monsig.  Sainuele  Giamil,  procuratore  gene?r(le 
del patriarca  di  Babilonia  dei  Caldeiin  Borna;  Roma,  Erm. 
Loescher,  1900,  8",  72  et  94  pages.  C'est  ^édition  (avec  traduc- 
tion italienne)  d'un  texte  clialdéen  rédigé  au  xix"  siècle,  sous 
forme  de  questions  et  réponses,  par  le  prêtre  clialdéen  catho- 
lique Isaac,  qui  a  vécu  longtemps  parmi  les  Yézidis.  La  rédac- 
tion chaldéenne  écrite  par  Isaac  est  conservée  au  couvent  de 
Rabban  Hormizd(2). 

Isaac  nous  apprend  en  un  endroit  de  son  ouvrage  (p.  G5) 
comment  un  chef  religieux  des  Yézidis  avait  recommandé  de 
le  traiter  comme  un  des  leurs  : 

Avertissement  du  prêtre  Isaiiif  l'écrivain  : 

Je  veux,  pour  contirmer  ce  qui  précède,  ajouter  ici  une  histoire  éton- 
nante qui  m'a  été  racontée  certain  jour  par  l'un  des  grands  Kodjaks, 
vieillard  de  95  ans  et  peut-être  même  de  100  ans.  Un  an  avant  sa  mort, 
il  me  dit  :  0  mon  cher  ami,  je  sais  que  ton  esprit  est  un  esprit  très  excel- 
lent. Je  l'ai  cru  et  j'en  ai  été  convaincu  parce  que,  au  moment  d'une 
peste,  j'ai  vu  ton  esprit  qui  combattait  avec  nous  contre  les  puissances  de 
mort  et  qui  les  chassait  de  notre  pays:  c'est  pourquoi  je  t'annonce  que 
Dieu  a  envoyé  l'ange  Gabriel  pour  retirer  mon  âme  de  ce  monde  et  la 
conduire  à  son  palais.  C'est  la  cinquième 'fois  que  l'ange  Gabriel  vient 
près  de  moi  et  me  dit  :  «  Donne-moi  ton  âme,  »  et  je  n'ai  pas  voulu.  Au- 
jourd'lmi  cependant,  si  tu  me  le  conseilles,  je  suis  prêt  à  la  remettre  entre 
ses  mains.  Lorsqu'il  y  eut  été  encouragé  par  moi,  il  ordonna  aux  grands 
et  aux  chefs  de  sa  tribu  de  me  voir  d'un  bon  œil  et  de  ne  pas  me  causer 
de  désagrément,  puis  il  remit  son  âme  à  l'ange  de  la  mort. 

Certaine  fois  je  demandai  à,  ce  Kodjak  :  Quelles  bonnes  actions  as-tu 
faites  durant  ta  longue  vie?  Il  me  répondit  :  Pendant  vingt  ans,  j'ai  jeûné 

(1)  En  particuher,  M.  J.-B.  Chabot  en  a  édité  un  résumé  écrit  en  syriaque  en 
1889.  Cf.  Journal  «s.,  IX«  série,  t.  VII  (189G),  p.  100-132.  Voir  la  date,  p.  131. 

(2)  La  copie  du  manuscrit  de  Rabban  Iloi'mi/.d  faite  pour  Giamil  a  été  termi- 
née le  15  février  1899. 


251  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

deux  fois  chaque  année,  quarante  jours  en  été  et  quarante  jours  en  hiver. 
L'ange  Gabriel  est  ensuite  descendu  du"  ciel  et  m'a  dit  :  «  Tu  as  assez 
jeûné,  ô  Kodjak.  »  Depuis  lors  je  n'ai  plus  jeûné,  et  cela  suffit,  ô  mon  cher 
Isaac,  pour  mon  bien  et  pour  mon  mal. 

Isaac  nous  apprend  ailleurs,  p.  71,  qu'ils  n'ont  ni  jeûne  ni 
prière,  si  ce  n'est  deux  jours  dans  l'année,  beaucoup  d'entre 
eux  jeûnent,  ces  deux  jours-là,  du  matin  jusqu'au  soir. 

Isaac  rapporte  fidèlement  tout  ce  que  disent  les  Yézidis,  de 
la  manière  dont  ils  le  disent,  mais  il  avertit  une  fois  pour 
toutes,  p.  63,  que  les  chrétiens  ne  doivent  rien  croire  de  ce 
qu'il  écrit,  mais  le  lire  par  pure  curiosité. 

Nous  donnons  ici  un  résumé  de  tout  le  texte  syriaque  en  in- 
diquant sa  pagination  entre  crochets. 

I.  Sur  lks  œuvres  de  Dieu  et  l'endroit  ou  il  se  trouvait.  —  Dieu 
créa  d"abord  le  ciel  et  la  terre  [p.  4]  et  il  voguait  sur  les  eaux  dans  une 
barque.  Il  créa  une  perle  et  il  domina.sur  elle  pendant  quarante  ans,  puis 
il  se  fâcha  contre  elle  et  il  la  frappa.  0  prodige!  elle  cria  et  de  son  cri 
provinrent  les  éclairs  et  les  tonnerres,  les  éclairs  produisirent  les  mon- 
tagnes élevées,  les  tonnerres  produisirent  les  collines  et,  de  la  fumée,  fut 
créé  le  ciel.  Dieu  monta  au  ciel  et  le  solidifia,  puis  il  redescendit  sur 
terre,  prit  un  roseau  et  il  écrivit,  dans  un  livre,  toute  la  création.  Il  fit 
ensuite  six  autres  dieux  de  sa  substance  ^t  de  sa  lumière  à  la  manière 
dont  on  allume  une  bougie  avec  une  autre,  [p.  5]  puis  le  premier  dieu  dit 
au  second  :  Voilà  que  j'ai  créé  le  ciel;  monte  au  ciel  et  crée  toi  aussi 
quelque  autre  chose.  Le  second  monta  et  créa  le  soleil,  puis  il  dit  au  troi- 
sième :  Monte,  toi  aussi,  et  vois  ce  que  j"ai  fait.  Il  monta  et  créa  la  lune. 
Les  autres  montèrent  aussi  successivement  :  le  quatrième  créa  l'air,  le 
cinquième  l'étoile  du  matin,  le  sixième  toutes  les  étoiles  et  les  astres. 
Les  sept  dieux  se  firent  ensuite  chacun  un  domicile  et  un  lit  dans  le  ciel. 
Celles  de  leurs  créatures  qui  viennent  sur  la  terre  sont  [p.  6]  le  soleil  et 
la  lune.  Le  soleil  est  Cheikh  Chems  ed-Din,  et  la  lune  est  Mélek  Fakr 
ed-Din,  et  ils  séparent  les  jours  et  les  nuits,  les  mois  et  les  années. 

Les  Chrétiens,  les  Juifs  et  les  Musulmans  ne  connaissent  que  l'Adam 
qui  a  été  le  premier  créé,  tandis  que  71  Adams  ont  été  créés  l'un  après 
l'autre  sur  la  terre"?  Lorsque  le  premier  Adam  fut  créé,  sa  descendance 
demeura  sur  la  terre  pendant  10.000  ans,  puis  la  terre  fut  déserte  pen- 
dant 10.000  ans,  elle  n'était  alors  hiibitée  que  par  des  démons  qui  man- 
geaient, buvaient  et  mouraient  dans  la  grâce;  les  âmes  des  hommes 
durant  ce  temps  demeuraient  sans  corruption  telles  que  Dieu  les  avait 
créées;. [p.  7]  Dieu  les  réunit  dans  ses  trésors.  Après  que  ces  dix  mille 
années  furent  passées,  un  autre  dieu  créa  im  second  Adam  plus  parfait 
que  le  premier;  c'est  ainsi  qu'il  y  eut  71  Adams  et  chacun  d'eux  vécut 
dans  l'ascétisme  avec  sa  race  durant  10.000  ans.  Les  satans  qui  habitaient 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS   SUR    LES    YEZIDJS.     2o5 

la  terre,  durant  les  10.000  années  qu'elle  était  dévastée,  se  nommaient 
Djannè,  Djinns  et  Gouné  (mœ^o  |jlï^  sorciers  et  fantômes). 

II.  [p.  H]  De  la  création  du  dernier  Adam  (.1).  —  [p.  0]  L'un  des  sept 
dieux  est  descendu  sur  la  terre  et  a  créé  la  géhenne  et  le  paradis;  il  a 
créé  ensuite  xVdam,  Eve  et  tous  les  aniw-aux:  les  chrétiens  et  les  juifs 
descendent  d'Adam  et  d'Eve,  mais  les  Yézidis  descendent  d'Adam  seul. 
Adam  et  Eve  se  disputaient  pour  savoir  à  qui  appartenaient  les  enfants  ; 
[p.  10]  ils  mirent  leur  semence  chacun  dans  deux  jarres  :  la  jarre  d'Eve 
ne  produisit  que  des  vers  et  des  reptiles;  la  jarre  d'Adam  au  contraire 
contenait  deux  enfants,  un  garçon  et  une  fille,  et  Dieu  donna  des 
mamelles  à  Adam  et  il  nourrit  les  deux  enfants  durant  deux  ans,  c'est 
depuis  lors  que  les  hommes  ont  des  mamelles.  Plus  tard  ces  deux  enfants 
nés  d'Adam  seul  se  marièrent  et  c'est  d'eux  que  descendent  les  hommes 
justes.  Ensuite  Adam  connut  Eve  et  elle  enfanta  deux  enfants  d'où  des- 
cendent les  chrétiens,  les  juifs  et  les  musulmans,  [p.  11]  Un  homme  juste 
de  la  troisième  génération  a  prescrit  d'employer  les  tambours  et  les 
cymbales  dans  les  noces  parce  que  de  son  temps  une  femme  nia  être 
mariée  à  son  mari.  [p.  12]  Los  instruments  de  musique  par  lem^  son 
annoncent  le  mariage  à  tous. 

Après  le  déluge,  les  Yézidis  descendent  de  Na'mi  (..Liaxj)  à  qui  ils  don- 
nent le  nom  de  Mélek  Miràn  (v.)v*io  ;^^io  roi  des  rois)  tandis  que  toutes 
les  autres  nations  descendent  de  Cham  qui  insulta  son  père.  Dieu  ne 
parlait  pas  le  syriaque  comme  le  disent  les  chrétiens,  ni  l'hébreu  comme 
le  disent  les  juifs,  [p.  13]  mais  le  kurde  qui  est  la  véritable  langue. 

Noé  construisit  l'arche  dans  le  village  d'Ain-Sefné  (|.a>^.,v)  tandis  que 
les  descendants  d'Eve  le  couvraient  d'opprobres.  Après  le  déluge,  l'arche 
vint  frapper  sur  la  montagne  de  Singar  (^,^),  elle  se  fendit  et  le  serpent 
boucha  le  trou.  L'arche  s'arrêta  sur  la  montagne  de  Goudi  («-.a,.  ),  c'est 
pour  cela  que  les  Yézidis  adorent  cette  montagne,  jurent  par  elle  et 
honorent  des  bateaux  qu'ils  encensent.  La  race  du  serpent  commença  à 
croître  et  à  piquer  les  hommes,  alors  Noé  jeta  le  serpent  dans  le  feu  et, 
de  ses  cendres,  naquirent  les  poux  qui  sucent  le  sang  des  hommes. 

[p.  14]  Depuis  le  déluge  il  s'est  écoulé  sept  mille  ans.  Chaque  millier 
d'années,  Dieu  descend  du  ciel,  se  promène  sur  la  terre  et  y  fait  des 
prodiges.  Durant  le  millier  d'années  actuel,  le  dieu  qui  est  descendu  sur 
la  terre  est  Yazid  et  voici  comment  il  prit  un  corps  :  Mahomet  avait  un 
serviteur,  homme  grossier,  nommé  Moawia  (...os-^j.  [p.  15]  Un  jour  que 
celui-ci  lui  rasait  la  tête,  il  le  coupa  et  il  lécha  le  sang  pour  qu'il  ne 
tombât  pas  sur  la  terre.  Mahomet  lui  dit  qu'il  avait  commis  une  grande 
i.iute  et  qu'il  naîtrait  de  lui  une  race  qui  combattrait  la  sienne.  Pour 
éviter  ce  malheur,  Moawia  renonça  à  se  marier,  mais  il  fut  piqué  par  des 
scorpions  et  les  médecins  lui  dirent  de  se  marier  s'il   ne  voulait  pas 

(1)  Les  lignes  suivantes  (pages  9  à  l->  do  Giamil)  sont  insérées  à -peu  pi'ès 
ti'xtuellement  dans  le  Livre  noir.  Cf.  mpra,  p.  ICI. 


250  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

mourir.  Il  prit  une  femme  âgée  de  80  ans  [p.  16]  et  le  lendemain  elle  fut 
comme  si  elle  avait  25  ans,  elle  conçut  et  elle  enfanta  le  dieu  des  Yézidis 
nommé  Yazid  i^ii). 

III.  Aci  IONS  DU  DIEU  YÉziD.  —  Les  chrétiens,  les  juifs  et  les  musulmans 
«  brisent  la  cruche  »  (d'après  Giamil,  trad.,  p.  22,  c'est  une  imprécation 
qu'ils  adressent  à  Satan,  dieu  des  Yézidis),  parce  qu'ils  ne  savent  pas 
qu"un  dieu  descend  chaque  mille  ans  sur  la  terre  pour  donner  des  pré- 
ceptes aux  hommes  afin  qu'ils  se  conduisent  correctement:  [p.  17]  ils 
croient  que  ces  dieux  sont  tombés  du  ciel  et  qu'ils  sont  couverts  d'oppro- 
bres, c'est  pour  cela  qu'ils  les  blasphèment  et  leur  adressent  des  paroles 
qui  ne  conviennent  pas.  II  y  avait  un  enfer  à  l'époque  du  premier  Adam, 
mais  maintenant  il  est  éteint  (1),  car  il  y  eut  jadis  un  enfant  qui  se  nom- 
mait Abriq  S'outà  ([iqvh  ..n.-.a/  «  cruche  jaune  »),  qui  souffrait  beaucoup 
d'une  maladie  des  yeux,  des  narines,  des  oreilles,  des  mains  et  des  pieds. 
Pour  se  consoler  un  peu  de  ses  souffrances,  il  demanda  et  il  obtint  six 
années  (sept,  d'après  l'arabe),  il  se  procura  cette  cruche  jaune  (©oi  k^Q-=ss= 
iLoi.»)  et  il  commença  à  se  lamenter  et  à  pleurer  et  ses  larmes,  tombaient 
dans  ce  vase  et,  lorsqu'il  fut  plein  de  ses  larmes,  il  le  versa  dans  la  gé- 
henne en  rhonneur  des  dieux  ses  seigneurs  [p.  18]  et  il  en  éteignit  le 
feu  pour  que  le  genre  humain  n'y  fût  plus  tourmenté,  et  les  sept  dieux  hii 
en  furent  très  reconnaissants. 

Chacun  de  ces  dieux  se  fit  un  sandjak;  ces  sandjaks  (pi^ijo)  se  trouvè- 
rent d'abord  tous  chez  le  roi  Salomon  (^«n^ >.)  :  à  sa  mo^t,  il  les  transmit 
aux  rois  des  Yézidis.  Au  jour  de  la  naissance  du  dieu  (des  Yézidis)  Bar- 
bariâ  ()..;-3^i)  (2)  les  Yézidis  prirent  les  sandjaks  et  leur  firent  deux  chants 
de  louange  [\si^o^)  qu'on  chante  en  langue  kurde,  en  battant  le  tambour 
et  en  jouant  des  flûtes,  des  cithares  et  des  autres  instruments  de  musique 
[U-^ioi*  ).3^io  )-,u.3o  it^iJopLioo  ).>^ao  ^-'"•■)  en  redoublant  leur  voix  au  ton  de 
l'AlIeluia  et  en  disant  :  Ilalcm,  Hallou;  Dieu  zélé  (i.ioi-,..3  yoovVc  ^nctc^v-y^  ^ 
UM>  lovs^.  Qjx(>,  yà^o)-.  ^^v^(o  owQS^o,J).  [p.  19]  Le^  sandjaks  se  trouvent  main- 
tenant chez  le  Mira  de  Sêkhàn  (3)  (^)->„n;  j^^io)  qui  occupe  le  trône  de  Yézid. 

Les  Qawals  (po^)  les  portent  chaque  année,  l'un  cliez  les  Kaledna'ié 
(l^Ksia  et  |.-jfs3)  (Yézidis  entre  Mossoul  et  Djezireh),  un  autre  au  pays 
d'Alep,  lui  autre  en  Russie  (^ojamio),  un  autre  à  Singar.  Ceux  qui  ont  loué 
ces  sandjaks  les  portent  d'abord  à  Cheikh-Adi.  —  Le  père' de  Cheikh-Adi 
se  nomme  Mesfar  (iMosaffer)  et  sa  mère  Settias.  [p.  20]  Ils  prennent  une 
charge  de  poussière  et  en  font  de  la  boue,  qu'ils  partagent  en  petites 
boulettes  ;  ils  font  sécher  ces  boulettes  et  ils  les  prennent  avec  eux  pour 
«  bénédictions  ».  Les  Qawals  font  annoncer  leur  arrivée  et  ils  mettent  le 
sandjak  chez  celui  qui  paie  le  plus  pour  cela.  [p.  21]  Chacun  donne  selon 

(1)  Cet  incident  est  résumé  en  arabe,  The  American  Journal  of  Semil.  Lang.. 
t.  XXV  (I908-'.:>),  p.  135  et  231. 

[i)  Comparer  Zirboiibou  [p.  29]  et   Pirboubou  [p.  87]. 

(3)  Le  Schekhan  est  un  district  de  i'Assvrie,  au  nord-est  de  Mossoul. 


RECUEIL    DE    TEXTE?^    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDLS.      25-7 

ses  moyens.  Il  y  a  encore  deux  autres  idoles,  l'une  à  Cheikh-Adi  et 
l'autre  dans  le  village  de  Bahazanù.  Ils  sortent  une  idole  (i^sNâ)  chaque 
quatre  mois.  [p.  22]  Tous  les  Qawuls  se  réunissent  alors  au  village  de 
Bahazanà  (p^-^)  dans  la  maison  du  grand  Cheikh;  ils  prennent  l'idole  et 
la  lavent  parce  qu'elle  est  faite  avec  de  l'airain  romain;  [p.  23]  l'un  des 
serviteurs  porte  l'eau  dans  laquelle  on  a  lavé  l'idole  dans  les  villages  où 
on  va  la  porter  et  il  en  donne  environ  deux  grammes  (jinûtoo)  à  chacun 
des  habitants  et,  dès  qu'ils  l'ont  bue,  ils  savent  que  l'idole  va  venir.  Les 
habitants  de  Bahazanà  accompagnent  l'idole  jusqu'à  la  source  qui  est 
au  pied  de  la  montagne,  après  quoi  on  la  met  avec  grand  honneur  sur 
un  cheval  et  on  la  porte  dans  les  villages,  [p.  24]  Celui  qui  donne  le  plus 
la  reçoit  chez  lui;  les  autres  habitants  apportent  dans  cette  maison  à 
manger  et  à  boire;  ils  se  mettent  autour  de  l'idole,  les  Cheikhs  (|j:jia-A),  les 
Pirs  (^3(iJl),  les  Qawals  et  les  Kodjaks  (K^aa),  à  une  distance  de  quatre 
pas;  [p.  25]  puis,  derrière  eux,  les  séculiers,  et  ensuite  les  femmes  et 
les  enfaiits.  Les  Qawals  battent  du  tambour  et  chantent  et  on  leur  répond; 
ensuite  chacun  vient  à  son  tour  visiter  l'idole  et  chacun  donne  selon  ses 
moyens.  Après  le  repas,  tous  se  lèvent  en  silence,  les  mains  jointes,  et 
tournent  sept  fois  autour  de  l'idole  en  l'honneur  des  sept  dieux.  Pour  la 
rémission  de  leurs  péchés,  ils  méditent  environ  une  demi-heure  sur 
Dieu  qui  est  descendu  du  ciel  et  qui  a  pris  un  corps  pour  effacer  nos 
péchés,  après  quoi  le  visiteur  (ijo^^a)),  c'est-à-dire  le  Fakir  (|;.»a)^  [p.  26]  se 
lève  et  recueille  les  aumônes  des  femmes  et  des  enfants  pour  qu'ils 
participent  à  cette- grâce  de  la  rémission.  Le  chargé  d'affaires  du  mira 
(iv^oo;  ).3o;^/)  va  avec  eux  partout,  puis  on  porte  tout  l'argent  au  rair  qui 
dédommage  les  Qa^wals  de  leur  peine.,  après  quoi  on  porte  l'idole  à 
Cheikh-Adi,  on  la  lave  dans  l'eau  du  Zemzera  {^\.:>oj)  et  on  la  met  dans  la 
sacristie  (i,.,,^  n.^).  Les  Qawals  prennent  une  autre  idole  et  la  portent  à 
Bahazanà  où  il  y  a  toujours 'beaucoup  de  lumières  allumées  devant  elle. 
\ 

[p.  27]  l\.  Énu.mération   des    hommi-s    justes  et   excelle.nts   (,)Ui  ont 

EXISTÉ  DANS  LA  RACE  DES  DasNO'iÉ.  • 

Question.  Apprends-moi  ce  que  fut  Cheikh  Mohammed;  quel  fut  son 
père:  quelle  fut  sa  femme  et  quelles  furent  ses  vertus? 

Réponse.  Sache,  ô  mon  frère,  que  Cheikh  Mohammed  était  un  homme 
illustre;  il  n'était  pas  lîls  de  Hauilît,  comme  les  musulmans  l'ont  pensé 
de  lui  à  tort,  mais  il  était  fils  de  Mizàni  et  sa  mère  se  nommait  Martà 
Ilabibtà  comme  c'e.st  en  évidence  par  la  réponse  qui  suit  ici. 

Question.  Que  fit  Cheikh  Mohammed  dans  le  village  de  Bahasîqà 
village  situé  à  côté  de  Bahazanà  au  nord-est  de  Mossoul);  quels  furent 
ses  prodiges  et  ses  miracles  ? 

Réponse.  A  Bal.iasîqâ.  il  combattit  contre  le  grand  Cheikh  et  il  l'incom- 
moda beaucoup,  au  point  [p.  28]  que  ses  serviteurs  ne  purent  supporter 
ce  qui  était  fait  contre  leur  maître  et  ils  tranchèrent  aussitôt,  au  tran- 
chant  de  l'épée,  la  tête  de  Mohammed,  et  celui-ci  prit  sa  tète  et  il  la 

ORIENT  CHRÉTIEN.  17 


i»r>8  REVUE    DK    l'orient    CHRÉTIEN. 

plaça  3ons  son  bràs  et  il  continua  à  combattre.  Mais  lorsque  l'im  des 
dieux  vit  Mohammed  dans  cette  position,  il  descendit  du  ciel  sur  la  terre 
et  tourna  son  visage  vers  Babel  et  il  annonça  ce  combat  à  Cheikh  'Abd 
el-Qader.  Ensuite,  lorsque  Cheikh  Mohammed  tomba  mort,  il  fut  enseveh 
dans  le  voisinage  du  monastère  de  Mar  Georges  i^Giôrgis)  qui  est' au-dessus 
de  Mossoul  (à  cinq  milles  au  nord/,  c'est-à-dire  du  côté  sud  du  monastère, 
et  le  serviteur  (de  Mohammed)  fut  easeveli  à  l'est  de  Bahasiqà. 

Revenons  à  mentionner  les  anciens  Cheikhs  qui  sont  ensevelis  dan.s 
les  villages  de  Baha.siqà  et  de  Bahazanà.  Ce  sont  :  Sagiàdîn  (Sadj  ed-Din?)  ; 
Sîd-Kùn-Dallàl  :  Martan-Qîyi:  Màm-Kadri  :  'Ain  al-Haw\và  qui  se  trouve 
.sur  le  chemin  de  la  source  ;  Malki-Mîràn  gouverneur  des  hommes  ;  Derih 
qui  se  trouve  au-dessus  [p.  29]  de  Malkî-Mirân,  du  côté  droit,  et  Joseph 
Qourînaïà.  Tous  ceux-là  se  trouvent  au  sud  du  village  de  Baha.siqà. 

Du  côté  qui  est  près  de  la  route  du  village  de  Bahazanà,  il  y  a  ces 
autres  (saints)  :  le  tombeau  de  'Abô-Rîs  :  quiconque,  par  .sa  grâce,  tuait 
un  auti'e  homme,  venait  mettre  sur  sa  tête,  en  action  de  grâce,  une 
aile  d'oiseau,  au  point  que  toute  sa  tête  était  couverte  d'ailes.  Du,  côté 
oriental  de  Bahazanà.  on  trouve  Martà  Habibtà,  qui  est  la  femme  de 
Cheikh  Mohammed  mentionné  plus  haut,  et  Martà  Tahgil  et  Cheikh 
Mohammed  al-Qasdib  et,  en  dessous,  de  l'autre  côté  de  Baliazanâ,  il  y  a 
Cheikli  Sems,  et,  derrière  lui,  Dàikà-Gàkàn,  c'est-à-dire  «  la  belle  dame  »  ; 
Cheikh  Hasan;  Zir-Bôbô  (1).  Ensuite,  devant  le  village,  Cheikh  Mas'oud. 
Du  côté  nord  (du  village)  Cheikh  Kafif  et,  au-dessus  de  Bahazanà  [p.  30], 
Cheikh  Mandô,  et,  sur  le  chemin  qui  conduit  à  Mossoul,  au  sud  du  village, 
Hasun-Fardôs,  serviteur  du  roi  Sapor  (Sabour);  du  côté  occidental,  Abou 
Bekr  bar  Faharà  (fils  du  potier).  Aussi  dans  le  village  de  Gàbaràn,  nous 
avons  une  sainte  tombe  qui  est  aussi  vénérée  qfle  celles  des  autres 
«  cheikhs  »,  c'est-à-dire  «  incantateurs  ».  Au  bout  de  la  montagne  de 
Maqioup,  du  côté  est,  on  trouve  encore  le  tombeau  de  Cheikh  Sems  chargé 
d'affaires  du  premier  Cheikh  Sems.  Devant  la  montagne  .susmentionnée, 
se  trouve  encore  Cheikh  Mohammed  Rasàn,  père  des  perfections.  Il  y  a 
encore  une  autre  tombe  importante  qui  est  nommée  Katà-Qani-Zarzà, 
c'est-à-dire  «  maître  des  pâtres  du  gros  bétail  ».  II  y  a  encore  trois  autres 
tombeaux  :  Kabarsat  (ou  Kabri.sat)  à  'Ain-Sèfnê;  et,  près  d'eux  aussi, 
Cheikh  Mosallah.  Trois  autres  grands  sanctuaires  se  trouvent  encore  à 
Cheikh- 'Adi,  dont  l'un  est  Cheikh  bar  'Ourhà  (fils  du  chemin)  qui  subju- 
gua Babylone.  A  côté  de  Berestaq  il  y  a  encore  [p.  31]  Kadji-Radjab  et 
Pir-Fatà.  En  sus  de  ceux  dont  il  vient  d'être  fait  mention,  nous  avons 
encore  beaucoup  d'autres  tombes  qui  ne  sont  pas  honorées  autant  que 
leur  importance  le  demanderait. 

Question.  Dis-moi  quelles  idoles  sont  à  Cheikh- 'Âdi  et  qu"e.st-ce  que 
Cheikh- 'Adî? 

a  liéponae.  Les  idoles  sont  des  dieux  pour  nous.  Cheikli- 'Adi  est  le  couvent 
saint  des  saints;  aucun  autre,  de  tous  ceux  que  nous  avons  mentionnés 

(1)  On  trouvera  plus  loin  q^-^^^  que  l'on  rapprochera  de  Beelzebub  [p.  87]. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE   DOCUxMENTS    SUR    LES    VKZIDIS.     250 

plus  haut  ou  que  nous  n'avons  pas  mentionnés,  ne  peut  lui  être  coinpiU'é 
en  sainteté.  Il  est  situé  entre  deux  moatagnes  élevées,  dans  une  v;illée 
profonde.  Là  aussi  il  y  a  des  tombes,  à  savoir  celles  de  Kéder  Elîas„  de 
Hannà  et  de  Mar  Hannà. 
Question.  Comment  sont  administrés  ces  iieiu  saints:' 
l{é)X)nse.  Chaque  soir  le  visiteur  (Farrach,  d'après  Siouffi)  sort  en  por- 
tant avec  lui  un  vase  d'huile  d'olives  et  un  écheveau  de  fils  de  cotoli.  c'est- 
à-dire  des  mèches  de  lampes;  il  circule  parmi  les  idoles  et  il  met  de 
l'huile  dans  la  pierre  creuse  qui  est  à  côté  de  chacune  d'elles,  ainsi 
qu'une  mèche,  puis  il  l'allume  et  s'en  va. 


[p.  32]  V.  Du  Sarasale,  c'est-a-dire  du  commencement  de  l'an>ée. 

Ce  jour  tombe  le  premier  mercredi  du  mois  d'Ayril.  S'il  arrive  qu'il 
tombe  le  premier  vendredi  d'Avril,  on  le  remet  a«  mercredi  suivant  et 
on  fait  alors  une  fête  :  An  soir  qui  commence  le  mercredi  il  faut  que 
chaque  maison  achète  de  la  viande;  si  on  ne  trouve  pas  de  viande,  ils 
immolent  des  brebis  et  ceux  qui  sont  pauvres  tuent  des  poules  ;  on  cuit 
ces  mets  la  nuit  du  mercredi,  on  les  bénit  et  on  les  donne  en  aumônes 
aux  pau\Tes  pour  [p.  33]  les  ^unes  des  défunts. 

Au  soir  du  mercredi  (nuit  du  mardi  au  mercredi),  ils  les  mangent  dans 
un  festin  et,  à  la  quatrième  veille  de  la  nuit,  les  filles  et  les  jeunes  per- 
sonnes vont  par  les  montagnes  et  les  vallées,  et  elles  ramassent  des  roses 
et  des  lys  rouges  et  elles  tes  placent,  enfoncés  daas  la  boue,  sur  les  portes 
de  leurs  maisons,  ou  aux  autres  angles  des  murailles,  ou  dans  les  caves 
des  maisons,  sans  qu'il  y  ait  aucune  maison  sans  lys  sur  sa  porte.  Lorsque 
le  jour  parait,  il  faut  que  toutes  les  portes  des  maisons  soient  ornées  de 
lys  rouges.  Alors  les  femmes  se  lèvent  et  prennent  des  mets  qu'elles  por- 
tent sur  les  tombeaux  des  défunts  de  leur  famille.  Deux  qawals  entrent 
alors  dans  le  cimetière,  l'un  portant  un  tambour  (k^)  et  l'autre  une 
cithare  ;  ils  parcourent  ensemble  le  cimetière  en  frappant  de  leurs  ins- 
truments de  musique,  environ  quatre  minutes  (psai^o)  sur  chaque  tombe. 
Celui  qui  frappe  du  tambour,  chante  en  langue  kurde  des  paroles  dont 
personne  ne  saisit  le  sens,  à  savoir  :  [p.  34]  Hallam,  Hallov,  Alaha  tenana 
(Dieu  zélé).  Les  maîtres  des  tombeaux  donnent  une  demi-pièce  d'argent 
à  chaque  qawal,  et  ils  parcourent  ainsi  tout  le  cimetière;  lorsqu'ils  ont 
fini,  on  réunit  toutes  les  nourritures  en  un  endroit,  et  les  pauvres  et  les 
passants  les  mangent. 

Question.  Je  te  demande  de  m'apprendre  quelle  est  la  fête  que  l'on 
célèbre  en  ce  jour  de  Sarasalà. 

Réponse.  En  ce  jour  bienheureux,  Dieu  .siège  sur  son  trône,  et  il 
fait  venir  devant  lui  tous  les  chefs,  les  nobles,  les  incantateurs  et  tous 
ceux  qui  conviennent.  Lorsqu'ils  sont  prêts,  il  commence  à  lem*  parler 
ainsi  :  [p.  35]  Écoutez,  ô  mes  chers  amis,  je  veux  enrichir  la  terre  de 
biens  et  de  bénédictions.  Aussitôt  après  ces  paroles,  tous  ceux  qui  sont 
réunis  en  cet  endroit  se  lèvent  sur  leurs  pieds  et  ils  font  la  fête  avec 


260  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

grande  joie  devant  Dieu,  gloire  à  lui  !  et  il  donne  à  ferme  la  terre  et  tout 
ce  qui  est  en  elle  à  l'un  de  la  foule... 

[p.  36]  Nous  honorons  les  serviteurs  bons  et  excellents  plus  que  le  jeune 
et  la  prière.  Aussi  lorsque  l'un  de  nos  kodjaks  fait  son  jeune  de  quarante 
jours  en  liiver  ou  en  été,  s'il  arrive  que  l'.un  des  séculiers  lui  porte 
qiielque  nourriture  et  lui  dit  :  Prends  cette  aumône  de  Sagiadin  (Sag 
ed-Din),  ou  de  Cheikh  Chems  ou  d'une  autre  des  idoles,  il  rompt  aussitôt  son 
jeune  et  il  commence  à  manger  en  disant  :  c  Ce  bienfait  ()^^)  l'emporte 
sur  le  jeune.  » 

Lorsque  le  (dieu)  qui  a  la  ferme  pour  cette  année,  dont  nous  avons  parlé, 
voit  parmi  les  hommes  une  pénurie  de  vertus  et  de  bonnes  actions,  il 
envoie  sur  eux  parfois  la  famine,  les  tremblements  de  terre,  la  mortalité 
et  les  autres  punitions.  S'ils  ne  font  pas  pénitence,  il  permet  alors  aux 
armées  de  la  peste  d'aller  combattre  le  genre  humain.  Les  idoles  (l-p^s) 
font  la  guerre  à  ces  armées,  les  poursuivent  [p.  37]  et  ne  les  laissent  pas 
tuer  quelqu'un.  Les  kodjaks  aussi  combattent  la  peste  par  leurs  prières. 

[p.  38]  Tous  les  vendredis,  nous  offrons  des  aumônes  en  une  certaine 
quantité  à  une  idole  (iva^s)  en  disant  :  «  Nous  l'offrons  à  une  pour  beau- 
coup, ï  A  ce  sujet,  chaque  soir  du  vendredi,  l'un  des  serviteurs  monte  sur 
le  toit  du  grand  Kodjak  (|-3>  />%,<")  et  il  crie  par  trois  fois  à  haute  voix  et  il 
dit  :  «  Dieu  aime  le  père  et  la  mère  de  celui  qui  écoute  ma  voix;  soyez 
tous  prêts,  ô  enfants  du  village,  à  porter  de  la  nourriture  et  des  aumônes 
à  une  telle  idole  ».  Dès  qu'ils  entendent  cette  voix,  qu'ils  dorment  ou 
qu'ils  soient  debout,  tous  se  lèvent  aussitôt  sur  leurs  pieds,  ils  font  si- 
lence et  prêtent  l'oreille  pour  bien  entendre  ce  qui  est  dit.  [p.  39]  Ils  font 
ces  aumônes  aux  prophètes  (p^^)  et  aux  idoles  (Ipns)  parce  que  chacune 
d'elles  est  présente  lorsque  la  terre  est  donnée  à  ferme  pour  une  année, 
et  ils  cherchent  à  se  les  concilier  pour  qu'elles  interviennent  en  leur 
favenr  lorsque  la  terre  sera  donnée  à  ferme,  et  qu'elles  la  fassent  donner 
à  quelqu'un  qui  les  aime  et  non  à  quelqu'un  qui  cherchera  à  les  accabler 
de  maux.  C'est  aussi  pour  que  les  idoles  éloignent  d'eux  les  maladies  et 
les  épreuves. 

L'écrivain  (Isaac)  nous  avertit  plus  haut  qu'au  moment  oîi  ils  entendent 
la  voix  du  serviteur,  chacun  d'eux  s'incline  et  baise  la  terre  ou  la  pierre 
qui  est  près  de  lui,  et  qu'ils  en  font  autant  lorsque  le  soleil  monte,  c'est-à- 
dire  que  chacun  d'eux  baise  la  place  où  les  rayons  du  soleil  ont  brillé  (à 
son  lever),  et  ils  en  font  autant  à  son  coucher;  ils  agissent  de  la  même 
manière  lorsque  la  lune  se  lève  et  se  couche. 

L'intelligence  des  chrétiens  est  obscurcie  à  cause  du  grand  nombre  de 
leurs  livres  et  encore  les  livres  ne  leur  apprennent  que  ce  qui  a  eu  lieu 
depuis  le  dernier  Adam.  Pour  nous,  nos  livres  [p.  49]  sont  nos  cœurs  (1); 
quant  aux  diverses  opinions  qui  sont  parmi  nous  à  savoir  si  l'un  dit  :  Le 
feu  de  la  Géhenne  est  éteint,  et  si  un  autre  dit  non;  si  l'un  dit  :  Les  morts 

(1)  Une  partie  de  la  suite  est  résumée  en  arabe  dans  The  American  Joi^tmal 
of  semitic  Languages,  t.  XXV  (1908-9),  p.  133  et  traduite  eu  anglais,  ibid.,  p.  230. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES   YÉZIDIS.     261 

ressuscitent,  et  si  un  autre  dit  non;  ce  ne  sont  pas  là  des  erreurs  et  des 
contradictions  qui  puissent  être  reprochées  à  notre  religion  d'Yézid,  car 
ceux  qui  ont  ces  opinions  différentes  n'ont  pas  vécu  tous  à  une  même 
époque,  mais  à  des  époques  différentes,  et  par  suite  chacun  d'eux  dit  ce 
que  Dieu  lui  a  montré  dans  les  premiers  temps  depuis  ceux  qui  ont  pré- 
cédé le  dernier  Adam  jusqu'aujourd'hui. 

Les  chrétiens  ne  connaissent  pas  le  Christ,  parce  que  s'ils  le  connais- 
saient, ils  adoreraient  le  soleil,  qui  est  le  Christ  et  que  nous  nommons 
Cheikh  Chems  ed-Din.  Les  chrétiens  n'ont  plus  de  prophètes,  [p.  41]  tandis 
que  nous  en  avons  toujours:  ce  sont  les  Kodjaks  qui  nous  apprennent 
ce  que  Dieu  leur  révèle  dans  les  songes  et  les  visions.  Nous  avons  un 
Kodjak  qui  nous  a  raconté  qu'il  était  dans  la  barque  avec  le  prophète 
Jonas,  qu'il  l'a  lui-même  jeté  à  l'eau,  et  qu'il  y  est  resté  quarante  jours 
et  quarante  nuits,  [p.  42]  Nous  devons  donc  croire  celui-là  qui  l'a  vu 
plutôt  que  les  livres  qui  disent  trois  jours  et  trois  nuits.  Nous  avions 
encore  un  autre  Kodjak  qui  nous  a  instruits  sur  le  Christ;  il  nous  disait  : 
«  Certain  jour  je  me  trouvais  dans  la  demeure  de  Dieu  et  j'étais  assis 
prés  de  lui.  Dieu  m'interrogea  et  me  dit  :  Qu'en  penses-tu,  ô  Kodjak;  le 
moment  n'est-il  pas  venu  que  le  Christ  descende  sur  la  terre  et  la  visite? 
Et  je  répondis  :  Oui,  Seigneur,  c'est  le  moment^  fais-le  descendre.  »  Alors 
Dieu  ordonna  au  Christ  de  faire  un  signe  dans  le  ciel  et  ensuite  de  des- 
cendre sur  la  terre.  En  conséquence,  lorsqu'il  eut  fait  un  signe  dans  la 
sphère  du  soleil,  il  descendit  sur  la  terre.  A  cause  de  cela,  la  sphère  du 
soleil  nous  montre  qu'il  est  le  Christ  que  nous  aimons  et  que  nous  véné- 
rons, [p.  42]  mais  nous  n'obéissons  pas  à  ses  paroles  parce  qu'après  le 
Christ  un  autre  Dieu  est  descendu  sur  la  terre  pour  la  visiter,  et  celui-là 
était  Yazid  (Azid  ^,/)  notre  Dieu,  qui  nous  a  fait  connaître  les  reliques 
()nj.*3ji)  des  prophètes,  au  nombre  de  sept,  qui  les  a  réunies  et  les  a  placées 
à  Cheikh- 'Adi.  Il  nous  a  commandé  de  les  honorer,  mais  de  ne  pas  marcher 
dans  leurs  voies.  Nous  faisons  toutes  nos  bonnes  œuvres  et  nos  aumônes 
au  nom  de  nos  prophètes,  pour  qu'ils  nous  donnent  des  biens  en  ce 
monde. 

[p.  44]  Un  séculier  ne  peut  pas  devenir  Cheikh  ou  Kodjak  et  inverse- 
ment. Chacun  doit  demeurer  dans  son  rang.  Le  premier  degré  est  celui 
des  Cheikhs,  le  second  celui  des  Faqirs  qui  sont  comme  des  moines,  le 
troisième  les  Kodjaks,  le  quatrième  les  Qawals,  le  cinquième  les  séculiers. 
Les  Qawals  ne  coupent  jamais  leur  barbe;  les  Kodjaks  (lire  :  les  Faqirs) 
[p.  45]  s'habillent  de  noir,  comme  les  moines  de  Mar-Hormizd.  Les  Ko- 
djaks ne  peuvent  pas  se  battre  entre  eux,  mais  leurs  femmes  peuvent  se 
battre.  Les  Kodjaks  ne  sont  pas  circoncis  comme  le  sont  les  autres,  parce 
que  c'est  contre  la  coutume  des  Dasnoïés  (Yézidis).  Il  y  a  encore. les  Pirs 
([ui  ne  peuvent  prendre  que  des  femmes  de  leur  ordre. 

[p.  46]  YI.  Du  MARIAGE.  —  Lorsqu'un  homme  veut  prendre  une  femme 
pour  épouse  et  qu'il  y  a  là  un  Cheikh,  ils  envoient  à  la  demeure  du 
Cheikh  [y^  cherclier  un  pain  et  ils  le  brisent  en  deux  parties  :  le  fiancé 
mange  l'une  et  la  fiancée  l'autre.  S'il  n'y  a  pas  de  Cheikh  en  cet  endroit, 


2-62  REVUE   0E    l'OEIILNT  CHRÉTIEN. 

[p.  47]  ils  envoiciit  chercher  de  la  poussière  de  Cheikb-'Adi  qui  est  gardée 
dans  la  maison  du  Cheikh  (p«i-\)  pour  ces  occasions  comme  bénédiction 
(iToîas)  et  Henana  [[axJj  ;  le  fiancé  et  la  fiancée  en  mangent  en  place  du 
pain  dont  nous  aTons  parlé  :  c'est  ainsi  que  se  crée  parmi  eu'x  le  lien  du 
mariage.  Si  im  homme  enlève  la  femme  de  son  camarade  et  la  conduit 
en  un  autre  endroit  où  il  y  a  des  Yézidis,  ceux-ci  ^'accueillent  et  le 
cachent  chez  eux,  maïs  il  est  condamné  à  payer  mie  certaine  somme 
d'argent  à  la  famille  de  la  femme  qu'il  ;i  enlevée,  ou  à  donner  sa  première 
femme  ou  sa  sœTrr  ou  Fune  de  ses  parentes  au  mari  de  la  femme  qu'il  a 
enlevée  ;  on  agit  de  même  envers  celui  qui  enlève  une  fille  non  mariée 
ou  une  femme  âgée. 

Les  mariages  sont  défendus  durant  le  mois  de  Nisan,  parce  que  ce 
mois  est  béni,  c'est  le  commencement  de  l'année,  c'est  alors  que  les  roses 
et  les  lys  poussent  et  que  nos  prophètes  se  marient  ainsi  que  nos  nobles  ; 
[p.  48]  Ceux-ci  doivent  prendre  des  femmes  chacun  dans  son  rang,  à 
l'exception  du  Mir  qui  est  assis  sur  le  siège  de  Yazid  (Azid,  y,i)  lequel 
descend  du  roi  Sapor;  il  lui  est  permis  de  prendre  qui  il  veut:  il  pèche, 
mais  son  péché  est  véniel. 

On  peut  contracter  mariage  depuis  12  ans  jusqu'à  80.  [p.  49]  Les  ma- 
riages sont  dissous  par  la  mort  ou  par  le  rapt.  La  famille  d'une  veuve  la 
marie  à  nouveau,  même  malgré  elle,  et  cela  jusqu'à  six  fois  si  ses  maris 
meurent  successivement,  car  une  fille  chez  nous  n'a  aucune  part  à  l'héri- 
tage de  ses  parents,  mais  est  un  jardin  dont  nous  mangeons  les  fruits, 
c'est-à-dire  la  dot;  celle  qui  ne  veut  pas  se  marier  doit  payer  la  dot  sur 
son  bien. 

[p.  50]  La  famille  de  l'époux  apporte  beaucoup  de  sicera  (liqueur  faite 
avec  le  suc  de  dattes)  et  de  \m  et  tous  les  in^^tés  en  boivent  à  l'exception 
des  Kodjaks  et  de  quelques  vieillards;  on  va  chercher  ^a  fiancée,  on 
danse:  [p.  51]  on  fait  la  fête  durant  trois  jours:  ensuite  les  hommes  et  les 
femmes  montent  tous  sur  des  bêtes  de  somme  et  conduisent  l'épouse  près 
de  lépoux  [p.  52]  qui  la  frappe  à  la  tête  avec  une  petite  pierre  pour  mon-- 
trer  qu'elle  est  entrée  en  son  pouvoir.  Lorsque  la  nuit  vient  après  le 
festin,  l^époux  entre  chez  Tépouse  excepté  la  nuit  du  vendredi  et  celle 
du  mercredi  où  il  n'entre  pas  près  d'elle  parce  que  ces  nuits  sont  vénérées 
chez  eux.  [p.  53]  Lorsqu'il  entre  près  d'elle,  l'un  de  ses  amis  se  tient  en 
dehors  avec  un  fusil  en  main  et  tire  un  coiip  de  fusil  lorsque  ï'épotlx  lui 
donne  la  preuve  que  le  mariage  est  consommé. 

Vil.  Offices  sur  les  morts.  —  Lorsqu'un  malade  va  mourir,  nous  appor- 
tons de  la  poussière  de  "Cheikh- ''Adi,  [p.  54]  pétrie  dans  l'eau  du  Zemzem 
et  séchée  ensuite,  nous  en  mettons  dans  la  bouche  du  malade  et  nous  en 
oignons  sa  figure  et  son  côté.  Lorsqu'il  est  mort,  des  hommes  le  portent 
sur  leurs  épaules  au  cimetière,  précédés  de  deux  Qawals  qui  jouent'  l'un 
du  tambour  et  l'autre  de  la  clarinette.  Celui  que  les  Ismaélites  nomment 
Imam,  c'est-à-dire  chef  de  ceux  qui  prient,  crie  sur  le  tombeau  et  lit  sur 
lui  un  verset  du  Coran  de  paix,  cependant  cette  coutume  a  cessé  aujour- 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMEXTS    SLR    LES    VÉZIDIS.     263 

d'iiui,  ils  tournent  le  visage  du  mort  vers  le  lovant  et  l'oignent  de  la 
poussière  (de  Cheikh- 'Adi)  dont  nous  avons  pjirlé  puis  ils  Fenterrent. 
[p.  ^]  Durant  trois  jours,  les  femmes  pleurent  et  se  lamentent,  elles  font 
deux  sandjaqs  (  bannières  i  et  elles,  vont  deux  fois  chaque  jour  ()leurer  au 
tombeau.  Chaque  jour,  pour  l'àme  du  mort,  on  oifre  de  la  nourriture  à 
tous  ceux  qui  sont  là.  Les  parents  du  mort  vont  ensuite  demander  aux 
Kodjaks  d!aller  de  nuit  aux  tombes  de  leurs  prophètes  pour  leur  demander 
de  leur  révéler  en  songe  si  Tàme  du  mort  est  née  une  seconde  fois  ou  si 
elle  en  a  été  empêchée  [p.  56]  et,  dans  ce  cas,  pourquoi  elle  en  a  été 
empêchée.  Alors  deux  Kodjaks,  avant  la  tombée  de  la  nuit,  vont  prier  au 
tombeau  de  Cheikh  'Adi  ou  de  Yézid  (Azid,  ^,i)  ou  de  Mohammed  Risàn 
(yU'  t^---^)  OU  (le  Cheikh  Môslah  (..ak-i>o  y,^]  et  des  autres  prophètes  ;  ils 
tremblent  et  tombent,  puis  ils  entendent  une  voix  qui  vient  de  la  tombe 
et  dorment,  après  cela  ils  se  lèvent,  les  parents  du  mort  leur  apportent  de 
la  nourriture  et,  lorsque  celui  qui  est  mort  était  un  homme  excellent,  ils 
disent  :  [p.  57]  Cessez  de  pleurer,  parce  que  j'ai  vu  qu'il  est  né  de  nouveau 
dans  le  corps  d'un  homme  de  notre  nation.  S'il  était  mauvais,  le  Kodjak 
dit  :  Il  est  né  de  nouveau,  mais  son  âme  est  entrée  dans  le  corps  d'un 
chien  ou  d'un  âne  ou* d'un  cheval;  cette  punition  tient  lieu  chez  nous  de 
la  géhenne:  alors  ses  parents  offrent  des  présents  à  leurs  dieux,  pour  que 
ces  animaux  meurent  en  paix  et  que  l'âme  du  défunt  puisse  sortir  et' 
rentrer  dans  un  corps  humain. 

[p.  58]  Il  y  a  encore  aujourd'hui  dans  noire  race  des  hommes  excellents, 
dont  les  âmes  habitent  dans  l'air  et  qui  nous  font  connaître  beaucoup  de 
choses  qui  ont  eu  lieu  avant  les  générations  et  les  mondes  ou  qui  auront 
lieu. 

[p.  62]  Le  plus  puissant  des  chefs  est  Cheikh  Mohammed  Rimn  (cf. 
mpra,  IV«  section),  dont  (le  tombeau;  se  trouve  derrière  la  montagne  de 
Mar  Mattm,  et  personne  n'ose  jurer  par  son  nom  avec  mensonge. 

[p.  63]  Lorsque  lès  chrétiens  sont  malades,  ils  font  venir  aussitôt  des 
médecins  habiles  ;  pour  nous  nos  remèdes  sont  de  prier  nos  prophètes  et 
nos  pontifes  (i-poos)  qui  sont  nommés  Kàsiu  (^,^=0^3).  Par  exemple,  celui 
qui  a  la  fièvre,  va  aussitôt  prier  Satâ  napisà  (|>^-°..  jdo»),  qui  est  un  figuier 
(|u.  \j^i)  dans  le  village  de  Bahns'iqà,  ou  va  implorer  Kêfâ  de  'Abdî  Rasou 
(qjlî  wjjLi.»  i^)j!  (1),  qui  est  un  mûrier  dans  le  village  de  Karabak  (^p); 
celui  qui  a  le  visage  jaune  va  à  Kànî  Zarkà  (jj;,  u^^^a),  c'est-à-dire  la  fon- 
taine des  jaunes  (/lasL»;  pu^);  celui  qui  est  hydropique  [p.  64]  va  h.Beit- 
Pir  (v^  h..^)  qui  est  dans  le  village  de  Mam-Rasâ  (>;  y^^).  Ainsi  il  y  a 
chez  nous  des  moyens  de  guérisous  pour  toutes  les  maladies.  Nous  avons 
même  des  moyens  pour  les  maladies  mortelles  :  nous  commençons  par 
donner  tous  des  aumônes  aux  pauvres,  puis,  si  elles  ne  cessent  pas,  nous 
allons  prier  nos  Cheiklis  et  nos  Kodjaks  qui  sont  dans  le  village  des 
Qawals  et  qui  ont  le  pouvoir  d'écarter  et  de  chasser  toute  maladie  où  ils 

(1)  \\bdi  Rasan  dans  l'arabe  [lor.  cit..  A,  J.  S.  L.,  p.  •231),  qui  ajouto  Cheikh 
Bakou  à  Bahazaiia. 


264  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

veulent.  Car,  durant  leur  sommeil,  leurs  esprits  sortent  et  combattent 
contre  les  puissances  de  mort  et  les  chassent  de  notre  pays  et  de  notre 
peuple.  S'il  arrive  que  des  hommes  meurent  chez  nous  durant  des  mor- 
talités, cela  tient  à  ce  que  les  esprits  de  nos  Cheikhs  et  de  nos  Kodjaks 
sont  occupés  à  combattre  d'un  côté  les  chefs  des  puissances  de  mort  et 
que,  durant  ce  temps,  d'autres  puissances  viennent  à  l'insu  de  nos  Ko- 
djaks et  frappent  des  .hommes,  [p.  65]  Dès  que  nos  Kodjaks  s'en  aper- 
çoivent, ils  viennent  les  chasser;  ils  ont  ce  pouvoir  parce  qu'ils  sont  les 
serviteurs  des  prophètes  [voir  en  tête,  p.  253,  les  pages  65-66]. 

[p.  67]  VIII.  Des  actes  de  religion  que  font  les  Yézidis  dans  le  sanc- 
tuaire DE  Cheikh- 'Adi.  —  D'abord  le  Mir  qui  est  appelé  Mir  Hadji 
(.-^^  -^^  va  au  village  d'Assiàn  [y^u^l]  près  du  grand  Cheikh  qui  est 
nommé  Ketiaré-Margâ  (i^po  |v^^^)  qui  se  tient  à  la  porte  de  Cheikh- 'Adi. 
Ils  envoient  en  même  temps  chercher  les  autres  chefs,  c'est-à-dire  le 
grand  Pir  (i^;  v*s)  et  l'imam  (^piou/)  de  la  nation  et  le  Cheikh  général 
(l^o,^  ^.uui)  ;  et  ils  siègent  dans  le  portique  en  dedans  et  ils  tiennent  con- 
seil. Cela  a  lieu  au  commencement  [p.  68]  d'Elul  (Septembre),  et  ils  disent 
au  Mir  de  Gheikhân  (g^^^)  d'envoyer  des  messagers  dans  tous  les  pays 
où  il  y  a  des  Yézidis  pour  leur  dire  de  venir  à  l'assemblée  le  23  Elul, 
afin  de  recevoir  le  pardon  de  tous  les  péchés  qu'ils  ont  commis  durant 
cette  année  et  de  retourner  ensuite  chez  eux  purifiés  de  toute  souillure 
de  péché.  Il  vient  alors  à  Cheikh- 'Adi  des  milliers  d'hommes  qui  ap- 
portent avec  eux  du  pain,  des  oignons,  de  l'orge  et  de  la  farine  qu'ils 
pétrissent  avec  du  jus  de  raisin  sec  et  du  miel;  ce  qu'ils  nomment 
Haltà  et  Zapiôn-Machios  (■rf>n.,->>o  ^a*sjo  |nx-)  et. qu'ils  mangent  tout  le 
temps  qu'ils  demeurent  là  ;  car  il  est  défendu  de  rien  cuire,  et  la  cuisine 
de  Cheikh-'Adi  est  ouverte  et  sa  table  est  préparée  pour  la  nourriture 
de  tous.  [p.  69]  11  vient  aussi  des  chrétiens,  des  Juifs  et  des  Ismaéliens 
pour  faire  du  commerce;  le  Mir  met  des  soldats  avec  des  bâtons  pour 
maintenir  l'ordre. 

Les  Cheikhs  et  les  Pirs  possèdent  en  propre  en  cet  endroit  certaines 
pierres  sanctifiées  [\-,-^^  ^3^3)  [p.  70]  et  les  pèlerins  de  Cheikh- 'Adi, 
hommes  et  femmes,  petits  et  grands,  vont  visiter  ces  pierres  et  donnent 
tous,  selon  leurs  moyens,  une  aumône  en  argent  aux  Cheikhs  et  aux  Pirs. 
A  ces  pierres  (^s^s)  aussi,  ils  donnent  des  brebis,  des  taureaux,  des 
vaches,  etc..  Les  Cheikhs  et  les  Pirs  immolent  une  partie  de  ces  dons  et 
les  font  cuire  pour  le  peuple  avec  de  l'eau  et  du  sel.  Lorsque  c'est  prêt, 
chacun  vient,  avec  son  bol,  pour  recevoir  le  don  (iioioj)  ;  il  demandent 
un  peu  de  viande  et  d'eau  de  ce  qui  a  été  cuit  et  qu'ils  nomment  çamat 
(^ooj).  Lorsqu'ils  ont  reçu  ce  don,  ils  donnent  au  Cheikh  deux  ou  trois 
piastres,  chacun  selon  ses  moyens.  La  cuisine  de  Cheikh- 'Adi  et  celle  de 
Cheikh-Chems  (.^n».  j^^)  sont  affermées  par  le  grand  Mir  :  on  n'y  donne 
qu'à  manger  et  à  boire,  [p.  72]  Depuis  environ  trente  ans,  il  y  a  encore 
une  autre  cuisine  que  l'on  nomme  Kabdous  (j^o^ia)  ;  les  visiteurs  y  font 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     265 

des  dons  :  des  taureaux,  des  vaches,  etc.  On  tue  alors  un  de  ces  taureaux 
et  on  le  cuit  dans  l'eau,  chacun  des  visiteurs  apporte  son  bol  avec  du  pain 
et  on  lui  met  du  bouillon  et  de  la  viande  dessus  ;  chacun  paie  selon  ses 
moyens.  Ils  se  lavent  ensuite  dans  les  eaux  de  Zemzem  qui  sortent  de 
dessous  l'ancien  temple  de  Cheikh-'Adi.  [p.  7.3]  Le  grand  Mir  vient  alors 
avec  le  grand  vieillard  et  le  reste  des  Cheikhs,  des  Pirs,  des  Kodjaks 
et  des  Kawals,  et  ils  s'assoient  ensemble  en  un  lieu  élevé  de  quatre 
coudées  au-dessus  du  réfectoire  qui  est  appelé  çemai-djU-Mir  bénédic- 
tion, ou  don.  des  quarante  hommes  (ivji^  ^^xai/»  leoîo^  ^.io  ^\*.^.^ooj),  oîi 
se  trouve  une  grande  chaudière  dans  laquelle  il  y  a  un  bœuf  que  l'on  fait 
cuire  sur  un  grand  feu  de  bois  de  chêne  et  qui  bout  fortement.  Alors  le 
Mir  se  lève  et  crie  :  «  Voici  le  çemaf,  [p.  74]  c'est-à-dire  la  bénédiction  ' 
(le  don)  des  quarante  hommes.  »  Alors  les  jeunes  gens  courent  à  toute 
vitesse  vers -cette  chaudière  qui  bout  fortement;  ils  y  mettent  les  mains 
sans  crainte  de  se  brûler,  ils  offrent  au  Mir,  qui  se  tient  plus  haut  dans- 
un  endroit  élevé,  le  premier  morceau  qu'ils  sortent  de  la  chaudière; 
ensuite  chacun  tâche  de  prendre  un  morceau,  si  petit  soit-il,  de  la  viande 
qui  est  dans  la  chaudière;  ils  se  brûlent  les  mains  et  il  leur  arrive,  dans 
leur  pétulence,  de  refiverser  la  chaudière  et  de  se  verser  le  liquide  bouil- 
lant sur  les  pieds.  Ensuite  tous  les  fantassins  se  réunissent  avec  leurs 
armes  [p.  75]  et  montent  sur  la  montagne  de  Cheikh-'Adi  où  ils  dé- 
chargent ensemble  leurs  fusils  par  dix  fois.  Cet  acte  se  nomme  en  langue 
kurde  Qoiibovk,  car  tous  les  environs  retentissent  du  bruit  qui  est 
fait  en  cet  endroit.  Ils  descendent  ensuite  de  la  montagne,  visitent  Cheikh- 
'Adi  et  en  emportent  chacun  une  petite  boule  de  terre,  comme  saint 
Henana  (puu,),  dont  ils  se  servent  au  jour  du  mariage  et  au  moment  de  la 
mort.  Chacun  retourne  ensuite  chez  lui  à  l'exception  du  Mir,  des  Cheikhs 
(p»a--\),  des  Kodjaks  ([.-^«-n),  et  des  habitants  de  Baha.siqà  (i^....^)  et  de 
Bahazanû  (jjj.-.^),  [p.  76]  ils  lavent  les  Sandjaks  (pi,^Lœ)  dans  l'eau  du 
Zemzem  (>>poj)  (1)  et  font  encore  une  cérémonie  en  présence  du  chef  des 
fakirs  (i-^^^na.  jj»t),  lequel  se  nomme  Djawich  (^jua^)  (2),  c'est-à-dire  diacre 
(ijjLittJLio).  [p.  77]  Les  habitants  des  deux  villages  susdits  font  encore  une 
offrande,  [p.  79]  puis  on  réunit  tout  l'argent  reçu;  le  Mir  donne  envi- 
ron 45  centimes  par  jour  à  chacun  des  Cheikhs,  des  Kodjaks  et  des  Qawals 
(pq.û)  et  garde  le  reste  pour  lui. 

[p.  80]  IX.  Des  autrks  kètes  de  moindre  importance.  —  Les  Dasnoïé 

(1)  C'est  le  nom  d'une  source  de  la  Mecque.  Les  Yézidis  racontent  que  Cheikh 
'Adi,  supplié  de  faire  un  miracle  pour  étancher  la  soif  de  ceux  qui  le  suivaient, 
a  frappé  une  roche  de  son  bâton  en  disant  en  langue  kurde  :  Davem  —  Ave  — 
Zeni  —  Zeman,  c'est-à-dire  je  veux  de  l'eau  limpide.  La  source  a  jailli  aussitôt 
et  Cheikh  'Adi  a  recommandé  à  ceux  qui  croiraient  en  ses  paroles  de  venir  se 
laver  dans  cette  eau,  pour  être  saufs  au  jour  du  jugement.  Il  y  en  a  qui  disent 
que  Cheikh  'Adi  a  mélangé  à  l'eau  de  sa  source  Zemzem  un  peu  de  l'eau  de  la 
source  do  la  Mecque  ou  du  .Jourdain. 

(2)  M.  Tfinkdji  traduit  ce  nom  par  «  Derviche  ■>.  Cf.  supra,  p.  23s. 


266  REVUE    DE    l'orient    CHRETIEN. 


;)  se  réunissent  encore  deux  autres  ibis.  D'abord  au  jour  de  la  fête 
qui  est  appelée  fête  de  Hadji  (.^,55-)  (1^-  Les  Qawals,  les  Cheikhs  (|jiâ-.\) 
et  les  Kodjaks  (p»o5jjsî  viennent  une  seconde  fois  [p.  81]  faire  une  fête, 
c'est-à-dîre  être  bénis,  à  Cheikh- 'Adi.  Ils  y  demeurent  just|u'à  la  grande 
fête  des  Hadjioné  (pc:^-).  Jour  et  nuit,  avant -cette  fête,  chacun  d'eux 
raconte  ce  qui  lui  est  arrivé  lorsqu'il  était  dans  son  premier  vêtement, 
c'est-à-dire  avant  d'être  né  dans  le  présent  corps.  Dès  l'aurore  de  la  fête, 
ils  préparent  des  mets  cuits  et  des  plats,  comme  le  Harisù  (j-ca.;©,,  gâteau 
formé  de  viande,  de  grain  écrasé  et  d'eau,  cuit  au  four  durant  toute  une 
nuit)  etc.  Tous  montent  ensuite  au  sommet  de  la  montagne  que  les 
Ismaélites  nomment  Djebel  'Arbafat  (^aovs.  ''^-^k^)  (-)■  ^^  7  demeurent  en- 
viron un  quart  d'heure,  puis  se  tournant  vers  le  sanctuaire  de  Cheikh- 'Adi 
qui  est  en  bas  au  fond  de  la  vallée,  ils  y  courent  tous  ensemble,  chacun 
d'eux  s'efforçant  de  devancer  l'autre.  Celui  qui  arrive  le  premier  à  la 
porte  de  Cheikh- 'Adi  est  le  premier  visiteur  et  il  reçoit  la  plus  grande 
bénédiction,  [p.  82]  et  ainsi  chacun  est  classé  dans  son  ordre  d'arrivée. 
Ils  visitent  ensuite  tous  les  lieux  saints  et  les  tombes  (ituLirui)  qu'il  y  a  là 
et  les  idoles  et  les  statues  (icoaxoo  Jï^r^s).  Us  mangent  ensuite  les  mets 
qu'ils  ont  préparés  auparavant,  puis  ils  se  saluent  en  disant  :  «  Que  ta 
visite  soit  bénie  »,  et  ils  retournent  chez  eux. 

Chacun  doit  se  déchausser  pour  entrer  dans  le  sanctuaire  de  Cheikh- 
'Adi,  [p.  8.3]  parce  que  c'est  une  terre  sainte. 

La  troisième  fête  est  seulement  nommée  «  la  route  des  Qawals  »  [^^ioi 
r<io;)  (3);  les  Kodjaks  seuls  se  réunissent  à  Cheikh- 'Adi  au  nom  des 
prophètes  ;  chacun  d'eux  prend  une  longue  corde  et  une  haclie,  puis  ils 
montent  au  haut  de  la  montagne  couper  du  bois,  qu'ils  apportent  à  l'en- 
droit nommé  Çanmt-Garmi  (w*io;^  ^-è^^j)  •  ^^^  portent  deux  fois  par  jour, 
im  le  matin  et  im  le  soir  durant,  sept  joui^s. 

[p.  84]  A  Cheikh-'Adi,  à  l'intérieur,  il  y  a  une  fontaine  d'eau  dans  une 
caverne  fermée,  l'eau  qui  sort  de  cette  source  coule  dans  un  grand  bas- 
sin qu'il  y  a  là;  les  hommes  et  les  garçons  s'y  lavent.  Les  eaux  coulent 
ensuite  dans  un  second  bassin  où  les  femmes  et  les  filles  se  lavent,  elles 
coulent  de  là  dans  un  troisième  bassin  où  toutes  le§  fouljes  vont  boire,  et 
ensuite  dans  un  autre  où  l'on  abreuve  les  animaux  ;  de  ce  dernier,  elles 
(■oulent  dans  un  endroit  nommé  Maldaq  (.«...no)  en  langue  kurde,  où  l'on 

(1)  En  arabe  «  fête  de  Al-Hidjadj  •  ou  du  pèlerinage. 

(2j  L'arabe,  loc.  cit.,  p.  157,  232,  253  porte  ijv,UyS  |i*=v",  jaiial  al-'^Arafàl, 
ou  «  le  mont  de  la  reconnaissance  ».  C'est  le  nom  d'une  montagne  des  environs 
de  la  Mecqu-(î  qui  a  été  porté,  comme  le  nom  de  la  source  Zemzem,  en  Mésopo- 
tamie. Les  musidmans  racontent  qu'à  leur  expulsion  du  Paradis,  Adam  est 
tombé  à  Ceyian  et  Eve  près  de  Djeddali  (port  de  la  Mecque).  Après  une  sépai'a- 
tioji  de  200  aimées,  Adam,  conduit  par  l'ange  Gabriel,  est  venu  retrouver  Eve; 
la  montagne  près  de  laquelle  ils  se  sont  retrouvés  a  ét<i  nommée  ^Arafat,  «  recon- 
naissance ». 

(3)  En  arabe,  ibiiL,  >•  la  route  d-es  Kodjaks  ». 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    VÉZIDIS.     267 

sème  du  ;tabac  qui  pousse  grâce  à  ces  eaux  ;  il  n'est  permis  à  personne 
de  fumer  ce  tabac  ;  si  quelqu'un  le  fait,  il  est  appelé  renégat  et  maudit, 
parce  qu'il  a  brûlé  les  eaux  du  Zemzem,  qui  sont  des  eaux  très  saintes. 

[p.  fôj  Tous  les  deux  ans,  on  gratte  les  murs  du  sanctuaire  de  Cheikb- 
Adi  et  de  toutes  les  demeures  de  nos  idoles,  puis  on  les  badigeonne  à 
nouveau.  C'est  la  charge  des  KodjaJts,  serviteurs  de  Cheikh- Adi.  Chacun 
doit  envoyer  à  Cheikli-'Adi  un  faix  de  ce  qu'il  possède;  on  envoie  aussi 
de  l'huile  d'olive  ou  de  l'autre  huile  pour  entretenir  les  lampes  devant 
les  tombes  et  les  statues  ()6oaioo  ij-a*)  ;  ce  service  est  fait  par  les  faqirs 
hommes  et  femmes,  [p.  86]  ([ui  sont  à  Cheikh-'Adi.  Ils  sont  nourris  à  l'aide 
des  aumônes,  sont  mariés  et  portent  des  habits  noirs  comme  les  moines 
et  les  religieuses. 

X.  Mention  de  certains  rois  et  de  quelvces  pratiques  obsernées  par 
LES  Dasnûiè  ex  l'honneur  des  chefs  de  leur  religion.  —  Les  chrétiens 
lisent  leurs  livres  san^s  en  comprendre  le  sens.  Notre  race  est  la  plus 
ancienne  et  notre  foi  est  la  première.  Il  n'y  a  pas  eu  d'empire  sur  la 
terre  qui  n'ait  été  nôtre.  C'est  pour  nous  qu'il  y  avait  un  empereur  à 
Rome  [p.  87]  et  en  France  et  en  Namsà  (^rtœu  Autriche"?)  et  en  Moscovie 
(^oAjBxio).  S'il  y  eut  d'auti^es  empereurs,  tous  étaient  des  nôtres  et  tenaient 
notre  foi.  Plus  tard  trois  peuples  détruisirent  notre  foi:  ce  sont  les  chré- 
tiens, les  Juifs,  les  Ismaélites  et  aussi  les  Perses.  Dans  l'ancien  temps, 
il  y  eut  chez  les  Juifs  des  rois  qui  aimèrent  beaucoup  notre  religion  et 
qui  l'embrassèrent,  par  exemple  Achab  et  sa  femme  :  à  -cette  époque  on 
nommait  dieu  des  démons  (jjp»")  celui  que  nous  nommons  Pirboubou 
(âa«ii^*3,  Be'elzeboub"?);  il  y  eut  aussi  des  prophètes  de  notre  foi  qui  fu- 
rent tués  par  les  Juifs  lorsque  ceux-ci  abandonnèrent  notre  religion.  A 
Babel,  nous  avions  un  roi  nommé  Nabuchodonosor;  en  Perse  [p.  88]  -\s- 
suérus;  à  Constantinople  Agriqolôs  (..fgc^Nn.-.^f)  Agrippinus  (nom  égyptien 
de  Dioclétien)  (1).  Ces  quatre  peuples  voulaient  détruire  notre  empire  et 
notre  foi;  c'est  pourquoi  notre  dieu  Yazid  (,..,/]  est  descendu  du  ciel,  et, 
en  place  àe  ces  premiers  rois,  en  a  élevé  d'autres  assyriens,  à  savoir 
Nesrok  (;.^mj)  (2)  et  Kamôs  (.b^.v^-^)  qui  est  nommé  Fakr  ed-Din,  et  Artémis 
(jn-oei^î/)  qui  est  homme  Chems  ed-Din.  Après  ceux-là,  nous  avons  encore 
eu  le  roi  Sapor  premier  et  ensuite  Joram  (^îo-)  qui  ont  régné  durant 
cent  cinquante  ans.  Notre  race  fut  fortifiée  de  la  descendance  de  ceux-là 
et  dura  jusqu'aujourd'hui.  En  haine  de  ces  peuples,  nous  nous  interdisons 
de  manger  des  Kisê  et  des  Loubié  (^j<ài.o  |.mZD)  (3),  de  même  qu'en  l'hon- 

(1)  On  Aghribida.  Voir  sa  légende  dans  René  Basset,  Le  synaxaire  copie  jacor 
bile,  Patr.  Or..  III,  53'J-4.  Le  Lim-e  noir  ne  donne  que  Agriqolôs,  cf.  supra,  p.  162. 

(2)  Cf.  II  Rois,  XIX,  37;  isaïe,  xxxvni,  38. 

(3)  M.  Gianiil  traduit,  p.  70,  lattuga,  fatjialetii  et  la  inalra  riishio.  11  ajoute 
que,  d'après  les  Yézidis,  leur  dieu  Yazid.  accablé  par  la  cliaJeur.  a  voulu  se 
reposer  à  l'ombre  de  la  dernière  plante  ci-dessus,  mais  qu'elle  ue  Ta  pas  i>ermis, 
c'est  poui-  cela  qu'Us  l'ont  en  abomination  et  ne  la  mangent  pas.  Au  contraire. 


268  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

neur  de  Jonas  (1)  nous  ne  mangeons  pas  de  poisson.  Les  Cheikhs  ne  man- 
gent pas  de  viande  de  coq  en  l'honneur  de  Mélek-Tâôs  (000)4,  /^^^j»  [P-  ^^] 
c'est-à-dire  du  sandjak  qui  a  la  forme  d'un  coq,  et  leurs  disciples  n'en  man- 
gent pas  non  plus  ;  de  même  si  un  Cheikli  ne  mange  pas  de  concombre 
(llvû),  ses  disciples  n'en  mangent  pas  non  plus.  Il  est  encore  interdit  chez 
nous  d'uriner  debout,  de  mettre  son  pantalon  assis,  d'aller  à  l'endroit  où 
les  hommes  urinent  (lire  :  ©va  ^^i^itoo»),  c'est-à-dire  aux  cabinets,  d'aller 
aux  bains  ou  de  se  laver  à  une  fontaine  d'eaux  chaudes.  En  l'honneur 
de  notre  Dieu  (Satan?)  nous  interdisons  encore  tous  les  mots  qui  ont 
une  ressemblance  ou  une  parenté  avec  son  nom,  comme  Qaitan,  sat, 
saltAn,  maVoid,  ma'oul,  na'el,  na'elband,  liessan,  etc.  (2),  leur  prononcia- 
tion entraîne  malédiction  et  opprobre  sur  notre  Dieu;  aussi  quicon- 
que prononce  de  telles  paroles  est  réputé  chez  nous  renégat,  maudit  et 
digne  de  mort;  c'est  de  là  que  vient  [p.  90]  la  perdition  des  chrétiens, 
des  Juifs  et  des  Ismaéliens  :  ils  périssent  parce  qu'ils  prononcent  ces 
paroles  irritantes  et  ils  nous  sont  aussi  par  là  une  cause  de  perdition, 
parce  que,  en  les  entendant  prononcer  ces  mots,  nous  pensons  aussitôt  en 
nous-mêmes  que  nous  sommes  aussi  des  renégats  de  notre  religion  et 
que  nous  sommes  maudits.  C'est  pour  cela  que  la  lecture  des  livres 
est  interdite  chez  nous  et  tout  particulièrement  celle  du  Coran,  de  l'É- 
vangile et  de  la  Loi  (Pentateuque)  parce  que  les  Juifs,  après  la  mort  de 
Moïse,  ont  ajouté  frauduleusement  dans  le  Pentateuque  des  paroles 
odieuses  comme  celles-là,  les  chrétiens  après  le  Christ  en  ont  fait  autant 
dans  le  Nouveau  Testament  et  les  Ismaéliens  dans  le  Livre  du  Coran. 
Celui  qui  a  ajouté  dans  le  Coran  ces  paroles  injurieuses  est  un  homme 
nommé  Slimi  (^.oo-:^»),  car  à  Dieu  ne  plaise  que  les  prophètes  aient  em- 
ployé de  telles  paroles,  ce  sont  les  transcripteurs  [p.  91]  qui  ont  introduit 
ces  insultes  à  notre  Dieu. 

(Extraits  du  Journal  of  sem.  Lang.  it.  XXV,  1908-9  (3j. 

./  porle  :  Le  sixième  créa  le  paradis;  le  septième  l'enfer.  Nous  vous 
avons  déjà  dit  qu'après  cela,  il  créa  Adam  et  Eve.  Puis  [j,  p.  225],  à  la  suite 
de  Giamil,  J  raconte  le  déluge,  l'histoire  de  Moawiah;  [j,  p.  226]  les  choses 
interdites  aux  Yésidis,  l'histoire  des  sandjaks  depuis  Salomon,  [j,  p.  227] 
les  pays  où  on  les  envoie,  leur  nombre  (sept  en  tout),  [j.  p.  228]  les  fêtes 
du  Sersal  ou  jour  de  l'an,  les  dons  aux  idoles,  [j,  p.  229]  surtout  le  Ven- 
dredi, les  cérémonies  du  mariage,  puis  vient  la  phrase  finale  :  «  Ici  se 

les  roseaux  ont'  prêté  leur  ombre  à  Yazid  ot,  à  cause  de  cela,  les  Yézidis  les 
respectent  et  ne  les  coupent  pas.  Il  y  a  là  une  imitation  de  l'histoire  biblique. 

(1)  Jonas  joue  un  certain  rôle  chez  les  Yézidis  parce  que  sa  tombe  se  montre 
près  du  villa^'e  dénommé  «  le  village  du  prophète  Jonas  ». 

(2)  .>«.^  .»l:J^j^i  .\».v  .^cck.M  .^a\2i>^  •v.Vé'^  •  «^  •  4^"^- 

(3)  A  la  suite  du  Livre  noir  traduit  plus  haut  (p.  159)  et  que  nous  résumons  ici 
en  trois  lignes,  le  te.xte  arabe  du  journal  porte  quelques  histoires  dont  nous 
ajoutons  la  traduction. 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES,  YÉZIDIS.     269 

termine  Je  Livre  no\r  qui  est  suivi  par  diverses  histoires  dont  les  unes 
sont  secrètes  et  les  autres  publiques.  »  La  fin  de  la  piirase  paraît  se  rap- 
porter à  l'appendice  qui  suit  aussitôt  [j,  p.  230]  et  dont  toute  la  première 
partie  [p.  230-4]  est  encore  empruntée  au  texte  syriaque  édité  par  Giamil. 
On  trouve  ensuite  quelques  historiettes  :  Un  jour  que  le  Cheikh  Nasir 
prêchait  dans  un  village  du  mont  Sindjar,  un  chrétien  ([ui  connaissait  la 
langue  kurde  lui  entendit  dire  :  Une  fois  le  grand  Dieu  m'apparut  en 
vision.  Il  était  fâché  contre  Jésus  à  cause  d'une  dispute  qui  avait  eu  lieu 
entre- eux.  11  le  saisit  donc  et  l'enferma  dans  une  caverne  où  il  n'y  avait 
pas  d'eau  :  Jésus  y  demeura  longtemps  en  invoquant  l'aide  de  tous  les 
prophètes  et  de  tous  les  saints.  Ils  intercédèrent  en  sa  faveur,  mais  Dieu 
ne  voulut  pas  les  exaucer.  Jésus  se  souvint  enfin  de  Melek  Taous  et 
lui  demanda  de  le  sauver  de  cette  caverne.  Melek  Taous  descendit  du 
ciel,  enleva  la  pierre  qui  fermait  la  caverne  et  ramena  Jésus  au  ciel. 
[j,  p.  235]  Dieu  dit  :  Si  un  autre  avait  fait  cela,  je  le  punirais,  mais  Melek 
Taous  m'est  très  cher.  Et  le  prédicateur  concluait  qu'au  jour  de  la  résur- 
rection. Melek  Taous  interviendrait  avec  autant  de  succès  en  faveur  des 
siens.  / 

Sur  la  naissance  du  Christ  et  le  nom  de  l'apôtre  Pierre.  —  Vraiment 
Marie,  mère  de  Jésus,  l'enfanta  d'une  manière  toute  particulière.  Elle 
l'enfanta  de  son  côté  droit  entre  ses  habits  et  son  corps.  C'était  alors  la 
coutume  chez  les  Juifs,  lorsqu'une  femme  enfantait,  que  ses  voisines  et 
ses  parentes  lui  apportaient  des  présents,  les  femmes  venaient  lui  faire 
visite  en  portant  dans  leur  main  droite  un  plat  des  fruits  que  l'on  trouvait 
en  cette  saison  et  dans  leur  main  gauche  une  pierre.  Lorsque  la  Vierge 
Marie  enfanta  Jésus,  la  femme  de  Jonah,  qui  est  la  mère  de  Pierre,  vint  la 
voir,  suivant  la  couturne,  en  portant  dans  la  main  droite  un  plat  de 
fruits  et  une  pierre  dans  la  main  gauche.  Lorsqu'elle  fut  entrée  et  qu'elle 
eut  donné  le  plat  à  Marie,  voilà  que  la  pierre  qu'elle  portait  à  la  main 
gauche  enfanta  un  garçon.  Elle  le  nomma  donc  Simon  Képha,  c'est-à-dire 
Simon  fils  de  la  pieri'e.  Les  chrétiens  ne  savent  pas  ces  choses. 

Origine  du  mot  hérétique.  —  Lorsque  le  grand  Dieu  eut  créé  les  cieux,  il 
donna  à  Melek  Taous  les  clefs  de  tous  les  trésors  et  de  toute  les  demeures, 
mais  il  lui  défendit  d'ouvrir  certaine  maison.  Melek  Taous  l'ouvrit  à  l'insu 
de  Dieu  et  il  y  trouva  un  papier  sur  lequel  il  était  écrit  :  Tu  adoreras  ton 
Dieu  seul  et  c'est  lui  seul  que  tu  serviras.  Il  prit  le  papier  avec  lui  sans 
qu'on  s'en  aperçût.  Alors  Dieu  créa  un  anneau  de  fer  et  le  suspendit  entre 
le  ciel  et  la  terre.  Il  créa  ensuite  le  premier  Adam.  Melek  [j,  p.  236]  Taous 
refusa  d'adorer  Adam  lorsque  Dieu  commanda  de  le  faire.  Il  sortit  le 
papier  qu'il  avait  pris  dans  la  maison  et  il  dit  :  Voyez  ce  qui  est  écrit  ici. 
Alors  le  grand  Dieu  dit  :  Tu  as  ouvert  la  maison  que  je  t'avais  défendu 
d'ouvrir? -11  répondit  :  Oui. 'Alors  Dieu  lui  dit  :  Tu  es  un  hérétique,  parce 
que  tu  m'as  désobéi  et  que  tu  as  transgressé  mon  commandement.  Dieu 
partait  la  langue  kurde.  On  ne  peut  pas  dire  que  Dieu  a  chassé  Melek 
Taous  du  ciel  et  Ta  jeté  en  enfer  à  cause  de  son  orgueil  devant  le  Dieu 
Très-Haut.  Car  il  n'est  pas  possible  que  l'un  de  vous  chasse  son  fils  de  sa 
maison  et  attende  ensuite  longtemps  avant  de  l'y  laisser  rentrer.  Il  en 


270  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

est  de  même  pour  Dieu  qui  aime  beaucoup  Melck  Taous.  ^'ous  ne  con- 
naissez pas  les  livres  que  vous  lisez.  L'évangile  dit  :  Personne  n'a  monté 
au  ciel  si  ce  n'est  celui  qui  est  descendu  de  ciel  (Jean,  m,  13).  —  Personne 
n'est  descendu  du  ciel  si  ce  n'est  Melek  Taous  et  le  Christ.  Nous  voyons 
par  là  que  le  grand  Dieu  s'est  réconcilié  avec  Melek  Taous  qui  est 
remonté  au  ciel,  de  même  que  le  Christ  qui  en  était  descendu  y  est 
remonté. 

Histoire  sur  le  prêtre  Jsaac  (rédacteur  du  texte  publié  par  GiamD)  : 
Certaine  année  il  ne  tombait  pas  de  pluie  dans  le  village  de  Bahasiqa. 
Dans  ce  village  il  y  avait  un  Yézidi  nommé  Kodjak  Bérou  (j^).  On  lui 
demanda  d'intercéder  pour  avoir  de  la  pluie.  11  leur  dit  de  revenir  le 
lendemain.  Ils  vinrent  le  trouver  le  jour  suivant  et  lui  dirent  :  Qu'as-tu 
fait  touchant  la  question  de  la  pluie?  11  répondit  :  La  nuit  dernière  je  suis 
monté  au  ciel  et  je  suis  entré  dans  le  divan  où  siégeait  le  grand  Dieu, 
Cheikh  'Adi  avec  beaucoup  d'autres  cheikhs  et  d'hommes  justes.  Le  prêtre 
Isaac  était  assis  auprès  de  Dieu.  Le  grand  Dieu  me  dit  :  Que  [j,  p.  237] 
désires-tii,  ô  kodjak  Bérou?  pourquoi  es-tu  venu  ici?  Je  reponais  :  Mon  Sei- 
gneur, cette  année  nous  avons  manqué  de  pluie  jusqu'à  maintenant  et 
tous  tes  serviteure  sont  dajos  la  pauvreté  et  le  dénuement  :  nous  te  prions  de 
nous  envoyer  de  la  pluie  selon  ta  coutume.  11  garda  le  silence  et  ne  mè 
répondit  pas.  Je  répétai  ma  requête  deux  et  trois  fois  en  le  suppliant,  et 
me  tournai  en.suite  vers  les  cheikhs  qui  étaient  assis  là  pour  demander 
leur  secours  et  leur  intercession.  Le  grand  Dieu  me  répondit  :  Va-t'en  et 
nous  nous  en  occuperons.  Je  partis  donc  et  je  ne  sais  pas  ce  qu'on  a 
décidé  après  mon  départ  du  ciel  :  mais  vous  pouvez  aller  trouver  le  prêtre 
Isaac  et  lui  demander  ce  qui  a  été  dit  après  mon  départ.  Ils  allèrent  près 
du  prêtre,  lui  racontèrent  l'histoire,  et  lui  demandèrent  ce  qui  avait  été 
dit  après  le  départ  de  Kodjak  Bérou.  Le  prêtre  Isaac  était  un  grand  rail- 
leur. 11  répondit  :  Après  le  départ  du  Kodjak  j'ai  demandé  la  pluie  pour 
vous,  et  Dieu  m'a  dit  qu'il  l'enverrait  après  cinq  ou  six  jours.  Par  une 
étrange  coïncidence  il  en  fut  ainsi,  et  ce  peuple  lionora  le  prêtre  Isaac  et 
le  regarda  comme  im  saint,  pensant  qu'il  avait  du  sang  yézidi  dans  les 
veines.  Durant  plus  de  vingt  ans  cette  histoire  fut  racontée  comme  une 
des  lustoires  de  leurs  saints. 

Une  fois  Cheikh  'Adi  ben  Musaûr  et  ses  disciples  furent  entraînés  au  ciel 
par  Dieu.  Quand  ils  y  arrivèrent,  ils  ne  trouvèrent  pas  de  paille  pour  letirs 
animaux.  Cheikh  'Adi  envoya  ses  disciples  en  chercher  dans  ses  granges 
sur  la  terre.  Mais  ils  en  perdirent  en  route  et  cette  paille  demeura  dans  le 
ciel  comme  un  signe  jusqu'aujourd'hui.  C'est  ce  (pi'on  nomme  le  chemin 
du  porteur  de  paille. 

Certains  racontent  cjue  Cheikh  Adi  en  compagnie  de  Cheikh  'Abd  el- 
Kader  fit  un  pèlerinage  à  la  Mecque  où  il  demeura  quatre  ans.  Durant  son 
absence,  Melek  Taous  apparut  (aux  Yézidis)  sous  sa  figure;  il  leur  dicta 
quelques  règles  et  leui'  enseigna  beaucoup  de  choses;  ensuite  il  les  qiàitta. 
Quatre  [j,  p.  238]  ans  plus  tard  Cheikh  'Adi  revint  de  la  Mecque,  mais  ils 
ne  voulurent  plus  le  reconnaître.  Ils  dirent  qu'il  était  mort  et  monté  au 
ciel.  11  demeura  avec  eux.  mais  sans  son  ancienne  considération.  Lorsque 


HECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     271 

le  moment  de  sa  mort  arriva,  Melek  Taous  apparut  aux  Yézidis  et  leur 
dit  :  Celui-ci  est  Cheikh  'Adi  lui-même,  honorez-le.  Alors  ils  rhoiiorèrent 
et  l'enterrèrent  avec  vénératian  et  ils  firent  de  sa  tombe  un  lieu  de  pèle- 
rinage. Ils  estiment  que  cet  endroit  l'emporte  sur  la  Mecque.  Chacun  doit 
le  visiter  au  moins  une  fois  l'an  et  donner  de  l'argent  pour  obtenir  rémis- 
sion. 

L'importance  de  ce  pèlerinage  vient  de  ce  qu'au  jour  de  la  résurrection, 
Cheikli  'Adi  doit  mettre  tous  les  Yézidis  sur  un  plateau  et  les  porter  sur  sa 
tète  dans  le  Paradis.  Il  y  a  plusieurs  dômes  et  monuments  autour  de  la 
tombe  de  Cheikh  'Adi,  qui  sont  attribués  aux  grands  Cheikhs,  comme  le 
monument  d"Abd  el-Kader  al-Djilani;  celui  de  Cheikh  Kadib  al-Ban;  celui 
de  Cheikh  Chams  ed-Din;  celui  de  Cheikh  Mausour  al-Halladj  et  celui  de 
Cheikh  Hassan  al-Basri.  Il  y  a  plusieurs  autres  monuments  ;  chacun  d'eux 
a  sa  bannière  faite  en  calicot;  c'est  un  signe  de  conquête  et  de  victoire. 

11  est  défendu  de  manger  la  chair  de  cerf  parce  que,  disent  ils,  les  yeux 
du  cerf  ressemblent  aux  yeux  de  Cheikh  •"'Adi.  Les  vertus  de  Chê'ikh  'Adi 
sont  bien  connues-  il  fut  le  premier  à  accepter  la  religion  yézidie.  Il  leur 
donna  des  règles  religieuses  et  il  fonda  l'office  de  Cheikii.  Il  était  encoi'e 
renommé  pour  sa  dévotion  et  ses  exercices  religieux  :  du  mont  Lalis  il  lui 
arrivait  d'entendre  la  prédication  d"Abd  el-Kader  el-Djilani  à  Bagdad.  Il 
traçait  un  cercle  par  terre  et  disait  aux  hommes  religieux  :  Que  quiconque 
veut  entendre  la  prédication  [j,  p.  '^39]  d'Al-Djilani  entre  dans  ce  cercle. 
La  coutume  suivante,  que  nous  avons  encore,  commença  avec  lui  :  Si  quel- 
qu'un veut  faire  un  serment,  un  Cheikh  décrit'  un  cercle  et  celui  qui  veut 
jurer  entre  dedans. 

Une  fois,  passant  dans  un  jardin.  Cheikh  'Adi  interrogea  sur  les  laitues 


'U 


^**^>. 


)  et  personne  ne  répondit,  aussi  il  dit  :  Houss  (,  j^«a).  Pour  ce  motif  il 
est  défendu  de  manger  des  laitues. 

Dieu  a  commandé  déjeuner  sesf  [  ^*.^w)  jours,  ce  qui  signifie  en  kurde 
trois  jours;  aussi  les  Yézidis  ne  jeûnent  que  trois  jours,  les  musulmans  ont 
compris  se  (    ^.w)  jours,  c'est-à-dire  trente  jours  (le  Ramadhan). 

Us  prônent  la  transmigration  des  âmes.  Pour  la  prouver  ils  racontent 
l'histoire  suivante  :  Lorsque  le  calife  de  Bagdad  tua  Mansour  al-Halladj 
(.^^^t  jy^*^)  ^^  fi^  jeter  sa  tète  à  l'eau,  son  âme  se  mit  à  flotter  sur 
l'eau.  Par  hasard  la  sœur  de  Man.sour  vint  remplir  sa  cruche  et  l'âme  de 
son  frère  entra  dedans.  Plus  tard,  lorsqu'elle  but,  l'âme  de  son  frère  entra 
en  elle,  elle  devint  enceinte  et  elle  enfanta  un  fils  qui  ressemblait  à 
Cheikli  Mansour  lui-même.  C'est  pour  cela  que  nous  ne  devons  pas  user  de 
jarres  qui  aient  im  cou  étroit. 

Ils  affirment  qu'ils  attendent  un  prophète  qui  doit  venir  de  Perse  pour 
annuler  la  loi  de  Mahomet  et  abroger  l'Islam. 

rj,  p.  240]  Ils  disent  qu'il  y  a  sept  dieux  et  que  chacun  d'eux  admi- 
nistre l'univers  durant  dix  mille  ans;  l'un  de  ces  dieux  est  Lucifer,  le 
clief  des  anges  tombés,  qui  porte  aussi  le  nom  de  Melek  Taous.  Ils  en  font 
une  image  en  forme  de  coq  et  l'adorent;  ils  la  portent  par  les  villages  pour 
ramasser  de  l'argent.  Certains  disent  que  Cheikh  'Adi  est -une  divinité:  les 


272  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

autres  disent  qu'il  est  comme  le  vizir  de  Dieu.  C'est  maintenant  l'époque 
de  Melek  Taous  ;  quand  il  aura  gouverné  durant  ses  dix  mille  ans,  un  autre 
des  sept  dieux  lui  succédera.  Les  dieux  sont  en  bon  accord,  s'aiment  et 
ne  se  jalousent  pas.  Ils  ont  un  livre  nommé  Al-Djilvah  [supra,  p.  156),  qui 
est  attribué  à  Cheikh  'Adi,  et  ils  ne  permettent  à  aucun  étranger  de  le  lire. 
Ils  disent  qu'ils  ont  pris  les  jeûnes  et  les  sacrifices  à  l'Islam  ;  le  baptême 
aux  chrétiens,  la  prohibition  des  nourritures  aux  Juifs,  leur  manière 
d'adorer  aux  idolâtres  :  la  dissimulation  de  la  doctrine  aux  Rafidhis  (L^!  ,; 
Chi'ites);  les  sacrifices  et  la  transmigration  des  âmes  (métempsychose)  au 
paganisme  préislamique  des  Arabes  et  aux  Sabéens.  Ils  disent  que  lorsque 
l'esprit  d'un  homme  quitte  le  corps,  si  c'est  un  juste,  il  entre  dans  un 
autre  homme;  si  c'est  un  méchant,. il  entre  dans  un  animal 


*  CHAPITRE  III 

Un  pèlerinage  a  Cheikh- 'Adi. 

(D'après  MM.  Layard  et  Menant.) 

L'accusation  d'immoralité  portée  souvent  contre  les  Yézidis, 
ne  semble  avoir  aucun  fondement  dans  leurs  doctrines,  mais 
peut  reposer  sûr  les  abus  individuels  qui  peuvent  se  produire  à 
l'occasion  de  leurs  fêtes.  Voici  en  résumé  ce  qu'en  dit  Layard, 
qui  fut  invité  à  ces  fêtes  après  avoir  rendu  de  nombreux  ser- 
vices aux  Yézidis  :  Il  partit  de  Mossoul,  passa  la  nuit  dans  un 
petit  hameau,  près  de  Khorsabad,  et  gagna  Baadri  de  bonne 
heure  le  jour  suivant.  Ce  village,  construit  au  pied  des  collines 
à  cinq  milles  au  nord  d'Ain  Sifni,  était  la  résidence  de  Sheikh- 
Nazir,  le  chef  religieux,  et  de  Hussein-bey,  le  chef  politique  des 
Yézidis.  En  se  promenant  autour  des  habitations,  Layard  aper- 
çut des  femmes  occupées  à  faire  leurs  ablutions  dans  le  princi- 
pal torrent,  pour  se  préparer  à  la  fête  du  lendemain  ;  car  per- 
sonne ne  peut  entrer  dans  la  vallée  de  Cheikh- 'Adi  sans  avoir 
purifié  son  corps  et  ses  vêtements.  Pour  se  purifier,  les  femmes 
faisaient  leurs  ablutions  dans  un  état  de  nudité  complet,  sans 
se  préoccuper  des  personnes  qui  pouvaient  les  voir.  Il  importe 
de  noter  que  les  hommes  de  l'autre  côté  de  la  colline  se  livraient 
aux  mêmes  ablutions,  loin  du  regard  des  femmes.  Cette  cou- 
tume n'a  pas  peu  contribué  à  accréditer  le  fâcheux  renom  qu'on 
prête  aux  mystères  de  leur  culte.  Elle  est  d'ailleurs  assez  fré_ 


RECUEIL    DE    TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     273 

quente,  car  elle  a  lieu  chaque  fois  qu'on  se  prépare  à  une 
cérémonie  sacrée;  les  nestoriens  n'y  font  aucune  attention, 
mais  il  n'en  est  pas  de  même  des  Musulmans  si  jaloux  de  leurs 
femmes.  Aussi  Mohammed  pacha,  qui  fut  témoin  avec  Layard 
d'une  de  ces  cérémonies  dans  une  autre  circonstance,  s'écria 
plein  d'indignation  que,  chez  les  Yézidis,  les  femmes  étaient 
sans  pudeur,  les  hommes  sans  religion  et  les  chevaux  sans 
frein!  Il  trouvait  que  ces  mécréants  étaient  plus  sales  que  les 
Arabes  et  valaient  moins  que  les  bêtes  des  champs. 

Les  habitants  des  villages  se  mettaient  en  route  en  longues 
processions  précédés  des  musiciens,  au  son  des  tambours  et  des 
flûtes.  Des  femmes  conduisent  des  ânes  chargés  d'ustensiles  et 
de  tapis.  Les  cavaliers  et  les  fantassins  se  livrent  des  simulacres 
de  combat  en  déchargeant  leurs  armes  à  feu  et  en  poussant  le 
cri  de  guerre. 

Dans  la  vallée  de  Cheikh- 'Adi  autour  de  la  tombe,  on  voyait 
çà  et  là  étendues  par  terre  les  provisions  et  les  pacotilles  appor- 
tées par  les  marchands  ambulants  :  Des  mouchoirs  de  couleur 
et  des  étoffes  de  coton  pendaient  aux  branches  des  arbres  ;  sur 
les  tapis,  des  figues  sèches  du  Sindjar,  des  raisins  d'Amadiyah, 
des  dattes  de  Bassorah  et  des  noix  des  montagnes  excitaient  la 
convoitise  des  groupes  d'enfants  et  de  jeunes  filles,  tandis  que 
hommes  et  femmes,  dispersés  sous  les  arbres,  se  livraient  à  des 
conversations  bruyantes  qui  remplissaient  toute  la  vallée.  Non 
loin  de  là,  une  petite  tour  blanche  était  le  sanctuaire  de  Cheikh- 
Chems  ou  «  du  soleil  »,  construit  de  manière  à  recevoir  les 
premiers  rayons  du  jour.  Près  de  la  porte,  une  invocation  à 
Cheikh  Chems  (le  soleil)  était  gravée  sur  le  mur  et  quelques 
tablettes  votives  étaient  encastrées  dans  le  mur.  L'intérieur, 
qui  est  un  lieu  sacré,  était  éclairé  par  quelques  petites  lampes. 
Layard  vit  des  hommes  pénétrer  dans  l'enceinte  et  attacher  au 
mur  un  troupeau  de  bœufs  blancs.  11  demanda  à  un  (^awal  qui 
était  avec  lui  à  qui  ces  animaux  appartenaient;  on  lui  répondit 
qu'ils  étaient  destinés  à  Cheikh  Chems  (au  soleil),  qu'on  ne  les 
tuait  jamais  que  dans  les  grandes  fêtes  et  que  leur  viande  était 
distribuée  aux  pauvres. 

A  mesure  que  le  crépuscule  faisait  place  à  la  nuit,  les  Fakirs, 
enveloppés  de  manteaux  bruns  serrés  sur  le  corps,  le  chef  ceint 
de  turbans  noirs,  sortaient  de   la  tombe,  portant  une  lampe 

OKIliNT  CHRÉTIEN,  18 


•274  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

d'une  main  et  de  Faiitre  un  pot  d'huile  avec  un  paquet  de 
mèciies  de  coton.  Ils  placèrent  les  lampes  dans  les  niches  de  la 
cour  et  autour  des  édifices  de  la  vallée,  dans  les  anfractuosités 
des  rochers  et  jusque  dans  les  creux  des  troncs  d'arbre.  Pen- 
dant que  les  prêtres  se  frayaient  un  cheûain  à  travers  la  foule 
pour  accomplir  leur  ministère,  des  hommes  et  des  femmes  pas- 
saient leurs  mains  sur  la  flamme,  et,  après  avoir  frotté  le  sour- 
cil droit  avec  la  main  purifiée  par  l'élément  sacré,  ils  la  por- 
taient pieusement  à  leurs  lèvres.  Certains,  tenant  leurs  enfants 
dans  leurs  bras,  les  toucliaient  de  la  même  manière,  pendant 
que  d'autres  étendaient  les  mains  pour  atteindre  ceux  qui,  plus 
heureux,  avaient  réussi  à  s'approcher  de  la  flamme. 

Les  lampes  sont  les  offrandes  des  pèlerins  et  de  ceux  que 
Cheikh  'Adi  a  sauvés  d'un  malheur  ou  de  la  mort.  Une  somme 
annuelle  est  donnée  aux  gardiens  de  la  tombe  pour  l'huile  des 
lampes  et  l'entretien  des  prêtres  qui  les  allument  tous  les  soirs 
tant  que  durent  les  provisions.  Pendant  le  jour,  les  traces  de 
fumée  marquent  l'endroit  où  elleg  sont  placées,  et  Layard  a  vu 
des  Yézidis  embrasser  pieusement  les  pierres  noircies.  On  ne 
se  sert  que  d'huile  de  sésame  ou  d'autres  substances  végétales. 

Toute  la  nuit  était  consacrée  aux  danses  et  aux  chants 
accompagnés  du  son  des  cymbales,  des  flûtes  et  des  tambou- 
rins. Voici  la  conclusion  de  Layard  : 

«  Les  tambourins  frappés  en  mesure  interrompaient  de  temps  en  temps 
le  chant  des  prêtres,  qui  s'affaiblit  graduellement  et  se  termina  par  ime 
agréable  mélodie,  bientôt  perdue  en  sons  confus.  Puis  les  tambourins, 
les  flûtes  et  les  voix  s'élevèrent  à  leur  plus  haut  diapason  ;  les  hommes  au 
dehors  y  joignirent  leurs  cris,  pendant  que  les  femmes  faisaient  résonner 
les  rochers  de  leur  bruyant  Tahlel.  Des  musiciens,  donnant  cours  à  leur 
exaltation,  lançaient  leurs  instruments  en  l'air  et  tordaient  leurs  mem- 
bres, jusqu'à  ce  que,  épuisés,  ils  tombassent  par  terré. 

«  Je  n'ai  jamais  entendu  de  hurlements  plus  effrayants  que  ceux  qui 
s'élevèrent  alors  dans  la  vallée.  A  minuit,  le  temps  et  le  lieu  étaient  bien 
choisis  pour  la  scène  étonnante  qui  se  passait  autour  de  moi  et  que  je  con- 
templais avec  ravissement.  C'était  ainsi  sans  doute  qu'on  célébrait  jadis 
les  rites  mystérieux  des  Corybantes,  quand  ils  se  rencontraient  en  quelque 
bois  sacré. 

«  Je  ne  m'étonnais  plus  que  de  telles  cérémonies  eussent  donné  lieu  à 
des  histoires  de  rites  inavouables  et  de  mystères  obscènes,  qui  ont  rendu 
odieux  le  nom  des  Yézidis  en  Orient.  Cependant,  malgré  l'incroyable 
excitation  qui  paraissait  prévaloir  à  cette  heure,  je  n'aperçus  aucun  geste 


RECUEIL    DE   TEXTES    ET    DE    DOCUMENTS    SUR    LES    YÉZIDIS.     275 

indécent  ou  extraordinaire.  Quand  les  musiciens  et  les  chanteurs  furent 
fatigués,  le  bruit  se  calma  soudain,  et  les  différents  groupes  se  répan- 
dirent en  silence  dans  la  vallée  ou  se  reposèrent  au  pied  des  arbres. 

<t  Bien  loin  que  Cheikh- 'Adi  soit  le  théâtre  d'orgie,  toute  la  vallée  est 
réputée  sacrée,  et  aucun  acte  de  ceux  que  les  lois  des  Juifs  déclarent 
impurs  n'est  permis  dans  l'enteinte  du  temple.  Les  prêtres  de  la  secte 
pénètrent  seuls  près  de  la  tombe.  Beaucoup  de  pèlerins  tirent  respectueu- 
sement leurs  chaussures  lorsqu'ils  en  approchent,  et  marchent  nu-pieds, 
tant  qu'ils  restent  dans  le  voisinage.  » 


CHAPITRE  IV 

Voici  enfin,  comme  document,  la  lettre  de  recommandation 
que  le  chef  religieux  dès  Yézidis  a  donnée  au  consul  anglais 
Layard  pour  visiter  les  Yt'zidis  du  Sindjar. 

Que  la  paix  règne  toujours  parmi  nos  très  excellents  amis  habitants  de 
Bukrah  ;  Esu  (Jésus),  Osso,  Ghurah,  et  Hassan  le  Fakir,  et  tous  ceux  qui 
sont  dans  le  village,  vieux  et  jeunes. 

Que  la  paix  soit  aussi  parmi  les  habitants  de  Mirkan  :  Ali,  Khalto, 
Daoud,  le  fils  d'Adful  et  tous  les  habitants  du  village,  jeunes  et  vieux. 

Que  la  paix  soit  aussi  aux  habitants  d'Osafah  :  Kolow,  Cheikh  Adi,  et 
tous  vieux  et  jeunes. 

Paix  aussi  à  la  tribu  de  Déénah  :  à  Murad  et  aux  vieux  et  aux  jeunes. 

Paix  aux  habitants  d'Amrah  :  à  Turkartou  et  à  Kassim  Aga  et  à  tous, 
vieux  et  jeunes. 

Paix  aussi  aux  habitants  d'As'smookeeyah  et  à  Ali  Keraneeyah,  vieux  et 
eunes. 

Paix  aussi  à  Fukrah  Rizo,  qui  demeure  à  Koulkali. 

Paix  aussi  aux  habitants  de  la  ville  de  Sindjar,  vieux  et  jeunes. 

Paix  aussi  aux  habitants  des  montagnes  du  Sindjar,  vieux  et  jeunes. 

Que  Dieu,  le  grand  Seigneur,  veille  sur  eux  tous.  Amen. 

Nous  ne  vous  oublions  jamais  dans  nos  prières  devant  Cheikh  Adi,  le 
plus  grand  de  tous  les  Cheikhs  et  de  tous  les  saints  (Khasséens).  Nos 
pensées  sont  toujours  avec  vous  et  dans  notre  esprit,  jour  et  nuit. 

In  ami  très  aimé  doit  vous  rendre  visite,  et  nous  avons  envoyé  avec 
lui  notre  Qawal  Murad,  afin  que  vous  le  traitiez  avec  bienveillance  et  hon- 
neur :  car  comme  vous  le  recevrez  il  me  recevrait,  et,  si  vous  lui  faisiez 
du  mal,  il  m'en  ferait  également.  Puisque  vous  êtes  les  enfants  de 
l'obéissance  et  les  dévoués  à  (  lieikh  Adi,  le  Cheikh  de  tous  les  Cheikhs,  ne 
méprisez  pas  ces  commandements,  et  que  Dieu  le  Seigneur  suprême 
veille  sur  vous.  Celui  qui  intercède  i)i)ur  vous. 

Cheikli  N AziR,  aine. 


CÀTÀLO&UE  SOMMAIRE 
DES  MANUSCRITS  DU  P.  PAUL  ASBATH 

PROFESSEUR  DES  LANGUES  SYRIAQUE  ET  ARABE 

AU    SÉMINAIRE    SYRIEN    DIRIGÉ   PAR   LES    PÈRES    BÉNÉDICTINS 
FRANÇAIS    AU    MONT    DES    OlIVIERS,    JÉRUSALEM    (1) 


CI.  —  xv"  siècle  —  22  x  16x5.* 

(1)  Martyre  de  saint  Pierre  chef  des  apôtres.  (2)  Martyre  de 
saint  Paul  Tapôtre.  (3)  Evangélisation  de  saint  André  Tapôtre. 
(  1)  Travaux  des  deux  apôtres  André  et  Barthélémy  dans  la  ville 
de  Tarnouk  ^^^y  après  leur  retour  des  pays  el-Wilah  r-X?^i 
(5)  Vie  de  saint  Jacques,  fils  de  Zabdaï,  frère  de  Jean  l'évangé- 
liste  et  son  evangélisation  dans  l'Inde.  (6)  Martyre  de  saint 
Jacques  l'apôtre.  (7)  Solution  des  énigmes  de  saint  Jean  le 
disciple  bien-aimé.  (8)  Mort  de  saint  Jean  le  disciple  bien-aimé 
et  son  assomption  au  ciel  dans  l'île  de  Pathmos.  (9)  Vie  de  saint 
Pierre,  chef  des  apôtres,  et  de  Philippe  l'apôtre.  (10)  Martyre  de 
saint  Philippe  l'apôtre.  (11)  Evangélisation  de  saint  Barthélémy 
dans  la  ville  Al-Wahy  ^^5=^^  •  (12)  Martyre  de  saint  Barthélémy. 
(13)  Evangélisation  de  saint  Thomas  dans  l'Inde.  (14)  Martyre  de 
saint  Thomas  l'apôtre.  (15)  Les  travaux  de  saint  Mathieu  dans 
les  pays  des  prêtres  ïa^OI ^jJ.  (16)  Martyre  de  saint  Mathieu 
l'évangéliste.  (17)  Martyre  de  saint  Jacques,  fils  d'Alphée. 
(18)  Martyre  de  saint  Simon,  fils  de  Claoupa.  (19)  Evangélisation 
de  Juda,  le  frère  du  feeigneur,  dans  la  Syrie  et  la  Mésopota- 
mie. (20)  Evangélisation  de  Mathias  '^  dans  les  pays  dont  les 

(1)  Nous  avions  reru,  avant  la  guerre,  la  présente  suite  au  catalogue  des  mss. 
du  Père  Paul  Asbath  édité  ROC,  t.  XVII  (1912),  p.  -280-285.  cf.  p.  449  et  t.  XVIll 
(1913),  p.  241-251.  Nous  l'éditons,  sans  pouvoir  le  faire  corriger  par  l'auteur,  afin  de 
faire  connaître  l'existence  de  ces  manuscrits. 


MANUSCRITS    DU    PÈRE    PAUL   ASBATII.  277 

habitants  mangent  la  chair  des  hommes,  (21)  Martyre  de 
Mathias.  (22)  Évangélisation  de  Jacques,  disciple  du  Seigneur 
surnommé  le  frère  du  Seigneur.  (23)  Martyre  de  saint  Jacques 
le  disciple.  (24)  Discours  de  Sévère  archevêque  de  Nastura  sur 
saint  Marc  l'évangéliste  —  sur  les  parents  du  saint  —  sur  les 
39  années  et  les  5  mois  qu'il  a  passés  au  monde  —  sur  le  jour 
de  son  martyre.  (25)  Martyre  de  saint  Luc  l'évangéliste.  (26) 
Histoire  de  léglise  de  saint  Élie  Al-Asbat  sur  le  mont  Ouf  ^^• 
(27)  Discours  de  saint  Éphrem  sur  le  prophète  Élie  quand  il 
conclut  une  alliance  entre  le  ciel  et  la  terre  (tout  écrit  en  arabe). 

Cil.  —  Écrit  en  1466  —  28  x  20  X  7  1/2. 

(1)  Vie  des  quarante  Martyrs.  (2)  Translation  de  saint  Paul 
Tapôtre  au  ciel.  (3)  Vie  de  saint  Thomas  l'apôtre.  (4)  Histoire  de 
sainte  Ziana  ijV.j  hUe  du  roi  Lucien  qui  aconverti  1.130.000  per- 
sonnes (Zinah,  au  21  oct.  Pair.  Or.,  t.  X,  p.  191).  (5)  Discours 
des  saints  Jacques  et  Éphrem  sur  Joseph  fils  de  Jacob  et  sur 
ce  qu'il  a  eu  avec  ses  frères.  (6)  Histoire  de  Sibylle  la  logicienne 
fille  de  Herkel  chef  des  Hanéfites  de  la  ville  d'Éphèse.  (7)  Histoire 
de  saint  André  qui  évangélisa  les  pays  de  Al-Kilab  (c'est-à-dire 
des  chiens).  (8)  Histoire  de  Job  le  juste.  (9)  Pénitence  imposée  à 
ceux  qui  commettent  le  mensonge,  le  vol,  la  jalousie,  la  haine  et 
la  calomnie,  par  saint  Jean  Chrysostome.  (10)  Histoire  du  Père 
Zosime  (voir  F.  Nau,  Les  (ils  de  Jonadab,  Paris,  1899).  (11)  Les 
mystères  que  Jésus-Christ  a  découverts  à  saint  Pierre  et  que 
saint  Pierre  a  découverts  à  son  disciple  Clément.  (12)  Quelques 
articles  du  livre  intitulé  «  pour  chasser  les  soucis  ».  (13)  Ques- 
tions posées  par  un  élève  à  son  professeur  concernant  la  foi 
chrétienne.  (14)  Vie  de  saint  Grégoire  et  les  mystères  divins  qui 
lui  ont  été  révélés  sur  les  différents  lieux  du  Ciel  et  de  l'Enfer 
(très  long)  (sans  doute  le  Gorgorios  édité  en  éthiopien  et  traduit 
par  M.  Halévy).  (15)  Homélie  de  saint  Jean  Chrysostome  sur  la 
Pénitence.  (16)  Discours  de  saint  Éphrem  sur  la  guerre  de  Satan. 

(17)  Histoire  de  saint  Jean  et  comment  on  lui  a  coupé  la  tête  (1). 

(18)  Miracles  de  saint  Jean-Baptiste.  (19)  Discours  de  Jacques  de 
Saroug  sur  la  mort  et  le  jugement.  (20)  Homélie  de  saint  Cy- 
rille d'Alexandrie  sur  les  dix  vierges.  (21)  Discours  de  saint 
Épiphane  sur  la  Sépulture  du  Sauveur.  (22)  La  foi  orthodoxe 

(1)  Cl'.  Pair.  Or.,  t.  IV,  fasc.  V. 


278  REVUE    DE    l/ORIENT   CHRÉTIEN. 

prêchée  par  les  Apôtres  dans  le  monde  et  prédite  par  les  pro- 
phètes. (23)  Discours  de  saint  Éphrem  sur  la  honte  des  pécheurs 
au  jour  du  jugement.  (24)  Discours  d' Éphrem  sur  le  jour  de' 
la  résurrection  et  sur  la  séparation  da  l'âme  et  du  corps. 
(25)  Unité  et  Trinité  en  abrégé.  (26)  Questions  et  Réponses  entre 
saint  Basile  et  saint  Grégoire.  (27)  Canons  des  Pères  Aposto- 
liques que  le^  fidèles  doivent  observer.  (28)  Questions  et  Ré- 
ponses contre  un  philosophe  et  un  savant.  Tout  écrit  en  arabe. 

Écrit  en  1467  —  26  x  19  x  4. 

Histoire  de  Joseph,  fils  de  Jacob,  divisée  en  vingt  séances  par 
Ali  el-Ascary.  (C'est  un  roman  bien  long  écrit  en  langue  très 
littéraire).  Il  est  très  intéressant. 

cm.  —  Écrit  en  1717  —  29  x  15  x  1. 
(1)  Livre  de  logique.  (2)  Livre  de  logique.  (3)  Théologie  dog- 
matique musulmane.  (1)  Livre  de  logique. 

en'.  —  XV"  siècle  —  22  x  17  x  4. 

Les  séances  littéraires  du  Hariry  avec  leur  explication. 

CV.  —  XVII''  siècle  —  16  x  11  X  2. 

Comment  on  doit  chasser  les  soucis,  par  Élie  al-Geaouhary, 
évêque  de  Nisibe. 

CVL  —  xV  siècle  —  29  x  17  x  2. 
Lectures  de  l'Ancien  Testament . 

CVII.  —  Écrit  au  xvrii"  siècle  —  22  x  16  x  1  1/2. 

(1)  Les  fondements  de  la  foi  chrétienne  selon  la  doctrine  des 
jacobites,  par  Ar-Raban  Daniel  surnommé  Ibn  al-Hattab  (1).  (La 
langue  est  très  littéraire).  C'est  un  livreti'ès  intéressant,  composé 
selon  l'art  de  la  logique.  (2)  Condition  de  la  prière.  Anonyme. 
(3)  Les  préceptes  que  Jésus-Christ  a  prescrits  dans  son  saint 
Évangile.  (On  compte  99  préceptes). 

CVIII.  —  Écrit  en  1427  —  18  x  12  x  2  1/2. 
Explication  des  règles  de  ia  logique.  Anonyme  (il  est  tout 
annoté,  la  langue  est  littéraire). 

(1)  Ou  Daniel  de  Mardin.  Voir  son  autobiographie,  ROC  ,  t.  X,  1905,  p.  314. 


MANUSCRITS    DU    PÈRE    PAUL    ASHATII.  279 

CIX.  —  Écrit  au  xvii'^  siècle  —  22  x  17  X  1. 

(1)  L'art  de  la  poésie,  par  Abou-Abdallah  Muhamed  connu 
sous  le  nom  de  Abi-Aljaicli  ;j^.?^'  ^f^  al-Andalousii, 
(2)  Épître  sur  la  science  de  rarithméïique,  contenant  une  pré- 
face et  dix  chapitres.  Anonyme. 

ex.  —  Écrit  au  x\"  siècle  —  29  x  20  x  3. 

Les  quatre  Évangiles  arrangés  selon  le  rite  de  l'église. 

CXL  —  Écrit  en  1674  —  21  x  IG  x  1. 

(1)  Explication  de  la  préface  de  Al-Azhari  sur  les  règles  de  la 
grammaire  par  l'auteur  lui-même.  (2)  Poème  sur  la  fonction 
des  règles  de  la  grammaire. 

CXIl.  —  Écrit  en  1680  —  21  x  16  x  2. 
La  science  de  la  conscience  et  la  méthode  pour  la  confession, 
traduit  par  le  Père  Ignace  Clicon,  jésuite. 

CXIII.  —  Écrit  au  xvii"  siècle  —  21  x  15x2  1/2. 

(1)  Unité  et  trinité  de  Dieu.  (2)  La  cause  de  l'incarnation  du 
fils  de  Dieu^  de  sa  passion  et  de  son  crucifiement.  (3)  Exégèse 
de  certains  livres  de  l'A.  T.  pour  y  prouver  la  grandeur  de  la 
religion  chrétienne.  (1)  Pâques,  l'Agifeau  Pascal  et  le  change- 
ment du  pain  et  du  vin  en  corps  et  sang  de  Jésus-Christ.  (5)  Le 
combat  que  les  diables  livrent  contre  les  fidèles  et  comment  ils 
les  vainquent.  (6)  Comment  il  faut  observer  le  jour  du  dimanche. 
(7)  Le  jeûne  du  mercredi  et  du  vendredi  et  ses  causes.  (8)  Qu'est- 
ce  que  le  jeûne  et  comment  faut-il  l'observer? 

CXIV.  —  21  X  16  X  1. 

Les  questions  qu'a  posées  Théoctistos  archevêque  grec  d'AIep, 
en  1838,  au  père  Nicolas  Coros,  Lazariste,  et  les  réponses. 

CXV.  —  Écrit  en  1781  —  16  x  11  X  4  1/2. 

îvliracles  de  la  Sainte  Vierge.  (On  compte  68  miracles). 

CXVI.  —  Écrit  au  xvii''  siècle  —  16  x  11  x  1  1/2. 
Explication  du  catéchisme. 

(.4  suivre.) 


LA  CIVILISATION  DU  PEUPLE  SERBE 
AU  MOYEN  AGE<i) 


Dans  ces  dernières  années  on  a  beaucoup  parlé  et  écrit  sur 
le  peuple  serbe.  On  peut  dire  que  l'opinion  publique  en  Europe 
ne  s'intéressa  jamais  autant  au  peuple  serbe,  à  sa  situation  et 
à  sa  fortune,  que  dans  ces  derniers  temps.  Cet  intérêt  pour 
le  peuple  serbe,  et  spécialement  pour  la  Serbie,  s'est  élevé  sur- 
tout depuis  la  crise  de  l'annexion  de  la  Bosnie  et  de  l'Herzé- 
govine (1908). 

Cette  crise  plaça  le  peuple  serbe  et  la  Serbie  au  centre  de  la 
politique  européenne.  Après  les  événements  de  ce  temps-là, 
on  pouvait  deviner  que  la  question  serbe  était  le  point  sur 
lequel  se  mesurerait  la  force  des  deux  groupes  d'États  euro- 
péens. La  masse  du  peuple  dans  les  grands  États  européens 
apprit  alors  pour  la  première  fois  qu'une  question  serbe  exis- 
tait et  que  leur  sort  était  lié  à  la  solution  de  cette  question. 

Ce  n'est  pas  par  un  événement  fortuit  que  la  grande 
guerre  européenne  éclata  à  propos  de  la  question  serbe.  Le 
problème  serbe,  d'après  la  situation  géographique,  est  comme 
un  nœud  gordien  delà  politique  européenne  en  général,  et  de 
la  question  de  la  prépondérance  allemande  en  Europe  spéciale- 
ment. L'Allemagne  a  voulu  couper  ce  nœud,  et  a  provoqué  la 
guerre. 

Le  peuple  serbe  fut  toujours  convaincu  que  la  prépondé- 
rance du  peuple  allemand  en  Europe  signifiait  sa  ruine  et  son 
esclavage.  Et  ce  fut  pour  cela  qu'il  fut  obligé  de  lier  sa  for- 
tune à  celle  de  ceux  qui  ont  défendu  la  liberté  de  l'humanité, 
et  vers  lesquels  il  était  attiré,  d'ailleurs,  par  des  sympathies 
profondes.  Et  quand  on  fut  obligé  de  défendre  la  liberté  les 

(1)  Leçon  d'ouverture  du  cours  professé  à  la  Sorbonne,  en  1917-1918,  par 
M.  St.  Stanoyéitch,  professeur  de  l'histoire  Serbe  à  l'Université  de  Belgrade. 


LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE    AU    MOYEN    AGE.  281 

armes  à  la  main,  le  peuple  serbe  lutta  honnêtement  et  loyale- 
ment autant  qu'il  le  pouvait.  Cette  lutte  provoqua  une  grande 
et  sincère  reconnaissance  même  de  nos  ennemis.  Cela  se  dé- 
montre par  toutes  les  louanges  que  le  peuple  serbe  a  reçues  de 
ses  amis,  ses  alliés  et  ses  protecteurs. 

Mais  l'idée  que  le  public  peut  se  faire  du  peuple  serbe  et  de 
la  Serbie  d'après  ce  qu'on  a  écrit  et  dit  d'eux  est,  à  mon  avis, 
partiale  et,  par  conséquent,  fausse. 

Les  grandes  victoires  de  Koumanovo  et  de  Bitoly,  la  lutte  à 
Andrinople  et  la  marche  vers  la  mer  à  travers  les  défilés  albanais 
pendant  la  guerre  turque,  la  victoire  sur  les  Bulgares,  après 
leur  attaque  traîtresse,  la  grande  victoire  sur  Tser  pendant  la 
première  attaque  des  Autrichiens,  la  défaite  honteuse  pendant 
la  seconde,  à  la  fin  les  luttes  opiniâtres  contre  les  Autrichiens, 
les  Allemands  et  les  Bulgares  associé?,  la  perte  de  la  Serbie  et 
la  retraite  difficile  à  travers  les  montagnes  albanaises  impra- 
ticables, —  ce  sont  des  notions  qui  apparaissent  devant  les 
yeux  de  chaque  étranger  quand  on  mentionne  la  Serbie  et  le 
peuple  serbe. 

Chacun  de  ceux  qui  ont  entendu  parler  ou  lu  quelque  chose 
de  la  Serbie  et  du  peuple  serbe,  se  représente  la  Serbie  comme 
un  pays  de  montagnes,  un  nid  de  faucons,  les  Serbes  comme 
des  montagnards  courageux  qui  vivent  toujours  l'arme  à  la 
main,  comme  des  condottieri,  pour  qui  le  combat  est  l'amuse- 
ment le  plus  cher  et  le  plaisir  le  plus  grand.  C'est  peut-être  la 
cause  pour  laquelle,  chez  les  peuplée  qui  nous  sont  favorables, 
il  y  a  un  certain  nombre  de  personnes  qui  se  demandent  et  qui 
nous  demandent  :  «  Qu'arrivera-t-il  avec  nous  si  nous  admet- 
tons un  grand  État  qui  englobera  toutes  les  provinces  habitées 
par  les  Serbes?  Les  problèmes  grands,  difficiles,  divers  et  com- 
pliqués, comment  seront-ils  résolus  par  les  Serbes,  et  pour- 
ront-ils l'être  comme  il  faut?  » 

Je  suis  convaincu  que  cette  crainte  est  une  conséquence 
naturelle  d'un  calcul  partial  et  d'une  appréciation  fausse  du 
peuple  serbe.  D'ailleurs,  je  considère  que  cette  crainte,  d'après 
l'idée  incomplète  qu'aie  public  sur  la  Serbie  et  le  peuple  serbe, 
est  tout  à  fait  compréhensible  et  excusable,  et  je  suppose  qu'elle 
ne  se  présente  pas  du  tout  comme  l'expression  d'une  disposi- 
tion défavorable,  dans  quelque  direction  qu'elle  soit,  mais  plu- 


282  REVUE   DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

tôt  comme  le  résultat  d'une  connaissance  imparfaite  de  l'État 
actuel. 

Cependant,  cette  idée,  que  le  peuple  serbe  est  par  excellence 
une  nation  guerrière  et  que  ses  vertus  militaires  sont  ses  qua- 
lités principales,  est  tout  à  fait  fausse. 

Il  ne  fait  aucun  doute  que  les  Serbes  se  sont  toujours  battus 
bravement,  mais  ils  luttèrent  toujours  pour  leur  liberté  et  leur 
existence,  jamais  pour  des  buts  de  conquêtes  ou  impérialistes. 
Le  peuple  serbe  n'essaya  jamais  de  conquérir  des  provinces  et 
des  pays  étrangers.  Il  faisait  toujours  la  guerre,  ou  pour 
défendre  sa  liberté  ou  son  existence,  ou,  s'il  entreprenait  l'of- 
fensive, pour  délivrer  et  unir  dans  un  seul  État  ses  conationaux 
qui  se  trouvaient  en  esclavage.  Le  peuple  serbe  accepta  la 
guerre  ou  la  provoqua  seulement  par  besoin,  et  la  considéra 
toujours  comme  un  moyen,  comme  un  mal  nécessaire,  dont  on 
doit  se  servir  pour  atteindre  d'autres  buts,  plus  humains,  plus 
culturels,  plus  m.oraux  et  plus  nobles. 

A  cet  égard  un  des  plus  beaux  poèmes  serbes  est  très  carac- 
téristique. Dans  ce  poème  on  raconte  la  chute  de  l'ancien  État 
serbe.  On  y  dit  que  la  Vierge  Marie  demanda  au  prince  Lazare, 
avant  la  bataille  de  Kossovo,  s'il  voulait  se  décider  pour  l'em- 
pire terrestre  ou  pour  l'empire  céleste.  S'il  se  décidait  pour 
l'empire  terrestre,  il  vaincrait  les  Turcs  dans  la  bataille;  s'il 
se  décidait  pour  l'empire  céleste,  toute  l'armée  serbe  périrait. 
Le  prince  Lazare,  sans  hésiter,  se  décida  pour  l'empire  céleste. 
Mais  il  entra  quand  même  dans  la  lutte,  et  il  .tomba  en  luttant 
avec  vaillance.  L'empire  terrestre  c'est  l'empire  de  la  force  ma- 
térielle brutale,  et  l'empire  céleste  c'est  celui  des  âmes,  des 
intelligences  et  de  la  civihsation.  Et  cet  empire  fut  toujours 
préféré  par  le  peuple  serbe  à  l'empire  de  la  force,  même  au 
moment  où,  à  cause  de  ce  choix,  son  existence  même  était  en 
question. 

I 

Quand  les  Serbes,  les  Croates  et  les  Slovènes  descendirent 
au  VIF  siècle  dans  les  pays  des  Balkans  où  ils  habitent  aujour- 
d'hui, ils  trouvèrent  dans  ces  endroits  assez  de  restes  des  civi- 
lisations et  des  cultures  helléniques  et  romaines.  Ces  restes 


LA   CIVILISATION    DU    PEUPLK    SERBE    AU    MOYEN    AGE.  283 

n'étaient  pas  seulement  les  traces  de  l'ancienne  culture  maté- 
rielle :  de  vieilles  forteresses  avec  de  grands  murs,  des  bâti- 
ments pourvus  (lu  confort  que  pouvait  donner  la  culture 
matérielle  moderne,  des  chaussées  bien  pavées,  des  ponts  soli- 
dement bâtis  et  des  canaux  bien  creusés,  —  mais  nos  ancêtres 
y  trouvèrent  et  acceptèrent  aussi»,  avec  les  anciens  indigènes, 
beaucoup  d'éléments  de  culture  intellectuelle.  Ils  reçurent  d'eux 
de  meilleures  espèces  de  bétail,  et  apprirent  le  moyen  de  défri- 
cher les  forêts,  de  mieux  cultiver  la  terre,  de  soigner  les  arbres 
fruitiers,  etc.  Ils  apprirent  d'eux  la  meilleure  façon  de  faire  les 
fromages;  et  le  fromage  monténégrin,  bien  connu,  tire  son  ori- 
gine de  ces  temps  anciens;  l'écrivain  romain  Pline  Taîné  loue 
spécialement,  quelques  centaines  d'années  avant  l'arrivée  des 
Slaves  dans  les  Balkans,  le  fromage  de  cette  province. 

Mais  quelque  bas  que  fût  le  degré  de  la  civilisation  quand 
nos  ancêtres  vinrent  dans  les  Balkans,  ils  reçurent  des  anciens 
habitants  aussi  des  éléments  de  civilisation  intellectuelle.  Il  va 
de  soi  que  le  manque  de  sources  historiques  pour  ces  temps 
lointains  nous  prive  de  la  possibilité  de  pouvoir  pénétrer  dans 
tous  les  détails  de  leur  vie.  Mais  on  peut  néanmoins,  si  peu  que 
ce  soit,  faire  des  conjectures  ou  même  des  constatations. 

Je  veux  citer  à  cet  égard  un  fait  intéressant  et  important.  Je 
demandais  un  jour  au  plus  grand  compositeur  serbe,  le  défunt 
Mokranyatz,  dans  quel  endroit  le  peuple  serbe  avait  le  plus 
grand  sens  musical.  Il  me  répondit  que  d'après  la  production, 
d'après  le  sens  et  les  sentiments  musicaux,  c'était  dans  le  sud 
de  la  vieille  Serbie,  qu'habitait  maintenant  la  partie  la  plus  musi- 
'  cienne  de  notre  peuple.  Cependant  Pline  l'aîné,  que  je  viens  de 
citer,  dans  son  traité  bien  connu,  indique  justement  pour  le 
même  endroit,  que  ceux  qui  y  vivent  sont  très  musiciens.  La 
possibilité  d'une  comcidence  fortuite  est  exclue.  Il  n'y  a  aucun 
doute  que  cela  soit  un  cas  d'hérédité,  un  cas  d'atavisme,  des 
qualités  que  nos  ancêtres  acquirent  en  venant  dans  ces  pays. 

Mais  on  ne  peut  pas  non  plus  douter  que  nos  ancêtres,  en  ve- 
nant an  VII®  siècle  dans  les  Balkans,  aient  apporté  aussi  avec  eux 
quelques  éléments  de  la  civilisation  intellectuelle  et  matérielle. 
Les  sources  historiques  contemporaines  racontent  qu'ils  culti- 
vaient la  terre,  qu'ils  avaient  déjà  leurs  villages  et  qu'ils  avaient 
une  organisation  sociale  bien  faite.  Il  est  intéressant  que  This- 


284  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

torien  byzantin  Procope  raconte  qu'ils  avaient  une  organisa- 
tion tout  à  fait  démocratique,  et  qu'ils  délibéraient  sur  toutes 
choses  en  commun. 

A  part  les  guerres  et  les  luttes  dont  est  remplie  presque 
toute  la  vie  de  ces  temps  barbares,  les  Serbes  des  vf  et 
vu"  siècles  avaient  aussi  d'autres  habitudes  et  d'autres  inclina- 
tions. Dans  les  sources  historiques  qui  mentionnent  pour  ces 
temps  seulement  des  guerres  et  des  révoltes,  et  qui  furent  écrites 
par  les  ennemis  et  les  adversaires  des  nouveaux  arrivés,  per- 
cent quand  même  quelques  traits  ou  quelques  lignes  qui  dé- 
montrent que,  même  dans  ces  temps  de  lutte  pour  l'existence, 
quand  tout  se  détruisait  et  tombait  en  ruines,  on  pouvait  trouver 
chez  nos  ancêtres  des  éléments  de  civilisation  et  des  sentiments 
plus  délicats.  Je  veux  citer  à  cet  égard  seulement  deux  faits. 

Quand,  en  591,  l'empereur  byzantin  Mauricius  partit  en 
guerre  contre  les  Slaves,  qui  pénétraient  déjà  dans  les  pays/de 
l'empire  byzantin,  ses  soldats  prirent  et  lui  amenèrent  trois 
prisonniers  slaves.  Ces  prisonniers  n'avaient  aucune  arme, 
mais  seulement  des  guitares.  Pendant  l'interrogatoire,  ils  dé- 
clarèrent qu'ils  portaient  des  guitares,  parce  qu'ils  ne  savaient 
pas  se  servir  des  armes  ;  qu'ils  vivaient  tranquillement  dans  leur 
pays,  sans  faire  la  guerre;  qu'ils  jouaient  de  leurs  guitares, 
parce  qu'ils  ne  savaient  pas  jouer  des  trompettes  guerrières  ; 
qu'ils  ne  connaissaient  pas  la  guerre  et  que  c'était  pour  cela 
qu'ils  aimaient  mieux  s'exercer  à  la  musique. 

L'autre  exemple  est  encore  plus  intéressant.  Le  célèbre  his- 
torien Paul  Diacre  raconte  dans  son  histoire  une  anec- 
dote, authentique  sans  doute,  parce  qu'il  la  tenait  de  première 
source. 

Le  grand-père  de  Paul  Diacre,  dit  le  récit,  avait  été  fait  pri- 
sonnier par  les  Avares.  Il  s'enfuit,  et,  traversant  la  Croatie 
actuelle,  il  se  dirigea  vers  l'Italie.  Comme  fuyard,  il  était  obligé 
de  se  cacher,  et  ne  pouvait  pas  trouver  de  nourriture.  Un  jour, 
épuisé  par  la  faim,  il  tomba  évanoui  dans  une  forêt,  et  se  trou- 
vait ainsi  dans  le  danger  d'être  arrêté  ou  de  mourir  de  faim. 
Pour  son  bonheur  une  vieille  femme  slave  d'un  village  voisin, 
traversant  la  forêt,  le  trouva.  Elle  le  prit  et,  craignant  qu'il  fût 
arrêté,  elle  l'emmena  secrètement  à  sa  maison.  Elle  le  nourrit 
en  cachette  jusqu'à  ce  qu'il  fût  plus  fort,  afin  de  pouvoir  voya- 


LA    CIVILISATION    DU    PKUPLK    SERBE   AU    MOYEX    AGE.         285 

ger.  Elle  le  conduisit  alors,  lui  montra  le  chemin,  et  il  atteignit 
heureusement  l'Italie. 

Il  est  intéressant  de  mentionner  encore  que  la,  vieille  femme 
slave,  d'après  le  récit  de  Paul  Diacre,  voyant  son  grand-père 
épuisé  par  la  faim,  savait  bien  que,  si  elle  lui  donnait  immédia- 
tement une  nourriture  trop  forte,,  cela  lui  serait  nuisible.  A 
cause  de  cela,  elle  commença  à  le  nourrir  avec  des  aliments 
légers  et  les  lui  donnait  progressivement,  jusqu'à  ce  que  son 
estomac  fût  assez  fort  pour  accepter  des  aliments  plus  solides. 


II 

Comme  je  l'ai  dit,  l'arrivée  dans  les  Balkans,  les  nouvelles 
circonstances  géographiques  et  climatériques,  le  nouveau  mi- 
lieu culturel,  le  restant  et  l'influence  de  l'ancienne  civilisa- 
tion, —  tout  cela  devait  faire  une  très  forte  impression  sur  nos 
ancêtres.  Mais  on  s'adaptait  avec  le  temps  aux  nouvelles  cir- 
constances. 

Au  IX'  siècle  cependant,  deux  événements  avaient  produit 
une  véritable  révolution  dans  la  vie  et  l'esprit  de  nos  aïeux. 

Au  commencement  du  ix°  siècle  les  Serbes,  les  Croates  et  les 
Slovènes  avaient  fondé  leur  premier  état,  et  dans  la  seconde 
moitié  du  même  siècle  ils  se  convertirent  au  cJiristianisme  en 
nombre  très  considérable. 


En  venant  dans  les  Balkans,  nos  ancêtres  possédaient  leur 
organisation  en  triljus,  et  ils  étaient  sous  le  gouvernement  de 
leurs  chefs.  Mais  ils  n'avaient  aucune  conception  militaire  ou 
d'État.  Ils  ne  formaient  pas,  comme  les  tribus  germaniques  ou 
Tourano-Tartares,  de  grandes  armées,  bien  organisées  et  bien 
disciplinées,  avec  lesquelles  ils  auraient  pu  conquérir  les  pays 
et  détruire  les  États.  C'est  la  cause  pour  laquelle  l'histoire  serbe 
et  l'histoire  slave,  au  temps  de  leur  migration,  ne  connaît  ni 
Alaric,  ni  Totila,  ni  Théodoric,  ni  Attila. 

Les  Serbes  ont  pris,  au  contraire,  leur  patrie. par  une  péné- 
tration graduelle  (qui  n'était  pas,  à  dire  vrai,  toujours  pacifi- 
que), et  ils  commencèrent  imméchatement  à  s'assimiler  les  élé- 


286  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

ments  de  la  civilisation   intellectuelle  et  matérielle  qu'ils  y 
trouvèrent. 

Dans  l'interrogatoire  que  subirent  devant  l'empereur  byzan- 
tin les  trois  prisonniers  slaves  dont  je  viens  de  parler,  ils 
avaient  déclare,  entre  autres,  qu'ils  avaient  entendu  dire  qu'il 
existait  un  empire  romain,  qui  était  riche,  grand  et  puissant. 
En  ce  temps,  c'est-à-dire  à  la  fin  du  vi"  siècle,  ils  avaient  pu 
seulement  entendre  parler  de  cet  empire.  Cent  ans  après,  ils 
pouvaient  voir  de  près  cet  empire  ou  cet  état  et  le  bien  con- 
naître déjà. 

A  la  fin  du  \t  siècle,  cet  empire  byzantin  imposait  encore  le 
respect  par  ses  traditions,  sa  gloire,  sa  riches.se  et,  surtout,  par 
sa  puissance  militaire.  Mais  pendant  les  deux  premiers  siècles 
de  leur  vie  dans  les  Balkans,  l'auréole  de  l'empire  byzantin 
devait  diminuer.  Ce  n'était  plus  l'Etat  qui  faisait  autrefois  tres- 
saillir tous  les  peuples;  ce  n'était  plus  le  vainqueur  des  Goths, 
des  Vandales  et  des  Perses.  C'était  l'État  attaqué  et  assiégé  de 
tous  les  côtés,  affaibli  par  les  luttes  intérieures,  les  malheurs  et 
les  désastres.  Cet  Etat,  par  ses  forces  militaires,  n'était  plus 
dangereux,  et  n'excitait  plus  grand  respect  aux  petits  peuples 
qui  s'installèrent  sur  son  territoire. 

Mais  à  cette  époque,  un  autre  État  à  l'Ouest  de  l'Europe  se 
développa  considérablement  et  devint  très  fort.  L'histoire  de  cet 
État,  la  Monarchie  franque,  se  mêle  à  l'histoire  de  la  fonda- 
tion du  premier  État  yougo-slave. 

Les  Serbes,  les  Croates  et  les  Slovènes  savaient  sans  doute 
quelque  chose  et  avaient  entendu  parier  de  cet  État  déjà  avant 
cette  époque,  mais  à  la  fin  du  viii"  siècle,  ils  avaient  vu  com-' 
ment  les  armées  de  Charlemagne  avaient  battu  les  xVvares,  qui 
les  avaient  dominés  pendant' 250  ans,  et  qui  autrefois  avaient 
fait  trembler  Byzance. 

Quand  l'État  avare  fut  anéanti,  les  Slaves,  habitant  dans 
le  Nord-Ouest  des  Balkans,  et  qui  avaient  vécu  jusqu'à  ce  temps 
sous  le  joug  de  ce  peuple,  furent  soumis  par  les  Francs.  Peu  de 
temps  après,  Charlemagne  conquit,  dans  une  guerre  heureuse 
contre  Byzance,  des  parties  considérables  des  Balkans. 

De  cette  manière  un  grand  nombre  de  Serbes,  de  Croates  et 
de  Slovènes  se  trouvèrent,  au  commencement  du  ix"  siècle, 
dans  l'empire  franc. 


LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE   AU    MOYEN    ACE,  2S7 

Ce  fut  le  cas  où  pour  la  première  fois  presque  tous  les  Yougo- 
slaves des  Balkans  se  réunirent  en  un  État.  Mais  cet  État  (Hait 
étranger,  et  ils  voulaient  être  libres".  Ils  avaient  été,  il  est  vrai, 
jusqu'à  cette  époque  dominés  par  Byzance  et  les  Avares.  Mais  la 
domination  byzantine  était  tout  à  fait  débile  et  irréelle;  ces 
provinces  éloignées  du  centre  de  l'État  n'avaient  aucun  intérêt 
politique,  économique  et  stratégique,  les  rattachant  à  ce  centre, 
et  à  cause  de  cela,  son  autorité  ne  pesait  pas  sur  elle.  L'État 
des  Avares,  affaibli  au  viii"  siècle  par  les  luttes  acharnées  entre 
le  pouvoir  central  et  les  seigneurs  féodaux,  ne  pesait  pas  non 
plus  sur  les  Serbo-Croato-Slovènes. 

Au  lieu  de  ces  maîtres,  faibles  et  seulement  nominatifs,  les 
Serbo-Croato-Slovènes  reçurent  comme  maîtres,  au  commence- 
ment du  ix"  siècle,  un  État  jeune  et  fort,  avec  une  bureaucratie 
bien  organisée  et  une  armée  bien  disciplinée.  Dans  cet  état  cha- 
cun devait  être  à  sa  place  et  faire  ce  qui  était  ordonné,  chacun 
était  forcé  d'obéir.  L'intérêt  de  l'État  exigeait  que  l'ordre  et 
la  discipline  fussent  introduits  surtout  dans  les  endroits  de  la 
périphérie,  parce  que  ces  provinces  n'étaient  que  depuis  peu  de 
temps  jointes  à'I'État,  et  parce  qu'elles  étaient  exposées,  à  cause 
de  leur  situation,  aux  incursions  de  l'ennemi. 

Il  était  très  naturel  que  les  gens  qui  pouvaient  être  bons  et 
loyaux  sujets  de  la  débile  Byzance  et  de  l'État  affaibli  des 
Avares,  ne  dussent  pas  rester  les  sujets  tranquilles  d'un  État 
dans  lequel  l'ordre  et  la  discipline  étaient  exigés,  comme  c'était 
le  cas  dans  la  Monarchie  franque.  C'est  pour  cela  qu'après  quel- 
que temps,  des  rencontres  eurent  lieu,  et  devinrent  plus  fré- 
quentes et  plus  meurtrières. 

Quoique  les  anecdotes,  notées  presque  cent  cinquante  ans  après 
ces  événements  par  l'empereur  byzantin  Constantin  Porphyro- 
génète,  indiquant  comment  les  Serbo-Croato-Slovènes  furent 
maltraités  par  les  Francs,-  aient  été  exagérées  et  peu  fidèles, 
—  on  peut,  quand  même,  à  travers  ces  faibles  traditions,  cons- 
tater qu'une  rencontre  d'un  État  bien  organisé  avec  le  peuple 
qui  ne  voulait  pas  obéir  et  être  subjugué,  était  bien  en  question. 

Peut-être  si  une  influence,  soit  de  Byzance,  soit  de  la  républi- 
que de  Venise,  se  fût  interposée,  tout  cela  eût  provoqué  une 
insurrection,  sous  Lyoudevit,  des  Serbo-Croato-Slovènes  dans 
le  bassin  du  moyen  Danube  (819). 


288  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

Quoique  l'insurrection  et  la  lutte  des  insurgés  fussent  dirigées 
contre  les  Francs,  ils  les  avaient  imités  dans  leur  organisation 
de  l'État,  dans  la  manière  de  faire  la  guerre,  de  construire  des 
fortifications,  etc.  De  cette  manière  le  premier  État  des  Yougo- 
slaves fut  érigé  dans  la  lutte  contre  les  Francs,  mais  d'après  le 
modèle  de  l'État  franc.  Alors  les  Yougo-Slaves  eurent  pour  la 
première  fois  conscience  de  l'État;  pour  la  première  fois  aussi 
ils  sentirent  le  besoin  d'une  organisation  d'État,  et  les  avanta- 
ges d'un  gouvernement  d'État  concentré  dans  l'État. 

Ce  premier  État  des  Yougo-Slaves  fut  fondé,  comme  je  viens 
de  le  dire,  dans  le  bassin  du  moyen  Danube,  et  se  répandit 
naturellement  de  cet  endroit  vers  la  vallée  de  la  Morava  et  vers 
l'Adriatique,  tendance  qui   s'est  fait  sentir  jusqu'à  nos  jours. 

Mais  en  parlant  de  ce  premier  État  yougo-slave,  il  faut 
remarquer  encore  un  autre  fait  très  important  :  cet  État  engloba 
toutes  les  trois  parties  de  notre  peuple,  les  Serbes,  les  Croates 
et  les  Slovènes.  Il  a  donc  été  le  premier  État  yougo-slave  dans 
le  vrai  sens  du  mot.  Les' événements  et  le  développement  his- 
toriques dans  les  temps  futurs  ont  interrompu  le  travail  dans 
cettf?  direction  et  provoqués  un  recul,  et  nous  reviendrons 
seulement  maintenant,  après  onze  siècles,  à  la  formation  d'un 
état  unique  des  Serbo-Croates-Slovènes,  dont  les  premiers 
germes  furent  jetés  au  commencement  du  ix'  siècle. 

L'insurrection  de  Lyoudevit  ne  pouvait  cependant  pas  comp- 
ter sur  un  succès.  Le  soulèvement  d'une  petite  province  dans  un 
grand  État  bien  organisé,  comme  l'était  alors  la  Monarchie 
franque,  ne  pouvait  nullement  réussir.  Après  quatre  années  de 
luttes  acharnées,  l'insurrection  fut  étouffée  dans  le  sang. 

Mais  l'impression  provoquée  par  cet  État  sur  les  Yougo-Slaves 
était  très  grande,  et  le  changement  de  point  de  vue  était  énorme. 
Cent  cinquante  ans  après  ces  événements,  les  traditions  de  cet 
État  yougo-slave  existaient  encore  dans  le  peuple.  Les  douceurs 
de  la  liberté  étaient  trop  grandes  et  les  avantages  de  l'État 
étaient  tellement  évidents  que  le  peuple,  quoique  le  premier 
essai  n'eût  pas  eu  de  succès,  ne  pouvait  abandonner  l'idée  d'une 
vie  indépendante 

Ainsi  il  se  produisit  ceci,  qu'on  put,  après  l'échec  de  l'insur- 
rection de  Lyoudevit,  fonder  les  premiers  États  du  peuple  serbe 
et  du  peuple  croate.  L'État  serbe  fut  établi  vers  le  milieu  du 


LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE    AU    MOYEN    AGE.  289 

ix"  siècle  dans  le  centre  des  pays  serbes,  et  l'État  croate,  à  peu 
près  vers  la  même  époque,  sur  le  littoral  adriatique.  L'idée 
d'un  État  libre  indépendant,  semée  au  commencement  du 
ix"  siècle  dans  le  bassin  du  moyen  Danube  pendant  la  lutte 
contre  les  Francs,  ne  fut  pas  depuis  ce  temps  abandonnée  par 
le  peuple  serbe. 


Peu  de  temps  après  cela,  la  conversion  du  peuple  serbe  au 
(■liristianisnie  eut  lieu. 

En  venant  dans  les  pays  des  Balkans,  les  Serbes,  les  Croates 
e1  les  Slovènes  apportèrent  avec  eux  leur  ancienne  religion,  la 
religion  de  leurs  aïeux,  formée  sous  l'influence  des  conceptions 
et  de  la  cosmogonie  indo-européennes.  Cette  religion  consistait 
dans  la  vénération  des  forces  naturelles  et  elle  reçut  son  expres- 
sion dans  des  rites  divers,  qui  avaient  beaucoup  de  marques  de 
naïveté  et  de  tendresse  patriarcale  et  religieuse.  Mais  surtout 
ces  traits  humains  de  l'ancienne  religion  slave  furent  très  déve- 
loppés, même  très  exaltés,  dans  la  religion  du  peuple  serbe.  Ils 
étaient  les  marques  les  plus  significatives  de  la  vie  religieuse 
(lu  peuple  serbe  avant  sa  conversion  au  christianisme.  Et  quand 
le  peuple  serbe  fut  converti,  il  apporta  dans  sa  nouvelle  religion 
beaucoup  d'éléments  de  ses  anciennes  croyances. 

Ce  fait,  que  beaucoup  des  éléments  de  la  foi  et  des  rites  pou- 
vaient être  transplantés  de  la  vieille  religion  serbe  dans  le 
christianisme,  démontre  combien  cette  religion,  dans  ses  prin- 
cipes les  plus  importants,  devait  être  proche  de  la  religion  de  la 
vérité  éternelle  et  de  l'humanité  commune.  Ce  fut  la  vraie  cause 
pour  laquelle  le  peuple  serbe  se  convertit  facilement  et  vite. 
L'opposition  et  la  réaction  qui  s'élevèrent  chez  les  Serbes  contre 
•  le  christianisme  avaient  une  empreinte  plus  politique  que  reli- 
gieuse. 

Quoique  parmi  les  Serbes  il  y  eût  des  adhérents  aU'  chris- 
tianisme déjà  peu  de  temps  après  leur  arrivée  dans  les  Bal- 
kans, dans  le  premier  État  serbe  toutefois  le  christianisme  ne 
dominait  pas  et  n'était  pas  une  religion  d'État.  Cependant, 
quand  l'empire  byzantin  pouvait  exercer  un  pouvoir  réel  dans 
k'S  pays  serbes,  il  demanda,  pour  des  raisons  religieuses  et  des 

ORIENT   CHRETIEN.  '  11) 


290  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

raisons  politiques  au  moins  aussi  graves,  qu'on  introduisît  lé 
christianisme  comme  religion  d'État.  Cela  fut  fait,  mais  avait 
un  grand  inconvénient. 

Parce  que  ce  changement  fut  accompli  par  le  pouvoir  d'État 
byzantin  au  même  temps  où  le  peuple  serbe  fut  forcé  de  recon- 
naître son  autorité  suprême,  il  était  très  naturel  qu'il  considérât 
les  missionnaires  chrétiens,  qui  étaiélit  les  représentants  de  la 
religion  d'État,  comme  des  représentants  du  pouvoir  d'État 
byzantin  en  général,  et  à  cause  de  cela,  ils  les  considéraient 
comme  symboles  d'esclavage  et  de  soumission.  Si  on  prend 
en  considération  que  ces  représentants  de  la  nouvelle  religion 
lui  parlaient  dans  une  langue  inconnue  et  incompréhensible, 
et  qu'ils  ne  pouvaient  pas  comprendre  ce  peuple  non  encore 
civilisé,  sa  vie  spirituelle,  ses  inclinations,  ses  mœurs,  ses 
vertus,  quelques-uns  de  ces  représentants  de  la  nouvelle  reli- 
gion se  conduisaient  mal,  —  il  était  tout  naturel  qu'il  y  eût 
beaucoup  de  mécontentement  dans  le  peuple  serbe.  Ce  mécon- 
tentemerlt  et  par  conséquent  l'opposition  contre  le  christia- 
nisme furent  soutenus  d'abord  par  les  représentants  et  les  dé- 
fenseurs de  la  liberté  politique,  puis  par  tous  les  éléments 
conservateurs,  qui  aimaient  la  vieille  religion  des  aïeux,  et  à 
la  fin,  peut-être  le  plus,  par  les  représentants  de  la  hiérarchie 
païenne,  qui  pouvaient  être  blessés  par  le  nouvel  état  de  chose; 
dans  leurs  intérêts  non  seulement  spirituels,  mais  aussi  maté- 
riels. 

Toute  cette  opposition  religieuse  reçut  son  expression  au 
moment  où  le  peuple  se  souleva  pour  acquérir  la  liberté  politi- 
que. Combien,  dans  leur  conviction  à  ce  moment,  la  nouvelle 
religion  équivalait  au  pouvoir  politique,  on  peut  le  constater  par 
le  fait  que  les  insurgés,  en  se  soulevant  contre  Byzance,  chas- 
sèrent avec  les  employés  byzantins  aussi  les  missionnaires 
chrétiens,  c'est-à-dire  ensemble  les  représentants  de  l'État  et  • 
de  la  religion.  Ils  étaient  venus  ensemble,  ils  devaient  aussi 
partir  ensemble. 

De  cette  manière  le  nouvel  État  serbe,  établi  par  le  soulève- 
ment contre  Byzance,  se  mit  en  conflit  avec  le  christianisme. 
Mais  cet  état  de  chose  ne  pouvait  pas  durer  aussi  longtemps. 
Les  vainqueurs  avaient  lié  l'idée  de  la  liberté  et  de  l'indépen- 
dance de  l'État  avec  l'idée  de  l'ancienne  religion,  en  opposition 


LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE    AU    MOYEN    AGE.  291 

au  christianisme.  Mais  la  thèse  ainsi  conçue  était  tout  à  fait 
fausse.  La  religion  chrétienne  n'était  pas  l'adversaire  de  la 
liberté  du  peuple  et  d'un  État  indépendant.  Au  contraire,  elle 
pouvait  être  la  protectrice  et  la  garantie  poui-'le  soutien  de  la 
.liberté  conquise,  pour  l'organisation  et  le  fonctionnement  régu- 
lier de  l'État  et  pour  l'entrée  du  nouvel  État  dans  la  commu- 
nauté internationale. 

Malgré  cela,  il  y  avait  parmi  le ,  peuple  serbe,  depuis  son  " 
arrivée  dans  les  Balkans,  des  adhérents  au  cliristianisme,  et  le 
nombre  de  ceux  qui  adhéraient  à  la  nouvelle  religion  par  la 
conviction  de  l'exactitude  des  principes  qu'elle  propageait, 
augmenta  de  jour  en  jour.  Ce  nombre  était  si  grand,  que  les 
chrétiens  dans  le  nouvel  État  serbe,  après  l'expulsion  des  repré- 
sentants de  la  hiérarchie  byzantine  officielle,  avaient  conservé 
leur  hiérarchie  chrétienne  nationale. 

Dautres  influences  et  impulsions  très  importantes  se  pré- 
sentèrent. Dans  la  seconde  moitié  du  ix"  siècle,  de  grandes 
excitations  politiques  tenaient  en  haleine  toute  la  Péninsule  bal- 
kanique, et  tous  les  Slaves  de  l'Ouest  et  du  Sud.  A  Constan- 
tinople  on  inaugura  une  lutte  acharnée  contre  la  prépondé- 
rance du  Siège  romain.  En  même  temps  la  Bulgarie,  bien 
organisée  et  forte,  accepta  le  christianisme  et  le  proclama 
religion  d'État,  oscillant  et  louvoyant  très  habilement  entre 
Rome  et  Constantinople. 

A  Byzance  les  représentants  de  l'Église  officielle  permirent 
ou  reconnurent  la  propagation  du  christianisme  en  langue 
slave  et  la  traduction  dans  cette  langue  des  livres  liturgiques. 
C'est  l'époque  où  les  apôtres  slaves,  Cyrille  et  Méthode,  com- 
mencèrent leur  utile  travail  en  propageant  le  christianisme  en 
slave,  en  traduisant  les  livres  sacrés  et  en  organisant  la  hié- 
rarchie chrétienne  slave  nationale.  Cette-  action  se  produisit 
dans  le  voisinage  immédiat  des  pays  serbes,  chez  les  Slovènes 
et  Croates. 

Tout  cela  devait  avoir  un  grand  retentissement  chez  les 
Serbes  et  dans  le  nouvel  État  serbe.  Les  gens  ayant  une  in- 
fluence sur  les  affaires  de  l'État  devaient  comprendre  que  le 
peuple  serbe  et  l'État  serbe  devaient  entrer  dans  la  communauté 
internationale.  La  condition  de  cette  entrée  était  la  conver- 
sion à  la  religion  qui  signifiait  non  seulement  l'amour  de  l'hu- 


292  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

manité,  mais  aussi  la  culture  et  la  civilisation.  A  part,  cela, 
il  était  déjà  évident  à  ce  moment  que  la  religion  chrétienne 
ne  pouvait  pas  être  identifiée  avec  l'esclavage,  et  qu'on  pou- 
vait mettre  tout  à  fait  d'accord  la  liberté  et  cette  religion.  Dans 
le  peuple  même,  il  y  avait  déjà  sans  doute  assez  d'adhérents 
sincères  du  christianisme,  et  les  représentants  de  l'Église  et  de 
la  hiérarchie  chrétienne  excitèrent  aussi  une  vive  agitation  en 
faveur  de  leur  religion.  De  cette  manière,  le  christianisme, 
quoique  persécuté  et  banni  pendant  l'insurrection  et  la  fonda- 
tion de  l'État  serbe,  prit  de  plus  en  plus  racine. 

Combien  le  christianisme  avait-il  déjà  d'adhérents  dans  le 
peuple  serbe,  on  peut  le  voir  dans  ce  fait,  que  les  historiens 
vénitiens  nommeni  une  tribu  serbe,  habitant  sur  le  littoral 
adriatique,  «  lespagani  ».  Cela  veut  dire  qu'en  ce  temps  le  gros 
du  peuple  serbe  avait  déjà  accepté  la  religion  chrétienne,  puis- 
qu'il était  nécessaire  de  mettre  en  évidence  spéciale  par  sa 
dénomination  une  tribu  qui  avait  conservé  ses  anciens  dieux. 
Il  faut  encore  considérer  que  dans  les  pays  serbes,  spécialement 
sur  le  littoral  adriatique,  beaucoup  d'habitants  qui  n'apparte- 
naient pas  à  la  nationalité  serbe,  mais  qui  étaient  chrétiens, 
avaient  leur  organisation  ecclésiastique  ancienne.  Cette  organi- 
sation ecclésiastique  s'étendit,  paraît-il,  graduellement  sur  tous 
les  pays  serbes  et  engloba  l'État  serbe  entier. 

Il  y  a  une  tradition  très  intéressante  de  ce  temps,  notée  au 
xiii^  siècle.  D'après  elle,  le  roi  convoqua  une  grande  assemblée, 
à  laquelle  assistèrent  les  représentants  de  l'empereur  byzantin 
et  du  pape.  Cette  assemblée  vota  beaucoup  de  lois  civiles  et 
ecclésiastiques.  On  fit  aussi  la  division  administrative  des  pays 
serbes  et  serbo-croates.  Ce  fut  dans  ce  temps-là  que  les  pays 
serbes  et  croates  entrèrent  dans  la  communauté  internationale 
des  peuples  et  des  États  civilisés.  D'après  ce  fait  qui  marque 
combien  la  tradition  de  cet  événement  était  vive  et  forte,  on  peut 
voir  comment  le  peuple  serbe  comprit  l'importance  de  la  con- 
version au  christianisme  et  de  l'organisation  de  l'Église  chré- 
*  tienne. 

Quoique  nous  ayons  conservé  très  peu  de  sources  historiques 
de  cette  époque,  on  peut  quand  même  constater  que  la  cultur 
matérielle  se  répandit  dans  le  peuple  serbe.  On  mentionne,  pa 
exemple,  chez  les  Serbes,  l'éducation  des  faucons  qui  étaient 


LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE   AU    MOYEN    AGE.  20'-] 

employés  pour  la  chasse.  11  y  avait  en  ce  temps-là  des  Serbes 
qui  s'occupaient  aussi  de  commerce,  car  il  y  a  des  notices  de 
provenance  vénitienne  qui  font  savoir  que  les  commerçants 
serbes  en  nombre  considérable  se  dirigèrent  en  Italie  sur  leurs 
navires,  pour  y  faire  du  commerce. 

L'État  serbe,  formé  dans  le  centre  des  pays  serbes  au 
ix"  siècle,  ne  dura  pas  longtemps.  Au  commencement  de  la 
seconde  moitié  du  x"  siècle,  il  fut  soumis  par  les  Byzantins, 
Dans  ce  temps  la  religion  chrétienne  fut  consolidée  dans  le 
peuple  serbe.  Et  quand,  peu  de  temps  avant  le  milieu  du 
XI''  siècle,  pendant  la  domination  d'un  parti  pacifique  à  Byzance, 
sur  le  littoral  serbe  une  insurrection  s'éleva  contre  les  Byzan- 
tins, les  insurgés  ne  lièrent  plus  leur  liberté  à  leur  religion 
ancienne  comme  autrefois.  Au  contraire,  déjà  pendant  la  lutte 
contre  Byzance  on  mit  en  évidence  que  les  insurgés  sont  des 

chrétiens,  et  de  bons  chrétiens. 

I 

Ce  nouvel  Etat  serbe,  fondé  sur  le  littoral  adriatique  dans 
un  milieu  géographique  et  politique  nouveau,  fut  le  premier 
jour  de  son  existence  un  État  chrétien  et  il  fut  considéré  par- 
tout comme  tel. 

Cet  État  nouveau  attira  à  lui  TÉglise  romaine  et  TÉglise 
liyzantine.  Peu  de  temps  après  la  fondation  de  cet  État  serbe,  la 
séparation  définitive  des  deux  Églises  se  produisit,  et  il  était  très 
naturel  que  toutes  les  deux  eussent  le  souci  de  prendre  chacune 
dans  sa  sphère  l'État  serbe  et  son  Église.  Cette  intention  était 
pour  l'Église  romaine  très  importante,  surtout  à  cause  de  la 
conviction  où  elle  était  que  les  pays  serbes  lui  avaient  été  arra- 
chés brutalement  au  commencement  du  viii"  siècle,  quand  l'em- 
pereur byzantin  Léon  III,  à  cause  de  l'anathème  jeté  sur  lui 
par  Tévêque  de  Rome  à  propos  de  ses  décrets  contre  les  saintes 
images,  enleva  au  Saint-Siège  la  Péninsule  balkanique, 
excepté  la  Dalmatie,  et  la  soumit  au  patriarcat  de  Constanti- 
nople. 

Les  hommes  d'État  serbes  inclinèrent  vers  Rome.  Ils  étaient 
conduits  dans  cette  direction  par  des  traditions  anciennes,  par 
la  proximité  de  leur  pays  et  la  facilité  des  communications 
avec  l'Italie,  mais  surtout  par  un  malentendu  avec  les  Byzan- 
tins. En  se  tournant  vers  Rome,  les  Serbes  dem^andèrent  beau- 
coup   au  Saint-Siège  :  la  proclamation  du  royaume,  c'est-à- 


294  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

dire  de  F  indépendance,  et  une  hiérarchie  indépendante.  Ces 
demandes  montrent  cependant  un  certain  degré  de  civilisation 
et  une  certaine  habileté  et  prudence  politique. 

A  la  curie  romaine  on  comprit  l'importance  de  la  proposition 
serbe  et  la  valeur  du  nouvel  allié  et  sujet.  Ce  fut  la  cause  pour 
laquelle  le  pape  Alexandre  II  donna  à  l'État  serbe  un  arche- 
vêché indépendant  (1067),  et  que  le  grand  pape  Grégoire  VII, 
qui  avait  n  dire  le  mot  décisif  déjà  pour  la 'création  de  l'Église 
indépendante  serbe,  envoya  au  prince  serbe  .Michel  en  1077  les 
insignes  de  la  puissance  royale  et  le  fit  couronner  roi. 

La  proclamation  de  l'État  serbe  comme  royaume,  la  cou- 
ronne et  l'autorisation  de  l'indépendance  de  l'État,  reçues  d'un 
pape  dont  toutes  les  entreprises  furent  grandes  et  extraordi- 
naires, devaient  faire  une  impression  énorme  non  seulement 
sur  le  peuple  serbe,  mais  aussi  partout  hors  de  la  Serbie.  Déjà 
ces  deux  faits,  l'organisation  de  l'Église  indépendante  et  la  pro- 
clamation de  la  royauté,  montrent  combien  ce  deuxième  État 
serbe,  en  ce  qui  concerne  la  culture,  était  en  avance  sur  le  pre- 
mier Etat  serbe  au  ix''  siècle.  Mais"  il  y  a  aussi  d'autres  faits, 
qui  prouvent  le  progrès  et  un  plus  haut  degré  de  civilisation 
dans  le  deuxième  État  serbe. 

Fai  ce  temps-là,  dans  la  seconde  moitié  du  xi'"  siècle,  on  com- 
mença sur  le  littoral  adriatique  à  bâtir  des  églises  et  des 
couvents  et  on  organisa  la  hiérarchie  ecclésiastique.  Les  rela- 
tions politiques,  culturelles  et  économiques  du  peuple  serbe 
avec  les  autres  pays  devinrent  sensiblement  plus  fortes.  Les 
Serbes  communiquèrent  non  seulement  avec  leurs  voisins  les 
Byzantins,  les  Bulgares  et  les  Hongrois,  mais  aussi  avec  les 
Vénitiens,  les  Sarrasins,  la  curie  papale,  l'Italie  et  les  Nor- 
mands. Les  émigrants  normands  d'Italie  cherchèrent  asile  en 
Serbie,  et  les  émigrants  serbes  s'enfuirent  en  Italie,  où  ils  se 
marièrent,  et  revinrent  dans  les  pays  serbes  avec  leurs  nouveaux 
amis  et  parents. 

Toutes  ces  relations  défilent  produire  une  grande  influence 
et  faciliter  l'entrée  de  nouveaux  éléments  de  la  culture  et  de 
la  civilisation  dans  les  pays  serbes.  L'histoire  du  peuple  serbe 
s'élargit  ;  il  entra  de  plus  en  plus  en  rapports  avec  des  nations 
plus  civilisées,  desquelles  il  pouvait  beaucoup  apprendre.  On 
peut  déjà  à  cette  époque  constater  les  racines  d'une  organisation 


LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE   AU    MOYEN    AGE.  295 

forte  et  sage,  qui  pouvait  être  apprise  par  les  Serbes  des  Nor- 
'mands,  le  peuple  le  plus  habile  et  le  plus  intelligent  dans  This- 
toire  du  monde  pour  la  formation  des  Etats. 

Mais  on  peut  constater  en  ce  second  État  serbe  qu'il  y  avait 
éii  dehors  des  éléments  de  la  culture  matérielle  et  de  la  politi- 
que pratique,  encore  beaucoup  d'autres  choses  qui  démontrent 
un  progrès  considérable  en  ce  qui  représente  la  culture  et  la 
civilisation. 

A  cette  époque  (nous  sommes  au  milieu  du  xi'"  siècle)  on  peut 
constater  les  premières  traces  de  la  littérature  serbe.  Un  prince 
de  la  province  serbe  Zêta,  à  peu  près  le  ÎMonténégro  actuel, 
assassiné  traîtreusement  par  un  prince  bulgare,  en  dépit  de  sa 
parole  d'honneur,  trouva  son  Idographe,  qui  décrivit  la  vie  et 
la  mort  du  premier  prince  serbe  mort  martyr.  Et  depuis  cette 
époque,  quoique  cet  État  serbe  fût  bientôt  anéanti,  et  que  le 
centre  de  la  vie  nationale  et  d'État  fût  transféré  dans  un  autre 
endroit,  on  conserva  sur  le  littoral  serbe  les  traditions  du  tra- 
vail littéraire,  aussi  bien  que  les  traditions  de  l'indépendance 
de  l'État  et  de  l'habileté  politique.  L'importance  de  ce  centre 
politique  et  cultuel  resta  aussi  en  vigueur  pendant  l'époque 
suivante,  parce  que  les  relations  économiques,  cultuelles  et  poli- 
tiques de  ces  endroits  étaient  toujours  très  actives  avec  le  monde 
extérieur,  parce  que  là  était  et  restait  le  centre  de  l'organisation 
de  l'Église  catholique  pour  toutes  les  provinces  de  l'État  serbe 
indépendant,  et  parce  que  là  aussi  existèrent  les  églises  et 
les  monastères  qui  étaient  les  pépinières  de  la  civilisation. 

De  cette  manière,  quand  cessa  la  lutte  pour  la  question  du 
lieu  où  se  trouveraient  le  centre  de  l'État  serbe  (une  lutte  qui 
remplit  presque  tout  le  xii"  siècle),  Zêta  retint  son  importance 
politique  et  cultuelle,  qui  étaitpresque  aussi  grande  qu'autrefois, 
quand  dans  cette  province  se  trouvait  le  centre  de  la  \ie  natio- 
nale de  l'État  serbe.  Mais  elle  fut  malgré  ses  belles  traditions, 
malgré  ses  fréquentes,  relations  d'outre-mer,  malgré  le  centre 
de  l'organisation  de  l'Église  catholique,  mise  au  second  plan,  à 
cause  du  nouveau,  ou  plutôt  du  centre  renouvelé,  dans  le  pays 
où  fut  fondé  le  premier  État  serbe. 

Par  la  fondation  de  ce  nouveau  centre  et  par  sa  victoire  dans 
la  lutte  pour  sa  prédominance  dans  les  pays  serbes,  commence 
une  nouvelle  époque  du  peuple  et  de  la  civilisation  serbe. 


296  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 


III 


L'État  serbe  fondé,  ou  plutôt  renouvelé,  dans  le  centre  des 
pays  serbes  au  xii''  siècle,  est  l'État  lé  plus  important  chez  les 
yougo-slaves  au  moyen  âge. 

L'État  serbe  au  moyen  âge  s'était  renouvelé  trois  fois.  Pen- 
dant le  troisième  renouvellement  la  Bosnie  se  sépara  et  forma 
un  État  à  part.  A  la  fin  du  xiv^  siècle  Zêta  se  sépara  de  l'État 
des  Némagnides,  et  au  commencement  du  xv^  siècle  de  la  Bos- 
nie THerzegovine.  De  cette  manière  le  peuple  serbe  au  moyen 
âge  possédait  en  somme  six  États.  De  tous  ces  États  le  plus 
hautement  important  est  l'État  des  Némagnides.  Cet  État  c'est 
la  Serbie  du  moyen  âge  par  excellence. 

Aujourd'hui  encore,  quand  un  Serbe  pense  à  son  histoire,  il 
se  souvient  d'abord  de  cet  État.  L'histoire  de  cet  Èta.t  c'est  celle 
du  peuple  serbe  au  moyen  âge.  C'est  l'État  de  l'empire  de  Dou- 
chan  et  de  la  bataille  de  Kossovo,  il  fournit  presque  toutes 
les  traditions  nationales,  et  toutes  les  personnes  du  moyen  âge 
mentionnées  dans  ces  traditions  jouèrent  un  rôle  dans  cet  État. 
Tout  l'orgueil  que  possède  le  peuple  serbe  du  passé  national 
se  rapporte  à  cet  État  et  le  renouvellement  de  cet  État  a  toujours 
été  le  but  des  aspirations,  des  revendications  et  des  vœux  du 
peuple  serbe  à  travers  les  siècles. 

Mais  l'État  des  Némagnides  n'est  pas  seulement  un  symbole 
de  la  sagesse  politique  et  de  la  puissance  militaire;  il  est  en 
même  temps,  et  plus  que  cela,  le  représentant  de  la  civilisation 
du  peuple  serbe  au  moyen  âge. 

Auprès  de  la  grande  figure  de  l'empereur  Douchan,  dont  l'État 
s'étendait  du  Danube  et  de  la  Save  à  Olympe  et  de  la  mer  Adria- 
tique jusqu'à  la  Meste,  à  côté  du  prince  martyr  Lazare,  décapité 
à  Kossovo,  à  côté  du  héros  national,  le  Roland  serbe,  Kralyé- 
vitch  Marco,  le  personnage  le  plus  populaire  dans  l'histoire 
serbe  du  moyen  âge,  est  le  fils  du  fondateur  de  cet  État,  saint 
Sabas,  le  grand  patriote,  l'excellent  homme  d'État,  le  fondateur 
de  la  littérature  serbe,  l'organisateur  de  la  hiérarchie  ecclésias- 
tique nationale,  le  créateur  de  la  civilisation  serbe  au  moyen 
âge.  La  grande  et  sympathique  figure  de  saint  Sabas  devint 
dans  les  temps  modernes  protectrice  des  écoles  serbes  et  symbole 


/  LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE   AU    MOYEN    AGE.  297 

de  la  civilisation.  On  peut  dire  sans  exagération  que  saint 
Sabas  est  le  personnage  le  plus  sympathique  dans  l'histoire 
serbe  et  Thomme  le  pluspopulaire  chez  le  peuple  serbe. 

Un  des  plus  anciens  poèmes  serbes  caractérise  très  bien  le 
travail  de  saint  Sabas  et  ses  idées.  On  raconte  dans  ce  poème 
qu'on  réunit  une  assemblée  auprès  d'une  église  à  Kossovo;  on 
posa  dans  cette  assemblée  la  question  :  «  Qu'a-t-on  fait  des 
grandes  richesses  de  Stéphane  Nemagna?  »  Saint  Sabas,  qui 
assistait  fortuitement  à  cette  assemblée,  répondit  à  cette,  inter- 
pellation :  «  Mon  père  n'a  pas  réparti  ses  richesses  en  fabri- 
quant des  massues  et  des  haches,  ni  en  harnachant  les  chevaux, 
mais  en  bâtissant  de  grands  monastères  »,  —  et  il  énuméra 
tous  les  monastères  bâtis  par  son  père.  Toute  l'assemblée 
répondit  à  cet  exposé  par  des  exclamations  de  bénédiction.  Ce 
trait  est  très  intéressant,  parce  qu'il  montre  que  cette  grande 
génération  de  Stéphane  Nemagna,  qui  a  fondé  un  nouvel  État 
avec  ses  bras  et  au  prix  de  grands  sacrifices,  préféra  la  civili- 
sation à  la  force  brutale. 

Les  circonstances  pendant  lesquelles  naquit  l'État  de  Nema- 
gna étaient  cependant  très  gra^■es. 

L'État  serbe,  fondé  au  milieu  du  xi'' siècle  sur  le  littoral  adria- 
tique,  s'affaiblit  au  commencement  du  xii"  siècle,  â  cause  des 
luttes  dynastiques  incessantes.  La  puissance  centrale  était  tout 
à  fait  anéantie,  et  quelques  provinces,  qui  h'étaient  déjà  pas 
très  attachées  au  pouvoir  central,  commencèrent  à  émettre  des 
tendances  séparatistes  et  tentèrent  de  devenir  indépendantes. 

Entré  les  provinces  qui  se  distinguèrent  par  la  tradition,  par 
la  force  et  par  la  lutte  pour  la  liberté,  se  trouva  la  province 
Rachka,  qui  formait  jadis  le  centre  du  premier  État  serbe. 

Une  grande  lutte  fut  engagée  entre  ces  deux  provinces  pour 
la  prépondérance.  Après  des  combats  acharnés,  la  province  de 
Rachka  demeura  victorieuse,  grâce  à  sa  situation  géographique 
opportune,  à  la  ténacité  et  à  la  vaillance  de  ses  montagnards, 
ainsi  qu'aux  vertus  et  à  la  capacité  du  fondateur  de  la  nouvelle 
dynastie  Stéphane  Nemagna  (1169-1196). 

La  victoire  de  Rachka  dans  la  lutte  pour  la  prédominance, 
l'établissement  d'un  nouvel  État  avec  une  nouvelle  dynastie  à  sa 
tête,  fut  une  époque  dans  l'histoire  du  peuple  serbe.  Avec  la 
fondation  de  ce  nouvel  État  commença  une  nouvelle  période 


298  REVUE    DE   l'orient    CHRÉTIEN. 

dans  son  histoire,  une  période  de  la  puissance  et  de  la  gran- 
deur, des  progrès,  de  l'élan,  de  la  civilisation. 


Dans  les  livres  historiques,  serbes  et  étrangers,  cette  période 
de  l'histoire  du  peuple  serbe,  qui  engloba  le  temps  qui  s'est 
écoulé  du  xii"  siècle  jusqu'à  la  fin  du  xv%  est  d'habitude  repré- 
sentée comme  un  temps  qui  n'a  pas  amené  de  grands  change- 
ments. Mais  cette  idée  est  tout  à  fait  fausse. 

En  exposant  cette  période  de  l'histoire  serbe  on  néglige 
d'habitude  une  des  choses  des  plus  importantes  et  des  plus 
intéressantes,  on  ne  souligne  pas  assez  le  progrès  de  l'État, 
surtout  le  progrès  cultuel  et  civilisateur,  et  c'est  un  fait  des  plus 
remarquables  dans  l'histoire  du  peuple  serbe  en  général.  La  dif- 
férence, entre  l'état  de  chose  du  xii"  siècle,  pendant  le  règne  de 
Stéphane  Nemagna,  et  au  xv'  siècle,  quand  les  pays  serbes 
furent  pris  par  les  Turcs,  en  ce  qui  concerne  la  culture  et  la 
civilisation,  n'est  pas  moindre  qu'entre  la  Serbie  de  Kara- 
georges  au  commencement  du  xix"  siècle  et  la  Serbie  du  lende- 
main des  grandes  guerres.  Il  .suffit,  à  cet  égard,  de  comparer 
ce  qu'ont  écrit  sur  la  Serbie  des  Némagnides  au  commencement 
et  à  la  fin  de  sa  vie,  deux  Français,  dont  l'un  des  plus  grands 
historiens,  Guillaume  archevêque  de  T3T,  et  l'autre  l'intelligent 
et  spirituel  Bertrand  de  Broquière. 

La  différence  entre  l'État  des  Némagnides  pendant  le  règne 
de  son  fondateur  au  xii®  siècle,  et  pendant  le  règne  de  ses  deux 
derniers  souverains,  est  énorme.  Cette  différence  peut  être  cons- 
tatée d'abord  dans  les  changements  et  augmentations  territo- 
riales. Pendant  le  règne  de  Nemagna  son  État  n'engloba  que  les 
pentes  de  Kopaonike,  dans  la  Métochie  fertile,  sans  la  vallée 
de  la  Morava  et  de  Vardar.  Plus  tard  il  s'étendait  dans  toutes 
les  directions,  surtout  à  l'est,  dans  la  vallée  de  Morava  et  au 
sud,  dans  la  vallée  de  Vardar.  Par' la  grande  victoire  sur  les 
Bulgares  à  Velbouchde,  en  1330,  la  question  de  la  Macédoine 
fut  résolue  en  faveur  des  Serbes,  et  au  milieu  du  xiv''  siècle, 
à  l'apogée  de  sa  puissance,  l'État  des  Némagnides  renferma  en 
lui-même  une  étendue  quatre  fois  plus  grande  qu'au  temps  où 
son  fondateur  abdiqua  la  couronne. 


LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE    AU    MOYEN    AGE.         299 

Mais  la  différence  ne  consista  pas  seulement  en  ce  qui  con- 
cernait le  nombre  de  kilomètres  carrés,  des  habitants  et  des 
soldats,  mais  surtout  en  ce  qui  concernait  un  progrès  considé- 
rable dans  la  civilisation,  dans  la  culture  et  dans  la  vie  éco- 
nomique. 

Dans  l'espace  d'une  leçon  on  ne  peut  guère  présenter  tous  les 
détails  de  ces  progrès.  A  cause  de  cela,  j'essaierai  de  toucher  à 
quelques  points,  les  plus  importants. 

Quand  Stéphane  Nemagna  commença  la  lutte  pour  l'établis- 
sement d'un  nouvel  État,  et  quand  il  consolida  le  nouveau  centre 
du  peuple  serbe  dans  les  pays  qui  devaient  former  dans  l'ave- 
nir le  grand  État  serbe,  on  ne  pouvait  trouver  que  sur  le  littoral 
quelques  églises  de  briques  ou  de  pierres.  Cependant,  au  temps 
où  les  Turcs  conquirent  les  pays  serbes,  il  y  avait  plus  de  vingt 
grands  couvents,  avec  de  larges  églises,  dans  lesquelles  il  y 
avait  des  fresques  et  des  mosaïques  ornées  d'or,  d'argent  et  de 
pierres  précieuses,  des  murailles  hautes  et  épaisses,  garnies  de 
tours.  En  dehors  de  cela  il  y  avait  encore  beaucoup  de  couvents 
plus  petits  et  un  nombre  immense  d'églises.  Ainsi  on  peut  dire 
que  certains  endroits  dans  les  pays  serbes  étaient  hérissés  d'é- 
glises. Je  ne  crois  pas  être  obligé  de  souligner  que  les  couvents 
et  les  églises  en  ce  temps  n'étaient  pas  seulement,  chez  nous 
aussi,  des  institutions  religieuses,  mais  qu'ils  étaient  plutôt  des 
centres  de  civilisation,  dans  lesquels  on  cultivait  la  littérature, 
les  artè  et  les  sciences.  Il  faut  cependant  remarquer  de  plus  le 
fait  que,  déjà  au  xiv'  siècle,  les  couvents  en  Serbie  étaient  aussi 
les  centres  de  l'économie  nationale,  et  par  conséquent,  non 
seulement  les  pépinières  de  la  morale  et  de  la  civilisation,  mais 
aussi  de  la  culture  matérielle,  de  l'agriculture  et  de  l'économie. 

Il  y  eut  aussi  d'autres  institutions,  introduites  seulement  avec 
le  temps  dans  l'État  dqs  Némagnides.  Ainsi  par  exemple  au 
temps  du  règne  de  Stéphane  Nemagna  et  de  la  fondation  de 
son  État,  dans  les  pays  serbes  aucune  mine  n'était  en  exploita- 
tion. Dès  le  milieu  du  xiîi"  siècle  cependant,  on  commença  à 
l'xploiter  les  mines,  et  au  xv^  siècle,  le  lendemain  de  la  chute  de 
l'empire  serbe,  les  revenus  des  mines  pour  l'État  comptaient 
plusieui's  centaines  de  milliers  d'écus. 

En  relation  avec  l'exploitation  des  mines,  il  y  avait  aussi  la 
question  de  l'argent  serbe.  Au  xii' siècle  et  dans  la  première 


300  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

moitié  du  xiii'  siècle,  l'État  serbe  ne  battit  pas  de  monnaie,  et  en 
Serbie  il  n'y  avait  en  circulation  que  les  monnaies  vénitiennes, 
byzantines,  hongroises,  etc.  Depuis  le  milieu  du  xiii''  siècle  l'État 
serbe  commença  à  battre  sa  monnaie,  et  à  la  fin  du  xiv"  siècle 
et  au  XV®  presque  chacun  des  seigneurs  féodaux  et'des  seigneurs 
demi-indépendants  battirent  leurs  monnaies. 

Au  commencement  du  xiv"  siècle  la  monnaie  serbe  circulait 
en  Jurande  quantité  dans  les  villes  de  la  Lombardie,  à  tel  point 
qu'il  valait  la  peine  pour  les  spéculateurs  de  ces  pays  de  contre- 
faire la  monnaie  serbe  en  la  forgeant  plus  légère,  afin  de  trou- 
ver de  cette  façon  un  plus  grand  profit.  Le  conseil  municipal 
dans  les  villes  de  Lombardie  était  obligé  de  prendre  des  me- 
sures rigoureuses  pour  empêcher  la  diffusion  de  la  fausse  mon- 
naie serbe.  Il  est  assez  vraisemblable  que  l'État  serbe  était 
mêlé  à  cette  affaire,  et  on  peut  supposer  que  la  fabrication  de  la 
fausse  monnaie  était  un  point  dans  le  programme  financier  des 
ministres  des  finances  serbes  de  ce  temps.  Il  y  a  des  données 
historiques  qui  montrent  que  la  République  de  Venise  prit 
des  mesures  répressives  à  cause  du  poids  insuffisant  de  la 
monnaie  serbe.  Que  la  question  de  la  monnaie  serbe  intéressât 
en  ce  temps,  on  peut  le  constater  par  le  fait  que  Dante  dans  sa 
«  Comédie  »  mentionne  dans  l'enfer  le  roi  serbe  Miloutine  (1282- 
1321),  qui  y  vint  à  cause  de  la  fabrication  de  la  fausse  monnaie. 

Combien  dans  l'État  des  Némagnides  pendant  les  deux  cents 
ans  de  son  existence  la  prospérité  matérielle  progressa-t-elle, 
on  peut  le  constater  par  ce  fait,  entre  autres,  que  les  offrandes 
de  la  petite  noblesse  aux  monastères  vers  le  xiv'  siècle,  en  ce 
qui  concerne  le  sol,  les  gens  et  les  autres  présents,  sont  en  géné- 
ral beaucoup  plus  riches  que  les  offrandes  qu'à  faites  Stéphane 
Nemagna  à  son  plus  important  et  plus  grand  monastère. 

Le  progrès  de  la  prospérité  matérielle  de  l'État  serbe  des 
Némagnides  peut  être  constaté  aussi  bien  par  le  progrès  du 
commerce  serbe  et  par  l'augmentation  des  articles  d'expor- 
tation et  d'importation.  A  cet  égarcf  nous  possédons  un  docu- 
ment très  caractéristique  dans  une  lettre,  écrite  par  la 
république  de  Raguse  au  despote  Stéphane  Lazarévitch  au 
commencement  du  xv'  siècle,  pour  protester  contre  l'interdic- 
tion de  l'exportation  de  quelques  articles  nouveaux  de  la  Ser- 
bie. Les  Ragusins  citent  qu'ils  exportèrent  vraiment  plus  d'ar- 


LA    CIVILISATION    DU    PEITLE    SERBE    AU    MOYEN    AGE.  301 

tioles  qu'autrefois,  ruais  que  la  république  importe  aussi  plus 
de  marchandises  différentes  que  jadis. 

Le  progrès  de  la  culture  matérielle  dans  l'État  des  Néma- 
gnides  est  rendu  évident  aussi  par  cet  exemple.  Au  commence- 
ment de  la  seconde  moitié  du  xiii*'  siècle  un  envoyé  byzantin 
arriva  à  la  cour  serbe;  il  fut  très  surpris  de  trouver  la  reine 
serbe(c'était  une  française)  Hélène,  femme  du  roi  Ouroche,  filant 
la  quenouille  avec  ses  filles  et  belles-filles.  Après  quelques  dizai- 
nes d'années,  un  autre  envoyé  byzantin,  reçu  à  la  cour  serbe 
qu'il  rencontra  en  voyage  aux  environs  de  Bitoly,  mangea  des 
poissons  du  Danube  sur  des  assiettes  d'or. 

Au  commencement  il  n'y  avait  pas  dans  cet  État  d'indigènes 
faisant  le  commerce  et  entreprenant  des  affaires  différentes.  Au 
premier  siècle  de  sa  fondation,  les  architectes,  les  entrepre- 
neurs, les  sculpteurs  et  les  peintres  qui  travaillèrent  dans  les 
couvents  et  les  églises  serbes  étaient  amenés  de  l'étranger. 
Dans  la  biographie  de  saint  Sabas  on  raconte  qu'en  revenant  de 
son  voyage  en  Terre  Sainte,  il  passa  par  Salonique  ou  Constan- 
tinople,  et  qu'il  eut  des  entretiens  avec  les  peintres  et  les 
artisans  impériaux,  et  comment  il  les  emmena  en  Serbie. 

Dans  les  pays  serbes  aux  xii''  et  xiii"  siècles,  les  édifices  étaient 
construits  et  peints  seulement  par  les  étrangers,  d'après  ce  que 
nous  savons.  Mais  avec  le  temps  il  s'est  produit  à  cet  égard  un 
grand  changement.  Au  commencement  du  xiv"  siècle  on  peut 
trouver  dans  les  sources  historiques  la  notice  que  l'archevêque 
serbe  Daniel  II  (1326-1337)  s'occupa  de  l'architecture  et  qu'il 
dessina  le  plan  de  quelques  bâtiments  ecclésiastiques.  A  la  fin 
de  ce  même  siècle,  les  savants  pouvaient  déjà  constater  un 
style  spécial  serbe  dans  l'architecture,  et  il  y  avait  déjà  des 
architectes  et  des  entrepreneurs  serbes. 

De  la  même  façon  on  sent  de  plus  en  plus  l'entrée  des  élé- 
ments indigènes  dans  le  commprce.  Au  commencement  tout  le 
trafic  en  Serbie  était  entre  les  mains  des  étrangers,  mais  avec 
le  temps  les  Serbes  commencèrent  à  y  participer.  Au  xV'  siècle 
ils  sont  déjà  très  habiles,  ils  entrent  déjà  dans  des  entreprises 
diverses,  ils  prennent  à  bail  les  mines,  ils  font  du  commerce 
ils  versent  leur  argent  dans  les  entreprises  pour  participer  au 
profit,  ils  font  des  spéculations  avec  le  change,  etc. 

Le  progrès  peut  être  constaté  aussi  dans  l'organisation  et 


3U2  REVUE    DE   L  ORIENT    CHRETIEN. 

l'administration  de  TÉtat  et  de  l'Église.  Au  commencement, 
l'administration  de  l'État  était  tout  à  fait  incomplète  et  primi- 
tive; avec  le  temps  elle  s'augmenta  et  se  perfectionna.  Au 
commencement,  il  y  avait  très  peu  d'employés,  les  chancel- 
leries n'existaient  presque  pas,  tous  les  procédés  étaient  simples 
et  primitifs.  Avec  le  temps,  le  cadre  des  employés  se  forma,  il 
y  eut  une  hiérarchie  d'employés,  et  les  fonctions  se  différen- 
cièrent. 

Dans  l'Église  ce  fut  la  même  chose.  Quand  Nemagna  fonda 
son  État,  il  n'existait  qu'un  seul  diocèse.  En  formant  l'admi- 
nistration de  l'Église  indépendante,  saint  Sabas  en  érigea  huit 
(1219).  Plus  tard  ce  nombre  augmenta,  les  évêques  devinrent 
métropolites,  etc.  * 

La  différence  se  produisit  aussi  en  ce  qui  concerne  les  fonc- 
tionnaires dans  l'État.  Au  commencement,  ce  sont  les  moines 
qui  tiennent  presque  toutes  les  fonctions  dans  leurs  mains; 
avec  le  temps,  les  laïques  prennent  part  de  plus  en  plus  à  toutes 
les  affaires  d'État. 

L'art  diplomatique  a  fait  aussi  un  grand  progrès.  Primitif, 
simple,  sans  principe  au  commencement,  il  se  développa  avec 
le  temps  comme  une  profession  bien  réglée.  A  la  première 
moitié  du  xiii*  siècle  le  roi  Vladislave  fut  obligé  dans  un  acte 
de  faire  des  reproches  à  un  supérieur  de  monastère,  parce  qu'il 
avait  perdu  par  négligence  le  privilège  ou  la  Bulle  de  fonda- 
tion du  monastère.  Après  cent  ans,  la  cour  d'État  et  les  monas- 
tères n'étaient  plus  seuls  à  avoir  leurs  archives,  mais  les  sei- 
gneurs avaient  aussi  leurs  coffres,  dans  lesquels  ils  gardaient 
leurs  documents  importants. 

En  général,  on  peut  constater  qu'au  moins  dans  la  même 
mesure  que  le  progrès  de  la  culture  matérielle  dans  l'État  des 
Némagnides,  il  y  eut  aussi  le  progrès  de  la  culture  intellec- 
tuelle et  de  la  civilisation. 

Au  commencement  la  littérature  serbe  est  dans  ses  langes. 
Nous  connaissons  en  ce.  temps  seulement  les  premiers  germes 
de  la  littérature,  développée  sous  l'influence  des  disciples  de 
Cyrille  et  Métliode,  dans  l'État  serbe  du  littoral  adriatique. 
Mais  c'est  encore  là  la  littérature  «  -^ieux  slave  »  ;  la  littérature 
serbe  proprement  dite  n'existait  pas  encore.  Mais  au  xii''  siècle 
les  copistes  serbes  commencèrent,   d'abord  sans  le  vouloir, 


LA    riVILlSATIOX    DU    PEUPLI-:    SKRBF.   AU    MOYEN    AGE.  303 

puis  volontairement,  à  introduire  dans  leurs  copies  les  termes 
"de  leur  propre  langue,  ou  au  moins  de  leur  prononciation.  De 
cette  manière  se  forma  graduellement  une  rédaction  serbe  des 
livres  ecclésiastiques  vieux  slave.  En  peu  de  temps  cette  rédac- 
tion fit  son  entrée  dans  la  vie  pratique,  dans  la  diploma- 
tie, etc. 

Au  commencement  du  \\\f  siècle  cependant  le  fondateur  de 
l'indépendance  et  de  Torganisation  de  l'Église  serbe,  saint 
Sabas,  écrit  la  biographie  de  son  père,  et  par  cela  il  établit  la 
littérature  serbe  au  moyen  âge. 

Depuis  ce  temps  la  littérature  serbe  se  développa  et  aug- 
menta considérablement,  et  au  cours  des  deux  siècles  suivants 
elle  atteignit  un  degré  assez  élevé.  Déjà  Stéphane  Nemagna, 
le  fondateur  de  l'État,  n'avait  pas  moins  de  quatre  biographes, 
dont  deux  étaient  ses  propres  fils,  saint  Sabas  et  le  roi  Sté- 
phane, surnommé  le  premier  couronné. 

En  ce  temps  la  littérature  serbe  se  développe  constamment 
dans  toutes  les  directions,  non  seulement  par  le  nombre  des 
livres  et  des  productions,  mais  aussi  par  les  genres:  elle  fait 
également  des  progrès  dans  la  qualité,  ainsi  qu'au  temps  où 
la  Serbie  se  trouvait  en  état  de  défaillance  politique,  la  litté- 
rature serbe  était  à  l'apogée  de  sa  production  et  de  sa  valeur. 
En  ce  temps-là,  la  littérature  serbe  dépassait  les  limites  théo- 
logiques et  religieuses,  elle  pouvait  déjà  présenter  des  œuvres 
historiques,  des  œuvres  de  linguistique,  des  biographies  de 
personnages  qui  n'étaient  pas  des  saints ,  et  même  des  pro- 
ductions de  belles-lettres,  par  exemple  «  Le  chant  d'amour  », 
écrit  par  le  souverain  serbe  Stéphane  Lazarevitch  (1389-1427). 
La  littérature  serbe  en  ce  temps  n'est  pas  seulement  cultivée 
dans  les  couvents,  comme  c'était  le  cas  au  commencement, 
mais  aussi  dans  les  cours  et  castels  des  seigneurs  féodaux. 
Ces  seigneurs  avaient  déjà  leurs  bibliothèques  privées. 

Tandis  qu'au  commencement  les  souverains  étaient  illettrés 
ou  seulement  demi-lettrés,  au  \v"  siècle  les  enfants  des  sei- 
gneurs féodaux  avaient  leurs  gouverneurs  étrangers,  et  ils 
signaient  quelquefois  à  dessein  avec  des  lettres  latines  les  do- 
cuments écrits  en  caractères  cyrilliques,  comme  pour  se  van- 
ter de  cela. 

Combien  en  Serbie  en  ce  temps-là  les  sciences  étaient  esti- 


301  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

mées,  on  peut  en  juger  par  le  trait  suivant.  Quand,  à  cause 
du  littoral  serbe,  surgit  une  querelle  aiguë  entre  la  Serbie  et  la 
République  de  Venise  (1421-1426),*  le  régent  serbe  Stéphane 
Lazarevitch  fit  la  proposition  au  gouvernement  de  Venise  de 
soumettre  toute  la  question  à  l'arbitrage, du  conseil  de  l'Univer- 
sité de  Sienne  en  Italie. 

Au  XIV''  siècle  on  trouva  aussi  les  premières  mentions  de 
médecins  en  Serbie,  on  bâtit  de  grands  forts  modernes,  et 
au  xv"  on  établit  même  une  petite  académie  de  lettres.  A  la 
tête  de  ce  mouvement  littéraire  et  scientifique  se  trouvait  un 
homme  qui  représentait  le  savant  de  l'État,  et  qui  n'était  pas 
moine. 

Que  la  vie  en  .Serbie  devint  avec  le  temps  plus  agréable  et 
plus  commode,  on  peut  le  constater  aussi  par  ce  fait  que  les 
étrangers  y  venaient  toujours  en  nombre  plus  considérable, 
pour  y  établir  leur  domicile.  Déjà  dans  la  seconde  moitié  du 
^xiii"  siècle  une  française  noble,  Marie,  sœur  de  la  reine  Hélène, 
s'établit  en  Serbie  avec  son  fils,  qui  y  mourut. 

Aux  XI v""  et  XV'  siècles  le  nombre  des  personnages  qui  s'éta- 
blirent ou  demeurèrent  longtemps  en  Serbie  augmenta  cons- 
tamment. Il  en  vint  de  Byzance,  de  la  Hongrie,  de  Venise, 
de  l'Italie,  de  la  France,  etc.  Dans  les  cours  des  seigneurs 
serbes  au  xv"  siècle  les  jongleurs  et  musiciens  de  l'Italie  et  de 
la  France  sont  des  hôtes  ordinaires.  Ils  y  avaient  été  invités  à 
cause  de  différentes  fêtes,,  et  restèrent  là  quelquefois  assez  long- 
temps. 

Au  xii-  siècle,  peu  de  temps  après  la  fondation  de  l'État,  la 
Serbie  était  considérée  en  Europe  comme  un  pays  sans  civili- 
sation, et  les  princes  serbes  comme  les  chefs  de  tribus  demi- 
sauvages;  au  XV®  siècle  cependant  on  considérait  la  Serbie 
comme  un  État  qui  n'avait  pas  encore  atteint  le  degré  de  civi- 
lisation des  États  de  l'Ouest,  mais  qui  se  rapprochait  d'eux  à 
tous  égards.  Et  les  princes  serbes  furent  au  xv"  siècle  accueil- 
lis dans  l'assemblée  internationale  des  princes  comme  des 
membres  à  droits  égaux. 

Encore  un  fait,  qui  démontre  comment  le  peuple  serbe  était 
capable  de  recevoir  les  institutions  de  la  civilisation  et  toutes 
ses  acquisitions  nouvelles.  Au  moment  ou  les  Turcs  avaient 
déjà  conquis  presque  tous  les  États  balkaniques,  anéanti  la  Bul- 


LA    CIVILISATION    DU    PEUPLE    SERBE    AU    MOYEN    AGE.  303 

garie  et  pris  Constantinople,  et  où  la  chute  des  quatre  États  serbes 
indépendants  n'était  qu'une  question  de  temps,  —  en  Europe 
on  inventait  le  moyen  le  meilleur  et  le  plus  efficace  pour  pro- 
pager la  civilisation  :  l'imprimerie.  Les  Etats  serbes  se  trou- 
vaient en  lutte  désespérée  pour  leur  existence,  sans  espoir  de 
pouvoir  se  sauver.  Et  quand  même,  le  dernier  État  serbe,  à  son 
dernier  soupir,  réussit  à  faire  un  grand  effort  dans  la  direction 
de  la  morale  et  de  la  civilisation.  Dans  les  derniers  jours  de 
son  existence,  l'État  serbe  établit  une  imprimerie.  Le  fait  est 
important  et  symbolique.  Le  dernier  État  serbe  indépendant 
expire  sous  les- coups  écrasants  d'un  conquérant  sauvage,  et  la 
dernière  institution  de  cet  État  n'est  pas  une  usine  d'armes  et 
de  munitions,  son  dernier  effort  n'est  pas  dirigé  vers  la  prépa- 
ration de  moyens  matériels  pour  la  lutte  contre  l'ennemi, 
mais  bien  la  préparation  d'une  arme  de  morale  et  de  civilisa- 
tion dans  la  lutte  pour  son  existence.  Ce  fait  est  une  docu- 
mentation historique  de  ce  chant  national,  mentionné  au  com- 
mencement, d'après  lequel  le  prince  Lazare  adhéra  à  l'empire 
céleste,  à  l'empire  de  la  morale  et  de  la  civilisation. 

En  établissant  à  la  fm  de  l'existence  de  son  dernier  État  une 
imprimerie,  le  peuple  serbe  entier  adhéra  à  l'empire  céleste, 
convaincu  que  par  l'arme  matérielle  on  peut  conquérir  seule- 
ment des  victoires  temporelles,  mais  qu'une  victoire  réelle  et 
durable  peut  être  conquise  seulement  par  la  morale  et  h.  civi- 
lisation. 

Prof.  St.  Stanovévitcii. 


OniKNT  CHRETIEN.         -  20 


m  APOCRYPHE  ANTI-ARIEN  : 

LA  VERSION  COPTE 

DE  LA  Correspondance  d'Abgar,  roi  d'Édesse, 
AVEC  Notre-Seigneur. 


On  sait  quelle  est  d'après  Eusèbe  (1),  qui  la  puisait  lui-même 
à  des  documents  syriaques,  la  correspondance  légendaire 
échangée  entre  Abgar,  roi  d'Édesse,  et  Notre-Seigneur  Jésns- 
Christ  : 

Copie  cVune  lettre  écrite  par  le  toparque  Abgar  à  Jésus 
et  qui  lui  fut  envoyée  ci  Jérusalem  par  le  courrier  Ananias  : 

«  Abgar,  fils  d'Oukhamas,  à  Jésus,  bon  Sauveur  qui  est 
apparu  dans  la  contrée  de  Jérusalem  :  salut! 

«  J'ai  entend u^par  1er  de  toi  et  de  tes  guérisons,  —  que  tu 
opères,  dit-on,  sans  drogues  ni  plantes;  car,  d'après  ce  que 
l'on  raconte,  tu  fais  voir  des  aveugles  y  marcher  des  boiteux; 
tu  purifies  des  lépreux;  tu  chasses  des  esprits  impurs  et  des 
démons;  tu  guéris  ceux  qui  souffraient  de  longues  maladies 
et  tu  ressuscites  des  morts.  Ayant  donc  oui  tout  cela  de  toi,  - 
fai  mis  dans  mon  esprit  que  de  deux  choses  l'une  :  ou  tu  es 
Dieu  et,  descendu  du  ciel,  tu  opère,s  cela-,  —  ou  tu  es  Fils  de 
Dieu  pour  agir  ainsi.  Voilà  pourquoi  je  t'écris  aujourd'hui 
pour  te  prier  de  prendre  la  peine, de  venir  jusqu'à  moi  et  de 
me  guérir' du  mal  que  j'ai.  Du  reste,  j'ai  appris  que  les  juifs 
murmurent  contre  toi  et  veulent  te  nuire.  J'ai  une  ville  très 
petite,  mais  magnifique,  qui  nous  suffit  pour  nous  deux.  » 

—  Réponse  de  Jésus  au  toparque  Abgar  par  l'intermé- 
diaire du  courrier  Ananias  : 

« 

(1)  Eusèbe,  Hùl.  eccles.,  lib.  I,  cap.  xiii.  P.  G.,  XX,  121-124.  Grapin,  Eusèbe, 
Histoire  ecclésiastique,  Paris,  1905,  tome  I,p.  98-103.  Nous  suivons  le  texte  grec 
publié  par  ce  dernier  d'après  l'édition  critique  de  Scln\artz. 


UN   APOCRYPHE   ANTI-ARIEN.  307 

«  Heureux  es-tu  d'avoir  cru  en  moi  sans  m'avoir  vu;  car  il 

est  écrit  à  mon  sujet  que  ceux  qui  m'auront  vu  ne  croiront 

point  en  moi,  afin  que  ceux  qui  ne  m'auront  pas  vu  croient, 

eux,  et  qu'ils  aient  la  vie.  Pour  ce  que  tu  m'as  écrit  de  venir 

vers  toi,  il  faut  que  j'accomplisse  ici  tout  ce  pour  quoi  j'ai 

été  envoyé,  et  qu'après  l'avoir  accompli  je  sois  alors  enlevé 

;  vers  celui  qid  m'a  envoyé.  Mais  lorsque  j'aurai  été  enlevé, 

'  je  t'enverrai  un  de  mes  disciples  pour  qu'il  guérisse  ton  in- 

;  firmité  et  qu'il  procure  la  vie  à  toi  et  aux  tiens  (1).  » 

La  version  copte  de  ces  lettres,  souvent  signalée  et  publiée, 
à  côté  de  points  de  contact  évidents,  offre  des  développements 
originaux  totalement  inconnus  d'Eusèbe  et  de  ses  sources 
syriaques.  C'est  cette  version  copte,  sur  laquelle  jusqu'à  pré- 
sent aucune  étude  spéciale  n'a  été  tentée,  dont  nous  allons 
réunir  en  un  appareil  critique  les  variantes  des  différents 
textes  découverts  et  essayer  d'établir  l'origine. 

Voici  d'abord  la  liste  des  témoins  de  la  version  copte  des 
Lettres  d'Abgar,  avec  les  sigles  que  l'on  attribuera  à  chacun 
d'entre  eux  au  cours  de  cette  étude  : 

Leid.  Musée  de  Leide,  livre  copte  relié.  Manuscrit  d'Anastasy  n"  9, 
Cat.  Leemans  i,  385.  Ce  manuscrit  de  17  feuillets  de  papyrus, 
compilation  de  textes  ayant  un  intérêt  magique,  contient,  depuis 
la  ligne  6  de  la  page  11  (verso)  jusqu'au  bas  de  la  page  13  (recto), 
la  lettre  d'Abgar  à  Notre- Seigneur,  et  depuis  la  ligne  1  de  la 

(1)  'AvTtypaqjov  èiii<7To),ri;  Ypa:?îï<TYi;  Cttô  'Aêyâpo-j  Toitâpyou  Tto  'li\ao\)  xaî  TrsfAçOsîcrïi; 

aÙT(T)  ôi'  'Avaviou  ■za.fjj^çô\xo-j  el;  'leponÔA-jjxa*  "Aêyapo;  0\)ya.\x.%  TOTrâpyri;  T^ffoù 
;•  owTVjpi  àyaSôi  àvaçavévti  Iv  x^Ttq)  'IspOToXOpitov  j^atpetv.  "Hxo-jaTai  (xoi  xà  Ttepi  toù  xat 
;  TÙiv  ffôiiv  lajAaxwv,  w;  àv£U  çaptidtyoov  xai  po-ravôiv  ûitô  <toO  yivoftévoiv.  'O;  yàp  /.dyo;, 
','  xuçXoùi;  àva6)iuetv  iroiît;,  /wXoùç  TrsptjraTeïv,  xat  XeTtpoy;  xaÔopt'Çei;,  xat  àxâÔap-ca 
',  nveOjAata  xal  ôaîfjLova;  èxêâ),),£iç,  xal  xoù;  Èv  (Jiaxpovoaîa  Padaviiofiévou;  ôepaTisûîii;,  xal 
[  vexpoùç  èyetpsic.  Koù  xauxa  itàvxa  àxoûffaç  uepl  <roy,  xaxà  voûv  èOéfiyiv  xb  ëxepov  xwv  ôOo, 
[  îl  ôxt  <rù  ei  6  0eôç  xal  xaxaêà;  àîrô  xoû  o-jpavoû  Troieï;  xauxa,  i)  Tib;  si  xoù  Weoù  noiûv 
'>  xaûta.  Jkià  toùxo  xoîvuv  ypàtl/ac  âôei^ÔYiv  (xou  (7X-j>,^vai  Ttpéç  (j.£  xai  xb  7câ8o;,  o  syw, 
•^  OepaTreùffai.  Kat  yàp  T,xoy(Ta  ôxt  xal  'lo-jSaîot  xaxayoYyyÇO'^'Ti  <toj  xal  poûXovxai  xaxwffaî 
\  ce.  nôXi;  5e  [j.ixpoxâx-/i  fioî  è<Txt  xal  aejxv^,  r-xi;  èÇapxeï  àfiçoTépotç. 

...  Ta  àvxiypa-févxa  ùrt'  'Iti<70ù  Sià  'Avavio-j  xa-/-jôp6(jiou  xoitâpx'O  'Aêyapw.  Maxdcpio; 
i"  eî  •)vt<ixey(Ta;  èv  é{i.o(,  [ayi  éopaxwç  (is.  réypaixai  yàp  itepl  êjjio-j  toùç  éopaxôxx;  (xe  jj-Y) 
';  TciffxeOffEiv  £v  é[io{,  xal  iva  ol  (x9l  éopaxôxeç  [xe  aOxol  Ttiffxsiiowci  xal  X.r\<i o•^1a^..  llepl  6è  oo 
.  sypail^â;  [lot  è>.6£îv  Ttpb;  (té,  ôs'ov  èaxl  Ttacvxa  8t'  à  àiteerrdtXTiv  Ivxaùôa  7tX»ipwaat  xal  fiExà 

xb   7rXY)pwCTat   oûxw;   àvaXriyôyjvai    irpb;  xbv    àTrodXslXavxâ    (A£.    Kal   £n£iôàv   àvaXrjsÔw, 

à:toffX£Xw  ffot  xiva  xwv  ixaôrjxwv  (xoj,  tvajlâfféxaf  ao-j  xô  TcdtOoî  xai  Çwiqv  doi  xai  xdû; 

cjv  (Toi  itapâa/_ï)xai. 


308  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

page  13  (verso)  à  la  ligne  23  de  la  page  14  (recto),  la  réponse  de 
iNotre-Seigneur.  Chaque  feuillet  mesure  217  millim.  de  hauteur 
sur  14  centim,  de  largeur  et  porte  une  seule  colonne  de  27  h 
29  lignes  de  texte,  large  de  95  millim.  Écriture  onciale  de  4  à 
5  millim.,  grasse,  du  type  reproduit  par  Crum,  Catalogue  of 
the  coptic  manuscripts  in  the  British  Muséum,  planche  9,  n"  275. 
Dialecte  sahidique. 

Publié  dans  Pleyte  et  Boeser,  Manuscrits  coptes  du  Musée 
d'antiquités  des  Pays-Bas  à  Leide,  p.  441-479  (avec  p.  471  le  fac- 
similé  d'une  page  du  manuscrit,  le  recto-  de  la  page  15). 

Revill.  Nous  avons  également  entre  les  mains  une  copie  de  ce  papyrus 
faite  directement  par  Revillout  en  1878  et  communiquée  obli- 
geamment par  Msr  Graffin.  Cette  copie  présente  quelques  diver- 
gences j^vec  le  texte  publié  par  Pleyte. 

Regn.55.  Fragment  d'amulette  sur  parchemin,  de  19  centim.  de  haut  sur 
5  centim.  de  large,  appartenant  à  la  collection  de  l'archiduc 
Régnier,  à  Vienne.  Texte  complet  en  dialecte  fayoumique  de  la 
réponse  de  N.-S.  à  Abgar.  Une  colonne  de  41  lignes.  Le  com- 
mencement des  11  premières  est  nuitilé  de  la  valeur  de  8  à 
10  lettres  pour  chaque  ligne.  Finale  talismanique  : 


ligne  37  4)+  inc  nexpc  eKe-f 

38  unT6\(rA    ij\picT(o 

39  AtJDpA    T:yHAI     TA 

40  BpiMA  2a[uh]ii    6q[e] 

41  ^yoini    ta[xh   t]axh 

«  Dieu  Jésus-Christ,  donne  la  guérison  à  Christodora,  la  fille 
de  Gabrilia.  Amen.  Ainsi  soit-ih  vite,  vite!  » 

Publié  dans  Krall,  Mitteilungen  aus  der  Sammlung  der  Papy- 
rus Erzherzog  Rainer,  t.  Y,  j).  117  sq.  —  Cité  dans  D.  Cabrol,D('c- 
tionnaire    dA'rchéologie   chrétienne,  t.    1,    col.   1809.   Amulettes  i 
(D.  Leclercq). 

Regn.  78.  Fragment  d'amulette  sur  parchemin  de  115  millim.  de  large  sur 
45  millim.  de  haut,  appartenant  à  la  même  collection.  Les  3  pre- 
mières lignes  seules  sont  complètes  :  les  7  autres  sont  irrégu- 
lièrement mutilées  et  la  fin  du  document  fait  défaut.  Texte 
fayoumique  de  la  réponse  de  N.-S.  à  Abgar.  Particularité  paléo- 
graphique intéressante  :  forme  archaïque  du  tr. 
Publié  dans  Krall,  loc.  cit.,  p.  115-117. 

Regn.  3151.  Papyrus  ayant  servi  d'amulette  et  appartenant  à  la  même 
collection  :  16  centim.  de  hauteur  sur  5  de  largeur;  une  colonne 


. 


UN   APOCRYPHE   ANTI-ARIEN.  309 

de  30  lignes  d'écriture.  Rédaction  sahidique  brève  de  la  lettre 
d'Abgar  à  N.-S.  Le  commencement  est  mutilé. 

Publié  dans  Krall,  loc.  cit.,  p.  118  sq.  Cité  dans  D.  Cabrol, 
loc.  cit.,  col.  1810. 

Far.  Inscription  de  24  lignes  gravée  sur  la  paroi  occidentale  d'une 

tombe  copte  ayant  servi  d'église,  dans  le  désert  à  l'ouest  de 
Paras,  en  Nubie.  Cette  tombe  est  couverte  d'inscriptions,  dont 
l'une  semble  donner  la  date  739.  Texte  sahidique  de  la  répon.se 
de  N.-S.  à  Abgar. 

Publié  dans  Sayce,  Gleanings  from  the  land  of  Egypt,  g  XI, 
Recueil  de  travaux  relatifs  à  la  philologie  égyptienne,  tome  XX, 
p.  174-175. 

Golen.      Ostracon.  Texte  sahidique  de  la  réponse  de  N.-S.  à  Abgar. 

Publié  dans  B.  Touraïev,  Ostraca  coptes  de  la  collection  Golé- 
nischeff.  Bulletin  de  l'Académie  Impériale  des  Sciences  de  Saint 
Pétersbourg,  V*  série,  volume  X,  1899,  p.  436. 

Cair.  8138.  Ostracon  du  Musée  du  Caire.  Texte  sahidique  de  la  réponse  de 
N.-S.  à  Abgar. 
Publié  par  Crum,  Coptic  Ostraca,  n"  22,  page  8  et  planches  C-7. 

Cair.  inéd.  Fragment  d' ostracon  inédit  du  Musée  du  Caire  dont  M.  Crum, 
en  nous  communiquant  le  texte,  nous  a  permis  obligeamment 
d'utiliser  les  variantes.  Texte  sahidique  de  la  réponse  de  N.-S.  à 
Abgar. 

Lond.  Fragment  de  parchemin  de  90  millim.  de  hauteur  sur  93  de 
largeur,  ayant  servi  d'amulette,  classé  au  British  Muséum  sous 
la  rubrique  Or.  5439.  Texte  sahidique  de  la  réponse  de  N.-S.  à 
Abgar. 

Les  principales  variantes  de  ce  document  sont  publiées  dans 
•  Crum,  Catalogue  of  the  coptic  manuscripts  in  the  British  Mu- 
séum, n°  316,  p.  140-141.  Au  n°  .suivant,  l'auteur  signale  un  autre 
texte  de  la  même  lettre,  mais  sans  le  publier. 

Hall.  Fragment  d'ostracon  de  10  centim.  de  haut  sur  87  millim.  de 
large,  provenant  de  Karnak  et  classé  au  British  Muséum  sous  le 
n°  19967.  Début  mutilé  de  la  réponse  de  N.-S.  à  Abgar.  Texte 
sahidique. 

Publié  dans  Hall,  Coptic  and  greek  texls  ofthe  Christian  period 
from  ostraka,  stelae,  etc..  in  the  British  Muséum,  p.  43  et 
planche  35 . 

De  la  lettre  de  Notre-Seigneur  à  Abgar  on  possède  donc  deux 
versions  :  l'une  brève  et  fragmentaire,  celle  du  papyrus  Ré- 
gnier 3151 ,  —  l'autre  longue  et  complète,  celle  du  papyrus 
Anastasy  n"  9,  de  Leide,  toutes  deux  sahidiques. 


310  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN.' 

Voici  d  abord  le  texte  bref  : 

Regn.  3151.  ligne  1  ...  k]ot 

2  eecAeiie  avco  ne 

3  TUOOTT     KTOTIIOC 

4  OLIOOT   eilTO'OU 

5  MTeKegov[ciA 

6  AinicT6r[6... 

7  ;xe-nTK-n[iJOVT6]  (1) 

8  fiTOK  iitvue-iie  [nu 

9  onorennc    n^npe 
'10   nTe-nnorT6    gteg 

11  nai    -f-nApAKAxe]!  D 

12  uoK  eirn-nABAï^yi 

13  ne  erpeKKATAgioT  , 

14  nrcKTAAH  Duo 

15  K   ^UApON   TApeK 

16  GUOT  eneuKAe  [at 

17  co  iiPTAAro  nneT 

18  jutone   nemii    en 

19  eiAH      AVTAUOI     XG 

20  neKeeonoc    uocre 

21  QuoK  nceovto^y  a 

22  II    e'rpKp-ppo  e^^tooT 

23  -fTAuo   Ae    nuoK 

Début  mutilé.  «  ...  tu  commandes  et  les  morts,  tu  les  res- 
suscites par  la  puissance  de  ton  autorité  (èçouç-îa).  J'ai  cru 
{TciGxeûzvf)...  que  tu  es  Dieu,  car  tu  es  vraiment  le  Fils  Unique 
(;j,cvcY£V(îç)  de  Dieu.  C'est  pourquoi  je  te  supplie  (^rapaxaXeïv) 
par  mes  messagers  de  daigner  (-/.aTa^ioûv)  te  déranger  (axjXXstv) 
jusqu'à  nous  pour  bénir  notre  terre  et  guérir  les  malades  qui 
sont  parmi  nous.  Comme  ils  m'ont  rapporté  que  ta  nation 
(è'Ovoç)  te  hait  et  ne  veut  pas  que  tu  règnes  sur  elle,  je  te  fais 
savoir  par  cette  lettre  :  la  petite  ville  {r.bXic)  dans  laquelle  je 

(1)  Lecture  et  restitution  de  M.  Crum. 


UN    APOCRYPHE   ANTI-ARIRN.  311 

24  eiTM-ijeic2Ai  Aej 

25  -fKovï  D  no  Aie 

26  "f-nenTc  pto.'iicî 

27  epoii    eiovcoii 

28  eiJoveipHiiii 

X  X  X  X  X  X  x 

29  eic  Teni 

{signe  cabalistique) 

30  CTO  A  H     (1) 

suis  nous  suffit  à  nous  d'eux,  en  paix,  xxxxxxx  {signe  caba- 
listique). Voilà  la  lettre.  » 

Ce  texte  présente  déjà  avec  la  version  grecque  d'Eusèbe  des 
divergences  sensibles.  Mais  le  texte  développé  du  papyrus  de 
Leide  est  plus  différent  encore  : 

Leid.  page  11  (verso). 

ligne     6  avkapoc    iippo  iieTec 

7  CA  THOAic.  eqc2Aï   On 

8  iioo^    nppo. ,  n^Hpe    nniiov 
^   9  Te    eTon2   ic    nexc  xepe 

Traduction  (2)  : 

Abgar  (Ajy.apc;),  roi  de  la  ville  {r.bXn;)  d'Édesse  (Eosacia) 

(1)  Les  sept  croix  talismaniques  qui  terminent  cette  lettre  devant  le  signe 
cabalistique  qui  représente  la  signature  de  Jésus  et  l'inscription  :  voilà  la  lettre 
sont  vraisemblablement  à  placer  à  l'origine  de  la  légende  des  sept  sceaux,  qui 
se  greffa  sur  celle  de  la  lettre  de  Notre-Seigneur  et  que  l'on  U"0uve  attestée 
tardivement  dans  le  manuscrit  arabe  publié  par  Tixeront,  Les  origines  de 
tÉfilise  d'Édesse  et  la  légende  d' Abgar,  Paris,  1888,  p.  197-^01.  Cod.  Vatic.  Arab. 
51,  fol.  54  sq.  (xvn°  siècle);  sceaux  qui,  dans  le  manuscrit  arabe  d'Eligman 
(Historia  Christi  persice  conscripta  simulque  multis  modis  coniaminata.  a  P.  Hie- 
ronymo  Xavier  Soc.  lesu,  latine  reddita  et  animadversionibus  nolata  a  Ludovico 
de  Dieu,  Lugduni  Batavorum  16ÔJ9,  p.  611-612),  étaient  sept  formules  grecques, 
dans  Georges  Cedrenus  (Ifisloriarum  Compendium,  fin  du  xi'  siècle.  P.  G.,  CXXI, 
345)  sept  letti-es  hébraïques  et  dans  le  Codex  Vindob.  315  (xu'  siècle.  D.  Cabrol, 
Dict.  Archéol.  chrét.,  t.  I,  col.  94,  Abgar  [Leclercq])  sept  signes,  dont  une  ci'oix 

et  six  lettres  grecques  :  1".  M^.  X.  E.  T.  P..  A. 

(2)  Dans  cette  traduction  l'on  a  imprimé  en  caractères  gras  les  concor- 
dances avec  le  texte  grec  (version  d'Eusèbe  ou  autres  versions  citées  par  la 
suite)  et  en  italiques  les  expressions  empruntées  à  l'Écriture  ou  inspirées  par  elle. 


312  _       REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

10    AVAIIAMAre    IIAI     eXBH 

11  iiTK  ncTi-eeiiptoue  6tta 

12  iHv   :   Ava>   n^or-nicTev 

13  6  iJAv.   3:e-AnKocuoc    eu 

14  n^A.  2un6iiovoei^   D 

15  uATe    nneKcrun^yi 

16  lie   eTMAiiovq  eïru-ne 

17  KOVCJDII2     eBOA.     RAÏ     II 

18  TAKcru-neii^ïue    neHTtj 

19  2UTeiJreiieA  eTcroxq 

20  eiTii-TeKHirruAipco 

21  ue  er^oon  xïii-euee 

22  evoTXAï    OnTHpq  n 

23  TepicojTu   Ae  euAï   ai 

24  nicTeve  euortopx    : 

25  Atopic  TicTAt.e  :  2aua 

26  Ae  ATxoce  xe-neipe  n 

27  eiiiio(r   nTAAtro  xcopic 

écrit  au  Grand  Roi  (1),  le  Fils  du  Dieu  Vivant  (2),  Jésus- 
Christ  :  salut  {y,a'^-pz)  ! 

Des  hommes  honorables  et  dignes  d'être  crus  (7:w-£'Jstv) 
m'ont  rapporté  (àvaYY£XX£'.v)  à  ton  sujet  que  le  monde  {v.buij.oq) 
avait  été  enfin  trouvé  digne  de  notre  temps  de  la  visite  bien- 
faisante que  tu  lui  as  faite  par  ta.  manifestation  (3)  dans 
laquelle  tu  nous  as  visités  (4)  dans  notre  pauvre  génération,  à 
cause  de  ton  amour  des  hommes  (5)  existant  de  toute  éternité 
pour  le  salut  de  l'univers.  Lorsque  j'ai  entendu  cela,  j'ai 
cru  (xtaxeiisiv)  avec  certitude,  sans  hésiter  (âiaxàCeiv).  En  outre 
(à'ixa  U)  ils  ont  dit  que  tu  opères  de  grandes  guérisons  sans 
(xwpîç)  médicaments  ni  plantes  (;5cTâvo);  que  ceux  qui  ont 

(I)  Ps,  xLvi,  3;  xciv,  3;  Malach.  i,  14. 
(,')  iMattli.  XVI,  16;  Joli,  xi,  27. 
(3)  I  Joh.  m,  5,  8. 
(I)  Luc.  I,  78. 
(5)  Tit.  m,  4. 


UN   APOCRYPHE   ANTI-ARIEN.  313 

Page  12  (recto) 

1     lUVepe     eiBHTAMIA    ATCO 

'2  H6IITAVUJCK   eunex 

3    pOIIOC-     niiOA6G'î'6.     un 

1   iiecTAAeeve.    uiiiieuTno 

5  UliriAA    :    ATCO    iigtco 

6  66?    KTBIiO    QUOOT    ZU 

7  n>?jAxe   npujK   duatg 

8  AVtO     II6AAIUOUIOII    C6 

9  II  HT    6  BOA    2IIOVeOT6    UN 

10  ovcTCDT   eregouoAO 

11  ri   OneKpAij  eT2Aeoov 

12  xVHuocÏA  :  ATCO   Kore? 

13  CA?II6    nueTUOOTT 

14  eiiovAveeiJTiA    ceiiHv 

15  6BOA     2IHieU2AAV    UN 

Page  11  (verso)  ligne  26  Av:xoce  Revill.  atxooc.  Page  12 
(recto)  1.  1.  2IBNTANIA  Revill.  2ibotaijn.  1.  2-3  eunex" 
poNoc  Revill.  euneviioiioc  1.  4  iiecrAAeere  Revill. 
iiACFAAeeve.  id.    uiiueuTno  Revill.    uiiiieuno- 

LANGUI  autrefois  (=  h  xpivo))  (1),  aveugles,  boiteux,  muets, 
sourds  et  lépreux,  tu  les  purifies  par  la  seule  parole  de  ta 
bouche;  que  les  démons  (âai[X3viov)  sorlent  avec  crainte  et 
tremblement  (2)  en  confessant  (£^c[j,oaoy£îv)  ton  nom  (3)  glo- 
rieux {^)  publiquement  (oY;;/ocria);  que  tu  commandes  avec  autorité 
(ajôsvTia)  (5)  aux  morts,  et  que  ceux-ci  sortent  des  tombeaux 

(1)  Revill  :  que  ceux  qui  ont  langui  dans  leur  mal  (tiôvoî)... 

(2)  Tob.  xni,  6;  Eph.  vi,  5;  II  Cor.  vu,  15;  Philip,  ii,  12. 

(3)  Ps.  XLUi,  9;  cxxxix,  II;  I  Chron.  xvi,  35;  Is.  xxv,  1;  Eccli.  i.i,  2. 

(4)  Deut.  xxviii,  58;  Dan.  in,  26. 

(5)  aOôevTÎa,  mot  hellénistique  inconnu  au  grec  classique,  que  l'on  trouve 
d'ailleurs  dans  Clément  d'Alexandrie  et  S.  Jean  Chrysostome.  Il  est  également 

d'usage  en  copte  :  Crum,  Coplic  OHraca.  n"  14,  p.  6,  pi.  5  :  26ll.\or[lCu]o(; 
UlieCÎNTUJi'J  nTe(|AVeeNTIA  OUIN  DUOq  Ocs  railonnemenls 
(/.OYiffjiô;)  el  des  résolutions  de  sa  propre  autorité  (aûOevTca).  Budge,  Miscell.  Copt. 


31  1  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

16  IICA-TpeVTOUCOV. 

17  iii2BHTe  ovtoHz  nuoK 

18  eBo\  6Tpe-cApg   mu    cor 

19  tour   :  xe-fiTOK-ne   nuo 

20  MoreiJHG    n^yiipe    nrcï-n 

21  IJOTTe     UU-KG-OTA    flBA 

22  AAK    :     6TBe-nAI    AÏAglOV 

23  GuoK    :   nxoeïc  eïTM-ovc 

24  eAi  erpeKep-nueeTG 

25  eujtoc    fiAïAeccA   erru 

26  npoov^y    nTfiKuiiTiior 

27  Te     UUT6KUMTpCOUe 


Page  12  (verso) 


1  KAï    PAp   nzeeiioc   Tupov 

2  ce^oon    iiak  npooT^    : 


Page  12  (recto)  ligne  17  nuoK  Revill.  riuoo'i\    1.    21-22 

UII-Ke-OVA      flBAAAK     Rcvill.      UU-KG-OVOII      BAAAK-       1.      ,21 

erpeKep-riueeve  ecociic  Revill.  eTpeKep-nAueeve  etoto- 

après  avoir  été  ensevelis  :  les  œuvres  (!)  te  manifestent  (2) 
afin  que  toute  chair  (crâp^)  (3)  connaisse  (4)  que  c'est  toi  le  Fils 
Unique  ([j.ovoYcvr,ç)  de  Dieu  (5)  et  qu'il  n'y  en  a  pas  cV autre. 
que  toi  (6).  Voilà  pourquoi  je  t'ai  supplié  (àSiouv),  Seigneur, 
par  écrit  de  te  souvenir,  aussi  d'Édesse  par  la  sollicitude  de  ta 
divinité  et  de  ton  humanité  :  car  (xaf.  yâp)  toutes  les  nations 
(lOvcç)  sont  l'objet  de  ta  sollicitude  et  il  est  impossible  que 
quelqu'une  échappe  à  ta  main  (7).  Nous  te  prions  donc,  moi 

7Vu<s,  p.  120  :  iy^6  GTAVe-H^AXe  2IIOVAVTeilTI A  il  faut  an- 
noncer la  parole  avec  autorité. 

(1)  Joh.  V,  36;  vil,  3;  ix,  3;  x,  25;  xiv,  10,  12;  xv,  24. 

(2)  Joh.  Il,  11;  VII,  4;  xiv,  21,  22;  xxi,  1. 

(3)  Ps.  cxxxv,  25;  Is.  xl,  5. 
(1)  Joh.  XIV,  31;  XVII,  23. 
(5)  Joh.  III,  18. 

fG)  Deut.  IV,  35;  xxii,  39;  1  Sam.  ii,  2...  etc. 
Il)  Sap.  XVI,  15. 


UN   APOCRYPHE   ANTI-ARIEN.  315 

3  Avto   uii-^(rou  errpe-AcV 

4  Ali    epBOA     flTOOTK.    TU 

5  conc-tre    nuoK   aiiok   un 

6  nAAOc   euiipooKviiei 

7  llAK    eTpeixCKHAAI     Tl 

s  uoK   iireï   ^«jApoii    :   er 
9  B6   neiioTXAï  :  uiin 

10  TAAcro  iieii:yu3Me  6to^ 

11  ATCO     XeKAG    CÎTeTAVe- 

12  n6KpAN     eepAI    63C(OM     M 

13  xoeYc.    AT«)    TcvnoAic 

14  iJA^cone  ec^yu^e    n 

15  neKepoiioc   nneeoov 

16  Tupov  nnectniie  :   ai 

17  çajTLi  2^e-A-rieK2eGHoo 

18  A06TI     flTGKUlJTXO 

19  6ÏC  :   ev^oori   eiiovKA 

et  le  peuple  (Xaèç),  en  t'adorant  (Trpccry.uvsCv),  de  te  déranger 
(ff/.jXXsiv)  (1)  et  de  venir  chez  nous  pour  notre  salut  et  la 
guérison  de  nombreuses  maladies,  et  pour  que  ton  nom  soie 
invoqué  sur  nous  (2),  Seigneur  :  ma  ville  (tcôai;)  désormais  ser- 
vira ton  trône  (3)  tous  tes  jours  de  sa  vie  (4).  J'ai  ouï  dire 
que  ta  nation  (sôvoç)  ne  reconnaît  pas  (àôs-eïv)  ta  seigneurie  {^)), 
étant  imbue  de  méchanceté  (-/.xxta)  et  de  'inalveillance  (œGô- 
voç)  (6);  qu'elle  te  persécute  (cu.v/.£iv)  (7)  et  ne  veut  jms  que 

(1)  (7y.ij>,>,£iv  —  dont  le  sens  primitif  en  grec  classique  est  écorcher  —  est 
devenu  au  passif  un  terme  de  politesse  en  grec  hellénistique  pour  signifier  se 
donner  la  peine...  Luc.  vu,  6.  Ce  mot  se  rencontre  avec  ce  sens  dans  les  ostraca 

coptes.  Crum,  Coptic  Ostraca,  n"  324,  p.  (35,  pi.  (38  ;  Api~IIIIA   OlKîpCK'i*- 

.\.\6I    riMOK   eei    GBOA  De   grâce,  ne  te   donne  pas  la  peine  (cxOXXeiv)  de 

sortir... 

(2)  Eccli.  XXXVI,  14;  Jerem.  xiv,  9;  Jac.  n,  7. 
(3J  Apoc.  vn,  15. 

(4)  Gen.  m,  14;  1  Sam.  i,  11;  Tob.  n,  11...  etc.. 
(b)  Jud.  8. 

(6)  Tit.  m,  3. 

(7)  Joh.  V,  16. 


316  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

20  KIA     UIJOTtbeONOC 

21  Avco  ce-foiKe  ,QuoK 

22  nceovco^y   au   expe 

23  Kep-eppo  eepAi    63k:toov 

24  evo   fiATCOovH   Onai 

25  xe-nroK-ne   iippo  nex 

26  2iJijennHT6   uiiueT 

27  ei:xu-nKA2  erir  Dnto 

Page  13  (recto) 

1  IJ?    IIOTOIJ     IliU     :    AVO)     MIU 

2  eajojq-ne   haaoc   Oriha 

3  noT2op  GTuoovT  xe- 

4  AVCTO     6BOA    DHIIOTTe 

5  6TOIJ2.     KAI     TAp    2NAT 

6  6un^A-ije   ijTeKAtDpe 

7  A    GTOTAAB    l    "fTAUO     AG 

Page  12 (verso)  ligne 25-26  neTeuueOnHve  Revill.   eTeii- 
MeonHTG 

tu  règnes  sur  elle  (1);  ignorant  que  c'est  toi  le  roi  de  ce  qui 
est  aux  deux  et  sur  la  terre  (2),  qui  donnes  la  vie  à  tous  (3). 
Mais  qu'est-il  donc,  le  peuple  (Xaiç)  d'Israël  (4)?  Un  chien 
crevé  (5),  puisqu'il  a  rejeté  (6)  le  Dieu  Vivant  (7)  :  il  est  en 
effet  (/.ai  vàp)  indigne  de  ton  saint  don  (Swpsà)  (8).  Je  t'avertis 
donc,  mon  Seigneur,  que  si  jamais  tu  daignes  (-/.aia^ioiiv)  toi- 
même  te  déranger  (axuXXsiv)  et  venir  jusqpie  chez  moi  dans 
la  petite  ville  irSkiq)  que  je  gouverne  (àp^siv),  elle  nous 

(1)  Luc.  XIX,  14,  27. 

(2)  Cf.  Act.  XVII,  24. 

(3)  I  Tim.  VI,  13. 

(4)  6  ),abç  'Icrpa'^)..  Expression  fréquente  dans  l'Ancien  Testament.  Dans  le  Nou- 
veau :  Act.  IV,  10...  etc.. 

(5)  I  Sam.  xxir,  15;  Il  Sam.  ix,  18. 
(C)  Ps.  ex VII,  22;  Matth.  xxi,  42. 

(7)  Ps.  Lxxxiii,  3;  Matth.  xxvi,  (53 ;  I  Tim.  iv,  10...  etc.. 

(8)  Joh.  IV,  10;  Act.  VIII,  10;  II  Cor.  ix,  15;  Rom.  v,  15;  Ileb.  vi,  4. 


UN   APOCRYPHE   ANTI-ARIEN.  317 

8  QuoK   riA3ï:oeic   xe-eii 

9  ^AHKATAglOV     pUJ     61162 

10  eTpeKCKMAAi   iirei   ^a. 

11  poi.    eTKovï  nnoAic  6+ 

12  Apxi  epoc.   cpco^u   (ipoii 

13  2IOTCOI1   2ijovai'«\nn   : 

14  X<JUpÏG    KCU2    2l(|)eOIIOC 

15  6TpeK:fju)n6  eKo   nppo 

16  6XUJH   :  aiijoK   uiinAAoc 

17  TIJIUVXCjU    2c\pATK    6IIOV 

18  tjo^T    enevnonoAïoij 

19  niieKOT6pHT6    :    avco 

20  eii^u^fi    eneKepoiioc 

21  6TO'rAAB  :    n60ov  hak 

22  n6oov   QneKeituT    fia 

23  eopAToii    nTAqTllllrt 

24  OTK   iJAN.    neooT  dhk 

25  nu  A    eTOTAAB    GTcru 

26  (FOU   ^Aeiiee  2auhii. 

Page  13  (recto)  lignes  8-9  eii^AWKATAgiov  Revill.    6k- 

^^AIIKATAglOV.    ].     17    TIIIIAXCO     Revill.  TIIMAtrO) 

suffît  à  nous  deux,  en  amour  {àyxr.-q}  (1)  sans  {y b)piç)  jalou- 
sie ni  malveillance  (oôôvoç)  (2),  en  sorte  que  tu  seras  roi  sur 
nous  (3).  Moi  et  le  peuple  (Xaoç),  nous  te  resterons  soumis,  ado- 
rant l'escabeau  (û-jzo-KÔaov)  de  tes  pieds  (4)  et  servant  ton  saint 
trône  {^pô-^oq)  (5).  Gloire  à  toi  !  Gloire  à  ton  Père  Invisible 
(àôpaToç)  (6)  qui  t'a  envoyé  (7)  à  nous!  Gloire  à  ton  Esprit-Saint 
puissant  !  Pour  Téternité,  amen. 

(1)  I  Cor.  IV,  21;  xvi,  11;  Eph.  iv,  2,  15,  16;  1  Tim.  iv,  12...  etc.  . 

(2)  Tit.  III,  3. 

(3)  Luc.  XIX,  14,  27. 

(4)  Ps.  xcvni,  5. 

(5)  Apoc.  VII,  15. 

(6)  Coloss.  1,  15;  1  Tim.  i,  17. 

(7)  Matth.  X,  40;  Joh.  xi,  42;  .\vii,  3. 


318  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Quant  à  la  réponse  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ,  en  voici 
l'unique  version  d'après  le  texte  de  Leide  avec  les  variantes  de 
tous  les  témoins  énumérés  (1)  :  . 

Page  13  (verso) 

1  TeniCTOAii  iiic    ne\c   nii 

2  XOeiC    ^AAVKApOC    2AUHII 

3  naiiTirpAc{)oii    fiTenic 

4  TOAFi   nie  nejcc   n^npe 

5  nnuoTTe   eToue    :  eqc 

6  2cvï   niJATKApoc    nppo 

7  nexeccA  XAipere 

8  iiaiaTK  avcjo   nneTiiA 

Page  13  (verso) 

1.  3.  Incipiunt  Far.    (cum  >^)  Regn.  65,  Regn.  78  (c.   ^) 
Golen.  (c.   titulo   ic    ne  xc)  Hall.  (c.  tit.  if<  ic  xc 

2uriL ])  Cair.  8138. 

nAiiTirpAc|)oii]  AiiTirpA<J)oii  Cair.  8138. 
nTeniclroAn]  iiTinicTOAH  Cair.  8138.  >  Regn.  78. 
1.4.   nie   ne\c]  liic  nxc  Cair.  8138.  ic   n„\pc  Regn.  78. 
1.  6.   niJATKApocl  nATTApoc  Golcn.  Regn.  78.  Cair.  8138. 

nAVPHpoc  Far. 
1.  7.   neTecca]    neTeca   Far.    neAecA  Golen.    neAeccA 
Regn.  78.  nAiAiccA  Cair.  8138.   nueA...  Hall.   + 
THOAic  Golen.  Far. 
XAïpere]    xAipixe    Cair.    8138.    XAipe    Regn.    78. 
X'Aipeiii   Golen. 
1.  8.  Incipit  Cair.  ined. 

iiaiatk]  iiaitk  Far.  Cair.  8138.  +  nroK  Far. 
Avto]   >   Far.   Avto...    usque   ad  lin.   9    inclus.    > 

Cair.  8138. 
Lettre  (iTiwTCAr,)  de  Jésus-Christ  Notre-Seigneur  à  Abgar, 
amen. 

(1)  Dans  l'appareil  critique  le  signe  +  est  employé  pour  indiquer  une  addi- 
tion et  le  signe  >  une  omission. 


UN    APOCRYPHE    ANTI-ARIEN.  319 

9  ijov(|    iJA^ytone  /nuoK 
;  10  Avct)  iiAiATc  iiTeKno 

11  Aie  TtVi  enecpAii-ntî   v. 

12  TficcA.    eniAii   nntîK 

13  iiA'i"  AKriicTeve.    kiia 

14  3:1    KATA    'ICiKIIÙn  ÏC 

I.  9.   nneTiJAiiiovt|]  rieiiAUL.  .jiiAuovq  Caii*.  iiied.  ikît- 
iiAiioq    Golen.   neiTUAiioTB  Regn.  78.   iiiieTiiA- 
iioTc  Far. 
iiA^cone]  ^tone  Cair.  ined. 
1.  10.  iiAiATcJijAïTG  Cair.  8138. 

nT(3Kno|Aicj  ereKrioAic  Regn.  78. 
1.  11.  TAi  usque  ad  lin.  20  avco  inclus.  >  Cair.  ined.  — 

Tel   6T6-n6CAeii-iie  Regn.  78. 
I.  12.  e[TecGA]  GAeccA  Golen.   haicca  Cair.  8138. 

eniAH]    ïerieAH  Hall.   :v:6-e[niAH...]   Regn.   G5.   -f- 
ovii  Golen.  Far.  Cair.  8138.. 
1.  13.  AKHicTevc]  AKeAniGTeviij  Regn.  78. 

Exemplaire  («vTr/pasov)  de  la  lettre  (ÈTcicnroArj)  de  Jésus- 
Christ,  le  Fils  du  Bleu  P7t'a/i^  (1),  qui  écrit  à  Abgar,  roi 
d'Édesse"  :  salut  {-/yJ.pz-t)^'l 

'Heureux  es-tu  ^,  et  du  bien  f  arrivera  (2)  et  heureuse  est 
ville  (-ôXf.;)"  qui  a  nom  Édesse  ("Eosjffî:)!  Parce  que  (à-£ior/) 
tu  n'as  pas  vu  et  que  tu  as  cru  (tî'.ttcJciv),  tu  recevras  (3) 

principales  variantes  : 
•'  Golen.  Far.  :  de  la  ville  tVEdesse. 
^  Regn.  78  :  salut  (yaïpe)  !  —  Golen.  :  salut  (yaîpctv)  ! 
*"  ici  commence  Cair.  ined. 
•1  et  du  bien  t'arrivera  manque  dans  Cair.  8138. 
"■  ici  cesse  provisoirement  Cair.  ined. 

(1)  Matth.  XVI,  16;  Joli,  xi,  il. 

(2)  Ps.  cxxvii,  2. 

(3j  Matth.  x.xi,  22;  Joh.   xvi,  21. 


320  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

15  ATOJ     KATA    T6Knp026 

16  piicic  eTiJAiioTc  :    iigk 

17  ^toiie    oeiiATAAcroov  : 

18  Avto  6^ya:6-AK6p  eae  nuo 

1.  15.  ATto]  >  Regn.  78. 

kata]   kata  kata  Regn.  78. 

TeKnpoeelpucio]    T6Knpo2Aip6cic   Golen.    tgkii- 
pcoeepïGïc  Far.   TeKnpoeHpicic  Cair.  8138. 
1.  IG.  6TiJAiJOTc]  eTHAiioc  Goleii. 
1.  17.   NeK[^U3ii6l  ueT.'yajiie  Lond. 

ceiiATAAroov]  +  zirreKHOMc  Lond. 
1.  18.  Avto   usque  ad  lin.   19  ptoue  inclus.]  =   iieKiiABi 
Regn.  65. 

e^:xel  e^cone   Hall.  Far.  Cair.  8138. 

AK6p-?A2   niio[B6]  AKp-eeT...   Hall    (1).   AKp-2eiJ- 

iJOB...  Far.  AKp-2iiiioBe  Lond.  AKp-oT...    iioBe 

Cair.  8138. 

suivant  (y.aTa)  ta  foi  {rda-ac)  (2)  et  suivant  (y.axa)  ta  bonne  inten- 
tion {r,Ç)oœ.Ç)t!:iq)  (3).  Tes  maladies  seront  guéries''  et  si  tu  as 
multiplié  les  péchés^ ,  comme  un  homme,  ils  te  seront  re- 
mis' (i).  Édesse''  sera  bénie  pour  réternité  (5)  :  la  gloire  de 

=1  Lond.  :  ceux  qui  sont  malades  seront  guéris  dans  la  ville. 
'•  Lond.  Far.  :  si  tu  as  commis  des  péchés. 
"  Regn.  65  :  tes  péchés  te  seront  remis.  Ici  reprend  Cair.  ined. 
•^  Cair.  ined.  Regn.  65.  Far.  Cair.  8138  :  ta  ville  d'Édesse.  Golen.  :  ta  ville 
qui  a  nom  Edesse. 

(1)  Le  texte  {loc.  cit.,  p.  43)  donne  en  transcription  la  leçon.  AKp-neeT-  •  • , 

mais  le  n  manque  dans  la  lithographie  (planche  35). 

(2)  Matth.  IX,  29. 

(3)  Le  mot  Ttpoatpeatç,  d'usage  classique,  mais  inconnu  au  Nouveau  Testament, 
appartient  aussi  à  la  langue  hellénistique,  comme  le  prouve  son  emploi  dans  les 
textes  coptes.  Pleyte  et  Bœser,  l.  c,  p.  325;  Hall,  l.  c.  n°  21393;  p.  88,  pi.  63  : 
cas  dans  lesquels  le  mot  présente  à  lui  seul  la  nuance  de  bonne  intention.  Mais 
l'expression  explicite  npo^epucic  eTllAUOTC  se  trouve  aussi  dans  les 
textes  coptes.  Crum,  Catal.  of  the  coptic  mss.  in  the  Briiish  Muséum,  n"  1105 
p.  464;  Budge,  Saint  Michael  (lie  Archangel,  p.  27,  1.  20. 

(4)  Cf.  Jac.  v,  G, 

(5)  Judith,  XV,  11. 


UN    APOCRYPHE    ANTI-ARIEN.  S^.?! 

19    VA-     2(()(;    |)(OU(;    CHIIcVKcV 

'2{)  AV    iiAK  (jiio.v.    AV(o  trreo 

"21  CA   iiA,"j(onri    <h;ciiaua 

'22  AT   ,"jAeii(i2-   n"i(]-iieo 

23  ivr   riiiii{)'i"i(3  A,"jAi   eu 

1.  19.  ceiiAKA[Av]  c(;iiAKoov  Far.  Cair.  8138. 
1.  20.  oBo.v]  =  ()()A  Far. 

eTec[cAl  (ïTeccA   TeKrio[\iG]    Cair.  ined.  gt(î[ca] 

TRKULOAlit:    Regn.   65.    eTïccA    TeKiioMc    Far. 

AiAiGCA     TCJKiioAio    Cair.  8138   TeunoMo    taï 

fiTe-necpAii-ne  [(jagca]  Golen. 
1.21.   iiAyjtoiiHj  ece,"jtoiii   Regn.  78  ce^*ja)rii   Regn.  05. 

(3<iCIIAIIA|ATj    (JGCIIAIIAT    Cair,    S13S    eOCI.IAlAIIAAT 

Golen.  GcuAAT  Far. 

1.  22.  ;yAeiic32]  ;yAeiie  Cair.  8138  ^Aiii[e]iie2  Cair.  ined. 

."jAiiiiiiei?    Far.  n)y6eii[e2]    +    Avto  Regn.   65. 

iTTG   usque  ad  lin.  24  iigcaaoc  inclus.]  >  Cair.  8138. 

ii6o[ov]  ncoovii  Golen.  Far.  Regn.  65. 

1.  23.  nmiovre]   niiovn    Regn.    78.    nTG<|)i~  Regn.  65. 

Dieu''  (1)  croîtra  (2)  dans  son  peuple  (Xaôç)  '^j  et  la  foi  {rJ.Giiq)  et 
la  charité  {x-rxr.r^'  hviWer ont  ^  dans  ses  places  (TïXaTcTa)  ^  (3).  C'est 
moi,  Jésus,  moi  qui  prescris  et  moi  qui  dis"  :  Parce  que  t,u  as 

"Golen.  Far.  Regn.  63  :  la  science  de  Dieu. 

''  Regn.  78  :  dam  ton  peicple.  Regn.  05  :  en  elle.  Ici  Regn.  65  cesse  pro- 
vi.soirement.  La  gloire  de  Dieu  croîtra  dans  son  peuple  manque  dans  Cair. 
8138.  ' 

•Lond.  :  la  bonne  odeur. 

'  Lond.  :  seront. 

s  Regn.  78  :  dans  tes  places.  Ici  finit  Cair,  ined>  et  Far.  cesse  provisoi-  • 
rement. 

''  Ici  finit  Golen. 

(1)  l^s.wiii,  •..';  Ezech.  xi.iii,  v!;  I  Cor.  x,  ;!1...  etc... 

Cl)  A,") Al,  torme  employé  dans  la  version  copte  de  Aot.  vi,  7;  ix,  ."Jl  ;  xu,  21, 
l)Our  indiquer  la  dilï'usion  de  la  parole  de  Dieu  et  celle  de  l'Église.  Similitude 
d'expression  dans  Ps.  xi.vifi,  17   :    AVtO     (3|>i'JAII-|IGt|(i()()V    A^AÏ... 

(3)  Ps.  cxi.ni,  11. 

OKIENT   CllKÉTIEN.  21 


322  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

24  IIBCAAOC    AVtO   Tnic 

25  TIC    UIITAI-AIIH    lIAep 

26  OVoeill    2IIIH30MAATIA 

27  AiioK  ic   AiioK    eT?a)ii 

28  AVIO    AIIC3K    HT^AXe. 

29  fîBOA    ,\:0-AKII(;    OIIATti 

1.  21.  eujnecAAoc]  rintJKAAoc  Regn.  78  1121110  Hegn.  (35. 
Avco  usque  ad  pag.  11  (recto)  lin.  8  cinKAe  inclus. |  > 
Regn.  65. 
AV(t)]  >  Lond. 
Tiiioric]  fiTeTnicTic  Lond. 

1.  25.     UIITAI-AIlHj         UIITAKAIMJ       Golen.        H  III I  Gcf  I  IOVIi(: 

Lond. 
HAeplovoem]  scorie  Lond. 
1.  26.  eiiiiecnAATïA]   [eiijiieciiAATtiiA    Golen.   [eii]iiecii- 

AATBA  Cair.    8138    [oiiejKiiAATiA  Regn.  78.   Hic 
desinit  Cair.  ined. 
1.  27.  AiioK  usque  ad  pag.  11  (recto)  1.  8  rinKAe  inclus.]  > 
Far. 
aiiokI  +   nfi  Golen.  Regn.  78. 
e-retoii]    neTetoii  Cair.  8138. 
1.  28.  eT^A3:e]  neT^^Axt;  Cair.  8138.  Golen.  — Golen.  hic 
desinit. 

beaucoup  aimé (l),  je  placerai''  ton  nom  en  (2)  méi/wire  éter- 
nelle^' (3),  honneur  ('u[j:r^  et  bénédiction'  {4)  parmi  les  géné- 
rations (vsvsi)  qui  viendront  après  toi  dans  ta  patrie  (7:a-p(x) 

■'Cair.  8138  :  0»,  placera. 

''  Ici  finit  Lond. 

"■  honneur  et  bénédiction  manque  dans  Cair.  8138.  Ici  finit  Regn.  7<S. 


(1)  Luc.  vil,  17. 

(2)  Poser  Je  nom  I  Reg.  ix,  3;  poser...  en...  (^  W^Xj)  Sopli.  m.  lU. 

(3)  Ps.  III,  7.  ^ 
(1)  Apoc.  V,  12/  13. 


UN    APOCRYPHE   ANTI-ARIKN.  323 

Page  14  (recto) 

1  i'IIAK(l)     rill(}K))AII      (;'/(;  j) 

2  IIUG(;VG    n>yA(JIIG2     :     AV 

3  ci>   ()V"hiiii    miovciio'i" 
1  euni-GiHîA  erunv    un 

•">     notOK    eillGKHATpiA 

(j  Tiipc   Avco    ncecoi- 

7  iiecj   ••jAApH>:(|    rm 

8  KA^.    AIIOK     IC     lieil'l'AlC 

_  —      %  

9  2AI   nTei(3nicTo.\ii  en 
10  TAtri^:  nuiiio   niioi.    ii 

Page  14  (recto) 

1.  1.  "fiiAKCG]  ceiiAKU)  Cair.  8138. 

nneupAiil  nneKpAii  Cair.  8138. 

evepi  nuGevo]  ncKpriueeve   Lond. 
1.  2.  n::yAeiie2[  ^Aeiiee  Lond. —  Lond.  hic  desinit. 

Av[co     usque    ad    lin.     3     iiiiovcuov    inclus.)     >> 
Cair.  8138. 

'  1.  3.^  uiiovcuov]   liic  desinit.  Regn.  78. 
1.  4.  eiinreiieA]   nreiieA  Cair.  8138. 
1.5.  uij|nccuK]  +   epAï  Cair.  8138. 
1.  6.  THJTc]  >  Cair.  8138. 

rioecoT|iifK|]   Gt3iiAf:[oTu]e{|   Cair.  8138. 
1.  8.  aiiok]  +  ne  Regn.  65. 

lo]  +   nexc   Regn.  65. 

rieiiTAMifeAi]    neiiTAqceï  Far.  aic2gi   Regn.  65. 
1.  9.     nTeieriiGTOMi]  nTÏGiiÏGTtoAii  Far. 
L  10.    ijuoij  ciijogV  -f-  2VGKA(;  Far. 

entière;  et  on  l'entendra  jusqu'à  l extrémité' du  monde  (1). 
C'est  moi^  .Jésus,  qui  ai  écrit''  cette  lettre  (i-'.j-cAr,)  de    ma 

•^Far.  reprend  ici,  Regn.  05  :  Moi,  Jésm-Christ,  j'ai  écrit.,, 

(1)  Ps.    XLV,    10. 


324  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIExN. 

11     II  A    (3T()VIIATH),\tî     fi  BOA 

12  n'eiiT(|  nTi(ri:x  nc^Aï 

]'.-)     nil(3-.\AAV    riAIIIIAMÏC 
14     nTe-llAII  TlKMItîlKXi 


15    OVAe    AAA'i'    nu  MA    flAKA 

1.  11.    r;ToviiATto3:e]   (rro'i^iATtoo-o  Revill.  (;t()Vii(;K(:(: 

Regn.  65. 
fiBo.v]  >  Regn.  65. 
1.  12.   nrurï^-   nc2Aï]  >   Regn.  65. 
1.  Rj.   nAiiiiAiiic]  nAnijALiic  Cair.  8138.  mviiAuic  Far. 

rmipAciiofi    +   ()VA,"ji,(U(  Regn.  65. 
1.  14.   nT(3-  usque  ad  lin.  15  aaav  inclus.]  >■  Cair.  8138. 
nTe-nAUTiKiueiioc]  >>  Regn.  65;  iiTtî-iiAiiTiiri- 
iKîiioG  Far. 
1.  15.   ovAfi  usque  ad  nAKAOApron   inclus.]  >   Far. 
AAAvJ  >  Regn.  65r 
on  ma]    [nii]A  Regn.   65. 

nAKAOApTOIl]     nAKAOApTtOII     "j-      nTfill  A  J!TI  K  1 1 1(3- 

ii()(;  Cair.   81:58.    +   [...]  f3m[...]ii:ytoiii    niB[eii 
Atoni   ovAtoni,  ereAv  Regn.  65. 

propre  main  :  le  lieu  où  Ton  affichera  ce  texte'  (1),  aucune 
force  ($jva;j.iç)  (i)  de  l' Adversaire  {' k^niy.d\)rzvoq)^  (3)  ni  aucun 

■^  Regn.  65  :  en  sorte  que  toiU  lieu  où  on  la  placera... 
•'Regn.  05  :  aucune  tentation  (-sipa^aoç)  ne  Vatteindra,  (?)... 

(1)  Ce  >içn^  exemplaire,  manuscrit  du  mot  (Vi^  main,  trouve  son  équivalent 
eu  grec  dans  l'emploi,  signalé  comme  insolite,  que  fait  du  mot  ^st'p  saint  Atha- 
nase  :  Apol.  c.  Ariati.,  n°  28.  P.  G.,  XXV,  290  :  Kaî  aOio-j  3è  toO  xatriyôpou  'Isxûpa 
7rpo£-/.ô[j.t<7£  X^'P*  ô).!5ypa<pov  ayÔsvTtxriv,  id.  n°  64,  col.  361  :  'ETïtôÉôwxa  ôà  t^vSe  [jlo-j 
T/)v  xeïpi  oot  T';>  îTiKjy.ÔTiw  'A6ava(7sw...  Cf.  P.  G.,  XXVI,  col.  1461  :  Onomasticon 
vocum,  vel  insolenlium...  etc...  Sans  doute  une  expression  de  terroir...  Un  autre 
exemple  de  cette  expression  en  copte  se  trouve  dans  P.udge,  The  martjjrdom  and 

miracles  of  St  George   of  Cappadocia,   p.   29    :  iircovni|-T(ri,\    nc^AI 

OnïiKBKDTj    reconnais-tu  rauiographe  de  ton  père? 

(2)  Luc.  X,  19. 

(.3)  lIThess.  n,  1;  I  Tim.  v,  4. 


UN    APOCRYPHE    ANTI-APJEN.  ÔZ^> 

IG  OtvpToii.  (;,"j-(rii-(r()ii   v. 

17     2(()ll(:    (;?()'/ll     ()VA(;     (; 

18  A(o^   oeo'/ii  (înToil'oc 

19  OTUUA'i".    AV(0      n,"JAt; 

20  une    I     OVXAÏ   2IIOV(;l|)l! 

21   iiii  eALiiiii 

2'2  i^(;Mï(;T()Mi    nri6ii:voeiG 

23     IC    llf;\(;     ^l'JAAVKApOC     ^AMUII. 

1.  10.   fijycrii-crou]      iiAO^cruI -trou]     F;ir.    llec|^M-(^lJ- 

frA[u]  Régir.  6.3.    ci^-  Cair.  8138. 
1.  17.   eleioïKi]   eecoii  Far.    etoii  Cair.  8138;  >  Regn.  65. 
ovAfi    usque   ad    lin.    18    fieovii    inclus.]   >>    Far. 

Cair.  8138.  Regn.  Go. 
1.18.   GriTonoc]    eiiiuA   Far.  Cair.  8138.    (j.vacj    Regn.  65. 
1.  19.   e-niuA\']  >  Regn.   65. 

Avto]   >  Far.  Cair.  8138.  Regn.  65. 

n^A6|iiee]     ."jAeiiee      -{-      n-r^ire     Far.^     ;yeiie? 

Cair.  8138.  >  Regn.  65. 
1.  20.   eiiov6ipH[iiHj  eiiovoipiiiKJ  Cair.  8138.  eiiTe-rpiAc: 

erovRii   Regn.  65. 
1-  21.  eAUHii]  Hic    desinunt   :    Regn.    65.    cum    clausula 

superius   tradita;  Far.   cum    ^(joii-l-;   Cair.   8138 

cum    )^    ^ . 

t'sprit  {-vsu[j.a)  impur  (à/.aOâpTov)''  (1)  ne  pourra  approcher  ni 
atteindre  ce  lieu  (-c-c;)",  et  pour  l'éternité'.  Porte-toi  bien  en 
paix{tlp-qvry^  (2),  amen. 

Lettre  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ  à  Abgar,  amen. 

•^"ni  aucun  esprit  impur  manque  dans  Far.  Cair.  8138  :  Aucwic  force 
(oiivaijLt:)  d'esprit  (:TV£u;j.a)  impur  (dcy.afJâp-ov)  de  l'Adversaire  (àvT'.xafiJievo;)  ne 
pmirra...  etc.. 

'•  ?u'  atteindre  manque  dans  Far.  Cair.  8138.  Regn.  03  :  ne  pourra  l'ap- 
procher. 

c  et  pour  l'éternité 'v[i?iX\(\yiQ  dans  Regn. 63.  Far.  :  pour  l'éternité  deVéternité . 

•'  Regn.  05  :  en  la  sainte  Trinité. 

(1)  Matth.  X,  1;  XII,  43;  Marc,  i,  23;  iv,  36...  etc.. 

(2)  Marc,  v,  34;  Luc.  ii,  29;  vu,  bO;  viii,  48...  etc. 


326  REVUE    DE    l'orieXT    CHRÉTIEN. 

La  filiation  de  ces  textes  coptes  par  rapport  au  texte  d'Eu- 
sèbe  est  indéniable,  mais  au  sujet  de  la  lettre  d'Abgar  à  Notre- 
Seigneur  la  question  préalable  se  pose  de  savoir  lequel  des 
deux  textes  coptes,  peut  prétendre  à  la  priorité  :  le  texte  long 
est-il  une  amplification  du  texte  bref,  ou  le  texte  bref  un  ré- 
sumé du  texte  long?  Le  texte  bref,  serrant  de  plus  près  l'ori- 
ginal grec,  n'a-t-il  pas  chance  d'être  primitif  par  rapport  au 
texte  long  et  de  représenter  une  première  étape  de  la  trans- 
formation? Son  allure  générale,  toutes  ses  phrases,  exemptes 
de  digressions  et  se  présentant,  sinon  comme  une  traduction, 
au  moins  comme  une  équivalence  du  texte  grec;  certaines  de 
ses  expressions,  enfin,  plus  proches  dy  texte  grec  que  les 
expressions  employées  aux  mêmes  endroits  par  le  texte  long(l), 
ne  militent-elles  pas  en  faveur  d'une  telle  hypothèse? 

Il  semble  pourtant  qu'il  faille  tenir  malgré  tout  le  texte  bref 
pour  une  abréviation  du  texte  long.  Les  termes  qui  dans  le 
texte  bref  semblent  se  rapprocher  si  près  de  l'original  grec  sont 
encadrés  dans  des  expressions  caractéristiques  du  texte  long  (•2), 
ce  qui  supposerait  que,  si  le  rédacteur  du  texte  bref  a  suivi 
le  texte  d'Eusèbe,  il  s'est  servi  pour  l'adapter  de  la  version 
copte  représentée  par  le  texte  long  :  version  à  laquel)e  du  reste 
il  donnerait  la  priorité,  car  où  le  texte  long  se  trouve  en  con- 
tradiction avec  Eusèbe,  le  texte  bref  suit  l'idée  et  même  les 
expressions  du  texte  long  (3). 

(A  suivre.) 

(1)  Eusèbe:  Kal  vexpoù;  àyêipei;  est  traduit  littéralement  dans  le  texte  bref 
(Regn.  3151,  1.  2-4)  Avcu  ii6TuonvT  ktoviioc  ijiuoov,  tandis 
que  le  texte  long  (Laid.  p.  12  recto,  1.  12-10)  introduit  une  description  inspirée 
visiblement  par  là.  résurrection  de  Lazare.  Joh.  xi,  1-44.  De  même  où  Eusèbe 
porte  :  crx-jX^vat  Tipo;  [li,  le  texte  bref  (Regn.  3151,  1.  14-15)  traduit  littéralement  : 

lll"CKV.\.\H      OUOK      ^cVpON,     tandis  que   le  texte  long  (Leid.  p.    12 

verso,  1.  7-8)  porte  :     eTpeKCKHAAI     ÛUOK     lireï    ^tVpOU- 

(2)  A'ilO  lieTLIOOTT  KTOVIIOO  niioov  (Regn.  3151,  1.  2-4)  el 
lu  ressuscites  les  morls  est  encadré  par  ...  ()V62CA2lie  (id.  1.  1-2)  lu 
ordonnes  et  gllTCroU  flTeKegOTClA  (k\.  ï. -1-5)  par  la  puissance  de  ton 
autorité  qui  résument  le  passage   correspondant  du  texte  long    (Leid.   p.    12 

recto,  I.  12-16).  De  même  dans  iircKVA.vn  ÛUOK  ^Apoil  (Regn.  3151' 
1.  14-15)  te  démanger  jusqu'à  nous,  le  Tipo';  [iz  d'Eusèbe  est  remplacé  par  le 
;yApoil   jusqu'à  nous,  caractéristique,  on  le  verra,  du  texte  long. 

(3)  A  la  différence  d'Eusèbe,  le  texte  copte  long  i-emplace  le  dilemme  par  une 


MÉLANGES 


I 

SUR  LES  YÉZIDIS  DU  SINDJAR 
PAR  H.  Pognon 

M.  II.  Pognon  a  bien  voulu  nous  adresser  la  traduction  du 
texte  syriaque  visé  plus  haut,  p.  167,  ligne  6.  Il  en  résulte  que 
le  patriarche  nestorien  Élie  aurait  refusé,  en  1660,  d'ordonner 
un  métropolitain  pour  les  nestoriens  de  Sindjar;  il  voulait  sans 
doute  les  rattacher  plus  directement  à  son  obédience.  Le  résultat 
s'est  trouvé  tout  autre  :  les  nestoriens  du  Sindjar  ont  été  isolés, 
n'ont  plus  eu  de  rapports  avec  le  patriarche,  ont  négligé  leur 
religion  et  se  sont  enfin  rattachés  en  bloc  aux  Yézidis. 

Voici  cette  traduction  : 

Sur    le    CnHiAR    (v^    c'EST-A-DUiE    LE    PAYS    QUI    EST    APPELÉ 

aujourd'hui  Chingar  (;>îs")- 

Ceux  qui  connaissent  l'histoire  racontent  et  disent  qu'en  l'an 
11)71  des  Grecs  (1660  de  notre  ère)  le  métropolitain  de  Chingar 
mourut.  Alors  les  notables  de  Chingar  se  rassemblèrent,  tinrent 
conseil  et  envoyèrent  à  Monseigneur  le  Patriarche  Élie,  qui  était 

in'olession  de  foi  au  Jlonogèue  (Leid.  p.  12  recto,  \.  17-2-2)  ;  le  but  de  la  lettre 
n'est  plus  de  demander  la  guérison  de  telle  maladie  en  particulier,  mais  bien 
d'obtenir  que  Notre-Seigneur  transfère  sur  Édesse  —  qui  évidemment  profitera 
des  bienfaits  d'un  tel  règne  —  ces  droits  de  royauté  qu'Israël  refuse  de  recon- 
naître (id.  p.  12  verso,  1.  13  —  p.  13  recto,  1.  7);  finalement  pressentant  que  sa 
demande  peut  n'être  pas  agréée,  Abgar,  on  insistant,  adoucit  sa  i)ropositiou . 

par  les  termes  :  'f'TAUO  AO  flIIOK  Je  /'avertis  donc  (id.  p.  13  recto, 
1.  7-8).  Toutes  ces  jiarticularités  du  texte  long  se  trouvent  en  raccourci,  mais 
avec  une  concordance  verbale  très  fidèle,  dans  le  texte  bref  (Regn.  3151, 1.  8-10, 
15-17,  23).  L'idée  de  royauté  sur  Édesse  s'est  seule  effacée  pour  iSîsser  en  relief 
la  perspective  des  biens  dont  la  ville  sera  comblée,  mais,  avec  le  texte  long  coa- 
ti'e  Eusèbe,  le  texte  bref  place  Édesse  au  lieu  d'Abgar  au  premier  plan  de  ses 
préoccupations. 


328  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

surnommé  Marogé  (^,ov^)  (1),  pour  qu'il  leur  sacrât  un  métro- 
politain. Le  patriarche  s'y  refusa  et  leur  dit  :  Pourquoi  voulez- 
vous  un  métropolitain  pour  augmenter  vos  charges  et  placer  un 
joug  sur  votre  cou?  Nous  suffisons  à  vos  besoins  et,  toutes  les 
fois  que  cela  sera  nécessaire,  nous  vous  ordonnerons  des  prêtres 
et  des  diacres  ! 

Les  gens  deChingar  s'en  retournèrent  donc  avec  ces  flatteries 
et  ces  promesses  sans  que  leur  désir  eût  abouti  et  que  leur  but 
eût  été  atteint  et,  lorsque  des  années  se  furent  écoulées,  les 
prêtres  manquèrent  à  Chigar.  Quand  les  gens  du  pays  virent 
que  les  choses  étaient  ainsi,  ils  tinrent  de  nouveau  conseil  et 
choisirent  environ  400  hommes  courageux  avec  quarante 
diacres  {\\--Wt)  qui  se  mirent  en  route  pour  aller  vers  le  patriarche 
afin  qu'il  les  consacrât  prêtres  et  diacres. 
•  Une  bande  de  Ouribé  [v^ri^x  U^-^^^  (2)  les  pilla,  en  tua  quel- 
ques-uns et  blessa  les  autres  ;  ceux  qui  restèrent  revinrent  en 
arrière,  sans  poursuivre  leur  route.  De  la  sorte,  ils  (les  gens  du 
Sindjai)  restèrent  et  continuèrent  à  être  sans  curateur,  sans 
conducteur,  sans  père,  sans  producteur  (p^aio),  sans  éducateur 
spirituel  pendant  longtemps,  jusqu'à  ce  qu'ils  fussent  morts  et 
que  leur  génération  se  fût  éteinte.  Ils  dévièrent  des  chemins  de 
la  vérité,  de  la  droite  route  de  la  foi  du  Christ  et  il  ne  resta 
plus  parmi  eux  personne  qui  connût  sa  religion,  qui  sût  qui  il 
était  et  à  quelle  religion  il  appartenait. 

Or,  un  beau  jour,  des  <jawals  des  Yézidis  (i^^v.  pqjo)  (3)  arri- 
vèrent là-bas,  à  Chigar,  et  leur  demandèrent  :  Qui  êtes- vous  et  à 
quelle  religion  appartenez-vous?  —  Ils  leur  répondirent  :  Nous 
ne  savons  pas  qui  nous  sommes  ni  à  quelle  religion  nous  appar- 
tenons !  —  Ils  leur  dirent  :  Avez-vous  des  prêtres  ou  un  Mol- 
lah (Jii,  o/  i.v.n)^(4)?  Ils  répondirent  :  Non!  —  Dans  ce  cas.  leur 

(1)  D'après  Assémani,  le  Patriarche  nestorieii  Élie  X  surnommé  «-^o;» 
(voir,  au  sujet  de  ce  nom,  Pognon,  Inscr.  scnnil..  p.  109,  1.  l)a  été  patriarche  de 
1660  à  1700  de  notre  ère. 

Tout  le  récit,  bien  qu'écrit  en  très  mauvais  syriaque,  m'a  l'air  de  reposer  sur 
une  base  historique. 

(2)  Le  mot  V^Va-v  dans  la  plirase  ta.Vûi.^  ^'"^^«^sj  a  tout  l'air  d'être  un  nom 
géographique,  mais  il  m'est  inconnu.  Peut-être  est-ce  une  corruption  pour  \^=>'i^ 
«  les  gens  du  Beth-Araboj'é,  région  située  au  nord  du  Sindjar  ■>  (cf.  Pognon, 
Inscr.  sémit.,  p.  35). 

(3)  Sur  les  Qavvals,  cf.  supra,  p.  237,  219,  251,  "257. 

(1)  C'est-à-dire,  en  somme  :  «  Êtes-vous  chrétiens  ou  musulmans'?  •■ 


MKLANGES.  329 

dirent-ils,  vous  êtes  des  iKHres  !  Avec  des  paroles  astucieuses, 
ils  leur  enseignèrent  leur  religion  perverse  et  corruptrice, 
pleine  de  toutes  les  abominations,  gouffre  rempli  de  puanteur 
et  vicieuse  pourriture!  Jusqu'aujourd'hui,  quand  les  Chiga- 
riens  murmurent  le  nom  adorable,  ils  disent  :  l'a  Alaha  ! 
(loci^  I-)  (1),  cette  appellation  glorieuse  s't.'tant  conservée  parmi 
eux  eu  néo-syriaque  (2). 

n 

INSTRUCTION  DE  DAVID  A  SALOMON 

FRA<;.MK\T    TRADUIT    DE    l'aRADE 

M.  i'abbé  L.  Leroy,  mort  le  18  octobre  1010,  d.IWC,  t.  XV, 
(1910),  p.  413,  a  laissé  une  traduction  d'un  fragment  d'apo- 
cryphe avec  la  seule  référence  «  traduction  du  folio  15  du  ma- 
nuscrit arabe  de  Berlin  ».  Dans  ce  fragment,  David  établit  que* 
tous  les  psaumes  sont  de  lui  —  il  prévoyait  sans  doute  que 
les  critiques  lui  en  soustrairaient  plus  ou  moins  —  il  a  été  seul 
à  pouvoir  réciter  de  mémoire  les  quinze  psaumes  des  degrés; 
le  livre  des  Psaumes  lui  a  donc  été  attribué,  mais  il  a  permis  à 
Asaph  et  aux  fils  de  Coré  de  mettre  leur  nom  sur  quelques 
psaumes.  L'ouvrage  se  termine  par  quelques  bons  conseils, 
donnés  à  Salomon. 

Les  manuscrits  arabes  de  Paris  n"  28  (7)^}  et  n"  29  (  1")  con- 
tiennent de  plus  «  les  derniers  conseils  adressés  par  Salomon  à 
son  fils  »,  et  le  «  Testament  de  Lokman  »  édité  et  traduit  par 
M.  l'abbé  Leroy,  ROC,  t.  XIV  (1909),  p.  225. 

F.  N. 

(1)  Je  n'ai  pas  songé  à  demander  en  Orient  si  l'exclamation  la  Alaha  (ô  Dieu!) 
est  encore  employée  par  les  Yézidis  du  Sindjar  et  je  ne  sais  pas,  hélas!  quand  je 
retournerai  en  Orient. 

Si  véritablement  cette  exclamation  est  employée  par  eux,  comme  c'est  du  néo- 
syriaque, et  qu'on  parle  kurde  dans  le  Sindjar,  ce  serait  un  commencement  de 
preu<''e  que  les  Yézidis  du  Sindjar  (en  totalité  ou  en  partie)  sont  bien  d'origine 
chrétienne. 

(2)  Voici  la  phi'ase  linale  :  )o^[  p  ^^^^io/  lr-««=°  ^^"^  ^^u  l-'i^ss^  r>  l-»'>vi.  kiOjj>.. 

Le  mot  i-^aao  est  le  nom  que  les  Syriens  de  la  région  de  Mossoul  donnent  au 


330  '  REVUE    DE    l'orient    CHRETIEN. 

...  Et  ils  s'abstinrent  longtemps.  Ensuite  je  les  regardai  et  je 
leur  dis  :  <■<  Nous  ne  sommes  nullement  satisfaits  de  cela,  mais 
nous  allons  aller  ensemble  au  temple  de  Dieu,  nous  monterons 
les  degrés  de  l'autel  et  celui  Sur  qui  descendra  l'Esprit  de  Dieu 
et  qui  récitera  les  quinze  formules  de  louange  est  celui  auquel 
doit  être  attribué  le  livre  des  Psaumes,  ce  Cette  condition  fut 
agréée  par  tous  et  nous  montâmes  au  temple  du  Seigneur.  Les 
fils  de  Kourah  (Coré)  gravirent  les  premiers  les  degrés  de  l'au- 
tel et  parlèrent;  mais  ils  ne  prononcèrent  pas  une  lettre  (des  for- 
mules) et  ils  descendirent.  Asaph  monta  à  son  tour,  maïs  l'Esprit 
de  Dieu  ne  descendit  point  en  lui,  et  il  fut  convaincu  d'impos- 
ture ainsi  que  les  fils  de  Coré.  Je  montai  alors  et  l'Esprit  de 
Dieu  descendit  sur  moi  et  ne  me  quitta  point  jusqu'à  ce  que 
j'eusse  achevé  la  récitation  des  quinze  formules  sur  chacun  des 
degrés  (1).  La  foule  s'écria  d'une  seule  voix  :  <■<  C'est , à  David 
que  'doit  être  attribuée  la  prophétie!  C'est  à  lui  de  l'écrire.  »  Je 
répondis  :  «  Non,  mais  que  chacun  écrive  un  psaume  en  son 
Jiom.  »  Il  fut  fait  comme  j'avais  dit.  Ensuite  je  me  levai  et  j'allai 
à  la  montagne;  je  jeûnai  et  j'adressai  à  Dieu  d'humbles  prières 
jusqu'à  ce  qu'il  vînt  à  moi  et  me  donnât  toutes  les  prophéties 
par  lesquelles  est  révélée  la  venue  du  Christ.  Je  les  réunis  dans 
ce  volume  et  je  le  déposai  dans  ma  bibliothèque  qui  se  trouve 
dans  ma  capitale. 

«  Garde  les  commandements  de  Dieu,  ù  mon  fils  Salomon, 
étudie  la  loi  du  >Seigneur,  et  marche  devant  lui  avec  un  cœur 
parfait.  Dieu  t'a  choisi  et  t'a  établi  roi  sur  le  peuple  d'Israël. 
Accomplis  la  justice  comme  moi  et  sois  constant  et  le  Seigneur 
sera  avec  toi  comme  il  a  été  avec  moi  pendant  quarante  ans. 
Je  te  recommande,  ô  mon  fils  Salomon,  d'observer  mon  testa- 
ment en  souvenir  de  moi  et  de  manifester  le  mystère  que  j'ai 
vu  concernant  les  merveilles  du  Seigneur  et  de   sa  Mère  la 

syriaque  moderne,  par  opposition  au  syriaque  ancien.  —  Le  mot  ]o^i  existe  en 
syriaque  moderne,  comme  en  syriaque  littéraire,  mais  l'interjection  |_,  (arabf 
et  persan  o)  a  remplacé,  en  syriaque  moderne,  l'ancienne  interjection.  5|. 

(i)  Ces  quinze  «  formules  de  louanges  à  réciter  sur  chacun  des  degrés  »  sont 
peut-être  les  quinze  psaumes  «  des  degrés  »,ou  graduels,  Ps.  c.\ix--cxx.xiii,  nom- 
més en  hébreu  «  chant  des  montées  »  parce  qu'on  les  chantait  en  «  montant  »  en 
pèlerinage  à  Jérusalem.  Cl'.  F.  Vigouroux,  Dictionnaire  de  la  Bible,  article  Degrés. 

F.  N. 


.MÉLANGES.  331 

Vierge,  qui  sortira  de  notre  tribu.  Pour  moi  je  le  prie  d'avoir 
pitié  de  sa  créature  en  ce  monde  et  de  m  accorder  sa  miséri- 
corde. » 

Quand  David  eut  dit  tout  cela  à  son  fds  Salomon,  il  cessa  de 
parler  et  mourut  dans  une  heureuse  vieillesse.  Salomon  lui 
donna  la  sépulture  dans  un  sépulcre  magnilique,  comme  il 
convenait  à  sa  dignité.  Il  l'ensevelit  près  de  ses  pères  eu  ren- 
dant grâces  à  Dieu  à  -qui  appartiennent  l'action  de  grâces  et  la 
louange  sans  cesse  et  éternellement. 

L.  Leroy. 


111 
SUR  UNE  ANCIENNE  TRADUCTION  SYRIAQUE 

DU    Utpl  c.ùazM-  i:v6pw::0'j  DE   NÉMÉSIUS 

Mon  regretté  maître,  M.  le  prof.  Teza,  dans  une  de  ses  in- 
téressantes études,  fait  mention  des  diverses  traductions 
occidentales  de  Némésius  et  d'une  traduction  arménienne,  mais 
il  ne  fait  aucune  allusion  à  deux  autres  versions  orientales. 
Ce  fut  en  lisant  une  étude  du  savant  orientaliste  de  l'Université 
de  Saint-Pétersbourg,  M.  le  prof.  Nicolas  Marr(l),  sur  l'ceuvre  de 
Johan  Petrickiï,  que  j'appris  l'existence  d'une  traduction  géor- 
gienne. Johan  Petrickiï  traduisit  l'ouvrage  de  Némésius  de  l'ar- 
ménien en  géorgien.  Les  manuscrits  géorgiens  qui  contiennent 
cette  version  sont  au  nombre  de  trois,  et  ils  portent  les  numéros 
339,  2579  et  1358  dans  la  collection  des  manuscrits  réunis  par 
la  «  Société  pour  la  diffusion  de  l'instruction  »  (PyKoniicii 
(»uiij,ecTBapa3cnpncTpaHeHiri  rpaMOTHOCxn).  Pour  avoir  des 
renseignements  sur  ces  manuscrits,  il  faudrait  consulter  la 
description  que  Takaïsvili  fait  des  manuscrits  géorgiens  (Vol.  I, 
703,  708,  723)  (2).  Malheureusement  je   n'ai  jamais  pu  con- 

(1)  oaniiCKii  nocT.  oT.rlu.  iiMucpai-.  pycr.  apxeo.i.  oumecrna.  XIX,  HK)!),  pag.  5G-7, 
(-2)  Oniicanie    pyiioniiceii    oumecTBa.    paciipocT])aiieiiiH    r)iaMOTno<:TU    cjieAii    rpy- 
:jiiiicHaro   nace.ienùi. 


332  REVUE    DE    l'ORIEXT    CHRÉTIEN. 

sulter  cet  ouvrage,  et,  on  le  comprendra  facilement,  je  n'ai 
même  pas  eu  la  possibilité  de  voir  cette  version  géorgienne  qui 
aurait  sans  doute  de  l'importance  pour  l'établissement  des  leçons 
du  texte  arménien. 

M.  le  Prof.  Teza  a  laissé  même  échapper  l'allusion  que  le 
Père  Fyroyari  fait  à  une  annotation  trouvée  dans  les  manus- 
crits de  Némésius  (voir  l'édition  arménienne  de  Némésius  (1), 
pag.  85,  note  1). 

Dans  le  texte  grec  (pag.  96,  lig.  1  et  suiv.  édit.  Mathhaei) 

nous  trouvons   :   à'/Ckh  TzpwTOV    {j.h/   LOJ-rr/.bv    [J.épz^   'f^q   ^''^T^i^    '^'^'/.V' 

y.aXs':,  -/(opuoiv  œj-f,q  zo  AOYiviv.  La  leçon  Ao-j'aiv  est  confirmée 
par  un  passage  d'Aristote  (voir  Matth.  ibidem),  et,  générale- 
ment, par  toute  la  famille  des  manuscrits  grecs  désignés  par  la 
sigle  B  dans  les  études  de  Burkhard;  à  cette  leçon  corres- 
pond également  la  version  de  Burgundio  (2)  :  sed  prùnum 
quklem  zoticam  [quidem]  partem  animae  ani}nam  vocat 
separans  ab  earationale.  La  version  arménienne  dit  :  m^jf  "ûm^ 

iiLniuuiuuu     uiuuu    uAiApU    uiliAu     hn^l^    iiiuintuhhinu    n    huiuuç    naiu— 

îiui^uiLL,  d'accord  avec  la  famille  des  manuscrits  grecs  désignés 
par  Y,  laquelle  présente  la  variante  T.7.br,-'.-Ab^,  à  la  place  de 
ço^T'.y.ôv,  en  parfait  accord  avec  la  traduction  latine  d'Alfanus  : 
Sed  primam  quidem  passibileji  parterii  animae  airimam 
vocat,  separans  rationalem  (3).  Dans  trois  manuscrits  armé- 
niens, à  côté  du  mot  tjlifiiulj^iulïi  =  T.xf)r,z'.y.i'j,  on  trouvc,  dans  la 
marge,  la  glose  :  ^i  i^muiiplili  tj^l^lihi^uiïiuil^iu'b'b  l;p  (p.  ex.  dans  le 
rnan.  1128.  t-p  de  S.  Lazare,  pag.  71),  c'est-à-dire  :  dans  le 
syriaque  il  y  avait  ço)-'./.6v.  Nous  lisons   dans  Némésius  (éd. 

Alatth.   p.  205,  1.8)  :   --^ç  oè  izy.pz.^XzoyXBo:  r.y.^ojrr^ç,   -q  ;j.v/;;j//;iJ,;vr, 

TTapaTToXX'jTat,  ■:•?;?  a'.(j8-/]a£ojq /.al  t'^ç  oiavoiaçeîç  cjSsv  y.aTa6)va7:-0[;.£vojv. 

Dans  le  man.  D  qui  appartient  à  la  famille  y,  on  lit  ensuite 
des  mots  qui,  dans  un  manuscrit  plus  ancien,  d'où  est  dérivé 

(1)  btiabunniin.  . .  iiunuiati  p/ini_0i<iuli  uiuniiiii.  ijblibinnu  U  muiiunuihh 
Wt/u/,pu,f.feuif.g.   1889. 

(■i)  (iregorii  Nvsseni  (Nemesii  Emesoni)  Hspc  çûffsw;  àv9pwuo-j  liber  a  BurgLin- 
dione  in  Latinain  translatus.  Ed.  S.  J.  Burl<liard  —  altéra  pars — capit.  II-IV  con- 
tinens.  Programm.  gymn.  Caes.  Reg.  Moidlingensis.  Vindobonae,  MDCCCXCU, 
p.  12  ^  [30],  lign.  15. 

(3)  Nemesii  Emeseui  libri  flepl  çûctew;  àvepwno-j  vorsio  latina,  éd.  Carolus  IIol- 
zinger.  Lipsiae,  Prag,  1887,  pag.  36,  20 


MKLANC.IKS.  ."î.'î.'i 

D,  doivent  avoii"  foriné  une  scolie  marginale,  et  qui  sont  rap- 
portés en  note  marginale  par  Mattliaei  :  oy;Acv  lï  w;  sj-/.  ïz-\  r,[j.x^i 

0   (omittit  COd.   A    )])   A^yo;    vjv   r.ip:  -f,ç,  y-aô'  bp\>:r,^  y,vrr,czM^.   L'é- 

vêque  Altanus  les  traduit  par  :  Sciendum  vero,  quod  est  nob/'s 
serino  iiuiic  de  motione  ad  placitinn;  mais,  cette  l'ois,  B  pré- 
sente également  la  même  addition  dans  le  texte  :  Manifestum 
autem  est  quod  non  est  hic  sernio  nobis  de  eo  qui  seciuidum 
impetiuii  est  niotu.  Et  l'arménien,  d'accord  avec  les  deux 
anciennes  versions  latines,  et  contrairement  à  la  tradition  la 
plus  exacte,  qui  se  trouve  représentée  par  le  manuscrit  grec  A 
(famille  ;i),  ajoute  aussi  :  /l  {luim  ^  ^ï;  n^  ^  lîtij  puîm  iii^<^iî  iim^ 

iiiqu    nuui    ni/iui_nniiiZiuiî/    nuphuiLuiini  2UiP<fnL.laBiuli.    MalS,    daUS  trOlS 

manuscrits  arméniens,  on  lit  en  glose  mai-ginale  (1)  :  i»^»  mmlu 

lulniup     t^    Il    iinihuf     iiiiunpJTU    i>IinLK//îiiiu   nlinn    Kliiuin   iiiiu    tuniAiti    {'Z) 

(voir  par  ex.  le  man.  arm.  1128  k-  p  de  S.  Lazare,  pag.  181, 
lign.  1  et  suiv.). 

Un  ancien  traducteur  syrien,  dans  deux  leçons  très  ca- 
ractéristiques, suit  la  plus  ancienne  tradition  de  l'archétype 
grec,  et,  ce  qui  est  très  important,  d'une  façon  indépendante 
<le  l'arménien. 

C'est  là  malheureusement  tout  ce  que  nous  savons  de  <-ette 
version.  J'ose  toutefois  espérer  que  les  savants  qui  étudient  la 
littérature  syriaque  la  découvriront  un  jour  dans  un  manuscrit 
qui,  peut-être,  n'a  pas  encore  été  suffisamment  décrit  ou  étudié. 

Il  paraît  évident  que,  dans  sa  traduction  syriaque,  le  traité 
de  Némésius  doit  être  attribué  à  saint  Grégoire  de  Nysse;  sans 
quoi,  l'arménien  aurait  vraisemblablement  signalé  l'attribu- 
tion de  ce  traité  à.  Némésius.  On  sait  du  reste  que  cette  diver- 
gence (l'attribution  se  retrouve  dans  les  meilleurs  et  dans  les 
plus  anciens  manuscrits  grecs,  qui  appartiennent  à  d'autres 
familles. 

Prof.  Almo  Zaxolli. 

(1)  Je  possède  les  photograpliies  de  ci\s  manuscrits.  Joies  tiens  de  M-"'  Graflin 
pour  une  édition  criti<iue  du  texte  arménien.  Qu'il  me  permette  de  lui  en  expri- 
mer ici  toute  ma  reconnaissance. 

(■2)  C'est-à-dire  :  Lucu><  inlo,  a  sermonc  abhorret;  in  syriaco  De  Nalui-a  U/im  lu- 
cus  iule  non  occurrit. 


BIBLIOGRAPHIE 


0  LiVRO  DO  PROFETA  Amos  ET  A  SUA  VERSA(j  ETiii-OPiCA  ;  estudo  Uterario, 
por  Francisco  Maria  Esteves  Pereira.  —  Coïmbra,  Imprensa  da  Univer- 
sidade,  1917.  in-8°,  65  p. 

M.  Pereira.  qui  continue  fidèlement  ses  travaux  sur  la  version  éthio- 
pienne 4e  la  Bible,  nous  donne,  en  même  temps  que  le  texte  et  la  traduc- 
tion du  Livre  d'Amos,  une  étude  fort  intéressante.  L'auteur  commence 
par  rappeler  ce  qu'était  le  prophète  (le  liozêh,  le  nâbi,  les  benê  nebiim) 
chez  le  peuple  hébreu  et  quels  rôles  il  a  rempli,  puis  il  parle  d'Amos 
d'après  l'Écriture  et  saint  Épiphane,  d'après  aussi  la  petite  notice  que  le 
Synaxaire  éthiopien,  au  5  du  mois  de  Pâguemèn.  consacre  au  prophète. 
—  Les  i!;randes  bibliotlièques  d'Europe  possèdent  un  assez  grand  nombre 
de  manuscrits  contenant  le  Livre  d'Amos:  M.  P.  en  énumère  22;  mais  il 
est,  fort  justement,  Vnllé  au  plus  ancien,  et  c'est  le  ms.  55  de  la  collection 
d'Abbadie,  à  la  B.  N.  de  Paris,  qui  est  édité  et  traduit.  Ce  ms.  est  du 
\v-xvi°  siècle;  les  autres,  pour  la  plupart,  sont  du  xvui^  siècle.  Pour 
établir  son  texte  avec  plus  de  certitude,  M.  P.  compare  à  ce  ms.  55  le 
ms.  33  (XVII*'  siècle)  du  même  fonds,  et  s'en  sert  pour  combler  quelques 
lacunes,  faire  quelques  corrections  et  donner  des  variantes.  Après  les 
renseignements  d'usage  sur  lesmss.  employés,  vient  un  résumé  des  con- 
clusions généralement  admises  sur  la  date  de  la  version  éthiopienne  de  la 
Bible,  et  ses  remaniements  à  diverses  époques.  Suivent  le  texte,  avec  les 
variantes,  et  enfin  la  traduction.  M.  Pereira  accompagne  sa  traduction  de 
notes  abondantes,  qui  sont  un  bon  secours  pour  l'étude  du  Livre  d'Amos. 
Tout  cela  fait  du  travail  de  M.  P.  une  utile  contribution  aux  étude§  bi- 
bliques. 

L.  Guerrier. 


Sylvain    Grébaut,  Sargis    d'AbergS,  controverse    judéo-chrétienne  (fin) 
{Patr<.J.  or.,  t.  XIll.  fasc.  1).  110  pages  gr.  in-8%  6  fr.  Ç>î);  franco  7  fr.  20. 

La  première  partie  de  cet  ouvrage  traduit  dans  toutes  les  littératures 
orientales,  a  été  éditée  dans  la  Patrol.  or.  :  l'éthiopien,  t.  III,  fasc.  4  et 
ligne,  t.  \II1,  fasc.  5.  Ci.  ROC,  t.  XV  (1910).  p.  325-7  et  t.  XYI  (1911), 
p.  446-7.  M.  Grébaut  édite  et  traduit  en  français  la  version  éthiopienne 
de  la  fin  de  l'ouvfage.  11  est  caractéristique  de  l'époque  où  le  pouvoir 
civil  s'efforçait  de  convertir  les  juifs  au  christianisme  aussi  bien  que  de 


BIBLIOGRAPHIE.  335 

ramener  les  jacohites  et  les  nestoriens  à  l'orthodoxie  grecque  pour  n'a- 
boutir^ en  somme,  qu'à  se  faire  les  ennemis  acharnés  qui  allaient  devenir 
les  meilleurs  auxiliaires  des  musulmans. 

L'ouvrage  a  été  écrit  en  grec  vers  640,  il  est  conservé  en  entier  dans 
deux  mss.  grecs  du  xi^  siècle.  M.  Bonwetsch,  le  premier  éditeii  du  texte 
grec,  attachait  grande  importance  à  la  version  slave,  mais  cette  version, 
connue  par  un  ms.  du  xvi«  siècle,  a  chance  d'être  une  traduction  faite 
sur  un  manuscrit  peut-être  plus  récent  que  les  nôtres  et  un  peu  améliorée 
par  les  traducteurs.  11  serait  intéressant  de  savoir  à  quelle  époque  et  par 
qui  ont  été  constitués  les  volumineux  manuscrits  slaves  des  Menées.  Le 
mieux  semble  donc  être  de  reproduire  le  texte  grec  tel  que  les  manuscrits 
grecs  nous  l'ont  conservé,  d'éditer  à  part  les  traductions  et  de  n'utiliser 
ces  traductions  que  pour  annoter  le  texte  grec  et  non  pour  le  corriger. 

Le  traducteur  éthiopien  prend  assez  de  liberté  vis-à-vis  du  texte  grec, 
pour  qu'on  puisse  presque  dire  qu'il  a  réussi  à  constituer  un  ouvrage 
original  très  important  pour  l'histoire  de  la  littérature' éthiopienne  aussi 
bien  qucpour  l'histoire  des  polémiques  avec  les  juifs  si  puissants  aussi 
en  Abyssin  ie. 

F.  Nau. 


E.  W.  Brooks,  The  Letters  of  Severus  of  Antioch  frdm  numeroiis  syrinc 
manuscripts  {Patrol.  or.,  t.  XII,  fasc.  2).  170  pages  gr.  in-S",  10  fr.  70; 
franco  11  fr.  50. 

Sévère  d'Antioche.  dont  la  Vie  a  été  résumée /îOC,  t.  IV  et  ^^  et  éditée  et 
traduite  par  ]M.  Kugener,  Pair,  or.,  t.  II,  fasc.  1  et  3,  avait  écrit  en  grec 
prés  (le  4.000  lettres  qui  ont  été  traduites  en  syriaque  et  disposées  en 
23  livres  dont  quatre  contenaient  les  lettres  écrites  avant  son  épiscopat 
(avant  512),  dix  les  lettres  écrites  durant  son  épiscopat  (512  à  518)  et 
neuf  les  lettres  écrites  après  son  exil  (518  à  538)  ;  M.  E.  VV.  Brooks,  qui  a 
déjà  édité  une  collection  de  123  lettres  de  Sévère,  cf.  ROC,  t.  IX  (1904), 
p.  609,  a  recueilli  dans  les  manuscrits  du  British  Museuin,  du  Vatican,  de 
Paris  et  de  Berlin  tous  les  fragments  de  lettres  de  Sévère  qui  y  étaient 
conservés.  Il  a  utilisé  28  manuscrits  dont  20  conservés  au  British  Mu- 
séum. Le  présent  fascicule  contient  la  moitié  des  textes  conservés,  l'au- 
tre moitié  est  imprimée  et  paraîtra  prochainement. 

Sévère,  patriarche  d'Antioche,  était  l'homme  le  plus  en  vue  de  l'Eglise 
tjacobite,  il  en  a  même  été  l'éponyme  au  temps  où  les  jacobites  étaient 
nommés  Sévériens.  On  le  consultait  donc  à  tout  ^propos  et  sur  tout  sujet  : 
théologique,  canonique,  exégétique,  et  les  auteurs  postérieurs  ont  large- 
ment puisé  dans  ses  écrits. 

M.  Brooks  nous  restitue  ainsi  une  part  importante  de  cet  écrivain  grec, 
autant  que  la  littérature  syriaque  nous  l'a  conservé.  Cette  édition  vient 
s'ajouter  à  celles  des  hymnes  et  des  homélies  de  Sévère  déjà  données 
dans  l^yatrologic  orientale. 

F.  Nau. 


336  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

E.  Blociiet,   Introduction  à  V histoire  dos  Mongols  de  Fadl  Allah   Hashid    -^ 
Ed-Din,  Londres,  1910,  un  vol.  in-8»,  398  p. 

E.  IjI.ociiet,  Djanii  el-Tévarikh,  Jlistoirc  ijènérale  du  monde  par  Fadl 
Allah  Rashid  Ed-Din-Tarik-I  Mourakek-l  Ghazani,  histoire  des  Mon- 
gols. Tome  II  contenant  l'histoire  des  empereurs  mongols  succes- 
seurs de  Tchinkkiz  Khaghan,  Londres,  1911,  mi  vol.  in-8",  617  p.  (texte); 
appendice  70  p.       . 

Ces  deux  volumes  ne  concernent  pas  la  littérature  chrétienne  de  l'Orient, 
mais  ils  nous  donnent  l'unique  source  d'information  que  nous  ayons  sur 
le  monde  mongol  entre  les  années  1229  et  1303.  Or  c'est  précisément  à 
cette  époque  que  se  place  l'effort  des  premiers  compagnons  de  saint  Fran- 
çois d'Assise  pour  évangéliser  la  Chine.  Si  donc  on  veut  connaître  l'histoire 
(les  populations  auxquelles  s'adressèrent  ces  courageux  pionniers  '^ 
civilisation  chrétienne,  il  faut  recourir  au  texte  si  consciencieusem'^'i  aicc 
et  annoté  par  M.  Blochet.  Combien  il  est  regrettable  que  les  règlements  du 
E.J.  W.  Gibb  Mémorial  Fund  dont  le  volume  d'introduction  f-^  ' 
tome  XII  et  le  vu  ,',.■  e  texte  le  tome  XVIII  n'aient  pas  permis  de  uoiuier 
une  traduction  ;  ces  textes  si  laborieusement  étudiés  par  leur  éditeur 
auraient  été  d'un  abord  certainement  plus  facile. 

Dans  le  volume  d'introduction  (p.  165)  iM.  Blochet  résume  très  briève- 
ment les  faits  rapportés  par  Rashid  ed-Din  au  sujet  de  la  princesse  Siyourk- 
hokhataïtaï.  Cette  femme  était  nestorienne,  chrétienne  par  conséquent, 
veuve  d'assez  bonne  heure,  elle  renonça  à  contracter  une  nouvelle  union 
avec  le  fils  de  Kouyouk  et  elle  se  consacra  à  l'éducation  de  ses  trois  fils 
Moukké,  Koubilaï  et  lloulagou.  Les  principes  de  morale  et  de  conduite  que 
ces  trois  princes  reçurent  ainsi  de  leur  mère,  leur  permirent  de  briller 
parmi  tous  les  princes  de  leur  race. 

•La  chronique  de  Séert  éditée  par  Ms'-  Scher  {Patr.  (Jr.,  t.  XUI/fasc.  4 
raconte  d'autre  part  les  services  que  cette  princesse  sut  rendre  aux  chré- 
tiens de  son  pays.  Nous  y  renvoyons  également  les  lecteurs  de  la  R.  0.  il. 

R.  Graffin. 


Le  Directeur-Gérant 
F.  Charmetant. 


Typogiaiiliie  Firmin-Ditlol  el  C 


UN  APOCRYPHE  ANTI-ARIEN  : 

LA  VERSION  COPTE 

DE  LA  Correspondance  d'Abgar,  roi  d'Édesse, 
AVEC  Xotre-Seigneur  (fin). 


■^'  '^yothèse  qui  admetque  le  texte  bref  esjt^ç^^ljli^é  sur  le  texte 
grec  devient  inutile  si  l'on  remarque  que  tout  ce  que  le  texte 
bref  connaît  du  texte  .liTec  est  déjà  représenté  dans  le  texte 
long  (1).  Le  texte  long,  au  contraire,  offre  par  rapport  au  texte 

(1)  Regii.    3151,    1.    -il    :     A'iXO      IIOTIIOOVT      KTOVIIOC      flIlOOT. 

Eus.  :  xal  v£xpoù;  èvcipst;.  Loicl.  :  Paraphrase  descriptive,  p.  12,  recto,  1.  12-16.  — 

Regn.  3101,  1.  lO-l.'j  :   GTIKi-nAI    "fnApAKAAei     QUOK...     GTpeKKA- 

TAglO'i'  lirCîKV.V.MI    ÛIIOK  ^ApOl  I .  Eus.  :  Atà  toûto  TOtvuv...  èÔ£iâ9r,v  ffov 

cy.-jArivai  Tirpo;  \).z.  Leid.  p.  12,  recto,  1.  22-23  :    (ÎTIiti-llAI    AÏAgïOV     ClIIOK 

et   id.,   verso,    1.   7-S    :     (;t|>(:KGKII AAI     rillOK     JII'C:!     ^'JApoil-     — 

Regil.  3151.  1.  17-18  :   lirTAACrO    nil(3T,"Ja)llfî     neilTII.    Eus.  :  -n  TriSo; 

poj  OcpaTtEÙToi.  Leid.  p.   12,  verso,  1.   9-10   :     IJIinTAAOM)      lllltJll^tCÎIK: 

e:TO."l.    Regn.  3151,1.   25-28:    -fliOVI    rillOAlO    +neilTC    ptO^'IO 

(jpoy    '^lOVCOli-   Eus.  :   llo),t;  Sa    [JUxpoTâiri  (j.oi    èth...   ritt;  è^apysi  à(X.qjoTépot;. 

Leid.  p.   13,  recto,  1.   11-13  :   ...   eiKOVÏ      ÛIIOAIO     (i+Ap\l       (:po(; 

(;pa3>y(j  (ipoil  '^lOVGOII.  Comme  c'est  précisément  en  Egypte,  au 
Fayoum,  que  l'on  a  découvert  sur  un  papyrus  des  fragments  de  la  version 
grecque  de  la  lettre  d'Abgar  (W.  II.  Lindsay,  The  Fayoum  Papyrl  w  Ihe  Bod- 
Ician  Library,  Athenaeum,  5  sept.  1885,  p.  301),  nous  n'écartons  pas  a  priori 
l'iiyiiothèse  que  l'abréviation  du  te.\te  long  ait  pu  avoir  pour  but  d'imiter  un 
texte  grec  en  circulation  dans  le  même  milieu  :  mais  nous  pensons  que,  même 
dans  ce  cas,  rinlUionce  du  texte  grec  a  été  purement  extérieure  et  que  le  texte 
bref  ne  dépend  directement,  par  sa  rédaction,  que  du  texte  long,  comme  l'ana- 
lyse interne  le  prouve. 

ORIIÎNT  ciiinhiEN.  22 


338  REVUE    DE    l/OIUENT    (  IIIlÉTIE.X. 

bref  des  caractères  primaires,  imitations  du  te.xle  i4Tec(l)  ou 

•  traces  rédactionnelles  (2),  que  ne  possède  point  le  texte  bref. 

Il  fait  aussi  de  TEciiture  Sainte  le  même  usage  copieux  que 

Tunique  et  authentique  version  copte  de  la  Réponse  de  Notre- 

(1)  Où  le  texte  grec  porte  :  ypâ-W;  ÈSsifiOr.v  coo,  le  texte  long  traduit  littôra- 

loment  :  AÏAglOT  OUOK...  ?ITII-OVG2cVÏ  (Leid.  p.  12,  recto,  1.  22-24j, 
tandis  que  le  texte  bref  tire  de  la  légende  orale  qui  devait  accompagner  le 
texte  de  la  lettre  la  mention  de  courriers  envoyés  par  Abgar  :  "friApAKAAni 
nuOK    ?ITII-|IAlïAÏ^IIie   (Regn.   Slol,    1.     11-13)  je  te,  supplie  par    mes 

messagers.  De  même  xal  yàp  v-to-j-ra  est  rendu  AÏCUJTU  par  le  texte  long 
(Leid.  p.  12,  verso,  1.  16-17),  tandis  que  le  texte  bref  traduit,  en  se  référant  sans 
doute  aux  mêmes  courriers  :  A'i'TAIIOÏ  ils  m'onl  rapporlé  {Regn.  3151,  1.  10). 

(2)  La  première  de  ces  traces  rédactionnelles  est  la  contradiction  impliquée 
entre    l'offre  totale   qn'Abgar,  dans  le   texte  long,    fait   de   son  ti'ône   à    Jésus 

(t3TpeK^CC)nt3        6KO  nppo       f3,\(()ll         :        AII06\         mm.XAOG 

(TIIIIA(rtO  ^ApATK  [Leid.  p.  13,  recto,  1.  15-KJ  en  sorte  que  tu  seras  roi  sur 
nous  :  moi  cl  le  peuple,  nous  te  resterons  soumis  —  Abgar  devient  le  serviteur 
de  Jésus  au  même  titre  que  sa  ville),  et  l'offre  de  la  moitié  de  son  royaume, 

dérivée  du  grec,  qui  termine  le  même  document  (cptt>*'JH  (ipoil  ?IOVGOll 

[id.,  1.  12-13]  elle  nous  suffira  à  nous  deux  —  Abgar  reste  sur  le  même  plan  que 
Jésus).  Cette  trace  rédactionnelle  est  absente  du  texte  bref  pour  la  bonne 
raison  que  l'offre  du  trône  n'y  a  pas  passé.  —  T'ne  autre  trace  rédactionnelle 

se  trouve  dans  le  doublet  de  l'invitation  d'Abgar  que  formule  le  texte  long  lui- 
même  :  la  première  fois  (page  12,  verso,  1.  7-8;  Abgar  écrit  à  Noti-e-Seigneur': 

eTpeKGKM.V.M  ITIIIOK  lll'GÏ  ,"JAp()ll  'jue  tu  te  deiaiu/es  el  iHeniws 
chez  nous;  cette  façon  de  parler  est  en  liarmonie  avec  la  conception  originale 
du  rédacteur  copte  qui  confond  dans  le  même  plan  de  ses  préoccupations 
Édesse  et  Abgar.  La  seconde  fois  (page  13,  recto,  1.  10-11)  le  scribe  a  écrit  : 

6TpGKGKH.\.\l  lireï  ^Apoï  que  tu  le  dérunges  el  viennes  chez  moi, 
influencé  parle  texte  grec  :  uxjAïivai  xal  è),6eTv  Trpb;  \i.i,  qui  met  Abgar  lui-même 
au  premier  plan  de  ses  propres  préoccupations.  Ici  le  texte  bref  a  suivi  la 
conception  propre  au  te.xte  long.  —  Une  dernière  trace  rédactionnelle  est  ver- 
bale :  tandis  que  le  style  épistolaire  copte  veut  que  lescorrespomlants  expriment 
leurs  sentiments   ou   leurs  actions  au    présent  (cf.   les   formules    usuelles    des 

lettres  coptes  :   +^|  lie,     i~npOGKVII(-l ,    GAGIIAÏ.K,    GtJGeAI,    Crum, 

Coptic  ostraca,  passim.  Distinguer  avec  soin  les  parfaits  historiques  AI,"Ja:X(;, 

id.,  n"  128,  p.  'A,  pi.  26.  Aia^tOliG  n-  133,  p.  56,  pi.  27.  Cf.  ad.  33  :  opposition 

entre  AII.M,    temps  historique,    et  'riinpOGKVIIGI  p.    70,   pi., 01...  —  ou 

les  formules  emphatiques,  dans  les  titres.  —  AIKî^AÏ  Hall,  Voplic  and  GrecJ.- 

Te.iis,  n°  21378,  j).  12(t,  pi.   83  —    ou   les  signatures  —  a'mj^AI,  id.,  n»  21203, 


fN    Al'OCRVI'HK    ANTI-ARIEN.  339 

Seigneur  et  montre,  par  conséquent,  qu'il  est  l'œuvre  de  l;i 
même  main.  Par  ailleurs,  si  Ton  comprend  tV'i't  bien  qu'un  scribe 
ait  résumt'  la  lettre  prolixe  d'Abgar  à  Notre-Seigneur  pour  la 
faire  tenir  dans  le  cadre  étroit  d'une  amulette  sur  papyrus  et 
ramener  par  symétrie  ce  texte  moins  important  à  ses  yeux  aux 
proportions  de  la  Réponse  de  Notre-Seigneur,  un  s'explique  mal 
dans  riiypothèse  contraire  qui  fait  du  texte  long  un  développe- 
ment du  texte  grec  pourquoi  le  scribe  aurait  choisi  puur  l'am- 
plifier précisément  le  texte  le  moins  important  à  ses  yeux. 
Toutes  ces  raisons  amènent  à  conclure  que  le  texte  long  de  la 
version  copte  de  la  Lettre  d'Abgar  à  Notre-Seigneur  est  le  texte 
primitif.  Si  le  résumé  de  cette  Lettre  qu'est  le  texte  bref  sem- 
ble calqué  si  exactement  sur  le  texte  grec,  c'est  que,  même  dans 
le  texte  long,  l'original  grec  est  resté  la  trame  sous-jacente 
et  qu'à  élaguer  les  prolixités,  on  dégage  fatalement  cette  trame. 
La  même  raison  explique  suflisamment  comment  des  expres- 
sions, développées  dans  le  texte  long,  retrouvent  tout  naturel- 
lement et  comme  par  leur  propre  poids,  dans  un  texte  résumé, 
la  simplicité  originale  des  expressions  grecques  (1). 

Il  semble  donc  hors  de  conteste  que  le  texte  long  du  papy- 

p.  6'.l,  pi.  r)2),  le  sci'ibe  du  toxte  lotig  a  li-adiiit  sôs-^ôriv  to-j,  ou  réquivalcnt 
r,|;'a><îà  de  par  un  parfait  AÏAgïOV  iJUOK  (Leid.  p.  1'^  recto,  I.  22-i3), 
trahissant  ainsf  l'usage  qni'il  fait  d'un  original  grec.  Le  rédacteur  du  texte 
bref  a  effacé  cet  hellénisme,  qui  fait  tache  dans  la  lettre,  et  lui  a  substitué  le 
temps  normal  de  la  correspondance  copte,  le  présent  :  f^iiApAKA.vei  nuOK 
(Regn.  3151,  1.  11-12)  je  le  supplie,  formule  par  ailleurs  usitée  dans  les  lettres 
coptes.  Crum,  /.  c,  n"  69,  p.  46,  pi.  16. 
(1)  Ainsi  le  passage  de  Leid.  p.  12,  recto,  1.  12-16:  a'iMO    K(>'i•^^-(;A'^M(; 

niIGTUOOVT  2IIOTAVeeilTIA  ceilllV  OliO.V...  .te...  qui  para- 
phrase Eusèbe  :  xai  vexpoij;  lyetpEtç,  s'abi'ège  naturellemonl  en  Regn.  3151,  1.  2-6: 

AVtO    lltîTIlOOVT  KTOVIIOC  TlLIOO'/  eilTO'OII  flTOKfigOVCI  A , 

expression  qui  se  rencontre  ainsi  de  nouveau  avec  la  formule  d"Eusèbe. 
On  pourrait  enfin,  pour  clore  ces  questions  de  critique  textuelle,  se  demander 

si  la  clausule  '^iloveipilllH  enpaix,  du  texte  bref  (Regn.  3151,  L  28),  ne  doit 
pas  être  rapprochée  de  la  finale  des  textes  syriaques  île  la  Lettre  d'Abgar  : 
Doclrine  d\4ddaï':  «  ...  siif/tsanle  pour  nuits  deux  pour  y  habiter  en  paix  •> 
(D.  Cobrol,  Dicl.  Archéol.  chréL,  t.  I,  col.  !»2.  Abgar  [D.  Leclercq]),  Actes  de 
Saint  Mar  :  •■  ...  ulrique  sufficienlem,  ibique  quieti  erimus.  »  (Analecta  Bol- 
landiana,  t.  IV,  p.  53.  Abbcloos,  Acta  sancti  Mûris...  araïuuïce  et  latine).  Mais 
comme  aucun  autre  indice  ne  favorise  par  ailleurs  un  tel  rapprochement,  il  est 

plus  nature]  de  penser  qu'il  .s'agit,  là  aussi,  d'une  simplification  et  que  îiiovfil 


340  RKVUK    DE    l'oRIKNT    CHRÉTIEN. 

rus  de  Leide  représente  la  forme  primitive  de  la  version  copte 
de  la  Lettre  d'Abgar,  version  développée  sur  un  original  grec. 
Cet  original  était-il  entièrement  conforme  au  texte  d'Eusèbe, 
tel  qu'il  est  donné  par  la  tradition  des  manuscrits"?  Évidem- 
ment iwn.  Du  reste  en  dehors  d'Eusèbè,  les  monuments  épi- 
graphiques  et  les  auteurs  qui  reproduisent  le  texte  grec  de  la 
J.ettre  d'Abgar  présentent  des  divergences  sensibles.  La  ver- 
sion copte  apporte  un  témoignage  nouveau  pour  la  solution  du 
problème  qui  surgit  de  ces  variantes.  L'original  grec  qui  lui  a 
servi  de  base,  et  que  l'on  discerne  facilement  sous  les  expres- 
sions coptes,  présente  plusieurs  points  communs  avec  les  dif- 
férentes versions  connues,  mais  il  ne  s'identifie  avec  aucune 
d'elles.  Si  en  général,  comme  tous  les  textes  du  même  genre, 
il  suit  la  version  d'Eusèbe,  il  s'accorde  avec  l'inscription  de 
Tciioroum  (1),  le  texte  d'Hamartolos  (2)  et  celui  de  Cedrenus  (3) 
pour  écrire  A'jvapiç  en  place  de  T'AYcapc;  du  Codex  Regius  ou 
de  r"A67œpoçdu  Codex  Mazarinus  et  des  anciennes  médailles  (1). 

piHIH   en  paix  représente  le  znO'rA.r An  H    \topïC    Kio^    ?k|>OOIIOC 

en  amour.  s<ans  jalousie  ni  malveillance  du  texte  original  long  (Leid.  p.  13, 
recto,  1.  13-14).  Du.  reste  l'évocation  de  la  paix  à  la  fin  d'une  lettre  était  une 
habitude  familière  au  formulaire  épistolier  copte.  Le  souhait  direct  OVJkcVl 
ÎIIOVfiipuilH  porte-toi  bien  en  pair  (Réponse  de  N.-S.,  Leid.  p.  14,  recto, 

1.  20),  'f'pmiH  lltVK  paix  à  loi  (Crum,  Coptic  ostraca,  ad.  28,  p.  79,  pi.  93. 
—  Krall,  Kopiische  Briefe.  Mitteihnigen  aus  dcr  Sammlung  der  Papyr.  Erzher- 
z(>ii  Rainer,  t.  V.  p.  25,  n"'  1424,  1160)  se  fondait  parfois   élégamment  dans  le 

contexte  :  ...  ic;    opcoTii  nrieiBoov  mu    iiqHA;ye-iieTiipoune 

ÏIIOVHipuiIH  OVjVAÏ  Ovrall,  /'/.,  p.  36,  n"  60)  qu'il  vous  [garde]  de  tout 
mal  et  dispose  vus  années  en  paix.  .Salut!  C'est  une  variation  du  même  genre  de 
la  formule  traditionnelle  que  le  rédacteur  du  texte  bref  a  choisie  pour  clore  sa 
lettre  et  résumer  le  texte  original  qu'il  simplifiait. 

(1)  Inscription  relevée  en  1899  à  Gourdja,  près  de  Tciioroum,  par  J.  G.  C. 
Anderson  et  publiée  par  lui  :  Pontica,  dans  The  Journal  of  hellenistic  studies,  XX 
(1900).  Cette  inscription  contient  le  texte  intégral  de  la  Lettre  d'Abgar  et  de  la 
Réponse  de  N.-S.  —  .J.  G.  C.  Anderson  note  {l.  c.,  p.  Lô7)  que  cette  inscription 
est  d'une  petite  écriture  capitale,  meilleure  que  celle  de  la  plupart  des  inscriptions 
du  IV'  siècle.  ' 

(2)  Georges  Hamartolos  (vers  950).  Chronique,  livre  111.  cliap.  cxv  :  Ihpl  Aùyâpo-j. 
P.  a.,  t.  ex.  col.  381. 

(3)  Georges  Cedrenus  (fin  du  xi'  s.).  Hisloriarum  Compendiuin.  P.  il.,  t.  CXXI, 
col.  345. 

(1)  Jligne,  P.  G..  X.X,  col.  121.  note.  La  transcription  du  nom  du  roi  d'Édesse 
a  dû  r-tre  iniluencée   par  ce  fait  que    lo  nom  d'Aûvapo;  était  précisément  en 


UN    ArOCRYPHH   ANTI-ARIKN.  341 

Où  Eusèbe  porte  simplement  Tz-ipy-qq  'Eosa-ï;;,  Toriginal  du 
copte  ii|)|)()  n<;T(:(:cA  TiioMc  (Leid.  p.  11,  verso,  1.  6-7) 
devait  écrire  comme  (.'edreiius  :  -o-ipyr^:;  -f,q  -ôXswç  'Eoétto;; 
son  n-r(:|)ic<oTu  Ae  (îiiai  (p.  11,  verso,  1.  23)  représente  plu- 
tôt le  oi-sp  X7.0JGXÇ  d'Hamartolos  que  le  y.a:  TaO-ra  Trivta  ày.zùiy.: 
-spi  C7CJ  d'Eusèbe.  Son  e-riiCi-iiAi  aïa^iov  niioK  iiAoeïc 
eiTii-ovoeAi  (p.  12,  recto,  1.  22-2  Des!  moins  près  d'Eusèbe  : 
Ar.i  TcuTo  Toiv'jv  Yp^'i^ac  £2et,0y;v  go'j,  que  du  même  Hamartolos  : 
Af,à  TcîjTc  vuv  ':pi'lixq  à;u7)  (1)  e/JhXv  <jz,  avec  la  différence  qu'Ha- 
martolos  a  substitué  Tusage  plus  moderne  du  présenta  l'usage 
antique  du  parfait  que  l'original  grec  de  la  version  copte  avait 
retenu.  Cet  original  portait  comme  Cedrenus  et  Hamartolos  : 

axjA-^var.    y.a-    ïlOtiv   -po:    \J.i,    Contre    Eusèbe    :    J7.'j}v-^vxi    r.plq  \j.i; 

comme  l'inscription  de  Tchoroum,  et  sans  doute  le  papyrus  de 
la  Bodléienne  (2),  il  ajoutait  :  y.ai  oiw/.cjaiv  gi  au  /.a-aYSYY'JÇo'ja'.v 
azX)  d'Eusèbe.  Enfin  il  retranchait,  comme  Cedrenus  et  Hamar- 
tolos, le  -ml  Tep.vYi  qui  dans  Eusèbe  complète  la  proposition 
finale  :  rSuq  oï  ;j.r.7.poTâTY]  \).zi  k<:v..  Tels  sont  les  traits  reconnais- 
sablés  de  l'original  grec  qu'a  mis  en  œuvre  l'auteur  de  la  ver- 
sion copte  des  Lettres  d'Abgar  (3). 

usage  au  iv  siècle  dans  le  monde  hellénique  :  un  des  évêques  excommuniés  pour 
n'avoir  pas  comparu  devant  le  synode  de  Séleucie  (en  359)  portait  ce  nom.  Athan. 
De  Synodis,  w  12.  P.  G.,  XXVI,  704. 

(1)  Le  mot  à?i(3  avec  le  sens  de  demander  se  trouve  pour  la  première  fois  dans 
les  Septante.  Il  est  fréquent  dans  le  grec  des  papyrus.  Zoreil,  Novi  Testamenli 
Lexicon  (/raentm,  l'aris,  1911,  p.  57. 

(2)  Papyrus  du  vi'  siècle  conservé  à  la  Bodléienne  d'Oxford  (grec  theol.  b.  1  P.) 
publié  par  \V.  II.  Lindsay,  The  Fayouin  Papyri  in  Ihe  Bodlelan  Librnry  (Alhe- 
niieum,  h  sept  1885,  p.  304).  4  fragments  reconstitués  dans  E.  P..  Nicholson, 
ibid.,  17  oct.  1N85,  p.  .jOO.  —  Cf.  D.  Cabrol,  Dict.  Archéol.  r/trél.,  t.  I,  coi.  1808. 
Amulettes  (D.  Leclercq). 

(3)  Par  contre  on  ne  saurait  afiirmer  sur  la  foi  du  copte   \l()()lo    IIA^pH 

'^iniiTAlllA  (Leid.  p.  11,  verso,  I.  27-p.  12,  recto,  1.  1)  (juc  l'original  grec  portait 
ywplç  cpapjiàKwv  xat  (îoTavàiv  au  lieu  de  (xvï-j  cfapjj.âxwv  xal  (îoTavwv  (Eusèbe.  Tcho- 
zoum.  Hamartolos.  Cedrenus).  La  particule  xw?i;  était  d'un  usage  courant  en 

copte  au  même  titre  que  la  préposition  égyptienne  AAII»  et  l'auteur  copte  de 
la  lettre  a  pu  la  choisir  pour  traduire  âvîu,  dont  on«  n'a  pas  jus(|u'à  présent 
trouvé  la  transcription  en  copte.  Crum,  Coplic  oslraca,  n°  218  (p.  31-32,  pi.  40j, 

livre  dans  le  même  texte  AAll-.\AA'/  nkA'rA(|>|>()llll(;iC  (recto,  1.  H)  xans 

aucun  mépris  (xaTaîjpôvïjfft;)  et  [\<()  1|>I(;  AAA'/  D AM(|)I  liO.XlilA  i  verso,  1.  3) 
sans  aucune  c'quii:oque  (i\Lz>ièonoL). 


.'M2  REVUE    DE    l/ORlEXT-  CHRÉTIEN. 

Cette  version  copte  de  la  Correspondance  d'Abgar  avec  Noire- 
Seigneur  faisait-elle  partie  d'un  toul,  était-elle  extraite  d'une 
légende  copte  d'Abgar  qui  ne  nous  a  pas  été  conservée,  ou 
même  d'un  cycle  de  légendes  analogue  à  la  compilation 
syriaque  connue  sous  le  nom  de  Doctrine  d'Addai  (  1  )?  La  ques- 
tion ne  se  poserait  même  pas,  —  tellement  toutes  les  allusions 
concrètes  qui  pourraient  relier  la  lettre  à  un  contexte  quel- 
conque ont  été  retranchées  avec  soin  de  cette  version  (2),  et 
tellement  par  l'usage  qu'on  prétendait  en  faire,  on  le  verra  par 
la  suite,  elle  pouvait  se  présenter  comme  un  document  auto- 
nome se  suffisant  à  lui-même,  —  si  le  papyrus  de  Leide  ne 
donnait  à  cette  lettre  un  voisinage  troublant.  Le  document  qui 
suit  en  effet  x^tte  lettre  est  un  fragment  d'une  légende  copte  de 
la  première  Invention  de  la  Sainte  Croix,  sous  Claude  (3),  et 
livre   la  prière  de  Judas-Cy;^iacus.  Or  la  Doctrine  d'Addaï,  à 


(1)  Sur  Ja  Doctrine  d'Atldaï;  cf.  Tixeront.  Los  origines  dt>  C Église  iVÉdesse  cl  la 
légende  d'Abgar-,  Paris,  1888. 

(2)  Le  texte  long  ne  contient  qu'une  allusion  au  cadre  historique  de  la  lettre  : 
la  mention  des  hommes  dignes  de  foi  par  qui  Abgar  a  été  renseign('  sur  les 
miracles  de  Notre-Seigneur  (Leid.  p.  11,  verso,  1.  11-12).  Le  texte  bref  mentionne 
en  plus  les  messagers  envoyés  pour  porter  la  lettre  d'Abgar  (Regn.  3151,  1.  12- 
13)  :  mais  ces  détails  sont  expliqués  suffisamment  par  une  tradition  orale  cir- 
culant nécessairement  avec  le  document  écrit  qui  a  servi  de  source.  Tous  les 
autres  détails  historiques  sur  la  maladie  d'Abgar,  sur  l'envoi  d'un  apôtre  par 
Notrè-Seigneur.  ont  été  supprimés  parce  qu'ils  étaient  inutiles  au  but  de  la 
lettre,  qui  était  uniquement  une  profession  de  loi. 

(3)  Ce  fragment,  qui,  dans  le  papyrus  de  Leide  décrit  plus  haut,  occupe  de  la 
ligne  24  de  la  page  14  (recto)  à  la  ligne  21  de  la  page  15  (verso),  a  été  classé  indû- 
ment par  Pleyte  (/.  c,  p.  170)  sous  la  rubrique  :  Deuxième  lellre  de  J.-C.  à  Abgar, 
En  réalité  le  titre  :  Lettre  de  N.-S.  J.-C.  à  Abgar,  amen,  des  lignes  22  et  23  de  la 
page  14  (recto)  appartient  au  morceau  précédent  et  est  un  de  ces  titres  récapi- 
tulatifs dont  la  littérature  copte  offre  des  exemples  (cf.  Budge,  The  earliest 
known  coplic  Psaller,  London,  1898.  Titre  final  r  lIXtOtOllfi  nilO'htV.V- 
UOC.  Mss.  de  la  fin  du  w  siècle).  Le  fragment  en  question  débute  ainsi  :  // 
éleva  la  voix  en  hébreu  et  il  pria  ainsi  :  Akrabi  akrabei  milas  phinadùn...  etc. 
ce  qui  se  traduit  :  Dieu  qiii  es  assis  sur  les  Chérubins...  Suit  une  prière  de  doc- 
trine orthodoxe  et  de  saveur  liturgique  qui,  au  début  de  la  page  15  (verso),  ren- 
ferme ces  mots  :  Opère  donc  tes  prodiges  et  découvre-les  nous.  Seigneur  ;  el  de 
même  que  tu  as  écouté  ton  serviteur  Moyse  el  lui  as  découvert  les  ossements  de 
notre  frère  Joseph  (allusion  à  une  légende  apocryphe),  maintenant.  Seigneur, 
manifeste  le  lieu  où  glt  la  croix  du- Christ  el  ordonne  qu'une  fumée  se  produise 
afin  que  je  croie  en  la  croix  du  Christ.  Il  n'y  a  pas  à  a\oir  de  doute  sur  l'iden- 
tification de  ce  fragment  si  on  en  compare  les  détails  sur  le  texte  syriaque 
décrit  dans  Tixeront,  /.  r.  Appendice.  L'invention  de  la  vraie  Croir.  pp.  161-191. 


r 


IN    Al'OCliM'IIi;    A.VTI-AIUEN.  343 

laquelle  on  vient  de  fiiire  allusion,  contient  précisément  après 
la  légende  d'AI)gar  l;i  même  légende  de  rin\ention  de  la  Sainte 
Croix  par  Protonikè,  qui  renferme  le  même  épisode  (l).  Est-ce 
là  une  coïncidence  fortuite?  Le  compilateur  de  Leide  avait-il 
sous  les  yeux  un  cycle  copte  analogue  au  cycle  syriaque,  et 
dans  ce  cas,  quelles  <'"taicnt  les  relations  des  deux  cycles  (2)? 
Autant  de  questions  encore  insolubles,  que  des  découvertes 
postérieures  permettront  peut-être  d'élucider,  et  dontledéhat 
en  tout  cas  dépasse  les  limites  de  cette  étude.  Il  était  toutefois 
l)on  de  les  indiquer. 

Ces  questions  préjudicielles  résolues  ou  simplement  sou- 
le^ées,  la  question  principale  se  pose  :  quelle  est  l'origine  de 
cette  version  copte  de  la  Correspondance  d'Abgar  et  quelle  date 
peut-on  assigner  à  sa  composition? 

Il  est  évident  au  premier  abord  que  les  longues  interpola- 
tions qu'a  subies  le  texte  grec  doivent  renfermer  les  éléments 
de  solution  du  problème  :  ce  n'est  pas  sans  motifs  que  le  texte 
grec,  que  les  plus  anciens  documents  présentent  déjà  comme 
traditionnel,  a  souffert  de  pareilles  retouches.  Les  additions, 
les  corrections,  les  suppressions  qu'il  a  subies  ont  une  raison 
et,  vu  le  caractère  dogmatique  du  document,  une  raison  à  coup 
sûr  doctrinale  :  c'est  donc  d'abord  dans  la  doctrine  des  inter- 
polations que  l'on  doit  chercher  la  trace  des  [iréoccupations  qui 
ont  déterminé  l'apparition  du  texte  copte.  Or  ces  interpolations 
affirment  à  satiété,  avec  l'énergie  d'une  profession  de  foi  et 
l'insistance  d'une  protestation,  les  éléments  divers  d'une  seule 
et  même  doctrine  :  celle  de  la  divinité ^de  Notre-Seigneur  Jésus- 
Christ.  L'hérésie  arienne,  la  première  et  la  plus  redoutable  des 
grandes"  hérésies,  attaqua  seule  cette  divinité  du  Christ  :  se 
trouverait-on  en  présence  d'un  document  dicté  par  les  préoc- 
cupations de  la  controverse  arienne? 

(1)  'Fixeront,  L  c.  Appendice. 

(2)  Peut-être  le  fragment  copte  a-t-il  chance  d'èti-e  original,  car  si  un  rédac- 
teur avait  traduit  un  texte  sémitique,  il  n'aurait  eu  q^i'à  le  transcrire  pour 
donner  un  pastiche  suffisant  de  la  prière  hébraïque  et  il  n'en  aurait  pas 
réduit  à  chercher  une  formule  si  piètre  composée  de  termes  empruntés  à  la 
cabale  gnostiquo.  Noter  à  ce  propos  que  Tixeront  rejette  a  priori  la  participa- 
tion des  églises  coptes  à  la  constitution  de  la  légende  de  Judas-Cyriacus  (Tixe- 
ront, /.  c,  p.  ]K],  note  2). 


344  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

On  se  rappelle  les  lignes  maîtresses  de  la  doctrine  d'Arius. 
A  l'origine  des  temps  il  n'y  avait  au-dessus  du  néant  qu'un 
seul  Être,  le  Père,  seul  inengendré,  à7£vvr,T3ç,  donc,  suivant  la 
philosophie  arienne,  seul  incréé,  àvév/jTcç,  seul  existant  de  toute 
éternité  (1).  C'est  le  Dieu  de  l'Ancien  et  du  Nouveau  Testa- 
ment, le  seul  vrai  Dieu.  Au  moment  précis  où  le  Père  avait 
voulu  créer,  il  avait  donné  l'existence,  non  pas  par  nécessité  de 
nature,  mais  librement  comme  pour  le  reste  de  l'univers,  à 
un  Démiurge  par  qui  il  devait  créer  toutes  choses  (2)  :  ce  Dé- 
miurge c'est  le  Logos,  —  hi  Raison,  —  ou  Sophia,  —  /a  Sa- 
gesse —  de  Dieu,  non  pas  cette  Raison  ou  cette  Sagesse  imma- 
nentes de  Dieu,  qui  sont  un  de  ses  attributs  et  sont  éternels 
comme  Lui  (3),  mais  un  être  créé  (4),  et  par  conséquent  pas 
éternel  (5),  qui  ne  reçoit  les  noms  de  Raison  et  de  Sagesse 
qu'en  considération  du  dessein  que  Dieu  réalise  par  lui,  -/.a-:' 
irAvzixv  :  créer  des  êtres  à  leur  tour  doués  de  sagesse  et  de  rai- 
son (G).  Avec  le  grain  de  sel  de  ces  explications.  Logos  et  Sophia 
sont  les  seuls  noms  qui  conviennent  au  Démiurge  (7).  Tous 
les  autres  vocables  sont  à  exclure,  ou  si  l'usage  traditionnel, 
la  politique  et  la  prudence  obligent  à  les  employer,  il  faut  les 
vider  de  leur  sens  pour  leur  donner,  par  un  prodige  de  dialec- 
tique, un  sens  contraire  (8).  Mais  de  tous  ces  vocables  le  plus 


(1)  Cf.  Duchesne,  Hisloire  ancienne  de  l'Église,  tome  II,  p.  128.  Micant,  Diction, 
de  Théol.  cathoL,  t.  I,  col.  1784  sq.  Arianisme  (Le  Bachelet).  Toute  la  doctrine 
arienne  procède  de  cette  équivoque  entre  engendrer  et  créer.  Sur  la  complète 
incompréhension  des  Ariens  au  sujet  de  la  génération  éternelle  du  Verbe,  cf. 
leurs  arguments  :  Athan.  Oral,  l  c.  Arian.,  n"  21.  P.  G.,  XXVI,  56. 

(2)  Athan.  Epist.  ad  episc.  ^'Egypli  et  Libyae,  n"  12.  P.  G.,  XXV,  565. 

(3)  Athan.  De  sentent.  Dionysii,  n°  25.  P.  G.,  XXV,  517. 

(4)  Arius  insiste  en  termes  très  énergiques  sur  cette  création  du  Verbe  qui 
est  le  pivot  de  sa  doctrine.  Epist.  ad  episc.  .EyypI.  et  Libyae,  n"  12.  P.  G..  XXV, 
565  :  xxî(7fJLa  yâp  èaii  xaî  7to{-/i[jLa  xal  ëpyov. 

(5)  Athan.  De  Syn.,  n"  3.  P.  G.,  XXVI,  685. 

(6)  Athan.  Epist.  ad  episc.  .^Egypt.  et  Lib.,  n"  12.  P.  G.,  XXV,  564-565.. 

(7)  Aéyo-jaiv  ôvojxata  |jiôvov  elvat  xoû  Yloû  Adyoc  xal  io^i'a.  Athan.  De  décret. 
Nicaen.  Synod.,  n"  16.  P.  G.,  XXV,  449.  Ailleurs  il  semble  que  les  Ariens  ajou- 
taient le  nom  Fils  aux  titres  légitimes  du  Démiurge  :  Epist.  ad  episc.  .Egypt. 
et  Lib.,  n°  12.  P.  G.,  XXV,  565  :  (ô  0cb:)  ôjvotiaffev  a-JTov  Aôyov.  xal  Ylov  xal  locpîav. 

-  (8)  Ainsi  du  terme  de  Fils  de  Dieu  :  les  Ariens  le  retiennent  pour  ne  pas  être 
condamnés.  Athan.  Or.  /  c.  Ar.,  n°  15.  P.  G.,  XXVI,  44;  mais  ils  l'interprètcht 
de  cette  filiation  divine  que  l'homme  acquiert  par  ses  œuvres.  De  décret.  Nicaen. 
N.V«..  n'^  6.  P.  G..  XXV.  133-436. 


IN    APOCRVFIIK    ANTl-Alîli:X.  34.J 

fallacieux  est  celui  de  .Monogène,  Fils  i/n((jin'  (1),  qui  met  un 
abime  entre  le  Christ  et  nous  :  il  faut  impitoyaljlement  le  pros- 
crire ou,  à  la  rigueur  et  s'il  ne  se  peut  faire,  en  modifier  radi- 
calement le  sens  :  le  Logos  sera  dit  par  les  Ariens  Fils  Unique 
parce  que  Dieu  l'a  engendré  —  ou,  les  termes,  on  le  sait,  sont 
synonymes  pour  Arius,  créé  —  seul  directement  (2).  Ce  Logos 
a  été  fait  pour  nous  (3)  :  c'est  aussi  pour  nous  qu'il  s'est  in- 
carné. Pour  cela  son  Ame  s'est  unie  à  un  corps  privé  d'âme 
liumaine  (4),  si  bien  que  c'est  à  l'âme  même  du  Logos  qu'il 
faut  attribuer  tous  les  sentiments  humains  :  ignorances,  dou- 
leurs, angoisses,  tous  les  progrès  que  l'Évangile  rapporte  du 
Christ,  et  cela  n'a  rien  qui  puisse  surprendre,  puisque  cette 
àme  du  Logos  est  une  àme  créée.  En  récompense  des  souffrances 
qu'il  a  endurées  pour  nous  sauver,  Dieu  a  fait  en  dernier  lieu, 
uatepov,  sa  carrière  rédemptrice  terminée,  Jésus-Christ  Sei- 
gneur et  Roi  (5)  :  on  peut  dire  en  quelque  façon  que  c'est  alors 
qu'il  est  devenu  Dieu  et  Fils  (6),  si  l'on  prend  ces  termes  tra- 
ditionnels, non  pas  en  rigueur  (7),  mais  uniquement  pour  si- 


(1)  Athan.  Orat.  2  c.  Ar.,  n»'  19,  m.  P.  (L,  XXVI,  188,  280.  A  la  place  de 
Movoyevri;,  les  Ariens  recommandaient  l'expression  HpwTOTovtoç  Premier-Né,  id., 
n°  6-2,  col.  2bO. 

(2)  Athan.  De  décret.  Xicaen.  Syn.,  n"  7,  l».  /'.  /.'.,  XXV,  4o6,  440. 

(3)  Episi.  ad  cpisc.  .J^gypt.  et  Lib.,  n°  12.  P.  (!.,  XXV,  oôô  :  Où/  y|[i.à;  extiue 
8t'  Èxeîvov,  àXX'  èxeïvov  St'  -^[xâ?.  Oral.  4  c.  Ar.,  n""  11,  12.  P.  G.,  XXVl,  481. 

(4)  Athan.  Contra  Apollinar.,  lib.  1,  n"  15.  /'.  G.,  XXVl,  1121.  —  Id.,  lib.  II, 
n"  3,  col.  1136  où  cette  doctrine  est  doanée  formellement  comme  étant  celle 
d'Ariiis. 

(5)  Orat.  2  c.  Ar.,  n"  13.  P.  G.,  XXVI,  173  :  llpiv  yâvriiai  à'vôpw-o;  xai  (jxajpov 
07CO[x.£'VY),  oyx  ^v  Kûptoç  xai  BacrtXîù;  6  Xwrrjp,   aù.k  tote  àp'/riv  ïo/j.  toù  etvat  Kvptoç 

(6)  Orat.  1  c.  Ar.,  n"  38.  P.  G.,  XXVl,  92  :  Misôbv  în^t  tb  lifzaQon  Vtb;  xai 
(■)b6c,  :  c'est  alors  qu'on  commença  à  adorer  le  Christ.  —  Epist.  ad  episc.  .-Egypt. 
et  Lib.,  n°  12.  P.  G.,  XXV,  564  :  à'vôpwro;  wv  {içTSpov  yéyove  6î6;. 

(7)  En  rigueur  le  Christ  n'est  pas  vrai  Dieu,  mais  simplement  Dieu  par  parti- 
•  cipalion  ((jLEToyr)),  comme  on  peut  le  dire  des  créatures  (Episl.  ad  cpisc.  .EJgypt. 

et  Lib.,  n;  12.  P.  t;.,  XXV,  561).  11  reste  entre  le  Père  et  le  Fils  la  distance 
infinie  de  Tincréé  au  créé  :  le  Tils  ne  connaît  pas  pai-faitement,  mais  anaiogi- 
«luemenl,  le  Père  qui  reste  pour  lui  àççr^ioc,  (id..  n"  12,  col.  565)  et  àûpaxo;  {Or.  I 
c.  Ar.,  n"  6.  P.  G.,  XXVI,  21).  Le  Fils  lui-même,  comme  tout  ce  qui  est  créé,  ne 
connaît  pas  parfaitement  sa  propre  essence  (Episl.  ad  episc.  .Egypt.  et  Lib., 
1.  c).  Si  à  la  rigueur  toutefois  il  fallait  avouer  que  le  Christ  est  vrai  Dieu, 
l'arien  s'exécutait  en  entendant  de  la  vérité  métaphysique  ce  qu*on  voulait  lui 
faire  professer  de  la  vérité  logique;  :  quel  que  soit  le  sens  que  l'on  attacheau 
mot  Dieu,  le  Christ  est  vrai,  puisqu'il  existe  :  y£vo>.£vo;  yào,  à>,7i6iv6;  èurtv  (Episl. 
ad  Afros  episc,  n"  5.  /'.  G.,  XXVl,  1010). 


;!1(;  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

gnilier  que  Dieu,  prévovant  que  <etto  nature,  toujours  libre 
parce  que  créée,  resterait  bonne,  lui  a  conféré  dès  maintenant 
ce  haut  degré  de  gloire,  incomparablement  plus  élevé  que 
celui  auquel  nous  pouvons  prétendre,  et  que  le  Christ  d'ailleurs 
aurait  reçu  comme  prix  de  sa  vertu  à' la  lin  des  temps  (1).  Si 
Ton  peut  donc  affirmer  d'une  certaine  manière  que  le  Christ 
est  maintenant  Dieu,  on  ne  peut  absolument  prétendre  qu'il 
préexistait  comme  tel  à  l'Incarnation  :  même  pendant  sa  vie 
mortelle  il  n'était  encore  que  le  serviteur  de  notre  rédemption 
après  avoir  été  celui  de  notre  création  :  et  si  même  maintenant 
on  l'honore  comme  Dieu,  avec  le  Saint-Esprit  qui  est  la  pre- 
mière créature  du  Fils  comme  le  Fils  est  la  première  créature 
du  Père,  il  faut  dans  la  doxologie  marquer  nettement  la  dif- 
férence de  gloire  que  l'on  entend  attribuer  à  chacun  d'eux  (2) 
et.  dans  le  formulaire  des  doxologies  traditionnelles,  écarter, 
celles  qui  placent  les  trois  Personnes  de  la  Trinité  sur  le  même 
rang,  pour  clioisir  celles  qui  se  développent  sur  le  schème  : 
Gloire  au  Père  par  le  Fils  dans  le  Saint-Esprit  (3). 

(1)  Epist.  ad  episc.  .^igijpl.  et  Lib.,  n°  U'.  P.  G-,  XXV,  564. 

(2)  Le  fondement  de  la  doxologie  arienne  est  exprimé  par  cette  citation,  au 
moins  ('quivalente,  de  la  Thalie  d'Arius.  faite  par  Atlian.  De  syn.,  n°  lo.  P.  G., 
XXVI,  708  :  "Hyouv  Tçta;  £!itI  ôoEai;  oiy  ô[j.oiaiç'  àvenifiixToi  éaviTaï;  el<Tiv  ai  \ino- 
azdanç  a'JTÔJv  [j.ta  ir,:;  jj-ià;  èvôoEoxépa  ooEa:;  ÈTt'.  (XTieioov. 

(3)  AoÇa  Rarpl  St'  Vtoù  èv  àyit»)  lIveûfiaTi.  Didynie  l'Aveugle,  De  T)inU.,  lib.  I, 
cap.  xxxiv.  P.  G.,  XXXIX  I3(i.  Sur  les  rapports  de  la  doxologie  des  Ariens  avec 
celle  des  Orthodoxes,  les  auteurs  ecclésiastiques  donnent  des  renseignements  en 
apparence  contradictoires.  D'api-ès  Théodore  d,e  Mopsueste,  dans  un  texte  recueilli 
par  Nicétas  Clioniatés,  Thésaurus  fidei.  1.  V,  chap.  xxx.  P.  G..  CXXXIX,  1390,  les 
Ariens  cliantaient  à  Antloche  :  Gloire  au  Père  par  le  Fils  dans  le  Sainl-Esprii. 
Ce  fut  l'évèque  Flavien  qui  le  premier  chanta  :  Gloire  au  Père,  et  au  Fils,  et  au 
Saint-Esprit.  D'après  Théodoret,  au  contraire,  Haerel.  fabularum  compendium, 
IV,  1,  P.  G.,  LXXXllI,  414,  ce  sont  les  Ariens  qui  auraient  modifié  la  doxologie 
catholique.  Cf.  Didyme  l'Aveugle,  De  Trinitale,  lib.  II,  cli.  xn.  P.  G.,  XXXIX, 
072.  Quoi  qu'il  en  soit,  les  deux  formes  de  doxologie  —  celle  qui  rend  gloire  au 
Père  par  le  Fils  dans  le  Saint-Esprit,  et  celle  qui  rend  aux  trois  Personnes  une 
gloire  à  un  titre  égal  —  préexist;iient  à  l'arianisme.  La  première  avait  été 
patronnée  par  Origène  dans  son  livi'c  De  Oratione,  n°  33,  P.  G.,  XI,  557,  à  l'en* 
di'oit  où  il  traite  précisément  de  la  doxologie  :  E-jXoyov  Se  àp?(x(xevov  àTro  ôo?o>,o- 
Y'.«;  et;  ooÇoXoYÎav  xaTa/.r^yovTa  xaraTtaûîtv  tï)v  eû;(r|V,  0(i.voijvTa  xat  ôolàîjovta  rôv  xwv 
o/wv  IlaTépa  ôià  'Ir,iTOÙ  XptirTOù  èv  àyia  llveuixarc,  m  tj  ôôEa  et;  toù;  atôjva;.  Elle  est 
du  reste  omploj'ée  exclusivement,  avec  ses  variantes,  par  saint  Athanase.  même 
Hu  plus  fort  de  sa  lutte  contre  l'arianisme.  dans  ses  traités  :  conclusion  de 
l'Oral,  de  Incarn.  Verbi.  P.  G.,  X.XV,  197;  de  Sf/nod.,  n"  54.  P.  G.,  XKVI,  789; 
—  dans  sa  correspondance  :  Epist.  Il-  ad  s<>rap.,  n"  23.   id.,  676;  Epist.   ad 


r.\  APOCHVi'Hr.  anti-aiîii:k.  317 

En  face  de  ces  conceptions  ariennes  et  de  leurs  arguments, 
les  défenseurs  de  la  traditi<jn  orthodoxe  dressent,  doctrine  pour 
doctrine,  preuve  contre  prruvc,  renseignement  catholique. 
Puisque  c'est  l'identification  d'un  texte  copte  que  l'on  poursuit 
dans  cette  étude,  il  esl  naturel  que,  pour  se  documenter  sur 
les  débats  dans  l'ambiance  desquels  co  document  a  pu  prendre 
naissance,  on  interroge  les  Pères  égyptiens,  saint  Alhanase,  le 

,  grand  champion  de  l'orthodoxie,  et  Didyme  l'Aveugle,  dont  la 
théologie  sereine  trahit  néanmoins  le  contre-coup  des  derniers 
ressauts  de  l'arianisme  expirant.  Descendre  dans  le  détail  d'une 
telle  controverse  sort  évidemment  des  limites  de  cet  article  : 
il  faut  se  contenter  d'en  effleurer  les  principaux  sommets. 
Tandis  que  les  Ariens,  tenant  pour  impossible  la  génération 
éternelle  du  Verbe,  s'efforcent  de  détourner  de  leur  sens  les 
termes  de  l'Écriture  qui  renferment  cette  doctrine,  et,  ne  pou- 
vant que  trop  difficilement  l'interpréter  à  leur  avantage,  pros- 
crivent impitoyablement  le  terme  de  Monogèite,  les  Orthodoxes, 
s'en  tenant  fermement  à  la  doctrine  de  la  génération  éternelle, 
se  rallient  autour  de  ce  terme  qui  exprime  leur  doctrine  d'une 
façon  irréfutable  avec  toute  l'autorité  de  l'Écriture  :  l'expres- 
sion MoncKjène  condamne  en  effet  le  vocable  Premier-Né  que 

.  les  Ariens  voudraient  introduire  pour  désigner  le  Verbe  (T); 
elle  ruine  l'exégèse  fameuse  du  texte  :  Kjpr.o;  h-ini  \j.i  àpyviv 
cstov  aj-;u  le  Seigneur  iiia  créée  comme  commencement  de 

\  ses  voies  (Prov.  viii,  i-l),  sur  laquelle  repose  tout  l'édifice  de 


Amunern  mouKc/i.,  id.,  llTti;  —  dans  ses  lettres  festal:'s  :  Ic/lre  /,  n°  11,  id.,  1366; 
letlie  II,  n»  8,  id.,  1371  ;  letlre  III,  n°  6,  id.,  1376...  etc..  L'autre  l'orinule  compte, 
■  elle  aiLSsi,  des  témoins  anciens,  entre  autres  la  doxologie  :  8o|a  to  itaxpi  a>T,>.o-jria 
ôoEaTO  u'.u)  xai  xo  ayiw  7irv£j[ji.aTi  a>.ifiXo\j7ia  a),ïi),o-jYia  aÂYiXo-jrja,  livrée  par  un  papyrus 
du   Fayoum,   et  qui    paraît  antérieure    à  l'arianisuie   (liickell,   Sammlun;/  dur 
Papyrus  Erz/ier:of/  Rninei-,  \HH1,  t.  I  et  III,  p.  17.  D.  Cabrol,  Dkl.  Arc/i.  rhrél., 
'■  t.  1,  col.  I--^32.  Alléluia  [Cabrol]).  Ces    faits  iiermettent    de   tout   concilier  :  les 
Ariens,  sans  rien  inventei-  do  neuf,  se  contentaient  d'exclure  où  elles  étaient  en 
usage  les  doxologies  delà  deuxième  façon,  pour  leur  substituer  celles  de  la  pre- 
mière, ce  qui  peut  donner  raison  à  Théodoret;  il   se  peut  aussi  ((ue  l'évcquo' 
.,  Flavien,  pour  faire  concurrence  aux  Ariens,  ait  condensé  l'antique  formule  qui 
'  répétait  gloire  devant  le  nom  de  chacune  des   personnes  divines  et  ait  mis  le 
!  premier  eu  usage  à  Antioche  cette  formule,  dont  on  ne  trouve  de  fait  aucun 
'  témoin  plus  ancien  :  (Hoire  au  Père  el  au  Flh  el  au  Saint-Espril,  ce  qui  fait 
que  Théodore  de  Mopsueste  n'a  pas  tort. 
(1)  Orut.  2  c.  Ar..  n"'  27,  (Jl'.  /'.  G.,  X.Wl.  •>'n4.  2s(i. 


348  ^  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Tarianisme  (1);  elle  est  le  nœud  de  la  question  débattue  (2),  et 
la  profession  de  ce  seul  mot  équivaut  à  une  profession  île 
toute  la  foi  catholique  (3).  Ce  .Monoi^ène  est  la  parfaite  image 
du  Père  qui  Ta  engendré  de  toute  éternité  :  il  possède  tout  ce 
que  possède  le  Père (4).  Aussi  les  tei'mes  qui,  dans  la  sainte 
Écriture,  déclarent  la  royauté  et  la  seigneurie  du  Père  sont  légi- 
timement employés  pour  affirmer  la  royauté  et  la  seigneurie 
du  Fils  :  il  est  le  Seigneur  et  Roi  éternel  (5),  le  véritable 
Roi  de  tout  b  oCkrfivilq  ll*[j.6aTÙ£j-:  (6),  le  Seigneur  de  tout  (7j, 
le  Seigneur  et  le  Créateur  des  cieuj-  (8),  le  Seigneur  et  le 
Créateur  de  tout  (9),  mais  par-dessus  lout  le  Grand  Dieu  et 
le  Grand  Roi  (10)  que  l'Ancien  Testament  représente  siégeant 
sur  son  trône  (11)  pour  juger  toute  la  terre  (12).  Loin  d'être 
un  simple  instrument  et  serviteur  du  Père,  c'est  en  tant  que 
Seigneur  qu'il  a  créé  l'univers  (13),  et,  comme  cet  univers  est 
sa  propriété,  il  gouverne  et  juge  (14)  toute  la  terre.  S'il  s'est 
abaissé  dans  l'Incarnation,  il  n'en"  faut  point  chercher  la  cause 


(1)  hl.,  n"  48,  col.  x>48. 

(2)  Le  parchemin  copte  Or.  3581  B  (35)  du  British  Muséum,  provenant  d'Akli- 
mîm,  et  qui  contient  un  éloge  de  saint  Athânase,  a  une  phrase  qui  met  bien  eu 
relief  la  valeur  de  cette  doctrine  du  MovoYsvr,;  aux  yeux  des  contemporains.  Il 

résume   ainsi   l'erreur   arienne    :     ApiAIIOC       llAOeBIIC      ec|4~OVr.t;- 

niioHoi'tiiiHG  eqeipe  ouoq  nccoirr  L'impie  Arius  qui  élaU 
opposé  au  Monoyène,  faisant  de  lui  une  crralure.  Crum,  Catal.  of  Uie  coptic  mss 
in  Uie  Brit.  Muséum,  p.  146,  n°  o24. 

(3)  L'épitaphe  du  lecteur  Plêïnôs  (British  Muséum,  n°  679)  présente,  après 
l'indication  du  nom  du  défunt  et  de  son  âge,  l'acclamation  :  aovoYJvri;  XM-  W^'li 
Coptic  and  Greek  Teats  of  the  Christian  period,  p.  140,  n°  3.  Lefebvre,  Recueil 
des  inscriptions  grecques  chrétiennes  d'Egypte,  p.  66,  n°  350. 

(4)  Athan.  Orat.  2  c.  Ar.,  n"  18.  P.  G.,  XXVl,  181. 

(5)  Oat.  i  c.  ,4r.,n'>  49.  P.  G.,  XXVI,  113;  (}rat.  2  c.  Ar.,  ii"  12,  17.  /'.  <t., 
id.,  172,  181. 

(6)  Id,  n°  18,  col.  181.  Apol.  ad  Constant.,  n»  2(5.  P.  G.,  XXV,  628. 

(7)  Oral.  2  c.  Ar.,  n"  12.  P.  G.,  XXVI,  172. 

(8)  Orat.  1  c.  Ar.,  n"  41.  P.  G.,  id.,97. 

(9)  Id. 

(10)  Didyme  l'Aveugle,  De  Trinitale,  1.  1,  ch.  xxvn.  P.  G.,  XXXIX,  393.  Dans  ce 
chapitre,  col.  396,  citation  de  Ps.  Xlvi,  3  combinée  avec  Ps.  xciv.  3  :  Osos  [Asya; 
K-jpto;  xal  paaiXeù;  [isya;  £7:1  uà(7av  xviv  Yr,v. 

(11)  Didyme  l'Aveugle,  id.,  col.  ::97. 

(12)  Athan.  Apolo;/.  ad  Constant,  imper. ^  n°  26.  P.  G.,  XXV,-628. 

(13)  Oral.  1  c.  Ar.,  n°41.  P.  G.,  XXVl,  ^1  ;  Orat.  2  c.  Ar.,  n"  27.  P.  G.,  id.,  2(il. 

(14)  Apolog.  ad  Constant  imperat.,  n°  -IC).  P.  G.,  XXV.  628. 


UN    APOCRYPHE    AXTI-ARIflX.  349 

avec  les  Ariens  dans  l'infériorité  d'une  nature  créée  et  sou- 
mise :  un  seul  mobile  l'a  poussé,  cette  philanthrojnc  divine 
qu'il  partage  de  toute  éternité  avec  le  Père  et  qui  est  la  seule 
raison  de  Tlncarnation,  comme  elle  est  la  seule  raison  de  la 
Création  (1).  En  s'incarnant,  le  Verbe  a  pris  la  nature  humaine 

1)  Le  mot  p/nlcnl/uojne.  si/.avôpojTrcx,  avait  en  gi'ec,  et  surtout  dans  le  grec 
(les  papyrus  (Zorell,  .Vovi  Testaii\enli  lexlron  ffraecuiii.  p.  G02),  un  sens  courant  de 

.  Iiienceillance,  que  partageait  du  reste  son  équivalent  copte  uilTUAÏpiOUO. 

r  Lefebvre,  Recueil  des  inscriptions  ijrecques  chrétiennes  d'Egypte,  \\.   V)x,  \\°  5s4. 

|i  Inscription  de  Philae,  conservée  à  Berlin,  Kr>nigliche  IMusoen,  n"  '^lo(i  (14  déc. 

!  577)  :  Tï]  lo-j  ùZ'jTzr,xo-j  80  Tîpovoia...  y.ai  çtXavôpwuiot  ôîoÔMpo-j  to'j  7rav£-jq>Ti[xo-j  Sexou- 

ptavo;.  CL  Cruni.  Cnpiir  uslraca,  n"  35o,  recto  (p.  tJS.  pi.  6-J)  :  \'(0[>k;  TpAC^AÏ 

IIIITII  'fcOOVIl  nr(3TIIIIHTUAÏp(t>IJ(;  (reOVIl  epoï  sans  vous 
ivrire.  je  connais  votre  hienvfiUancc  envers  moi.  Mais  il  eut  aussi,  en  Egypte 
surtout-,  un  emploi  théologique  précis  :  il  était  consacré  pour  exprimer  l'amour 
tout  gratuit  de  Dieu  pour  l'iiomme,  en  tant  que  cet  amour  est  l'inspirateur  des 
bienfaits  divins.  Déjà  ce  mot  se  trouve  dans  l'Écriture,  Tit.,  nr,  4,  mais  c'est 
■  avec  Clément  d'Alexandrie  que  les  besoins  de  la  controverse  le  font  entrer  dans 
le  vocabulaire  technique  de  la  théologie.  Les  disciples  de  Jlarcion  prétendaient 
que  le  Dieu  créateur,  le  Dieu  de  l'Ancien  Testament,  n'est  que  juste,  mais  qu'il 
y  a  un  autre  Dieu  qui  est  bon.  Contre  eux,  Clément  d'Alexandrie  étal)lit  que 
l'unique  Dieu  est  à  la  fois  juste  et  bon  et  il  exprime  cette  bonté  par  le  mot 
GÙâvôpwTto;.  II  précise  aussi  que  le  Verbe  lui-même  est  q;i>.âv6pwTro;  [Paedaf/oii.. 
I.  1,  c.  VHi  :  llpb;  TO'j;  -^.youfjiivo-j;  [x-^  slvat  àyaSôv  tô  ccxatov.  /'.  G.,  VIII,  325.  —  /rf., 
c.  ni,  col.  25?  :  "On  ^i/âvôpwTto;  ô  naiôaywyôç).  Le  terme  fut  désormais  fixé  et  dès 
avant  la  controverse  arienne  saint  Athanase  l'employait  comme  l'expression 
reçue  pour  désigner  l'amour  de  Dieu  principe  de  la  création  (Or.c.  (icntes,  n"41. 
/'.  G.,  XX\',  NI)  et  de  l'Incarnation  {De  Incarnat.  Verbi,  n"  4,  8,  12,  15,  34. 
/'.  G.,  id.,  103,  100,  118,  121,  153).  Dans  la  controverse  arienne  elle-même  l'ex- 
pression était  de  règle  pour  définir  conti-e  les  Ariens  le  sentiment  divin  qui  avait 
poussé  Dieu  à  sauver  le  monde  par  le  Verbe,  sentiment  partagé  par  le  Verbe 
lui-même  en  tant  que  Dieu  iOrat.  2  c.  .4r.,-n"  47,  59,  63,  65,  75.  P.  G.,  XXVI,  245, 
273,  2Si,  285,  305.  Didyme  l'Aveugle,  De  Trinitate,  1.  II,  cli.  ix,  "Oti  çiXâvôptoTiov. 
P.  G..  XXXIX.  414.  Texte  perdu,  id.,  632).  Du  reste,  ce  terme  était  également 
cher  à  la  piété  égyptienne  :  sans  compter  les  attestations  que  l'on  peut  recueillir 
dans  l'épigrapliie  (cf.  Lefebvre,  l.  c,  p.  109,  n"  587.  Inscription  de  Philae  :  t[yi] 
Tou  SîaTTOTou  •f[\>.M\  yptffTo-j  si/av[6pa)]7:ta),  dans  les  anciens  manuscrits  liturgiques 
(cf.  Crum,  Cata.loifv.e  of  the  coptic  mss.  in  the  Brilish  Muséum,  p.  39,  n"  153.  Or. 
3fîSU  A  (10),  Oratio  absolutionis  ad  Patrem,  lignes  8.  12.  17.  —  Id.,  n"  158,  fol.  b, 
p.  17),  et  même  dans  les  sermons  populaires  (cf.  Crum,  Discours  sur  saint  Onno- 
frius.  p.  34  du  texte  copte.  Pcrue  de  l'Orient  Chréti/'n,  t.  XX,  p.  50).  il  est  inté- 
ressant de  noter  que  c'est  à  l'Egypte  que  le  rituel  grec  ((ioar.  Eucholo;/ion,  éd. 
173(1,  p.  424.  EOyoAÔYtov  tô  ixiya,  Rome,  1873,  p.  252)  doit  la  bellt>  prière  funéraire 
où  Dieu  est  invoqué  sous  ](^  titre  wç  àyaôoi;  xal  çt>âvOpa)T:oç,  comme  le  prouvent 
les  très  nombreux  ti-moins  de  cette  formule  recueillis  dans  la  vallée  du  Nil  (cf. 
Lefebvre,  l.  c,  n"*  561,  636,  661,  OCil...  etc.  Sur  l'oiigine  de  cette  formule,  voir 
id.,  lutroduction,  p.  xxx> 


;i50  REVIIK    DE    l'OHIK.NT    CIIHÉTIEX. 

complète,  âme  et  corps,  si  bien  que  dans  les  sentiments  divers 
que  révèle  le  texte  de  TEvangilc  il  faut  distinguer  avec  soin 
ceux  qui  appartiennent  à  riiunianité  et  ceux  qui  relèvent  de  la 
divinité  (1).  En  face  donc  des  passages  de  l'Ecriture  qui  re- 
tracent les  faiblesses,  les  souffrances-,  les  ignorances,  les  pro- 
grès du  Christ,  et  dont  se  prévalent  laussenient  les  Ariens, 
l'exégèse  orthodoxe  met  en  lumière  ceux  <|ui  relatent  les  mi- 
racles du  Verbe  et  dans  lesquels  éclate  sa  divinité  (2)  :  en  sorte 
que,  si  le  Mo^^o-ftrqç  est  la  formule  de  Torthodoxie,  les  miracles 
du  Christ  sont  sa  démonstration  par  excellence.  A  cette  dé- 
monstration se  joint  comme  une  confirmation  inattendue,  mais 
d'un  grand  poids,  l'aveu  des  forces  démoniaques  elles-mêmes 
que  le  Christ  a  mises  en  fuite  (3).  Enfin,  puisque  le  Christ  est 
Dieu,  on  l'adore  de  cette  adoration  que  l'on  réserve  à  la  Di- 
vinité (1)  et  il  doit  recevoir  dans  la  doxologie,  avec  le  Saint- 
Esprit,  une  gloire  égale  à  celle  qu'on  attribue  au  Père. 

Or  ces  vérités,  choisies  ou  développées  sur  le  fonds  tradi- 
tionnel, et  dont  le  faisceau  forme  la  contre-partie  et  la  réfuta- 
tion de  l'arianisme,  sont  précisément  celles  qu'exprime  la  ver- 
sion copte  de  la  Correspondance  d'Abgar  avec  Xotre-Seigneur. 
Le  point  culminant  de  la  lettre  d'Abgar,  c'est  la  profession 
de  foi  dont  la  forme  même  et  la  récompense  promise  par  la 


(1)  Or.  1  c.  Av.,  Il"  11  ;  Oral.  3  c.  A  r..  n»'  :U-32,  rjC.  P.  (}.,  XXVI,  90.  383-392,  1  Kl. 

("2)  Athan.  De  décret.  Nicaen.  synod.,  iv  l.  P.  0.,  XXV,  420. 

(3)  Athan.  Epkt.  ad  episc.  .^gypt.  el  Lib.,  a"  1 1.  P.  G.,  XXV,  .^69.  Cf.  Ora(.  de 
Incarn.  Verbi,  n-  15,  19,  32.  P.  G.,  XXV,  124,  129.  I.'r2. 

(1)  Le  mot  7ipo(jx-wiv£ïv  présente  en  srec,  à  côté  du  sens  (.Vadorer  une  divinitt', 
le  sens  très  adouci  de  salue)-  profundémenl  quelqu'un  et  comme  tel  il  est  fréquent 

dans  la  menue  littérature  des  lettres  coptes  (•f~np()(;KVIiei    nT6Kl.lll- 

T6KOT  je  salue  tu  palern'Ui\  Cruin,   Copfic   ostraca,  n"  91,  p.    18,  pi.  21.  — 

TinpoCKVIiei  nT(3TUeAI-ia)GIIM(j  je  salue  voire  sainlele,  id.,  n"  229, 
p.  60.  pi.  42-43...  etc.).  Au  sens  théologique,  à  côté  de  l'acception  générale  de 
vénérer,  dont  l'objet  est  à  la  fois  Dieu  et  les  saints  cf.  la  fameuse  définition 
du  IP  Concile  de  Nicée  (787j  sur  l'adoration  des  images,  Denzinger,  EnchirkHon 
Symbolorum  et  De/initionum,  Fribourg,  1911.  n°  302.  p.  138).  npoffu-jvsïv  est  employé 
dans  un  sens  strict  pour  exprimer  l'adoration  de  latrie  qui  ne  se  rend  qii'à  Dieu. 
Athan.  Oral.  2  c.  Ar.,  n"  23.  P.  G.,  XXVI,  I9«i  :  xxîatJia  yàp  XTiafta-ri  oO  Tipoaxjveï. 
—  Oùxoïïv  (")£oû  isTi  (jiovoy  to  npoaxuveïffôai.  C'est  en  ce  sens,  on  le  ^■oit  par  son 
argumentation,  que  saint  Athanase  parle  de  l'adoration  du  Christ.  Cf.  Didyme 
l'Aveugle,  De  Trhnlale,  1.  1,  cap.  xx.xni.  Hepi  7rpo'7xvvy,«<o;.  P.  G.,  XX"X1X, 
432-133. 


UN    APiMJHVPHE    ANTl-AHIEX.  il")! 

réponse  de  Notre-Seigneur  soulignent  l'importanct'  :  la  forme 
est  inspirée-  d'une  façon  transparente  par  la  'confession  de 
Pierre  (1);  la  récompense  est  celle  que  le  Seigneur  a  décernée  à 
Tamour  de  Madeleine  (2).  Mais  dans  cette  confession  un  mot 
nouveau  est  placé  en  relief  avec  une  intention  bien  évidente, 
celui  de  Monoyène,  et  ce  mot  est  même  souligne  par  une 
phrase  un  peu  inattendue  :  //  a  en  est  pas  (Vautre  que  toi  (3), 
expression  qui  a  l'avantage  d'être  à  la  fois  une  formule  divine 
consacrée  par  l'Ancien  Testament  (1)  et  de  couper  court  à  tout 
commentaire  qui  tendrait  à  alfaiblir  la  valeur  de  ce  terme  Mo- 
nugène  (3).  L'importance  de  cette  déclaration  de  la  divinité  du 
Monogène  est  encore  augmentée  par  le  cadre  histoi-ique  où 
l'auteur  l'a  placée  :  c'est  en  pleine  \  le  mortelle  du  Christ,  avant 
la  glorification  qui  a  suivi  la  Passion,  au  milieu  même  des 
embûches  des  Juifs  dans  lesquelles  le  Seigneur  doit  succomljer, 
qu'Abgar  proclame  Jésus  le  Fils  Monogène  de  Dieu.  Les  expres- 
sions ne  peuvent  laisser  subsister  aucun  doute  sur  sa  pensée  : 
si,  dans  le  titre  de  sa  lettre,  il  confesse,  à  l'exemple  de  Pierre, 
que  Jésus  est  le  Fih  du  Dieu  vivant  {()),  dans  le  corps  de  cette 


(1)  Matth.  \vi,  IS. 

[i)  Matth.  xxvi,  G-1 1.  I.eid.  p.  i:j,  vei-so,  1.  'JU-p.  14,  recto,  1.  i.  On  peut  noter  à 
ce  propos  qtie  l'auteur  de  la  version  copte  semble  tenir,  avec  la  généralité  des  ' 
commentateurs  grecs,  pour  une  seule  et  même  personne  la  pécJiei'esse  gali- 
léenne  (Luc.  vu,  36-50)  et  Marie  Madeleine  (Matth.  xxvi,  7-13;  Marc,  xiv,  3-11; 
.Jean  xu,  1-8),  comme  le  laisse  soupçonner  la  suture  des  expressions  :  Parce  gtie 
lu  as  beaucoup  aimé  (pécheresse  galiléenne)  —  je  placerai  (on  nom....  etc.. 
(récompense  de  Madeleine). 

(3)  Leid.  p.  12,  recto,  1.  21-23. 

(4)  Deut.  IV,  :!.'>;  xxxn,  '3d;  I  Sam.  ii,  2;  I  l'ar.  wii,  20;  Tob.  \iii,  1;  Is.  xi.\, 
IS.        ' 

(5)  Les  Ariens,  on  Fa  vu,  mis  en  demeure  de  reconnaître  la  valeur  du  terme 
Monogène,  employé  par  l'Écriture,  l'acceptaient  à  la  rigueur,  mais  ils  enten- 
daient par  là  que  le  Verbe  a  seul  été  créé  dirertcment  par  Dieu,  tous  les  autres 
êtres  ayant  été  créés  par  l'intermédiaire  du  Verbe  (Athan.  De  décret.  Xicacn. 
.Synod.,  n""  6  et  9.  P.  G.,  XXV,  130,  410).  C'était  en  somme  ramener  le  sens  du 
mot  Monogène  à  peu  de  chose  près  au  sens  du  mot  Fils  que  les  Ariens  éten- 
daient   à    toute    créature   [id.,  n"    10,   col.    110).    L'expression     IMI-K6C)'i"A 

nii.V.VAK  interdit  cette  explication  arienne  en  proclamant  la  singularité  abso- 
lue de  la  génération  du  Verbe.  Déjà  saint  Athanase,  pour  exprimer  l'unicité  de 
cette  génération,  avait  employc'  une  formule  semblable  dans  /)e  Incarn.  Verhi, 
n"  20.  /-•.  G.,  XXV,  129  :  xai  (tôvo-j  toù  Harpo;  o'noc,  Vloû  |j.ovoYevoij;  à)r)6ivo-j,  le 
contexte  et  le  bon  sens  attestant  que  (j.6voj  se  rapporte  à  ïîoù. 
(i)  Lei(L  p.  11.  vei'so,  1.  8-9, 


:>o2  REVUK    DK    I.  ORIKNT    CHRETIEN. 

lettre  il  rcconnaîl  qu'il  est  le  Dieu  vivant  lui-même  (1).  Il  lui 
applique  le  titre  divin  de  (i)-(fjid  Roi  (2),  de  Roi  (ht  Ciel  et  de 
la  Terre  (3),  il  parle  avec  l'Écriture  de  son  Irône  (4),  de  son 
nom  glorieu.r  (5),  il  le  montre  prenant  soin  de  toutes  les  na- 
tions (6),  et  il  proclame  son  pouvoir  absolu  sur  la  vie  (7)  et 
sur  la  mort  (8),  prérogative  divine  s'il  en  est.  Cette  personne 
divine  était  préexistante,  car  l'Incarnation  n'a  fait  que  la  ma- 
nifester (0).  et,  loin  d'être  créée  pour  le  monde,  c'est  lorsque 
le  monde  a  été  digne  d'elle  qu'elle  a  daigné  lui  faire  sa  vi- 
site (10).  Dans  cette  Incarnation  qu'elle  a  accomplie  [isx  philan- 
thropie, cette  philanthropie  divine  existant  de  toute  éter- 
nité (11),  elle  a  pris  l'humanité  complète,  et  il  faut  distinguer 
dans  ses  sentiments  ce  qui  revient  à  l'humanité  et  ce  qui  ap- 
partient à  la  divinité  (12).  Mais  cette  divinité,  si  voilée  qu'elle 
soit,  éclate  dans  les  miracles  :  cette  démonstration  qui  conduit 
à  la  foi  s'est  imposée  à  Abgar,  comme  elle  doit  s'imposer  à  tout 
l'univers  (13).  Les  démons,  du  reste,  lui  appoi-tent  leur  témoi- 
gnage (14).  Il  ne  reste  donc  qu'à  adorer  le  Clirist,  ce  qu'Abgar 
fait  à  plusieurs  reprises  (lô),  et  dans  la  doxologie  finale,  il 
attribue  une  gloire  égale  au  Père,  au  Fils  et  au  Saint-Es- 
prit (10).  On  retrouve  là  d'une  façon  transparente,  et  souvent 


(I)  r.  13,  recto.  I.  4-5. 
(i)  V.  11,  verso,  1.  S. 

(3)  P.  12.  verso,  1.  25-2^7. 

(4)  P.  12,  verso.  1.  15;  p.  13,  recto,  1.  20-21. 

(5)  P.  12,  recto,  1.  11.  Cette  confession  du  nom  glorieuj-,  titre  divin  (Deut. 
xxvni,  58;  Dan.  ni,  2<î)  de  Notre-Seigneiir  en  pleine  vie  mortelle,  répond  expressé- 
ment aux  Ariens  qui,  on  l'a  vu,  abusant  du  texte  Philip,  n,  9-10,  prétendaient 
que  ce  n'était  qu'après  la  Passion  que  le  Christ  avait  reçu  vn  nom  au-dexsus  de 
tous  les  autres  noms,  c'est-à-dire  le  titre  de  Fils  et  de  Dieu.  Atlian.  Or.  1  c.  Ar., 
u"'  37-38.  /'.  a..  XXVI,  88-89. 

(0)  P.  12,  verso,  I.  1-2. 
(7)  P.  12,  verso.  1.  27-p.  13,  recto,  1.  1. 
-■(8)  P.  12,  verso.  1.  12-14. 

(9)  P.  11,  verso,  1.  15-17.  Pour  rem|)loi  de  l'expression  manifester,  cf.  Atlian. 
Of.  2  c.  Ar..  iV  12.  P.  G..  XXVI.  K2. 

(10)  P.  11.  verso,  1.  13-17. 

(II)  P.  11,  verso,  I.  20-21. 

(12)  P.  12.  recto.  1.  25-27. 

(13)  P.  12.  recto.  1.  17-22. 

(14)  P.  12.  recto,  1.  8-12. 

(1."))  P.  12.  verso,  I.  6-7;  p.    3,  recto,  I.  17-18. 
(10)  P.  13,  recto,  1.  21-20. 


UN    APOCRYPHE    ANTI-AIUEN.  353 

avec  des  similitudes  fi-appantes  d'expression,  tous  les  chefs  de 
démonstration  de  l'orthodoxie  égyptienne  contre  l'arianisme. 

Cette  tlièse  admise  que  la  version  copte  de  la  Correspondance 
d'Abgar  avec  Notre-Seigneur  est  une  œuvre  d'inspiration  anti- 
arienne, les  raisons  qui  ont  motivé  les  changements  ou  les 
suppressions  subies  par  le  texte  grec  original  apparaissent 
aussitôt.  Poui"  les  besoins  de  la  controverse  le  caractère  histo- 
rique dos  morceaux  originaux  s'est  effacé  devant  leur  valeur 
théologique  :  la  lettre  d'Abgar  est  devenue  le  modèle  de  la 
profession  de  foi  au  Christ.  La  conséquence  est  que,  tandis  que 
les  exposés  doctrinaux  ont  reeu  un  ample  développement,  les 
détails  historiques  ont  perdu  leur  netteté  ou  ont  complètement - 
disparu  dans  la  version  copte  :  on  ne  distingue  plus  bien  si 
Abgar  sollicite  pour  lui-même  la  délivrance  de  quelque  ma- 
ladie (1)  et,  dans  sa  réponse,  Notre-Seigneur  ne  promet  plus 
l'envoi  d'un  de  ses  apôtres.  Par  contre,  les  vues  d'Abgar  se  sont 
élevées  à  îa  hauteur  qu'exige  *une  telle  profession  de  foi.  Son 
caractère  a  grandi  en  désintéressement  et  en  générosité.  S'il 
réclame  encore  des  guérisons  —  autant  pour  le  peuple  du  reste 
que  pour  lui-même,  —  il  ne  le  fait  que  secondairement,  et  sans 
doute  parce  qu'il  sait  que  la  prédication  de  Notre-Seigneur  est 
toujours  accompagnée  de  miracles  :  ce  qu'il  demande  avant 
tout  à  Notre-Seigneur,  c'est  le  salut  (2)  et  le  transfert  sur  Édesse 
de  ces  droits  de  i-oyauté  qu'Israël  ne  veut  pas  reconnaître  (3). 
Aussi  il  n'offre  plus,  comme  dans  Eusèbe,  la  moitié  de  son 
royaume,  mais  c'est  son  trône  même  qu'il  veut  voir  occupé  par 
Jésus  (4).  Une  autre  conséquence,  inattendlie,  de  cette  éléva- 
tion de  la  lettre  d'Abgar  à  la  dignité  d'une  profession  de  foi, 

(1)  p.  12,  verso.  I.  U-K) 

(i)  P.  1-2,  verso,  I.  i).  Bien  que  le  mot  OVXAÏ  signifie  également,  suivant  les 
cas,  la  gic'i'^son  corporelle  (Mattli.  ix,  21  ;  xv,  28...,  etc..)  et  le  salut  spirituel 
(Act.  XV,  2;  XVI,  3n...,  etc...)-  l'ensemble  de  la  lettre  d'Abgar  et  le  double  emploi 
que,  dans  riivpothèse  contraire.  OVA'AÏ  ferait  avec  iiTAACro  prouvent 
bien  qu'il  s'agit  ici  du  salut  spirituel.  I>u  reste,  ce  mot  est  déjà  emploj'é  dans  le 
même  sens  un  pou  plus  haut  (p.  Il,  verso,  1.  22). 

(3)  11  est  clair  qu'Abgar;  en  opposant  au  refus  dos'.Tuifs  de  voir  Notre-Sei- 
gneur régner  sur  eux,  son  offre  de  royauté,  et  en  demandant  à  Notre-Seigneur 
par  une  locution  biblique  qui  exprime  le  privilège  du  peuple  de  Dieu  (Eccli. 
xxxvi,  1 1;  Jcr.  xiv.  11»)  que  son  nom  suil  invoqué  sur  eus  (Leid.  p.  12,  verso,  I.  11-12). 
sollicite  pour  Édesse  la  faveur  de  remplacer  Israi'l  dans  l'économie  du  salut. 

[A]  P.  13,  recto,  l.  15-1!). 

OKIKIST  CHRKTIKJf.  23 


354  IirnUE    DK    l/ORIFAT    CHRÉTIEN. 

est  que  le  document  qui  au  point  de  vue  liistorique  a  naturel- 
lement le  plus  d'importance,  la  lettre  de  Notre-Seigneur,  se 
trouve  désormais  reléirué  nu  second  l'ian  par  rapport  à  la  dé- 
claration théologique  d'Al)gar.  Cette  lettre  de  Notre-Seigneur 
n'est  plus  que  rauthentification  d'une  profession  de  foi  mo- 
dèle :  la  lettre  d'Abgar  devient  le  document  principal.  Cette  foi 
qu'exprime  la  lettre  d'Abgar  est  immédiatement  récompensée 
par  la  promesse  qu'énonce  la  lettre  de  Jésus  :  voilà  comment 
ori  peut  en  raccourci  résumer  le  sens  de  ces  lettres  et  définir 
leur  nouveau  rapport  entre  elles  selon  la  version  copte.  La  con- 
troverse arienne  explique  également  pourquoi  le  rédacteur 
copte  a  laissé  résolument  de  côté  le  fameux  dilemme  à  l'an- 
ti(jue  qui  donne  son  cachet  au  texte  d'Eusèbe  et  l'a  remplacé  par 
une  profession  de  foi  explicite  au  Monogène  :  s'il  avait,  avec 
Eusèbe,  opposé  dans  sa  disjonction  Dieu  et  Fils  de  Dieu,  il  était 
trop  facile  d'entendre  au  sens  arieu  de  pareilles  expressions. 

Pour  démontrer  que  cette  version  est  une  œuvre  de  polémique 
anti-arienne,  on  a  fait  jusqu'ici  un  emprunt  presque  exclusif  à 
l'œuvre  doctrinale  de  saint  Athanase  comme  à  celle  du  repré- 
sentant le  plus  autorisé,  et  d'ailleurs  quasi  unique,  de  l'ortho- 
doxie égyptienne  à  cette  époque.  Mais  dans  l'ensemble  des  œu- 
vres du  grand  docteur,  noyés  dans  cette  synthèse  doctrinale 
que  l'on  a  sommairement  rappelée  et  dont  le  but  évident  est 
d'exprimer  objectivement  la  tradition  catholique,  se  distinguent 
certains  traits  dogmatiques  ou  polémiques  dont  l'expression, 
suivant  les  cas,  lui  est  familière,  favorite, -ou  même  strictement 
personnelle.  Or  de  ces  particularités  athanasiennes  on  trouve 
une  trace  très  nette  dans  la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  : 
ce  qui  amène  à  conclure  que  cette  \'ersion  a  pris  naissance  au 
temps  même  de  saint  Athanase  et  dans  un  milieu  assez  étroi 
tement  soumis  à  son  influence. 

L'exégèse  scripturaire  d'abord  que  suppose  la  version  copte 
des  lettres  d'Abgar  est  franchement  athanasienne.  On  sait 
quelle  place  tint  la  discussion  des  textes  d'Écriture  Sainte  dans 
la  controverse  arienne  et  comment  les  novateurs  prétendirent 
autoriser  leurserreurs  d'expressions  empruntéesà  rÉcriture(]). 

(1)  Or.  I  c.  .!/•.,  n»'  1,  52,  53.  /'.  G.,  XXVI.  V?>.  1-21.  Epist.  ad  episr.  .Egypti  cl 
Lib.,  n''8.  P.  G.,  id.,  .550. 


1 


IN    APOCRYPIIR    ANTI-ARIEX.  355 

Saint  Athanase,  pour  saper  leur  argumentation  et  lournir  à  la 
discussion  un  terrain  solide,  rappela  cette  règle  d'or  que,  pour 
comprendre  un  texte  dans  son  sens  exact,  il  faut  d'abord  déter- 
miner à  qui  ce  texte  doit  s'appliquer!  1  »,  et  comme  le  Fils,  d'après 
la  théologie  traditionnelle,  est  l'image  exacte  du  Père  (2),  tout  ce 
que  l'Éciiture  affirme  du  Père  peut  et  doit  être  iiffirmé  hardi- 
ment du  Fils  :  voilà  pourquoi,  dans  toute  son  M.'uvre  tiiéolo- 
gique,  malgré  les  protestations-  des  Ariens  (3),  saint  Athanase 
appliqua  toujours  et  sans  hésitation  au  Fils  les  expressions 
mêmes  qui  dans  l'Ancien  Testament  semblaient  devoir  con- 
venir avant  tout  au  Père.  <  >r  cette  exégèse  est  précisément  et 
sans  atténuation  celle  que  met  en  œuvre  la  version  copte  des 
lettres  d'Abgar  :  elle  déclare  Notre-Seigneur /e  Grand  Roi  {A), 
le  Roi  du  Ciel  et  de  la  Terre (o),  le  Dieu  rivant {(j);  elle  parle  de 
son  trône  (7)  et  de  l'escabeau  de  ses  pieds  {S),  et,  en  préférant  ces 
expressions  aux  expressions  messianiques  qu'elle  eût  pu  tirer 
des  mêmes  textes  de  l'Ancien  Testament,  elle  donne  un  exemple 
de  la  plus  pure  exégèse  athanasienne.  Saint  Athanase  possède 
aussi  une  doctrine  familière  sur  le  rôle  des  miracles  de  Notre- 
Seigneur  dans  la  démonstration  de  sa  divinité  :  éparse  en  allu- 
sions très  fréquentes  dans  toutes  ses  œuvres  de  polémique 
contre  les  Ariens,  cette  doctrine  se  trouve  exposée  tout  au 
long,  avant  même  la  controverse,  dans  le  traité  sur  Flncarna- 
tion  du  Verbe(9)  et  elle  n'est  d'ailleurs  que  le  développement  de 
la  doctrine  de  saint  Jean,  dont  elle  emprunte  les  termes  :  de 
même  que  la  Providence  et  l'ordre  du  monde  révèlent  le  Dieu 
Invisible,  de  même  les  œuvres  —  entendons  les  miracles  — 
manifestent  la  divinité'  de  Notre-Seigneur  voilée  par  son  hu- 
inanité(  10).  Ces  miracles  non  seulement  prouvent  que  Notre-Sei- 
gneur est  le  Verbe  de  Dieu  (1 1  ),  mais  leur  nature  démontre  qu'il 

(1)  Or.  2  c.  Ar.,  ir  41.  P.  O.,  XXVl,  ilO-iH. 

(2)  clxtôv  ÈTTiv  àitapa/Aaxxoç.  tJral.  c.  Génies,  w"  11.  P.  G.,  XXV,  SI. 

(3)  Or.  I  i\  Av.,  n-  oO.  P.  O.,  XXVI,  85. 
(  1)  I.t'id.  p.  Il,  verso,  1.  8. 

(.j)  Id.  p.  12,  verso,  1.  25-27. 
(0)  Id.  p.  13,  recto,  1.  45. 

(7)  Id.  p.  12,  verso,  1.  15;  page  I:),  l'eeto.  I.  20. 

(8)  Id.  p.  13,  recto,  1.  18-19. 

(9)  Orat.  de  Incarn.  Verbi,  n"'  11-18.  P.  6'.,  XXV,  121-128. 

(10)  Id.,  n"'  10,  18,  col.  124,  Ux. 

(11)  Id.,  n»  16,  col.  124. 


.;J56  HKVLE  m:  l'orient  chrétien. 

est  le  s('u(  Verbe  et  Fils  de  Dieu(l)  :  ou  croirait  à  lire  cette 
page  que  saint  Athn na.se  a  éventé  par  avance  toutes  les  arguties 
des  Ariens.  Or,  il  importe  de  remarquer  que  cotte  doctrine  théo- 
logique.  dans  ses  expressions  mêmes,  a  remplacé  dans  la  ver- 
sion copte  la  démonstratif «n  plus  rudimentaire  qu'esquissait 
l'Abgar  syrien  ou  grec  :  expressions  jdlianniques  :  les  (Piivres, 
manifester...  (2),  but  de  la  démonstration  qui  est  de  dévoiler  le 
Verbe  et  le  Verbe  uiuijue(?j),Xo\ii  reproduit  fidèlement  et  dans  ses 
termes  mêmes  la  doctrine  chère  à  saint  Atlianase  (4).  Il  est  une 
autre  doctrine  dont  saint  Athanase  a  été  le  champion,  et  sous 
une  expression  qui  lui  est  propre  :  la  doctrine  de  la  consubs- 
tantialité  du  Saint-Esprit.  Il  déclare  qu'il  y  a  entre  le  Saint- 
Esprit  et  le  Fils  la  même  unité  qu'entre  le  Fils  et  le  Père  (5)  et  il 
ne  parle  jamais  de  TEsprit-Saint  sans  le  nommer  VEsprit  du 
Vei-be{'o)o\i  l'Esprit  du  /'//s (7),  suivant  l'expression  de  l'Ëpltre 
aux  Galates  8).  Or,  dans  sa  doxologie  adressée  au  Sauveur,  qui 
doit  être  une  doxologie  antique  mais  retouchée  (9),  la  version 

(1)  Ici.,  u"  15,  col.  1-24. 

(2)  Leid.  ]..  1-2.  recto,  1.  K. 

(3)  Id.  l.  19.  -22. 

(4)  Il  serait  néanmoins  forcé  d'établir  un  rapprochement  entre  le  texte  de  la 
version  copte  et  le  passage  où  saint  Athanase  [Oral,  de  Iiuarn.  \'erbi,  n°  l.S. 
P.  G.,  XXV.  128)  résume  ainsi  les  miracles  de  Notre-Seigneur  :  -^supoù;  yàp 
zxaÔàpii^s,  ywAVj;  TTîpiTraTcïv  innU'.,  y.o-iôJv  Tr|V  àxoriV  rivoiye,  t-jsàoù;  àvaêÀsTtstv  ÈTtotsi, 
•/.ai  Ttiffai;  à~>M;  vooro'j;  •/.al  [Jia/.a^c'ac  TCaaa;  àf/)Aa'jV£v  àjib  twv  àvôpwTtwv...  La  l'CS- 
.semblance  est  fortuite  et  provient  de  la  similitude  du  sujet,  car,  dans  le  cas 
contraire,  il  faudrait  appawenter  à  la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  les 
nond^reux  textes  qui  présentent  de  pareilles  expressions,  par  exeiïiple  un  frag- 
ment liturgique,  postérieur  d'ailleurs  au  Nestorianisme.  et  conservé  au  Musée 
de  Leide  i  Pleyte  et  Boeser,  Manuscrils  coptes  du  Mmée  des  Pays-Bas  à  Leide. 
p.   123,  recto.  1.   7-10)   :   (le    Christ)     iieirrA(|'iA\(re-ricrcV.\(;     A'ra) 

AqTBBO     niicrroone      iioiiTAq+-ii(>v<)Hiii      nnii.\Ae     AVto 

At|'l'(i'i'JH;C-IMï'rU()0'i"r  </ui  a'i/uéri  les  boiteux  et  purifié  les  lépreu.r,  qui 
n  donné  In  lumière  aux  aveufiles  et  'ressuscité  les  morts,  ou  un  autre  fragment 
(/(/.,  p.  393,  1.  23-31)  qui  présente  des  termes  identiques. 

(T.)  Ephl.  i  ad  Serap.,  n"  "2.  P.  G.,  XXVI,  533. 

'\!i'})  De  dco^et.  yiciieii.  S'i/ii.,  n"  31.  P.  G.,  XXV.   l?:!. 

(7)Orot.  2  c.  Ar.,  n-  5',».  fil.  /'.  (r.,  XXVl.  2;.3.  277.  Epist.  J  ad  Serap.,  n"  2. 
P.  G.,  XXVl,  533. 

(8)  Gai.  IV.  ti.  

(9)  La  lornwile  iiooo'/  riii(iK(il(0'r  RAeopATOII  niA(|'ril- 
IIOOVK  11  AH  fLeid.  p.  13.  recto.  1.  22-21)  porto  en  eflVt  le  cachet  de  la 
litui'gie  anté-arlcnue.  L'épithète  d'  àôpaToç,  a|ii>liqu('e  au  Père  conformément  à 


t:.\  apo<"1!yphe  anti-arien.  .io/ 

copte  dit  au  Saint-Esprit:  injoo'.-  iniKniiA  (îtovaaii  gloire 
à  ton  Saiïit-Esprit  (1),  ce  qui  concordé"  absolument  avec  le 
vocabulaire  le  plus  caractéristique  de  saint  Athanase, 

Mais  la  pensée  atlianasienne  la  plus  indubitablement  vivante 
qui  se  trahisse  dans  ce  morceau  esl,  croyons-iîous,  contenue 
dans  la  phrase  énigmatique  :  Mais  qu'esi-il  donc  le  peuple 
d'Israi'l'?  un  chien  crevé  puisqu'il  a  rejeté  le  Dieu  vivant  {2), 
interrogation  exacerbée  qui  contraste  si  fort  avec  la  sérénité 
théologique  du  reste  de  la  lettre.  Si  l'Ecriture  Sainte,  ordinaire 
inspiratrice  de  ce  texte,  emploie  pareille  expression  <:>),  jamais 
elle  ne  l'applique  à  Israr^l  :  il  faut  donc  cficrcher  en  dehors  de 
l'imitation  scripturaire  le  motif  spécial  qui  a  déterminé  l'au- 
teur copte  de  la  lettre  d'Abgar  à  pousser  ce  cri  de  colère. 
Est-ce  un  écho  du  ressentiment  des  orthodoxes  contre  les  juifs. 
*  qui.  toujours  turbulents  et  hostiles,  aux  chrétiens  à  Alexandrie, 


l'Éciiture  (Coloss.  i,  15;  I  Tiiii.  i,  17)  et  employée  dans  les  liturgies  primitives 
comme  une  protestation  contre  le  paganisme,  disparut  presque  complètement 
de  l'usage  lorsque  Arius  eut  argué  de  ce  terme  que  le  Père  est  invisible  même 
au  Fils  (Athan.  Or.  1  c.  Ar.,  n"  0.  P.  G.,  XXVI,  -24).  Quant  à  l'expression  gui 
t'a  envoyé  ù  nous,  elle  est  précisément  attestée  comme  courante  dans  la  liturgie 
catholique  de  l'époque  par  un  texte  arien  qui  eu  fait  état  pour  sa  thèse  (Textes 
du  iv^-v  siècles,  publiés  par  Mercati,  S(i<di  e  Testi,  n°  7.  Antlehe  rcliquie 
tiluri/iche  con  un  excursus  sui  framtnenli  doi/malici  ariani  de  Mut,  Roma,  190"2, 
p.  47  sq.,  reproduit  dans  Oabrol,  Dicl.  Archéol.  chréL,  t.  I,  col.  ~S1G.  Ariens 
[Cabrol]).  Pour  les  mêmes  raisons  que  l'àôparo?,  cette  formule  d'inspiration 
johannique  (Joh.  m,  17;  xi,  li\  xvn,  3,  8,  18,  21,  23,  25;  \\,  21 ...  etc.)  dut  dis- 
paraître de  l'usage  catholique  à  l'époque  de  l'arianisme.  La  persistance  de  cette 
formule  dans  la  lettre  copte  d'Abgar  ne  doit  pourtant  pas  étonner,  car  des 
textes  contemporains  présentent  les  mêmes  traces  de  transition  (clV  entre  autres 
l'Anaphore  de  Sérapion  où  la  vieille  expression  àôpaTOî  voisine  avec  les  expres- 
sions nouvelles  nécessitées  par  l'hérésie  arienne  :  tov  àyév/iTOv  IFaTÉpa  toù  {Aovoyevoù; 
'Iy](joû  XpioToù  alvttv...  Wobbermin,  Texte  und  IJnlersuchen,  Xouvelle  série,  1.  1. 
cité  par  D.  Cabrol,  Dict.  Archéol.  rârét.,  t.  I,  col.  11*04.  Anaphore  't'abrol]).  En 
tout  cas  la  saveur  archaïque  de  cette  doxologie  ressoi't  clairement  si  on  la 
compare  .aux  doxologies  inspirées  directeuient  pour  combattre  l'arianisme  :  par 
exemple  la  doxologie  de  la  même  Anaphore  de  Sérapion  (à  la  fin  de  la  fraction)  : 
ÔTi  ôtà  roù  îxovoyEVO-jç  coi  /]  ôô?a  x«î  "zh  xpxTo;  Èv  àyiw  llv£ij[j,aTt  xal  vijv  xat  el;  toù; 
lûiXTtavTa;  alwva;  twv  aîwvwv  (Wobbermin,  /.  c.),  ou  celle  publiée  par  Crum, 
('atalofiue  of  the  coptic  mss.  in  Ihe  Brilish  Muséum,  n"  157,  p.  15.  Parcliemin 
bilingue  d'Akhmîm.  Or.  358)  X  (11),  folio  a.  1.  1 1-1  ;  :  llaTr)paxai  î;Jw  xat  Trva  ayiov 
|Aiav  o-j(7iav  jjLiav  sÇo-Jdtav  ixtav  ôeor/îTst  -Jiivovjxîv  xoc.  ooHarrojjjLsv. 

(1)  Leid.  p.  13,  recto,  1.  24-25.  ' 

(2)  Id.  1.  1-5. 

(3)  I  Sam.  xxiv,  15;  II  Sam.  ix.  18. 


358  REA'LK    DE    l.'ORIEXT    CHRÉTIEN. 

s'associèrent  aux  Ariens  et  aux  païens  dans  les  orgies  sacrilèges 
dont  rintronisation  de  Grégoire  de  Cappadoce  donna  le  signal 
en  33y(l)"?Il  est  possible  que  les  événements  d'Alexandrie  aient 
eu  «jusqu'en  Haute-Egypte  ce  contre-coup;  mais  il  est  plus 
naturel  et  plus  conforme  au  sens  général  de  la  lettre  de  recon- 
naître dans  cette  mention  du  peuple  d'Israël  un-  anatlième 
lancé  contre  les  Ariens  eux-mêmes.  La  lettre  d'Abgar,  on  Ta 
vu,  vise  tout  entière  Ferreur  arienne  :  comment,  lorsque  les  ad- 
versaires qu'elle  prend  à  parti  se  concrétisent,  cesserait-elle  tout 
;"i  coup  de  penser  aux  Ariens?  D'autant  plus  que  le  reproche 
qu'elle  fait  aux  juifs  ■.puisqu'il  a  rejeté  le  Dieu  iiivant{i)  ne  se 
justifie  que  si  l'on  sous-entend  Tarianisme  :  au  moment  histo- 
rique que  suppose  la  lettre,  Israël  n'a  pas  encore  rejeté  Jésus; 
d'Israël-Arianisme  seul  on  peut  dire  qu'il  a  rejeté  le  Sauveur 
dès  le  commencement  en  niant  de  prime  abord  sa  divinité. 
C'est  donc  la  pensée  de  l'Arianisme  superposée  à  la  men- 
tion d'Israël  qui  a  faussé  dans  ce  passage  la  vraisemblance 
liistorique  et  le  peuple  d'Israd  signifie  dans  la  pensée  du 
scribe  la  secte  des  Ariens.  Mais  alors  c'est  précisément  là 
une  assimilation  chère  à  saint  Athanase,  —  plus  que  cela,  une 
idée  personnelle  sur  laquelle  il  ne  perd  dans  sa  polémique  au- 
cune occasion  d'insister.  S'il  distingue  avec  soin  les  juifs  de  son 
temps,  0'.  vjv  'Ic'joaTc,  (3),  et  mentionne  leur  exégèse  (4),  il  leur 
assimile  complètement  les  Ariens,  qu'il  appelle,  à  prendre  au 
hasard  dans  ses  différents  ouvrages,  les  nouveaux  juifs{b),  les 
Judaisanls{Q),  lesjudaisants  d'aujourd'huiil),  la  nouvelle  hé- 
résie juive  (S),  les  nouveaux  juifs  et  disciples  de  Ca'iphe{d},  les 
juifs  dUnijovrdliui  selon  Caiplte  (U)),  les  frères  des  juifs  (11), 


(I)  AUian.  Epist.  encycl,  n»-  3  et  4.  P.  G.,  XXV,  2-2iS--2-2'.i. 
(2j  Leid.  p.  13,  recto,  1.  3-5. 

(3)  Omt.  2  c.  Ar.,rf  \.  P.  <i.,  XX Vi.  14s. 

(4)  Orat.  3  c.  Ar.,  n°8.    P.  G.,  XXVI,  337. 

(5)  De  sent.  Dionysii,  n"  3.  P.  G.,  XXV,  4S4:  ffisf.  Arian.  ml  monach.,  n"  01. 
P.  G.,  XXV,  768. 

(6)  De  décret.  Nicaen.  Syn.,  n"  •*.  P.  G..  XXV.  425. 

(7)  Or.  i  c.  Ar.,  n°39.  P.  G.,  XXVI,  '&i. 

(8)  Hist.  arian.  ad  monach.,  n"  19.  P.  G.,  XXV,  71<i. 

(9)  De  décret.  Nicaen.  Synod.,  n"  27.  P.  G.,  XXV.  4(55. 

(10)  Epist.  1  ad  Serap.,  n°  28.  P.  G.,  XXVI,  595. 

(II)  Or.  1  c.  Ar.,  n"  39.  /-•.  G.,  XXVI.  93. 


L"\  Ai'0(  i!^  l'iiK  anti-arii:n.  359 

les  juifs  ingrats  et  ennetnis  du  Chrisli  1  ),  ou  même  simplement 
clans  maintes  allusions  /es  Juifs  {:i),  et  il  développe  cette  compa- 
i-;iison  avec  la  complaisance  que  Ton  a  pour  une  idée  téconde, 
di»nt  par  ailleurs  on  est  le  père.  Saint  Athanase  pousse  même 
cette  comparaison  dans  ses  derniers  détails.  Les  véritables 
fondateurs  et  les  maitres  de  l'arinnisme  sont  Caïplie  et  la  sé- 
quelle des  Pharisiens  (:l)  :  sous  la  plume  de  saint  Athanase, 
Caïphe  devient  fréquemment  le  symbole  de  rarianisme(  f).  Car 
les  Ariens  ont  adopté  vis-à-vis  du  christianisme  la  position 
même  du  judaïsme  dévoyé  (5)  :  ils  ignorent  le  fondement  du 
christianisme  (ti),  et,  dépassant- les  juifs  qui  nient  Flncarnation 
du  Verbe  de  Dieu,  ils  vont  jusqu'à  contester  Texistence  même 
de  ce  Verbe  Éternel  (7).  Aux  ariiuments  nouveaux  qu'à  l'imi- 
tion  des  Pharisiens  ils  trouvent  sans  cesse  pour  étayer  leur 
thèse  (8),  ils  rallient  tous  les  vieux  sophismes  du  judaïsme  (9), 
issus  d'une  incompréhension  totale  de  l'Ecriture  et  basés  sur 
une  exégèse  erronée  (10)  dans  laquelle  ils  persévèrent  opiniâtre- 
ment (11).  La  démonstration  si  claire  des  miracles  de  Notre- 
Seigneur  ne  peut  les  atteindre  :  comme  les  juifs  ils  ferment 
volontairement  les  yeux  à  la  lumière  (Pi),  et  finalement,  en  ran- 
geant le  Verbe  parmi  les  créatures,  ils  attribuent  à  Béelzebub 
les  prodiges  qu'ils  ne  peuvent  nier  (13)  :  du  reste,  même  devant 
les  miracles  contemporains  de  saint  Athanase,  ils  conservent  la 
même  attitude  pharisaïque  (14).  Puisque  le  Christ  n'est  pas 


(I)  Or.  3  €.  Ar.,  n"  ù5.  P.  G..  XXVI,  437. 

(i)  Eijisl.  ad  Draconl..  n"  1.  I\  (t.,  XXV.  WIX. 

(3)  De  Synod.,  n"  20.  P.6'.,XXVI,  :\.1\  De  sent.  Diuny.s.,n'' 3.  P.  G.,  X.XV.  481. 

(4)  Or.  I  c.  Av.,  n°  2.  P.  G.,  XXVI,  13.  Protendre  que  la  nouvelle  hérésie  ne 
contient  rien  de  répréhensible.  c'est  tw  Kaïâ:pav  sïtceiv -/pid-rtavov. 

(5)  llapà  Ta;    Fpaçà;   Mo--5aV'j[j.6;.  Epist.  ad  ephr.  A'Jf^ypl.  et  Lib..  n"  13.  I'.  G-, 

XXV,  568. 

(0)  Or.  2  c.  Ar.,  n»  i.  /'.  /;.,  XXVI,  UN. 

(7)  Epixt.  ad  episc.  .E'/ypt.  ei  Lib.,  n"  17.  P.  (i..  X.XV.  i>77-.")8<i. 

(8)  Epim.  ad  Adelphiiim  episc,  n"  1.  /'.  G.,  XXVI,  1U71. 

(9)  Or.  3  c.  Ar.,  n°  5s.  /'.  G.,  XXVI,  445. 

(lU)  De  Synod.,  n"  33.  /'.  G.,  XXVI,  572;  l.cUre  feslale  .V(an.  338),  n"  9.  /'.  6'., 

XXVI,  1102. 

(II)  De  sent.  Dionys..  iv  ::.  /'.  G..  .\XV,   isl. 

(12)  De  décret.  Nicaen.  Syn.,  xv  l.  /'.  G.,  .XXV.  125. 

(13)  Or.  3  r.  Ar.,  n"  %H.  P.  G.,  XXVI,  410. 

(1  1)  Disl.  arian.  ad  monack.,  n'  58.  /'.  G.,  XXV,  701. 


360  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Dieu,  ils  lui  reprochent  de  se  proclamer  tel  (1);  ils  s'en  scan- 
dalisent (2)  et  ils  triomphent  de  ses  souffrances  (3).  Aussi, 
comme  les  juifs,  ils  le  renient  (4),  et,  s'erigeant  faussement 
en  juges  (5),  ils  font  fouetter  (6)  et  même  tuer  des  chré- 
tiens (7).  De  toute  cette  conduite,  comme  les  Pharisiens,  ils 
excellent  à  trouver  des  excuses  (8».  Synthèse  en  raccourci 
d'une  doctrine  éparse  dans  les  œuvres  de  saint  Athanase  et  qui 
est  un  des  pivots  de  sa  polémique  :  on  comprend  dès  lors  pour- 
quoi Tillustre  défenseur  de  la  foi  ne  perd  pas  une  occasion  de 
montrer  les  Ariens  jaloux  de  surpasser  les  juifs  (9)  et  proclame 
avec  son  ironie  acérée  qu'ils  n'ont  aucune  raison  de  s'appeler  (10), 
ni  même  de  rester  chrétiens  (11  ),  de  se  servir  dans  leurs  discus- 
sions thcologiques  des  textes  du  Nouveau  Testament  (12),  de  ne 
pas  rééditer  les  blasphèmes  des  juifs  et  de  Caïphe  (  13)  et  même  de 
ne  pas  se  faire  circoncire  (14),  ou  comment,  lorsqu'on  parle  aria- 
nisme,  les  comparaisons  avec  les  juifs  jaillissent  naturellement 
sous  sa  plume  (15).  Cette  assimilation  est  plus  que  toute  autre 
doctrine  personnelle  à  saint  Athanase  (16)  :  répétée  et  répétée 


(1)  Or.  3c.  Ar.,  n»  il.  P.  G.,  XXVI,  3S0-381. 

(2)  Or.  2  c.  Ar.,  n°  73.  P.  G.,  id.,  301. 

(3)  Or.  3  c.  Ar.,  ii-  27,  55.  P.  G.,  id.,  380-381,  440. 

(4)  De  décret.  Nicaen.  synod.,  n°  2.  P.  G.,  XXV,  425;  De  sent.  Dionys.,  n"  3,  4, 
P.  G.,  id.,  481-484;  Or.  3c.  Ar.,  ii°  16.  P.  G.,  XXVI,  356. 

(5)  Epist.  ad  episc.  ^Egypt.  et  Lib.,  n°7.  P.  G.,  XXV,  553. 

(6)  Hisl.  %rian.  ad  monach.,  n"  41.  P.  G.,  XXV,  741. 

(7)  Or.  3  c.  Ar.,  n°  27.  P.  G.,  XXVI,  .380-381. 

(8)  Cf.  Or.  le.  Ar.,  n"  14.  P.  G.,  XXVI,  41. 

(9)  Histor.  aria/1,  ad  monach.,  n"  66.  P.  G.,  XXV,  772:  Or.  3  c.  Ar.,  ii°  2.  /'.  G., 
XXVI,  324. 

(10)  Eplst.  ad  episc.  .-Egypti  et.Lib.,  ï\°  13.  P.  G.,  XXV,  5G8. 

(11)  Oral.  3  c.  .4r.,  n»  28.  P.  G.,  XX\l,'3Sl-28i;  De  synod^n"  dd.  P.  ^'.,  id.,752; 
Epist.  ad  Adelphium  episc.,  n"  5.  P.  G.,  id.,  1080. 

(12)  Oral.  I  c.  Ar.,  n"  53.  /'.  G.,  XXVI,  124. 
(13|  Orat.  3  c.  Ar.,  n"  67.  /'.  G.,  id.,  408. 

(14)  Orat.  1  c.  Ar.,  11-87.  P.  G.,  id.,88;  0ral.3c.Ar..  n"  28.  /'.  G.,  XXVI,  381-384. 

(1.5)  Epist.  ad  Dracont.,  n"  1.  P.  G.,  XXV,  524;  Epist.  ad  episc.  .Eyypt.  et  Lib., 
n"  17.  P.  G.,  id.,  577;  Orat.  3  c.  Ar.,  n»  35.  P.  G.,  XXVI,  397. 

(16)  Il  suffit  de  poursuivre  dans  les  autres  Pères  de  l'Église  qui  ont  combattu 
Tarianisme  cette  assimilation  des  juifs  et  des  Ariens  pour  constater  comment 
dans  le  seul  saint  Athanase  cette  idée  revêt  la  forme  souple,  vivante  et  passion- 
née d'une  conception  personnelle.  Dans  les  autres  Pères  elle  a  pas.sé  à  l'état 
d'une  formule,  respectable  mais  morte.  Saint  Grégoire  de  Nazianze  parle  encore, 
après  saint  Athanase,  de  nouveau  Judaïsme  {Orat.  XX.XIII.  Contra  Arian.  et  de 
seipso,  n"  16.  /'.  G.,  XXXVI,  233-236)  et  de  Judai'^anls  {Oral.  XXXVJll.  In  Théo- 


UN    AI'OCRYPHK    ANTI-ARIEN.  'M)\ 

tant  de  fois,  sous  t\es  formes  aussi  piquantes,  elle  ne  pouvait 
manquer  de  devenir  populaire  chez  un  peuple  qui  attendait  de 
saint  Athanase  son  mot  d'ordre,  d'autant  plus  qu'elle  répondait 
du  tac  au  tac  au  sarcasme  des  Ariens,  que  les  Orthodoxes  étaient 
des  païens  puisqu'ils  adoraient  deux  dieux  (1).  C'est  donc  d'elle 
que  l'on  reconnaît  justement  l'écho  dans  la  phrase  énigmatique 
de  la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  :  Mais  quesi-il  doitr 
le  peuple  d'Israël?  ini  chien  crevé,  pidsgi/'il  a  rejeté  le  Dieu 
Vivant.  Ce  qui  renforce  du  reste  cette  interprétation,  en  prou- 
vant qu'une  telle  comparaison  d'iu-rétiques  à  des  chiens  crevés 
avait  ses  antécédents,  et  même  un  parrainage  illustre,  en 
Kgypte,  c'est  qu'un  passage  d'une  lettre  de  Pierre  d'Alexandrie, 
le  prédécesseur  de  saint  Athanase,  —  passage  conservé  par  un 
fragment  de  parchemin  copte  du  lîritish  Muséum  (2),  —  cite 
une  anecdote  dans  laquelle  Théonas,  le  propre  prédécesseur  de 
Pierre,  déclare  précisément  préférer  à  un  hérétique  un  chien 
en  pourriture.  Dans  un  pays  de  haines  religieuses  comm*^ 
l'Egypte  il  ne  faut  pas  s'étonner  que  ce  terme  cru  de  mépris, 
prononcé  de  si  haut,  ait  fait  fortune  et  que,  puisqu'on  pouvait 
lui  trouver  un  équivalent  facile  dans  une  formule  scripturaire, 
le  scribe  copte  de  la  lettre  d'Abgar  ait  combiné  pour  habiller 

/ihaniii,  n"  8.  I'.  <i.,  id.,  o20),  mais  c'est  pour  lui  un  rapprocheinont  ingénieux 
(tlutôt  qu'un  trait  polémique  :  il  ne  reproche  aux  Ariens  à  ce  sujet  que  d'attri- 
liuer  la  divinité  au  seul  Inengendré  (Oral.  XXXIII.  Contra  Arian.  cl  de  seipsi>, 
n"  10.  P.  G.,  XXXVI,  -233-236;  Oral.  II.  ApologcHca,  n»  37.  P.  G,,  XXXV,  441-145). 
lie  pécher  par  excès  dans  la  monarchie  {Oral.  X.VXVI/I.  In  'l'Iieophania,  n"  8. 
/-•.  G.,  XXX VI,  320)  et  de  rester  esclaves  de  la  lettre  {Ovat.  A'AAV.  Theologica  ]', 
a  "  24.  P.  G.,  id.,  160).  Saint  Épiphane  qui  a  retenu,  lui  aussi,  l'expression  de 
nouveaux  juifs  l'appuie  uniquement  sur  l'abus  de  l'Écriture  que  font  les  Ariens 
pour  attaquer  Notre-Seigneur  {Panarion,  I.  11,  tom  II.  Haeres.  LXIX,  n°  61.  P. 
G.,  XLVI,  304).  Didyme  l'Aveugle  est  plus  pauvre  encore  :  il  ne  songe  à  assi- 
miler les  Ariens  aux  juils  que  parce  qu'ils  réservent  exclusivement  leur  adora- 
tion au  Père  [De  Trhiit.,  lib  I,  cap.  xxxiv,  437).  C'est  la  conception  réduite  au 
minimum.  Quant  à  saint  Basile,  il  est  complètement  étranger  au  point  de  vue 
athanasien  puiscjue,  selon  lui,  les  Ariens  renouvellent  le  paganisme  (//o/H//?a  A"  V/ 1  ', 
contra  SabcUianoa  et  Ariunos  et  Anomaeos,  n"  1.  P.  G.,  XXXI,  Ci(»0  si).). 

(1)  Or.  4  c.  Ar.,  n"  10.  P.  G.,  XXVl,  480. 

(2)  Parchemin  Or.  3.Ô81  A  (14).  Publié  dans  Crum.  Catalogue  of  l/te  coplic  mss. 

in  the  Brilish  Muséum,  n°  18<!.  pp.  74-7.J  :  niloVTf]   Iwp-IH;    a  e  AU  irrpi: 

xe-n+iiAAi-iiorc;  au  (i'i'O'.'eoop  (:A(|kii()oc  noc;  uèkîi^ai- 

(>6TIK()0  car  Dieu  m'est  témoin  que  je  n'aurais  pas  Itorreur  d'un  chien  pourri 
autant  que  de  cet  /lérétir/ue. 


3(»2  iiEVUE  Di;  l'orient  chrétien. 

son  cri  de  colèi-e  la  pensée  atlianasienne  et  l'expression  de 
Théonas.  .    . 

Tout  porte  à  croire  enfin  que  ce  document  vit  le  jour  pendant 
la  fuile  de  saint  Athanase,  de  356  à  362.  A  ce  moment,  en  effet, 
la  propagande  arienne  prit  une  physionomie  nouvelle  :  de 
l'église  elle  descendit  sur  la  place  publique.  Dans  les  persécutions 
précédentes  les  Ariens  avaient  agi  à  coups  de  formules  et  visé 
rÉglise  orthodoxe  à  la  tête  en  déposant  et  en  exilant  ses  évêques  : 
dans  la  persécution  dont  l'attentat  du  duc  Syrianus  donna  le 
signal  le  8  février  356,  les  Ariens,  sentant  qu'autrement  tout 
effort  serait  vain,  s'attaquèrent  à  la  masse  même  de  l'Église 
égyptienne  :  il  est  significatif  de  noter  que,  tandis  que  l'exil 
continua  à  être  prononcé  contre  les  évêques  qui  refusaient  de 
signer  contre  Athanase,  c'est  la  peine  de  mort  qui  punit  les 
laïcs  coupables  du  même  délit  (1),  claire  indication  du  prix 
que  les  Ariens  attribuaient  à  leur  conversion.  La  lettre  ency- 
clique qu'en  cette  année  même  de  356  saint  Athanase  envoya 
aux  évêques  d'Egypte  et  de  Libye  et  les  traités  qu'il  écrivit  du 
fond  de  sa  retraite  contre  les  Ariens  dénoncent  les  manœuvres 
que  ceux-ci  employaient  pour  conquérir  le  grand  public  :  ques- 
tions insidieuses  posées  en  pleine  rue  aux  enfants  (2)  et  aux 
femmes  sans  instruction  (3),  multiplicité  d'écrits  de  toutes 
sortes,  qui  ne  prêchaient  pas  ouvertement  les  erreurs  d'Arius, 
mais  qui,  en  paraissant  traiter  de  tout  autre  sujet  (4),  distil- 
laient leur  venin  sous  des  développements  littéraires  (5)  ou 
sous  des  citations  employées  à  tort  de  l'Écriture  (6);  interdic- 
tion rigoureuse  de  dire  ou  d'écrire  quoi  que  ce  soit  contre 
l'arianisme  (7).  A  cette  propagande  populaire  et  forcenée  la 
version  copte  des  lettres  d'Abgar  oppose  le  seul  moyen  qui  fût 
possible  et  effuace.  elle  épouse  les  nécessités  créées  par  cet 
état  de  choses  :  écrite  dans  la  langue  du  pays,  elle  est  destinée 
à  faire  pénétrer  dans  tous  les  milieux  la  profession  de  i'oi  au 


(1)  Apol.  ad  Constant,  imper.,  n°  32.  I*.  <i.,  XXV,  6:17. 

(2)  Oral,  i  c.  Ar.,  n"  22.  P.  G.,  XXVI,  57. 

(3)  Id.,  ïi"'  22,  23,  :-^(l,  col.  :>7,  .:.9,  08.  Or.  .3  c.  Ar.,  n"  67.  P.  G.,  id.,  46.'.. 

(4)  Epist.  ad  episc.  -EgypI.  et  Lib..  n°  K).  P.  G.,  XXV,  .".60. 
{5)  Id.,  ir  20,  col.  585. 

(6)  Id.,  n"  8,  9,  10,  col.  55<j,  5W.  Or.  1  c.  Ar.,  n-  1.  52,  53.  P.  G.,  XXVI.  13,  121. 

(7)  Epist.  ad  episc.  .Egypt.  et  Lih.,  n"  10.  P.  G.,  XXV,  560. 


UX    APOCIiVPIlR    A.XTI-ARIKX.  363 

Monogène,  Tiinliclote,  on  l'a  vu,  des  hérésies  d'Arius;  dans  une 
conti'overse  où  le  dernier  mol  deviiit  rester  en  principe  à  l'Écri- 
ture,  elle  n'est  elle-même  qu'une  mosaïque  d'expressions  scrip- 
turaires;  sous  un  régime  de  persécution  aiguë,  elle  évite  (tout 
comme  les  Ariens  du  reste,  mais  pour  d'autres  motifs)  les 
termes  mêmes  en  discussion;  elle  emploie  dans  l'expression, 
véhémente  pourtant,  de  sa  colère,  un  langage  à  clé  et,  pour 
pouvoir  paraître  au  jour,  elle  en  est  réduite  à  reprendre  à  son 
compte  la  vieille  ruse  de  Tapocryphe  :  piquant  retour  des 
choses  dans  lequel  l'orthodoxie  bannie  dut  emprunter  contre 
l'hétérodoxie  triomphante  le  subterfuge  que  l'hétérodoxie  pros- 
crite avait  dejuiis  longtemps  mis  en  œuvre  contre  l'orthodoxie 
qui  la  persécutait.  On  le  voit  donc,  moyen  populaire  et  dé- 
tourné, la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  reflète  fidèlement 
les  procédés  et  les  violences  de  la  persécution  arienne  qui  se 
déchaîna  pendant  les  six  annê'cs  de  la  fuite  de  saint  Athanase 
avec  une  rigueur  qu'elle  n'avait  jamais  connue  dans  cette  con- 
troverse et  qu'elle  ne  devait  plus  connaître  par  la  suite. 

On  a  déjà  conclu  d'après  la  théologie  du  document  qu'il 
émanait  d'un  cercle  étroitement  soumis  à  l'influence  de  saint 
x^thanase  :  s'il  faut  pénétrer  plus  avant  dans  le  domaine  des 
conjectures,  nous  chercherions  finalement  l'origine  de  la 
version  copte  dans  ces  solitudes  monastiques  où  saint  Atha- 
nase trou\a  pendant  les  six  années  de  sa  fuite  un  refuge 
inviolable  et  ses  partisans  les  plus  résolus,  et  puisque  le  docu- 
ment est  rédigé  en  dialecte  sahidique,  dans  les  monastères 
pachùmiens  de  Thébaïde.  On  aurait  déjà  pressenti  que  l'au- 
teur de  la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  dut  être  moine 
à  constater  sa  fidélité  à  la  doctrine  de  saint  Athanase  et  s;i 
connaissance  de  l'Écriture  Sainte.  On  sait,  en  effet,  quel  empire 
absolu  saint  Athanase  exerça  sur  les  moines  pendant  sa  fuite 
au  désert.  Saint  Grégoire  de  Nazianze,  dans  son  panégyrique 
de  saint  Athanase,  déclare  à  ce  sujet  que  les  décisions  du 
grand  archevêque  d'Alexandrie  étaient  pour  les  moines  comme 
A'.s-  tables  de  Mo'isf  (1  ».  Le  mot  n'est  pas  exagéré.  Saint  Atha- 


{\)  Oral.    A  AV.   In  laudent    Allianasii.W'  •,'(•.  /'.  n.,  XXXI.    liUl   :  xal  n/àxeç 


364  iiEviE  DE  l'orient  chrétien. 

iiase,  du  reste,  prit  soin  d'instruire  fidèlement  les  moines  de 
sa  doctrine,  —  ils  étaient  eux-mêmes  les  premiers  à  la  récla- 
mer (1),  —  par  les  Lettres  qu'il  leur  écrivit,  par  Y  Histoire  des 
Ariens  qu'il  composa  à  leur  intention,  et  par  les  ouvrages,  on 
général,  qu'il  édita  pendant  son  séjour  au  désert,  sachant  bien 
qu'au  moyen  des  moines  il  atteignait  TÉgyptc  entière  qui  pre- 
nait chez  eux  son  mot  d'ordre  (2).  La  connaissance  de  l'Écri- 
ture Sainte,  elle  aussi,  qui  permet  au  rédacteur  de  la  version 
copte  des  lettres  d'Abgar  de  tenter  un  véritable  pastiche  his- 
torique, émaillé  sciemment  de  locutions  hébraïques  (3),  et  ce 

(1)  Epist.  ad  monach.,  n°  \.  P.  G.,  XXV,  G92. 

(2)  Le  courant  qui,  dès  l'origine  du  monaclii,smo  égyptien,  avait  porté  vers 
saint  Antoine  toutes  les  classes  de  la  société  égyptienne  cl  fait  de  lui,  suivant 
le  mot  de  saint  Athanase,  comme  le  médecin  donné  par  Dieu  à  l'Egypte  (...  v.al 
ô'awç  wansp  Ja-rpb;  ^v  ôoôsï;  nsxpà.  roO  0£oO  xf,  Al^vn-u).  Vita  S.  Antonii,  n"  87. 
P.  (À.,  XXVl,  961-965)  ne  s'était  pas  ralenti  et  les  moines  réalisaient  toujours  la 
même  définition.  ÇL  Palladiiis  et  les  recueils  de  logia  monastiques  cpnnus  sous 
le  nom  de  Verba  seniorum,  Apopldhegraata  Patrum,  etc.,  passun.  Dans  la  crise 
arienne  spécialement  les  moines  étaient  consultés  par  les  fidèles  {Epist.  ad 
monach.,  n°  2.  P.  G-,  XXV,  G93)  qui  venaient  se  renseigner  auprès  d'eu.x  sur  la 
foi  d'Athanase  {Epist.  2"  ad  Serap.,  n"  1.  P.  G.,  XXVl,  (MÏÏ)  et  même  visités  par 
les  Ariens,  qui,  connaissant  leur  influence  sur  la  foule,  voulaient  paraître  en 
communion  avec  eux  {Epiai,  ad  monach.  P.  G.,  XXVI,  1185-1188).  Sur  l'impor- 
tance attachée  dans'  le  peuple  à  la  foi  d'Athanase,  cf.  l'intaille  en  jaspe  vert 
trouvée  à  Reggio    et    qui    porte,   comme    une  profession  de    foi,  l'inscription 

A0ANA2I...  ni2TIZ.  Paléographie  du  iv'-v'^  siècle.  Cabrol.,  Dict.  Archéol. 
chrét.,  t.  1,  col.  3(156.  Athanase  (Leclercqj. 

(3)  On  a  vu  dans  la  discussion  textuelle  comment  la  version  copte  des  lettres 
d'Abgar  avait  radicalement  modifié  les  données  du  canevas  d'Eusèbe  :  elle  pré- 
sente Abgar  comme  le  modèle  d'une  foi  parfaite  et  ce  qu'il  sollicite  c'est  l'ac- 
complissement au  bénélice  d'Édesse  des  promesses  -messianiques  dont  Israël 
s'est  rendu  indigne.  Dans  sa  réponse  Notre-Seigneur  ne  fait  même  pas  allusion 
à  l'invitation  d'Abgar,  mais  il  loue  sa  foi,  —  ce  qui  importe  en  somme,  —  et 
il  la  récompense  immédiatement.  Au  service  de  cette  conception  originale, 
pétrie  d'éléments  scripturaires  de  jn-eniier  ordre,  le  rédacteur  co])te  a  employé 
non  seulement  des  expressions  bibliques  de  l'Ancien  Testament  comme  :  toute 
chair  (Leid.  p.  12,  recto,  1.  18),  invoquer  le  saint  nom  sur  quelqu'un  (p.  1^,  verso, 
1. 11-12),  le  ciel  el  la  terre  (id.,  1.  25-27),  le  peuple  d'Israël  (p.  13,  recto,  1.  2),  bénie 
dans  l'éternité  {p.  13,  vei'so,  1.  21-22),  les  extrémilcs  de  la  terre  (p.  14,  recto,  1.  7- 
8)...  etc..  ou  du  Xouveau  Testament  comme:  avec  crainte  et  Ireinblement  (p.  12, 
recto,  1.  9-10),  te  don  du  Christ  (p.  13,  recto,  1.  6-7).  l'Adversaire  (p.  14,  recto, 
1.  14)...  etc.,  mais   il   s'est  risqué  à   forger  de    son  cru    un  hébraïsme    factice 

comme  Ktt)  DlipAll  <;...  (p.  14,  recto,  1.  \)  ponero  nomen  in...,  formule 
étrangère  à  l'Écriture  qu'il  a  composée  en  combinant  une  expression  comme 
1  Reg.  IX,  13  :  xôv  oixov  xoùxov  ôv  wxoSôfj.riaa;  roù  Ôt'ffôai  xô  ôvo(Jià  (ao-j  èxeï  avec 
quelque  autl'e  texte  comme  Sophon.  ni,  12  :  xal  6r|Uo,u.ai  aOtoù;  îî?  -/.«.v^wa.  xal 
ôvofxaaxoù;   èv   Ttâcrci    tt)    •»■(;.  A    ce   jeu   il  a  coniiiiis   toutefois  quelques    impairs. 


l'x  APiM'avpiiK  ANTi-AU[r:\.  365 

scrupule  d'exactitude  scripturaire  qui  lui  fait  supprimer  une 
lilation  fantaisiste  de  son  modèle  grec  (1)  ou. couler  une  de 
ses  expressions  dans  le  moule  d'un  verset  de  psaume  (i)  est 
dt!\jà  un  trait  monastique.  Depuis  la  fondation  même  du  mona- 
chisme,  la  Sainte  Kcrilurc,  de  laquelle  ils  liraient  toute  leur 
règle  de  vie  (3),  avait  été  Tunique  étude  et  l'unique  amour  des 
moines  :  on  sait  comment,  quelque  cinquante  ans  plus  tard, 
Texagéiation  même  de  cette  tendance  devait  jeter  la  majorité 
des  ascètes  égyptiens  dans  ranthropomorphisme.  Mais  spécia- 
lement les  moines  pacJK'iniiens  de  Thébaïde,  après  l'instruc- 
tion spirituelle  de  l'abbé,  méditaient  chaque  jour  pendant  leur 
travail  ce  qu'ils  avaient  retenu  de  l'Écriture  Sainte  et  ils  ne 
devaient  pas  s'entretenir  d'autre  sujet  {i)  :  on  conçoit  quelle 

l'ai-lcr,  quand  il  s'agit  d'Édesse,  do  lous  les  jours  de  sa  oie  (p.  12,  verso,  I.  15-16) 
est  au  moins  risqué.  L'emploi  de  TliliO  (=:  xaôapi'ïîivj  (p.  12,  recto,  1.  6)  est 
également  impropre.  Kaôaot'Cstv  est  fréquent  dans  le  Nouveau  Testament  pour 
désigner  la  guérison  de  la  lèpre  qui  rendait  impur.  .Saint  Athanase  l'emploie 
également  pour  exprimer  la  délivrance  de  la  possession,  qui  pouvait  passer, 
elle  auà^i,  poui-  une  impureté  (l'ite  sancti  Anlon'd,  iv  70.  P.  G.,  XXVI,  941  : 
Tio>.>,où;  ôi'  aÙTo-j  ènaôâpKjev  6  Kûp'.o;  àîtô  ôaifiiévcùv)  :  l'expression  xâôapcrt;  était  du 
reste  consacrée  dans  la  langue  grecque  chrétienne  pour  exprimer  la  délivrance 
des  possédés  (cf.  Grégoire  de  Nazianze,  Orat.  XL  In  sanclum  Baptisma,  n°  31. 
/'.  G.,  XXXVI,  408;  Oral.  XLI  In  Penlecosten,  n°  4.  P.  ^'.,  id.,  433)'.  Mais  dire  : 
purifier  des  aveugles,  des  boiteux,  des  muets  et  des  sourds,  c'est  étendre  sans 
raison  une  expression  biblique,  puisque  ces  différentes  inlirmités  ne  consti- 
tuaient pas  une  impuj'eté  lévitique.  Le  passage  parallèle  d'Eusébe,  ainsi  que  les 
textes  cités  page  350,  note  4,  ont  beaucoup  mieux  réparti  les  termes. 

(\)  Eusèlie.  /.  r.  :  Fe'ypaTtTa'.  yàp  Trepi  è(i.cù  toù;  éopaxotaç  [j.e  \}.r\  tcktteûî'.v  [aoi  î'va  ol 
{j.Ti  éopaxdieî  aOioi  TctiTTeûawai  v-a'.  Çi^cxovTai . 

(2)  Leid.  p.  13.  verso,  1.  S-li  :  Ps.  cxxvii,  2  :  iiaIATK    avcu    nnCîTIlA- 

ll0V(|  IIA^ytOllf:  nuOK  (Budge,  Tlie  earliesi  knomn  coplic  Psaller,  p.  13s). 

(3)  Au  témoignage  de  saint  Athanase  l'ascèse  que  saint  Antoine  préconisait 
avait  été  tirée  par  lui  directement  des  Écritures  {Vita,  sancti  Anlonii,  \\°  46. 
/'.  G.,  XXVI,  yi2).  Les  recueils  connus  sous  le  nom  de  Verba  seniorum,  etc., 
montrent  comment  les  moines  continuaient  et  exploitaient  cette  tradition  pour 
régler  les  moindres  détails  de  leur  vie  morale,  par  exemple  dans  la  lutte  contre 
les  mauvaises  pensées  {Verba  seniorum.  n°  10.  P.  L.,  LXXXIII.  744.-—  /d., 
ir'  16,  ool.  747.  règle  tirée  d'un  sens  mj-stique  de  rÉcriture)^u  dans^les  tenta- 
tions en  général  {id.^xs."  61,  col.  770).  On  sait  quelle  résistance  offrirent  à  cette 
époque  les  moines,  par  attachement  pour  le  te.xte  pur  de  l'Écriture,  à  l'intro- 
duction des  tropaires  dans  la  liturgie.  Texte  du  repovxiy.ôv  de  l'abbé  Pambô, 
cité  par  D.  Cabrol.  Dicl.  Archéul.  chréL,  t.  1,  col.  118G.  Alexandi'ie,  liturgie 
(Gastoué),  d'après  Gerbert.  Scriplon's  e'-r(esias(iri  de  musica,  sacra.  Sa.n  Rlasiis, 
17X1,  t.  1,  p.  2. 

(1)  Verha  scnurunt.  n"  :î5.  /'.  /..,  L.WIIl,  p.  7G2. 


366  REVUE    DE    l'oRIEXT    CHRÉTIEN. 

familiarité  avec  l'Écriture  ils  acquéraient  à  celte  discipline; 
Palladius  affii-me  même  qu'ils  devaient  la  posséder  tout  en- 
tière <l).  Mais,  à  côté  de  ces  traits  généraux,  on  relève  dans 
la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  plusieurs  détails  qui  trahi- 
i-aient,  croyons-nous,  plus  expressément  les  destinataires  des  let- 
tres de  saint  Athanase  aiu'  moines.  La  doctrine  athanasienne  du 
Saint-Esprit  d'abord,  si  clairement  exprimée  dans  la  doxologie 
de  la  lettre  d'Abgar,  avait  été  pour  la  première  fois  exposée  tout 
au  long  vers  3r)0-360  par  saint  Athanase  dans  sa  Preinièrc 
lettre  à  Sérapion,  —  évéque  de  Thmuis  qui  lui  avait  signalé  l'er- 
reur naissante  des  Pneumatomaques  (2),  —  et  résumée  dans  s;i 
Troisième,  précisément  à  l'usage  des  moines  (3).  En  outre  deux 
critères  très  précis  avaient  été  fournis  spécialement  par  saint 
Athanase  aux  moines.  Le  premier  est  relatif  à  l'Évangile  de 
saint  Jean.  Dans  une  Lettre,  connue  longtemps  par  une  vieille 
traduction  latine,  mais  dont  les  manuscrits  (4)  et  une  inscrip- 
tion lapidaire  d'Abd-el-Qourna,  près  de  Thèbes  (5),  ont  rendu 
des  fragments  grecs,  pour  donner  aux  moines  un  fil  conduc- 
teur infaillible,  saint  Athanase  leur  propose  la  doctrine  de 
saint  Jean  comme  la  pierre  de  touche  qui  permet  de  discerner 
l'orthodoxie  (6),  et  par  conséquent  comme  l'enseignement  or- 


{[)  Pallad.  Ifisf.  Lausiac,  ch.  xxiii,  u"  \î.  Édit.  Lucot.  p.  "221. 

(2)  Episl.  1  adSerap.,  ir  1.  P.  0'.,  XXYI,  529. 

(3)  Ce  qu'on  appelle  maintenaat  la  Troisième  Leltre  à  Sérapioa  [P.  G.,  XXVl, 
623-628)  formait  primitivement  un  tout  avec  la  Deuxième,  et  était  un  résumé  de 
la  foi  d'Athanase  destiné  aux  moines  (Episl.  2  l'd  Serap.,  n°  1.  P.  G.,  id.,  col.  1). 

(4)  P.  G.,  XXVl,  1185-1188  :  Codex  Regius  2423  tx'=  siècle),  dont  le  texte 
i-orrespond  exactement  à  celui  de  la  vieille  version  latine;  Codex  Laurentianus. 
()ui  donne  une  leçon  abrégée. 

(5)  Lefebvre,  Recueil  des  inscripiions  grecques  chrétiennes  d'É>/ypte,  n°  3s(l, 
p.  7U-71.  Cf.  D.  Cabrol,  Dict.  .Archéoi:  chréL,  t.  1,  col.  .3035.  Athanase  (D.  Leclercq). 

(6)  P.  G.,  XXVI,  1187-1188  :  Si  quis  itaque  venil  ad  vos,  siquidem  l'fferl  secua- 
dum  beatum  loannem  rectam  doctrinam,  dicite  huic  :  Ave,  et  sicuti' fratrem  hum- 
lalem  suscipile.  Le  texte  grec  du  Codex  Regius  2423  est  interrompu  avant  cette 
phrase-ç  celui  du  Codex  Laurentianus  ne  commence  qu'après  elle  :  la  teneur 
originale  grecque  de  cette  phrase  est  donc  encore  inconnue,  mais  l'exactitude 
minutieuse  de  la  vieille  version  latine,  vérifiable  pour  ce  qui  précède  d'après 
le  fragment  du  Codex  Regius  2423,  garantit  son  authenticité. 

Quant  à  la  doctrine  exprimée  quelques  lignes  plus  haut  (id.,  p.^1,  1.  12--13) 
que  l'Incarnation  n"a  eu  lieu  que  lorsque  le  monde  fut  enfin  digne  de  recevoir  le 
Sauveur,  elle  peut  être  particulière  à  l'auteur  de  la  version  copte  des  lettres 
d'Abgar,  mais  on  en  trouverait  facilement  les  racines  dans  l'allirmatioii  de 
Clément  d'Alexandrie  que  le  monde  fut  préparé  à  entendre  le  Verbe  par  la  Loi 


UN    APOCRVPIIF    ANTI-ARIEX.  :!(*)7 

tliodoxe  par  excellence  Or  la  doctrine  johannique  tient  d;ins 
la  théologie  de  la  version  copte  des  lettres  dAbgar  une  place 
exceptionnelle,  et  l'abondance  des  termes  johanniques,  que  Ton 
a  déjà  signalés,  rend  Técho  fidèle  des  recommandations  d»- 
saint  Athanase  (1).  Les  moines,  dans  la  J deuxième  Leltre  à 
SrrapiOH,  avaient  reçu  du  grand  t'vèque  un  autre  critère  pour 
leur  donner  d'un  côuj)  la  solution  des  objections  scripturaires 
des  Ariens  :  il  leur  recommandait  la  distinction,  toujours  ef- 
ficace à  faire,  entre  la  divinité  et  rhunianité  du  Sauveur  (-2). 
Or  une  phrase,  il  faut  Tavouer assez  gauche,  de  la  lettre  d'Abgar 
adjure  Notre-Seigneur  pa/'  la  sollicitude  de  sa  divinité  et  de 
son  humanité  (3).  Serait-ce  là  une  allusion  aux  premières  ten- 
dances monothélistes  et  laudrait-ii  reculer  la  composition  de  la 
lettre  jusqu'au  moment  où  rapollinarisme  se  fit  jour,  c'est-à- 
dire  au  plus  t(H  au  concile  d'Alexandrie  de  o6'2,  mais  plus  vrai- 
semblablement vers  :>78,  date  à  laquelle  un  auti-e  concile  d'A- 
lexandrie confirma  la  condamnation  d'Apollinaire  portée  à 
Rome,  l'année  précédente,  par  le  pape  Daraase  (4)?  Il  n'y  a  pas 
lieu  de  le  croire/Dans  aucun  autre  passage  de  la  lettre,  l'erreur 
monothéliste  n'est  combattue  et,  s'il  s'agissait  d'un  rappel  de 
cette  hérésie,  cette  allusion  à  l'état  erratique  serait  inexplicable  : 


pour  le  peuple  juif  (Paediuj.,  1.  1,  cap.  xi.  P.  G.,  VIII,  o65)  et  par  les  Sages  poul- 
ie monde  païen  [Stromal.,  1.  VI,  cap.  v.  P.  G.,  IX,  2t>l--264),  dans  -i.'expression 
d'Origène  qui  appelle  les  prophètes  des  prcc*(r.s'e»rs  [Péri  Arkhon,  1.  II,  cap.  vi. 
n°  1.  /-".  G.,  XI,  210)  et  dans  l'enseignement  de  saint  Athanase  que  les  propliètes 
n'étaient  pas  envojés  aux  seuls  juifs  mais  à  taut  l'univers,  pour  lui  inculquer 
la  connaissance  de  Dieu  et  les  lois  de  la  morale  :  ...  Tiiar,;  6à  if;;  o'cxo-jtiÉvoq  Yjoav 
ot5x(7xà/tov  Isfiôv  Trj;  Ttîpt  0eoO  ■^•nùrsttM;,  xoù  tv^;  xatà  '{/jy.riv  Tio/iisia;  {Ornt.  de  Incorn. 
VerlA,  w"  12.  P.  G.,  XXV,  117). 

(1)  11  est  curieux  de  noter  (|ue,  lorsqu'il  en  vient  à  pai-ler  de  la  résurrection 
des  morts  (Leid.  p.  12,  recto,  1.  12-16),  l'auteur  copte,  au  lieu  de  se  référer  aux 
résurrections  rapportées  par  les  Synoptiques,  generali.se  évidemment,  en  men- 
tionnant les  funérailles  déjà  faites,  l'ordre  .solennel  et  la  sortie  du  sépulcre,  les 
détails  de  la  résurrection  de  Lazare,  la  seule  n'surrection  relatée  par  saint  Jean, 
—  indice  que  le  quatrième  Évangile  (>tait  le  thème  principal  de  ses  méditations. 

(2)  Episl.  2  ad  Serap.,  n°  S.  P.  G.,  XXVI,  r.20-02l  :  Seï  ce  aoittov  ÈvrjyxâvovTa 
T^  rpa^pvi  3oxt[JLâ^£tv  -/al  Staxpîvîtv  tzÔtz  \j.bi  uepl  t^;  bt6vr,roz  to-j  .\6yo\)  Àsyïi,  ttôtï  oà 
Ttepl  Twv  àvÔpwTtfvwv  aCiToù"  î'va  (ir)  sTepa  àvO'  éTepwv  voo-jvth;  TrapaTtat'tojj.sv,  o!a  7te;idv- 
ôaiiv  ol  'Apeiavoi.  Cf.  Or.  2  c.  Ar.,  n"  ôo.  Or.  .V  c.  Ar.  5'.».  P.  G.,  XXVI,  260, 
445.  Saint  Athana.so  emi)loic  souvent  lui-même  cette  distinction  :  Or.  t  c.  Ar., 
nMl;  Or.  2c.  Ar.,  n°  53;  Or.  3c.  Ar.,  n"  ô'i.  /'.  G..  XXVI.iiC,  2(10,  440. 

(.3)  Leid.  p.  12,  recto,  1.  25-27. 

(1)  Tixeront,  Ilhluire  dex  dot/nms,  tome  II,  p.  lOiS-llI. 


368  REVUE    l)K    l/uRIENT    CHRÉTIEN. 

il  n'est  pas  besoin  non  plus  de  supposer  une  interpolation, 
dont  par  ailleui-s  la  lettre  n'offre  pas  d'exemples.  Il  est  plus 
naturel  de  supposer  que  l'auteur,  dans  un  document  destiné  à 
confondre  Tarianisme,  ait  voulu  bon  gré  mal  gré  faire  entrer 
une  clé  précieuse  pour  les  fidèles  et  que  saint  Athanase  lui 
conseillait  pour  lui-même.  Il  a  choisi  la  première  occasion 
où  il  pouvait  noter  un  dédoublement  de  la  psychologie  du 
Christ  (1),  qui  avait  ses  motifs  divins  et  ses  motifs  humains  de 
s'intéresser  à  Edesse  :  il  l'a  fait  un  peu  brusquement  peut-être, 
n'ayant  pas,  pour  une  fois,  de  locution  scripturaire  toute  faite 
pour  envelopper  sa  formule  théologique.  Mais,  étant  donné 
le  rest.^  ;i*%a  lettre,  son  intention  semble  claire  et  nous  pen- 
sons  a^f^i^'freconnaître  dans  cette  allusion,  comme  dans  l'em- 
ploi de  l'Évangile  de  saint  .Jean,  comme  dans  la  doctrine  sur 
le  Saint-Esprit,  le  fruit  des  leçons  de  saint  Athanase  aux 
cénobites  du  désert  et  le  contre-coup  des  lettres  à  Sérapion,  ce 
qui  fixerait  en  dernier  ressort  la  composition  de  la  version 
copte  des  lettres  d'Abgar  entre  les  années  359  et  362. 

Telle  est  donc  la  conclusion  de  cette  étude  :  la  version  copte 
de  la  Correspondance  d'Abgar  avec  Notre-Seigneur  est  une 
œuvre  de  polémique  anti-arienne,  écrite  pendant  la  fuite  de 
saint  Athanase,  et  plus  probal)lement  par  un  moine  de  Haute- 
Egypte,  entre  les  années  3^59  et  3()-2.  Mais  dans  ces  choses  égyp- 
tiennes, il  est  rare  que  Ja  solution  d'un  problème  historique  ne 
suscite  pas  un  problème  de  psychologie.  Évidemment  il  faut 
exclure  toute  participation  ou  même  toute  api)robation  de 
saint  Athanase  relativement  à  cet  apocryphe  :  on  sait  par  la 
XXXIX'  lettre  festale,  publiée,  selon  la  chronique  syriaque,  en 
367  (2),  ce  que  le  grand  évêque  pensait  de  ce  genre  de  litté- 
rature (3)),  et  un  fragmenl  conservé  par  le  Codex  Regius  1993 
montre,  s"ilest  authentique,  que  saint  Athanase  n'avait  pas  plus 
de  tendresse  pour  les  amulettes  que  pour  les  apocryphes  (1). 

(1)  D'autîinl  plus  qu'aftirmci-  ce  dédoublement  de  nature  c'était  encore  com- 
battre l'erreur  arienne  qui  ne  voulait  pas  admettre  dans  le  Christ  d'àine  humaine. 
Cf.  Athan. ■  Con//'«  Apollin.,1.  11,  n"  3.  P.  6'.,  XXVI,  113ti-1137.  où  cette  doctrine 
est  formellement  attribuée  à  Arius. 

(2)  Publiée  dans  Migne,  P.  G.,  -XXVI,  133I-13G0. 
(3^  Id.,  117G-I1S0. 

(1)  Fraguieiil,  ex  codic.  Reg.  lu:»:),  fol.  :U:.  /'.  (i..  XXVI.  1320. 


UN    AI'OCUYI'HK    AXTI-AHIEN.  369 

D'autre  part  la  conservation  d;ins  la  doxologie  de  termes,  tra- 
ditionnels il  est  vrai,  mais  pouvant  donner  prise  aux  argumen- 
tations des  Ariens,  prouve  qu<'  l'auteur,  s'il  a^ait  beaucoup 
retenu  de  saint  Athanase,  n'avait  pas  encore  tout  appris  à  son 
école,  et  qu'il  n'écrivait  pas  à  tout  le  moins  sous  son  iiispi- 
ration.  Il  n'en  reste  pas  moins  qu'on  est  en  droit  de  se  de- 
mander comment  le  théologien  docte  et  scripluriste  érudit, 
ne  manquant  par  ailleurs  ni  de  littérature  (1),  ni  de  j)syciiu- 
logie  (2),  que   trahit   la  version  copte  des  lettres  d'Abgar,  a 


(1)  Ooinnie  il  l'uUait  s'y  attendre  chez  im  moine  égyptien,  la  formation  litté- 
raire de  l'auteur  de  la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  sq  révèl*  nt^ne  puri.'- 
ment  scripturaire.  La  lettre  trahit  pourtant  un  usage  aisé  du  s:.>  :olaire  : 
c'est  dans  le  moule  classique  de  la  lettre  copte,  on  l'a  déjà  vu'(  .-. . ''<;  détails 
que  l'auteur  a  coulé  la  lettre  d'Abgar  ot  celle  de  Notre-Seigneur.  Il  leur  en  a 

imposé  le  début  (.'..HC|G'^cVÏ.  ••  et  \t;pe  au  lieu  de  la  formule  plus  usitée  en 
grec  :  -/atpstv)  et,  dans  la  réponse  de  Xotre-Seigneur,  la  clausule  oV3:aï  avec 
un  souhait  de  paix  (cf.  page  339,  note  l  de  cette  étude).  Sur  l'emploi  de  la  clau- 
sule OVXAÏj  voir  Crum,  Coijtic  oslraca,  n""  104  (p.  19,  pi.  23),  188  (p.  .50,  pi.  36), 
101  verso  (p.  52,  pi.  22),  99  (p.  .52,  pi.  22),  etc..  Ployte  et  Boeser.  Manuscrils 
coptes  du  Musée  de  Leide,  p.  483,  480.  Ilall,  Coplic  and  Greek  Texls,  n"'  33231 
(p.  75,  pi.  .50),  33226  (p.  75,  pi.  56).  iMunier,  Manuscrits  copies.  Musée  du  Caire, 
w"  9262.  Lettres  de  Shénouté,  p.  93,  96.  Le  scribe  copte  a  fait  passer  dans  la 
lettre  d'Abgar,  en  les  élevant  à  un  sens  théologique,  les  expressions  que  les 
ostraca  révèlent  comme  obligatoires  dans  toute  lettre  copte  qui  se  l'especte  :  la 
])roscynèse  (cf.  p.  3.50,  note  1  de  cette  étude)  et  l'adoration  de  Tescabeau  des 
pieds,  formule  nécessaire  de  la  politesse  égyptienne.  Crum,  Coplic  ustraca,  n°'  90 
(p.  17,  pi.  20),  93  recto  et  verso  (p.  48,  pi.  21),  97  (p.  19,  pi.  22),  350  (p.  28,  pi.  62), 
368  (p.  70,  pi.  64),  383  (p.  72,  pi.  67),  Ad.  28  (p.  79,  pi.  93).  Hall,  l.  c,  u'-  212 l.j 
(p.  54,  pi.  41),  21193  (p.  71,  pi.  53),  2.5675  (p.  79,  pi.  59),  21297  (p.  147).  Crum, 
Calalof/ue  af  the  coplic  mss.  in  Ihe  British  Muséum,  n""  173  (p.  226),  11.53  (p.  489). 
Krall,  Koplisc/ie  liriefe.  Mitleilunijen  avs  der  Sammlung  der  Papyrus  Erzherzui/ 

Rainer,   t.   V,  p.   36,    n"   12it4    K.   L'expression    AÏAgïov   UUOK   lIXOHÏc 

'^ÏTII-0'i"{;^AI  (p.  12,  recto,  1.  22-24),  bien  qu'imit<''o  ("videmment  d'Eusèbe  : 
Atà   ToÛTo  Toîvuv  Ypâ'^a;    è5eY]6-/T;    <to-j,  se  rencontre  avec  la  formule  éjiislolaire 

2ITli-il(;ï(i?AÏ  (lot  d'ostraca  trouvé  à  Ashmounaïn).  Crum,  Catalogue..., 
n-  1156  (p.  489),  1158(i).  WO).  II65  (p.  19^),  1201  fj).  199).  Krall,  L  c.  n'-  1160,  71. 
803  R,  1019  R,  page  35. 

(2)  Sans  tomber  pour  cela  dans  des  subtilités  d'analyse  littéraire,  il  tant  ro- 
connaitre  que  la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  exprime  des  nuances  déli- 
cates de  sentiment  :  si  gauche  qu'en  soit  l'expression,  l'appel  aux  motifs  divins 
et  humains  que  Notre-Seigneur  doit  avoir  de  s'intéresser  à  Édesse  (Leid.  p.  12, 
recto,  1.  24-27);  —  l'insistance  affectueuse  d'Abgar  (id.  p.  13,  j-ecto,  1.  7-12)  qui, 
pressentant  sans  doute  un  refus,  ne  veut  pas  prendre  acte  de  ce  refus  comme 
définitif,  mais,  après  avoir  invité  fornK^llement  Notre-Seigneur  (p.  12,  verso, 
1.    1-8),  revient  sur  ce  sujet,   l'avertit  qu'en  tous  i-as  Thospitalité  d'ijlesse  lui 

oiuKNT  f.mtniuN.  24 


370  REVUE    DE    l/ORlENT    CHRÉTIEN. 

pu  se  laisser  aller  à  commettre  un  apocryphe  et.  qui  ]iis  est, 
•   un  apocryphe  destiné  à  sei-\  ir  d'amulelte.  Sur  le  prenuer  chef 
d'accusation  on   passerait   encore  condamnation  :  TOrient,  à 
tort,  c'est  possible,  mais  c'est  un  Aiit,  n'a  jamais  partagé  nos 
sévérités  d'Occidentaux  au  sujet  de  la   composition  des  apo- 
cryphes.  Mais  ce  qui    reste    moins    pardonnable,   même  en 
Orient,  c'est  pour  un  homme  aussi  éclairé  la  composition  d'une 
amulette.  Je  sais  bien  que  cette  amulette  ne  devait  dans  sa 
pensée  rien  contenir  que  de  très  orthodoxe  et  l'occasion  était 
tentante.  L'Egypte   populaire   a   toujours  mêlé  à  sa  religion 
autant  de  superstition  qu'elle  a  pu  le  faire,  et  le  christianisme 
a  lutté  contre  cette  tendance  sans  arriver  jamais  à  l'altolir  : 
dignes  fils  de  ces  chrétiens  qui  démarquaient  simplement  les 
conjurations  païennes  en  leur  adjoignant  un  chrisme  (1),  les 
masses  ignorantes  du  iv''   siècle  réclamaient  encore  à  leurs 
prêtres  et  à  leurs  clercs,  —  le  concile  de  Laodicée  de  372  en 
fait  foi,  —  des  incantations,  des  divinations  et  des  phylac- 
tères (2).  Beaucoup,  parmi  les  foules  qui  venaient  consulter 
les  moines  au  sujet  d'Arius,  devaient  avoir  les  mêmes  exi- 
gences.  L'auteur    de  ~~la  version    copte   des   lettres    d'Abgar 
pensa-t-il  faire  servir  ce  besoin  à  la  cause  de  l'orthodoxie  et 

reste  toujours  offerte,  et.  pour  consacrer  sa  donation,  appelle  Notre-Seigneur 
MAA:oeïC,   mon  seigneur,  alors  que  plus   liaut  (p.  12,  recto,  1.  23)  il  l'avait 

nommé  simplement  :  Seigneur,  n:XO<îïCÎ  —  la  dcMicatesse  enfin  de  IS'otre- 
.Seigneur  qui  ne  révèle  rien  de  la  conscience  d'Abgar,  mais  se  contente  de 
dire  :  .S'*  ti(  as  multiplié  les  péchés  comme  un  homme  (p.  12,  verso,  1.  18-19},  sont 
autant  de  traits  d'une  psychologie  avertie.  Cette  dernière  expression  si  lu  as 
muUiplié...  signifie  que  la  miséricorde  de  Notre-Seigneur  n'aura  pas  de  bornes; 
formule  obscure  qui  aura  paru  excessive  aux  contemporains,  puisque  Far.  et 
Lond.  attestent  la  variante  :  si  lu  as  commis  des  péchés... 

(1)  Crum,  Coptic  osiraca,  n"  5"22  (p.  4-5,  pi.  83)  :  conjuration  païenne  à 
Khronos  destinée  à  apaiser  la  colère.  Le  caractère  chrétien  de  l'amulette  est 
uniquement  attesté  par  le  chrisme  qui  flailque  la  formule,  —  ainsi  toutefois 
que  par  le  nom  de  Marie,  mère  d'Horus,  qu'elle  contient. 

(2)  Ilardouin,  Concil.,  t.  I,  p.  787,  cit^';  dans  D.  Cabrol,  Dic(.  Archéol.  chre'L, 
t.  I,  col.  M»4-180â.  Amulettes  (Leclercq).  "Ort  où  osï  ispxTixo-j;  y;  x),r)oi-/.où;  (xâyouç 
vj  ÈTtaoïooùî  elvat  ■/;  iJ.a6»)(AaTixoù;  r\  àcrrpoAoyouç,  ^  uoietv  là  XsyôiJiïva  çuXaxTrjpia  aTtva 
Èffn  Ô£(jjj.(orripi«  Tô)v  t]/u)(<3v  aÙTÙiv  toÙ;  oè  sopoû^taç  ptiiTEiîOai  èx  xr,;  £xy./Y)(Tta;  èxîXcO- 
(ia(j.£v.  Les  conjurations  de  doctrine  par  ailleurs  parfaitement  orthodo.xes,  fré- 
quentes en  Égypti^,  doivent  se  rattacher  à  cet  abus  (cf.  par  exemple  la  Prière 
cl  Exorcisme  de  sainl  (rré;/oire  le  servileur  de'  Dieu,  qui  dans  le  manuscrit  de 
Leide  Anastasy  n°  9  précède  les  lettres  d'Abgar  et  (jui  —  page  8  verso,  1.  12  — 
emploie  l'expression  même  de  phylactère). 


ux  Ai'ûciiVPHr-;  anti-aiîien.  371 

placer  ainsi  au  plus  profond  des  demeures  et  de  l'àme  du 
peuple  une  profession  de  foi  qu'aucun  effort  de  l'arianisme  ne 
parviendrait  à  arracher?  Ce  n'est  pas  sans  intention  qu'il  an- 
nonça emphaliquement  un  exemplaire  (1)  de  la  lettre  de  Notre- 
Seigneur,  —  qu'il  y  introduisit  cette  mention,  inconnue  de  son 
modèle  grec,  que  le  Christ  avait  écrit  la  lettre  de  sa  propre 
utaiii  (-2),  —  et  qu'il  promit  en  conséquence  une  protection 
éternelle  contre  le  d<''mon  (et  l'on  sait  tous  les  méfaits  que 
^  l'on  attribuait  au  Malin  dans  l'Egypte  superstitieuse)  à  tout 
lieu  où  l'on  afficherait  le  texte  de  la  lettre  (3).  Sans  doute 
ce  moyen  de  lutter  contre  le  démon  était  totalement  étranger 
au  milieu  monastique  de  l'auteur,  où  la  seule  arme  employée 
contri'  le  diaiile  étail  l'ascèse  (4),  mais  on  perçoit  dans  ce 
milieu  même  des  courants  d'idées  qui  pouvaient  jusqu'à  un 
certain  point  justifier  la  concession  quil  croyait  devoir  faire  au 
populaire.  On  n'y  doutait  pas  que  l'hérésie  fût  l'œuvre  per- 
sonnelle de  Satan  (5).  D'autre  part  les  maîtres  de  la  vie  spiri- 


(1)  Leid.  p.  13,  verso,  1.  3-4.  Le  texte  grec  d'Eiisèbe,  qui  suppose  la  lettre 
dictée,  mais  non  (''critc,  par  Notre-Seigneur,  l'introduit  par  ces  mots  :  Ta  àvtt- 
YpxcpÉvT»  On'  'IridO'j  otà  'Avavia  et  le  texte  de  Tchoroum  déjà  cité  (page  340,  note  1 
de  cette  étude)  porte  simplement  +  'AvTtYp[aç9i]  io~j  S[wTvi]p[o];  réponse  du 
Sauveur.  Le  scribe  copte  a  donc  fait  passer  le  mot  àvriypxçrov,  ou  son  équivalent 
i|u"il  trouvait  dans  son  modèle  grec,  du  sens  de  réponse  qu'ii  avait  également 
en  copte  (Crum,  Coptic  ustraca,  n"  Ad.  46,  p.  81,  pi.  97),  à  celui  A' exemplaire , 
teneur,  usité  en  grec  (Athan.  Apolog.  ad  Constant,  imperafor,  n"  23.  P.  G.,  XXV, 
1)24  —  le  titre  de'  la  lettre  d'Abgar  dans  Eusèbe)  et  en  copte  (Crum,  Catal.  of  the 
coptic  mss.  in  the  Bril.  Mus.,  n"  4G6,  p.  223)  et  qui  servait  mieux  son  dessoin. 

(2)  Leid.  p.  13,  verso,  1.  3-4. 

(3)  Id.,  1.  10-20.  L'elficacité  de  la  lettre  est  présentée  comme  telle  qu'il  n'est 
même  pas  question  que  le  démon  puisse  entrer  dans  le  lieu  où  elle  est  affichée  : 
il  ne  pourra  ni  V approcher .,  ni  Veffleurer  pour  l'éternité. 

(1)  On  s'en  rend  compte  facilement  en  lisant  tant  la  vie  de  saint  Antoine  pai; 
saint  Athanase  (l7/(/  sancli  Antonii,  n°  30.  P.  0.,  XXVI,  889  sq.)  que  les  divers 
recueils  déjà  cités,  intitulés  :  \'erba  seniorum,  Apophlhegmala  Patrwa,  etc. 
(cf.  Verba  seniorum,  n"  173,  203,  204,  etc.  P.  L..  LXXIII,  798,  805,.  etc.).  Cette 
doctrine  avait  été  déjà  e.xprimée  par  Origène,  Contra  Celsum.  lib.  VIII,  n"  3t, 
:16.  /'.  r;.,Xl,  1569,  1572. 

(5)  Déjà  saint  .Atlianase,  après  saint  Antoine  (l'iia  sancli  Antonii,  n°  68. 
/'.  'j.,  XXVI,  940),  avait  qualifié  l'arianisme  de  prodrome  de  l'Antéchrist  (Dr 
Syii.,  n°  5.  P.  (!.,  X.XVI,  68S).  Les  .solitaires  accentuaient  encore  cette  assimila- 
tion: Apa  Agathon  tenait  que  l'hérétique  est  séparé  du  Christ  pour  être  joint 
au  diable  {\'erha  seniorum,  n"  21.  P.  L,.,  LXXIII,  751-752  :  haereticus  enim  sepa- 
ratur  a  Deo  vivo  et  vcro  et  roniungilur  diabolo  et  ani/elis  eius).  Cette  doctiine, 
(■  lurante  chez  les  moines,  qui  faisaient  profession  d'être  les  ai/ilèt^i  du  Ciirist 


372  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

tuelle,  ceux-là  mêmes  qui  étaient  les  modèles  et  les  docteurs  de 
rascèse,  saint  Antoine  entre  autres  au  récit  de  saint  Athanase, 
s'accordaient  à  reconnaître  au  nom  du  Christ  et  aux  paroles 
de  la  Sainte  Écriture  une  vertu  intrinsèque  qui  mettait  en  fuite 
le  démon  (1),  même  si  celui  qui  prononçait  les  mots  sacrés  ne 
se  rendait  pas  compte  de  leur  vertu  :  Apa  Pœmen  se  permet- 
tait à  ce  sujet  la  comparaison  suggestive  de  l'incantation  des 
psylles  sur  les  serpents  (-2).  De  là  à  concevoir  un  phylactère 
tout-puissant  qui,  composé  du  nom  du  Christ  mêlé  aux  paroles 
de  l'Écriture,  mettrait  infailliblement  en  fuite  le  démon  et,  parce 
qu'il  serait  une  profession  de  foi  orthodoxe,  le  démon  précisé- 
ment comme  inspirateur  de  l'arianisme,  il  n'y  a  qu'un  pas  : 
l'auteur  de  la  version  copte  des  lettres  d'Abgar  eut  tort  de  le 
franchir.  Sa  concession  qui  visait  à  faire  coup  double,  —  exor- 
ciser et  instruire,  —  manqua  son  but.  La  profession  de  foi 
d'Abgar,  la  partie  capitale  de  son  document,  tomba  rapidement 
dans  l'oulili  :  les  ostraca,  ces  archives  du  menu  peuple,  n'ont 
daigné  en  conserver  qu'un  exemplaire,  et  encore  sous  une  forme 
amoindrie  :  s'il  ne  s'était  trouvé  par  hasard  un  lettré,  compi- 
lateur curieux  de  formules  magiques,  la  postérité  en  eût  tou- 
jours ignoré  la  véritable  teneur.  Par  contre  la  superstition 
populaire  retint  la  lettre  de  Notre-Seigneur,  qui,  dans  la  pensée 
de  l'auteur,  ne  devait  être  qu'une  authentification  :  elle  en  fit 
un  talisman  de  premier  ordre  dont  le  texte  passa,  amalgamé 
plus  ou  moins  avec  celui  d'Eusèbe,  jusque  dans  les  manuscrits 
arabes  (3).  Je  ne  sais  si  dans  la  lutte  contre  l'arianisme  la  for- 


contn?  le  démon,  explique  par-dessus  tous  les  autres  inotil's  la  répiilsioa  vio- 
lente, et  me>me  haineuse  dans  ses  expressions,  qu'ils  eurent  toujours  pour  le 
nom  même  de  l'hérésie.  Le  même  Agathon  qui,  par  humilité,  avait  accepté 
sans  protester  les  accusations  d'orgueil  et  de  fornication,  ne'  put  se  résoudre 
à  supporter  celle  d'hérésie,  tellement  elle  lui  faisait  horreur  (/(/.). 

(1)  Pour  Origène,  les  démons  sont  chassés  par  l'invocation  du  nom  de  Jésus 
et  la  lecture  des  Évangiles  (Contra  Celsum,  lib.  I,  n"  G.  P.  G.,  XI,  605).  Saint 
Athanase  rapporte  la  doctrine  de  saint  Antoine  (ô  répwv)  que  les  démons  ne 
peuvent  supporter  les  paroles  de  l'Écriture  Sainte,  car  elles  contiennent  le  Sei- 
gneur (Epist.  ad  Marcellin.,  n"  33.  P.  0.,  XXVII,  44-45)  et  que  le  seul  nom  du 
Christ  met  en  fuite  les  démons  {VUa  S.  Antonii,  w  78.  P.  G.,  XXVI,  iKV^'l. 

(2)  \'erba  senior wn,  n°  40.  /■*.  L.,  LXXIII,  761. 

(3)  Manuscrit  arabe  51  du  Vatican,  publié  dans  Tixoront,  Les  origines  de  VÉ- 
fjiise  d'Édesse  el  laléyènde  d'Abgar,  p.  200  sq.  :  texte  de  la  lettre  d'Abgar  et  de 
la  réponse  de  Xotre-Seigneui'.  —  Manuscrit  arabe  d'Eligman,  publii-  dans  Hi- 


UN    Al'OCI'vVPHK    AMI-ARIRN.  373 

mule  du  moine  pachômien  conserva  quelques  fidèles  ;'i  l'or- 
thodoxie  :  elle  enrichit  à  coup  sûr  d'un  joyau  le  trésor  de  la 
superstition. 

Et.  Driotox. 


xloria  Cliyigli  pershe  coiiscripia  :iitnulque  inuUis  modin  eontaminala,  a  /'.  Hirro- 
nymo  Xavier,  Soc.  lesu,  lal'me  reddila  et  animadversionilnis  nolata,  a  Liidovico 
de  Dieu,  Lugduni  Batavorum,  103'.»,  p.  GII-G12  :  texte  de  la  seule  lettre  de  Notre- 
Seigiieur.  M.  Cruni  nous  signale  qu'un  texte  identique  à  Celui  publii'  par  Tixe- 
ront,  l.  c,  se  trouve  dans  le  nis.  Rylands  (copte)  n°  1G7,  toi.  104-1()G. 


L'APOCALYPSE  ') 

DE  SAMUEL,  SUPÉRIEUR  DE  DEIR-EL-<,>ALAMOUi\ 

TEXTE    ARABE    ÉDITÉ    ET    TliADUIT    EN    FRANÇAIS    PXH 

M.   l'ahré  .ï.  ziadeii,  I'Rétre  maronite. 


M^""  Graffin  et  M.  Tabbé  Nau  ont  eu  Tamabilité  de  mettre 
entre  nos  mains  le  texte  arabe  de  l'Apocalypse  <le  Samuel,  su- 
périeur de  Deir-El-Qalamoun.' 

Cette  apocalypse  est  contenue  dans  le  manuscrit  arabe  de 
Paris,  n"  150,  fol.  20-31,  paginé  en  chiffres  coptes,  ce  qui  indi- 
que son  origine  égyptienne;  il  est  daté  de  Tan  13-22  des  Martyrs 
(1606  de  notre  ère).  Le  même  manuscrit  renlerme  la  lettre  de 
Pisuntios,  éditée  et  traduite  par  M.  A.  Périer,  ROC,  XIX  (1914), 
p.  69,  et  la  dormition  de  la  Vierge,  traduite  par  M.  ral)b<'' 
L.  Leroy,  fbicL,  t.  XV  (1910),  p.  162. 

Samuel  est  fêté  par  les  Coptes  le  8  Kihak  (1  Déceml)re).  11 
était  de  Tkyllo  (Daklouba),  diocèse  de  Medjel  en  Egypte,  fut 
moine  à  S'cété  et  ordonné  prêtre  de  Téglise  d'Abou-Macaria,  au 
v"  siècle.  Lorsque  la  lettre  de  saint  Léon  arriva  au  désert, 
Samuel  fut  l'un  des  plus  ardents  pour  la  déchirer  et  lui  jeter 
Fanathème;  il  devint  supérieur  du  monastère  d'El-Qalamoun. 
Y oiv  Pat r.  or.,  t.  III,  p.  405-108.  Les  textes  éthiopiens  rela- 
tifs à  Samuel  ont  été  étudiés  par  M.  F.  M.  E.  Pereira,  ]'ida  do 
Abba  Samuel,  Lisbonne,  1894. 

La  présente  Apocalypse  de  Samuel,  comme  le  manuscrit  qui 
la  contient,  est  donc  d'origine  égyptienne,  ainsi  que  nous  pou- 
vons du  reste  le  voir  par  le  sujet  lui-même,  par  les  noms  des 
lieux  et  des  personnages  aussi  bien  que  par  les  détails  et  les 

(1)  Littéralem(>nt  ■•  traiti'  ". 


l'apocalypse  DK  SAMILL,   SlPÉRIErR   DK   DKIR-EL-QALA.MfiUX.       375 

circonstances  du  récit.  De  plus,  elle  est  d'inspiration  euty- 
cliienne. 

La  langue  dans  laquelle  elle  est  écrite  n'appartient  i)as  à 
l'arabe  littéral;  elle  représente  un  dialecte  particulier  dans  le- 
quel les  règles  d'accord  ne  sont  pas  observées,  surtout  pour  les 
pronoms  relatifs,  qui  ne  sont  pas  toujours  en  harmonie  avec  le 
genre  et  le  nombi'e  de  leurs  antécédents,  comme  ils  devraient 
l'être. 

Nous  avons  tenu,  dans  cette  édition,  à  reproduire  le  texte  tel 
qu'il  est,  mais  en  rétablissant  cependant  les  points  diacritiques, 
lesquels,  manquant  souvent  ou  mal  placés,  rendent  la  lecture 
du  inanus(M'it  très  difficile.  Quand  nous  avons  rencontré  un  mot 
altéré  ou  trop  incorrect,  nous  en  avons  donné  la  forme  exacte 
entre  parenthèses. 

Dans  la  traduction,  nous  nous  sommes  efforcé  de  serrer  le 
texte  de  très  près,  en  essayant  parfois  de  contribuer  à  plus  de 
clarté  et  de  précision.  De  la  concision  il  ne  peut  être  question, 
car  elle  semble  répugner  au  talent  de  l'auteur  et  au  texte 
même.  II  faudra  donc  se  résigner  à  trouver  ici  des  longueurs 
et  des  répétitions  ennuyeuses. 

Quand  il  nous  est  arrivé  de  nous  écarter  du  mot  à  mot,  nous 
l'avons  suffisamment  signalé  dans  une  parenthèse.  Comme 
l'emploi  des  particules  conjonctives  v^  et  j  est  quelquefois 
abusif  et  anormal,  nous  nous  sommes  accordé  la  liberté  de 
suivre  plutôt  l'idée  que  la  lettre  dans  certains  endroits. 

(.'es  réserves  faites,  nous  pouvons  dire  que  nous  présentons 
au  lecteur  une  traduction  littérale,  que  nous  avons  essayé  de 
maintenir  claire  et  correcte  rnalgré  les  défauts  de  composi- 
tion et  de  style.  Ces  défauts  sont  tels  que  nous  n'avons  pu, 
au  cours  de  ce  travail,  nous  empêcher  d'admirer  la  |iatience  de 
l'auditeur  et  du  transcripteur  de  pareils  discours.  Tel  qu'il  est 
cependant,  ce  texte  n'en  constitue  pas  moins  un  document  fort 
intéressant. 

.J.    /lAl'ElI. 


370  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

TEXTE  ARABE 

^    A^yi    <]V1    ^-^1     -jjb    ^:'Vl3    ^Vl    ç.^:    (fol.  iCr) 

(_j.^  4.»..^      loi  j^»AÀ.M      LL^j^       Ajli^      i,.^"l5v)       4.)l5>t**"      ^-^    >''       Ô  5*^       tÇ"^' 

ly^l    JI3    «^.iL-Vi    j_5l^l    '*-^»'«    ^-«    L^j'-;.     J13    ^Oy    ^-^^   cTt^ 
k_o»J;       ii    /•Ijwii    ij^^>^    'y^^'J   (J^^*    ly'^   ^'•*^-*    i>^J'    (C'^    ^'_^'^^ 

ij^y^.^      Ul      ^^Vl       *-«      l».>'-V.3«">      JLa^'I       bj.3-Vl       Ij-^      AJ.L»-      ^jU^Jl 

J>jJp   jUj   ^-^    (_^j!    ^c    ^>X.    pA,_   jls    jl    ^j^*i.=:_«3   ^^ic 

-Uc  i«yp  i^Vl  ^-^  jl  Ls-Vl  i^^Vjl  l  Ij-iiLJ'V  ^1  d)y^  *Jl-j  d!y^ 
AwI_«jVi    l/^kA-Jl    )(_5    ^IpJi    Jl».tl    v_i^j»j     \^   (f*-^^^   (j"*   iT"  -?  ^j-LJ.) 

Lj^U.c        -.;J1      b__,-l.xJl      jJ^-iJl      i^iVjl      l      *.x^lcl      5SA>J      ilj^ 

bUJl     ^9     yfcj     4,^^i     ^ic     ^yj^ï^^y}     yJ^^     (fol.   iO')     ^-^i 
«ù-sL-Vl    .i^Lj    j^^J    ^«^    J^j^     \^^s>c^^J^\i    l/J^-^    -?v!  *'-^J 


i/aPOCALVI'SE  de   SAMUEI.,    SUI'KRIEriî    DE   DEIH-E[.-^)A1.A^[UU\.      377 

(_i,^ij    *l>s''l     ji     «.JaLwl    ^-.Jj    "Ce-    ^x^l    ^l-Sli     jj^'i     *x>.^Vl 

^y^^.yJ>X'jy\  ^U  JU--^  ^^1  Ujb  \\[,,^\  ^i  JuJJi  J9>a-«-^^  oO-'^ 
V    ^ft.-vJl     ^ik'    ^)1     'L.Vl    bAA    p,^Jl    J-jlj    -^^l     j^^^^..^ 

^^\      ÇT^y      ^^\       ^---'--l       I  Ç^J^-^,  I^AjOi.;        Ij^-UJ'      J      j*5sjJ3       ^>>U 

ï^;l^)l  dj-iJlj  L:«)^±!  ^11^ Jl  ^^:5C,U^3  \r>'-^\  jfi>  ^-^)1  pr^-Vl 
^^"^^  ^^  oy^'  ^^  v^U'Vl  i\:^3  ^^U  ^  (  jj^^y,_  ^JJl 
>_^^)1   d!M^    ^"^-^^"^   -*^^   (^-^"^i^  k   ^^'="   (*v^^^^    ^^-^    (n^j-^^  ^-^'"^'^ 

pf^Cu^j  ^j^cVl  ^Vjjfc  J^l  j.^  ^I^;i  jl  xj\  ^  (fol.  -21'") 
jLjVl  lj-J«;'  jl  j«5C!  ^  \;1  ^  {J>  ÀLi^jVl  ^U^iilj  ^.^i-^il 
(4^1  ^<J  iA:>.3  ^;lkL.  c^r  dUi  J«^  ^Vl  jV  ^-:.jVl3 
jl  X  V  piCj  Ajyl  ^À_!l  Iaaj  ^<^^i.;  [^'jVl  ^J  j^-^^ 
J^l  ^  j^<]  «uJi  i^Uj  i^^L  /^  ^-vi  JUVI  J  jyC. 

^j-aÀ^clJ    irf^'     J^-*-^^     <LL^'^^    jl     \^    12.Jl.'Js>z>    ILLZo    k_Ji'    <i^J    1   -^ 

jl    X    V    Lft^Ac   <LUJ1   i^Vl    ïXa    ^^Vjl    l    [f^^J^l   (*^J^    '^~^' 

<J^     b^r*^3     ^^*'-''     f*^'      (♦f!      'i2..C»t)3     1a=>-     (V-ia*^     ,_^»-i     ^^-...aij     lj^l5sj 

^5"^   ï.'r'^    •^'^:    '_3"^^'3    iSS-^-^'   (*t-'^'^3    •^L'=^-^    iJ--«3    ^r^^    J^J 


378  REVUE  DE  l'orient  chrétien. 

*^i    *_,)     -IzxL^o^    i^v-.i3    j|__;-«    [«-A^jji     lj.>sA,<sj_5    ,^ju-<Jij    ^jLd^i 

(V    (Vv^'J    (V^f'^-Z-Î     '^"^^.^r-?    ^Jt^*!/"*^-?    *^*    A— ^^"r^'    i/*-^ 
[^Uj  a:^!!^  (3)  jjjlj  ^î^^i^   ^.r^'^^i    ^^'IjlI^^CJIj  j^^^Vlj  (2)  -^^ 

'j^i^'3     *j1j:^     i__^*-^j     f»^*-*     'xr^'^     '^^■^^j     (*^'^«-tl     ^-^^     (^j^'^'Ji 

p.^Ai«    IjjLI:>u_5    lji^.,..^_5     *^.ll«    JjSÀ'I    lj.3ts>-Li'_;     >1jL<>cJ|     OUJi^.».)!  ^v>:^l 

Sj^-o   I^Upoj    Jlib^  jl    ,^,.3«_  V  Jlk;    ^y-o    /.>!?   j*î.A^jil    ^•«   rr.y^J 
^>o_5  ^0^-=^  p~*l?^-^„  (j^»:   h^'^  '^[l^\   jUV^  ^_^  "^JJl  (fol.  2V) 

^lliJl   (:))    <^l^^    'i^,^\    'Lijl    j_^J^:    ^^ils-t*    l^^/^^j    oU^l 

VjJ^  JUiOl   dsiJ  ^^iJl   FUjCaI   (5À<Ca   Jlft^Vl  ^ÀA  Jb^l  ^j.» 
^^.;^;>i^. — Jl  jl  ^S\  JUl  J.^.w  ji^  LJ  \>-^j  ïl;l  Jj-isj  <.iJl  j.^' 

^j*A^3  A.iji  ^liiji  ^  (J.-3  ^  i^^Xîj  jUjJi  ij-Us  ^  r^  jj-^«i. 

^j-^:>"     ^^yJlj      c,0>lJ     jj-^^:^^     J^-V-'^      ^-^     ^'     l^Jj-^-jJ    j^^ly^l     ^9 
(J3)/l       vi^A»-      vl^UlUl        >«.^U.^       la.xj^^J      A.,L'l       ^»-'       "y,      jS\       Olj^'l 

^^^]ai>nVj   iw^^L    <jJl    1_^,j:^    Vj    JUl   jj.-«l  "A.cj^\   ^    J^j--Vl 


(1)  Province  du  nonl  de  la  Perse.  —  (2)  Ville  de  Mésopotamie,  aujourd'hui 
Deir-Békir.  —  (3)  Nom  de  peuple  qu'on  ne  peut  idenlifier.  —  (3)  Sind  :  Indus 
des  Anciens,  un  des  deux  grands  fleuves  de  l'Inde.  —  (.5)  Pour  avoir  la  forme 

cori'ecte  de  tous  ces  verbes,  il  faut  ajoutei-  la  lettre         v.  g     ,  ^,.tX^\  etc.-  Cette 
omission  est  très  fréquente  dans  le  texte. 


l'aPOCALVPSH  DK  SAMi:r:L,    SUPKRIEIR  DE  DEIIl-EL-itAI.AMOr\.       379 

J"   JjjJl    pf-'ji-'"    (fol.  2:^'')   tj^y^    U«l^-_5    ^J^'^:.    p-*-*^3  ^jb    ^^^s 

<^U— I     i_^."'j    *^jL<k^l    p_a.iV_«i    ij_L-oj    /»^l.»^l    ^    'i^i>z^l    i^jI-lLj 
j^^^^l    jl   ^1   ^l»^   U^,!    lj..l«.«j_3    U^±!l_5   J— ^[5   LjjV|3   ^3C)>lJl 

^_^JJ1    AJa^lll    IL^\    ^01     lo^r^     (^^   J.AJ    l_^5     »^J'    jv^^^"    j^    <; 

4o   i_5^^pclà)_j  l9^*^^   U^^xL    jl   l^>i  jvfc  U^.^-.?o    j^^-Oij  '^lJ.5v,jl  (^^^>j 

Jji>_    ,3'Lr^'     o^^^    o^'jJ^    j^^     L^^Tt'^    '^*^     lj.o.i5sJ3    *j;LiJ    lj_J    j^V 

(Jj5i    oL«    rt*-^>    /vC    jiAi'      *L  >l     jl    ^_jt!lS^^      ft.A     U.S    A".hi>D        A=>-lJ^ 
Ij^^J      Loi       IjjjiC,       ^_^jl-,^l         J      ^^..^       j^i-jl      JMpaVl     u^-^      (j-« 

^JJI   ^t-yii^'   (1)    I  <«-wJ'l     'wJl    ^_59    ^^J^r!.    ''^'-''-  '•^~')   fv"^'    ^j-UJ: 


(1)  Ce  mot  peut  se  lire  des  deux  manières  indiquées.   Dans   le    pj-emier  cas, 
peut-être  .s'agit-il  des  sept  sacrements  de  l'Église. 


/ 


oSU  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

ji('       ^^>s.      j^j,!_      ^y^      ^^J      j^^      U      jV      A.......0LXJ1        "yi      ''ï'^j^      <J^      (J>iaJ'3 

^.'i       ^9       l-V^J:.Jl         V«      ^'-^^       lj.^I)J       A^JviJI       w^-^JI  Jl      iS^       C*^  T^ 

*.^j>J  ,^^__  u  lji/»;_  V   c-JuLll    "yA  j^  JolT    (j5^»9     Us   lil  ^■^'  (V 

.L/=^|    ^1/^    jj-^"     j^>^'     '^^■^     ^     ^-^     (T^'-^J     '*>-*^^    '^^r*     (T--^ 

.l:^>li>J   r^n    ^5-^i   <--aIJ1   ^^*.jV^i   (_^j  (1)  J-.il    ^ii^   w-l::^ 

^*^1^'    ^^>.    (2)   i^.^U^l    (J.$J    ^ilili    ^e^l    ^,._XJ1 '<;,-UJl    \y^j\       Z:>- 

rcjljj      Jl«      j^^      Aj>cU9       (J.^Jl       ^J^ls^      Ji.i«     (*i-*U''      [C^      '^"^~->-     ^iz-^l 
-^A^     \ji>y>j:^_     jL«jJl     ^i     ^     f*^A2j     «LiaJiJI     ^9     («yisliil     (j-~=^      (^-^il 

^f>j-=-i   (fol.  23'')    p.{j    Ijjj^-^^.j  jv&j-*.i^>_     l^_     l^.».ix:o_j    dLkJjl    ^iJI 
^iLa=JL   jUjJl  ^ii   ^9    i^jUîi)!    l^^-U»;'  ^^\   JUi^Vl   ^Jj&j  jj^l 

lAA       "yA     i^JaCl       »>-i     i_^i9      ;i>-J     (^.û-^       Itliai'     (_JjJ     I  r^^     ^-V.u->-       ,J»-iJj 


(1)  Forme    vulgaire  du    mot    mbon;    nous  l'avons,  du    reste,    trouvé  dans 

d'autres  manuscrits:  Il  s'écrit  encore  sous  les  forme  ..\^^^  et  ..H'-  —  ("2)  Can- 
Ions. 


l'apocalm'Sk  m:  samuel,  sti'krikuh  de  deir-ei.-qalamoun.     381 

•y,      J-M        jj-^       ^-^      iS*^      iS-^^       ^:^'^       *U---Vl       ji^J^^Vj^      j_^ >J 

llia=>-  (j-UI   (^Ujo    jUjii  viAJi  ^^9   ^yy^j^\  L)U  ^^1   ^  rS^  "^^ 

Vj     (V(-*A»     /^     ^     (T^^J     pJblLki-    ^ic-    lliai-     ijAjy     (JAJ-Ui      \^«..U^ 

a.,«?j^jL«Ji  a,] y^y]  ]As^   ^)1  ^*^*"  ,V- mj-*^i  u_)l)l    y,.>^i»j_5  A.«.._)|    't^jiiS 
jl    [j^T]    ^iJ   ^U    (fol.  23^)   lyK>j  -<:iJl    ^UV   v^:>c.    l^ 

^C,j>^\      vli^l     <^li      Ij^r^      ^_^J-'^      AJ>-'Vl3     isljlj^l     JL^V     J>\     (j-^l 
'^..wwLsJl       ^       /»Ls      -,A-V3>oj     4„wLib       j^       ,J>S      ^      (J.ià.Jl      (/'Lij      [^^ 

JUÀJ     jJl    ^ILJI    JUc-Vl   ^^9    f*r^    *^    lj.rA=.i::)j   ^,'^3   J>Util 

•^JijJiJi     "^-o    jv^ljo"   <A>^lS    JjiL    c5-^    ^^    ^'-^    f^v"^   "^'^'J    J^    '-^b 
p^l/„  .jr*  (n^  cT-^J  J>U;Vb  c>^^^^  ir^^:  ^-Jl  ^»  (^)  à.-:¥-^^ 

A.»...,..i|      ^9     >1j^5s.m-)      1«j»>v.>     ^^l     »_^>i>      '■L.Jl     Jl      ô%s^        yJ^      Ja^Jij 

•*  j' 

l^*Iaj>c|     ^j-Jj     ^JLlTj     J^ls^l      b^-^;.     '^-^>>.'i     t^>-3    f^ï-'^ij     l^^isA'J 

^U     jvi*"     ^>l5     J^_    jl     -Li^'l     jfx.    A>.1     j^aI     jlj     ^c--î>t<^)l     f^^^'J 

*^V   (*t:'^    '^''^     v^'.    '■^v'-î    >r^— '1   £5'^   l3'j>!^"   ^-^"3   c^^   '^^b'^' 


382  REVUE  i>E  l'orient  chrétien. 

JJjVl    ^,.  Ij^lj  pA^^-    J^'    J^V  ^jVl    ^k  ^1  JL^Vl 
^jlJJl     \y^\^j     ^^\    \yCJ:^j    jVi    y^J:^    (fol.  24'")    («bVlj 

\y^j     Ijj^^j     'j-^^^.J     i^t^i-i^-o      b^'-^J^i     ^Xs,     ^IjX.)!     jj^"3 

^^i-'-?    V:^    pflb-^J    rn'^::^    ^^i^..J   ^j^^^   w'>U2.-^l   Jl,  <,U1   (j-^'^ 

lA^iiLl-_     ^^^     ^^i     ^'LxJl     ^Ic      -jA     jLl-^^Jl     Ucj-^j    ^»-iàt 

^-U    j^3    i:_Lo    J>^^\    ^■>à\    jU.i    cJi    i^il    "^^y^j    "^^^    J^ 

fr  "^^       /|-«     ^J^     U,/Oj      («^(-«j      tA«->^>      .r-'^^    lJ'^_7^  c>     ^*" 

<j;Vl  i-U  j  1  (fol.  24^)  ^^Vjl  l   \j,J^\s   'i^\   jUj  c^LwC  ^ 


(])  Ces  pronoms  sont  dans  la  langue  littômii'e  réservés  aux  Oti'es  raisonna- 
bles. (îVst  le  pronom  ^»  qu'il  tant  ici. 


i/ai'OCalvpsk  iti-:  samikl,  sui'KiiiEiit  i»E  i)i:ii!-i:i.-<jALAMor\.     383 


p. 


,>J-«    ^_^  ji-^_5    ^,^.3^    jf'J\     (^^-^3      ^  ^->J.'3 


^=-       ^,-^2^        ^jijl        (^jS-      1-^       ^v1K|_       j*V^^J       r>;-'^-i^-        C-S-rii'       ^rT^'J 
(_Ll«     1  »,w-A)  J      1 4.JI.I  J      Itj^-ijJ      la-O.ljJ     i^LiàJl      b^^^       "jM     iJ^J^^     ^-Lr'*'' 

ja>s)j      L,5-L^       A^s^K^^    ljAi-l)j     ^Lijl      ^j)t\    \a:>z.^.^>     ^•-«-'3     I-V>| 

ja^r_5    C^lju^j  Oija-iSj    :iM>3    ^»— S  j-*w«  Al-Ls-   w^j^^ti^    bjLJs-    py 

J     j«A*U^l      l^.i_o     jU^lj      jLxJl      ^Lil      IjAjej      ,^J&ÀJI      ^j^JUaij 

jvft^Ac^   j^.;U  ^U)!   *._J3   («^^j^"   ^J'^  ^A-U'    p^,:^   lj.Jk,j  ^■is-j.)l 

j^JU;'    ij^<lL    Vj    l_^'j.o    Vj    j*^    ^^1    vi.-i^"    ij-v^^    c.r^b    rv'^'^" 
^yb_    Wt'^*^     ^'*^'    f^y^"^    ^^*-i^    lS'*^    b-4i>:.    o*^    ^*-^^    (fol.  2r)'') 

A.Dl     ^^'      ^    ^A     ^1      '<i^llJ\     ._^)!     ^MX;     13JJ^^;_3    p^_     ^ic 
*A       [^'j-^'.      (j--^i»Ji       rc_i-iwJl       AXs-       ^y^]j     JLa^1_5       i^^l     Lf-^-? 

-Ct_5   4.1)1    *U1    43ij-   jl^JVl   J    ^_^AJ1    li^5Cjl    jl    ^ySiJi\    l^^_5 
jvAj.;-u>j   -^Vl    bÀ_A  ç^A^    1l.L.j:j  Si.l>.    jLo^Vl  bÂ_A   )j.U*>   L 


àA 

y^\    "yijX        ^        v^aJlS»^! 

\Sa    Lit 

J^< 

\Jai. 

^^.    ^.     ^jr^^^     J 

^     ô^ 

M^j:, 

;}84  REVUE  DE  l'orient  chrétien. 

,J^\^  {S^^\   ^^^Vjl   l    («'^v^J^   j"^^    ^'^    fv^'^---   J^    rv:.-^^.  "^J 

(Jv_«^  Jl  j^b'-W  *4.-9  iC'^  /V*  l*-»i'»J  ^^1  ^  y'^^^  iw-»'^iï'  *_.^— Jl 
-4^)       Jl_^^      Ij^A,     V_5     iJliX>-Vl     ^li-    *.^fcil)      lj-LLàl:>=)     j'     JLs-'Vl 

■TX—^        .*w«        U  I       (J^Jt/j.^        As         l^i>      \JO — &        ftrf^  *jAJ|        i>iAjJ_JJ(         (_W  »Jl        ni^ 

^^  <dU  'J\  UJ  j^)  Jls3  ^r'-'^ii}^  (j  J^l^  -^J^^  ^r:"^  "^-^  •^'"^ 
Ajyl  (^JJl  j^èij  J;_^.<.^  ^\  l  ^iLl  ^^^J  Jli»  'ij>c^\  jy>\  J^\ 
l_^_<j:^_  jl  ^j{^\  ^^^^,  (fol.  25^)  ^-^1  j^J\  J  jl  ^ 
^AûJl  ^jj  ^ic  l^  \yj<>c>  I  (^Jl]  (^-Jl  i5-^  ^,./?=v^^  ^"-^  rtj-LJl  Jb>-b 

À.»*^     v.jiC'L-lil*     ,J>^_5     jL«jJl     viJJi     ^     ,^jLal.U      ol)  Jl      ^Aû.«.Jl      vi)  Julj 

rcwjJl  liDi  Jl_^"l  (<X]  ^^^1  jl  (^^Vj!  l)  wSj-aIjI  L"1  jlj  ^U^l 
iLls    ^JJl    jls    |.!>15C]1    jjt   c!J <J    J^3  ^^    >.>t<Gl   ^v-^    ^aDI 

>is     \/>:^\     JL«^1     jj^     iai:>t."     ^^     -vji^U     1^^     ^-Is      «iJ      JD     ^a     ,3^5^,. 

jLsj    Sj.5^Vl    ^-«f-J    Ij-isl     t-^l    (_j51     C-iJl     Jlji'Vl     ^-^A     e.'^^^»-'*    ^'^ 

JL^Vl  liil  (^aJI  .--o»x)1  \.«  ^^y.^.^1  p^liL  -,!«.»--.  As  liijÈ>  U 
^^aUJI  fv^^lj  ^aa^I  •v^iL.iiJl  lj_^;^  jl  j_5^^~j>w  <v^l  <«i'Vl 
^jiVjl  l    C^.l   piJLs   U^IL    ^iH    Ua!1   Jit  (*^b^3  LJ^V  ^^À,ll 

.)gà\.T...>,)3     jà.às^     ^^SX)     Ûil^J'j     ls'J'^^^     j^     Ij-iaiLJj     IJsii:!»-!     ll.»-Vl 


l'apocalypse   de  SAMUEL,    SUPÉRIEUR   DE  DEIR-EL-<JALAM0UN.       385 

^^joj  l^^^\3  ^^\  ju  1^3  \^;i^jc^\  i^vi  ^^Vji  \  JVI3 

Ll^V^  ^^Vji  l.  j^  Ji  J  JV::>4^  a^J  ^^jVl  ..-..^  ly^. 

L^l^l    /^    ^.,;r^    '*^Lr^l5    O^^     ^     ''.^r^J     k_Ji)\    J-^_    jlie^ll 

jli  i^l  j^  ^jir«^^j  ^Vl  ^^Vjl  t  LiLL::^!  jl^j  JS  ^^' 
•OL^^cT  |^_5  aWI  IL?3  |^__  jLjV^  p-^  V5  jvUiL«  J^i  JjtseJ'  5j^l 
{fol.   26')   «liil   ^^>«^     f^a -:....;,  jUVl    P--Vr   Vj    ^AûJI    ^jj    j^    .^^ 

is!>Uj   ajU  aJ    jtJsj^  jL^Wl  ^gL«i  ^-iJl    v_^laJl   (^fl.«J?il   jL>c31   jU 

,_^-^.  (sic)  jv^J  r*-'^^  r^'  ^  '-^î  ^^  Ast^  t^o  "^^3  AlJaJ»-  (J5  "^ 
jv^lj     v-jUrVl^     Oi^i^i     (V-    1j«L.->>j3     jv>^-^'1j_s     ^     \jlxytJ     ^_ji 

^  ^}  yi  jU  yi  j.  L^Vl  ^^Vjl  l  l^^ki::^!  j^l  aJ 
Cf-r  J   ^^'^"  ^'i   Jii-   V3   ^5^   ly.>U-   V   L^Vl  ^:>'^'^\  l 

X?t*  ^i.>*"-3  -'^^  '^w>^.  -^^j^^  cîi^i  ui  ^,3su>tJi  jU  s|_^i  4j 

^1  VJ^  "-S^"^^   -^  à*  W*^3  ^Vl   ^^V3l   L  ^^iai::^!   ^^:^ 

ApJLaJ!     JL^Vl     ljJU^|3     v_jU«iJ     A^J^rj     j».s:>l:>J1        J\     jLjVI     Joy" 

ORIENT    CHRKTUCN.  25 


386  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

dLJl    ^y^\    S>l~Jl    ç-UsTVI    Oljkll    (_^3    tU-Jl    Cj^^^O^    ^1    ^.•^>»^^ 
,^^1     J^    i^Vl    b^MsJl    dUMJl    \^>zj^\    r^J\     J^    .-jU"Vl    ^^i 

v-^  J4  J:^  J4  J--^  J^  (v5o^  (fol.  -26^')  [p-J^^3  StJiJl  ^jUI 

^A^    -V-^^pJ!    j^sJ     «iaA>     _^J     A.^kJLIs>c^       .*£■   b»^^l    (Jji>u_5   5S».j-iJl    7^—^ 
^J5    U.<k-U>     ^'1^13    jJ-AaJI    r-J^l    jj=*=*    .^r*^'    (V    J^Vl     ji    '»wU.5>cJi 

Jl     lj,i^yj     l.j>aAi>o     j,^    A^^     JÂ)     ^-01     jV      JÀJI     J.A    .^r^     f=-î JJ 

<*>s,wtf>jl       lil       jj(l^      ÂjU-Ji       (VwLSj    y        Ol  v^S*      (J-9        n-j.Jii^      i^J^^X       IL« 

^"t    ^j^   ^y^y..    f^-Vjî^    l^^J^J    i*^^     k::*.<k-Ui    ^^i    ^ijiJij    l^ 
jj>vv^  «cV   ûî'jL*-—)'    >i1jj>J-«   vÎjJ_^   uÂ3>c1wj    (c^  A^Lfe^i    JUx-Ij 

ÂjLSbyl     ^Lc-     ^A:>cJ     jj^jJjj      jj^»-^,,<k>     ,^r*^     j^-^J     jj-^     jl^J 

(fol.  27')  ^.iàJl   jp&   jj-aJLJ1   7-j^l   ^^^^>iJl    (3-=«^   UiâjJl  ^^-A« 
^"LUa     (V-^'    s-Vj-ft    isijXi     v'J    (*j^    l^'J    jl^    _^l5   (j^_^— -ij  ^  '1 

j»^.*Jl«j'    A^    Lijtowwj   a„o.JLIm.^i   j^Uxi   LUS   aa-9    (j^    '-•b  '*'-***^' 


l'apocalypse  de  SAMUEL,  SUPP'RIEUH  DE  DEIR-EL-QALAMOUN.  387 
|^-«?jl_5     ^\^\s^^J\      LU     ^     AJL»^J     (^-^^     <La^1     jl^     jS^     ^yS\ 

JC\  c^\  U^  e^jti  ly::;ij  ^  1^^"  L:^"^  ^5:>Vjl  l  j*il  dili^ 
JLj'  aJV!  ii-Olj  jU  <)  j^^Ci^jl  U)  jjaiis^l  U  lil  \---^__aIS1  ^_5U 
ï^^  \j\j^  U  c^^  US  L&jl.5  (J  ^j^-^'«  (*^V  /v^  c_>-^l   l^j 

Lo       fif'-r^Ô-*       ^-^^^        (^J-*^^       "^V^       S-OI3       b^r^"       j^       j*I*û:>i:l«l 

<]V1  ^AJlj  Ljj  l^jlli^l  ^1  <u-Jx]l  bÀA  (j  «^01  l_y>cx-Jj  \^'Jj  (*ir*ïr« 

j.e^>    <0V1    SaSIj    jl    L-^Vl    ^5^Vjl    i>    (.'<!  Jyi    ^-Ut   ^<Jl 

*ijt;  -OVl  ^-Olj  jl  j^  Jjà'l  CaA'JI  ^JI  5$âa  J  jy  jj-«-^. 
b-l^  Ij-iJ   j-L    i^-^lî  ^^*J^  frr^-5^!.   (3   ^^^   '-^■^.  ^^  "^^  ^ 

(3    <U^j     ^JljLJI     A>l50l    IÂa    «-*--^-^„    l5"^^     ^.r^     *^^^^    cU^'j 


388  REVUE    DE    L  ORIENT   CHRETIEN. 

S^      oO      lj^^-.-XJ3      (jt*-^^       (J"^-'      c/^      !>^'-5       jv^i^il       C^      S\'^ 

J^    1^-U.    bVyi^    dJjUl    jU    jv5Cl^3l    As  U)    j^dàils^l    U    lil    j-\*Jl 

0*.^JI«J  /v'-^  UJj>sr  /e^  ^  jv>«l»-*jl  UlX)  lj!s»-Vl  (^•^Xî'  i>  Jaft>o" 
^J\^    JliliJj    ^>ûJl     ^c_j^   «di^.^^   (fol.   28'')   Sft|_^J   J*!y    -wJl    J   jj^„ 

J\  ô^  ^y^y.  é^^^^   ^^^^  ^    ^y^:^^  ^J^J^    ùi-^^    '^ 

Vl    •Si^    liiij    ^  »«  »..■>..'      *ow^UJ[5    (Jj  *,*-«:?    L'I    ^^AaJl     Loi    ^I«J 

^.5y  ^j,*.^  w»^l  y^  1-^  (Ç^j  ^  ^Jj^^-o.^  Ui  v_^Vi  aJ  JLaJ  j^^.  ji 

v_jj  l>  ^^j  \i  LDaWJ  l)  Jl;A=>-[5  (jl  u-i^-^^-^v»  Ajb  u3  ^iS  Jl  >»■. }?"■.>„>  *^ 
^e^i  '«^"1  ^J  7^L?Vi  Jis  lo  Uajl^  (dLiIji  v_i^syi  »Jal^  "^ 
J  sl)j-<Jl  jjij  <-J^I  i5*J-2'  v-J.>l  Jvû.  LJ?j1_)  «jASji>-  Jii»-!  (5>J 
:>^     Vj    blUaâtj    ^^     il    i^l_;^[5   ^>^    '--'^'    k_^^lr   (J->s    AaJ    ^^I.«-L«>_ 


)t« 


'I/APOCALYPSE  DK  SAMUIOL,    SUPÉRIEUU   DE   DEIR-EL-QALA.Mor.\.       389 

vilioj     ^rf^      L^-*'-'^     ^!i     tJ'''^^     >*     t5r*^^      C$^^      --^^      <^"^^     <^^ 
w>l«r>  I     cif»-'     /v^    rc-'.w».M     -V»c:>o     f*^"^  '    <Jj^„    ,^'*~^.     j"^j     '-T^'     0^ 

p^Ui  J  py>,   Vj  p^^  ^^  Ij^^  l«  (fol.  28^)  ^j^3  ^  ,3^1 
jjX.    ^J   pjbftLjlj  f^"y>-^    j^    (*»"  l^^-t  ^^i  p>^^l    ^^Uij 

\j-UJ  (^jJl  f«^'^  ^^.>>-»Jl  jj-V5«i:3>oJ  jvjJ_  \jY^i  jv*J-V*M3>ia  v-JJji 
Jlli     -VjVI     Jl     J^l     ^^_      jyC     |V;«>J1     J      p^^     jV     1Â<1a.    pA 

JU  ^3  ^k._  ^Vl  t^yi  ^„-^^  ^^  ^„  ^J^i;^^  ^Vl  «0 
^^-ViJl    «0   jUs    ^,..^2^   ^j\    ^Jlc   <50U    A^Vl    ÎSÀA3   ^j»^\    iî-Âje»    ^J-^" 

•^  lj*»-jj  (^jl-^1  IjjI"  \i\  ^j-50j  isA>3  ^JJli»J!  (^_^  I^aJj 
1^  fl  'v "j  (ji3-?o  L.S  u>~wL^j  A.»^i>sJi  jV"!**  |5-*~*^"3  '*^"L^'  (♦^*-*>^' 
Ijils    |^y|_    jj    li]_5    ^UVl    5SÂA    (^   ^9y^   «"Ji!    jli    ^\    ^^^    ^«lilwlj 

^li      ir^^       4^^      ^^-''^    V?^^      "^^^      ^^     J^      ^^^^      J^      ^^^ 

(1)  C'est  une  des  devinettes  particulières  à  la  langue  arabe.  Aux  lettres  de 
l'alphabet  correspondent  des  chiffres.  Il  y  a  deux  façons  de  compter  au  moyen 
des  lettres  :  ou  bien  en  prenant  la  valeur  respective  des  lettres  qui  composent 
un  mot  et  en  faisant  l'addition;  ou  bien  en  donnant  aux  lettres  leur  valeur  selon 
la  place  qu'elles  occupent  dans  le  mot.  Selon  la  première  manière  les  chiffres 
6()6,  indiqués  pour  le  nom  de  ce  roi,  donneraient  plusieurs  combinaisons  de 
mots  et  on  ne  peut  obtenir  un  résultat  certain;  selon  la  seconde,  les  chiffres 
traduits  en  lettres  ne  donnent  pas  de  nom  propre,  mais  l'adjectif  ^r^j  qui  veut 
dii;e  sale.  ^ 


390  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

v-i>=^  (^*^  y^3  ^V^  V*-J  J  (^.tb  "^^J  '*^y  (j  ,^.-:l5  J^.•5  fj^ 
<CV  -t^l  crt^l>i  «-^"î.  cr^3  ("fol-  '-^9')  ^i  ^-»^  ^J  ^j  <UJ1 
olivwj    ^y>»^i     (J^j>-      yfc_5    «Cj>c!^1    l^lâ     AJÏl     v_^À^     Vj     ^Ix-U-^l 

jjivsj  Cjû  ^j^  ^lii  ijiû)_  jjbj  A^U  (J  (j**^'  ^^'  ^/-^  ^Urlj  U-01 
^__^  j^   «UJl  <uj>.j    -jjJi^iLoj  «1>V1    «.iUr  ^  «uJaii  isJwi;  ^j-Ul  ^ic 

^«iJsP    *_«-iiajû     (»J^1    ctA/U    f***'^    4^^^^     lA»-    J3    As     <^-^i    <*3»^    >— 'r' 

^jijl  jj  jv»iàc-  ^Li  ?tl«a)  «^-LjJi  (JAL)  jlj  IjAS  (^^jVl  ^ii^  «jiXw 
;_>'>*-*--''    (ft*^       lS  *-^V*'      T-?.^       <-AX«J    (3  r^*^!     /♦-«        ji-LÏitJi     «^^U,«     ,j— « 

Alilj  jvjJ    ijA>_  ^    (J^    iJ^AO^-l  ^^^    ^Ac    ;tiL    i->^JJ    p«/gC-     v_i^»-      ^_^_5 

>^^  S_^«_>_5  |1»-«?J  «^^^^^.^^         (3  l»JA>SOj         1         â«.%  4jI^         ij^^^  l4-J»>^  l.« 

^_^JJl3  (fol,  29')  «-^UVl  2^3  ^„^jf^^^.  Sf^  ^,  V^.J  oj^^ 
l^jUoJ  -O  ^ij^.  <-^-^i  «JALj  *^__ll  jlis  ^1  j^j^.  jil  p^  |^_. 
5jijj(l  "Vs^  jJ5  Ac-  (jLàrij  jnJ-^j  A^.î^c  «uM--  jj-^j  r-?w^  viXU 
(^jLalJJ  pJk-  ^^    by^iô    J^S^^    ij^   (^^   4,]^.  iy>  ^    0:f-'^ 


l'apocalypse   de  SAMUEL,   SUPÉlUEUR  DE   DEIR-EL-QALAMOUN.       391 

dUmî  jyC"  ^\  oUMJi  ^A  bJjb  ^  Cxf^-^^^  -^  Cy3  fk"^' 
^_yi  ô*  f-^^   ^>!.  Jy^i  ^-^-^  ^^^  ^^^^  ^>^^J  ^^ 

i_^   Jl    d^JîV^    7ry=*"'   *^-^    -^    j*^    JL:>«J1    ^i    «jjl/ît    ^■'>-^^^    -^f^ 

jj^Ulj    ^„^'3    JUJl    Jl    (j-Ul    *_j^.j    (V*^^    u^j'^^    ^^Js^ 

^j^\    A.,>^>oi>.     ^jijVl     -V*^"    ^^Vl     ^Âa    JI3       i:.)aj»'lj     P^^'    <3^    '^J^„-? 
<C5d     jj     <ji     ^J:>-     ^IL      Â,..,^:«;      Ot^^lj    ^^r^     ZX^^     J^^JuJ     ^^â5CJ 

dlyU  S^  K^  -UJ*  j  (fol.  30'")  v^  t*^  U^Vl  [t-^.l  ti^.  V 
U1    ^^a_L!1     J    ^    ri^::*^]    ^J^^>^^    fjs-lfcl    ^Vj*    JoV^    ^\ 

,^Vi    l5>^j'    ^-»^  Aj'Vi   JLs»-^  f*r^*-^  ^-?  t^l>  »-«-o    Ul  Loi  ^    'yA 

Od     y^     ^.^ju^^u     t_^-^i3     (yaA3>cI>       ^*5     i_^L»jMj     ^t.»-.^     (^-Vjii    i^*  5-*->^     Ul 
4^9     ^-01      (î^l      f*-^^*'     (*_y      (3     •^-*>''      *^^J     "^-o-^-j     «A^       (_9^     A>  aI)U 

(1)  Ces  différents  pronoms  ne  doivent  s'employer  que  pour  les  personnes. 


392  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

^_ijj^l     «UJlj     ^     /»!     JO     j^     aX^x-     y>e!£)     A:>-lj     Jo     aJJI     ^jl:>o 
Ul        ^A_ûJi      Loi      C)LUa>       lit  lia»      i>.i.i».«j      A.»j>^     A>a*      jl     uXajj 

®^1  ®j^l  ®â:^^  ôir*^-^^  ^-^  (^b  jy  <-^^J  j*^^  c/-^^  rjjlî 
/w^i    w^^'l   (V«   /»^w>   \«a£*ji   Aiic.4^1    ^sX*3 


TRADUCTION 

(F.  20  r.)  Apocalypse  de  Samxiel,  supérieur  de  Deir*(\)'el-Qalamoun. 

Au  nom  du  Père  et  du  Fils  et  du  Saint-Esprit,  un  seul  Dieu;  gloire  à 
Lui.  Amen. 

Avec  le  secours  de  Dieu,  qu'il  soit  béni,  nous  commentons  à  écrire  un 
discours  de  notre  saint  père  Anba  Samuel,  supérieur  de  Deir-el-Qala- 
moun.  —  Que  sa  prière  soit  avec  nous  !  —  Amen. 

Il  a  fait  dans  ce  (discours)  quelques  récits  sur  les  événements  qui 
auront  lieu  sur  la  terre  d'Egypte  sous  le  règne  de  l'hégire  arabe.  A  ce 
discours  assistait  Grégoriiis,  évèque  d'El-Qais,  venu  pour  le  visiter  et 
obtenir  la  guérison  d'une  maladie  qu'il  avait,  lui  évèque.  Quant  à  Apollo, 
le  disciple  du  saint  père  Anba  Samuel,  il  attend  de  ce  discours  un 
grand  profit  pour  celui  qui  le  lira,  l'observera  et  accomplira  ce  qui  y 
est  écrit.  Lorsque  les  émigrants  arabes  se  furent  emparés  de  l'Egypte, 
ils  étaient  peu  nombreux  :  mais  ils  multipliaient  leurs  bienfaits  envers  le 
peuple  chrétien.  C'est  alors  que  nos  frères  les  moines  commencèrent  à 
s'entretenir  à  leur  sujet  avec  le  père  Anbii  Samuel,  lui  demandant  si  leur 
domination  sur  la  terre  d'Egypte  devait  longtemps  se  prolonger  ou  non. 
Et  le  saint,  en  la  présence  de  l'évèque,  poussa  un  soupir  du  fond  du  cœur 
et  dit  :  «  Béni  soit  Dieu  qui  a  établi  les  temps  en  leur  fixant  une  limite, 
qui  exalte  une  nation  et  en  abaisse  une  autre,  qui  détrône  et  élève  les  rois. 
Ne  croyez  pas,  mes  enfants  bien-aimés,  que  cette  nation  est  agréable  aux 
yeux  de  Dieu  parce  qu'il  a  livré  cette  terre  à  leurs  mains  ;  car  la  sagesse 
de  Dieu  est  insondable  pour  les  humains  et  il  n'y  a  personne  qui  puisse 
connaître  les  oeuvres  du  Créateur  ni  la  fin  des  temps  si  ce  n'est  lui  seul. 
—  Je  vous  fais  part,  mes  enfants,  des  maux  nombreux  que  les  hérétiques 

(1)  Deir  :  couvent,-  monastère. 


l'APOCALVPSK   DK  SAMUEL,   SUPÉRIEIR   DE  DEIR-EL-QALAMOIX.      303 

ont  commis  contre  les  Ortliodoxes  au  temps  du  père  Dioscore  (1).  et  (qu'ils 
accomplissent  encore  de  nos  jours,  et  de  ceux  quïls  ont  commis  contre 
notre  père  Dioscore  lui-même  :  ils  l'avaient  exilé  dans  les  îles  lointaines. 

(f.  20  V.)  Irotarius  s'assit  sur  son  siège  [patriarcal]  de  son  vivant  et  il 
commit  beaucoup  d'injustices  contre  les  chrétiens,  déportant  les  évéques, 
faisant  massacrer  les  Orthodoxes  et.  démolir  les  monastères.  «  Quant  à 
Ouquiliânos,  le  faux  moine  »  [litt.  dont  le  capuchon  est  faux],  je  me  tais 
à  son  sujet,  car  je  ne  saurais  rapporter  et  décrire  les  mauvaises  actions 
qu'il  commit  au  sein  de  Jérusalem  ni  ses  massacres  d'Orthodoxes,  ni  dé- 
crire non  plus  ce  que  fit  cet  homme  néfaste  [litt.  cette  forme  néfaste]  .que 
nous  ne  devons  pas  nommer,  Kabeyros  el-Mouqaouqiz^  inique  dans  ses 
actions,  lui,  qui  opprima  les  Orthodoxes,  qui  les  chassait  d'un  endroit  dans 
un  autre,  mettant  toute  son  application  à  poursuivre  le  père  Benjamin  :  il 
serrait  les  dents  contre  lui  et  disait  :  «  Puissé-je  trouver  l'homme  à  la 
grande  barbe  pour  ordonner  qu'il  soit  lapidé  !  »  C'est  pourquoi  Dieu  en- 
tendit la  prière  de  ses  élus  qui  criaient  vers  lui  et  leur  envoya,  selon  leur 
demande,  cette  nation  qui  recherche  l'or  et  non  la  profession  religieuse. 

Pour  moi.  je  préfère  le  silence,  mes  chers  enfants,  et  je  ne  veux  pas 
vous  décrire  ce  que  souffriront  les  chrétiens  de  la  part  des  émigrants  arabes 
pendant  leur  règne.  Plût  à  Dieu  que  vous  n'eussiez  pas  rappelé  leur  nom 
au  milieu  de  nous  aujourd'hui,  car  c'est  une  race  superbe  que  nous  ne 
devons  pas  nommer  dans  les  assemblées  des  saints.  Ah!  ce  nom!  celui  des 
Arabes,  et  leur  domination  contraire  à  nos  lois  !  ces  rois  hautains  qui 
régneront  de  leur  temps  !  ces  peines  qui  affecteront  les  générations  futures 
parce  qu'elles  auront  agi  comme  eux  ! 

En  vérité,  mes  enfants,  l'ange  du  Seigneur  m'a  révélé  les  temps  durs  et 
les  peines  sans  nombre  que  fera  subir  aux  enfants  des  hommes  cette  na- 
tion superbe. 

(f.  21  r.)  Je  ne  voudrais  pas  parler  de  ces  Arabes  ni  de  leur  règne  diffi- 
cile à  supporter,  ni  de  la  fin  des  temps,  suivant  ce  qui  est  écrit  :  «  Il  ne 
vous  e.st  point  donné  de  connaître  les  temps,  ni  les  époques,  car  le  Père 
a  mis  ces  choses  sous  son  seul  pouvoir  (2).  »  Mais  je  vous  dis  quelques 
détails  dans  l'intérêt  de  vos  âmes;  et  ce  que  je  vais  vous  dire  arrivera 
infailliblement  dans  les  âges  futurs,  lorsque  les  commandements  de  Dieu 
seront  abandonnés.  Mais  tout  homme  au  cœur  vigilant  se  gardera  d'imiter 
la  conduite  des  Arabes  et  son  âme  sera  sauvée  : 

Voyez-vous,  mes  enfants,  cette  nation  si  petite  par  le  nombre?  Elle  se 
multipliera  et  deviendra  un  très  grand  peuple.  Beaucoup  d'autres  nations 
se  joindront  à  eux,  et  ils  se  multiplieront  comme  le  sable  de  la  mer  et 
comme  les  sauterelles.  Leur  règne  se  consolidera  et  ils  étendront  leur  do- 
mination sur  plusieurs  pays,  jusqu'à  l'Orient  et  l'Occident.  Ils  s'empare- 
ront, à  plusieurs  reprises,  de  Jérusalem.  Beaucoup  d'autres  peuples  se 

(1)  Dioscore,  patriarche  d'Alexandi'ie,  m.  en  15-1,  successeur  de  saint  Cyrille 
en  444,  adopta  les  hérésies  d'Eutychès  et  suscita  Un  schisme  auquel  le  concile 
de  Chalcédoine  [loi]  mit  fin  en  le  déposant.  Il  fut  exilé  à  Gonges. 

(•2)  Actes,  i^  7. 


394  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

mêleront  à  eux  :  les  Hébreux,  les  Grecs,  les  Edesséniens,  les  habitants 
de  Djordjàn,  les  habitants  d'Amid  ...  les  Chaldéens,  les  Persans,  les  Ber- 
bères, ceux  du  Sind  et  de  l'Inde.  Ils  porteront  bien  haut  leur  règne  et 
demeureront  peu  de  temps  en  paix  avec  les  chrétiens.  Après  cela,  les 
chrétiens  jalouseront  leurs  actions;  ils  mangeront  et  boiront  avec  eux;  ils 
joueront  comme  eux;  à  leur  exemple  ils  se  dissiperont  et  commettront 
l'adultère.  Comme  eux  ils  prendront  des  concubines  et  souilleront  leurs 
corps  au  contact  des  femmes  de  l'hégire,  rebelles  et  impures;  ils  se  cou- 
cheront avec  les  mâles  comme  eux;  ils  voleront,  jureront  et  commettront 
l'injustice;  ils  se  haïront  les  uns  les  autres  et  se  livreront  mutuellement 
aux  nations  sans  miséricorde;  beaucoup  de  vains  discours  qui  ne  de- 
vraient pas  être  dits,  sortiront  de  leurs  bouches.  Ils  représenteront  (f.  21  v.j 
l'image  de  Dieu,  c'est-à-dire  l'homme,  de  plusieurs  façons  :  Ils  appelleront 
les  uns  porcs,  [les  autres]  chiens,  [d'autres]  des  ânes.  De  même  aussi, 
les  femmes  chrétiennes  abandonneront  les  bonnes  coutumes  propres  aux 
femmes  ordonnées,  pour  prendre  l'habitude  du  blasphème,  devenir 
oiseuses,  mauvaises  dans  leur  conduite,  dissolues  dans  leurs  intentions. 
Elles  tiendront  encore  des  paroles  blasphématoires  et  de  leurs  bouches 
sortiront  des  discours  que  personne  ne  doit  proférer;  car  elles  blasphé- 
meront contre  Dieu.  Elles  iront  même  jusqu'à  dire  sans  crainte  :  «  J'agirai 
contre  le  Dieu  qui  m'a  créée  (1)...  » 

Malheur!  deux  fois  malheur!  Que  dirai-je  au  sujet  de  ces  œuvres  qui 
exciteront  la  colère  de  Dieu  parfait?  Sans  la  miséricorde  de  Dieu  et  la 
longanimité  de.  sl)n  esprit,  il  n'accorderait  plus  de  délai  au  monde. 
Vraiment,  en  ces  temps-là,  les  chrétiens  seront  pleins  d'iniquité,  dans  la 
paresse  pour  les  choses  de  Dieu,  distraits  par  leurs  préoccupations.  En  ce 
temps-là  ils  aimeront  à  boire  et  à  manger;  ils  s'adonneront  aux  plaisirs 
plus  qu'à  l'amour  de  Dieu;  ils  fréquenteront  les  lieux  [de  réunion]  oîi 
l'on  boit  et  l'on  mange  plus  qu'ils  ne  fréquenteront  l'église  de  Dieu.  Ils 
s'assoiront  dans  les  rues,  préoccupés  des  choses  mondaines,  ne  se  préoc- 
cupant nullement  de  l'Église.  \\  ne  leur  viendra  pas  à  l'esprit  [au  cœur] 
que  les  lectures  se  font  sans  qu'ils  y  assistent;  ils  n'entendront  même  pas 
l'Evangile.  Ce  n'est  qu'à  la  hn  de  la  messe  qu'ils  se  présenteront  à 
l'église.  Quelques-uns  d'entre  eux  feront  ce  qui  n'est  pas  permis  en  s'oo- 
cupant  de  leurs  affaires  au  point  de  manquer  les  lectures.  Ils  se  pré- 
senteront alors  à  l'église;  ils  prendront  l'évangéliaire,  s'informeront  du 
chapitre  qui  a  été  lu  et  se  mettront  alors  seuls  dans  un  coin  pour  le  lire  : 
ils  accompliront  ainsi  leur  propre  loi.  (f.  22  r.)  Malheur!  deux  fois  malheur! 
Que  dirai-je,  mes  enfants,  sur  ces  temps-là  et  sur  la  paresse  qui  gagnera 
les  chrétiens?  En  ce  temps-là  ils  s'écarteront  beaucoup  de  la  loyauté  et 
imiteront  dans  leurs  actions  ceux  de  l'hégire  ;  ils  donneront  les  noms  de 
ces  derniers  à  leurs  enfants,  laissant  de  côté  les  noms  des  Anges,  des 
Prophètes,  des  Apôtres  et  des  Martyrs.  Ils  commettront  encore  une  autre 
action,  dont  vos  cœurs  seraient  contrits  de  douleur,  si  je  vous  la  disais, 

(1)  Le  verbe  arabe  l'orme  ici  une  locution  injurieuso,  difficile  à  rendre  :  je 
ferai  tout  contre  Dieu... 


l'apocalypse   de   SAMUEL,   SIPÉHIKUR   DK   KKIR-KL-gALAMOUX.       395 

à  savoir  ils  abandonneront  la  belle  langue  copte  dans  laquelle  le  Saint- 
Esprit  s'est  souvent  exprimé  par  la  bouche  de  nos  pères  spirituels;  ils 
apprendront  à  leurs  enfants,  dès  leur  jeunesse,  à  parler  la  langue  de 
l'hégire  et  ils  s'en  gloritieront.  Même  les  prêtres  et  les  moines  oseront 
eux  aussi  parler  l'arabe  et  s'en  vanter  et  cela  à  l'intérieur  du  temple. 

Malheur!  deux  fois  malheur!  mes  chers  enfants.  Que  dirai-je?  En  ces 
temps-là  les  lecteurs  dans  l'église  ne  comprendront  ni  ce  qu'ils  liront  ni 
ce  qu'ils  diront  parce  qu'ils  auront  oublié  leur  langue,  et  ils  seront  vrai- 
ment les  malheureux  dignes  de  larmes,  parce  qu'ils  auront  oublié  leur 
langue  et  parlé  la  langue  de  l'hégire. 

Mais  malheur  à  tout  chrétien  qui  apprend  à  son  fils,  dès  son  jeune  âge, 
la  langue  de  l'hégire,  lui  faisant  ainsi  oublier  la  langue  de  ses  ancêtres, 
car  il  sera  responsable  de  sa  faute,  comme  il  est  écrit  :  «  Les  parents  se- 
ront jugés  pour  leurs  fils.  »  Que  dirai-je  au  sujet  du  relâchement  qui  ga- 
gnera les  chrétiens  :  ils  mangeront  et  boiront  à  l'intérieur  du  temple  sans 
crainte;  ils  oublieront  la  crainte  du  temple,  il  ne  sera  plus  respectable  à 
leurs  yeux;  ses  portes  seront  abandonnées,  et  l'on  n'y  verra  même  pas  la 
moitié  d'un  clerc  (1),  car  (f.  22  v.)  ils  négligeront  et  n'accompliront  pas  les 
sept  rites  de  l'Église  ;  vous  verrez  les  hommes  de  cette  époque  rechercher 
les  grades  du  sacerdoce  alors  qu'ils  ne  méritent  pas  encore  d'être  lecteurs 
pour  lire  devant  le  peuple.  Beaucoup  de  livres  tomberont  en  désuétude, 
parce  qu'il  n'y  aura  parmi  eux  personne  pour  s'occuper  des  livres,  leurs 
cœurs  étant  attirés  par  les  livres  étrangers.  Ils  oublieront  beaucoup  de 
martyrs  parce  que  leurs  biographies  disparaîtront  et  il  ne  s'en  trouvera 
plus.  Le  peu  de  biographies  qu'on  trouvera,  s'il  est  lu,  beaucoup  de  fidèles 
ne  le  comprendront  pas  parce  qu'ils  ignoreront  la  langue.  En  ce  temps-là  de 
nombreuses  églises  tomberont  en  ruine;  elles  seront  désertes  aux  vigiles 
des  fêtes  et  la  veille  du  dimanche  aussi.  11  n'y  aura  personne  [parmi  les 
chrétiens]  capable  de  lire  un  livre  sur  un  ambon,  même  les  quarante  [livres] 
saints  destinés  à  notre  salut.  Vous  ne  trouverez  personne  pour  faire  la 
lecture  au  peuple,  pour  l'instruire,  parce  que  [les  chrétiens]  auront  oublié 
la  langue  et  ne  comprendront  plus  ce  qu'ils  liront  et  ne  le  soupçonneront 
[même]  pas.  Aussi  les  lecteurs  ne  comprendront-ils  pas.  De  même  encore 
Arsinoé,  la  grande  ville  qui  appartient  au  Faïoum,  ainsi  que  ses  cantons, 
où  sont  les  lois  du  Christ.  Ceux  qui  sont  célèbres  par  leurs  livres,  forts 
dans  la  connaissance  de  Dieu,  ceux  dont  la  langue  copte  égalait  dans  leur 
bouche  la  douceur  du  miel,  et  se  répandait  autour  d'eux  comme  l'odeur  des 
parfums,  à  cause  de  leur  belle  prononciation  de  la  langue  copte,  tous,  en 
ce  temps- là,  abandonneront  cette  langue  pour  parler  la  langue  arabe  et 
s'en  glorifier,  jusqu'au  point  où  l'on  ne  pourra  plus  reconnaître  en  eux 
des  chrétiens;  mais  au  contraire  on  les  prendra  pour  des  Berbères.  Ceux 
à'Assa'id  qui  connaîtront  et  parleront  encore  la  langue  copte  seront  raillés 
et  injuriés  (f.  23  r.  )  par  les  chrétiens  leurs  frères,  qui  parleront  la  langue 
arabe. 


(1)  Locution  d'arabe  vulgaire  pour  dire  qiril  n'y  aura  personne. 


396  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

Malheur,  deux  fois  malheur!  Combien  grande  la  tristesse!  combien 
graves  les  actions  qui  seront  accomplies  en  ces  temps-là  par  les  chrétiens! 
En  vous  comptant  ces  récits  mon  cœur  a  vraiment  souffert,  mes  yeux 
ont  versé  des  larmes  et  mon  corps  a  beaucoup  frémi.  Pensez-vous  qu'il  y 
ait  pour  le  cœur  une  douleur  plus  .t^rande  que  celle  de  voir  les  chrétiens 
abandonner  leur  douce  langue  pour  se  glorifier  de  celle  des  Arabes  ainsi 
([ue  de  leurs  noms.  En  vérité  je  vous  dis,  mes  enfants,  que  ceux  qui  aban- 
donneront les  noms  des  Saints  pour  donner  à  leurs  enfants  des  noms 
étrangers,  ceux  qui  agiront  ainsi  seront  exclus  de  la  bénédiction  des 
Saints;  et  quiconque  osera  parler  à  l'intérieur  du  temple  la  langue  de 
l'hégire,  celui-là  s'écartera  des  ordonnances  de  nos  saints  Pères. 

En  ce  temps-là  les  hommes  commettront  de  graves  péchés  et  il  n'y  aura 
personne  pour  les  corriger,  les  instruire,  et  les  prendre  en  pitié,  parce 
qu'ils  pécheront  tous,  leurs  vieillards  aussi  bien  que  leurs  maîtres.  Le 
père  apprendra  la  faute  de  .son  fils  sans  le  reprendre  et  la  femme  trou- 
vera bien  pour  sa  fille  ce  qui  est  mal.  Loin  de  la  reprendre,  elle  tombera 
avec  elle  dans  le  péché,  parce  que  le  péché  ne  sera  plus  un  remords  pour 
les  chrétiens,  mais  au  contraire,  ils  y  trouveront  de  la  douceur,  parce 
qu'ils  resteront  sans  maîtres.  C'est  pourquoi  ils  ajouteront  péchés  sur 
péchés  et  11  n'y  aura  personne  pour  les  Instruire  et  les  gronder.  Mais 
chacun  poursuivra  ses  intérêts.  Le  prêtre  ne  reprendra  pas  le  pécheur. 
Celui  qui  est  grand  n'instruira  pas  le  petit  et  le  petit  n'obéira  pas  au  grand, 
car  ils  abandonneront  les  lois  de  l'Église  et  les  règles  de  nos  saints  Pères. 
Ils  iront  même  jusqu'à  supprimer  les  jeûnes  prescrits  et  reconnus.  Ceux 
d'entre  eux  qui  jeûneront  n'accompliront  pas  leur  jeûne  comme  il  faut  à 
cause  de  leur  gourmandise;  ils  en  inciteront  (f.  23  v.)  d'autres  à  déjeuner 
avec  eux,  car  chacun  aura  choisi  pour  lui-même  une  règle  selon  ses 
désirs.  11  y  en  aura  d'autres  qui,  par  imitation  et  par  respect  humain, 
rompront  le  jeûne  avant  le  temps  prescrit  et  avant  que  l'ombre  n'atteigne 
la  mesure  qui  varie  selon  les  mois  (l).  Vous  les  trouverez  à  l'église  dans 
une  tenue  nonchalante  et  paresseuse,  s'entretenant  des  choses  vaines  du 
monde,  sans  réfléchir,  sans  se  rappeler  que  le  corps  de  Dieu  est  sur  la 
patène,  que  son  sang  est  dans  le  calice  sur  l'autel.  Au  contraire,  ce  mys- 
tère redoutable  sera  pour  eux  comme  un  amusement.  Si  quelqu'un 
d'entre  eux  est  pris  du  zèle  de  Dieu  et  va  jusqu'à  dire  quelque  parole 
d'instruction  tirée  des  canons,  ils  le  prendront  aussitôt  pour  un  ennemi 
et,  comme  des  lions,  ils  ouvriront  la  bouche  contre  lui. 

Les  femmes  également  se  livreront  dans  l'église  aux  bavardages,  à  la 
négligence,  sans  être  reprises  de  personne,  alors  que  l'Apôtre  saint  Paul 
dit  :  «  Les  femmes  doivent  se  tenir  en  silence  à  l'église,  et  avoir  la  tête 
couverte.  »  Les  prêtres  eux-mêmes  connaîtront  la  négligence  et  la  distrac- 
tion,- ils  n'obéiront  plus  à  la  saine  doctrine.  Si  quek|u'un  d'entre  eux 
s'avise  de  prononcer  quelques  paroles  d'instruction,  il  le  fera  avec  négll- 
ii'ence  et  sans  prendre  pitié  du  peuple  ;  et  en  cela  ils  exciteront  contre  eux 

(1)  Allusion  à  ranciemio  façon  do  distinguer  les  différents  moments  de  la 
.journée  on  se  fondant  sur  la  variation  de  l'ombre  du  soleil. 


l'APOCALYPSK   DK  SAMUEL,  SUPKRIKUR   I>E   DKIR-EL-QALAMOUX.       307 

la  colère  de  Dieu,  car  ils  se  seront  écartés  des  canons  de  rKglise  et  de 
renseignement  de  nos  pères  spirituels.  Et  [Dieu]  les  livrera  alors  à  la  do- 
mination et  à  la  haine  des  émigrés  arabes,  qui  leur  feront  subir  de  grandes 
pertes,  les  accableront  d'impôts  très  lourds  qu'ils  ne  pourront  supporter. 
Ils  seront  ainsi  réduits  à  la  pauvreté.  Les  Arabes  gâteront  aussi  toutes 
les  oeuvres  sur  la  terre  à  cause  de  la  dureté  de  leur  joug.  Ils  causeront  aux 
veuves  et  aux  orphelins  (f.  24  r.)  de  grands  dommages  ;  ils  insulteront  les 
vieillards,  poursuivront  les  vierges,  s'attaqueront  ;i  elles  dans  leurs  mai- 
sons à  cause  des  impôts.  Ils  railleront  la  religion  chrétienne  et  n'auront 
point  d'estime  pour  les  prêtres  ni  pour  les  moines;  ils  mangeront,  boiront 
et  joueront  à  l'intérieur  des  églises:  sans  crainte  ils  coucheront  avec  les 
femmes  devant  l'autel.  Ils  feront  des  églises  de  Dieu  comme  des  écuries 
de  chevaux,  y  attachant  leurs  clievaux  et  leurs  bêtes  de  somme.  Les 
esprits  puissants  qui  veillent  sur  l'église  s'en  iront  et  monteront  au  ciel 
quand  ils  verront  les  mauvaises  actions  que  commettra  cette  nation  dans 
les  églises.  Ils  [les  Arabes]  détruiront  beaucoup  d'églises  en  les  rasant 
jusqu'à  terre;  ils  transporteront  leurs  bois,  leurs  briques,  leurs  pierres 
et  s'en  construiront  des  palais  et  de  superbes  habitations.  Ils  détacheront 
les  croix  des  églises,  lis  en  transfoi^meront  un  grand  nombre  en  mosquées 
à  leur  usage,  à  cause  de  leur  orgueil  et  de  leur  haine  contre  les  chrétiens. 
Mais  les  saints  martyrs  qui  verront  ces  choses  s'accomplir  aux  lieux  de 
leur  martyre,  porteront  à  Dieu  leurs  plaintes  contre  cette  nation  en  disant  : 
«  Seigneur,  qui  êtes  le  juge  équitable,  jugez  entre  nous  et  cette  nation 
qui  accomplit  de  pareils  actes  contre  nos  églises.  Oui,  Dieu  de  bonté, 
entrez  en  jugement  avec  eux  et  rendez-leur  selon  leurs  actions.  »  C'est 
alors  que  le  Christ  Jésus,  le  Verbe  du  Père  et  son  Fils  unique  satisfera  leurs 
cœurs  et  les  consolera  en  disant  :  «  Prenez  patience,  mes  cliers  et  vénérés, 
jusqu'à  ce  que  leur  temps  soit  accompli.  Leurs  actions,  dont  vous  êtes 
témoins,  ont  pour  cause  les  péchés  commis  par  mon  peuple,  car  il  a  rejeté 
mes  commandements  et  mes  ordonnances  pour  ressembler  à  cette  nation. 
C'est  pourquoi  elle  les  dominera  jusqu'à  ce  que  son  temps  soit  résolu.  » 
Les  saints  martyrs  cesseront  alors  leurs  supplications  et  prendront  pa- 
tience jusqu'à  la  tin  de  l'hégire. 

Sachez  donc,  mes  enfants,  i,f.  24  v.)  que  cette  nation  commettra  un 
grand  nombre  d'iniquités  et  d'injustices  sur  la  terre  d'Egypte;  sa  domi- 
nation se  consolidera  beaucoup,  son  joug  pèsera  comme  le  fer  et  son 
peuple  se  multipliera  comme  les  sauterelles;  elle  s'emparera  de  plusieurs 
pays  qui  subiront  sa  domination,  et  son  injustice  augmentera  beaucoup 
en  Egypte  au  point  que  la  terre  en  sera  ruinée;  ils  mangeront,  boiront, 
s'amuseront;  ils  s'habilleront  comme  des  époux;  ils  se. vanteront  beaucoup 
en  disant  :  «  .\ucune  nation  ne  nous  dominera  jamais.  »  Ils  soumettront  la 
terre  au  cadastre  et  en  toucheront  les  impôts;  il  en  résultera  une  grande 
cherté  de  vie  sur  la  terre;  un  grand  UDUibre  périront  de  faim  et  res- 
teront par  terre  sans  que  personne  leur  donne  la  dernière  sépulture. 
[II  arrivera  aussi]  que  ceux  qui  coucheront  la  nuit  dans  leurs  propres  mai- 
sons, trouveront  chacun,  en  se  réveillant  le  matin,  trois  huissiers  à 
leur  porte,  chacun  d'eux  réclamant  un  genre  d'impôts.  C'est  alors  qu'un 


398  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

iirand  nombre  de  villes  importantes,  de  régions,  de  hameaux  et  de  ports 
seront  détruits,  et  cette  terre  d'Egypte,  riche  en  arbres  et  en  jardins,  de- 
viendra une  terre  salsugineuse,  boisée  et  stérile,  à  cause  de  la  multiplicité 
des  impôts  prélevés  sur  le  pays  par  les  Arabes  ;  car  ils  forment  une  nation 
orgueilleuse,   peu  miséricordieuse.  "Leur  joug  pèsera  comme  le  fer.  Ils 
molesteront  leurs  sujets  en  leur  réclamant  de  l'or:  ils  feront  le  recense- 
ment des  citoyens   grands  et  petits,   inscriront  leurs  noms  sur  les  regis- 
tres et  leur  réclameront  l'impôt  de  capitation.  Les  habitants  vendront  alors 
leurs  vêtements  et  leurs  effets  pour  acquitter  les  taxes.,  [et  leurs  maîtres] 
mettront  la    main  sur  toutes  leurs  possessions  pour  des  raisons  qu'ils 
ét-abliront,  et  par  lesquelles  ils  les  presseront.  La  population  se  transpor- 
tera d'une  ville  et  d'un  pays  à  l'autre,  clierchanf  de  la  tranquillité  sans  en 
trouver.  Alors  qu'ils  seront  en  butte  à  toutes  ces  difficultés,  ils  demeure- 
ront dans  l'aveuglement  de  leur  cœur,  sans  comprendre  la  correction  du 
Seigneur,  sans  se  convertir  et  sans  rechercher  les  enseignements  (f.  25  r.j 
de  l'Eglise.  Mais  au  contraire,  ils  ajouteront  au  nombre  de  leurs  péchés, 
car  l'orgueil  des  chrétiens  augmentera  beaucoup   en  ces   temps-là.   Ils 
s'élèveront  les  uns  au-dessus  des  autres,  ils  se  plaindront  les  uns  des 
autres;  ils  se  moqueront  des  paroles  des  Livres  Saints,  qui  sont  de  l'esprit 
de  Dieu.  Même  les  prêtres,  les  moines  et  les  ministres  du  saint  autel 
feront  de  pareilles  œuvres;  ils  s'en  vanteront  en  disant  :  «  Nous  avons  plus 
de  mérite  que  nos  pères.  »  Ils  oublieront  ce  qui  est  écrit  que  l'orgueil  dans 
l'homme  est  une  abomination  devant  le  Seigneur.  Quand  ils  accompliront 
ces  actions,  alors  mêjne  ils  seront  dominés  par  cette  nation,  qui  les  fera 
beaucoup  souffrir,  suivant  ce  qui  est  écrit  :  «  S'ils  méprisent  mes  droits  et 
n'observent  pas  mes  commandements,  je  corrigerai  avec  le  bâton  leur 
faute  et,  avec  la  verge,  leur  paresse.  »  Priez  donc,  mes  enfants,  afin  que 
ce  qui  est  ainsi  écrit  dans  les  P.saumes  ne  s'accomplisse  pas  contre  nous; 
supplions  le  Seigneur  qu'il  n'abandonne  pas  jusqu'à  la  fin  son  peuple, 
mais  bien  qu'il  convertisse  sa  colère  en  miséricorde  et  son  indignation  en 
bénignité,  qu'il  tourne  en  ce  temps-là  ses  regards  vers  son  peuple  chré- 
tien, qu'il  se  souvienne  de  son  épouse  l'Église,  qu'il  leur  envoie  son  aide 
céleste,  qu'il  n'agisse  pas  avec  eux  selon  leurs  péchés  et  qu'il  ne  les  traite 
pas  selon  leurs  iniquités.  Et  maintenant  je  vous  recommande,  mes  chers 
enfants,  et  je  vous  supplie  humblement  de  recommander  à  ceux  qui 
viendront  après  vous  jusqu'à  la  fin  des  âges,  de  veiller  parfaitement  sur 
leurs  âmes  et  de  ne  pas  laisser  un  chrétien  parler  la  langue  arabe  dans 
ces  lieux,  car  c'est  là  matière  à  un  grand  jugement  :  beaucoup  en  effet 
oseront  parler  à  l'autel  la  langue  de  l'hégire.  Malheur,  deux  fois  malheur 
à  ceux-là  !  comme  je  l'ai  entendu  moi-même  d'un  vieillard  voué  au  service 
de  Dieu,  revêtu  de  l'Esprit,  accompli  dans  la  sainteté.  Il  m'a  répondu 
quand  je  l'ai  interrogé  au  sujet  des  rois  de  l'hégire  :  «  Regarde,  mon  fils 
Samuel,  et  saisis  ce  que  je  te  dis  :  Au  temps  où  (f.  25  v.)  les  chrétiens 
oseront  parler  auprès  de  l'autel  la  langue  de  l'hégire,  par  laquelle  ils 
blasphémeront  contre  le   Saint-Esprit  et  contre  la  Sainte  Trinité,  en  ce 
temps-là  malheur  aux  chrétiens,  malheur  et  sept  fois  malheur  !  » 
Que  si  je  me  mettais,  mes  enfants,  à  vous  raconter  les  récits  de  ce  saint 


i/APOCALVPSE   de   SAMUEL,    SUPÉRIEUR   DE    DEIR-EL-QALAMOUN.       399 

vieillard,  mon  discours  se  prolonn'erait  trop;  mais  j'y  renonce,  car  ce  que 
nous  avons  dit  est  suffisant.  Comprenne  qui  a  un  cœur  capable  de  com- 
prendre! Celui  qui  se  garde  des  couvres  des  Arabes  et  ne  les  imite  pas 
pourra  sauver  son  âme.  -> 

Quand  le  saint  vieillard  eut  expliiiué  ces  discours,  il  se  tourna  vers  Anbâ 
Apollo  et  tous  les  frères  eu  nous  disan4;  :  «  Vous  venez  d'entendre  de  vos 
oreilles  quelque  chose  de  l'épreuve  qui  s'abattra  sur  les  générations 
futures  ([ui  oseront  modifier  les  saints  canons  et  la  saine  doctrine  de  nos 
pères  :  je  vous  ai  fait  connaître  l'épreuve  qu'elles  subiront.  Vous  aussi, 
mes  chers  enfants,  prenez  garde  et  soyez  vigilants,  car  le  bonheur  et  les 
bénédictions  sont  à  celui  qui  prend  garde  et  qui  veille.  Maintenant,  mes 
chers  enfants,  prenez  garde  et  veillez,  car  le  bonlieur  et  les  bénédictions 
sont  à  ceux  qui  agissent  selon  les  prescriptions  apostoliques.  A  tout  ins- 
tant appliquons-nous,  mes  chers  enfants,  à  fuir  les  suggestions  du  démon 
et  à  ne  i)as  suivre  les  inclinations  de  nos  cœurs  et  de  notre  corps,  car  le 
démon  égare  le  cœur  et  y  jette  ses  idées  et  ses  inclinations.  Fuyons  donc 
nos  inclinations  et  le  Christ  nous  comblera  des  biens  de  son  royaume 
éternel.  —  Avis  :  Prenez  garde,  mes  chers  enfants,  à  la  négligence,  car 
elle  est  la  racine  de  toutes  les  douleurs  et  elle  favorise  toute  mauvaise 
herbe.  Prenez  garde,  mes  enfants,  et  fuyez  la  concupiscence,  car  elle 
obscurcit  l'intelligence,  empêche  l'homme  de  comprendre  les  commande- 
ments de  Dieu,  le  rend  étranger  à  l'Esprit-Saint  et  l'empêche  de  s'éveil- 
ler à  la  connaissance  de  Dieu. 

(f.  26  r.)  Prenez  garde,  mes  chers  enfants,  à  la  trop  grande  préoccupa- 
tion, car  elle  rend  l'homme  étranger  aux  biens  du  Paradis;  prenez  garde 
à  l'impureté,  car  elle  irrite  Dieu  et  ses  anges  ;  prenez  garde  à  l'orgueil, 
car  il  est  la  source  de  tous  les  maux  et  c'est  lui  qui  éloigne  l'homme  de 
Dieu;  prenez  garde  à  la  vanité  et  à  la  recherche  de  l'autorité,  car  ces  deux 
défauts  gâtent  toute  la  peine  de  l'homme  et  la  lui  font  perdre  aux  yeux  de 
Dieu.  Prenez  garde,  mes  chers  enfants,  et  ne  soyez  pas  pusillanimes  dans 
la  pratique  de  la  vertu,  car  celui  qui  est  pusillanime,  qui  a  le  cœur  faible 
[qui  n'a  pas  de  courage],  qui  y  donne  place  à  la  paresse,  le  remplit  de 
tous  péchés  et  de  tout.  Que  si  vous  êtes  pusillanimes,  si  vous  peinez  avec 
peu  de  courage,  vous  négligerez  votre  règle  et  vous  deviendrez  paresseux 
(juand  il  s'agira  de  prières  et  de  travaux 

Mais,  soyez  des  lions  [iitt.  soyez  des  cœurs  de  lions],  rejetez  toute  pensée 
qui  vous  contrarie  et  fuyez  toute  oisiveté  du  corps,  car  l'oisiveté  y  dé- 
veloppe l'ivraie.  Abstenez-vous  de  l'adultère,  car  il  a  fait  des  victimes 
et  les  a  précipitées  bien  bas  et  celles  qu'il  a  jetées  en  enfer  ne  revien- 
dront plus.  Prenez  garde,  mes  chers  enfants,  n'affectionnez  pas  un  enfant 
ni  un  bébé  et  n'entrez  pas  là  où  il  y  a  une  femme,  car  le  silex  en 
prenant  contact  avec  le  briquet  fait  jaillir  le  feu  et  brûle  des  champs 
nombreux.  Prenez  garde,  mes  chers  enfants,  et  fuyez  toutes  les  mau- 
vaises actions  qui  précipitent  l'homme  en  enfer  et  le  livrent  à  la  .■souf- 
france; mais  accomplissez  les  bonnes  œuvres  qui  conduisent  au  royaume 
céleste;  ce  sont  :  la  pureté,  l'humilité,  la  prière,  le  jeûne,  les  œuvres 
ascétiques,  la  patience,  l'endurance,  la  longanimité,  la  charité,  la  béni- 


400  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

i^nité,  la  douceur,  lu  fraternité,  l'acceptation  de  la  peine,  l'humiliation, 
la  petitesse.  Rejetez  (f.  26  v.)  loin  de  vous  toute  paresse...  toute  colère 
et  toute  faiblesse,  car  ce  n'est  qu'au  prix  de  grandes  humiliations  que 
nos  pères  ont  accompli  leur  course,  souffrant  de  la  faim,  de  la  soif, 
s'abstenant  absolument  de  boire  aucune  sorte  de  vin,  car  les  troubles  de 
la  concupiscence  naissent  dans  les  membres  de  l'homme  de  l'usage 
excessif  du  vin  :  le  vin  excite  la  concupiscence  en  la  rendant  inconve- 
nante et  c'est  lui  qui  rompt  la  chair  du  corps.  Et  en  général  l'usage 
excessif  du  vin  contriste  le  Saint-Esprit  et  nos  pères  savent  le  nombre 
des  tristesses  causées  par  le  vin  dépuis  l'origine.  Abstenez-vous  donc. 
Mais  en  petite  quantité,  il  peut  être  employé  dans  les  maladies  du  corps; 
car  si  le  grand  ascète  Timothée  fut  autorisé  de  prendre  un  peu  de 
vin  à  cause  de  son  estomac  et  de  ses  nombreuses  infirmités,  que  ferai- 
je  alors  pour  ceux-là  qui  sont  dans  l'effervescence  de  la  jeunesse  et 
qui  sont  souvent  sujets  à  de  grandes  souffrances.  En  vérité,  mes  en- 
fants, il  est  bon  d'être  réservé  en  toutes  clioses  et  c'est  un  grand  gain 
que  l'humiliation:  car  celui  qui  humilie  son  àme  la  sauve,  la  fait 
parvenir  au  port  du  salut  et  sera  rassasié  des  biens  de  la  Jérusalem 
céleste.  Et  maintenant,  je  vous  exhorte  avec  beaucoup  de  soin  et  d'ins- 
tance à  embrasser  et  à  mettre  en  pratique  tous  les  conseils  que  je  vous 
ai  donnés  et  toutes  les  règles  qui  vous  ont  été  transmises.  Recommandez 
à  vos  enfants  de  prescrire  à  ceux  qui  viendront  après  eux  jusqu'à  la 
fin  des  siècles  futurs,  qu'ils  veillent,  et  qu'ils  observent  jalousement  les 
œuvres  propres  à  la  vocation  monastique,  afin  qu'ils  puissent  mériter 
l'héritage  du  royaume  céleste.  Car  il  y  aura  un  temps  où  beaucoup  de 
moines  se  dissiperont  et  s'amuseront,  et  à  cause  d'eux  le  monde  blas- 
phémera contre  l'état  monastique;  ils  rejetteront  loin  d'eux  les  canons  et 

les  prescriptions Par  ceux  qui  sont  revêtus  de  l'Esprit-Saint,  au  nom 

du  grand  Antoine,  (f.  27  r.)  au  nom  d'Abou-Macaire,  d'Anba  Pacôme.  et 
d'Abou-Chalouda/i ,  eux  dont  les  prières  font  prospérer  la  terre  de  l'Egypte, 
eux  qui  ont  établi  les  canons  et  les  ont  rendus  obligatoires  dans  l'état 
monastique.  Pour  nous,  nous  avons  continué  leurs  bonnes  œuvres,  et  nous 
avons  entendu  et  conservé  leurs  saints  enseignements.  Quant  à  vous, 
mes  chers  enfants,  observez  tout  ce  que  je  viens  de  vous  dire  ainsi  que 
la  règle  monastique  fondamentale  que  vos  pères  spirituels  ont  établie 
pour  vous.  Recommandez  à  ceux  qui  viendront  après  vous  jusqu'au  siècle 
des  siècles  futurs  d'observer  tout  ce  que  je  vous  ai  dit  aujourd'hui,  sui- 
vant la  parole  de  l'Apôtre  saint  Paul  :  «  Conformez-vous  à  moi  comme  je 
me  suis  conformé  au  Christ.  »  Ainsi  vous,  mes  cliers  enfants,  conformez- 
vous  à  moi  et  suivez  mes  traces,  comme  j'ai  suivi  les  traces  de  mes 
saints  pères.  Si  vous  observez  ce  que  je  viens  de  vous  dire,  alors  la 
Mère  de  Dieu  intercédera  pour  vous  auprès  de  ^on  ¥'ûs  (parce  que 
vous  habitez  une  terre  qui  lui  appartient),  comme  je  l'ui  constaté  souvent 
moi-même.  Je  l'ai  vue  de  mes  yeux  dans  cette  église,  je  l'ai  entendue  de 
mes  oreilles,  qui  disait  :  «  C'est  ici  ma  demeure,  et  parce  que  je  l'ai  aimée 
j'y  demeure  avec  mon  serviteur  Samuel  et  tous  ses  enfants  qui  viendront 
après  lui  et  s'attacheront  à  ses  conseils.  » 


l'aPOCALYPSK   de  SAMUEL,   SUPÉRIEUR  DE   DEIR-EL-QAI.A.MOUN.     101 

Vous  devez  donc,  mes  chers  enfants,  accomplir  parfaitement  toutes  les 
ordonnances,  ainsi  que  toute  la  constitution  monastique.  Si  vous  le  faites, 
vous  mériterez  de  voir  la  Vierge  Mère  de  Dieu,  Notre-Dame  Marie,  comme 
je  l'ai  vue  moi-m«>me,  et  entendue  jiromettre  plusieurs  privilèges  à  ceux 
qui  habiteront  ce  désert,  qui  le  visiteront  et  y  viendi-ont  cherclier  la 
bénédiction  et  le  pardon  des  péchés. 

Bienheureux  ètes-vous,  mes  enfants,  puis(iue  vous  avez  mérité  d'habiter 
la  terre  de  la  Merge  très  pure  Notre-Dame  Marie,  de  chanter  et  de  bénir 
Dieu  dans  cette  église  que  la  Mèr(>  de  Dieu  s'est  choisie  pour  lui  .servir 
(f.  27  V.)  de  demeure.  —  Bienheureux  celui  qui  fait  quelques  pas  pour 
venir  à  cette  église  avec  foi:  je  vous  dis,  mes  chers  enfants,  que  la  Mère 
de  Dieu  Notre-Dame  Marie  demandera  à  son  Fils  d'agréer  son  repentir  et 
de  lui  remettre  tous  ses  péchés.  Bienheureux  ceux  qui  offrent  un  sacrifice 
dans  cette  église  sainte;  car  je  vous  dis  que  la  Mère  de  Dieu  intercédera 
pour  lui  auprès  de  Dieu,  afin  qu'il  reçoive  son  sacrifice  dans  la  Jérusalem 
céleste.  Celui  qui  se  lie  par  un  vœu  envers  ce  sanctuaire,  s'il  se  hâte 
de  l'acquitter,  je  vous  dis  que  la  Vierge  Notre-Dame  Marie  acceptera  son 
vœu  et  exaucera  vite  sa  demande.  Celui  aussi  qui  écrit  ce  saint  discours, 
qui  le  place  dans  l'église,  celui  qui  le  lit  pour  le  profit  des  âmes  de  ceux 
qui  l'écoutent,  le  conservent  et  conforment  leur  (conduite  à  ce  qui  y  est 
écrit,  s'écartantde  la  voie  erronée,  et  sauvant  ainsi  leurs  Ames,  je  vous  dis 
<iue  la  Vierge  Notre-Dame  Marie  demandera  à  son  bien-aimé  Fils  de 
déchirer  le  livre  de  ses  péchés  et  d'inscrire  son  nom  dans  le  livre  de 
vie.  —  Maintenant  donc,  mes  chers  enfants,  si  vous  observez  bien  ee  que 
je  vous  ai  recommandé,  la  Vierge  Marie  intercédera  pour  vnus  auprès 
de  son  Fils  bien-aimé  et  il  mettra  vos  ennemis  sous  vos  pieds  et  vous 
foulerez  la  tête  du  monstre  (Satan)  et  vous  briserez  toute  la  force  de 
l'ennemi.  Si  vous  observez  bien  ce  que  je  vous  ai  conseillé,  les  rois  et 
les  gouverneurs  vous  offriront  des  présents,  les  archontes  vous  ren- 
dront les  honneurs  et  les  Berbères  vous  seront  soumis.  Appliquez-vous 
de  toufes  vos  forces,  mes  chers  enfants,  à  faire  avec  courage  et  à 
leurs  heures,  les  prières  qui  vous  sont  prescrites  pour  le  jour,  et  à  être 
fidèles  à  la  réunion  pour  la  prière  nocturne.  Gardez-vous  de  modifier 
la  constitution  que  j'ai  établie  pour  vous,  afin  de  ne  pas  vous  exposer  à 
un  jugement  terrible.  Observez  et  observez  encore,  mes  chers  enfants, 
tout  ce  que  je  vous  ai  prescrit  afin  d'être  des  enfants  du  royaume  des 
cieux. 

Gardez-vous  de  causer  pendant  la  messe,  car  c'est  là  une  grande  faute. 
Malgré  les  chants  exécutés  dans  l'église,  et  la  lecture  (f.  28  r.)  faite 
pour  le  salut  des  âmes,  quelques-uns  s'entretiennent  ensemble,  mais 
sachez  que  celui  qui  cause  dans  l'église  sera  rejeté  de  Dieu  et  de  ses 
Anges;  la  mère  de  Dieu  sera  irritée  contre  lui;  sa  prière  sera  incon- 
venante, et  il  sera  tenu  de  répondre  de  sa  désobéissance.  —  Que  per- 
sonne n'exerce  dans  l'église  si  ce  n'est  [ceux  qui  sont  consacrés  pour 
elle].  Prescrivez  à  vos  enfants  de  recommander  à  ceux  qui  viendront 
après  eux  jusqu'à  la  fin  des  âges  futurs,  (|ue  personne  ne  parle  à  l'inté- 
■  rieur  du  chœur  [lift,  de  l'autel]  la  langue  de  l'hégire;  car  celui  qui  agit 
oniEM  ciiniiTiEN.  ■  26 


402  REVLE    DE  l'orient    CHRÉTIEN. 

ainsi  méritera  la  malédiction.  —  Voilà,  mes  chers  enfants,  que  je  vous  ai 
parlé;  celui  qui  écoute  et  observe  sera  sauvé.  » 

Quand  il  eut  dit  ces  choses,  nous  voulons  dire  notre  saint  père 
Anba  Samuel,  les  assistants  l'écoutant,  voici  que  notre  père  révêque, 
Anba  Grégorius,  fondit  en  larmes  amères.  au  point  de  mouiller  de  ses 
pleurs  ses  vêtements,  à  cause  des  événements  qui  devaient  avoir  lieu. 
Alors  le  Père  Anba  Samuel  de  lui  répondre  :  c  Ceci  n'est  qu'un  petit 
châtiment  par  lequel  Dieu  châtiera  la  génération  de  ces  temps-là.  Mais 
si  la  vengeance  des  péchés  qu'ils  auront  commis  venait  sur  eux,  qui 
pourrait  subsister  devant  [Dieu]  ?  Selon  ce  qui  est  écrit  :  «  Si  vous  prenez 
garde  à  l'iniquité.  Seigneur.  Seigneur,  qui  pourra  .subsister  devant  vous?  » 
Comme  aussi  il  est  écrit  :  «  Il  est  bon  pour  moi  que  vous  m'ayez  humilié. 
afin  que  je  puisse  observer  vos  commandements  »  :  et  encore  ;  «  Le 
Seigneur  m'a  puni  très  sévèrement,  mais  il  ne  m'a  point  livré  à  la  mort.  » 
Celui  donc  qui  accepte  la  correction  du  Seigneur  avec  remerciement  et 
confusion  alors  qu'il  avoue  ses  péchés  et  n'y  revient  pas  une  seconde  fois, 
celui-là  sera  sauvé:  celui  qui  accepte  la  correction  du  Seigneur  avec 
remerciement  et  patience,  quand  elle  lui  arrive,  à  cause  du  Christ,  sera 
sauvé  selon  la  parole  du  saint  Évangile  :  «  Celui  qui  per.sévére  jusqu'à  la 
fin  sera  sauvé.  *  Quant  à  celui  qui  s'impatiente  et  doute,  malheur  à  lui  à 
jamais.  En  effet,  beaucoup  de  chrétiens  en  ce  temps-là  renieront  le  Christ 
à  cause  du  court  temps  [d'épreuve]  qui  passera.  Les  uns  le  renieront  à 
cause  des  difficultés  qu'ils  auront  et  parce  qu'  (f.  28  v.)  ils  ne  trouveront 
personne  pour  les  instruire  ni  pour  les  consoler  dans  leurs  peines:  ils 
seront  privés  du  secours  de  l'instruction.  Beaucoup  d'autres  tomberont 
à  cause  de  la  prépondérance  des  choses  mondaines  auxquelles  leurs  es- 
prits s'attacheront,  sans  que  personne  les  contrarie  ;  ceux-là  tomberont. 
D'autres,  seulement  à  cause  du  plaisir  de  manger  et  de  boire  tomberont; 
d'autres,  à  cause  de  l'oisiveté  du  corps  et  de  l'erreur  du  péché.  —  Puis, 
leurs  frères  et  leurs  parents  ne  les  pleureront  pas  et  ne  s'attristeront  pas 
sur  leur  sort,  mais  au  contraire,  ils  trouveront  en  eux  un  objet  p^r  leur 
vanité:  ils  mangeront  et  boiront  avec  eux:  et  après  cela,  ils  leur  porteront 
envie,  les  imiteront,  et  comme  eux  ils  renieront  le  Christ.  Malheur  à  ceux 
qui  sont  ainsi,  car  leur  demeure  dans  l'enfer  sera  un  abime  de  profon- 
deur pour  jamais.  »  Là-dessus  :  «  Mon  saint  père,  lui  dit  Anba  Grégorius, 
croyez-vous  que  l'événement  va  tarder  et  jusqu'à  quand  durera  cette 
épreuve  et  la  domination  de  cette  race  sur  la  terre  d'Egypte?  »  —  Le  saint 
Anba  Samuel  lui  répondit  :  »  Mon  père  Anba  Grégorius,  personne  ne  con- 
naît la  disposition  des  temps  ni  leurs  vicissitudes,  si  ce  n'est  le  Créateur 
seul  :  mais  si  les  chrétiens  se  convertissent  et  renoncent  à  leurs  mauvaises 
actions,  accomplissant  les  canons  de  l'église  et  s'y  maintenant  avec  vigi- 
lance et  droiture  devant  Dieu .  Dieu  alors  leur  épargnera  ces  peines  ; 
mais  s'ils  ne  se  convertissent  pas.  elles  dureront  sur  la  terre  jusqu'à  la  fin 
de  la  domination  de  l'hégire,  jusqu'au  dernier  des  rois  de  l'iiégire.  Le 
dernier  des  rois  de  l'hégire  portera  le  nom  de  Lasmarini  [ou  Lasmarisu]  ;. 
son  norsi  en  chiffres  donne  six  cent  soixante-six  ;  comprenne  celui  qui  est, 
capable  de  comprendre  [lit t.  celui  qui  a  un  cœur].  11  sera  issu  de  deux  na- 


l'aPOi'ALVI'SK  \)K   SAMIEL,   STl'KRir.l'U   DK  DEIR-KL-QAF.AMOl'N.    403 

tions.   Pendant  .^on   règne  la  terre  sera  troublée:  son  vêtement  aura  la 
couleur  de  l'or;  il  aura  lame  courageuse  et  livrera  pour  un  dinar  un 
homme  à  la  mort:  do  son  temps  il  n'y  aura  pas  de  repos:  sur  son  visage 
il  n'y  aura  pas  trace  dr  pudeur;  il  fera  oul)lier  la  crainte  de  Dieu,  dont  il 
n'aura  même  pas  (t.  'JO  r.)  uu  souvenir.  11  ne  suivra  pas  les  ordonnances 
de  son  père,  car  il  sera  ismacdite;  ni  la  profession  de  sa  mère,  car  elle  sera 
franque  (1);   il  aimera  l'ivrognerie,  il  sera  sanguinaire:  sous  son  règne 
les  hommes  subiront  beaucoup  de  peines:  il  en  fera  massacrer  un  grand 
nombre  par  surprise;  les  hommes  éprouveront  une  grande  difficulté  en 
ces  temps-là.  et  seront  dans  l'attente  de  la  miséricorde  divine  au  milieu 
des  nombreuses  tribulations  qui  leur  seront  fréquemment  infligées  par 
les  F'ils  d'ismaél.  Après  cette  épreuve.  Dieu  se  souviendra  de  son  peuple 
si  grandement  humilié  et  enverra  contre  eux  [les  Arabes]  le  roi  des  Grecs, 
en  grande  fureur,  du  coté  de  la  mer,  car  l'archange  Jlichel  lui  apparaî- 
tra di'ns  une  vision  et   lui  dira  :  «   Lève-toi  et  pille  à  ton  tour,   car  le 
Seigneur  t'a  donné  toute  la  terre  ».  et  ainsi  il  régnera  sur  toute  la  terre. 
11   arrivera   aussi  que    le    roi  de   l'Abyssinie  accomplira  de  grands  ra- 
vages  dans   le  domaine  de  leurs  ancêtres  du  côté  de  l'Orient.  Ceux  de 
l'hégire  s'enfuiront  aux  déserts  où  ils  étaient  auparavrwit;  ils  fuiront  de 
l'Est  devant  le  roi  des  .Vbyssins  et  le  roi  des  Grecs  fondra  sur  les  Fils 
d'Ismaël  et  l^s  cernera  dans  la  vallée  d'Al-Héfar.  demeure  de  leurs  an- 
cêtres; il  les  fera  périr  de  l'Ouest  et  les  fera  noyer.  La  terreur  et  une 
grande  frayeur  s'empareront  des  Fils  d'Ismaël  et  de  tous  leurs  adhérents. 
Dieu  les  livrera  au  roi  des  Grecs,  qui  les  fera  passer  au  fil  de  l'épée  et  les 
dépouillera,  car  ils  ont  opprimé  la  terre.  C'est  pourquoi,  par  un  juste  dé- 
cret. Dieu  les  livrera  au  roi  des  (irecs  qui  leur  fera  suiur  des  épreuves,  en 
vérité  cent  fois  plus  grandes  que  celles  ([u'ils  ont  causées.  Ils  seront  dans 
la  pauvreté,  dans  la  misère,  dans  la  peine,  dans  la  gène,  [ils  seront  sou- 
mis] à  l'épée.    Le  roi  des  Grecs  entrera    dans    la  terre  d'Egypte,    fera 
mettre  le  feu  à  la  ville  des    Egyptiens,   nommée    Bablonn,    parce    que 
c'est  là  que  les  Fils  d'Ismaël  ont  accompli  leurs  abominations;  il  détruira 
la  terre  d'Al-Djonf  et  soumettra  les  Fils  d'Ismaël  à  la  peine  de  l'esclavage 
et  à  toutes  sortes  de  souffrances. 

(T.  29  V.)  Ceux  d'entre  eux  qui  auront  survécu,  s'enfuiront  aux  déserts 
(le  leurs  pères.  —  Le  roi  de  l'Abyssinie  épousera  la  fille  du  roi  des  Grecs 
et  il  y  aura  une  telle  jjacification,  une  telle  tranquillité  et  une  telle  con- 
corde sur  toute  la  face  de  la  terre  pendant  quarante  ans.  (pi'on  n'aura 
jamais  rien  vu  de  pareil  sur  la  terre.  11  y  aura  une  grande  joie  pour  les 
chrétiens  qui  ouvriront  publiquement  les  portes  de  leurs  églises,  cons- 
truiront des  maisons,  planteront  la  vigne,  élèveront  de  hauts  châteaux  et 
se  réjouiront  dans  le  Seigneur  leur  Dieu.  Malheuj'à  ceux  qui.  en  ce  temps- 
là,  porteront  le  nomde  l'hégire! 

Après  les  quarante  ans,  voici  les  signes  qui  concernent  le  roi  né- 
faste :  Les  sources  d'eau    et  les  fleuves  se  transformeront  en  sang,  et 


|1)  Fi'auc,  dési.mu"  tout  ce  (iiii  n'est  pas  orient^il. 


101  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN, 

demeureront  ainsi  pendant  une  heure,  leur  eau  sera  amèro.  Le  second 
signe  :  les  bébés  parleront  à  l'âge  de  trois  mois  après  leur  naissance.  Le 
troisième  signe  :  quand  vous  ferez  la  moisson  des  champs,  le  sang  jaillira 
de  la  terre.  C'est  alors  que  les  sages  s'enfuiront  dans  les  montagnes  ;  car 
après  cela,  apparaîtra  la  race  contenue  au  delà  de  la  mer  du  côté  des 
Arabes,  ce  sont  Hagog  et  Magog. 

La  terre  tremblera  devant  eux  et  les  hommes  s'enfuiront  dans  les  mon- 
tagnes, dans  les  cavernes,  dans  les  cimetières  et  ils  mourront  de  faim  et 
(le  soif.  Cette  race  souillera  la  terre  pendant  cinq  mois;  et  après  cela  le 
Seigneur  enverra  son  ange  qui  les  exterminera  en  une  heure.  Le  roi  des 
Grecs  dominera  sur  la  terre  un  an  et  six  mois:  il  fera  de  Jérusalem  sa 
résidence.  Après  cela.  Dieu  fera  cesser  son  règne  sur  la  terre  et  alors  ap- 
paraîtra le  hideux,  qui  est  le  faux  Messie,  faisant  beaucoup  de  signes  et  de 
prodiges  avec  une  vaine  ostentation.  Il  ira  même,  s'il  le  peut,  jusqu'à 
égarer  les  élus,  selon  ce  qui  est  (f.  30  r.)  écrit.  Dix  des  rois  grecs  le  pren- 
dront pour  appui  et  seront  avec  lui  dans  un  même  conseil,  ils  confirme- 
ront sa  domination.  Bienheureux  celui  qui  se  battra  contre  lui  et  le 
vaincra,  car  il  régnera  éternellement  avec  le  Christ  dans  le  siècle 
futur.  » 

Toutes  ces  choses,  je  les  ai  entendues  de  la  bouche  du  saint  Anba  Sa- 
muel, moi  Apollo  son  disciple,  et  je  vous  les  ai  rapportées,  mes  Frères. 
Quant  à  ce  qu'il  a  dit  en  secret  avec  l'évéque  Anba  Grégorius,  je  ne 
l'ai  point  écrit,  parce  que  notre  Père  Anba  Samuel  m'a  recommandé 
de  ne  pas'  l'écrire.  Ce  discours  et  les  récits  présents,  je  n'ai  pas  voulu 
les  écrire  pour  les  frères  ([ui  Les  connaissent  pour  les  avoir  entendus 
de  la  bouche  de  notre  Père  Anba  Samuel  :  mais  c'est  pour  les  généra- 
tions futures  que  je  les  écris,  selon  la  recommandation  de  notre  Père' 
Anba  Samuel.  Celui  donc  qui  les  écoute  et  les  met  en  praticiue  sera  sauvé  ; 
celui  au  contraire  qui  y  désobéit  aura  la  récompense  qu'il  mérite,  il  sera 
traité  selon  sa  désobéissance. 

Et  maintenant,  mes  Frères,  faisons  ce  qui  convient  au  repentir,  afin  de 
trouver  miséricorde  et  bon  accueil  au  jour  du  jugement  équitable,  où  tout 
homme  trouvera  une  récompense  en  harmonie  avec  ses  œuvres  soit 
bonnes,  soit  mauvaises.  Et  le  Seigneur  très"  clément  nous  rendra  dignes  de 
trouver  grâce,  et  rémission  pour  nos  péchés,  par  les  pr.ières  de  notre 
saint  Père  Anba  Samuel  et  par  l'intercession  de  la  Mère  de  Dieu,  vierge 
en  tout  temps!  —  Gloire  au  Père,  au  Fils  et  au  Saint-Esprit,  maintenant 
et  en  tout  temps  et  dans  les  siècles  des  siècles.  —  Amen.  Amen. 

Fin  du  saint  discours  dans  la  paix  du  Seigneur.  Amen.  Amen  (1). 

(1)  Nous  avons  parcouru  aussi  les  mss.  47S3  (fol.  75-!»7)  et  GH?  (fol.  20-38). 
D'après  celui-ci,  le  dernier  roi  qui  régnera  sur  l'iicgiro  portoi-a  le  nom  «leleiii' 
l)rophote  et  le  chiffre  de  son  nom  est  666.  Son  nom  arabe  est  Moliammod  [Vï. 
ROC,  t.  XIX,  1914,  p.  112]. 


NOTE  SUR  I/APOCALYPSE  DE  SAMUEL 


L'ouvrage  comprend  deux  parties  :  un  sermon  (fol.  20  à  28')  et  une 
apocalypse  (fol.  28  à  ;>0;. 

Le  sermon  a  pour  but  de  condamner  tous  rapports  avec  les  musulmans 
et  surtout  l'emploi  de  la  langue  arabe  (fol.  21-23-25,  28');.  de  donner  des 
prescriptions  morales  (fol.  25''-2G)  qui  commencent  souvent  comme  celles 
d'Ammonas  {Pair,  or.,  t.  XI,  p.  458-471)  par  les  vaois  prenez  garde  (il  n'y 
a  pas  cependant  de  dépendance  textuelle).  La  dévotion  à  la  Sainte  Merge, 
dans  réglise  du  monastère  oîi  elle  e.st  apparue  plusieurs  fois  à  Samuel, 
est  aussi  recommandée  longuement  (fol.  27-28). 

Après  cela  (fol.  28'"),  Grégoire,  évêque  d'El-Qaïs  (ou  Kaïs],  interroge 
Samuel  sur  la  fin  des  temps. 

Nous  avons  donc  là  un  écrit  composé  en  copte  au  monastère  de  Qala- 
moun(ou  Kalamoun).  Tous  les  peuples  qui  ont  vu  leur  langue  supplantée 
par  celle  des  conquérants,  et  surtout  les  amis  du  copte,  ne  liront  pas 
sans  émotion  les  phrases  sur  «  la  langue  des  ancêtres  »,  «  la  belle  langue 
copte  dans  laquelle  le  Saint-Esprit  s'est  souvent  exprimé  par  la  bouche 
des  Pères  spirituels  »  ;  t  la  disparition  des  biographies  des  saints  », 
l'abandon  «  des  noms  des  saints  pour  donner  aux  enfants  des  noms  étran- 
gers »,  le  tort  de  «  ceux  qui  .sont  célèbres  par  leurs  livres,  ceux  dont  la 
langue  copte  égalait  dans  leur  bouche  la  douceur  du  miel  et  se  répandait 
autour  d'eux  comme  l'odeur  des  parfums  à  cause  de  leur  belle  pronon- 
ciation de  la  langue  copte,,  et  ([ui  abandonnaient  leur  langue  pour 
l'arabe  ». 

Ce  sermon  est  donc  ancien,  car  le  copte  a  été  vite  supplanté.  Grégoire, 
évêque  de  Kaïs,  est  mentionné  dans  l'histoire  des  Patriarches  d'Alexandrie 
sous  cinq  patriarches  successifs  qui  ont  gouverné  l'église  jacobite  de 
661  à  730,  cf.  Pair,  or.,  t.  V,  p.  9,  20,  22,  42,  49;  l'écrit  se  place  donc 
au  début  du  vni''  siècle. 

On  notera  l'épithète  donnée  à  Juvénal  {loubenaliôs  est  écrit  ouquia- 
iinos);  le  Moukaukas  qui  est  Cyrus,  patriarche  melkite  d'Alexandrie 
(cf.  Pair,  or.,  I,  491).  est  nommé  ici  Kaleyrros;  le  nom  qui  correspond 
au  nombre  666  d'Apocalypse,  xui,  18,  est  ici  Lasmarùu  au  lieu  de  Ma- 
mentios  (Mamadanos  dans  Pisentius),  cf.  K.  Griveau,  dans  ROC,  t.  XIX 
(1914),  p.  442.  L'apocaly})se  est  apparentée  à  celle  de  Pisentius  et  à  la 
source  de  celle-ci  :  le  pseudo-Méthode;  par  exemple  :  «  le  roi  des  Grecs, 
en  grande  fureur,  viendra  du  coté  de  la  mer  »,  fol.  29'',  se  retrouve  Journal 
as.,  mai-juin   1917  :    Bxj-.Xcu;   'EXXt^'vmv  (ie-à  [xjyiXoj    Oj;ioj    è^EÀEJjîTat  èx  tt)  ? 


106  REVUE    DE    l'orient    CIIRÉTIEX. 

OaXâaari;,  p,  450,  459.  Al-Héfar  est  p(Hit-ètre  rs-jûpa,  ihid.,  p.  459,  note  4, 
à  moins  de  la  rapprocher  de  6eo£o,  dérivé  de  lathreh,  ibid.,  400,  note  1. 
—  «  La  ville  des  Égyptiens  nommée  Babloun  »  est  Babel  [Journal  an., 
p.  437;,  nom  donné  au  Caire.  —  «  Le  roi  de  l'Ab^ssinie  épousera  la  fille 
du  roi  des  Grecs  »,  fol.  v?9'';  c'est  l'inverse  dans  le  pseudo-Méthode 
qui  entend  subordonner  tous  les  empires  à  l'Abyssinie.  p.  447.  La  paix 
et  la  tranquillité  durent  40  ans  dans  l'arabe  (fol.  29^)  et  208  ans  dans 
le  grec,  p.  437,  cf.  p.  400.  La  venue  des  Huns  est  résumée  en  quatre 
lignes  dans  l'arabe;  ils  ne  souillent  la  terre  (|ue  pendant  cinq  mois;  dans 
le  pseudo-Méthode. '/oî^r/j.  as.,  loc.  cit.,  p.  438-440)  ils  dominent  durant 
deux  ans  et  huit  mois.  D'après  l'arabe,  le  roi  des  Grecs  domine  à  Jérusalem 
pendant  im  an  et  six  mois  (fol.  29')  et  d'après  le  pseudo-Méthode,  pen- 
dant une  semaine  et  demie  (une  semaine  d'années),  p.  440,  note  G,  cf. 
vp.  434.  —  Les  dix  rois  grecs  qui  marchent  avec  l'antéchrist  correspondent 
aux  dix  cornes  mentionnées  par  Daniel,  vu,  7,  cf.  Journal  as.,  loc.  cit., 
p.  401.  Voir  aussi  la  lettre  de  Pisuntios.  ROC,  t.  XIX  (1914),  p.  310-323. 

Le  signe  d'après  lequel  les  enfants  parleront  trois  mois  après  leur 
naissance,  fol.  29^,  se  trouve  dans  le  Testamentum  D.N.J.C.  Voir  notre 
traduction  dans  VOctateuque  de  Clément,  Paris,  1913,  p.  21,  ligne  5. 

L'auteur  nous  avertit  à  la  fin  qu'il  n'écrit  pas  les  récits  que  Samuel 
a  tenus  en  secret  avec  l'évèque  Anba  Grégorius,  parce  qu'on  le  lui  a  dé- 
fendu. On  peut  se  demander  si  cette  défense  n'a  pas  été  levée  plus  tard  et 
si  ce  ne  Serait  pas  là  l'origine  de  la  petite  apocalypse  nommée  Gorgorios 
(Grégoire),  dotit  M.  J.  Halévy  a  édité  la  version  éthiopienne  {Les  comman- 
dements du  sabbat,  p.  210-219,  Paris,  1902,  Bibl.  de  l'École  des  Hautes- 
Etudes,  fasc.  137)  et  dont  il  reste  des  manuscrits  arabes. 

Ajoutons  que  l'apocalypse  de  Samuel  est  annoncée  dans  sa  vie  (Patrol. 
or.,  111,  408)  où  il  est  dit  «  qu'il  prophétisa  la  venue  de  la  nation  des 
Arabes  »;  et  que  le  monastère  •  de  Qalamoun  (Kalamoun)  est  décrit 
assez  longuement  par  Al-Makrizi,  ROC,  t.  XIII  (190!^).  p.  44.  Makrizi  fait 
vivre  Samuel  avant  l'hégire. 

Nous  pensons  avoir  montré,  dans  cette  courte  note,  que  le  travail  de 
M.  Ziadeh  est  très  intéressant,  d'abord  parce  qu'il  est  la  traduction  d'un 
document  copte  du  viii^'  siècle  dont  on  retrouvera  peut-être  quelques 
fragments  au  Faioum,  et  ensuite  parce  qu'il  nous  fait  connaître  l'état 
d'esprit  des  patriotes  coptes  jacobites  à  l'égard  de  la  langue  arabe  (1); 
il  est  très  important  comme  nouveau  chaînon  dans  la  tradition  des  apo- 
cryphes apparentés  au  pseudo-Méthode.  Je  ne  mentionne  pas  les  menus 
détails  d'histoire  au  point  de  vue  jacobite,  mais  beaucoup  trouveront 
peut-être  que  le  plus  intéressant  est  ce  dont  je  n'ai  pas  parlé,  c'est-à-dire 
le  tableau  bien  vivant  des  vexations  des  musulmans  (2),  de  quelques 

(!)  Fol.  22"  :  «  Pensez-vous  qu'il  y  ait  pour  li'  0(pur  une  douleur  plus  grande 
que  celle  de  voir  les  chrétiens  abandonner  leur  douce  langue  pour  se  glorifier 
de  celle  des  Arabes  ainsi  que  de  leurs  noms?  « 

(2)  Au  début  de  l'hégire,  les  musu|mans  ont  Irouvé  chez  les  jacobites  de  pré- 
cieux auxiliaires  acharnés  à  se  venger  des  Grecs,  mais  leur  union  a  duré  ce 


NOTE  srit   i.'ai'ûcai.vpsk  m:  samuhl.  407 

coutumes  coptes  (1)  et  des  abus  qui  s'étaient  introduits  chez  les  jacobites 
(l'ÉMTpte  (2). 

F.  Nai-. 

i|ue  durent  los  unions  sacrées  :  bien  juste  le  temps  on  le  plus  fort  a  besoin  du 
plus  faible.  Nous  avons  n)is  ces  épisodes  en  relief  dans  <•  Un  colloque  du  pa- 
triarche jacobite  Jean  avec  l'émir  des  Agaréens  »,  Journal  as.,  mars-avril  1915, 
p.  225-279. 

(1)  Par  exemple,  fol.  21",  ceux  qui  arrivent  en  retai-d  à  la  messe  s'informent 
du  chapitre  lu  dans  l'Évangéliaire  et  le  lisent  seuls  dans  leur  coin;  fol.  23%  la 
fin  du  jeûne  marquée  par  le  soleil;  fol.  27,  le  culte  de  la  Sainte  Vierge  au 
monastère  de  Kalamoun. 

(2)  Noter  que  lusmrisp  donne  Iden,  en  copte,  li>  nombre  6(iG.  On  trouve 
30  -f  <)  -f-  200  +  40  +  lOt)  -f-  10  -f  200  +  80.  Ce  nom  ne  diff-M-e  <le  l'ai-ab»;  que 
par  un  point  qui  changei-ait  le  v  av  final  en  p. 


AOB 


LES  MANUSCRITS  ETHIOPIENS 

DK  M.   E.  Delorme 


Introduction  aux  Quatre  Évangiles  ;  Traité  d'Évagrius  sur  les 
huit  mauvaises  passions;  Hexaméron  d'Ëpiphane  de  Chypre; 
Gadla  'Adam;  Mélanges. 

5.  —  L'Hexaméron  d'Épiphane  de  Chypre. 

{Suite)  (1) 

/ 
II.  DEUXIÈME  JOUR. 

Le  deuxième  jour  Av  la  création  s'étend  du  fol.  10  r*  a  au 
fol.  40  V^  b. 

a)  Incii'it.  Séparation  des  eaux. 

(F    10  r"  a,  in  fine.)  àA-i'  •  rtîr-JP.  1  fliïiV  :  n^A-f"  •  rtV-^  •  h 

i^'TÙ  •  hin,h'n(h,C  '.  \\ao  :  ^ÇAT  •  A^V^'K"  •  . . .  iD^ft.  • 
?i*1H,K-nrh.C  •  Aj&^<{.Anv  ••  «^^-T*  :•:  fli+h'hA-  :  ëfl^hHH  '  h 
*7H,^i'flrh.C  î-Iî  Deuxième  jour.  Le  deuxième  jour,  le  Seigneur 
vit  que  les  eaux  étaient  extrêmement  nombreuses  devant  lui. 
Le  Seigneur  voulut  séparer  tes  eaux...  Le  Seigneur  dit  : 
«  Que  /es  eaux  se  sép(rrent!  »  Elles  se  divisèrent  en  deux 
{parties)  sur  l'ordre  du  Seigneur. 

(1)  Cf.  nOC,  1912.  1914  et  1915-1917. 


Li;S    MSS.    ÉTHIOPIENS    DE    M.    K.    DELôIiAIF..  409 

b)  Création  du  fuîmament. 

(F.  10  1°  b,  ih  metlio.)  aij?.n.  ■  ?»*7lf.K'nrh.C  •  A^ïb'J  :  a\é. 

C  '•  ...  L^'  Seigneur  dit  :  «  {)iff'  soit  te  firmament!  » 

c)  Création  des  NUAfiEs. 

(I     10  va,  in  fine.)  hr^à  [:]  q'-T^f-  •  y.ffoU't'  •  7x9^?: 

V    b)  f«tfO-   :    n^^V<<.  ••    rt**?^.  •    îift</"  :    MH.K'flrh.C  :    <<,mC? 

<»»•  s  AtlV*^^'  :•:  (Nouvelle  division  indiquée  dans  l'ouvrage). 
I description  [  1)  de  la  création  des  nuages.  Ensuite  te  Seigneur 
Créateur  jwit  de  Veau  qui  était  sous  te  cief.  Il  en  jU  tous  les 
nuages.  Il  les  mit  au.r  extrémités  du  ciel.  En  effet,  le 
Seigneur  avait  créé  les  pluies. 

d)  Desinit. 

(F.   10  V"  b,  in  initio.)  a>?iîP»jÇ"i^  ••  li'J'l:  '  Wuh  '-  tm-y^M  f 

(Wt"  '  flïlO  •■  f{'(\Ai  ''.'  Ensuite  l'Esprit-Saint  souffla.  Il  sanc- 
lifia  les  eaux  qui  étaient  au-dessus  du  ciel...  Ainsi  le  Sei- 
gneur acjieva  [son  onrure)  le  deuxième  jour  et  [la)  sanctifia. 
Il  fut  soir  et  il  fui  matin. 

III.  TROISIÈME   JOUR. 

Le  troisième  Jour  de  la  création  s'étend  du  fol.  lo  v"  b  au 
fol.  48  r"  a. 

a)  Inciimt, 

(F     10  \     b,   m  mcdio.)  dM'  ■  i^'A-ft  ■  hlUjvihluC  '  é,"\ 

'^  !  ff;ivTlrî-  ■  riWy.  •  A^V^.  •  ao^dp^i^  :  ij^  :  rif:C  •  ... 

Troisième  Jour.   I.e  Seigneur,  Créateur,  Maître  du  monde, 

(I)  I\I.  à  m.  :  ////)'• . 


■i]0  ItKVUK    DIO    l/oRIENT    CHRKTIEX. 

Mispricordit'u.r,  Dispensateur  de  toute  chose,  regarda  les 
eau.c  nui  étaient  sous  le  ///■inar/ieitt  du  rie/,  au-dessus  de  la 
surface  de  la  terre... 

b)  Création  de  la  tkrre. 

(F.    10  V»  b,    in  fine.)  hmh  •   T-T/.'/'  :  i^^P/C  •   /i'^Û.  ■  Itx^n 

rf^^c  •  ...  (DtMtx'H'  ■  -wi-^  •  hh'i'Ch^-v  '  r^'C  •  ^.-nft^  : 

C  :  h  (1  11  I"  a)  OD  :  l'^'fià  •  ^à^  •  "'i^'t-  î  ...  (^Nouvelle 
division  indiquée  dans  l'ouvrage).  Description  de  la  création 
de  la  terre.  Le  Seigneur  dit  :  «  (Jue  les  eaux  .se  rassernbleut 
en  un  seul  lit  [l)!  »  Les  eaujc  se  rassemblèrent,  sur  l'ordre 
du  Seigneur,  de  dessus  la  surface  de  la  terre...  C'est  pour- 
quoi apparut  la  terre  sèche.  Le  Seigneur  appela  le  sec  terre. 
Le  Seigneur  (lui)  ordonna  d'être  ferme  sur  les  eaux... 

c)  Chkaïiox  des  sources,  des  arî.mes  et  des  FLEU\'ES. 
(F.   Jl   1    a,  in  fine.)  h9''flii  '  'bT^'f-  :  h'i^ù't'  •   fli+A.e 

**l  i  (D^fi^'t*  :  (Dti'iS^d^  :•:  (  Nouvelle  division  indiquée  dans 
l'ouvrage).  Description  de  la  création  des  sources,  des  abîmes 
et  des  fleuves.  Ensuite  le  Seigneur  ordonna  à  la  terre  de 
laisser  [apparaître)  les  fleuves  et  les  ahimes.  Les  fleuves, 
tes  abîmes  et  les  sources  s'ouvrirent. 

d)    DÉCOUVERTE    DU    FEU. 

(F.  11  r  b,  in  fine.)  hr^lti  '•  CMiVV  ■  ?»^>  [  ©ïii  •  CYh 
n  :  fl>-fti-  :  hlt\(\'i  '  affhtt  •'  wat-M'  '  dOot-  «  wat-hi-  •  Vf- 
A-  ••  l'Ile  î  nCïï-n  •  AdA  •■  T'y.^C  !  ...  (Nouvelle  division  in- 
diquée dans  l'ouvrage).  Descriptitm  de  la  découverte  du  feu... 

il)  M.  à  111.  :  lieu  uii  s'écoulent  les  eaux. 


LKS    .MSS.    KTHIOI'IKNS    DE    M.    V..    DELollMi:.  ill 

//  fi'f  Iroiirr  dans  les  pienes,  le  fer,  dans  les  arbres  et  dans 
toute  chose  (jnt  se  troure  sur  la  terre... 

e)  Création  des  montai. m:s  et  i>i;s  (  mlmnks. 

(F.  41  V"  a,  ///  inilin.)  fi*/«t\i\  •  V?/,'l'  ■  hy:(\C  '  (Ohi»' 

ï\9^%*i  '•  hf^'Q^'i'  •  a)ho^1à''i'  '  (1)-  (Nouvelle  division  indi- 
quée dans  l'ouvrage).  iJescription  de  la  création  des  mon- 
tagnes et  des  collines.  Alors  le  Seigneur  ordonna  à  la  terre 
de  faire  sortir  d'elle-même  les  montagnes  et  les  collines... 

f)  Création  du  taradis. 

(F.    JI   v°  a,   in  fine.)  hrf\h  -  Ç*?^A^  '  'ïH'  ■  (Ohô(\  '  htl 

4»  (F.  11  v"  b)  i:  :  (Nouvelle  division  indiquée  dans  l'ouvrage). 
Description  de  la  création  du  paradis.  En  outre,  voici  que  (2) 
le  Seigneur  voulut  planter,  à  Vorient  de  la  terre,  le  paradis .. . 
Alors  le  Seigneur  créa  le  paradis  à  V (noient  de  la  terre.  Il  est 
cacliè  aux  yeux  des  hommes  à  cause  de  s<rn  éloignement. 
« 

g)  Création  de  i/ariîre   de  vie. 

(F.  41  v°  b,  in  initio.)  h9^flii  '  àO  •  r"h^flï^  :  Yy^VI  '  hm.  • 

0-^.4"^  ■  \xTVl  '  'itïili-  '  lff*}lnA  :  îhoD-t  !  (Nouvelle  divi- 
sion indiquée  dans  l'ouvrage).  Description  de  l'arbre  de  vie. 
Alors  le  Seigneur  ordonna  à  l'arbre  de  vie  d'être  solide  dans 
le  paradis.  Il  ordonna  à  (juatre  arbres  de  croître  autour  de 
l'arbre  de  vie,  à  peu  de  distance  de  lui  (8)  ;  environ  dix 
coudées. 


{1}  Oh  est  on  surrjiarge. 

(:.')  M.  à  m.  :  en  e/p-l. 

(3)  M.  à  m.  :  pi^ti  cloigiu'  de  h 


112  REVIE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

h)  Oréatiox  de  i/arbre  de  prévarication. 

(F.  42  r°  a,  iii  inilio.)  h9^iih  :  60  •■  i-'JJ^'?*  i  (Nouvelle 
division  indiquée  dans  l'ouvrage).  Description  de  l'arbre  de 
prévarication. 

i)  CaÉATioN  DES  quatre  fleuves  du  paradis. 

(F.  42  r»  a,  in  niedio.)  hlT^lh  ■  ^.T^'^  •  h-iï^Ct-  \  (Dhr* 

Cat  :  ù0  •  Hxf^Oi^  :  ht^ù'l-  [:]  «^JK-  :  (Dïi^^  :  (Nouvelle 
division  indiquée  dans  l'ouvrage?).  Description  de  fa  création 
des  fleuves  (1)  (du  paradis).  Ensuite  le  Seigneur  ordonna 
qu'il  y  eût,  sous  les  racines  de  l'arbre  de  vie,  des  sources  d'eau. 
Elles  furent.  —  Les  quatre  fleuves  (oh'dfhC^)  d^i  paradis  sont 
désignés  par  les  noms  suivants.  (F.    12  r"  a,  in  fine.)  aUD^ltx^ 

o^  -•  «{.fte-*}  •■  lD*7f-'>  :  (DOi.'nCll  '  (Oh.^/^^'ViX  :::  ('e  sont  le 
Pliison  [Fisyon],  le  Géhon  [Geyon],  le  Tigre  [Têgros|  et  CEu- 
plirate  ['Éfràtès]. 

j)  Création  des  plantes. 

(F    42  1°  a,  in  fine.)  hr^lh  ■•  ÇT^-J-  s  n*l»^A->  'x'  mhr^' 

'\c  ■  n-i-t:  :  }inn,h(ïih.i:  ■  hnn  ••  a  (F.  12  r  1.)  rjtc  •  h 
*^M-v  !  «DW-A-  •  >ir"h<^A'>  :  rAA  •  hn'^^jn  -  (oàea)  -.  h/?, 

'Wï'ti  :  (Dho^àh^'  •'  ïtii"  ••  *7'fl^  ••  lA'Vf  ::î  (Nouvelle  division 
indiquée  dans  l'ouvrage).  Description  de  la  création  des 
-plantes.  Ensuite  le  Seigneur  ordonna  à  la  terre  de  produire 
les  herbes  de  toutes  les  espèces,  les  semences,  les  plantes,  tous 
les  végétaux  avec  leurs  espèces,  les  arbres  Cjui  fructifient  et 
les  arbres  qui  ne  fructifient  pas  avec  leurs  espèces.  Il  fut 
ainsi.  Elle  produisit  toute  chose  bonne. 

k)  Pourquoi  le  Christ  a-t-il  été  appelé  le  Messie? 

(F    42  r«  b,  in  medio.)  aiKl±  -  T"^^  '  -f'Al^f  •  InCft-f 

H)  M.  à  m.  :  mcrx.     . 


LES    MSS.    KTHFOPJKNS    DE    M.    É.    DELORMK.  ll:> 

ft  :  trD^,,h  '.  h''V/  •  MH.At'flrh.t:  •   *A  •  K^thll  -  TnCtl-f-tï  : 

T*<"»-  ••  ni>A'>  ■  "/AA.->  :  <D'l"fl^  :  'Wï^nCT  :  Ar^A  :  <D«|».n 
*}  ■  a•Aft'^  :  rt'^jP'/-  :•:  (D'i^ti'h  •  ooiMX'l'  •  (D4"(\'i  l  **1^'\-  • 
H<w»A<) A-f-  :  A*^^»  :•:  <D'»»'n'J  :  A^^f  •  [flï]riW.^  •  fl»*^?  *  Hhî^.^' 
/h'fcy  ••  Hfll»*A'f*  •*  ^Al^  :  Pourquoi  le  Christ  a-t-il  été  appelé 
le  Messie  1^  Alors  le  ."Seigneur  Verbe,  Jésus-Christ,  Créateur 
de  toute  chose,  regarda  les  créatures  qu'il  avait  créées.  Il  les 
acheva  le  troisième  Jour.  Il  oignit  son  trône  élevé.  Il  oignit 
les  trois  cieux.  Il  compta  les  anges.  Il  oignit  les  eaux  qui 
sont  au-dessus  du  ciel.  Il  oignit  le  ciel,  le  firmament  et  Veau 
qui  est  sous  lui,  qui  est  dans  le  monde. 

1)  Desinit. 

(F.  42  V"  1),  ///  fine.)  ©An  :  i'i.^oo  :  AA'!'  •  "/AA,'>  •  h 

*n\Ux'iith,c  •  hm  •  A-flCYT  :  h'wi  :  .e,'"h#weT  •  A^A/.a 

(F.  43  1-  a)  -tiroo.  î  îjAh  '-  M  '  A.A.i-  i  ai\\'i  :  rih-t  '  fl»ïi 

\  ••  f^'dth  ''.'  Lorsque  le  troisième  Jour  fut  achevé,  le  Seigneur 
ordonna  à  la  lumière  de  retourner  à  son  centre  d'émis- 
sion (1),  en  sorte  qu'il  fit  nuit.  Il  fut  soir  et  il  fut  majin. 

IV.  (,>UATRIFME  JOUR. 

Le  quatrième  Jour  de  la  création  s'étend  du  fol.  43  r"  a  au 
fol.  44  r°  b. 

a)  Inciimt.  Création  de  la  lumièke. 

(F.  43  1    a,  in  initio.)  AA^  '-  ^-nVV  /  ^9^^.  •  M».^'^rh. 
C  '  é,tmL  '  flAA^  :  /..'fl"/.^'  =  AAA  :  W-A-  -  nd,a\C.  '\'  atcM  • 

\\aD  :  a-VJ?.  :  a)l^^9^^,  :    fl^rli^*  '  htm  •   j&inC  :    flC^V  :  I*' 

Vf  ••  W'iïCV'ii'  '  {f'UCU'i  Qucttrième  Jour.  Le  Seigneur  Créa- 
teur regarda,  le  quatrième  Jour,  tout  ce  qu'il  avait  créé.  Il 
vit  que  c'était  bon.  Il  voulut,  dans  sa  miséricorde,  faire  la 
lumière  bonne  et  les  astres  j)Our  éclairer. 

(I)  M.  à  lu.   :  (orrrii/s. 


11  i  REVUK    l»E    l/ORIE\T    CHRÉTIHN. 

b)  Créatiun  r>u  soleil. 

(F.    13  r"  b,  in  mefJio.)  MT^A  ■  ÇT/.-f-  :  O'iij?.  :  h"!'/  • 

lA'Art  :  A*Prt  :  7'n/.  •  f-nrt  •  m-rhjp.  •  <<.jt^'4.^  •  i^  :•:  ...  m 

rt#w>p'  :  MH.^i'flrh.C  î  O'hf  1  (Nouvelle  division  indiquée  dans 
l'ouvrage).  'Description  de  In  création  du  soteiJ.  A  fors  le 
Seigneur  prit  du  feu  ardent,  de  la  flamme  et  de  la  lumière 

trois  parts  (1)  (égales  et  il  en)  fit  un  (corps)  sec.  Sa  face  est 
extrême nanit  ardente^..  Le  Seigneur  l'appela  soleil. 

c)  Création  i»l  la  luxe. 

(F.    13  V     1,  ///  medio.)  h9'*flà  •  'l'-T/.-/-  •  flJCî  ?  a>?iî^"J^ 

K'flrh.C  ••  l?i  l  (Nouvelle   division  indi([uée    dans   l'ouvrage). 

Description  de  la  création  de  la  lune.  Ensuite  le  Seigneur 

prit  des  eau.r.  Le  Seigneur  (en)  couvrit  la  surface  {de  la 
lune). 

d)  Création  des  étoiles. 

(F.  43  V"  b,  ///  fine.)  (Dh^^:^/.  :  Tf^'f:  :  MH.K'nrh.c:  •• 

Ensuite  le  Seigneur  Verbe  prit  de  (eau  et  en  fit  toutes  les 
étoiles... 

:   e)  Desinit. 

(F.  44  1-  a,  ///  medio.)  K^X'/  :  ?»*7ll.^nrh.t:  •  /.Af  •  0^ 
f  •  nC'A  •  Ofl.f  •  A/"A^V  •  AA^  •  \\tm  :  e-flCU  ■  0*  :•:  flï 
ÎIAH  ■   nC'/ï  •  ^*7^f  •  Hfl>-?il--  :  roCî  •  A/^'A^HV  ■  A.A,'l-  : 

c*!  •  h<w»  :  ^,^/.'y:}x*r  '  flî^^A  •  nA.A/K-  nh<w  .■  ih^H»  •  "h 

ndAwC  '  OAA^  !  /..-nVH-  ••  flïn^h  ■  AA-f-  •  aoVi  '  rM^  •  (D 

(1)  thVil  sensus  et  corporis  et  aniiiii;  pars  [membrum]  lurporh  (à'-à\n-vii  li>  l'oc. 
.-4e.).  Telles  sont  les  significations  que  donne  Dillniann  dans  son  [.ex.  ad/i., 
col.  116. 


LKS    MSS.    KTHIOPIKNS    HE    .M.     K.     DKIJ  •HMi:.  tl  ."> 

ïiV  '  R'(\fh  ''.'  Alors  le  Scif/nrirr  l'fahl/l  le  soleil,  le  grand 
astre,  en  jaiissaNce  (sur)  le  jour,  afin  cV éclairer  pendant  {le 
jour).  De  plus,  {il  établit)  le  second  astre,  c  est-à-dire  la  lune, 
en  puissance  {sur)  la  nuit,  afin  d'éclairer.  Le  Seigneui-  élablil 
les  étoiles  avec  la  lune,  afin  de  l'aider  (I)  par  {leur)  éclat, 
/)endanf  la  nuit,  selcn  l'ordre  du  Seigneur.  Alors  VEsfnit- 
Sainl  sanctifia  ce  ({u'il  a  rail  créé,  le  quatrième  jour.  Il  bénit 
ce  jour  (2).  //  fut  soir  et  il  fut  matin. 

(A  suivre.) 

Sylvain  'Gréhai  r, 

Neufmarché  (Scino-IniV'riciiiv),  le  l  si'iilciuliro  l'.tls. 

/ 

(1)  l'^J^'h   signifie  :  s'cnir'aiiler. 

(2)  M.  à  m.  :  Sun  j'ui-ir. 


UN  DISCOURS  SUR  LA  SAIATE  VIERGE 
PAR  SÉVÈRE  D'ANTIOCHE 

TEXTE  COPTE 

ÉDITK    ET    TRADUIT    PAU    K.    l'oRCHER. 


Le  vuluiue  131' du  fonds  copte  de  la  Bibliotlièque  nationale 
contient  sept  pièces  portant  le  nom  de  Sévère  d'Antioche.  Après 
la  première  homélie  cathédrale,  publiée  dans  la  Revue  de 
F  Orient  Chrétien,  t.  XIX,  1911,  n"  1,  p.  <)9,  et  n"2,  p.  135,  la  pièce 
la  plus  complète  est  celle  que  nous  donnons  ici.  Elle  est  ina- 
chevée, mais  du  fait  même  du  scribe,  qui  s'est  arrêté  au  milieu 
d'un  mot  sans  Unir  sa  dernière  ligne.  Le  discours  occupe  les 
deux  pages  du  feuillet  07.  C'est  un  texte  serré  sans  colonnes, 
avec  49  lignes  au  recto,  18  au  verso,  et  50  lettres  environ  par 
ligne.  L'orthographe  en  est  défectueuse  :  on  trouve  souvent 
q  au  lieu  dev,  et  b  au  lieu  de  q;  la  voyelle  auxiliaire  repré- 
sentée dans  les  textes  anciens  par  un  trait  au-dessus  de  la 
consonne  esrtraiiscrite  par  un  e.  (Quelques  passages  paraissent 
incompi'éhensibles  quand  on  ne  modifie  pas  le  texte;  nous 
l'avons  cependant  reproduit  tel  quel,  espérant  que  d'autres 
pourront  trouver  le  vrai  sens. 

OT.VOTOC  iriH  IIIIATpÏAp\IIC  (3'IO'rAAIl.  AVKJ  nAj>\CHq- 
rilGKo[llOCj       IIAirfoVIA-        AHA        CfîVlipOC"       <rrAt(TA'/Ot|  ' 

GTGTo       uriApeeiioc      iiovoeïjy       iiïii       [T(:HJn(OAOKOG 
erovAAii.     LiApïA'     iJnt:?o()v     iin(i(;c3piiiieG-/(:     gtovaab 

211    [oVïipilllHj    IITH    llllO'i'l'e    eAÎllllll]. 

cjnpenï  iitm'   Avto   ovaikaioii    ik;   —  o'jaxo   «mbtaio 

llllfîTOVAAIi      TlipO'i"'     MTII+eOO'i"      IIA'i'   A'i'(()     I  (liC  IGJÎ,"!  A 


UN    DISCOURS   SUR    LA    S.    VIKRGE    PAR   SÉVÈRE   D'ANTIOCHE.      417 
iiAV      ?eii      eoiicLiov      LUI      eeiiyAAUOG      un      2eiia)AH 

UI1IIIKOII      Xii       AV+AKOIIOÏ       6nOVCC),"J       UflllOVTe     211 

ovuiiTUvriitouoii  —  AV(o  eavtip^BHp  epecor.  iiauA(| 
eeovn  gtoikoiiouYa  uneiiovxAï  —  avco  iieiipcxhnTiic 
Lieu  ceepoii  erpeuenAiiioV  uuoov  —  xe  iitoov' 
AV^yepn      gvuaiiii      iiaii       uniioo*      iiuvcTupïoii      iito 

TUIITeVCOBHC      eiTII       IIGVApHTti     (I)     UUIII       tillllOOV      

IIAHOCTOAOC      A(i      MTOOV'      AVTAjyeoeï^y       niK)(|     IIAII     — 

uuapTHpoc  AC:  200V.  e^^e  epoii  oTpeiiTAioov  un 
ii(;npoc|)H'ruc      atco      nTA^eooi^u       iiiiAnocTOAOc     — 

AC|TAXpOC|  (2)  AV«)  ACJBeBAlOV  (2)  IIIIO(|'  GTBG  HAÏ  pCO 
AVKATpOIIOUÏ    linïpAII     fli^UIIIG.    ClIiOA    2ÏTII    TUG    (3Te    HAI 

ne  ne\G  —  TGvneoiA  rAp  Te  eTpennovre'  eeenpcoue* 
(jviiAe^crucrou  (3)  eeviiiGTAii  eeneBHve  6vu()K2  eiieiue 
epOOV  2ITII  TevuiiTuiiTpe'  xg  UApTvpoG*  TunTiiiiTpe 
iiuuApTupoG  n(;  nntoz'r  gboa  unerGiioq  uuïii  euuoov 

—  eAvovA2ov     iiGA     nncoîT     gboa.     un^yopn      iiGiioq 

eTOVA[AB]     IIATIJOBe     nTAVnA2Tq"    GBOA    2ApOir    Tlipn 

—  neeïeïB   iiniiovTe    neiiTA(|Bi   (4)   unnoBe    iiukoguog 

—  nenTA(|epiiiiTpe  îApoq  iiiiiii  iiiioq  (5)  novoii  mu  — 
[kai]  PAp*  n6(|Gp\piA  Ail  iiKeiniTunTpe  iicri  iieiiTA(|- 
epuiiTpn  zï  noii'foG    hiaatog  —  Aq2ouoAor6ï  iioouo- 

AOreÏA    eTIJAIIOVG     KATA     n^AXe    UllAnOCTOAOG    —   AVtO 

iieTe^i^e  ne  iiai  eiiA're  —  iia^m  rAp  me  epe  ncre 
iiToq  ne  Tue  iiApxpïA  iiKeuiiTuiiTpe  eeo  n20T  iieovo. 
AA\A  Terntouii  un  TeupoeAipeeiG'  iiiieqeneAA  uuiii 
Guuoq  ."JAq^onov  epoq"  Aq\Apiï.e  iiav  ecoov"  nniTAio 
iif-uïne    fîTptivuovTe   epoov   xe    UAprupoG... 

TUApOenOG    AG     GTOVAAB      GTO      UnApOGIIOG     IIOVOGI^ 

nïu"  211  2toB  nïii.  Tpecjxne  niiovTe  AAiietoc  zu  ovue 
UApÏA-   UApeiiGiiov  epoG  ATto  nTii-heoov  iiAG.  ovnpo- 

(1)  Pour  ApGTll-  —  (2)  Aq  pour  AV-  —  (3j  Le  scribe  avait  d*abord écrit 
(iVllAGViliGTAil  ;     G^yCTUfFOUG     a  été  ajouté  au-dessus  de  la  ligne. 

(l)  Bi  pour  qi.  —  (ô)  Ici  le  texte  porte  21  noii4"()G  niAATOG,  qu'on 
trouve  deux  lignes  plus  bas;  mais  ces  mois  sont  entourés  de  points,  probable- 
ment de  la  main  même  du  copiste,  qui  a  dû  vouloir  les  annuler. 

ORFENT    CHRÉTIEN.  27 


418  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

<|)HTHC     rA|)     Te'     AVCO     OTAnOGTOAOC     TH.     AVtO     OVUAp- 

Tiipoc    re  — ovnpoc|)H[THc]  re   kata   ii^jAjïe   niiOAïAo. 

IITAqTAVOq    tiTBHHTG  y  P.    .\(|i-|l(3tJOVOÏ    6THn  p()(|>HTÏO 

ACCU  AGxno  iiov^iipCî  —  Avco  ne:ïe  iioc  iiai'  kb 
uoTTe  eneqpAii  xe.  ^vax  zu  ovoMiriH.  avuj  bïta\m  (1). 
XG  uiiATG  ii^Hpe  ^Hu  Govfi  iiovTG  eiieqeïcoT.  un 
TequAAV.  qiiAXi  mcrou  nrAUAGKOG'  avco  ii^to.v  iitca- 
uApïA  mieuTo  e.BOA  uiieppo  iiiia[ggjvpïog.  —  hïli 
TewTAVuovTe  epoc  2ii  TerpA(|)H  gtotaab.  xa  tg- 
npocl)HTïG  — GAG^'iio   iJov>ynpe.  Avf-pïJiq  (2)  ij-fee.   xg 

i^CUA    2H     OVO'eilH     AVtO     BÏ    TA.\II    AVU)     HTGVIIOV 

fiTA'ri:noq  —  2agh  uiiereqcovn  iieqeïajT.  n  -requAAV. 

«[AJq^yOJA  llUnOAVUOG-  avco  AqKATAprOÏ.  IIII62BHVG 
UilAlABOAOG-  eiLIHTGI  TGOeOAOKOG  GTOVAAB  UApÏA  — 
THTAG3:nG   riNOVTG.    OVa>   ACnÏGG    IIUIJAIJOVIIA  RAI    2H 

TAp\H   un6q^:no  kata  GApg-AqKATAproï  irruiiTAvpAii- 

IIOG       UnAlABOAOC       2UnTp6qBÏ      HT()OT(|       IITCTOU       UTA" 

UAGKOG.    un   n^OJA    flTGAUApÏA  UAÏ   AG    KATA    OVGUOT- 

GTGVUAUH  HTUnTpeq^U^e  GÏAtOAON  TAUAGKOG  IVVp. 

,"jAV2epueNeTG    uuog    :^e   thoaig   uuGGuujtoq   —    tca- 

UApÏA    AG    eajtOG-    XG     NTAVTAU  "G    UBA^GG     flIIOVB    fleHTG. 

AT^-pïuov  (3)  enpAu  gttooug  gmnovtg  uAVAAq  —   un 

neV^n^G.    GTO     ueCOB    GMAV.    GTG    riTAUÏO    IIG     NIIATAAUA 

un    TcriMovtoTn     eunrpevuovTG     uuovur    ijcr-:^:.    xg 

MOTTG   UGGnpOGKTNÏ    HAV.    AVIO    nCGTAAG    OVGÏA    UAV 

G2PAÏ.2ITM  eeUGUtOtOq TGinAAUn  (VG  t)VM  MTG  UITOAON 

AqBÏ  nUGG^yCUA.  NTGVUOV.  UTAV3:nO  llhUAUOVUA  — 
AqGtOK  ^Apoq  nnUATOG  6TGÏ  GqCFOOAG  NGNTOGÏG  (4) 
UTUIIT^yUpG  ^HU  —  unnGCOG  AG   M TGpGqGÏ  G2pAI    GKHUG 

2unGGuoT  nTAqiipo(|)HTGVG  iitri  UGAïAG  (5)  iiGnpoc|)H- 
THG-  —  AVto  AqeneprGï  uuGUTo  gboa  unGppo-unAccv- 

pïOG AqBÏ    UTG(|nAM20riAÏA    GTG()K(0   N2THq    GpOCAVU) 


(1)  Pour  qi    TA\;v.  —(2)  Pour  pAN().  —  (3)  Pour  pAHOV.  —  (4)  Pour, 
nnToeÏG.  —  (5)  Voh-  Osée,  xi,  I. 


UN    DISCOURS    SUR    LA    S.    VIERGE    PAR    SÉVÈRE    d'aNTIOCIIE.       419 

Aqr.top  niitJCjiytoA  kata  b6  utcii  (1)  —  epo  ii(iiipoc|)iiTii(] 

LlOVrn     OllAlAliOAOC    .\n    IK^ppO    IIIIACOVpïOCi.    O'.'    UOIIOII 
XG    HAÏ.    AAAA  ?!!   '^A^   LllllA  e(;il  Kejll  p()(|)l  ITI IC   (2)   6VII()VTH 

6pcK|  iiiiipAii — -ov.^nipc;  ;yiiu  ii'fuiiie  neiiTAT6iip()(|)HTi(: 

Anoq  IIAII  — HAÏ  e'f  (U|()  IIKOVY  A'i*U)  HTCr-MlOV  HTATxnoq 
HCOOVTf»    IITA(|>'^J(OA    I ITII IITA  VpAI  I  HOC     u[h  Al  a]bOAC)0 

— -  Avco  Hiiopp^yHHpe  He,\At|  Hcri  hcaïac  Heiipcxt^nrHC 
ii>yHpfi  TAp  ^Hu  ovHOVTe  ne  (îqcrucrou  ouatr  — 
HAiTeAOc  ne  UHNOCT  HjyoXHe  (3)  KAi  ivvp  HToq  nen- 
TAtjTOABOH  6n600v  UHeqeïtuT  —  AqTpoHiopeq  epAï 
iieiiT(|  —  HToq  ne  haotoc  erone  Avcouïne  inie(|TA3i:po 
— Avto  n^^jnpe  ^iiu  ovpe(j:vi,"Jo:xne  ik;  n,"jnnpe  —  iito(| 
un  neqeïcoT  ne  nAïuVorproe  nein<A  tini  neTnnAV 
epoov  uR  iieTMiiAV  epoov  ah  —  eAqcu)TU  gboa  eïrn 
nec)e*toT  —  2toc  peqx'i^orviie  :  e()."jHiy  PAp  HriiiAC|.  zn 
iiTAio  nTnnrnovTe  2n  ovuhtova  hatiicopa'.  xg 
uApenTAiiio  novp(ou6  kata  TeneiKion  Avtn  kata 
iieiieme.  eouAioc  n^npe  Ttoq  Te  xegovoiA  -mpc — iiToq 
ne  Tcrou  uneï«)T  hathav  epoq  —  ne\c  l'Ap.  ovo-ou 
nxe  nnovve  ne  —  eAqctoTU  eBOA  eïTu  neqeïurr  katà 
nexnpeni  nAq.  xg  neKoponoe  niiovre  ^oon  ^yAelle^- 
ene2  (4).  ovcreptoB  iicoovtii  (5)  ne  ncreptoB  nreKUN- 
Tepo.  Avoj  XG  nTO(|  ne  nAp\ton  n^pnnn-  eiiïAn  HTtx) 
neT2coTn  nn(;T2n[un]nve  un  iieT^iAii  nKA2-  eA(|AAv 
nïpnin^      2iTn      neqcnoq      uniii      euuoq     [2injeq(;4-t>e 

eTOVAAB  KATA   OG    HTA    neïepOC    UAnOCTOA'JC    XOOC  XG 

Avto  n[^Hpe]  ^Hu  nT()(|  ne  iieïtov  unAiion  ernA^ytone 
iiT(){|  ne  nAïAHroc  uncone  [e(|4~ojv(o  hah.  untHrptoo- 
iiTAiiACTAOïc    un     ueeAnïc    nyjAene?    ereun    tovxcok. 

(1)  Sic  pour  GTOn?.  Quelques  traits  de  plume  relient  n  à  nn  ^  de  la 
ligne  précédente. 

(2)  On  lirait  à  première  vue  :  UUA,'aAK2enenpO(|>nTn(;.  —  (3)  Is., 
IX,  6.  Le  texte  commenté  par  Sévère  est  conforme  au  manuscrit  grec  sinaïtique. 
très  rapproché  de  l'Alexandrin,  mais  bien  difïérent  du  Codex  Yaticanus. 

(4)  Pour  ^Aeiieenene?,  qu'on  lit  dans  les  manuscrits  des  psaumes. 
—  (5)  Ailleui-s  uncoovTii. 


■120  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

[•rJuMTepo  iieuriiive  ah  (1)  t3T6C|TA^eoei^  uuoc  iiaii 
iiuiiiie-  fîTBG  riAï  pto  uruvTfiC3i:iio  iinï^'JHpG  iifuiiie. 
iioi  TiiApoeiioo  GTovAcVii  nTot|   iiH  n:xo6ïo  iiiieiipo<|>ii- 

TIK;    TUpOV    2IOVCOII   IITHVHOT    eCOtOC    AGI  I  pOc|)HT6Vn- 

uiJiiCA  HAcnAcuoc  ueAiï.ABHT  Gcii^to  UUOC  xii  eic 
^llHTe  ceiiATLiAioï  lien  raiieA  mu.  :xe  Aqeïpe  haï 
ueeiiuiJTiJO(r  lien  neTeorncrou  uuoq  atu>  neqpAii 
OTAAB.  neqiiA  ^:iiie  (2)  orxtoii  ^a.  ovarcou.  6:^"ii 
ii6Tp20Te  enTq  —  ueTG^^ci  ou   116  eTpeiiuovTe  gtua- 

poeilOC      GTOTAAB       KATA      IIAIKAIOII      Xe.      AIIOGTOAOC    

UAAAOII     AG     GTpeilKAAO    21    TIIG     IIIIAIIOCTOAOC    TUpOT    : 

ii^opn  ueu  TAp  Avoiic  un  iiaiiootoaoc  2tocoG  liée 
GTCHe  211  iienpAgïc*  xn  iievcoove  eeovii  evnpocrAp- 
Tupï  ene^AHA  un  UApïA  TUAAV  nie  —  uiiiictoc  ou  e^XG 

llïeUJB  (3)  AqepUUAOHTUG  IIAUOGTOAOC.  GT6  n^yAA:G 
lieilTAVCtOTU       epoq      2ÏTU      UOG.      Xfi      BCOK      IITGTII'fGBCO 

iieueeoiJOG  (4)  Tupov  —  Aiy  ou   ii\topA.  ii  a^  iieeeiiOG 

IICîTeOueG'fGBU)    IIAV     IIOM    TUApoeilOG    GTOTAAB    6AG6II- 

TO'r    (;2ovii    euGoovu    iiniioTTe-   eïTii   TcniiaLioTto  exo 

ll^'JlllipO.eU  niGUOT  GTUII2  UIIHGTIipiOll GACep  UGGUOT 

IIOTCAAnïrg  GGOJ^  GBOA  211  UA  IIIU  211  2GIIGUH  IIATKA- 
TOOTOT    GBOA    2ITU     I  ITAjy  GOGI,"l     llUGVArrGAIOII     GTOVAB 

xe  n,"JAa:G  AqcpcApcg  (5)  Aqov«)2   iiuuaii  avco   aiiiiav 

GHGqGOOV.    UOG     UUGOOV     IIOV^yiipG      IIOVtOT     GBOA    2ITU 

UGqGÏtOT.  Gq:XHK  GBOA  lIXApÏG  21   UG IITOG  PAp  AAHOCOG 

TG    TIIOVU6    AVtO    TGVIITG    (6)    U  UGVAITG  AlOII  Ull    AAAV 

AG   OU   iia:xiiaa'/    guov'ig    GpoG    >:g    uApTvpoG.    ii^yopii 

UGU     IITGpGGTCOOVIl       2A      OVIloyÏA     lll(OGU(|)     211      OVUll- 

T:s:coa>pG  —  imquGGVG    l'Ap  gtggoi    ii^:iovco.   xe    iita- 

G^lOUG     GBOA       211       OVUOpUIA.     2AOII       UUATG      UAPrGAOG 

ova)ii2    iiAq    GBOA    iiqTGABoq    GiiuvGTupiou    unca^uo. 

UllllGCOG    AGUCOT    G2pAI     GKUIIG    GTB(:    TUAIIIA    ll2VptOAHG 

(1)  AG  est  peu  apparent;  il  remplace  peut-être  TG.  —  ("2)  .S'(C.  Au  lieu  de 
3lIII  0V2^t0U.  —  (3)  Sic.  On  a  traduit  comme  s'il  y  avait  ACi^GU 
m2COB.  —  (4)  Pour  nn2GeuoG.  —  (5)  Pour  GApg-  —  (0)  Pour  CIITG. 


UN    DISCOURS    SUR    LA    S.    VIERGE    PAR    SÉVÈRE    d'aNTIOCHE.      421 

nacntoT    eciuocDiM;    oboa    eu     rnciioAic     uiiiii    t-uiicx; 

llAÏ.ApeB      (3TBO      eOT(3      IIAp\IIAAOC    AVtO      211      IKieOOV 

TMpov    iinectoiie   iiepe    ii[i]otaai    iipeqecoTeB   (înïBov- 
AfiGV  epoc  evxij^oxiie  euovoTT  uuoc  gtbg  n6(t>oo  (1) 


TRADUCTION 

Discours  du  saint  patriarche  et  évêque  d'Antioche,  Abba  Sévère,  prononcé 
sur  celle  qui  toujours  vierge  est  la  sainte  Mère  de  Dieu,  Marie,  au  jour  de 
sa  commémoration  sainte.  Dans  la  paix  de  Dieu.  Amen. 

Il  convient  et  il  est  juste  qu'on  parle  en  l'honneur  de  tous  les  saints,  qVie 
nous  leur  rendions  gloire,  que  nous  les  célébrions  en  des  hymnes,  des 
psaumes  et  des  cantiques  spirituels  (2),  parce  qu'ils  ont  été  les  ministres 
fidèles  de  la  volonté  de  Dieu  et  qu'ils  ont  coopéré  avec  lui"  dans  l'économie 
de  notre  kalut.  Et  d'abord  les  Prophètes  ont  un  droit  à  nos  éloges,  parce 
qu'ils  nous  ont  signifié  les  premiers  le  grand  mystère  de  la  religion  par 
leurs  propres  vertus  ;  puis  les  Apôtres,  qui  nous  l'ont  prêché  ;  et  aussi  les 
Martyrs,  il  faut  que  nous  les  honorions  avec  les  Prophètes  comme  ayant 
confirmé  et  appuyé  la  prédication  des  Apôtres  :  c'est  pour  cela  même 
qu'ils  ont  reçu  en  legs  un  tel  nom  de  la  part  de  la  Vérité  même  qui  est  le 
Christ;  seloïi  l'usage  en  effet,  le  nom  que  nous  donnons  à  des  hommes 
qui  peuvent  être  prêts  à  synthétiser  dans  leur  témoignage  des  tortures  que 
nous  connaissons,  c'est  celui  de  Martyrs.  Le  témoignage  des  Martyrs,  c'est 
leffusion  de  leur  propre  sang,  à  la  suite  de  l'effusion  du  premier  sang 
innocent  sacré,  répandu  pour  nous  tous,  celui  de  l'Agneau  de  Dieu  qui  a 
enlevé  le  péché  du  monde,  qui  a  témoigné  de  lui-même  à  tous.  Certes,  il 
n'a  pas  be.soin  d'un  autre  témoignage,  celui  qui  a  témoigné  sous  Ponce- 
Pilate;  il  a  fait  la  vraie  confession,  selon  la  parole  de  l'Apôtre  (3),  et  c'est 
ce  qu'il  faut  surtout.  Comment  en  effet  celui  qui  est  la  Vérité  même. au- 
rait-il besoin  d'un  autre  témoignage  plus  digne  de  foi?  cependant  il  a 
accepté  l'assentiment  et  la  déclaration  de  ses  propres  serviteurs,  et  à  eux 
aussi  il  a  accordé  le  grand  honneur  d'être  appelés  Martyrs. 

La  Vierge  sainte,  vierge  toujours  et  en  tout,  celle  qui  a  enfanté  Dieu  en 
toute  vérité,  Marie,  louons-la  et  glorifions-la  :  car  elle  est  Prophète,  elle  est 
Apôtre,  et  elle  est  Martyr. 

Elle  est  Prophète,  selon  la  parole  d'Isaïe,  qu'il  a  proférée  à  son  sujet  : 
il  s'est  approché  de  la  prophétesse  ;  elle  conçut,  'elle  engendra  un  fils  et, 
ajoute-t-il,  le  Seigneur  m'a  dit  :  i  Donne-lui  ce  nom  :  Enlève  en  hâte  et 
prends  vite  ;  car  avant  que  l'enfant  ne  sache  appeler  son  père  et  sa  mère , 

(1)  Lo  mot  n'est  pas  acheN'é;  les  lettres,  quoiqiio  plus  (Hlatées  que  les  autre.*, 
ne  suffisent  pas  à  remplir  la  dernière  ligne. 

(2)  Col.,  m,  K). 

(3)  I  Tim.,  VI,  Vl. 


122  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

il  prendra  la  puissance  de  Damas  et  les  dépouilles  de  Samarie  en  face  du 
roi  des  Assyriens (1).  »  Quelle  est  celle  qui  est  appelée  dans  l'Écriture  sainte: 
la  prophétesse,  qui  a  engendré  un  fils  auquel  on  a  donné  un  nom  pareil  : 
Enlève  en  hâte  et  prends  vite,  lequel  aussitôt  après  sa  naissance,  avant  de 
connaître  son  père  et  sa  mère,  a  enlevé  les  guerres  et  aboli  les  œuvres  du 
diable?  Quelle  est-elle,  sinon  la  sainte  Mère  de  Dieu,  Marie,  qui  a  enfanté 
Dieu  et  donné  naissance  à  Emmanuel,  lequel,  dès  sa  naissance  selon  la 
chair,  a  aboli  la  tyrannie  du  diable  en  emportant  la  puissance  de  Damas 
avec  les  dépouilles  de  Samarie.  ('elles-ci  en  quelque  sorte  représentent  le 
culte  des  idoles  :  car  Damas  est  interprété  en  général  la  ville  des  sangs, 
et  de  même  Samarie  ;  parce  qu'on  y  a  fabriqué  des  veaux  d'or,  auxquels  on 
a  donné  le  nom  qui  ne  convient  qu'à  Dieu  :  ony  a  établi  leur  culte  qui  con- 
siste en  deux  choses  :  la  fabrication  des  statues  et  les  libations  faites  en 
donnant  le  nom  de  Dieu  aux  œuvres  des  mains,  en  se  prosternant  devant 
elles  et  leur  offrant  des  sacrifices  par  du  sang.  Or  cette  erreur  des  idoles, 
il  en  a  emporté  les  dépouilles  au  moment  où  est  né  Emmanuel  ;  il  a  attiré 
vers  lui  les  Mages,  étant  encore  enveloppé  dans  les  langes  de  l'enfance. 
Ensuite  étant  allé  en  Egypte  comme  l'a  prophétisé  le  prophète  Isaïe  (2),  il 
opéra  en  face  du  roi  des  Assyriens  :  il  enleva  son  armure  dans  laquelle  il 
mettait  sa  confiance  et  il  dispersa  ses  dépouilles  comme  il  est  écrit.  — 
C'est  le  diable  que  le  prophète  appelle  roi  des  Assyriens  :  et  non  seule- 
ment celui-ci  :  mais  en  beaucoup  d'endroits  d'autres  prophètes  l'appellent 
de  ce  nom.  —  C'est  un  enfant  pareil  que  la  prophétesse  nous  a  enfanté,  qui, 
petit  encore  et  juste  au  moment  de  sa  naissance,  a  dépouillé  la  tyrannie  du 
diable.  Et  ne  vous  étonnez  pas,  ainsi  parle  le  prophète  Isaïe  (3);  car  l'en- 
fant est  un  Dieu  très  puissant,  l'Ange  du  grand  conseil  :  c'est  lui  qui  nous 
a  enseigné  la  gloire  de  son  Père,  il  nous  l'a  •  fait  contempler  en  lui  : 
il  est  le  Verbe  vivant  et  l'image  de  sa  fixité;  de  plus,  l'enfant  est  un 
Conseiller  admirable  ;  il  est  avec  son  Père  le  démiurge  de  toutes  choses, 
visibles  et  invisibles  ;  il  a  entendu  de  son  Père,  en  tant  que  conseiller  — 
car  il  est  égal  à  Lui  dans  la  gloire  de  la  Divinité  en  une  unité  indivisible 
—  :  «  Faisons  un  homme  à  notre  image  et  à  notre  ressemblance  (4)  »  ;  et 
de  même  :  «  Le  Fils  a  toute  l'autorité  (5)  »  ;  il  est  la  puissance  du  Père  invi- 
sible. Le  Christ  est  une  puissance  de  Dieu:  il  a  entendu  de  son  Père,  selon 
ce  qui  lui  revient  :  «  Ton  trône,  ô  Dieu,  est  de  toute  éternité  :  le  sceptre 
de  ta  royauté  est  un  sceptre  de  droiture  (6).  »  Il  est  aussi  le  Prince  de  la  paix, 
puisque  c'est  lui  qui  réconcilie  ce  qui  est  dans  le  ciel  avec  ce  qui  est  sur 
la  terre,  ayant  fait  la  paix  par  son  propre  sang  sur  sa  croix  sainte,  comme 
l'a  dit  l'apôtre  sacré  (7).  —  L'enfant  est  encore  le  père  des  siècles  à  venir  : 

(1)  Is.,  VIII,  4.' 

(2)  Osée,  X4,  1. 

(3)  Isaïe,  IX,  6, 

(4)  Gen.,  I,  26. 

(5)  Marc,  a,  10. 

(6)  Ps.  XLiv,  7;  Heb.,i,  8. 

(7)  Col.,  I,  20. 


UN    DISCOURS    SUR    LA    S.    VIERGE    PAR    SKVÈHK    d'aXTIOCHE.       423 

il  est  ce  verbe  (1)  de  vie,  qui  fait  germer  pour  nous  la  semence  de  la 
résurrection  avec  les  espérances  des  siècles  qui  n'ont  point  de  fin,  c'est-à- 
dire  le  royaume  des  cieux  qu'il  nous  a  prêché  tous  les  jours.  C'est  pour- 
quoi, avant  d'enfanter  cet  enfant  qui  est  le  Seigneur  de  tous  les  prophètes 
ensemble,  la  sainte  Vierge  prophétisait  déjà  elle-même  après  la  salutation 
d'Elisabeth,  en  disant  :  Voici  que  toutes  les  nations  mlionoreront  :  car  il 
a  fait  pour  moi  de  grandes  choses,  Celui  qui  a  la  puissance  et  dont  le  nom 
est  saint;  dont  la  miséricorde  va  de  génération  eu  génération  sur  ceux 
qui  le  craignent  (2). 

11  faut  aussi  en  toute  justice  que  nous  appelions  la  sainte  Vierge  : 
Apôtre,  et  surtout  que  nous  la  placions  à  la  tête  de  tous  les  apôtres  :  car, 
d'abord,  elle  a  été  choisie  avec  les  apôtres,  comme  il  est  écrit  dans  les 
Actes.  :  Ils  étaient  rassemblés,  persévérant  dans  la  prière  avec  Marie, 
mère  de  Jésus  (3)  ;  et  ensuite,  elle  reçut  l'ordre  par  lequel  les  disciples 
ont  été  faits  apôtres,  c'est-à-dire  la  parole  qu'ils  entendirent  de  la  part 
du  Seigneur  :  Allez,  enseignez  toutes  les  nations  (4).  Quels  sont  donc 
les  lieux,  quels  sont  les  peuples  que  la  sainte  Vierge  n'a  pas  ensei- 
gnés, en  les  amenant  à  la  connaissance  de  Dieu  par  sa  maternité  mira- 
culeuse, dans  cette  façon  pleine  de  mystère,  à  la  manière  d'une  trompette 
qui  proclame  en  tous  lieux  dans  des  accents  résonnant  sans  cesse  par  la 
prédication  du  saint  évangile  :  Le  Verbe  s'est  fait  chair,  il  a  habité  parmi 
nous  et  nous  avons  vu  sa  gloire,  comme  la  gloire  d'un  fils  unique  par  son 
père,  plein  de  grâce  et  de  vérité  (5).  Elle  est  en  effet  vraiment  la  racine 
et  le  fondement  des  évangiles. 

Personne  non  plus  n'hésitera  à  l'appeler  Martyr  :  d'abord  elle  est  restée 
sous  le  soupçon  de  Joseph  (il  pensait,  quand  elle  était  enceinte,  qu'elle 
avait  été  en  adultère)  jusqu'à  ce  que  l'ange  lui  apparût  et  lui  apprît  le 
mystère  de  la  génération  ;  ensuite  elle  s'enfuit  en  Egypte  à  cause  de  la 
fureur  d'Hérode  ;  après  sa  fuite,  elle  se  détourna  de  sa  propre  ville  de 
Nazareth  par  peur  d'Archélaus;  de  plus,  dans  tous  les  jours  de  sa  vie,  les 
Juifs  meurtriers  tenaient  conseil  et  délibéraient  de  la  faire  mourir. 


(1)  Le  texte  porte  AHrOC  ;  on  peut  y  voir  le  mot  grec  Xôyo;,  verbe,  comme 
plus  haut;  ou  par  iotacisme  Xûyo;,  verge,  allusion  à  la  verge  xl'Aaron,  ou  à  la 
verge  de  la  racine, de  Jessé,  bien  que  le  mot  grec  correspondant  à  ces  deux  cas 
soit  toujours  piêSo;.  L'orateur,  de  même  que  S.  Basile,  a  pu  voir  ),6yov  dans 
Isaïe,  IX,  8,  comme  variante  de  OivaTov  (Hébreu  13.1  avec  différentes  voyelles). 

(2)  Luc,  I.  48-50. 

(3)  Act.,  I,  14. 

(4)  Matlli.,  xxvnt,  10. 

(5)  Jean,  i,  14. 


LITTÉRATURE  ÉTHIOPIENNE 
PSEUDO-CLÉMENTINE 

m.    —    TRADUCTION    DU    QALÊMENTOS 

{Suite)  (1) 


LIVRE  TROISIEME 

PRODIGES    MONTRÉS    A    PIERRE    PAR    LE    SEIGNEUR 

(Fol.  68  v^  b  à  fol.  121  r''  a). 

CHAPITRE  VI 

Rôle  du  clergé. 

I.  L'Église  comparée  à  une  maison  parfaitement  organisée.  —  2.  Explication 
de  ce  symbole.  —  3.  Les  pasteurs  ont  la  responsabilité  de  la  sanctification  des 
peuples.  —  4.  Récompense  ou  cliàtiment  dans  la  vie  éternelle.  —  5.  Les  pas- 
teurs doivent  reprendre  les  peuples,  les  enseigner  et  leur  donner  le  bon 
exemple.  —  6.  Ils  ne  doivent  pas  faire  acception  de  personnes.  —  7.  Ils 
doivent  vivre  avec  les  pauvres.  —  8.  Contre  l'orgueil  et  la  répudiation  du 
prochain.  —  0.  Contre  les  dissensions  et  la  prévarication.  —  10.  Rôle  de 
Clément.  —  11.  Ce  que  doit  être  le  prêtre.  —  12.  Vigilance. 

1.  L'Église  comparée  a  une  maison  parfaitement  organisée.  —  (F.  75 
v°  b,  suite.)  On  a  organisé  saintement  (2)  l'Église,  afin  que  le  Seigneur 
habite  en  elle  avec  vous  tous.  Voici  une  comparaison  (3).  Un  homme 
riche  a  bâti  une  maison  entièrement  ornée  et  lumineuse.  II  a  fait  (F.  76 
r°  a)  sept  colonnes.  La  septième  est  la  base.  (Cette  maison)  est  extrême- 
ment belle.  Le  verrou  (se  pousse)  aisément;  l'ouverture  (4)  se  fait  utile- 
ment. Il  a   mis   (5)  en  elle  six  conseillers.  Le  septième,  il   (r)a  établi 

(1)  Cf.  ROC,  1911,  1912,  191:^,  191t,  191.J-1917. 

(2)  M.  à  m.  :  ninsi. 

(3)  Lire  JF^OA-ih  au  lieu  de  JF^flA.»-. 

(4)  M.  à  m.  :  celui  qui  ouvre. 

(5)  M.  à  -m.  :  il  a  fait. 


LITTÉRATUHE    ÉTHIOPIENNE    PSEUDO-CLÉMENTINE.  425 

au-dessus  d'eux,  pour  commander  (1)  à  tous  (les  autres).  Il  a  mis  deux 
inspecteurs  qui  regardent  le  bien  (et)  le  mal.  Il  a  mis  au-dessous  d'eux 
deux  porteurs  qui  portent  tout.  11  a  établi  des  serviteurs  qu'il  commande 
pour  tout  ce  qu'il  veut,  afin  qu'ils' accomplissent  son  bon  plaisir.       '* 

2.  Explication  de  ce  symbolk.  —  L'explication  de  cela,  toi-même  (tu 
l'as  donnée).  En  effet,  le  propbète  David  a  dit  :  Le  Seigneur  est  connu 
(F.  76  r*'  b)  dans  Juda  et  son  nom  est  grand  dans  Israi'd.  Il  a  fixé  en  paix 
son  lieu  et  sa  demeure  (2)  dans  Sien.  Là  il  a  hrisé  la  puissance  de  l'arc, 
le  bouclier,  l'épée  et  la  guerre  (3).  Ce  (règlement),  nous  (l'javons  pres- 
crit (4),  afin  que  les  fondements  de  l'Église  soient  allTermis,  afin  que  le 
Seigneur  (Jésus-Clirist)  habite  sur  eux  et  (afin  qu'il)  fasse  d'eux  une  de- 
meure glorieuse,  où  il  bâtira  sa  maison  avec  son  Père  bon  et  l'Esprit- 
Saint,  vivificateiir. 

3.  Les  pa.steurs  (jnt  la  responsabilité  de  la  sanctification  des  peuples. 
—  En  outre,  dis  au  clergé  de  l'Eglise  de  ne  pas  négliger  le  repentir  des 
pécheurs.  En  effet,  lui-même  Notre-Seigneur  a  dit  (F.  76  v"  a)  :  N'alour- 
dissez pas  sur  les  peuples  un  fardeau  pesant  qu'ils  ne  peuvent  pas  porter. 
Pour  vous,  vous  possédez  la  science.  Après  vous  être  réunis,  organisez 
droitement  l'Église.  C'est  ainsi  que  (5)  nous  vous  avons  ordonné,  pendant 
que,  dans  une  réunion,  nous  nous  sommes  trouvés  (tous)  ensemble.  Lui- 
même  Notre-Seigneur  nous  a  ordonné  par  l'Esprit-Saint  :  D'abord  que  les 
savants  et  les  intelligents  soient  à  l'intérieur  du  voile!  Quïl  ne  se  trouve 
rien  (en  eux)  qui  les  convainque  (d'une  fa,ute,  les  éloignant)  du  Seigneur, 
leur  Dieu!  Puis,  en  outre,  faites  de  nouveau  le  bien  aux  peuples.  Qu'il  ne 
se  trouve  pas  (F.  76  v"  hy  sur  eux  de  tache,  afin  que  le  Seigneur  se 
réjouisse  à  leur  sujet  et  à  votre  sujet  (et)  afin  que  vous  disiez  au  jour  où 
vous  vous  tiendrez  devant  lui  :  Me  voici,  ainsi  que  mes  enfants,  (nous) 
qui  avons  fait  ce  que  tu  nous  as  ordonné  et  avons  enseigné  (6)  au  peuple 
de  faire  comme  nous.  Notre-Seigneur,  ne  nous  chasse  pas  avec  les  mau- 
dits qui  (se  sont  éloignés)  de  ton  commandement,  mais  compte-nous  avec 
tes  brebis  bénies  qui  ont  gardé  ton  commandement:  compte-nous  avec 
elles.  Ne  nous  mets  pas  à  l'écart  de  ton  commandement  et  de  ta  miséri- 
corde. Lorsque  vous  lui  direz  cela,  le  Seigneur  se  réjouira  (F.  77  r°  a)  de 
vous  avec  vos  enfants,  et  vous  hériterez  avec  vos  enfants  de  la  terre  de 
la  vie,  avec  les  justes  et  les  bons  qui  ont  gardé  le  commandement  du 
Seigneur.  (Vous  a'vez  réprimandé)  tous  les  peuples  que  vous  avez  enten- 
dus et  vus  faire  des  péchés  nombreux.  Vous  voyez  que  le  Seigneur  ne 
vous  reprochera  pas  de  les  avoir  repris.  Si  vous  avez  agi  droitement  en 


(1)  M.  à  m.  :  r/ui  coinmawle. 

(2)  Lire  Wini.  au  lieu  de  >fl<J,  à  cause  dos  deux  accusatifs  :  ■fl/h.C,   son  lieu. 
et  "î'^jçc',  sa  demeure. 

(3)  Ps.  i.xxv,  2-  L 

(1)  M.  à  m.  :  t/ue  nous  avons  prescrit. 

(5)  M.  à  ni.  :  comme. 

(0)  Lire  «n»0C5'  au  Hou  do  aooijr. 


420  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN- 

ce  que  vous  avez  vu  et  entendu,  le  Seigneur  vous  révélera  des  (choses) 
cachées  que  vous  n'avez  pas  connues  autrefois.  C'est  pourquoi  l'Église  est 
bonne. 

4. ^ÉC(\MPENSE  ou  chatimi:nt  dans  la"  vie  éternelle.  —  Vous  les  pas- 
teurs, vous  rendrez  (F.  77  r°  b)  le  compte  (de  toute  action)  au  jour  du 
jugement  (dernier),  soit  bon,  soit  mauvais  :  bon  pour  les  bons,  dans  la 
demeure  de  la  lumière  ou  il  n'y  a  pas  de  maladie,  ni  de  souffrance  ;  mau- 
vais pour  les  méchants,  dans  la  demeure  du  Schéol  où  (il  y  a)  le  supplice 
des  flammes  du  feu  (éternel  et)  où  (il  y  aura)  des  pleurs  et  des  grince- 
ments de  dents,  qui  n'auront  pas  de  fin  (1)  jusqu'aux  siècles  des  siècles. 
Gardez  ce  Testament,  afin  de  vous  réjouir  à  la  cour  de  votre  Dieu  et  de 
devenir  des  maîtres  pour  (2)  ceux  à  qui  vous  indiquerez  (3)  le  chemin. 
Comme  nous  (r)a  promis  lui-même  Notre-Seigneur  et  (^comme)  il  nous  a 
dit  :  Lors  de  ma  seconde  venue,  lorsque  je  siégerai  sur  le  trône  (F.  7?  v°  a) 
de  ma  gloire,  vous  siégerez  avec  moi  sur  douze  trônes  et  vous  jugerez  les 
douze  tribus  d'IsraiH  (4).  Ceux  qui  auront  cru  à  notre  parole,  (ayant  vécu) 
dans  la  bonne  loi,  hériteront  de  la  vie  éternelle  (et)  de  (ses)  biens.  Mais 
ceux  qui  ne  croient  pas  à  notre  prédication  seront  torturés  dans  le  sup- 
plice jusqu'aux  siècles  des  siècles.  Vous-mêmes,  dans  le  bien,  vous  avez 
été  pour  eux  des  maîtres.  Vous  vous  réjouirez  avec  eux  dans  le  paradis 
de  la  joie.  Mais  s'ils  n'ont  pas  écouté  votre  parole,  (ni)  votre  prédication, 
et  si  vous  non  plus  vous  n'avez  pas  bien  fait  votre  oeuvre,  vous  serez 
torturés  conjointement  avec  eux  (F.  77  v  b)  dans  le  supplice.  (En  effet), 
vous  non  plus  vous  n'avez  pas  bien  usé  de  votre  prérogative  (pastorale) 
dont  vous  (ne)  vous  êtes  (pas)  occupés. 

5.  Les  pasteurs  doivent  reprendre  les  peuples,  les  enseigner  et  leur 
donner  le  bon  exemple.  — •  Moi  Clément,  je  vous  dis  clairement  de  re- 
prendre les  pécheurs  et  de  convertir  les  impies  de  leurs  mauvaises 
actions.  Les  cieux  et  la  terre  ont  fait  entendre  à  leur  sujet.  Comme  [Moïse) 
a  dit  :  Écoule,  ciel  :  que  je  t'expose!  Que  la  terre  entende  la  parole  de  ma 
bouche  (5)  !  De  plus,  il  a  dit  dans  ce  psaume  :  Ce  peuple  est  fou  et  non  pas 
sage.  (Le  Seigneur)  n'est-il  pas  le  Père  qui  a  créé,  t'a  créé  aussi  et  Va 
fait  (6)?  En  outre,  il  a  dit  dans  ce  (F.  78  r°  a)  psaume  :  Jacob  a  mangé  et 
a  été  rassasié.  La  satiété  l'a  poussé  à  la  mollesse  (7).  Il  est  devenu  gras; 
il  est  devenu  épais  ;  il  (n'a  pas)  eu  faim.  Il  a  abandonné  le  Seigneur,  son 
Créateur,  et  il  s'est  éloigné  du  Seigneur,  son  salut  (8).  Pareillement  vous 
les  pasteurs,  reprenez  les  peuples  qui  sont  sous  vous.  Enseignez-leur  à 
garder  le  Testament  que    vous  avez  reçu  en  dépôt  au  jour  saint,  (au) 

(1)  M.  à  m.  :  issue. 

(2)  M.  à  m.  :  sur. 

(3)  M.  à  m.  :  vous  donnerez. 
(1)  Matth.,  XIX, "28. 

(5)  Deut.,  xxxn,  1. 

(6)  Deut.,  xxxii,  6. 

(7)  M.  à  m.  :  a  creusé  ramolli. 

(8)  M.  à  m.  :  sa  vie.  Deut.,  xxxu,  15. 


LITTÉRATUHK    KTIIInPIENNE    l'SEUDO-CLEMENTINE.  127 

.urand  jour,  dans  lequel  on  vous  a  consacrés  (1),  afin  que  vous  receviez 
la  grâce  de  TEsprit-Saint.  Vous-mêmes,  commencez  par  garder  le  Testa- 
ment de  cette  foi,  (puis)  enseignez  (les  autres)  à  le  garder.  En  effet,  tout 
(être)  (F.  78  r°  b)  qui  met  la  table  spirituelle,  (mais)  n'en  goûte  pas,  est  un 
faux  prophète.  Lorsque  vous  parlerez  vous-mêmes,  (mais  lorsque)  vous 
ne  pratiquQPé'z  pas,  personne  ne  vous  obéira.  On  dira  de  vous  (2)  :  S'ils 
pratiquaient  eux-mêmes,  nous  les  écouterions  et  nous  pratiquerions  la 
parole  (3)  qu'ils  nous  ont  dite.  Or  maintenant  eux-mêmes  nous  enseignent, 
(mais)  ne  pratiquent  pas.  Comment  les  écouterions-nous  et  pratiquerions- 
nous  leur  commandement?  Pour  nous,  nous  allons  comme  ils  font  envers 
eux-mêmes. 

6.  Ils  ne  doinlnt  pas  faire  .acception  ni:  personnes.  —  0  dignitaires 
(le  l'Église,  gardez  le  commandement  du  Seigneur.  Ne  faites  pas  accep- 
tion de  personnes.  Ne  recevez  pas  de  soudoiement  pour  (4)  un  jugement 
(F.  78  V  "  a)  contre  l'innocent.  En  effet,  c'est  pis  que  tout  de  recevoir  un 
soudoiement.  car  cela  aveugle  les  yeux  du  cœur  et  obscurcit  la  sagesse. 
Ne  faites  pas  acception  de  la  personne  du  riche  dans  .sa  richesse.  Ne 
fléchissez  pas  le  droit  de  l'orphelin  à  cause  de  sa  pauvreté.  En  effet,  le 
Seigneur  est  le  père  de  l'orphelin  et-l'auxiliateur  de  celui  qui  n'a  pas 
d'auxiliateur.  Je  détournerai  (5)  ma  face  de  ceux  qui  méprisent  mon  com- 
mandement, en  sorte  que  je  les  détruirai  et  que  j'ex.tirperai  de  la  terre  le 
souvenir  de  ceux  qui  méprisent  ma  parole  (G). 

7.  Ils  doivent  vivre  avec  les  pauvres.  —  Que  le  chef  de  l'Église  qui 
aime  (ses  subordonnés)  soit  associé  avec  ceux  (F.  78  v"  b)  qui  servent 
(dans  le  ministère)  et  l'aident  dans  toute  œuvre  bonne  qu'il  fait  (pour) 
l'ornementation  de  l'Église  et  pour  l'enseignement  de  la  parole  (du 
Seigneur).  Lui-même,  ou  qu'il  soit  évêque  (7i.  ou  qu'il  soit  celui  qui  est 
appelé  chef  de  l'Église,  (ne)  s'adonnera  (pas)  aux  plaisirs,  (mais)  mangera 
et  boira  avec  ime  partie  (de  ses  fidèles)  :  la  partie  des  affamés,  des 
répudiés,  des  nus  et  des  privés  de  nourriture  journalière.  Le  Seigneur  se 
fâchera  contre  (le  pasteur  négligent),  car  celui-ci  n'a  pas  bien  faif'son 
ministère,  pijisqu'il  (n'a  pas)  mangé  avec  une  partie  (de  ses  fidèles)  :  la 
partie  des  affamés,  des  répudiés  et  des  nus.  (F.  79  r°  a)  Le  Seigneur  lui 
supprimera  le  don  (8)  qu'il  a  promis  (9)  aux  bons  clercs  de  l'Église. 
Quant  à  ceux  qui  n'ont  pas  bien  fait  leur  ministère  (et)  ceux  qui  leur 


(1)  M.  à  m.  :  on  vous  a  siynéx  {du  s'ujne  de  lu  croix). 

(2)  M.  à  m.  :  on  vous  dira. 

(3)  M.  à  m.  :  leur  parole. 

(4)  M.  à  m.  :  dans. 

(5)  Lire  ïtoojRi*  au  lieu  de]h„c<»».G'P. 

(6)  Cf.  Ps.  xxxui,  17. 

(7)  Texte  :  Ai^fl. 

(8)  M.  à  m.  :  les  coupera  du  don. 

(9)  M.  à  m.  :  que  le  Seigneur  a  promis. 


428  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

ressemblent  (1),  le  Seigneur  dira  de  leur  arracher  (2)  la  peau  de  leur 
visage.  Il  leur  dira  :  Éloignez-vous  de  moi,  vous  tous,  auteurs  d'iniquité, 
car  je  ne  vous  connais  pas.  Vous  n'avez  pas  bien  agi  envers  les  pauvres 
et  les  malheureux,  vos  frères.  Moi  non  plus,  je  ne  vous  donnerai  pas  ce 
que  j'ai  promis  à  ceux  qui  servent,  dans  la  droiture,  l'Eglise  que  j'ni 
acquise  de  mon  sang. 

8.  CoNTKE  l'orgueil  ET  LA  RÉPUDL\TiON  DU  PROCHAIN.  —  Le  Seigneur  a 
dit  :  (F.  79  r°  b)  Ne  répudiez  pas  votre  prochain,  car  tout  (être)  qui  s'est 
exalté  lui-même  sera  avili,  (mais)  celui  qui  s'est  humilié  lui-même  sera 
honoré  (3).  Ecoute,  ô  lâche  (4)  qui  t'exaltes  toi-même  et  répudies  ton 
prochain.  Ne  sais-tu  pas  que  le  pharisien  et  le  publicain  sont  montés  au 
temple?  Le  pharisien  a  prié  ainsi  dans  l'orgueil  de  son  cœur,  (mais)  le 
Seigneur  (5)  a  été  dégoûté  de  sa  prière.  Le  publicain  n'est  pas  entré 
dans  le  temple,  mais  il  a  prié  du  fond  de  son  cœur.  11  a  gémi  et  pleuré, 
en  disant  :  Je  ne  suis  pas  digne  (6)  de  lever  mes  yeux  au  ciel,  à  cause  de 
la  multitude  de  (mesj  péchés  et  de  {mes)  fautes  (7).  Lui-même  fut  plus 
justifié  que  celui-là.-  En  outre,  comprendras-tu  ce  que  (F.  79  v^  a)  (Notre- 
Seigneur)  dit  dans  l'Evangile  :  Pourquoi  regardes-tu  la  paille  qui  est 
dans  l'œil  de  ton  prochain  et  ne  vois-tu  pas  la  poutre  qui  est  dans  ton  œil? 
Hypocrite,  extrais  (d'abord)  la  poutre  qui  est  dans  ton  œil,  puis  tu  cher- 
cheras (8)  à  extrairf  la  paille  que  tu  vois  (9)  dans  l'œil  de  ton  pro- 
chain (10).  Ceci  donc,  le  Seigneur  (\')a,  défendu  :  qu'on  s'exalte  soi-même 
et  qu'on  répudie  (11)  son  prochain. 

Vous  ne  céderez  pas  (12)  à  la  tentation  de  répudier  votre  prochain  et  de 
vous  exalter  vous-mêmes.  En  effet,  où  se  trouve  l'orgueil,  là  se  trouvera 
l'opprobre  (13).  Je  vous  dis  de  ne  pas  jeter  (14)  (F.  79  v«b)  d'opprobre  sur 
votre  ministère.  La  beauté  de  l'Église  que  le  Seigneur  a  embellie,  c'est  (le 
ministère)  que  vous  faites  (15)  en  elle  dans  toutes-ses  règles  et  ses  charges, 
comme  nous  (Davons  ordonné  d'un  commun  accord  (10)  (avec  vous).  Notre- 

(1)  M.  à  m.  :  qui  sont  comme  eux. 

(2)  M.  à  m.  :  de  leur  écarter. 

(3)  Mattli.,  x.xiii,   12. 

(4)  M.  à  m.  •.paresseux. 

(5)  Le  mot  >i'7H,'n>i^C  est  en  surcharge. 

(6)  M.  à  m.  :  il  ne  me  convient  pas. 

(7)  Cf.  Luc,  xvm,  13. 

(8)  3L  à  m.  :  lu  observeras. 

(9)  M.  à  m.  :  et  tu  verras  la  paille. 

(10)  Mattli.,  VII,  3  et  5. 

(11)  Dittologie  du  verbe  «n»». 

(12)  M.  à  m.  :  vous  ne  mettrez  pas  pour  vous. 

(13)  Le  texte  contient  le  mot  -^wc^- paille.  Il  nous  a  paru  préférable  de  lire 
•V"lfC,  opprobre,  car  ce  dernier  terme  se  trouve  une  ligne  plus  bas. 

(14)  M.  à  m.  :  faire. 

(15)  M.  à  ni.  :  que  tu  fais. 

(IG)  JM.  à  m.  :  nous  arrordant  et  demeurant. 


LITTKliATURf:    ÉTHIOPIENNE    l'SEUDO-CLÉMÈNTINE.  429 

Seigneur  nous  a  ordonné  aussi.  JésHs-ChrisI  nous  a  enseigné,  en  disant  : 
Ce  que  votis  voulez  que  les  hommes  vous  fassent,  vous  aussi  failes-{le)  à 
voire  prochain  (I).  En  effet,  ainsi  a  ordonné  le  Seigneur. 

0.  Contre  les  dissensions  et  la  prévarication.  —Moïse  commença  par 
dire  aux  enfants  d'Israël  :  N'apportez  pas  d'autre  feu  que  celui-ci,  afin  de  ne 
pas  mourir  (2).  Vous  non  plus,  n'apportez  pas  (F.  80  r"  a)  de  querelle  dans 
l'Eglise,  comme  eux-mêmes  ont  apporté  un  autre  (feu)  que  (le  feu  de  Dieu) 
et  sont  morts.  Do  plus,  ceux  qui  (3  auront  prévariqué,  (se  révoltant),  dans 
leur  folie,  contre  le  Maître,  (périront).  C'est  ainsi  (4)  qu'ont  prévariqué 
Dathan  et  Abiron,  fils  de  Coré.  et  que  la  terre  a  ouvert  sa  bouche  et  les  a 
dévorés.  Ce  sont  ceux  qui  n'ont  pas  été  oints  dans  notre  sainte  Église  et 
ne  sont  pas  nés  une  seconde  fois  par  le  saint  baptême.  Vous  aussi,  après 
avoir  été  baptisés,  si  vous  n'avez  pas  bien  fait  votre  ministère,  vous  des- 
cendrez dans  le  supplice  des  flammes  du  feu  (éternel),  où  il  n'y  a  pas 
(F.  80  r°b)  d'issue  jusqu'aux  siècles  des  siècles. 

10.  Rôle  de  Clément.  —  Quant  à  toi,  ô  mon  fils  Clément,  donne  l'exemple 
à  beaucoup  et  fais-leur  voir  le  bien  (que)  tu  fais,  afin  qu'ils  voient  et  soient 
instruits  de  tes  bonn'es  œuvres.  Ne  méprise  pas  le  troupeau  du  Seigneur. 
Soutiens  ceux  qui  chancellent;  relève  ceux  qui  .sont  tombés;  délivre  les 
opprimés  ;  pardonne  leâ  fautes  des  pécheurs;  sois  un  exemple  pour  les 
bons  ;  reprends  les  méchants,  afin  qu'ils  s'écartent  du  mal.  Qu'ils  ne  fassent 
pas  l'iniquité,  (violant  ainsi)  le  droit  (5),  dans  notre  sainte  (F.  80  v°  a) 
Eglise,  mais  qu'ils  demeurent  dans  la  droiture,  comme  nous  avons  ordonné 
et  prescrit  (dans)  les  canons  de  l'Église,  et  surtout  qu'ils  .se  gardent 
du  faux  témoignage,  de  la  fornication,  de  l'adultère  (6),  du  (contact)  des 
chairs  mortes  et  mises  en  pièces  (7),  du  sacrifice  aux  dieux  et  de  l'im- 
molation (aux  idoles)  !  Ne  souille  pas  les  choses  saintes  (du  Seigneur), 
car  le  Seigneur  est  saint.  Comme  il  a  dit  lui-même  :  Soyez  saints,  car 
moi-même  je  suis  saint  (8). 

11.  Ce  QUEDOiT  être  le  prêtre.  —  Ne  proférez  pas  le  blasphème  contre 
votre  prochain.  En  effet,  par  le  blasphème  et  par  l'orgueil  Satan  est 
tombé  de  son  trône.  Michel,  (F.  80  v'^  b)  l'archange,  par  l'humilité  a  été 
élevé  de  son  trône,  alors  qu'il  était  sonneur  (9i  de  trompette.  Par  son 
humilité  son  trône  a  été  élevé  plus  haut)  que  (celui)  de  tous  les  anges. 
Pareillement  que  le  prêtre  de  l'Église  soit  humble,  avisé,  doux,  (prompt)  (10) 


(1)  Matth.,  vu,  12. 

(2)  Cf.  Dent.,  xvui,  Ui. 

(3)  M.  à  m.  :  si. 

(4)  M.  à  m.  :  comme. 

(5)  M.  à  m.  :  dans  le  droit. 

(6)  M.  à  m.  :  aller  (vers)  la  femme  d'un  honïme. 

(7)  M.  à  m.  :  cadavres  et  (chairs)  dcchirërs. 

(8)  Lévit.,  .\i,  44  (xi.\,  2). 

(9)  M.  à  m.  :  souffleur. 

(10)  M.  à  m'.  :  celui  qui. 


430  REVUE    DE    l'orient   CHRÉTIEN. 

à  pardonner  les  fautes  des  égarés  (1)  et  à  convertir  par  des  paroles  de 
paix  les  pécheurs  !  Ainsi  donc  le  ministre  du  Christ  est  un  ouvrier  pur 
qui  coupe  droitement  les  paroles  du  Seigneur,  comme  un  couteau  (2)  à 
deux  tranchants  qui  ne  fait  pas  flécliir  la  droite,  (ni)  la  gauclie.  En  effet, 
droit  est  le  royaume  des  cieux  pour  ceux  qui  accomplissent  (F.  81  r°  a) 
(la  justice). 

12.  Vigilance.  —  Gardez  ce  commandement,  afin  que  vous  ne  soyez  pas 
exposés  au  châtiment  (de  Dieu).  Ceux  qui  sont  exposés  à  (ce)  châtiment 
sont  ceux  qui  descendront  dans  le  supplice  (3),  c'est-à-dire  le  Schéol.  Afin 
que  vous  en  soyez  sauvés,  veillez  à  vous  (4)  extrêmement. 

{A  suivre.) 

Sylvain  Grébaut. 

NeufmarcliL'  (Seino-Inférieure),  le  io  Septembre  1018. 

(1)  M.  à  m.  :  pécheurs. 

(2)  M.  à  m.  :  rasoir. 

(0)  M.  à  m.  ;  châtiment. 

(1)  M.  à  m.  :  gardez-vous. 


MÉLANGES 


I 


LA  FETE  DE   L'ANNONCIATION 

d'après  le  svnaxaire  éthiopien 

Le  Synaxaire  éthiopien  donne,  au  sujet  de  l'Annonciation, 
une  triple  indication  :  1"  date  de  la  fête;  2°  renvoi  de  la  fête; 
3°  légende  de  saint  Ildefonse. 

1"  Date  de  la  fête.  —  La  fête  de  l'Annonciation  est  fixée 
au  29  Magàbit  (25  Mars/6  Avril).  Le  récit  du  Synaxaire  ne 
diffère  pas  du  récit  évanp'élique  (1). 

2°  Renvoi  de  la  fête.  —  La  dernière  semaine  de  Magàbit 
se  trouvant  être  le  temps  de  la  Semaine  Sainte  (2),  la  célébra- 
tion delà  fête  de  l'Annonciation,  à  raison  d'une  telle  occurrence, 
est  renvoyée,  par  anticipation,  au  22  Tàhschâseh  (18/30  Décem- 
bre) (3),  c'est-à-dire  à  la  semaine  qui  précède  la  Nativité  de 
Notre-Seigneur  (4). 

(1)  Dans  Un  Martyrologe,  et  Douze  Ménologes  syriaques,  édités  et  traduits 
par  F.  Nau,  la  fête  de  l'Annonciation  figure  au  25  Jlars.  Dans  deux  ménologes  où 
elle  est  indiquée  au  24  Mars,  la  mention  suivante  est  ajoutée  :  Les  Grecs  la  fêlenl 
le  2').  Cf.  Patrologia  Orientalis,  t.  X,  fasc.  I. 

(2)  aiagàbit  :  «  22  :  Entrée  de  Jésus-Christ  dans  Jérusalem;  23  :  Rassemblo- 
laent  des  Juifs  dans  la  maison  de  Caïphe  ;  21  :  Rassemblement  des  Juifs  contre 
Jésus-Christ;  26  :  Lavement  des  pieds  et  trahison  de  Judas;  27  :  Crucifiement 
de  Notre-Seigneur;  29  :  Résurrection  de  Notre-Seigneur.  «  Cf.  Zote.nberg,  Cata- 
logue des  Manuscrits  éthiopiens  de  la  Bibliothèque  Nationale,  p.  180. 

(3)  Aucune  commémoration  n'est  faite  de  l'Annonciation  au  22  Kihak  (jour 
correspondant  au  22  Tàhschâseh)  dans  Le  Synaxaire  'itrabe  jacobite  {rédaction 
copte),  édité  et  traduit  par  R.  Basset  {Pair.  Or.,  t.  III,  fasc.  3). 

(4)  Deux  jours  sont  consacrés  à  la  célébration  de  la  fête  do  la  Nativité  de 
Notre-Seigneur  :  le  28  et  le  20  Tàhscliàsch  (=  28  et  20  Kihak).  Dans  les  an- 
nées bissextiles,  elle  toml)e  le  28  Tàhschâseh  ;  dans  les  années  non  bissextiles, 
le  20  Tàhschâseh.  Le  29  de  cha(pie  mois  (sauf  en  Magàbit,  parce  que  la  fête  de 
Pâques  se  célèbre  le  29  Magàbit),  il  y  a  commémoration  de  la  Nativité. 


132  REVUE    DE    l'orient    CHRETIEN. 

3°  LÉGENDE  DE  SAINT  Ildefonse.  —  Le  Sf/ua.raire  éthiopien 
rapporte  que  ce  fut  saint  Ildefonse  qui  fixa  la  célébration  de  la 
fête  de  rAnnonciation,  sur  la  demande  formelle  que  lui  fit  la 
Sainte  Vierge  elle-même,  dans  une  apparition.  Cette  légende 
se  trouve  dans  le  vaste  recueil  intitulé  'th9"/.  '  *^C^9",  Mi- 
racles de  Marie  (1). 

Il  y  a  peu  de  remarques  à  faire  sur  l'onomastique.  Nous  avons 
collationné  deux  mss.,  A  et  P  (2),  du  Synaxaire  éthiopien.  Ils 
mentionnent  tous  deux  un  êvêque  juste  au  pays  de  Rome,  b}\»k. 
ft  ••  *^A  ••  H.Ç'4'  ••  n'flrh.^  ••  C^9"  (3),  A  sans  le  désigner  nom- 
mément, P  en  l'appelant  du  nom  de  ^4*ftf*ft,  Daqsyos.  Le 
salOm  (rtAîP*)  de  P  ajoute  l'indication  :  ^A.ft  •*  *?^ft  '-  HTAT 
A^,  évëque  de  Tolède  [Teletlyà].  Zotenberg,  après  avoir 
comparé  ^4'ftP'ft  ^^vec  la  forme  correspondante,  qui  se  ren- 
contre dans  unms.  syriaque-carschouni  et  un  ms.  arabe,  donne 
l'explication  philologique  suivante  :  «  Cette  même  histoire  (4) 
se  trouve  au  commencement  d'un  recueil  de  miracles  de  la 
Vierge  contenu  dans  le  ms.  syriaque-carschouni  de  la  Biblio- 
thèque nationcile  n"  232,  fol.  523,  et  dans  le  ms.  arabe,  supplé- 
ment II"  94,  fol.  98  v".  Le  nom  de   l'évéque  de  Tolède,  qui 


(1)  C.  Conti  Rossini  dit  des  Miracles  de  Marie  :  ■<  Ura,  nol  1441,  vediam  tra- 
durre  daim  testo  arabo,  clie  sembra  perduto,  i  Ta'âmra  Mâryâm  «  miracoli  di 
Maria  »,  opéra  giuntaci  in  varie  redazioni  e  preceduta  da  una  introduzione,  che 
traita  délie  faste  e  dcgli  uflici  délia  Vergine  :  questi  «  miracoli  »  sono  in  parte 
d'origine  europea.  in  parte  di  origine  orientale,  specialmente  egiziana,  nella 
(liial  seconda  categoria  vanne  segnalati  quelli  relativi  alla  fuga  in  Egitto  ed 
alla  trasmigrazione.  »  .Vote  per  la  Sloria  letleraria  abissina,  p.  218.  Extrait  des 
Rendiconti  délia  Reale  Accademia  dei  Lincei,  série  qiiinta,  vol.  YIII,  fasc.  b'-G", 

(2)  A  =  Collection  d'Abbadie,  n°  06.  «  Ce  manuscrit...  est,  semble-t-il,  le  plus 
ancien  manuscrit  connu  du  Sj'naxaire  éthiopien.  »  I.  Glidi,  Le  Synaxaire  éthio- 
pien, I,  Le  mois  de  Sanc  (Pair.  Or.,  t.  I,  fasc.  5,  p.  5).  —  P  =:  Paris,  Fonds  de 
la  Bibliothèque  Nationale,  n"  1-26. 

(3)  Telle  est  la  leçon  de  A.  Voici  celle  de  P  :  S-d'hù,  :  h.A.{i  ••  *Afl  =  «.ç^*  ■- 

(4)  11  s'agit  d'une  double  apparition  de  la  Sainte  Vierge  à  saint  Ildefonse. 
Première  apparition,  où  elle  lui  demande  de  fixer  la  célébration  de  l'Annoncia- 
tion au  22  Tàhschàsch.  Seconde  apparition,  où  elle  lui  donne  «  un  vêtement  et 
une  chaire.  Son  successeur  dans  l'épiscopat,  s'étant  revêtu  de  ce  vêtement  et 
s'étant  assis  sur  la  chaire,  fut  tue  par  l'ange  Ràgou'êl  ».  Zotenberg,  op.  cit., 
p.  62,  Le  récit  de  cette  seconde  apparition  ne  figure  pas  dans  A;  il  se  trouve 
dans  P,  mais  le  nom  de  l'ange  Ràgou'êl  n'est  pas  mentionné. 


MÉLANGES.  433 


dans  le  texte  éthiopien  est  ,P»4»ftP*ri,  et  dans  le  texte  carschouni 

^,  se  lit  dans  le  ms.  arabe  :  ,  ^«.~.^  -0',   probablement 

jfour  |^^-:ijJI,  Ildelbnse...  »  Op.  cit.,  p.  (r2. 


TEXTE 


(A,  fol.  106  r"  a,  in  iniUo;  P,  fol.  117  r"  a,  in  /ine.)  (1|  hil 

ao  :  |;A-  :  (^)    bh,Kl\   ■    «T'^ft  :    (3)  9,^:^    :    n-flrh.^:   ■  Cr  '  Kj  I 

A  •  8)  HH.i*P  :  (9)  nu/:  ■  dA'h  •  -Hfli-h-lî  •  5V'"ëA;l-'ï"//*'!  (10) 

-HtD-Klî  î  (il)  'ivh<'  •  M-nch.^  ■■  f^^hln  •:'  hdf'»  ■  i-nch. 

A  :  ^Ahln  :  (12  H.V  (P,  fol.  117  r  b)  fli3r  :  ndA'/-  ■  (13)  K 
(DoUaic:'»  :  i^PdJl'  :  (14)  flJa^^^'|.•  ••  ^«hfl>-'>  •■  (15)  nj^9"  ••  (Km 
"/fl.jK.  ï  (17)  «D-nH-:^  •  'ifro:)"V  -.  .fthfl>-^  ••  (18)  nAtf»-V  •  rlh<^<^ 
'Ih  :•:  19)  wah'i'i'n  •  K^.''v\\v^-a^  .-  (20)  A/h-wn  •  hCA-i:^»  : 


(1)  Les  variantes  de  1'  sont  indiquées  dans  les  notes  qui  suivent. 
{i)  P  :  amtv. 

(3)  P  :  A'n>.rt.  î  ^bA,ft  !  ^Afi. 

(1)  P  :  cf^A;  P  rtcW.  nfi<io-  :  .p.'/'nP-îl, 

(5)  P  :  mhî\VChV^. 

(6)  P  :  'h1'\\>r\'^  •  "'ICyj"  [  1'  C""    'V'.eiftV  :  ,0"/A. 

(7)  P  (diiJ.  f^nv-fi. 

(iS)  p  :  iVifit?. 

(i>)  P  :  nilll.'/roX  ;   P  <c<ld.  m»A>,\J. 

(10)  P  :  htm  :  •A-flïKA;»'^"//*'. 


(Il)  f 

'(12)  P 

om.  ll»">»-f:. 

om.  aoAhM. 

(13)  P 

:  nôAV. 

(14)  P 

:  >,<n»  !  îfflï.»JAoi»;j(J^.V 

(15)  P 

:  n-t. 

(16)  P 

:  HT. 

(17)  1* 

:  <i»\rt"^-  s  ans- 

(18)  P 

•■  in"i^.  s  ,ftYlfl»-'V:  P 

(19)  P 

:  ^y'"}'"li:'/ . 

(20)  P 

■  h.tïlUA"<n>-, 

OIUKNT    CIIIIÉTIEIN. 

•n»h;'j  :  "/on+t 


'28 


434  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

//"«PdA  ■  -/'lA'CJ  •  n«/A  ■  HH.y*P  •  (7)  flh'w»  :  H-J:  ■■  ^A->  :  K 


^  TRADUCTION 

(A,  fol.  106  r"  a,  in  initie;  P,  fol.  117  r"  a,  in  fine.)  Eu  effet, 
il  y  eut  un  évéque  juste  au  pays  de  Rome  [P  add.  appeté 
Ikffjsyos].  Notre-Dame  ta  Sainte  Vierge  Marie  lui  apparut 
et  fui  dit  :  «  0  mon  bien-aimé  [P  add.  Daqsyos],  fais- moi  la 
commémoration  de  f  A7in&neÂation  (9)  en  ce  jour,  c  est-à- 
dire  le  2^  T(djsc/uisch,  c'est-à-dire  (le  jour  de)  ta  commémo- 
ration de  range  Gabriel  (10).  En  effet,  fange  Gabriel  (P,  fol. 
117  r"  b)  ni  annonça  le  jour  du  21)  du  mois  de  Magàbit. 
{Mais)  ce  {jour)  se  trouve  dans  le  Grand  Jeûne  et,  plusieurs 
années,  il  se  trouve  dans  la  semaine  de  la  Passion.  C'est 
pourquoi  il  n'est  pas  possible  au  peuple  des  chrétiens 
de  me  faire  la  fête  de  l'Anno)iciation,  à  cause  du  Jeùm'. 


(1)  !•  :   nnH.>fli>îr. 

{■>)  P  om.  ^n.v. 

(3)  P     r»t/fy»'/h. 

(4)  P  :  nHH,>*f. 

(5)  P  :  nxùf\'-l-.  * 

(6)  P  :  flï>,y»<»«î,'J:. 

(7)  P  :  n\Hi.y*P. 

(8)  Coninie  1(>  nis.  A  ne  contient   pas  le  récit  de  la  seconde  apparition  de  la 
Sainte  Vierge  à  saint  Ildefonse  (cf.  p.    13-2,  note  1),  il  ajoute  ici  la  bénédiction  : 

î'"flA.>  !  h'^"/  '■'.'•  =  ::••  Que  la  prière,  la  bénédiction  et  Cinlereession  de  Xolre- 
Dame  la  Sainte  \'ierge  Marie  soient  avec  nous!  Amen. 

(9)  Nous  traduisons,  ici  et  plus  bas,  par  V Annonciation  les  ternies  de  A  et  de 
P  :  HH.V'P  (A):  nHH.W0X  :  odA^YI  (P). 

(10)  La  commémoration  de   l'ange  Gabriel  est   fixée,  dans  1-e  Syna.raire,  au 
tt  Tàhscliàsch. 


iMl';LAN(iES.  435 

Lorsque/ le  lai  eut  dit  ceci,  d/c  disparut  à  ses  ijeux  (l). 
Aussitôt  il  se  réjouit  d'une  grande  joie  et  il  étalj/it  la  fête 
de  r Annonciation  selon  ce  jour,  le  22  Tàhschnscli,  liait  jours 
avant  la  fête  de  la  Nativité.  Le, peuple  se  réjouit  cVune 
grande  joie.  A  partir  de  cette  époque  (2),  ftft  établie  la  fête 
de  V Annonciation  selon  ce  jour  jusqiiaujourd'fuii. 

Sylvain  GRiinAUT. 

Noufmarché  (Seine-Iufi'rioure),  le  7  Octolno  11U8. 


II 

SENTENCES  D'ÉVAGRIUS 

{Suite)  (3) 


TEXTE 
{Scriptio  contimm  dans  le  ms.) 
(F    19  1     1.,   in  inilio)  fliAi.^-'^nC  :   hïxf\d.  '-  ^Mn  •  i\h 

(1)  M.  à  m.  :  se  cacha  de  lui. 

(■J)  D'après  la  leçon  do  P.  Le  texte  do  A  i>orto  :  à  celle  époqtie. 
(3)  Cf.  ROC,  loio-l-JK,  p.  211. 

(1)  "inu  !  \\ao  :  ^••><(,"/rh  ',  indi(|ué  dans  le  texte  par  un  signe  de  renvoi,  se 
trouve  au  haut  du  loi. 


v_ 


136  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

\}im    :  ^tl-'i   :   (\à(i  -   (\Wl\X\    ■  flï'Thr«».C  :  'PS^'h  *  (F     19  V°  a) 

'ncyv*e.e^  ::= 

XAd  •  /^;'h  •  flï+.e.-A  :  5rq:Ah  i  XA()  •  '>*Pf  •  flï/.:'i'4»  '  h 
n*?^  •  "i^r*  •  (d-aiia  i  (i)  tn^'i'i  •  n^A  •  m'î/*'/"  ■  -ivh. 

<:nrh  :  '>*p^.  :  A4-;h  •  ?»^h  •  Afl>-'>/n  : 

h  :  ndA'i-  •  hM'Ch?"P  •  fihnu.h'i  :  K^d-ii  ■  Tncii-f-ti  i 

*7flC  î  ipÇf  :  h<wi  :  ;h  (F.  19  v"  b)  tli-CK  '  (\9^*n^^  •  I*' 

V^  :  4'.fl"'ÏU-  !  (DhoD  :  ^ïh^  :  JÇ-Afll  ••  fl>d<.f  •  rAA  '-  ^K.' 
^1  l  hhao  :  ipO/A.  ■  /^-dA  ■  ^f^oo  :  ^«Vrtï  ••  /^dA  ■  .fth 
flJ-^  î  (3)  K^é,  •  h<w  :  70^  :  Vfl>-C  :  flïh'W'tl  :  '^</DAA  :  h 
^-/-Jr    î  \\aD   :   /wAi-I^C   î   n^.''n(\C  :   M'A"  -•  l*»^^'/''  î  Uod  t 

rh  !  ;hA.s'h  ï  ©nTn-flh  •  (4)  h^^  :  ^.^n?ii  •  dne  *  i*'V^ 

•l:h  1 

fllA-nh    :     l'tli.   :  l^f,\9'l:U'  •   A?i'7ll.K'nrli.C  •■  h<w>  !  /2,ïb-}  :   C 

(1)  >iî'"'V'PP  :  «^Aî»"  :  fli-nôA  î  est  en  surcliarge.  - 

(2)  (H  est  en  surcharge. 

(3)  Oh  est  en  surcharge. 
(1)  fl  est  en  surcharge. 


MÉLANGES.  l'M 

(V  :  C?ifth  :    l    mïxi^Wax*'  :  A'*fl>-''7'>  •  n  (I    20  1    a)  '1|-.i 

ïh'>  :  >hy.  •  îir'JAr  ■  An-  •  \\an  -.  (2)  ^^.i.-tiv  •  oikç^'c? 


TRADUCTION 

(F.  19  1°  b,  in  initiu)  AV  fais  pas  mille  règles  dans  la  con- 
naissance de  toi-même,  mais  deviens  par  elle  lliomme  du 
Seigneur. 

Sois  humble,  afin  d'être  êleré.ySois  pauvre,  afin  de  devenir 
riche.  Sois  affame,  afin  cVètre  rassasié  de  la  richesse  du  Sei- 
gneur. Aie  soif,  afin  d^être  abreuvé.  Allège  le  fardeau  de  la 
nourriture,  afin  de  bien  le  porter. 

Humilie-toi,  afin  d'être  honoré.  Meurs,  afni  de  vivre. 
Pleure,  afin  de  le  réjouir.  Veille,  afin  de  briller  par  la 
science.  Prie,  afin  d'être  sauvé.  Jeûne  beaucoup,  afin  /jue  le 
Seigneur  te  pardonne  tous  tes  péchés. 

Cherche,  afin  de  trouver.  Cours  donc  voyager  (o),  afin  de 
gagner.  Donne  et  on  te  donnera.  Enseigne,  afin  qu'on  l'en- 
seigne. Porte  la  croix  de  ta  mort,  afin  de  devenir  riche  en 
ton  âme  et  d'aller  dans  le  chemin  (F.  19  v"  a)  des  lumineux  (  1). 

Hais    ta,   chair  et   sanctifie  ton   âme.  Hais  la  fortune  et 

(1)  <n fl?i'ï/"''Ji*  !  C>iflYi  !,  indique''  par  un  signe  clo  renvoi,  se  trouve  au  haut 
(lu  loi. 
i'I)  Xiao  est  en  surcliarge. 

(■î)  >7„Çr  signilie  ici  [my âge)- pour)  faire  du  commerce. 
(4)  'flC'/Vi;^'>  est  une  ('pitliète  appliquée  souvMit  aux  lions  anges. 


438  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

éloigne-toi  des  biens  du  monde  et  de  la  richesse.  Répudie  te 
riche  et  reclierche  i humble.  Abandonne  la  concupiscence 
naturelle  et  toutes  ses  pensées,  afrn  de  devenir  ylorieuj- 
auprès  du  Seigneur.  Rejette  (loin)  de  toi  tout  ga ni  d'argent. 
Étends  ta  main,  pour  donner: 

Mens  le  matin  vers  {le  Seigneur,  afin  de  prier).  Pleure  sur 
ton  âme  tous  les  jours  de  ta  vie,  afin  de  trouver  miséricorde 
au  jour  du  jugement  ([ui  viendra.  Supporte  la  pauvreté  et 
l'opprobre  sur  la  volonté  de  ton  âme  et  de  ton  propre  gré, 
afin  de  ne  pas  deveni)'  assoiffé  comme  l'iiomme  riclie,  dont  la 
demande  ne  fut  pas  agréée. 

Hais  ton  âme,  tant  que  tu  le  trouveras  vivant  dans  ta 
chair,  afin  de  devenir  vivant  dans  ta  chair  et  afin  de  deve- 
nir vivant  dans  ton  esprit  au  jour  de  rapparition  de  Notre- 
Seigneur  Jésus-Clirist. 

Fais  le  bien,  afin  (F.  19  v"  b)  d'apparaître  avec  dm  œu- 
vres de  bien  devant  (le  Seigneur)  et  afin  d'être  pesé  et 
(compté)  égal  avec  les  justes.  En  effet,  le  peintre  d'une 
image,  s  il  a  détérioré  l'image,  devient  sacrilège  comme 
l'auteur  d'une  tacite.  Pareillement  devienssemblahlejoi aussi, 
à  l'ouvrier  qui  fabrique  toutes  (sortes  de)  bonnes  (choses), 
afin  que  tes  œuvres  apparaissent  bon  nés  dans  ta  personne(\), 
que  (par)  tes  actions  apparaisse  la  pureté  de  ton  intelligence 
et  que  par  ta  sagesse  la  grandeur  de  tes  bonnes  (anivres) 
soit  proclamée  bienheureuse. 

Considère  (2)  le  jugement  avec  V effusion  de  tes  larmes  et 
de  ta  crainte.  Prêclie  l'espérance  des  bienfaits  du  Seigneur, 
afin  que  ton  espérance  devienne  droite  aujjrès  de  lui.  Fais 
taire  les  bavards  par  ton  silence.  Reprends  les  malins  par 
ta  patience.  Console  les  péc/ieurs  et  les  Jiumbles  par  ton 
humilité  et  par  ravilissement  de  toi-même.  Réveille  les 
endormis  par  (F.  20  r"  a)  ta  vigilance. 

Scrute-toi   toi-même.   Répudie   les    hommes    riclies,    qui 
tJiésaurisent.  Sois  étranger  au  monde  (et)  comprends  que 
'ses  pompes  et  son  amour  amèneront  le  supplice  (éternel). 

(1)  Le  mot  a»A1f)A,  image,  désigne  quelquefois  l'une  des  trois  pei^teonnes 
divines.  Il  semble  avoir  ici  le  sens  de  personne,  iVindiriclu. 

{i)  La  forme  hft-|-W»fl»}\,  IV,  2  n'est  pas  mentionnée  dans  le  Le.r.  ael/i.  de 
Dillinann. 


.MÉLANGES.  i:>î> 

Cours  et  lutte  à  la  course  pour  tu  pénitence.  Fais  reposer 
ton  (Une  du  barfirdage.  Garde-toi  de  la  toquacité  et  du  l>aliil- 
lage,  sans  profit  p(nir  ton  ànte.  Mais  donne  gloire  au  Sei- 
(jneirr,  qui  connaît  tes  secrets  du  ciuur  (1). 

(A   suivre.) 

Sylvain  Grébai  r. 

Neiifmarclu''  (Seiiie-Inieri(^uro).  le  G  Novembre  IKlS. 


III 

CONTRIBUTIOxXS  A  LA  PHILOLOGIE  ÉTHIOPIENNE 


Tout  éthiopisant  sait  que  la  tinimmatik  der  dthiopischen 
Sprac/ie  (2)  et  le  Le.ricon  tingiiae  aetlnopicae  (3)  de  A.  Dill- 
inann  sont  d'incontestables  cl lefs-d 'œuvre.  Néanmoins,  ces  deux 
ouvrages  ne  vont  pas  sans  lacunes.  C'est  pour  combler  cer- 
taines d'entre  elles  que  nous  rédigeons,  sous  le  titre  de  Contri- 
butions à  la  philologie  éthiopienne,  une  série  de  courtes 
notices,  qui  seront  insérées  dans  la  Revue  de  V Orient  chré- 
tien. 

Les  textes,  sur  lesquels  travailler,  nous  ont  été  fournis  en 
abondance.  En  effet,  depuis  plus  de  di\  ans  AP''  Graffm,  sur 
les  indications  de  M.  F.  Nau,  n'a  cessé  de  nous  envoyer,  avec 
une  extrême  bienveillance,  de  nombreuses  photographies  de 
mss.  éthiopiens.  Qu'ici  soient  remerciés  ces  deux  savants,  qui 
font  tant  progresser  l'orientalisme  I 

I.  —  GRAMMAIRE. 

{Additions  à  Tédition,  donnée  par  Carl  Bezold,  de  la  (inaji- 
matik  der  ulhiopischen  SpracJie  de  A.  Dill:\ia\x.) 

(1)  31.  à  111.  :  qui  est  celui  qui  connaii  le  cœur  niché. 

ii)  Z\v<Mte  vorbesserte  und  verniclirteAui(]agevoii  Dr.  C ahi.  Bezoi.d,  Leipzig,  I8i:)9. 

:.■-.)  Lipsiae,  iMDCCCLXV. 


110  REVUE    DE    L  ORIENT    CHRÉTIEN. 


CONTRIBUTldN    A   L  ETL'DK   DE    LA    l'Rnpi  iSlTIoN    FINALE. 
La  particule  proclitique  A,  en  tant  que  conjonction  finale  régulière. 

Nous  formulons  la  loi  grammaticale  suivante  :  La  proposi- 
tion finale  s'iniroduii  normalement  par  le  moyen  de  la  con- 
jonction proclitique  A,  suivie  du  subjonctif. 

L'idée  de  but  est  nettement  exprimée.  La  conjonction  A  si- 
gnifie par  conséquent  :  afin  que,  pour  que.  Son  emploi,  certes, 
est  beaucoup  moins  fréquent  que  celui  de  \\aD^  qui  reste  la 
conjonction  finale  ordinaire.  Toutefois,  A  ne  le  cède  à  h<w»  sous 
aucun  rapport,  ni  en  force  sémantique,  ni  au  point  de  vue  de 
•  la  régularité  de  la  construction.  C'est  uniquement  par  son 
usage  restreint  que  A  diffère  de  \\ao, 

Dillmann  et  Bezold  se  sont  donc  trompés,  en  indiquant  comme 
purementaccidentel  ou  erratique  l'emploi  de  A,  en  tant  que  con- 
jonction finale,  alors  qu'il  est,  au  contraire,  tout  à  fait  régulier, 
aussi  bien  sous  le  rapport  du  sens  que  sous  celui  de  la  fonction, 
pour  exprimer  l'idée  de  but. 

Dans  la  Grammatik,  p.  175,  après  avoir  énuméré  les  diverses 
manières  d'énoncer  la  proposition  finale  (  1  ),  ils  ajoutent  :  «  Selbst 
A  wird  —X\ao  -.  gebraucht,  z.  B.  nh'ilY'  •■  A^»^*7/^  •■  Jer.37, 
1  Frcf.  » 

(I)  Dillmann  et  Bezold  n'indiquent  pas  le  rùle  du  «b  oopulatif  qui,  placé  devant 
le  subjonctif,  sert  à  l'unir  au  verbe  principal  plus:  ('■irniicmcnl  qu'en  l'absence  de 
toute  conjonction  (...  "  durcli  den  unverinittelten  engangeschlossenen  Subjunc- 
tiv  »,  op.  cit.,  p.  475).  M.  CJiaîne  mentionne  simplement  la  présence  du  fli,  sans 
préciser  davantage.  Il  use  d'une  expression  inexacte,  en  disant  que  ■■  la  conjonc- 
tion to  peut  remplacer  la  conjonction  Yl<n»  ••■  Cf.  Jl.  Cu  \îne,  Grammaire  éthio- 
pienne, p.  iiÀ.  fli  n'est  pas  une  conjonction  finale.  Il  ne  peut  donc  pas  sesubstituer 
à  YiflD.  Il  ne  fait  que  mettre  en  relief,  en  la  renfon-ant  (ordre  expressif),  l'idée  de 
/in  impliquée  dans  le  subjonctif.  — [Il  n'est  pas  du  tout  dans  notre  intention  de 
critiquer  la  Grammaire  éthiopienne  de  M.  Chaîne.  Nous  estimons,  au  contraire, 
que  cette  grammaire,  excellent  travail  de  vulgarisation,  rendra  les  plus  grands 
services  aux  commençants.  En  effet,  ■■  aider  les  débutants  dans  l'étude  de  la 
langue  éthiopienne  •>,  op.  cit.,  p.  m,  a  été  l'unique  but  de  M.  Chaîne].  —  Dill- 
mann et  Bezold  n'indiquent  pas  non  plus  que  l'infinitif  à  l'accusatif  sert  à  ex- 
primer l'idée  de  but.  M.  Chaîne  mentionne  l'infinitif,  mais  ne  précise  pas  qu'il 
doit  se  trouver  à  l'accusatif. 


MÉLANGES.  1  U 

Dans  le  Lexicoit,  col,  21,  Dillrnann  dit  :  A  «  conjunciio  insc- 
ixtrabilis  (sicut  J  Arabum),  c.  c.  subjunctivo  verl»i  nokijussivi 
rel  cn/iorfativi,  latine  iniperativo  vel  subjunctivo  reddenda  est . . . 
Praecipuo  in  usu  est  ante  priuiam  et  tertiani  personam  verbi  : 
A.ftll'^  •■  't\C/'i  '  l'iot  lu.r!  Gen.  1,3...  '^euX  quamvis  usus  hujus 
conjunctionis  ad  enuntiationes  simplices  casque,  quae  alii  enun- 
tiationi  non  suhjunrtae  sint,  restrictus  esse  soleat,  tanien 
prima  ejus  notio  non  obstat,  quominus  A  ••  cum  subjunctivo 
sicut  \\ao  î  et  J  Ai'abuni)  alii  enuntiationi  subjungatur  : 
<»A'1*X*hA-y.  :  ^,:i'Al>A  !  }\^\\  ••  sed  ut  cum  de/wnes/es,  iio/i 
inanum  tuam  /o//ere  Fro\.  11),  18  (vers,  antiq.i  ». 

Aux  exemples  que  citent  Dillrnann  et  Bezold  nous  ajoutons 
le  suivant,  qui  est  tiré  des  Miracles  de  Jésus  (texte  inédit), 
dont  l'édition  est  en  cours  dans  la  Pa.trologia  Orienlalis 
Graffîn-Nau  :  35'  Miracle  {Institution  de  l^ Eucharistie); 
ms.  n"  108  d'Afihadic,  fol.  7(;  v**  b,  in  fine  :  ©Afl  '-  J&O.  •■  tf} 

i  :  h'Mf-  '  .e.^Vî^<.  :  hCf^Kif'  •  nn  (loi.  77  v"  a)  /?,ç-f:ir 

Lorsqu'il  [Jésus]  eut  dit  ceci,  ses  disciples  se  mirent  à  se 
regarder  entre  eux.  Judas  Iscariote  leur  dit  :  Il  nous  faut 
jeter  les  sorts  entre  nous  (2),  pour  voir  quel  est  celui  qui^  le 
livrera  (3)  d\enlre)  nous. 

Notre  exemple  est  péremptoire. 

[A  suivre.) 

Sylvain  Giîéhaut. 

Neul'niarché  (Seine-InlV'rieurc),  le  M  XiinciuIhv  I'.)18. 

il)  Variante  :  ms.  a»  2:;!<J  dWbljudh-,  loi.  7N  v"  h,  in  fuir  :  «i^n  s  .Rtl.  s   WrV  •• 

h-jiW  :  ^r.-s^..l^  :  .ft'iiv}\<.  :  fin.ftV-friro»'  :  fo.c.n.  (fol.  ;.t  i   ai  a-o»-  :  ,ftl^.''l  :  >,n 

*(?:t-'ll  ••  ,ftjÇArt»>  :  ï|t/i>  :  •V>"iflfl»'  !  A'Vn^.f.  :  an'/.  :  a»'>,-;:  :  irVI:  s  ll^/'d?»  : 
>,y"k>  :•:: 

(2)  Lo  scn.s  (le  réciprucUé  est  impll(|ité  dans  •y",i)in^  III,  :;. 
(:^)  Sens  de  Irahlv. 


BIBLIOGUAPIII-E 


J.  TiXERoNT,  Cours  de  Patrologie,  in-12"  .\ii-514  pages,  Paris,  Gabalda,  1918. 
.')  fr.  (avec  majoration  6  fr.)- 

M.  Tixeront  s'est  proposé  d'écrire  un  ouvrage  de  vulgarisation  pour 
faire  connaître  les  auteurs  chrétiens  des  sept  premiers  siècles.  11  s'étend 
assez  longuement  srir  les  auteurs  de  premier  ordre,  il  donne  une  appré- 
ciation de  leur  caractère,  de  leur  talent,  de  leur  stjie  avec  mention  à  peu 
près  complète  et  analyse  de  leurs  écrits. 

Dans  la  première  période  (trois  premiers  siècles)  il  traite  des  Pères 
apostoliques,  des  apologistes,  de  la  littérature  hérétique  et  apocryphe  et 
des  adv-ersaires  de  l'hérésie  au  ii'^  siècle,  puis  des  écrivains  orientaux  et 
occidentaux  au  \n^  siècle.  Dans  la  2''  période  (apogée  313-461)  il  traite  de 
la  littérature  grecque  hétérodoxe  et  des  écrivains  de  l'Egypte,  de  l'Asie 
Mineure  et  de  la  Thrace,  d'Antioche  et  de  la  Syrie,  de  langue  syriaque, 
et  de  rOccîdent. 

Enfin  dans  la  troisième  péi'iode  (décadence  401-750)  il  traite,  en  trois 
cliapitres,  des  Grecs.,  des  écrivains  syriens  et  arméniens  et  des  écrivains 
latins.  Un  index  des  auteurs  termine  l'ouvrage. 

Les  littératures  grecque  et  latine  semblent  devoir  être  bientôt  épuisées. 
Au  début,  d'humbles  moines  donnaient  les  éditions  et  traductions  des  rares 
manuscrits  qui  étaient  à  leur  portée,  ils  les  dédiaient  aux  Mécènes  qui  en 
payaient  l'impression  et  trouvaient  peu  de  lecteurs.  Plus  tard,  les  grands 
ordres  religieux  qui  avaient  des  couvents  et  des  érudits  dans  les  diverses 
capitales  ont  pu  entreprendre  des  éditions  critiques  basées  sur  la  collation 
ou  la  copie  de  nombreux  manuscrits.  Migne  (après  quelques  essais  anté- 
rieurs) s'est  proposé  de  tout  compiler  dans  sa  collection.  Aujourd'hui,  il 
ne  reste  plus  guère  aux  nombreuses  académies,  et  aux  nombreux  profes- 
seurs, rentes  et  patentés  pour  cause  de  grec  et  de  latin,  qu'à  rédiger  des 
dissertations  inaugurales  et  à  changer  quelques  mots  et  quelques  accents 
dans  les  édifions  antérieures. 

Nous  ne  somaiies  pas  aussi  avancés  pour  les  littératures  orientales.  Sans 
parler  des  nombreux  ouvrages  inédits,  comme  le  traité  de  Théodore  de 
Mopsueste  sur  l'Incarnation  (p.  262)  retrouvé  par  M^''  Scher  et  annoncé 
par  lui  "à  l'Académi.e  des  Inscriptions,  M.  Tixeront  cite  des  ouvrages  édités 
et  non  traduits,  comme  Isaac  d'Antioche,  p.  293,  Sahdona,  p.  426,  et  les 
cinq  volumes  d'homélies  de  Jacques  de  Saroug,  p.  427,  édités  par  l'infati- 
gable père  Paul  Bedjan,  souvent  d'après  des  photographies  de  manuscrits 


BfBLIOfiKAI'MH':.  ■  1  13 

prêtées  par  Ms""  Graffin.  Il  y  a  là  de  nombreux  sujets  de  travaux  pour  nos 
^successeurs,  après  quoi  il  restera  encore  à  édaircir  et  à  syniliétiser  les 
enseignements  dogmatiques,  canoniques,  moraux,  historiques  et  exégéti- 
ques  contenus  dans  les  documents  enlin  traduits,  ("est  ainsi  que  notre 
traduction  de  tous  les  monuments  de  l'ancienne  littérature  canonique 
syriaque  (Didascalie,  octateuque,  canons  d'Addaï.  do  Kablxnila.  de  Jean  de 
Telia,  de  Jacques  d'1-Messe,  etc.,  quatre  fascicules,  librairie  Lethielleuxi  per- 
met de  poursuivre  Tétude  de  la  formation  des  collection.?  canoniques  : 
Ce  n'est  pas  la  DidacJié  «jui  a  été  visée  par  saint  .Uhanase  (p.  ".^G)  mais 
l'écrit  grec  de  même  titre  en  syriaque  (traduit  du  grec)  nommé  aussi 
Constitution  apostolicpie  égyptienne,  p.  134,  qui  a  été  connu  de  tout  l'uni- 
vers chrétien,  puisqu'il  a  été  traduit  en  copte,  en  syriaque,  en  éthiopien 
et  en  latin.  11  forme  le  livre  111  de  l'octateuque  syrien  (voir  notre  traduc- 
tion dans  :  Ancienne  litlrmliirc  ranonù/nc  syriaque.  ïa&c.  iv,  Paris,  Letl  lel- 
leux,  1913,  p.  7S-85). 

Il  faut  d'ailleurs  étudier  les  sources  indépendamment  des  compilations 
qui  les  ont  synthétisées  et  remaniées.  Toutes  les  églises  qui  avaient  pré- 
tention à  l'apostolicité  devaient  tenir  que  leurs  règlements  (canons  et 
leurs  liturgies  ou  ordonnances  (constitutions)  étaient  apostoliques.  On  a 
dû  éprouver  assez  tôt  le  besoin  d'un  coutumier  écrit,  et  le  rédacteur  du 
coutumier  d'une  église  apostolique  l'a  fait  remonter,  en  toute  bonne  foi, 
aux  apôtres.  Quelques  détails  récents  dans  la  rédaction  qui  nous  est  par- 
venue ne  prouvent  même  pas  que  le  coutumier  n'est  pas  plus  ancien,  car 
le  propre  des  livres  usuels  (chaque  évêque  transcrivait  le  sien)  est  d'être 
tenu  à  jour  par  de  légères  retouches.  11  a  fallu  la  paix  de  l'Eglise  (peut- 
être  Constantin)  pour  qne  les  coutumiers  soient  cristallisés.  Après  cela.  ii. 
la  faveur  des  voyages  et  surtout  des  conciles  où  chaque  évéque  apportait 
ses  livres,  sont  venues  les  compilatio;is  et  les  traductions.  Des  documents 
analogues,  provenant  d'églises  différentes,  ont  été  mis  bout  à  bout.  Trois 
de  ces  compilations  sont  particulièrement  célèbres  :  Toctateuque,  les  cons- 
titutions apostoliques  (en  huit  livres  aussi),  p.  280,  et  les  127  canons  coptes 
arabes.  Toutes  trois  sont  attribuées  à  Clément  de  Home.  Pour  classer  ces 
compilations  (et  non  leurs  sources)  nous  avons  fait  remarquer  que  toutes 
trois  portent  à  la  fin  un  même  canon  qui  énumère  les  livres  du  Nouveau 
Testament  et  leur  ajoute  (comme  livres  canoniques)  les  huit  livres  de 
Clément.  La  compilation,  la  plus  ancienne  des  trois  -est  donc  celle  qui 
comprend  huit  livres  de  Clément  pouvant  être  mis  à  la  suite  du  Nouveau 
Testament.  Ce  n'est  pas  le  cas  des  127  canons  coptes  arabes,  qui  n'étaient 
})as  à  l'origine)  divisés  en  huit  livres.  Ce  n'est  pas  le  cas  non  plus  des 
liuit  livres  des  constitutions  apostoliques,  cjir  leur  volume  (ils  comjjren- 
nent  toute  la  didascalie)  ne  permettait  pas  de  les  mettre  à  la  suite  de  la 
Bible  et  nous  ne  croyons  pas  qu'on  les  y  ait  vus  une  seule  fois.  L'octateu- 
que syrien  au  contraire  est  assez  peu  considérable  i)our  qu'on  puisse  le 
mettre  à  la  fin  des  Bibles  et,  de  fait,  se  trouve  encore  à  la  suite  de  la  Bible 
dans  quatre  manuscrits  syriaques  que  nous  avons  fait  connaître  {lac.  cit., 
p.  ft-7).  L'octateuque  est  donc  la  plus  ancienne  compilation  des  trois  et  les 
deux  autres  en    sont  des   imitations,  fait   qui  laisse   entière   d'ailleurs. 


144  HEVLK'DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

comme  nous  l'avons  dit.  la  question  de  rantiquité  relative  des  sources 
auisi  compilées. 

■  Il  y  a  d'ailleurs  deux  apocalypses  de  Pierre,  p.  93;  l'ancienne,  dont  on  a 
retrouvé  la  moitié  dans  un  manuscrit  d'Aklimim,  existe  plus  complète  et 
en  meilleure  forme  dans  un  écrit  éthiopien  (la  seconde  venue  du  Christ, 
t.  XV)  traduit  par  M.  Grébaut  dans  la  Hemie  de  l'Orient  chrétien  : 
M.  James  a  eu  le  mérite  de  faire  cette  découverte  et  de  la  mettre  en  relief. 
Xous  ne  chercherons  pas  d'ailleurs  à  signaler  ce  que  les  éditions  données 
dans  la  Revue  de  VOrienl  chrétien  et  dans  la  Patrologie  orientale,  dues  à 
rintelligente  initiative  de  M^'-  Graffin,  ajoutent  à  l'histoire  des  littératures 
chrétiennes  (forme  plus  ancienne  du  Testamentrim,  évangile  copte  de 
Nicodème.  documents  monophysites  et  nestoriens,  etc.);  il  nous  suffit  d'af- 
firmer l'importance  de  ces  deux  recueils  et  de  souhaiter  que  certains 
lecteurs  du  précis  de  M.  Tixeront  s'éprennent  de  ces  études  désinté" 
ressées  et  continuent  l'œuvre  si  bien  commencée  et  poursuivie  par 
Më'-  (iraffin. 

F.  Nau. 

Dictionnaire  abrégé  Touareg  imncais  (dialecte  Ahaggar)  du  Père  de  Fou- 
cauld,  publié  par  M.  René  Basset,  doyen  de  la  faculté  des  lettres  d'Alger, 
Alger,  Jourdan,  1918,  tome  I,  652  pages. 

Le  Père  de  Foucauld,  missionnaire  au  Sahara  pendant  plus  de  vingt  ans 
et  en  'contact  continuel  avec  toutes  les  classes  de  Touareg,  du  Touat  ou 
Niger,  avait  rédigé  divers  travaux  lexicographiques  ou  de  grammaire  et, 
en  particulier,  le  présent  dictionnaire,  dont  il  avait  remis  le  manuscrit  à 
M.  René  Basset,  en  1913,  à  son  dernier  voyage  en  l'rance. 

La  guerre  est  survenue  et  le  Père  de  Foucauld  a  été  massacré  à 
Tamanghasset,  par  une  bande  de  Touareg  affiliés  aux  Senoussis,  mais  son 
œuvre,  grâce  au  savant  doyen  de  la  faculté  des  lettres  d'Alger-,  est  mise  à 
la  portée  des  administrateurs  des  territoires  touareg,  des  négociants  et 
des  savants. 

Le  tome  l^^''  semble  renfermer  la  moitié  du  dictionnaire,  car  il  contient 
la  moitié  des  lettres.  Les  mots  sont  placés  d'après  leur  racine,  ils  sont 
écrits  en  caractères  touareg  avec  leur  prononciation,  la  prononciation 
de  leurs  dérivés  et  leurs  divers  sens.  C'est  un  instrument  de  travail 
qu'il  est  intéressant  de  signaler  aux  amateurs  de  philologie  comparée. 

F.  Nau. 

F.  Nau,   Réuélations  et  Légendes,   Méthodius  —  Clément  —    Andronicus, 
extrait  du  Journal  Asiatique,  Mai-Juin  1917,  59  pagos.  Paris,  Picard,  3  fr. 

M.  Nau  —  avant  la  guerre  —  consacrait  ses  loisirs  de  professeur  de 
mathémati(iue3  et  ses  vacances  à  hâter  la  vulgarisation  des  littératures 
chrétiennes  orientales.  Parti  des  quelques  astrouomies  et  cosmographies 


BIBLIOGRAPHIE.  445 

conservées  en  langue  syriaque  (1),  il  passait  de  là  faute  d'autre  matière 
strictement  scientifique)  aux  textes  canoniques,  historiques  et  tliéologiques. 
Il  choisissait  certains  textes  inédits  (manuscrits  ou  inscriptions),  les  trans- 
crivait, les  éditait,  les  traduisait  et  leur  rattachait  les  textes  déjà  connus 
et  le!s  études  déjà  faites  pour  en  tirer  des  solutions  nouvelles  ou  s'en  servir 
pour  esquisser  de  remarquables  essais  de  synthèse.  C'est  ainsi  que,  grâce 
aux  persévérantes  études  de  M.  Nau,  qui  témoignent  d'une  inlassable  acti- 
vité, sur  la  personne  et  l'œuvre  de  Nestorius  {Livre  d'/Iéraclide);  sur  la 
diffusi'on  du  nestorianisme  en  Extrême-Orient,  à  l'occasion  de  la  décou- 
verte, dans  le  Turkestan,  de  cimetières  nestoricns  et  des  fouilles  des  mis- 
sions allemandes,  anglaises,  françaises  et  russes  {L'Expansion  nesto- 
rienne  en  Asie):  sur  les  calendriers  syriaques  {Uti  Martyrologe  et  Douze 
Mènologes  syriaques,  P.  0.,  t.  X,  f.  1),  l'orientalisme  a  fait  sur  ces  divers 
points  —  je  ne  cite  que  quelques  exemples  —  de  sensibles  progrès. 

Les  Uévèlations  et  Légendes  çont  contaies  d'après  le  même  esprit  syn- 
thétique. M.  Otto  Bardenhewer  écrit  que  «  Hevelationes  sancti  Methodii 
est  le  titre  d'un  livre  d'oracles  ou  d'une- vision  politique...  qui  est  consi- 
déré par  les  chercheurs  de  ces  dernières  années  comme  l'un  des  plus 
importants  documents  pour  l'histoire  des  idées  politiques  du  ww  au 
xv*^  siècle  »  (p.  3-4).  M.  Nau  donne  «  un  texte  syriaque  inédit  qui  a  con- 
servé en  plusieurs  endroits  les  caractères  du  texte  original,  mieux  que 
tous  les  textes  édités  jusqu'ici  »  (p.  7).  L'édition  se  trouve  établie  «  d'après 
le  manuscrit  350  (A)  (ms.  syriaque  de  Paris,  fol.  98-105),  avec  les  variantes 
du  manuscrit  de  Cambridge  (Cj  [add.  2054)  et  des  notes  empruntées  à 
Salomon  de  Bassora,  The  Book  of  t/ie  Bee,  édition  Budge  (B)  »  (p.  13).  Les 
nombreuses  notes  philologiques,  historiques  et  critiques,  d'un  tour  si  pré- 
cis, sont  fort  suggestives.  —  Détail  d'onomastique.  La  version  étliiopienne 
de  la  Caverne  des  Ti'ésors  —  cette  légende  fut  l'une  des  sources  du 
pseudo-Méthodius  —  écrit  ainsi  les  noms  des  sœurs  d'Abel  et  de  Caïn  : 
'Aqlàmyâ  et  Loud  (S.  Gréiîalt,  Le  Qalêtnentos,  livres  premier  et  deuxième, 
p.  17),  alors  que  le  texte  syriaque  de  W.  Budge,  The  Book  of  the  Bee, 
porte  :  Kélêmal  et  Lebôdà  ;  celui  de  Méthodius  de  Patara,  cité  par  Michel 
le  Syrien  :  Kélêmià  et  Lebôdà  (lecture  confirmée  par  Bar  Hébraeus)  :  la 
version  latine  :  Calmana  et  Debbora.  («  L'intermédiaire  grec  explique  la 
transformation  de  L  en  D...  La  version  latine  du  pseudo-Méthodius  a 
transmis  les  noms  Calmana  et  Debbora  au  Livre  d'Adam  et  à  toutes  les 
littératures  occidentales  »)  (p.  4,  note  2).  Le  B  syriaque,  vocalisé  0,  s'est 

(1)  Le  livre  de  Vascensiun  de  l'esprit  sur  la  forme  du  ciel  et  de  la  terre,  cours 
d'astronomie  rédige  en  1270  par  Grégoii-e  Bar  Hébraeus,  Paris,  1899  (121'  fasci- 
cule de  la  Bibliothèque  de  l'école  des  Hautes  Études;  I"  partie,  texte  syriaque; 
2"  partie,  traduction  française;  257,  .\xn  et  200  pages).  —  Le  (railc  sur  Vaslro- 
labe  plan,  écrit  par  Sévère  Sabokt  au  vu"  siècle,  Paris,  1899,  116  pages.  —  Bar- 
desane  l'astrologue.  Le  livre  des  lois  des  pays,  Paris,  1899,  trad.  62  pages.  — 
Notice  sur  le  livre  des  trésors  de  .Jacques  de  Bartela,  évèque  de  Tagrit  au 
xir  siècle  (cosmographie  syriaque),  Paris,  1896,  18  pages  (extrait  du  Journal 
Asiatique,  Mars-Avi'il  1896),  etc. 


416  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN. 

chariii'é,  dans  la  version  éthiopienne,  sans  doute  par  l'intermédiaire  de 
l'arabe,  en  W  qui  s'est  lui-même  finalement  contracté  en  la  voyelle  loniiTie 
OU  [Lebàdà  =  Loud). 

Ce  que  j'ai  dit  au  début  de  cette  courte  recension  s'illustre  d'un  exem- 
ple siii-nificatif.  En  effet,  M.  Nau  termine  son  étude  sur  Les  Rérêlationx  de 
saint  Méthode  —  et  ceci  ne  contribue  pas  peu  à  rehausser  le  mérite  de 
ce  travail  si  intéressant  par  ailleurs  —  «  par  un  essai  de  synthèse  :  Du 
v^  au  yi""  siècle,  l'importance  de  la  ville  d'Édesse  et  le  mouvement  litté- 
raire, causé  dans  cette  région  par  les  écoles  rivales  de  Bardesane  et  de 
saint  Ephrem  et  par  divers  hérésiarques,  firent  naître  de  nombreux 
ouvrages  :  poésies, «traductions  du  grec,  actes  apocryphes,  romans,  parmi 
lesquels  la  Caverne  des  trésors...  adaptation  de  la  Genèse,  le  Roman  de 
Julien,  le  Roman  d'Alexandre...  et  diverses  pièces  ou  prophéties  relatives 
aux  Huns  qui  avaient  ravagé  l'Orient  jusqu'à  Edesse  en  396,  et  à  l'Anté- 
christ, qui  devait  les  suivre.  Ce  ne  fut  pas  l'Antéchrist  qui  suivit  les  Huns, 
ce  fut  l'invasion  arabe.  On  interpola  donc  un  paragraplie  sur  les  Arabes 
avant  les  Huns  et  l'Antéchrist  et -on  obtint  ainsi  le  poème  De  Antichristo 
provenant  de  l'école  de  saint  Ephrem  et  attribué  dès  lors  à  saint  Ephrem... 
Un  remaniement  de  ce  poèm«  avec  incidents  empruntés  au  Roman  d'A- 
le.randre.  au  Roman  de  Julien  et  à  la  conversion  de  l'Ethiopie  an  mono- 
physisme  a  produit,  au  plus  toi  vers  6ô0.  le  pseudo-Méthode  syriaque... 
Cet  écrit  syriaque...  a  été  mis  en  grec  de  67G  à  678...  Cne  des  rédactions 
de  cet  ouvrage  grec  a  été  traduite  en  latin,...  elle  a  aussi  été  traduite  en 
syriaque...  Enfin  le  pseudo-Méthode  a  eu  des  adaptations  dans  toutes  les 
littératures  ». 

Sylvain  Gréiîaut. 

Ei'G.  Griselle,  docteur  es  lettres,  chanoine  honoraire  de  Beauvais, 
L'Arménie  martyre,  Paris,  Blood,  1916,  petit  8".  1"?8  pages  (Pages  actuelles 
n'>«  83-84). 

Après  quehjues  chapitres  pour  placer  les  questions  actuelles  dans  leur 
cadre  géographique,  ethnographique  et  historique,  l'auteur  donne  un 
exposé  de  la  question  arménienne  et  des  massacres  périodiques  dont  les 
Arméniens  ont  été  victimes  sous  Abd-ul-Hamid  (1891-1896)  et  de  1909-1915. 
11  ajoute  un  index  alphabétique  et  des  pièces  justificatives  extraites  du 
L.ivre  jaune.  Notons,  à  la  p.  121,  l'annonce  du  meurtre  de  Ms^  Schor  connu 
de  nos  lecteurs  par  les  articles  qu'il  a  publiés  dans  la  ROC.  en  1906  sqq. 

F.  N. 


TARLE  DES  MATIERES 

CONTENUES  DANS  CE  VOLT^IE 


I.  —  RÉSUMÉ   DE    MONOGRAPHIES  SYRIAQUES,  par  F.  Nau 3 

II.  —  TRADUCTION  DU  QALÈMEXTOS,    par  S.    Grébaut :.:;.     1-2 1 

III.  —  DISCOURS  DE  PISENTÎIIUS  SUR  SAINT   ONNOPIIRl  US.  par /W.- 

E.  Crum o^ 

IV.  -  IN  TEXTE  ÉTHIOPIEN   DU  SYMBOLE  DE  SAINT  ATIIANASE,    par 

H.  Guerrier 08,  133 

V.  —  LA  LETTRE  ET  LA  NOTICE  FINALE  DU  VIEILLARD  SPIRITUEL,  par 

S.  Grébaut 77 

VI.  —  LES  .MANUSCRITS  ÉTHIOPIENS  DE  M.  É.  DELORME.  par  S.  Gré- 
baut      8-2,    41)^; 

VIL   —  LA  DISCUSSION   D'UN   MOINE   ANTHROPOMORPIIITE  AVEC  LE 
PATRIARCHE  THÉOPHILE  r>"ALEXANDRIE,  par  Et.  Driotbn '.I2.   I  l:i 

VIII.  —  LES  MIRACLES  DU  SAINT  ENFANT  CYRIAQUE,  par  S.  Grébaut.      P2'.J 

IX.  —  RECUEIL  DE  TEXTES  ET  DE  DOCUMEXTS  SUR  LES  YÉZIDIS,  jiar 

F.  Nau  ot  J.  Tfinkdji 11;'.  -220 

X.  —    CATALOGUE    SOMMAIRE    DES    MANCSCRITS    DU    PÈRE    PAUL 
ASBATH ^ 2:-< 

XL  —  LA  CIVILISATIOX    DU  PEUPLE  SERBE   AU  MOM'.N  AGE.  par  St. 
Stanoyevitch 2s2 

XII.  —  UN  APOCRYPHE  ANTI-ARIEN,  LA  VERSION  COPTE  DE  LA  COR- 
RESr-ONDANCE  D'ABGAR 300,     337 

NUL  —  L'APOCALYPSE  DE  SAMUEL,  par  J.  Ziadeh 37  l 

XIV.  —  NOTE  SUR  L'APOCALYPSE  DE  SAMUEL,  par  F.  Nau Kif, 

XV.  —  UN  DISCOURS  .SUR  LA  VIER(;E  PAR   SÉVÉltE  D'ANTIOCIIE.  |..ir 

E.  Porcher ilO 


MELANGES 

I.  —  UNE  LISTE  DE  CIIRONOGRAPHES,  par  F.  Nau LOI 


448  TAIiLE    DES    .MATIÈRES. 

Patfcs. 
H.  —  LEQUEL  DES  IP.xN  EL-ASSAL  EST  L'AUTEUR  DU  NOMOCANOX,  par 
P.  Dib KM 

!IL  —  IX  FKAGMEXT  DE  MÉNOLOGE  ÉTHIOPIEN,  pai'  S.  Grébaut....     -JUl 

IV.  —  SENTENCES  ASCÉTIQUES.  -NOTES  DE  CHRONOLOGIE  BIBLIQUE. 

—  SENTENCES  D'ÉVAGHIUS,  par  S.  Grébaut.  .■ 207,     l:!ô 

V.  —  SUR  LES  YÉZIDIS  DU  SINDJAR,  par  H.  Pognon :JiS 

VI  —  INSTRUCTIONS, DE  DAVID  A  SALOMON,  par  L.  Leroy :W(i 

VII.  —  SUR  UNE  TRADUCTION  SYRIAQUE   DE  NÉMÉSIUS,  par  A.  Za- 
noUi 3:;:^ 

VIII.  -  LA  FÊTE  DE  L'ANNOXCLVriON  D'APRÈS  LE  SYN.4XAIRE  ÉTHIO- 
PIEN, par  S.  Grébaut i:!l 

IX.  —  CONTRIBUTION  A  LA  PHILOLOGIE  ÉTHIOPIENNE,  par  S.  Gré- 
baut      131» 

Bibliographie,  p.  110,  215.  331,  112,  voir  le  sommaiiv  iiifra,  p.  405-100. 


TABLE  S 


DE  LA  DEUXIÈME  SÉRIE 


Tomes  I  à  X  (XI  à  XX 


190G-1917 


ORIENT  ClIHÉTIEiV.  20 


I 

TABLE  DES  MATIÈRES 

DE    CHAQUE    FASCICULE 


DEUXIÈME  SÉRIE,  Tome  I  (XI)  —  1906. 

N°  1.  —  I.  M^'  Addaï  Scher.  Etude  supplétiieutaire  sui-  les  écrivains  s\-rieiis 
orientaux,  1.  —  II.  F.  Bouvier.  La  Syrie  à  la  veille  de  l'usui'pation  Tuhi- 
nide  (avant  878),  'Al.  —  III.  E.  Blochet.  Li's  moiinaios  mongoles  de  la  col- 
lection Docourdemanche,  50.  —  IV.  B.  Evetts.  Le  rite  copte  de  la  pri.sc 
d'habit  et  de  la  profession  monacale,  (iO.  —  V.  F.  Tournebize.  Histoire 
politique  et  religieuse  de  l'Arménie.  —  Les  Frères-Unis  de  saiiiL  (jrégoii'e 
riUuminateur,  74.  —  VI.  Mélanges  :  I.  E.  Mangenot.  L'origine  espagnole 
du  Filioqite,  02.  —  II.  L.  Delaporte.  Note  sur  de  nouveaux  fragments  salii- 
diques  du  Pasteur  d'Hermas,  101.  —  III.  F.  Nau.  Une  lettre  du  R.  V.  Cons- 
tantin Bâcha  sur  un  nouveau  manuscrit  carchouni  de  la  chronique  de 
Michel  et  sur  Théodore  Abou-Kurra,  102.—  VIL  Bibliographie.  K.  Klnstlk. 
Antipriscilliana  (E.  Mangenol).  —  Vacant-Mangenot.  Dictionnaire  de  théolo- 
gie catholique  (A.-Cr.).  —  Rév.  G.  Hornek.  The  service  of  a  Cluirch  (B. Eveils). 
—  René  Bassei'.  Ij's  apocryphes  étliiopiens  traduits  en  français  {F.  .Vau),  105. 

N"  3.  —  I.  E.  Blochet.  Les  monnaies  mongoles  de  la  collection  Decourde- 
manche  {fin),  113.  —  IL  B.  Evetts.  Le  rite  copte  de  la  prise  d'habit  et  de 
la  profession  monacale  (fin),  130.  —  III.  L.  Leroy.  Les  synagogues  des  juifs 
(Moïse  et  Élie  d'après  les  traditions  arabes),  te.\te  arabe  de  Makrizi  et  tra- 
duction française,  149.  —  IV.  F.  Tournebize.  Les  cent  dix-sept  accusations 
présentées  à  Benoît  XII  contre  les  Arméniens,  163.  —  V.  M^'  Addaï  Scher. 
Analyse  do  l'histoire  du  couvent  de  Sabiiso'  de  Beith  Qoqa,  182.  —  VI.  Mé- 
langes :  F.  Nau.  Notes  sur  les  mots  Tto/ixtxôç  et  tïo"ait£u6!j.£vo;  et  sur  plusieurs 
textes  grecs  relatifs  à  saint -Etienne,  198.  —  VIL  Bibliographie.  M«''  Joseph 
D,\RiAN.  Morphologie  de  la  langue  syriaque  (P.  Dlb).  —  F.  Ckawford  Burkmt. 
Early  eastern  Christianity  (4/'.  .4.  Kur/encr).  —  ('.  Buockelmann.  Syrische 
Grammatik  (/!/.  .4.  Kugener),  217.  —  Livres  nouveaux.  Francisco  Maria 
EsTEvES  PEREUiA.  Historia  de  Vcspasiano,  imperador  de  Roma,'  conforme 
a  edicao  de  U96.  —  H.  Antoine  Dard.  Chez  les  ennemis  d'Israël.  —  Gustak 
Kaklberc;.  La  grande  inscription  de  Ramsès  III  sur  le  temple  dii  Medi- 
net-habu  (en  suédois).  —  E.  Axdehsson.  Ausgewahlte  Bemerkungen  iiber  den 
Bohairischen  Dialekt  im  Pentateucli  Koptisch.  —  \.  G.  O.  F.  Ferm.ini;.  Le 
premier  chapitre  du  traité  Pireké  Aboth  de  la  Misclma  (en  suédois).  — Josué 
DE  Decker.  Contribution  à  l'étude  des  vies  de  Paul  de  Thébos,  220. 


452  RKVUK    1)K    l'oIîIKNT    CHRÉTIEN,    DEUXlÈiME   SKRIK. 

X"  3.  —  I.  J.  Bousquet.  Vie  d'Olynipias  la  diaconesse,  225.  —  II.  M.  Asin  y 
Palacios.  Description  d'un  manuscrit  arabe  chrétien  de  la  l)iblioîlii''que  de 
M.  Codera  (Le  poète  'Isa  el-llazar),  251.  —  III.  F.  Tournebize.  Les  cent  dix- 
sept  accusations  présentées  à  Benoît  Xll  contre  les  Arméniens  [suite),  274.  — 
IV.  L.  Delaporte.  Le  Pasteur  d'IIermas,  nouveaux  fragments  sahidiques, 
;iOI.  —  Le  rite  copte  de  la  prise  d'habit,  311.  —  V.3Iélanges  :  I.  F.  Nau.  Note 
sur  un  manuscrit  syriaque  (Commentaire  des  Psaumes  d'après  Théodore  de 
.Mopsueste)  appartenant  à  M.  Delaporte,  313.  —  II.  Amédée  Gastoué.  Cu- 

.  rieuses  annotations  de  quel(}ues  manuscrits  byzantins,  317.  —  111.  F.  Nau. 
Note  sur  les  mss.  de  Paris  qui  renferment  la  notice  biographique  d'Antio- 
clius,  moine  de  Saint-Sabba,  327.  —  VI.  Bibliographie.  Fr.  M.vrïin.  Le 
livre  d'Hénoch  traduit  sur  le  texte  éthiopien  {F.  Xau).  —  P.\ll  Maas.  Die 
Chronologie  der  Ilymnen  des  Romanos  (,/.  Bousquet).  —  Alexandre  Cart ai.- 
i.iERi,  Philipp  II  August,  Konig  von  Frankreich  {F.  Nau).  —  Don  H.  Lecler(  q. 
Les  martyrs,  t.  III,  IV,  V  {Dom  Placide  de  Meeslor),  331.  —  Livres  nou- 
veaux. L.  A.  FiLLioN.  Saint  Pierre.  —  RÉv.  G.  M.  Pope.  Handbook  of  tlio 
ordinary  Dialect  of  Ihe  Tamil  Language.  —  Lucas  Gelic.  Fontes  historici 
liturgiae  glagolito-roinanae  a  XIII  ad  XIV  saeculum.  —  Le  Pi:re  Bernard  Gha- 
ljaïra  ai.-Ghaziri.  Rome  et  l'église  syrienne  maronite  d'Antioche.  334. 

X"  4.  —  I.  I.  Guidi.  Textes  orientaux  inédits  du  martyre  de  .Judas  Gyriaque, 
évêquc  de  Jérusalem:  texte  éthiopien,  337.  —  II.  F.  Tournebize.  Les  cent 
di.x-sept  accusations  présentées  à  Benoît  XII  contre  les  Arméniens  (fin),  352. 
—  III.  L.  Leroy.  Les  synagogues  des  Juifs  (Moïse  et  Elle,  d'après  les  tradi- 
tions arabes)  {fin),  371.  —  IV.  A.  Scher.  Analyse  de  l'histoire  de  Rabban 
Bar  'Edta,  moine  nestorien  du  vr  siècle,  403.  —  Y.  Mélanges  :  I.  E.  Man- 
genot.  A  propos  des  curieuses  annotations  de  quelques  manuscrits  byzan- 
tins, 424.  —  11.  P.  Dib.  Note  sur  deux  ouvrages  apocryphes  arabes  intitulés  : 
Testament  de  Notre-Seigneur,  427.  —  III.  F.  Nau.  Note  sur  le  contenu  des 
manuscrits  palimpsestes  :  Paris,  suppl.  grec  48i»  et  Chartres,  n"  1754,  430.  — 
VI.  Chronique  :  L'Église  .Maronite  en  1905-1906  (A'.  Mo/dès).  432.  —  VIL  Bi- 
bliographie. Dragutin  N.  Anastasi.iewic.  Die  jiaranelischen  Alphabele  in  der 
(Irii'cldschen  Lileralur  (J.  Bousquet).  —  Dom  Feknand  Cacrol.  Les  origines 
liturgiques  {F.  Naii).  —  N.  A.  Kouznetsov.  Transformations  dans  l'Église 
Russe  (.4.  Malvy).  —  Université  Saint-Joseph.  .Alélanges  de  la  Faculté  orientale 
(F.  Xau).  —  Co.NSTANTiN  Bacha.  Edition  du  Livre  de  l'expulsion  de  la  tristesse, 
d'Élie  de  Nisibe  [F.  Nau),  440.  —  Livres  nouveaux.  F.  X.  Funk.  Dida- 
scalia  et  Constitutiones  apostolorum.  —  Dom  R.  II.  Connollv.  The  early  syriac 
Creed.  —  .Iugust  Haffner.  Texte  zur  arabischen  Lexicographie.  —  Louis 
Bréhier.  Les  Croisades.  —  II.  T.  F.  Duckwoutii.  Notes  on  Alexander  Palli's 
Romaic  Version  of  the  Neu  Testament  Canticles.  —  M.  Yiard.  La  Didascahe 
des  Apôtres.  —  J.  J.  Clamageran.  Correspondance  (1849  à  1902).  —  Christian 
Garnikr.  Méthode  de  transcription  rationnelle  générale  (T.  R.  G.)  des  noms 
géographiques,  443. 


'  Tome  II  (XII)  —   1907. 

N°  1.  —  I.  L.  Guerrier.  Un  «  Testament  (éthiopien)  de  Notre-Soigneur  et 
Sauveur  Jésus-Christ  »  en  Galilée,  1.  —  IL  M-'  Addaï  Scher.  Analyse  de 
l'Jiistoire  de  Rabban  bar  'Edta  {fin),  9.  —  III.  F.  Nau.  Analyse  de  deux 
opuscules  astrologiques  attribués  au  prophète  Esdras  et  d'un  calendrier 
lunaire  de  l'Ancien  Testament  attribué  à  Esdras,  aux  Égyptiens  et  même  à 


TABLK    DKS    MATI  KliKS.  453 

Arislote,  1 1.  —  IV.  F.  Tournebize.  Étiulo  sur  la  couversion  do  l'Armonie  au 
cliristianisme  ainsi  que  sur  la  doctrino  et  les  usages  de  l'église  aruiéuienne 
primitive,  2i.  —  V.  F.  Nau.  ilistoii'e  des  solitaires  égyptiens  (ms.  Coislin 
12G,  fol.  158  sqq.),  43.  —  VI.  S.  Vailhé.  Les  églises  Saint-Etienne  à  Jérusa- 
lem, 70.  —  VII.  Mélanges  :  I.  L.  Leroy.  Note  sur  deux  ouvrages  de  Sévèn» 
Ibn  aI-.Mo(iatTa  (Histoires  des  conciles),  '.lit.  —  II.  S.  Vailhé.  La  mosaïque 
de  la  transfiguration,  au  Siiiaï,  est-elle  d(>  .lustinien?  'Jti.  —  III.  F.  Nau.  Une 
ancienne  traduction  latine  du  Hélinous  arabe  (Apollonius  de  Tyaue)  faite 
par  Hugo  Sanctelliensis  et  con.servéc  dans  un  ms.  du  xii"  siècle,  99.  —  VIII. 
Bibliographie.  Ekwin  Preuschen.  Urchristentum  ini  Orient  von  F.  Craw- 
ford  Burkitt  (F.  .Van).  —  I.  Ephrem,  II.  Kaiimani.  S.  Ephraemi  hymni  de  Virgi- 
nitate  (/■'.  \au}.  —  E.  Mangexot.  L'authenticité  mosaïque  du  Pentateuque 
(/''.  Nau),  107.  —  Livres  nouveau.x.  A.  Malvv.  La  réforme  de  l'église  russe.  — 
lîyzantiaa  chronica,  t.  XIII,  fasc.  I.  —  Slavorum  litterae  Theologicae 
conspectus  perioilicus.  —  Pavel  Giduljanov.  Les  métropolites  des  trois  pre- 
miers siècles  (en  ru.sse).  —  Cultura  espafiola,  revue  trimé.strielle. 

N"  2.  —  I.  F.  Nau.  Les  Patrologies  syriaque  et  orientale  et  la  Picvue  de 
l'Orient  chi-étien,  113.  —  II.  E.  Porcher.  Sévère  d'Antioche  dans  la  litté- 
rature copte,  119.  —  III.  F.  Nau.  La  légende  des  saints  évoques  Héraclido 
Mnasou  et  Rhodan  ou  l'apostolicité  de  l'Église  de  Chypre,  125.  —  IV.  S.  Gré- 
baut.  Littérature  éthiopienne  pseudo-Clémentine,  139.  —  V.  Fr.  Tour- 
nebize. Étude  sur  la  conversion  de  l'Arménie  au  christianisme  ainsi  que  sur 
la  doctrine  et  les  usages  de  l'église  arménienne  primitive  {suite),  152.  — ■  VI. 
F.  Nau.  Histoires  des  solitaires  égyptiens  {suite),  171.  —  VII.  L.  Leroy. 
Les  églises  des  chrétiens,  traduction  de  l'arabe  d'al-Makrizi,  190..  —  VIII. 
Mélanges  :  Eug.  Tisserant.  Los  découvertes  archéologiques  en  Palestine,  à 
propos  d'un  livre  récent,  i()fô.  —  IX.  Bibliographie.  Van  den  Steex  de 
.Jehay.  De  la  situation  légale  des  sujets  ottomans  ou  musulmans  [J.  Bous- 
quet).—  Ed.  Sachau.  Syrisclie  Hechtsbiicher_  (l/.-.l.  Kugener).  — J.  Rosen- 
BEKG.  Phœnikisehe  Sprachlehre  und  Epigraphik  (A'.  Xau).  —  Charles  Dieiil. 
Études  byzantines  {F.  Nau).  —  Livres  nouveaux.  Cari.  Wesselv.  Sahi- 
dische  griechische  Psalmenfragmente.  —  P.yzantina  chronica,  t.  XIII,  2.  — 
Bulletin  de  l'Institut  archéologique  ru.sse  de  Constantinople,  t.  XI.  —  Laijri 
i'j.-Cx.  Kau>a.  Zur  syntaxe...  —  Publications  de  l'université  d'Lp.sal,  t.  IX.  — 
Eknst  von  Docei.n.  []\\  traité  de  grammaire  arabe.  —  P.  Bed.ian.  Homélies 
de  .Jacques  de  Saroug,  t.  11,217. 

X"  3.  —  I.  F.  Nau.  Une  didascalie  de  Xotre-Soigneur  Jésus-Christ  (ou  :  Consti- 
tutions des  saints,  apôtres),  225.  —  11.  J.  Bousquet.  Récit  de  Sergia  sur 
Olympias,  255.  —  III.  L.  Leroy.  Les  égHsos  des  chrétiens,  traduction  de 
l'arabe  d'al-Makrizi,  269.  —  IV.  Fr.  Tournebize.  Étude  sur  la  conversion 
de  l'Arménie  au  christianisme  {suite),  280.  —  V.  A.  Grébaut.  Littérature 
éthiopienne  pseudo-Clémentine.  Le  mystère  du  jugement  des  pécheurs 
{suite),  285.  —  VI.  S.  "Vailhé.  Saint  Euthymc  le  (jrand,  moine  de  Palestine 
(37(3-473),  298.  —  VIL  Mélanges  :  F.  Nau.  A  propos  d'une  édition  des 
féuvres  de  Schenoudi.  —  La  version  syriaque  des  prièi-es  de  Schenoudi,  de 
.lean  le  Xain,  de  Macaire  l'Égyptien  et  de  Si-rapion,  313.  —  VllI.  Biblio- 
graphie :  Li:  P.  Beccari  S.  J.  Rerum  aethiopicarum  scriptores  occiden- 
tales inedili,  t.  111  {René  Basset).  —  Franz  Ci  mont.  Les  religions  orientales 
dans  le  paganisme  romain  {M.-.4.  Kugener).  —  R.  Dlvai..  La  littérature 
syriaque  (/•'.  Xau).  —  Amédée  Gastoué.  Les  origines  du  chant  romain.  L'anti- 
phonaire  grégorien  [F.  Xau).  —  D.  C.  IIesseling.  Essai  sur  la  civilisation 
byzantine  {F.  iXau).  —  A.  Mai.i.on.  Grammaire  copte  (/•'.  A^^^O-  —  JL  CiiaIne. 


4."'>1  HKVUH    DE    l'oRIKNT    rlIRETIEN,    DKCXIKMK    SlMilK. 

(Iramiiiairc  (Hliiopiennc  (F.  Xau).  —  P.ai.  Schwen.  Al'raliat  [F.   Mau),  330. 
>;■■  1.  —  I.  s.  Vailhé.  Saint  Euthymo  le  Grand,  moine  de  Palestine  [suite),  337. 

—  II.  Fr.  Tournebize.  Étude  sur  la  conversion  de  l'Arménie  au  christia- 
nisme isuili'),  3Jjt».  —  111.  S.  Grébaut.  Le  mystère  du  jugement  des  pécheurs 
(te.xte  éthiopien,  traduction  française)  (mute),  380.  —  IV.  F.  Nau.  Histoires 
des  solitaires  égyptiens  (suite),  393.  —  V.  Fr.  M.-J.  Lagrange.  I.e  sanc- 
tuaire de  la  lapidation  de  saint  Etienne  à  Jérusalem,  414.  —  VI.  JL-langes  :  I. 
F.  Nau.  Traduction  de  la  chronique  syriaque  anonyme,  éditée  par  Sa  Béati- 
tude 'S\«'  Rahmani,  patriarche  des  syriens  catholiques,  129.  —  II.  F.  Nau. 
Note  sur  quelques  mss.  latins  de  l'invention  du  corps  de  saint  Etienne,  141. 

—  III.  F.  N.  Le  XV"  Congrès  international  des  Orientalistes,  411.  —  VII. 
Bibliographie.  Dom  Chr.  Baur,  0.  S.  B.  Saint  Jean  Chrysostome  et 
si's  (l'uvres  dans  l'histoire  littéraire  (F.  Xau).  —  Frtrrz  Pr.\dei,.  (iriechische 
und  suditalianische  gebete,  Beschworungen  und  Rezepte  des  mittelalter.s 
(/•'.  Nau).  —  R.  P.  J.  R.  Rebol'rs,  Traité  de  psaltique  (Arnédée  (lasloué).  — 
R.  P.  J.  Thibaut,  origine  byzantine  de  la  notation  neumatique  de  l'église 
latine  [Amédce  Gastoué).  —  Arthur  Achi.eitner.  Jérusalem  {F.  Xau),  445. 


Tome  III  (XIII)  —  1908. 

N»  1.  —  \.  Fr.  M.-J.  Lagrange.  Le  sanctuaire  de  la  lapidation  de  saint 
Etienne  à  Jérusalem  (suite),  1.  —  IL  La  Rédaction.  Un  dernier  mot  sur 
les  églises  Saint-Étienne  à  Jérusalem,  iO.  —  111.  L.  Leroy.  Une  version 
arabe  d'une  homélie  inédite  sur  la  Pénitence  attribuée  à  saint  Jean  Chrysos- 
tome, "24.  —  IV.  L.  Leroy.  Les  couvents  des  chrétiens,  traduction  de  l'arabe 
d'al-Makrizi,  33.  —  V.  F.  Nau.  Histoires  des  solitaires  égyptiens  [suite),  47. 
—  VI.  Miguel  Asin  Palacios.  Une  vie  abrégée  de  sainte  Marine,  67.  — 
VIL  Fr.  Tournebize.  Etude  sur  la  conversion  de  l'Arménie  au  christia- 
nisme [suite],  72.  —  VllI.  Eug.  Tisserant.  Étude  sur  une  traduction  arabe 
d'un  sermon  de  Schenoudi,  81.  —  IX.  Mélanges  :  1.  F.  Nau.  Traduc- 
tion de  la  Chronique  syriaque  anonyme  [suite],  90.  —  II.  Sections  du 
XV'  Congrès  des  Orientalistes,  99.  —  111.  S.  Grébaut.  Concordance  de  la 
chronologie  éthiopienne  avec  la  grégorienne,  101.  —  X.  Bibliographie.' 
AfiVES  SMrrH  Levis.  Forty-one  Facsimiles  of  dated  Christian  arabic  manus- 
cripts  (Studia  Sinaitica,  t.  XII)  [F.  Xau).  —  Amédice  Gastoué.  Catalogue  des 
manuscrits  de  musique  byzantine  de  la  Bibl.  nationale  de  Paris  [F.  Nau).  -^ 
M.  H  KuGENER.  Un  traité  astronomique  et  météorologique  syriaque  attribué 
à  Denys  l'Aréopagite  [F.  Nau).  — '  Fr.  Maui.er.  Mosaïque  orientale  (F.  Nau].  — 
VioouROux  et  Brassac,  Manuel  Biblique,  t.  III  [F.  Xau].  —  Ma.mmiuen,  prince 
riE  Saxe.  Praelectiones  de  liturgiis  orientalibus  [F.  Xau).  —  H.  Pognon.  Inscrip- 
tions sémitiques  de  la  Syrie,  de  la  Jlésopotamie  et  de  la  région  de  Mossoul 
{F\  Xau].  —  La  voix  de  la  vérité,  Revue  néo-syriaque  d'Ourmiah  (F.  Xau),  lOb. 

S°  2.  -  I.  F.  Nau.  Le  calendrier  d'AbQ.uLHai-akat,  traduit  en  latin  par  Renau- 
uoT,  113.  —  IL  F.  Nau.  Vn  extrait  de  la  Didascalie  :  La  prière  de  Manassii 
(avec  une  édition  de  la  version  syriaque),  134.  —  III.  F.  Tournebize. 
Etude  sur  la  conversion  de  r.A.rménie  au  christianisme  (//«),  142.  —  IV.  S.  Gré- 
baut. Littérature  éthiopienne  pseudo-Clémentine.  Teste  et  traduction  du 
mystère  du  jugement  des  pécheurs  [suite),  166.  —  V.  S.  "Vailhé.  Saint 
Euthyme  le  Grand,  moine  de  Palestine  [suite),  181.  —  VI.  L.   Leroy.  Les 

■  couveiits  de^  chrétiens,  traduction  de  l'arabe  d'al-51akrizi  (/m),  i;t2.  —  VIL 
Mélanges  :   I.  F.  Nau.  Deux   catalogues  de  la  bibliothèque   du  hi(''romoine 


TAI!I,E    UES    MATIÈRKS.  455 

Ignace  en  ir>ltj-152-2  (notes  du  nis.  Coislin  -29'^),  '-iUû.  —  II.  F.  Nau.  HcceuU 
progrès  de  la  l'atrologie  orientale,  -210.  —  III.  M.  Chaîne.  Note  sui-  les 
animaux  de  Saiut-Ménas.  212.  —  VIII.  Bibliographie.  E.  Pannier.  Les 
Psaumes,  d'après    l'hébreu   (/..   Ler/rain].    —  Adhaï    Sciiek.  Livri'   des    mots 

,  persans  passi'-s  dans  la  langue  aral)c  (L.  Leroy).  —  II.  Pognon.  Inscriptions 
sémitiques,  secondi;  partie  (F.  Xau).  —  F.  Cu.mont.  La  cosmologie  mani- 
chéenne, d'après  Théodore  bar  Kôni  (/•'.  Xau).  Michei.anc.ei.o  Glidi.  Un  Bios 
di  Constantino  {f.  Xau),  210. 

N"  3.  —  I.  S.  Vailhé.  Saint  Eiitliyme  le  (irand,  moine  de  Palestine  |.s»(7<').  223. 

—  IL  L.  Leroy.  Une  version  arabe  d'une  homélie  inédite  sur  la  Pénitence, 
attribuée  à  saint  .lean  (^iirysostome  (/?«),  247.  —  III.  F.  Nau.  Histoires  des 
solitaires  égyptiens  (ms.  Coislin  120,  fol.  198,  199)  (suite),  266.  —IV.  R.  Gri- 
veau.  Histoire  de  la  conversion  des  Juils  habitant  la  ville  de  Toméi,  en 
Egypte,  d'après  d'anciens  manuscrits  arabes,  298.  —  V.  S.  Grébaut.  Lit- 
térature éthiopienne  pseudo-Clémentine.  Texte  et  traduction  du  My.stèie 
du  jugement  des  péclieurs  (.suite),  314.  —  VI.  Mélanges  :  I.  F.  Nau.  Tra- 
(luction  de  la  chroniqui»  syria(iue  anon\'me,  éditée  par  Sa  Béatitude 
M"""  Raiimani  (suite),  321.  —  II.  F.  Nau.  Le  XV»  Congrès  international  des 
Orientalistes  (Copenhague,  14-20  août  1908).  329.  —  VII.  Bibliographie. 
Hasmad.ua.n.  Banaser,  i-evue  pliilologique  et  historique  (L.  Bouvat,.  — 
R.  P.  Beu.ian.  Ilomiliae  .selectae  mar  Jacobi  Sarugensis,  t.  IV  (/•'.  .\au).  — 
F.  Maoler.  Catalogue  des  manuscrits  ai-méniens  et  géorgiens  de  la  Biblio- 
thèque nationale  (/-'.  Xau),  331. 

N"  4.  —  S.  Grébaut.  Vie  de  Barsoma  le  Syrien  (texte  éthiopien,  traduction 
française),  337.  — II.  E.  Blochet.  Notes  de  géographie  et  d'histoire  d'Extrême- 
Orient,  346.  —  III.  L.  Leroy.  Histoire  d'Haikar  le  Sage  (texte  des  mss.  arabes 
3637  et  3656  de  .Paris,  avec  traduction  franraise),  367.  —  IV.  S.  "NTailhé. 
Saint  Euthyme  le  Grand,  moine  de  Palestine  (suite),  389.  —  V.  F.  Nau. 
Notes  sur  diverses  homélies  pseudépigraphiques,  sur  les  œuvres  attribuées 
à  Eusèbe  d'Alexandrie  et  sur  un  nouveau  manuscrit  de  la  chaîne  coniru 
Sevevianos,  4(>3.  —  YI.  JMélanges  :  F.  Nau.  Traduction  de  la  chronique 
syriaque  anonyme,  éditée  par  Sa  Béatitude  Ms"^  Raiimani  (suite),  136.  —  VIL 
Bibliographie.  Université  Saint-Joseph.   Mélanges  de  la   Faculté  orientale. 

—  Studi  et  ricerche  intornoa  S.  Giovanni  Crisostomo.  —  I.  Ephraem  II  Rahmani. 
llypomneinata  Domini  nostri  seu  acta  Pilati,  antiqua  vcrsio  syriaca.  — 
E.  Xesti.e.  Septuagintastudien.  —  H.  Denzinoei!.  Enchiridion  symbolorum, 
definitionum  et  declarationum  de  rébus  fidei  et  morum  (/•'.  Xau),  444. 


Tome  IV  (XIV)  —   1909. 

N'  l.  —  1.  F.  Nau.  Littérature  canonique  syriaque  inédite  :  Concile  d'Antioche; 
Lettre  d'Italie;  Canons  •-  des  Saints  Pères  »,  de  Philoxène,  de  Théodose, 
d'Anthime,  d'Athanase,  etc.,  1.  —  II.  L.  Leroy.  Histoire  d'Haikar  le  Sage 
(texte  des  mss.  arabes  3((37  et  3656  de  Paris,  avec  traduction  française)  (suite). 
50.  —  III.  E.  Blochet.  Notes  de  géographie  et  d'histoire  d'Extrême-Orient 
i/in),  71.  —  IV.  Mélanges  :  I.  S.  Grébaut.  Note  sur  la  poésie  éthiopienne. 
90.  —  H  et  III.  F.  Nau.  Notes  sur  uu  fragment  l)oliaïrique  du  martyre  de 
saint  Luc  et  sur  la  christologie  de  Timotiiée  .T^lure,  98.  —  V.  Chronique, 
loi.  —  VI.  Bibliographie.  François  Nal.  Histoire  et  sagesse  d'Ahikar  l'As- 
syrien (fils  d'Anaël,  neveu  de  Tobie),  traduction  des  versions  syria(iues  avec 
les  principales  différences  des  versions  arabe,   arménienne,   grecque,   néo- 


456'  REVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN,    DEUXIÈME    SÉRIE. 

syriaque,  slave  et  roumaine  {E.  Tisserant).  —  Constantin  Baciia,  B.  S.  S.  Mé- 
moires de  Ms"'  Maxiuios  Mazloum  (Joseph  Saba  B.  S.].  —  Richard  Enddahi,, 
Beitrage  zur  Kenntnis  (1er  byzantinischen  Liturgie,  et  Cyrille  Charon,  Le  rite 
byzantin  dans  les  patriarcats  melkites  (F.  Xau).  —  Paul  Marc.  Byzantinische 
Zeitschrift,  General-register  zu  Band  i-xii  [F.  Nau).  —  P.  Bedjan.  Mar  Isaa=. 
eus  Ninivita.  De  perfectione  religiosa  {F.  Nau),  10(1.  —  Livres  nouveaux. 
M»''  NiccoLO  Marini.  L'immacolata  comezione.  —  .].  Garhielsson.  Ueber  die 
Quellen  des  Clemcns  Alexandrinus.  —  Peter  Tiiomsen.  Systeniatische  Biblio- 
graphie der  Palilstina  Litteratur,  t.  I.  —  Fp.anck  de  Portu.  Le  diocèse  de 
Smyrne.  —  F.  Tu.  Dubois.  Les  armoiries  des  abbés  de  Saint-Maurice,  évêquos 
de  Bethléem,  lU. 

N"  2.  —  I.  F.  Nau.  Littérature  canonique  syriaque  inédite:  Concile  d'Antioche; 
Lettre  d'Italie;  Canons  <•  des  Saints  Pères  »,  de  Philoxène,  de  Théodose,  d'An- 
thime,  d'Athanase,  etc.  (fin),  113.  —  II.  F.  Nau.  Un  fragment  syriaque  des 
«  voyages  »  de  saint  Pierre,  131.  —  111.  S.  Grébaut.  Vie  de  Barsoma  le 
Syrien  (texte  éthiopien,  traduction  française),  135.  —  IV.  L.  Leroy.  His- 
toire d'Haikar  le  sage  (texte  des  mss.  arabes  3637  et  3656  de  Paris,  avec  tra- 
duction française)  (fin),  142.  —  V.  M.  Brière.  Histoire  de  Jean  le  Siloïte  (texte 
syriaque,  traduction  française),  I.jd.  —  VI.  R.  Griveau.  Notice  des  manus- 
crits arabes  chrâtiens  entrés  à  la  Bibliotlièque  nationale  de  Paris  depuis  la 
publication  du  catalogue,  174.  —  VIL  S.  Vailhé.  Saint  Euthyme  le  Grand, 
moine  de  Palestine  (376-473)  (huHe),  189.  —  VIll.  Mélanges  :  I.  S.  Pétridès. 
Le  chrj'sobuUe  de  Manuel  Comnène  (11480  sur  les  biens  d'Église,  203.  — 
IL  F.  Nau.  Note  sur  le  titre  :  Tegourtà  Ileraclidis,  20S.  —  III.  F.  Nau.  Les 
suffvagants  d'Antioche  au  milieu  du  vi'  siècle,  209.  —  IN.  Bibliographie. 
LuDwiG  Mahler,  Grammatik  der  amhari.schen  Sprache  (N.  (irébaut).  —  E.  Tis- 
SERANT,  Ascension  d'Isaïe  (/•'.  Xau).  —  Clirysostomica,  fasc.  2  et  3  (F.  Aav), 
220.  —  Livres  nouveaux  (Littérature  des  Mozarabes;  Morales  et  religions; 
Fragment  liturgique  ;  Gomme  quoi  Napoléon  n'a  jamais  existé),  223. 

N°  3.  —  L  L.  Leroy.  Vie,  préceptes  et  testament  de  Lokman,  225.  — 
IL  S.  Vailhé.  Saint  Euthyme  le  Cîrand,  moine  de  Palestine  (suite),  250.  — 
m.  S.  Grébaut.  Vie  de  Barsoma  le  Syrien  (suite),  264.  —  ÎV.  R.  Griveau. 
Notices  des  manuscrits  arabes  chrétiens  entrés  à  la  Bibliothèque  nationale 
depuis  la  publication  du  catalogue  (suite),  276.  —  V.  F.  Nau.  La  version 
syriaque  de  la  première  lettre  de  saint  Antoine,  282.  —  VI.  F.  Nau.  Ana- 
lyse du  traité  écrit  par  Denys  bar  Saiibi  contre  les  Nestoriens,  298»  — 
VIL  Mélanges  :  M.  Chaîne.  Le  patriarche  .Jean  Bermudez  d'Ethiopie,  321. 

—  VllI.  Bibliographie.  .1.  F.  Bethune  Bakiîr.  Nestorius  and  his  Teaching 
(.1/.  Brière).  —  Aunes  Smith  Lewis.  Codex  Cliraaci  rescriptus  (F.  Naû).  — 
A.  Brassac.  Manuel  Biblique,  t.  IV  (F.  Nau).  —  F.  Nau.  Histoire  de  saint  Pa- 
côme,  analyse  de  deux  manuscrits  palimpsestes  (de  Paris  et  Chartres).  His- 
toire de  saint  Jean-Baptiste,  miracle  de  saint  Michel  à  Colosses  (Eu<j.  Tisse- 
ranl).  —  Recueil  des  historiens  arméniens  des  croisades.  Documents  armé- 
niens, t.  II  (/■'.  Nau),  330. 

N°  4.  —  I.  R.  Griveau.  Notices  des  manuscrits  arabes  chrétiens  entrés  à  la 
Bibliothèque  nationale  de'Paris  depuis  la  publication  du  catalogue  (suite),  337. 

—  II.  F.  Nau.  Histoires  des  solitaires  égyptiens  (ms.  Coislin  126,  fol.  213 
sqq.)  (suite),  3b7.  —  III.  L.  Leroy.  Histoire  d'Abraham  le  Syrien,  patriarche 
copte  d'Alexandrie  (texte  arabe,'  traduction  française),  380.  —  IV.  S.  Gré- 
baut. Vie  de  Barsoma  le  Syrien  (texte  éthiopien,  traduction  française)  (fin), 
109.  —  Barsoma  le  Syrien,  d'après  le  synaxaire  éthiopien  (traduction),  414. 

—  V.  L.  Delaporte.  Catalogue  sommaire  des  manuscrits  coptes  de  la  Biblio- 


TABLK    DES    MATIKHES.  i'u 

tlièque  nationale  de  Paris,  417.  —  VI.  F.  Nau.  La  naissance  de  Xestorius, 
424.  —  VII.  Mélanges  :  I.  F^  Nau.  Cinq  lettres  de  Jacques  d'Kdesse  à  Jean 
le  Stylite  (traduction  et  analyse),  427.  —  II.  L.  Delaporte.  Le  «  l'ondemcnt 
de  l'année  ■■,  d'après  la  chronographie  d'ÉIie  de  Nisibe,  440.  —  VIII.  Biblio- 
graphie. Re.né  Basset.  FeUkaré  lyasous  (/-'.  yau).  —  C.  Ciiaron.  Histoire  des 
patriarcats  melkites  {E.  Tisseranl).  —  F.  Cumont.  Les  religions  orientales  dans 
le  paganisme  romain  (M.- A.  Kugener).  —  lî.  Iîai.i.ekim.  Les  premières  pages 
du  pontificat  du  pape  Pie  IX  (/-'.  Xau).  —  Dictionnaire  d'histoire  et  de  géo- 
graphie édité  à  la  librairie  Letouzey  {F.  Xau).  —  E.  Sachau.  Syrische  Reclits- 
biïcher  [M. -A.  A'ugenei%  443. 


Tome  V  (XV)  —   1910. 

N"  1.  —  I.  M.  Brière.J.a  légende  syriaque  de  Nestorius  (texte  et  traduction), 
1.  —  II.  L.  Leroy.  Histoire  d'Abraham  le  Syrien,  patriarche  jacobite 
d'Alexandrie  (texte  arabe,  traduction  française)  {fin),  20.  —  III.  S.  Grébaut. 
La  prière  de  Langinos  (texte  éthiopien,  traduction  française),  42.  —  IV.  F. 
Nau.  Hagiograpliie  'syriaque  :  Saint  Alexis,  Jean  et  Paul,  Daniel  de  Galas, 
Hannina,  Euphémie,  etc.,  53.  —  V.  P.  Dib.  L'initiation  chrétienne  dans  le 
rite  maronite,  73.  —  VI.  L.  Delaporte.  Catalogue  sommaire  des  manuscrits 
coptes  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris  (suite),  tà.  —  VII.  S.  Pétridès. 
Le  synaxaire  de  Marc  d'Éphèse  (introduction  et  texte  grec),  97.  —  VIII.  Bi- 
bliographie. M.  Lkpin.  La  valeur  historique  du  quatrième  é\angile(/''.  Nau). 
—  M.-B.  ScHWAi.M.  La  vie  privée  du  peuple  juif  à  l'époque  de  Jésus-Christ 
{M.  Brière).  —  L.-J.  Delaporte.  La  chronographie  d'ÉIie  bar  Sinaya,  métro- 
politain de  Nisible  [F.  Xcai).  —  J.-A.  Decourdi:. manche.  Traité  pratique  des 
poids  et  mesures  des  peuples  anciens  et  des  Arabes  {F.  Nau),  108. 

N°  2.  —  I.  F.  Nau.  Le  texte  grec  de  trois  homélies  de  Neslorius,  et  une 
homélie  inédite  sur  le  psaume  96,  113.  —  II.  F.  Nau.  La  version  syi'iaque 
de  la  vision  de  Théophile  sur  le  séjour  de  la  Vierge  en  Egypte,  125.  —  III. 
L.  Delaporte.  Catalogue  sommaire  des  manuscrits  coptes  de  la  Bibliothèque 
nationale  de  Paris,  133.  —  IV.  P.  Dib.  Deux  discours  de  Cyriaque,  évèque 
de  Behnésa,  sur  la  fuite  en  Egypte,  157.  — -  V.  L.  Leroy.  La  dormition  de 
la  Vierge  (traduction  du  nianu.scrit  arabe  de  Paris  n"  15U,  fol.  157),  102.  — 
VI.  F.  Nau.  Hagiographie  syriaque  :  Saint  Alexis.  — Jean  et  Paul.  —  Daniel 
de  Galas.  —  Hannina.  —  Euphémie.  —  Sahda.  —  Récits  de  3Iélèce  sur  le 
vendredi,  sur  Marc  et  (iaspai',  et  sur  un  homme  riche  qui  perdit  tous  ses 
enfants.  —  Légendes  de  Pierre  le  publicain,  d'une  veuve  et  d'une  vierge  de 
Jéru.salem,  de  Jean,  moine  d'AutiocJie  (fin),  173.  —  VIL  S.  Grébaut.  Litté- 
rature éthiopienne  pseudo-Clémentine  :  texte  et  ti'aduction  du  traité  :  «  La 
seconde  venue  du  Christ. et  la  résurrection  des  morts  »,  198.  —  VIII.  Mélanges  : 
I..S.  Grébaut.  Traduction  de  la  version  éthiopienne  d'une  lettre  de  Jean 
d'Antioche  à  Cyrille  d'Alexandrie,  215.  —  II.  F.  Nau.  La  date  du  manuscrit 
de  Paris,  Supplément  grec  1278,  218.  —  III.  L.  Leroy.  Note  additionnelle 
sur  Abraham  le  Syrien,  218.  —  IX.  Bibliographie.  E.  Amann.  Le  protévaii- 
gile  de  Jacques  et  ses  remaniements  latins  (F.  Xau).  —  Paul  Maas.  Friihby- 
zantinische  Kirchenpoesie  (M.  Brière).  —  Joseph  Butel.  Denys  d'Alexandrie, 
sa  vie,  son  temps,  ses  œuvres  (S.  (îrébaul).  —  A.  Rabbatii.  Documents  inéilits 
pour  servir  à  l'histoire  du  Christianisme  en  Orient  (F.  Nau),  221.  —  Informa- 
iion  (livres  à  l'index),  223. 

N^'S.  —  I.  F.  Nau.   La  cosmographie  au  vu"  siècle  chez  les  Syriens,  225.  — 


158  RKVCK    !»[•:    l'orient   ("IIRÉTIKX,    DEUXIÈ.MK   SÉRIE. 

II.  L.  Leroy.  Un  apocryphe  carchouni  sur  la  captivit<''  do  Babylone  (toxto 
arabo,  traduction  française),  ibh.  —  III.  E.  "W.  Brooks.  La  lettre  de  Nes- 
torius  aux  habitants  de  Constantinople  (texte  syriaque,  traduction  française). 
2").  —  IV.  E.  Blochet.  Babylone  dans  les  historiens  chinois,  2N2.  —  V.  P. 
Dib.  .Jules  d'Aqfahs,  301.  — VI.  S.  Grébaut.  Litti'rature  ("thiopienne  pseudo- 
Clémentine  :  texte  et  traduction  du  traité  sur  la_  seconde  venue  du  Christ  et 
la  résurrection  des  morts,  307.  —  VIL  Mélaniies  -.L  S.  Grébaut.  Traduction 
de  la  vei'sion  éthiopienne  d'une  homélie  de  Firmus,  évoque  de  Césarée,  324. 

—  IL  F.  Nau.  Note  sur  le  texte  original  du  Sargis  d'Aberga  éthiopien,  32.5. 

—  III.  F.  Nau.  Un  nouveau  manuscrit  du  martyrologe  de  Rabban  Sliba,  327. 

—  IV.  E.  Tisserant.  Note  sur  des  fragments  de  Schenoudi  conserves  dans 
des  livres  d'oflice,  330.  —  VIII.  Bibliographie.  E.  W.  Brooks.  The  hymns 
of  Severus  and  others,  dans  Palruloyla  Orientalis,  VI,  I  (.1/.  Brière).  — 
Louis  DE  LA  Vai.lke-Poussin.  Notious  sur  les  religions  de  l'Inde  :  le  Brahma- 
nisme [M.  Brière).  —  Fr.  Tournebize.  Histoire  politiqiie  et  religieuse  de  l'Ar- 
ménie depuis  les  origines  des  Arméniens  jusqu'à  la  mort  de  leur  dernier  roi 
(/''.  Xau).  —  A.  Vasiurv.  Kitab  al-'l'nvan.  Histoire  universelle,  écrite  par 
Agapius  (Mahboub)  de  Menbidj,  dans  l'air.  Or.,  VII,  4  (F.  Xau).  332. 

N°  4.  —  I.  K.  J.  Bastnadjian.  Histoire  du  Père  Éliè  de  Kharpout,  337.  — 
IL  E.  Blochet.  Babylone  dans  les  historiens  chinois  (fin);  350.  —  III.  F. 
Nau.  Saint  Cyrille  et  Nestorius.  —  Contribution  à  riiistoire  de  l'origine  des 
schismes  monophysite  et  nestorien,  305.  —  IV.  L.  Delaporte.  Catalogue 
sommaire  des  manuscrits  coptes  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris  (suite), 
392.  -^  V.  P.  Dib.  Un  apocryphe  carchouni  sur  la  captivit(;  de  Babylone 
(suite),  398.  — VI.  M.  Brière.  Histoire  du  couvent  de  Rabban  Ilorniizd,  de 
1808  à  1832,  410.  —  VIL  S.  Grébaut.  Littérature  éthiopienne  pseudo-Clé- 
mentine :  fin  du  traité  sur  la  seconde  venue  du  Christ  et  la  résurrection  des 
morts.  425.  —  VIII.  Mélanges  :  I.  S.  Grébaut.  Traduction  de  la  version 
étiiiopienne  d'une  homélie  de  Juvénal,  évèque  de  .Jérusalem,  140,  —  IL  F. 
Nau.  Note  sur  un  nouveau  texte  de  l'Apocalypse  de  Pierre,  441.  —  III.  F. 
Nau.  Note  sur  un  dialogue  de  Cyrille  avec  Nestorius,  442.  —  IX.  Nécrolo- 
gie. M.  l'abbé  Leroy,  444.  —  Bibliographie.  Le  R.  P.  Prosper  Viaud.  Naza- 
reth et  les  deux  églises  (M.  Brière).  —  A.  Baumstark.  Fest  brevier  und  Kir- 
clienjahr  der  syrischen  jacobiteii  (/•'.  Xnu).  —  Franchi  de'  Cavalieri  et  J.  Lietz- 
MANN.  Specimina  codicum  gr;ecorum  vaticanorum  (/''.  Xau).  —  H.  Lietz.mann, 
Die  Klementinische  Liturgie  aus  den  Constitutiones  Apostolorum  W\{M. Brière). 

—  A.  Ungnad  et  W.  Staerk.  Die  Oden  Salomos  (/''.  Xau),  415.  —  Livres  nou- 
veaux. Nestorius.  Le  livre  d'Héraclide  de  Damas,  449. 


Tome  VI  (XVI,  —   1911. 

N°  I.  —  I.  Aux  lecteurs.  M»"-  Graflin  et  la  Revue  de  l'Orient  chrétien  (/''.  A^.), 
ni.  —  IL  F.  Nau.  .Saint  Cyrille  et  Nestorius.  Contributions  à  l'histoire  do 
l'origine  des  schismes  monophysite  et  nestorien  (/î«),  I.  — Ifl.  K.  J.  Bas- 
madjian.  Histoire  du  Père  Élie  de  Kharpout  (texte  arménien)  (fin),  .55.  — 
R.  Griveau.  Notices  dos  manuscrits  arabes  chrétiens  entrés  à  la  Bibliothèque 
nationale  depuis  la  publication  du  catalogue  (table  des  auteurs  et  des  ouvrages 
anonymes)  [fin),  68.  —  V.  S.  Grébaut.  Littérature  éthiopienne  pseudo- 
Clémentine.  III.  Traduction  du  Qalèmentos,  72,  —  VI.  L.  Delaporte.  Cata- 
logue sommaire  dos  manuscrits  coptes  de  la  Bibliothèque  nationalo,  85.  — 
VIL  Bibliographie.  Nestorius.  Le  livre  d'Héraclide  de  Damas  (^.  Tisserant). 


TAlJLi:    lŒS    MATIÈRES.  lôO 

—  J.  VirKAi-.  Les  Psaumes  de  Salomon  (/•'.  .\aii).  —  Cyrille  Chaiion.  Histoire 
(les  patriarcats  melkites  (E.  Thserant).  —  P.  litiuAs.  Iloinili;e  sele<'t;i'  Mar 
lacobi  Sarugensis  (/''.  Nau).  —  Card.  Vives.  De  ineffabili  l.)onitato  Sacratissiiui 
Cordis  Jesu  (.S'.  Grébaul).  —  Le  P.  Paul  Abbouh.  Les  ivlations  des  Maronites 
avec  le  Saint-Sièfjre  au  xviu"  siècle  (P.  Dib),  JOO.  —  Livres  nouveaux.  René 
Basset.  La  Bànat  soVid.  —  Miguel  Asin  y  Palacios.  La  poleinica  aaticristiana 
de  Mohamed  el-Caïssi.  —  Malachia  Or.maman,  l'Église  arminienne.  —  Patko- 
i.ouiA  oKiENTAi.is,  VI  et  VIL  —  .Modification  du  in-ogramme  di'  la  Litei'aturzei- 
tung,  110. 

.\"  -2.  —  1.  M.  Brière.  Histoire  du  couvent  de  Ralilian  Ilorniizd.  de  lNit8  à  \xii 
(traduite  du  syriaque j  (suite),  llô.  —  P.  Dib.  Un  apoci-yplie  carcliouni  sur 
la  captivité  de  Babylone  (texte  arabe  et  traduction  IVançaise)  (/m),   1"28.  — 

III.  L.  Delaporte.  Catalogue  sommaire  des  manusi-rits  coptes  de  la  Biblio- 
thèque nationale  de  Paris  (suite),  155.  —  IV.  J.  Françon.  Traduction  tran- 
çaise  de  la  version  éthiopienne  de  la  Didascalie,  KJl.  —  V.  S.  Grébaut.  Lit- 
térature éthiopienne  pseudo-Clémentine.  III.  Traduction  du  Qalèmentos- 
(suite),  167.  —  VI.  F.  Nau.  Traduction  française  des  lettres  de  Xestorius  à 
saint  Cyi'ille  et  à  saint  Célestin  et  des  douze  anathématismes  de  Cyrille,  176. 

—  VIL  Mélanges  :  L  F.  Nau.  Un  manuscrit  de  M^'  tiralfin  :  l'ancien  manus- 
tM'it  du  Kalila  et  Dimna  syriaque,  200.  —  II.  R.  P.  G.  Bâcha.  Le  deuxième 
centenaire  de  la  fondation  du  monastèi-e  des  religieux  basiliens  de  Saint- 
Sauveur,  204.  —  \  III.  Bibliographie.  J.  Borgomanero.  Quœstiones  practica' 
theologiie  moralis  ad  usuni  missionariorum  ((>'  Brien).  —  Georg  Grai'.  Die 
ai-abischen  Schriften  der  Theodor  Abu  Qurra.  —  Die  Philosophie  und  Gottes- 
lehre  des  lahjà  ibn  'Adi  und  spjiterer  Autoren  [F.  \au).  —  F.  Nau.  Xestorius 
d'après  les  sources  orientales  {M.  Brière).  —  Conrad  von  Ore[.i.i.  AUgemeine 
Religionsgeschichte  (M .  Brière).  —  G.  Diettrich.  Die  Oden  Salomos  (F.  Nau). 

—  .1.  Linder.  Die  heilige  Schrift  fiir  das  Volk  erkiart  (S.  Grébaut),  214.  — 
Courtes  notices.  1.  Glidi.  Vocabolario  Amarico-Italiano.  —  Peter  Thomsen. 
Die  Palastina-Literatui',  t.  IL  —  'SI.  Chaîne.  Un  monastère  éthiopien  à  Rome. 

—  Noël  Giron.  Notes  épigraphiques.  —  M»"  Niccoi.o  Marini.  Le  Maccliio  ap- 
parent! nel  S.  Giovanni  Çhrisostomo.  —  L'Oriens  christianii-^.  —  Jlort  de 
M.  Rubens  Duval,  -J^-J. 

X"  o.  —  L  S.  Grébaut.  Littérature  éthiopienne  pseudo-Clémentine.  III.  Tra- 
duction du  Qalèm'Mitos  [suite),  225.  —  II.  F.  Nau.  Note  sur  l'histoire  ecclé- 
srastique  de  Bar-Hadbesabba  et  sur  une  controverse  de  Théodore  de  Mop- 
sueste  avec  les  Macédoniens,  234.  —  III.  L.  Delaporte.  Catalogue  sommaire 
des  manuscrits  coptes  de  la  Bibliothèque  nationale  de   Paris  (suite),  239.  — 

IV.  M.  Brière.  Histoire  du  couvent  de  Rabban  llormizd,  de  1808  à  1832  (tra- 
duite du  syriaque)  {suite],  249.  —  V.  S.  Grébaut.  Apereu  sur  les  miracles 
de  Notre-Seigneur, 255. —  VI.  J.  Françon.  Traduction  français!^  de  la  version 
l'thiopienne  de  la  Didascalie  (suite),  266.  —  VIL  F.  Nau.  Notices  dos  manus- 
crits syriaques,  éthiopiens  et  mandeens,  entrés  à  la  Bibliothèqui^  nationale 
de  Paris  depuis  l'édition  des  catalogues,  271.  —  VIII.  Bibliographie.  Le 
R.  R.  Paul  Peeteks.  Histoire  de  Joseph  le  charijentier  (F.  Nuu).  —  H.  DEr.i;- 
HAVE,  bollandiste.  Les  légendes  grecques  des  saints  militaires  (/•'.  \au).  — 
Sylvain  Grkralt.  Les  trois  derniers  traités  du  Livre  des  mystèi-es  du  ciel  et 
de  la  terre  (Jean  Pressoir).  —  Michel  Ta.marati.  L'église  géorgienne,  des  ori- 
gines jusqu'à  nos  jours  (//.  1).),  321. 

.\°  4.  —  1.  F.  Nau.  Les  documents  araméens  d"Éiéphantinc  (v  siècle  avant 
notre  ère),  337.  —  H.  M  Brière.  IHstoire  du  couvent  de  Ralil)au  Ilorudzd, 
de  1808  à  1832  (traduite  du  syriaipu;)  (/m),  316.  —  111.   S.  Grébaut.  Aperçu 


460  IIKVUK    DE    l'ORIKN'T    (■[IHKTIKX,    DHUXiÈiMK    SKIUE. 

sur  les  niiracios  de  Notre-Seigneur  (suite),  3.")().  —  IV.  L.  Delaporte.  Cata- 
ogue  sonimaiiv  des  manuscrits  coptes  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris 
(siiUe),  3t)8.  —  V.  A.  Savary.  Les  papyrus  grecs  et  la  critique  textuelle  du 
Nouveau  Testament,  o'JG.  —  VI.  B.  Evetts.  Sur  les  noms  propres  arabes.  Kai- 
soun  et  Mousin,  410.  —  Vil.  F.  Nau.  Sur  (.Jupiter)  Cassius  et  Mousin(opolls). 
•12-2.  —  VllI.  Mélanges  :  I.  S.  Grébaut.  Traduction  delà  version  éthiopienne 
-  d'une  Homélie  d'Eusèbe,  évèque  d'Héraclée,  424.  —  II.  F.  Nau.  Notes  de  cri- 
tique biblique  :  1.  La  péricope  de  la  Femme  adultère  et  la  Didascalie.  — • 
2.  Sur  Ps.  vu,  ID-ll.  —  3.  Permutations  des  lettres  M,  N,  B  dans  le  Codex 
Vaticanus.  —  4.  Un  mot  hébreu  dans  Tobie,  n,  l.  • —  5.  La  locution  Adonai 
Kurios  est-elle  propre  à  Lucien?  —  6.  Le  Marchalianus ;  w  ou  vui^  siècle? 
I2,j.  —  III.  Nikos  A.  Beès.  Nouveaux  fragments  d'Hippolyte,  433.  —  IX.  Bi- 
bliographie. M.  E>.  (hnsoN.  The  Commentaries  of  Isho'dad  (/*'.  Xau).  — 
E.  TissER.^NT.  Codex  Zuqninensis  rescriptus  (F.  Xau).  —  C.  vox  Orei.i.i.  AUge- 
meine  Religionsgeschichte  (M.  Brlère).  —  M.  d'IIerbignv.  Un  Newman  Russe, 
Vladimir  Soloviev  [M.  Brière).  —  S.  Féuauks.  Une  erreur  de  traduction  dans 
la  Bible  (/.  Pressoir).  —  J.  Beh.«.  Die  Mandaullegung  (S.  Grébaut)^  —  \V  Scin- 
BART.  Papyri  graecae  Berolinenses  (/'".  Xau).  —  H.  Vosen  et  F.  Kaulen.  Rudi- 
menta  linguae  hebraïcae  [F.  Xau).  —  A.  Blcker.  Die  Lucas-Homilien  des  hi. 
Cyrill  (/''.  Nau).,  434.  -  X.  Courtes  notices.  I.  XV1°  Congrès  des  Orienta- 
listes. —  2.  Publications  d'Upsal.  —  3.  Publications  nubiennes.  —  4.  E.  Pereir  \. 
Homélies  éthiopiennes.  Livre  de  Tobie.  —  5.  V^  Scheii,.  Annales  de  Tukulti 
Ninip  II.  —  6.  N.  Bonwetsch.  Doctrina  .Jacobi.  —  7.  Le  proconsul  Gallion.  — - 
8.  Les  présents  de  saint  Cyrille.  —  9.  J.  Lebon.  La  Philoxénienne.  —  10.  1''.  Man- 
(^EXOT.  Patrie  et  date  de  la  première  version  latine  du  X.  T.  —  11.  Les  fouilles 
d'Ophel.  —  12.  Archélidès  [F.  X.),  441. 


Tome  VII  (XVII)  —1912. 

N"  1.  —  I.  B.  Evetts.  Un  prélat  réformateur.  Le  patriarche  copte  Cyi'ille  IV 
(1854  à  1801).  3.  —  11.  S.  Grébaut.  Littérature  étliiopienne  pseudo-Clémen- 
tine. III.  Traduction  du  Qalêmentos  {suite},  10.  —  III.  NIKOS  A.  15EH1. 
Description  d'un  manuscrit  du  monastère  de  Barlaam  (Météores)  contenant 
les  lettres  et  les  chapitres  de  Nil  d'Ancyre  et  de  Maxime  le  Confesseur,  32.  — 
IV.  R.  P.  Marius  Chaîne.  Inventaire  sommaire  des  manuscrits  éthiopiens 
de  Berlin,  acquis  depuis  1878,  4.5.  —  V.  F.  Nau.  Fragments  de  Mar  Aba, 
disciple  de  saint  Ephrein,  09.  —  VI;  F.  Nau.  Deux  Notices  relatives  au 
Malabar  et  trois  petits  calendriers  :  du  Malabar,  jacobite  et  nmsulman  (textes 
grecs  et  syriaques),  74.  —  VIL  Mélanges  :  I.  F.  Nau.  Le  denier  du  culte 
juif  à  Éléphantine  au  v"  siècle  avant  notre  ère,  100.  —  II.  J.  Clédat.  Le 
temple  de  Zens  Cassios  à  Péluse,  104.  —  Vlll.  Bibliographie.  F.  Xai. 
.Jean  Rufus,  évèque  de  Maïouma,  Plérophories  (M.  Brière).  —  J.  Rouet  de 
.Journei.,  Enchiridion  Patristicuni;  J.  Creusen,  Tabulae  fontium  traditionis 
christianae  {F.  Nau).  —  Paul  IIumreiît,  Le  Jlessie  dans  le  Targuni  des  pi-o- 
phètes;  E.  DE  Marsav.  De  l'authenticité  des  livres  d'Esther  et  de  Judith 
(.1/.  Brière),  106.  — Courtes  notices.  —I.  Société  byzantine  d'Athènes.  —  IL 
Michel  Goudas.  Lexique  français-grec  des  ternies  nautiques.  —  III.  A.  Baum- 
STARK.  Die  Christlichen  Literaturen  des  Orients.  —  IV.  Analecta  Bollandiana 
1910-1911.  —  V.  Amraphel  ==  llammurrtbi  {F.  X.),  110. 

N"  2.  —  I.  S.  Grébaut.  Les  manuscrits  éthiopiens  de  M.  É.  Delorme  (Cyriaquf 
et.Iuliette;  Piùères  pour  chaque  jour  de  la  .semaine),  113.  —  11.  S.  Grébaut. 


TAlîLI';    DES    MATIÈHKS.  401 

Littératuce  étliiopieuno  i)S('ii(lo-('léinentiiio.  III.  Traduction  du  Qalèmentos 
(suite),  133.  —  111.  F.  Nau.  Lettre  du  patriarche  jacobilc  Jean  X  (10()  1-107:5 
au  catholique  arménien  Grégoire  II  (texte  s}'riaque  et  traduction  française), 
145.  —  IV.  J.  Françon.  La  Didascalie  éthiopienne  (traduction  t'rançai.se) 
[■sui(e),  109.  —  V.  F;  Nau.  Histoires  des  solitaires  égj-ptiens  (Ms.  Coislin  li6, 
fol.  i3(»  sqq.j  inuile),  20-1.  —  VI.  Blélanges  :  I.  S.  Grébaut.  Liste  des  pa- 
ti-iarches  d'Alexandrie,  d'apri\s  le  ms.  éth.  n"  3  de  M.  É.  Delornie,  212.  —  H. 
S.  Grébaut.  Liste  des  rois  d'Axoum,  d'après  le  même  manuscrit,  217.  — 
VIL  Bibliographie.  Le  P.  Camille  Beccari,  S.  J.  H  Tigré,  descritto  da  un 
missionario  jesuita  dal  secolo  xvii  {René  Basset).  —  F.  Eiiri.e  et  P.  Lhcbaekt. 
Specimina  codicum  latinoruin.  —  A.  T.  Robertson.  Grammaire  du  grec  du 
Nouveau  Testament.  —  J.  Tixeront.  Histoire  des  dogmes  dans  l'antiquité 
clir^tienne,  t.   III.  —  J.   Ruseka  et  M.  Asin.  Manuscritos  arabes  (/•'.  iXfdi).  — 

—  Conrad  von  Ohki.i.i.  Aiigemeine  Religionsgoschichte  (M.  nrière),  2?0. 

N"  3.  —  I.  Marius  Chaîne.  La  consécration  et  l'épiclèse  dans  le  missel  Co])te. 
225.  —  II.  S.  Grébaut.  Littérature  éthiopienne  pseudo-Clémentine.  III.  Tra- 
duction du  Qalèmentos  {suite),  211.  —  III.  D.  Julien  Puyade,  0.  S.  B. 
Le  tropaire  ô  JMovoysvvîç,  253.  —  IV.  D.  Julien  Puyade.  Liturgie  jacobite  et 
liturgie  syrienne  catholique.  25<S.  —  V.  NIKOl  A.  BEHil.  Anciens  catalogues 
de  bibliothèques,  d'après  les  manuscrits  des  Météores,  268,  —  IV.  Catalogue 
sommaire  des  manuscrits  du  Père  Paul  A.  Sbath,  280.  —  VIL  J.  Françon. 
La  Dida.scalie  éthiopienne  (traduction  française)  (s(«7e),  286.  —  Vlll.  F.  Nau. 
Histoires  des  solitaires  égyptiens  (Ms.  Coislin  126,   fol.  235  sqq.)  [suite),  201. 

—  IX.  S.  Grébaut.  Chronologie  des  patriarches  d'Alexandrie  et  chrono- 
logie biblique,  d'après  le  ms.  éthiopien  n°  3  de  M.  É.  I»eloi  nie,  302.  —  X. 
S.  Grébaut.  Salomon  et  la  reine  de  Saba,  d'après  le  même  manuscrit, 
315.  —  XL  Mélanges  :  I.  F.  Nau.  Vn  calendrier  composite,  310.  —  IL  F.  Nau. 
l'ne  profession  de  foi  jacobite  (d'après  le  ms.  syr.  112  de  Paris),  321.  — 
XII.  Bibliographie.  Maxlihanz.  Le  parler  arménien  d'Akn  {('h:  Lallemanl). 

—  31. -A.  IvLiiENER  et  Franz  Cumont.  Recherches  sur  le  manichéisme,  H 
(.1/.  hrière).  —  R.  .Luincke.  (juilelmus  Neubrigensis.  —  P.  Fiebk..  Wunder- 
geschichten  (S.  (irrbaut).  — K.  KRUMBACHEuet  A.  Ehrhard.  Der  heilige  Georg.  — 
E.  VON  DoBSCHi'iTz.  Die  Akten  der  Edessenischen  Bekenner  (/•'.  Xau).  —  F.  Nau. 
La  Didascalie  des  douze  Api'itres,  traduite  du  syriaque,  2"  édition  [J.  Fran- 
ron),  328. 

N"  1.  —  I.  S.  Grébaut.  Littérature  éthiopienne  pseudo-CL'mentine.  111.  Tra- 
duction du  Qalèmentos  (suite),  337.  —  II.  F.  Nau.  La  version  syriaque  de 
l'histoire  de  .loan  le  Petit  (texte  syriaque  et  traduction  française),  347.  — 
III.  L.  Delaporte.  Catalogue  sommaire  des  manuscrits  coptes  de  la 
Bibliotlièque  nationale  de  Paris  {suite),  390.  —  IV.  M.  Chaîne.  Une  homélie 
de  saint  Grégoire  de  Nysse  traduite  du  copte,  attribuéi'  à  saint  Cirégoire 
de  Nazianze,  395.  —  V.  J.  Babakhan.  Essai  de  vulgarisation  des  Homélies 
métriques  de  .Jac(iues  de  Sai'oug,  110.  —  VI.  Mélanges  :  S.  Grébaut.  L'n 
miracle  de  Notre-Seigneur,.  407.  —  VIL  Bibliographie.  Martin  .1i;i;ie.  Nes- 
torius  et  la  controverse  nestorienne  (F.- Xau).  —  Mélanges  de  la  Faculté 
orientale  de  l'Université  Saint- Joseph  de  Beyrouth,  t.  IV  et  t.  V,  fasc.  I 
[René  Basset).  —  Edouard  Meyer.  Histoire  de  l'antiquité,  traduite  par 
M.  David  (.S.  Grébaut).  —  Agnes  Smith  Lewis.  The  forty  Martyrs  of  tlie 
Sinaï  and  the  Story  of  Eulogios.  —  J.  Dahi.mann.  Die  Thomas-Légende.  — 
J.  SciiAEFERS.  Die  aethiopische  Ueber.setzungdes  pi-opheten  Jeremias(/''.  .\au), 
432.  —  Courtes  notices.  Dom  Paul  Caoin.  L'Eucharistia,  canon  primitif 
de   la  messe.  —  M.  Chaîne.  Le  texte  original  des  apophthcgmes  des  Pères. 


-162  HKVUE    DE    l'orient    CHRÉTIEN,    DEUXIÈME    SÉRIE. 

—  M"''  Louis  Petit  et  B.  Koraclev.  Actes  de  l'Athos.  —  Martin  Jimi;.  Nicolas 
Cabasilas,  Panégyriques.  —  X.  Banesci'.  Un  poème  en  grec  vulgaire.  — 
G.  Picker.  Alexios  Studites.  —  S.  Gaselee.  Parerga  coptica.  —  Un  manuscrit 
du  H.  P.  Paul  Asbath.  —  Une  table  de  la  Patrologie  grecque  de  Migne  {/''.  A'.), 
lis. 


Tome  VIII    XVIII)  —   1913. 

N"  1.  —  I.  F.  Nau.  Los  pierres  tombales  nestoriennes   du  musée  Guimet,  'â. 

—  IL  M.  Chaîne.  Une  homélie  de  saint  Grégoire  de  Nysse  (te.xte  copte  et 
traduction  française)  {/in). 36. —  IlL  J.  Babakhan.  Essai  de  vulgarisation 
des  Iloinélies  méiriques  de  Jacques  de  Saroug  {suite),  Ai.  —  IV.  F.  Nau.  La 
version  syriaque  d«  l'iiistoire  de  .Jean  le  Petit  (texte  syriaque  et  traduction 
française)  {suite),  53.  —  V.  S.  Grébaut.  Littérature  éthiopienne  pseudo- 
Clémentine,  m.  Tiaduction  du  Qalèmentos  (suite),  09.  —  VI.  M.  Brière.  Une 
homélie  inédite  de  Théophile  d'Alexandrie  (texte  syriaque  ot  traduction 
française),  l'.K  —  Vil*  L.  Delaporte.  Catalogue  sommaire  des  manuscrits 
coptes  de  la  Bibliothèque  nationale  do  Paris  (suite),  84.  —  VIII.  S.  Grébaut. 
Chronologie  des  patriarches  d'Alexandrie  (fin),  92.  —  IX.  Mélanges  :  S.  Gré- 
baut. I.  Les  jours  fastes  et  néfastes  d'après  le  ms.  éthiopien  n"  3  de  M.  É. 
Deloi-mo,  97.  —  II.  La  saison  des  pluies,  98.  —  III.  A  propos  de  l'anaphore  de 
saint  Athanase,  100.  —  IV.  Histoire  do  l'apostasie  du  diacre  Léonce  et  de  la 
mort  du  Juif  Isaac,  lOI.  —  X.  Bibliographie  :  0.  Tafr.^li,  Toi)Ographie 
de  Thessalonique.  Thessalonique  au  xiv  siècle  (/•'.  Aau).  —  J.  B.  Alihauser, 
Konstantins  Kreiizesvision  in  ausgewahlten  Texten  (/•'.  .\au).  —  A.  (ioETiiAi.s, 
Jésus  à  Jérusalem  (.S'.  Grébaut).  —  Turkish  atrocities....  during  April  1909 
(S.  Grébaut).  —  P.  Angelo  da  RoNCHiLiONE,  Manuale  Amarico-Italiano-Francese, 
Manuale  Tigray-Italiano-Francese  ( J/.  Cliaine).  — L.  Dn:u.  Nouveaux  fragments 
préhexaplaires  du  livre  de  Job  {L.  Delaporte).  —  Khristiansky  Vostok 
(L'Orient  chréti>'n),  t.  1,  fasc.  l{A.Malvu),  105. 

N"  2.  —  I.  S.  Grébaut.  Les  miracles  de  l'archange  Ragou'èl,  113.  —  II.  S.  Gré- 
baut. Salam  à  la  Vierge,  121.  —  III.  F.  Nau.  La  version  syriaque  de  l'his- 
toire de  Jean  le  Petit  (suite),  121.  —  IV.  F-  Nau.  La  hiérarchie  ecclésiastique 
chrétienne  d'après  Masoudi,  131.  —  V.  F.  Nau.  Histoires  des  solitaires  égyp- 
tiens (Ms.  Coislin  126,  fol.  211  sqq.)  (suite),  137.'—  VI.  J.  Babakhan. 
Essai  de  vulgarisation  des  Homélies  métriques  de  Jacques  de  Saroug  (suite), 
147.  —  VIL  E.  Porcher.  Los  Apophthe'gmes  des  Pères  (fragments  coptes  de 
Paris),  1G8.  —  VIII.  M.  Chaîne.  Répertoi)-e  dos  Salam  et  Malke'e  contenus 
dans  les  manuscrits  ('thiopions  des  bibliothèques  d'Europe,  183.  —  IX. 
Jlélanges  :  1.  S.  Grébaut.  Les  sept  cieux  et  les  sept  cercles  de  la  terre,  201. 

—  H.  Les  tribus  d'origine  des  apôtres,  206.  —  III.  F.  Nau.  .Notes  sur  le 
texte  original  des  Apophthcgmes  dos  Pères,  208.—  \\ .  S.  Grébaut.  La  mau- 
vaise passion  de  la  colère  selon  Evagrius.  Le  bénédicité  éthiopien,  213.  — 
X.  Bibliographie.  F.  C.  Burkitt.  Eujjhemia  and  tho  Goth,  with  the  Acts  of 
martyrdom,  of  the  Confessors  of  Edessa.  —  Léon  Vouaux.  Les  Actes  do  Paul 
ot  ses  lettres  apocryphes  (F.  Nau).  —  Theodor  Scheumann.  Ein  Weiherituale 
der  romischen  Kirche  am  Schlusse  des  ersten  Jahrliunderts  (L.  Guerrier).  — 
F.  Maci.er.  Le  livre  du  prophète  Amos  (.S'.  Grébaui).  —  .M.  D.  Gibson.  the  Com- 
mentaries  of  Isho'dad  of  .Merv,  bishop  of  Hadatha,  vol.  IV  :  Acts  of  the 
Apostles  and  three  catholic  Epistles  {F.  Xau).  —  Courtes  notices.  Max 
Ai.ARcoN   Y  Sa.nton.  Toxtos  arabes  en  dialfcto  vulgar  de  Larache.  —  Jli.ian 


TABLF.    DKS    MATIKRES.  ,  1G3 

RiHEUA  Y  TAiiRAtiO.  Discursos  leidos  ante  la  real  Acadeniia  ospaùola.  —  l'iibli- 
cations  do  l'iiiiiversité  d'Upsal,  tomes  X,  XIII,  XIV,  2'23. 
N°  3.  —  I.  F.  Nau.  Documents  trouvés  en  Asie  centrale.  Un  lornuilaire  de  con- 
fession mazdren  :  Le  Kliuastuanilt,  225.  —  II.  Paul  Asbath.  Catalogue 
sommaire  de  manuscrits  arabes  {>iuitr)  (avec  un  appendice  sur  les  Vies 
syriaques  de  saint  Basile),  241.  —  III.  J.  Babakhan.  Essai  de  vulgarisation 
des  Homélies  métriques  de  Jacques  de  Saroug  {-suite),  2bi.  —  l\.  F.  Nau. 
Résumé  de  monograpliies  syriaques  :  Barsauma,  Abraham  de  la  Haute- 
Montagne,  etc.,  270.  —  V.  S.  Grébaut.  Les  miracles  de  l'archange  Ragou'el, 
277.  —  IV.  F.  Nau.  La  version  syriaque  de  l'histoire  de  Jean  le  l'etit  (suite), 
283.  —  VII.  .Mélanges  :  I.  S.  Grébaut.  Un  tal^iloau  de  lectures  monacales, 
308.  —  II.  Hymne  à  Jésus-Christ,  310.  —  III.  Xotice  sur  Matthieu  févan- 
géliste,  312.  —  IV.  Les  di.\  canons  d'Eusèbe  et  d'Ammonius,  314.  —  V. 
Exhortations  aux  anachorètes,  317.  —  VI.  F.  Nau.  Encore  les  pierres 
tombales  du  musée  Guimet,  325.  —  Vil.  Le  synaxairc  éthiopien,  328.  — 
VIII.  Bibliographie.  F.  Nau.  Un  martyrologe  et  douze  ménologes  syriaques. 

—  Les  Ménologes  des  évangéliaires  coptes-arabes  (S.  (irébaut),  331. 

N"  4.  —  I.  M.  Chaîne.  Ri^'pertoire  des  Salam  et  Malke'e  contenus  dans  les 
manuscrits  éthiopiens  des  bibliothèques  d'Europe  (//h),  337.  —  IL  J.  Baba- 
khan. l'isssai  de  vulgarisation  des  Homélies  métriques  de  Jacques  de  Saroug 
(suite),  348.—  III.  F.  Nau.  Documents  trouvés  en  Asie  centrale.  La  mission 
russe,  375.  —  IV.  Résumé  de  monographies  syriaques  :  Barsauma,  Abraham 
de  la  Haute  Montagne,  Siméon  de  Kefar'Abdin,  Yaret  l'Alexandrin,  Jacques 
le  Reclus,  Romanus,  Talia,  Asia,  Pantaléon,  Candida  (suite),  379.  —  V.  L. 
Delaporte.  Catalogue  sommaire  des  manuscrits  coptes  de   la  Bibliothèque 

.  nationale  (suite),  390.  —  VI.  Fred.  C.  Conybeare  and  Olivier  "War- 
drop.  The  georgian  version  of  the  Liturgy  ot  St-Jamos,  396.  —  \\l.  IL.  Dela- 
porte. Quelques  textes  coptes  de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris  sur  les 
XXIV  vieillards  de  l'Apocalypse,  411.  —  YIII.  Mélanges  éthiopiens,  par 
S.  Grébaut  :  1.  Noms  des  femmes  et  enfants  des  lils  de  Jacob.  —  IL  Les 
miracles  du  saint  enfant  Cyriaque.  —  III.  Senteilces  ascétiques.  —  IV.  La 
mauvaise  passion  de  l'avarice  selon  Evagrius.  —  V.   Recommandations  aux 

.  évèques  et  aux  prêtres.  —  VI.  Le  sixième  jour  de  rilexaméron  d'Épipliane 
de  Chypre,  417.  —  X.  Bibliographie.  Feux  IIaase.  Literarkritische  untersu- 
chungen  zur  orientalisch.  —  Apocryphen  Evangelieniitcratur  (.S',  i irébaut). 

—  N.  Pi-Eu-i'Eit.  Die  ungarische  Doniinikanerprovinz  (S.  Grébaut).  —  Dom  Paul 
Renaudin.  Questions  religieuses  orientales  (/•'.  Nau).  —  O.  Takrali,  Mélange 
d'archéologie  et  d'épigraphie  byzantines  (/''.  Nau),  142.  —  Courtes  noti- 
ces. W.  E.  Crum.  Theological  Texts  from  Coptic  Papyri.  —  0.  von  Lemm. 
Briich.stiicke  koptischer  Miirtyrerakten.  —  Dom  A.  VN  il.mart  et  E.  Tisserant. 
Fragments  grecs  et  latins  de  l'évangile  de  Barthélémy.  —  M.  Chaïm:.  Cata- 
logue des  manuscrits  éthiopiens  de  la  collection  Mondon-Vidailhet.  —  Louis 
PiROT.  L'œuvi'e  exégétique  de  Théodore  de  Mopsueste.  —  N.  Banesin.  Deux 
poètes  byzantins  inédits  du  xui'  siècle.  —  G.  Leidinger  et  E.  Gr.uzl.  Miniâtu- 
ren  aus  lland.scliriften  in  Miinchen.  —  ¥.  Nau.  La  version  syriaque  de  l'Octa- 
teuque  de  Clément.  — S.  Grébaut.  Le  Qaléuientos,  livres  1  et  IL 


Tome  IX  (XIX)  —   1914. 

N°  I.  —  I.  M.  Chaîne.  Catalogue  des  manuscrits  éthiopiens  des  bibliothèques 
et    musées  de   Paris,  des  départements  et   de   collections  privées,   3.   —  IL 


101  RKVUE    DK    l'orient    (IIRÉTIEN,    DEI'MKME    SÉRIK. 

S.  Grébaut.  Les  manuscrits  éthiopiens  de  M.  É.  Delorme  (suite),  11.  —  IIL 
P.  Dib.  lue  mission  en  Orient  sous  le  Pontificat  de  Pie  IV,  24.  ^-  IV.  F.  Nau. 
La  version  S3'riaque  de  l'iiistoire  de  Jean  le  Petit  (fin),  33.  —  V.  L.  Dela- 
porte.  Quelques  textes  coptes  de  la  Bibliotlièque  nationale  de  Paris  sur 
les  XXIV  vieillards  de  l'Apocalyps^e  (mite),  58.  —  VI.  J.'  Babakhan.  Essai  de 
vulgarisation  des  Homélies  métriques  de  Jacques  de  Saroug  [suite),  (il.  —  VII. 
E.  Porcher.  La  première  liomélie  cathédrale  de  Sévère  d'Antioche  (texte 
copte  et  traduction),  69.  —  VIII.  A.  Périer.  Lettre  de  Pisuntios,  évêque 
de  Qeft,  à  ses  fidèles.  —  IX.  Mélanges  :  I.  S.  Grébaut.  Les  miracles  du  saint 
enfant  Cyriaque,  93.  —  II.  S.  Grébaut.  Dix  proverbes  éthiopieps,  98.  — 
111.  F.  Nau.  Note  sur  le  manuscrit  du  British  Muséum  Or.  1300  (Hexaméron 
d'Emmanuel  bar  Scliahharé),  101.  —  IV.  Une  lettre  de  Théophile,  patriarche 
d'Alexandrie,  d'après  la  légende  de  Sérapion  le  Sindonite,  10.3.  —  V.  Note 
sur  la  date  et  la  vie  de  Cheikh  'Adi,  chef  des  Yézidis,  105.  —  X.  Bibliogra- 
phie. EuG.  TissERANT.  Speciuiina  codicum  orientalium  [F.  Nau).  —  F.  Nau. 
Harhabbesabba  'Arbaïa,  Histoire  ecclésiastique  (11°  partie);  Théodore  de 
Mopsueste,  Controverse  avec  les  Macédoniens  (J/.  Brière).  —  H.  Poi.non.  Lettre 
à  M.  Douinergue,  président  du  Conseil,  au  sujet  d'une  réforme  du  ministère 
des  Affaires  étrangères  (F.  .\au). 

N"  2.  —  F.  Nau.  Résumé  de  monograi)hies  syriaques  :  Barsauma,  Abraham 
de  la  Haute  Montagne,  Siméon  de  Kefar  'Abdin,  Yaret  l'Alexandrin,  Jacques 
le  Reclus.  Romanus,  Talia,  Asia,  Pantaléon,  Candida  (suite),  113.  —  II.  E.  Por- 
cher. La  première  Homélie  cathédrale  de  Sévère  d'Antioche  (fin),  135.  — 
111.  J.  Babakhan.  Essai  de  vulgarisation  des  Homélies  mélriques  de  Jacques 
do  Saroug  (fin),  143.  —  IV.  Fred.  G.  Conybeare  and  Ol.  "Wardrop.  The 
georgian  version  of  the  Liturgy  of  Saint-James  (fin),  lij.").  —  V.  S.  Grébaut. 
Les  manuscrits  éthiopiens  de  M.  É.  Delorme  (suite),  171.  —  VI.  J.  Fran- 
çon.  La  Didascalie  éthiopienne  (suite),  183.  —  VIL  E.  Tisserant.  Note  sur 
le  manusci'it  Borgia  arménien  9,  188.  --  Vlll.  F.  Nau.  L'homélie  de 
Mo.vse  bar  Cépha  sur  les  confesseurs  du  Vendredi,  192.  —  IX.  Jlélanges  : 
I.  S.  Grébaut.  Dix  proverbes  éthiopiens  (fin),  190.  —  H.  S.  Grébaut.  Un 
fragiiiMitdc  luénologe  éthiopien,  199.  —  111.  F.  Nau.  Préceptes  anonymes  et 
histoire  d'Aliiqar,  d'après  le  ms.  de  Berlin  Sacliau  162,  209.  —  X.  Bibliogra- 
phie. Otto  Staehli.n.  Die  christliche  Griechische  Litteratur  [F.  Xau).  — 
Erich  Seebekg.  Die  synode  von  Antiochien  im  Jahre  324-25  (S.  (irébaut).  — 
A.  ii'Ai.KS.  L'édit  de  Calliste  [S.  (iréhaut).  —  Maximilien,  prince  de  Saxe. 
Pradectiones  de  liturgiis  orientalibus,  t.  11  (F.  Nau),  215.  —  XI.  Courtes 
notices.  M.  Asin  y  Palacios.  L  Abenmasarra  y  su  escuela.  II.  El  original 
arabe  de  la  disputa  del  asno  contra  Fr.  Anseimo  Turmeda.  —  Jo.sÉ  A.  San- 
CHEz  PÉHEz.  Particion  de  herencias  entre  los  musulmanes  del  rito  malequi.  — 
J.  Tfinkdji.  L'église  chaldéenne  catholique.  —  W.  WA.iNbERG.  Fekkare  Yasus.  — 
S.  Gaselee.  Parerga  coptica,  t.  IL  —  Augustin.  Vie  d'Euthyme.  Chapitres  de 
Zosime.  —  Fn.  M.  Es.  Pereira.  Inscrieao-de  Dario.  —  Dom  Et.  Dari.ey.  Les 
Acta  Salvatoris.  —  Pierre  de  Labriolle.  Les  sour(ies  de  l'histoire  du  Monta- 
nisme.  Note  sur  une  homélie  de  Théophile  d'Alexandrie  (/'.  A'.),  220. 

N"  3.  —  1.  F.  Nau.  Sur  la  fête  de  la  Croix.  Analyse  d'une  homélie  de  Moyse  bar 
Cépha  et  du  ms.  grec  1586  de  Paris,  225.  —  IL  M.  Chaîne.  Cata'ogue  des 
manuscrits  étliiopiens  des  bibliothèques  et  musées  de  Paris  (fin),  247.  —  III. 
Pierre  Dib.  Une  mission  eu  Orient  sous  le  pontificat  de  Pie  IV  (fin),  266. 
—  IV.  F.  Nau.  Résumé  de  monographies  syriaques  :  Barsauma,  Abraham 
de  la  Haute  Jlontagne,  Siméon  de  Kefar  'Abdin,  Yaret  l'Alexandrin,  Jacques 
le  Reclus,  Romanus,  Talia,  Asia,  Pantaléon,  Candida  (suite),  278.  —  V.  K.-J. 


TABLK    DKS    MATIÈRES.  4C)') 

Basmadjian.  Clironologio  de  l'histoire  d'Arménie,  290.  —  VI.  A.  Périer. 
Lettre  de  Pisuntios,  évèque  de  QeCt,  à  ses  fidèles  (/m),  302.  —  VU.  S.  Gré- 
baut.  Littérature  éthiopienne  pseudo-Clémentine.  IIL  Traduction  du 
Qalcmentos  (suite),  321.  —  VIIL  Bibliographie.  M.  Bkière.  Les  Homélies 
cathédrales  de  Sévère  d'Antioche.  Homélies  LXX  à  LXXVI  (Patr.  Or.,  XII,  1) 
(F.  Xau).  —  CîERH.iRD  KiTTEi..  Die  Oden  Salomos  (/•'.  Xau).  —  F.  Nau.  L'expan- 
sion nestoriennc  en  Asie  {S.  Grébaut),  331. 
.X"  4.  —  I.  Pierre  Dib.  Le  pouvoir  do  dispenser  de  la  consanguinité  et  de 
l'affinité  au  deuxième  degré  chez  les  Maronites,  337.  —  IL  S.  Grébaut.  Les 
manuscrits  éthiopiens  de  M.  É.  Dolorme  {suite),  347.  —  III.  K.-J.  Bas- 
madjian. Chronologie  de  l'histoire  d'Arménie  (/m),  358.  —  IV.  F.  Nau. 
Sur  quelques  autographes  de  Michel  le  S.yrien,  patriarche  d'Antioche  de 
116G  à  II99,  378.  —  V.  Robert  Griveau.  Étude  exégétique  d'un  passage  du 
Coran  (II,  244),  avec  des  aperçus  nouveaux  sur  l'interprétation  de  Wahb  et 
l'inspiration  d'Omeyya,  398.  —  VI.  F.  Nau.  R('sumé  de  monographies 
sxriaques  :  Barsauma,  Aljraham  de  la  Haute  Montagne,  Siméon  de  Kefar 
Abdin,  Yaret  l'Alexandrin,  .lacques  le  Keelus,  Romanus,  Talia,  Asia,  Panta- 
léon,  Candida  {suite).  414.  —  VIL  Mélanges  :  I.  R.  Griveau.  Notes  sur  la 
lettre  de  Pisuntios,  411.  —  IL  S.  Grébaut.  Fragment  ascétique  (éthiopien), 
443.  —  III.  A.  Périer.  Lettre  de  Pisuntios  (Appendice),  445.  —  VIII.  Biblio- 
graphie. Robert  Giîiveau.  Les  fêtes  des  Melchites,  par  Al-Birouni  ;  les  fêtes 
dos  Coptes,  par  Al-Maqrizi  ;  calendrier  maronite,  par  Ibn  al-Qola'i.  —  Paul 
Peeters.  Évangiles  apocrj^phes,  IL  —  F.  Pereira.  Duashomilias  sobre  S.  Tome. 
—  Julian  Ridera.  Ilistoria  de  los  jueces  de  Cordoba  par  Aljoxani.  —  Pedro 
LoNGAS.  Vida  religiosa  de  los  Moriscos  (/'.  .V.),  447. 

Tome  X  (XX)  —  191S-1917. 

N"  I.  —  I.  F.  Nau.  Résumé  de  monographies  syriaques  :  Barsauma,  Abraham 
de  la  Haute  Montagne,  Siméon  de  Kefar  'Abdin,  Yaret  l'Alexandrin,  Jacques 
le  Reclus,  Romanus,  Talia,  Asia,  Pantaléon,  Candida,  Sergis  et  Abraham  de 
Cascar  (fin),  3.  —  IL  S.  Grébaut.  Traduction  du  Qalèmentos  (suite),  33.  — 
III.  "W-'E.  Crum.  Discours  de  Pisenthius  sur  saint  Onnophrius,  texte  copte 
édité  et  traduit,  38.  —  IV.  H.  Guerrier.  Un  texte  éthiopien  du  symbole  do 
saint  Athanase,  68.  —  V.  S.  Grébaut.  La  lettre  et  la  notice  finales  du  Vieil- 
lard spirituel,  77.  —  VI.  S.  Grébaut.  Les  manuscrits  éthiopiens  de  M.  É. 
Delorine  (suite),  82.  —  VIL  Et.  Drioton.  La  discussion  d'un  moine  anthro- 
pomorphite  audien  avec  le  patriarche  Théophile  d'Alexandrie,  92.  — 
VIIL  ilélanges  :  I.  F.  Nau.  Une  liste  de  chronographes  (ms.  syr.  de  Paris 
n°  9,  p.  65).  101.  —  IL  P.  Dib.  Lequel  des  Ibn  al-'Assal  est  l'auteur  du  Xomo- 
canon?  104.  —  111.  S.  Grébaut.  Les  miracles  du  saint  enfant  Cyriaquo  (suite), 
106.  —  IX.  Bibliographie.  Rev.  Samuel  A.  B.  JIercer,  The  Ethiopie  Li- 
turgy.  —  C.  A.  Gonzalez  Palencia,  Rectification  de  la  meute,  tratado  de  logica' 
por  Abusait  de  Dénia.  —  R.  Besthorn;  P.  Vives;  G.  Palencia;  M.  Alarcox, 
Miscellanea  de  estudio  y  testes  Arabes  (F.  Xau),  110. 

N°  2.  —  Et.  Drioton.  La  discussion  d'un  moine  anthropomorphite  audien 
avec  le  patriarche  Théophile  (/in),  113.  —  IL  S.  Grébaut.  Les  miracles  du 
saint  enfant  Cyriaque  (suite),  129.  —  IIL  L.  Guerrier.  Un  te.xte  éthiopien  du 
symbole  de  saint  Athanase  (fin),  133.  —  IV.  F.  Nau  et  J.  Tfinkdji.  Recueil 
de  textes  et  de  documents  sur  les  Yézidis,  142.  —  V.  Mélanges  :  I.  S.  Gré- 
baut. Un  fragment  de  ménologc  étliiopien  (suite),  2(il.  —  IL  Sentences  ascé- 

ORIENT   CHRÉTIEN.  30 


466         Ri:vuE  DE  l'orient  chrétien,  deuxième  série. 

tiques,  '207.  —  III.  S.  Grébaut.  Note  de  clu'onologie  biblique,  210.  —  IV.  S. 
Grébaut.  Senteuces  d'Evagrius,  211.  —  VI.  Bibliographie.  Jacques  Zeii.ïk. 
Les  origines  chrétiennes  dans  les  provinces  danubiennes  de  l'empij-e  romain 
{H.  Graffin).  —  Basmadjian.  Histoire  d'Arménie  (/.  Babakhan),  i\b.  —  Notes 
bibliographiques.  Charles  Karpinski.  Robert  of  Chester's  latin  Translation 
ot  tlie  Algebra  ot  al-Khowarizmi.  —  José  A.  S^nc.hez  Perez.  Compendio  de 
Algebra  de  Abenbéder.  —  31.  Asin  y  Palacios.  Los  caractères  y  la  conducta, 
tratado  de  moral  practica  por  Abenhazam  de  Cordoba.  —  Introduceion  al 
arte  de  la  Logica,  par  Abentomlus  de  Alcira.  —  Nicolas  Fetissof.  Diodore  de 
Tarse.  —  Francisco  Codera.  Estudios  criticos  de  Historia,  arabe  e.spanola.  — 
René  Basset.  Le  sjnaxaire  arabe  jacobite.  Les  mois  de  Toubeh  et  d'Amchir. 
--  M.  AsiN  Y  Palacios.  Logia  et  agrapha  Domini  Jesu  apud  Moslemos.  — 
S.  Grébaut.  Les  miracles  de  Jésus.  —  E.  Blochet.  Histoire  des  sultans  mam- 
louks.  —  F.  Nau.  Ammonas,  disciple  de  saint  Antoine.  —  M.  D.  Gibso.n.  The 
commentaries  of  Isho'dad  of  Merv.  —  S.  I.  Mercati.  S.  Ephraeni  Syri  opéra, 
t.  I,  fasc.  I  (F.  iV.).  217. 
jjo  3.  _  F.  Nau  et  J.  Tfinkdji.  Recueil  de  textes  et  de  documents  sur  les 
Yézidis  (fin),  225.  —  II.  Catalogue  sommaire  des  manuscrits  du  Père  Paul 
Asbath,  278.  —  III.  St.  Stanoyévitch.  La  civilisation  du  peuple  Serbe  au 
moyen  âge,  282.  —  IV.  Et.  Drioton.  Un  apocryphe  anti-arien  :  La  version 
copte  de  la  correspondance  d'Abgar,  roi  d'Éde.sse,  avec  Notre-Seigneur,  308, 

—  V.  Mélanges  :  I.  H.  Pognon.  Sur  les  Yézidis  du  Sindgar,  328.  —  IL  Ij. 
Leroy.  Instruction  de  David  à  Salomon,  fragment  traduit  de  l'arabe,  330.  — 
111.  A.  Zanolli.  Sur  une  ancienne  traduction  syriaque  du  llcpi  çOaew; 
àvôptônou  de  Némésius,  332.  —  VI.  Bibliographie.  0  Livro  do  profeta  Amos 
e  sua  versao  ethiopica  por  Francisco  Maria  Esteves  Pereira  (L.  (iuerricr).  — 
SiLVAiN  Grébaut.  Sargis  d'Aberga,  controverse  judéo-chrétienne  \F.  Nau).  — 
E.  W.  Brooks.  a  collection  of  Letters  of  Severus  of  Antioche  from  numerous 
syriac  mss.  {F.  Nau).  —  E.   Blochet.  Introduction  à  l'histoire  des  Mongols. 

—  Djami  et-Tevarikh  [R.  Graffhi),  334. 

N°  4.  —  I.  Et.  Drioton.  Un  apocryphe  anti-arien  :  La  vereion  copte  de  la  cor- 
respondance d'Abgar,  roi  d'Édesse,  avec  Notre-Seigneur  {fin),  337.  —  IL  J. 
Ziadeh.  L'Apocalypse  de  Samuel,  supérieur  de  Deir-el-Qalamoun,  texte 
arabe  édité  et  traduit,  374.  —  III.  F.  Nau.  Note  sur  rApocal3-pse  de  Samuel, 
405.  —  IV.  S.  Grébaut.  Les  manuscrits  éthiopiens  de  M.  É.  Delorme,  408.  — 
Y.  E.  Porcher.  Un  discours  sur  la  Vierge,  par  Sévère  d'Antioche,  version 
copte  éditée  et  traduite,  416.  —  VI.  S.  Grébaut.  Littérature  éthiopienne 
pseudo-Clémentine.  —  III.  Traduction  du  Qalêmentos(.<î»/ïe),  424.  —  VIL  Mé- 
langes :  S.  Grébaut.  La  fête  de  l'Annonciation  d'après  le  synaxaire  éthio- 
pien, 431.  —  IL  S.  Grébaut.  Sentences  d'Evagrius,  435.  —  III.  Contributions 
à  la  philologie  éthiopienne,  439.  —  VIII.  Bibliographie.  J.  Tixeront.  Cours 
de  Patrologie  {F.  Nau).  —  R.  Basset.  —  Dictionnaire  abrégé  Touareg-français 
{F.  Nau).  —  F.  Nau.  Révélations  et  légendes  (.S.  Grébaut).  —  Eug.  Grisei.le. 
L'Arménie  martyre  {F.  Nau),  442.  —  IX.  Tables  des  matières  de  la  deuxième 
série.  44!). 


Il 

TABLE  DES  MATIÈRES  i) 

PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE 


Aba  (Fragments  de  Mail,  VII,  69. 

Aba  de  Casc»r,  I,  0, 

Aba,  évèque  de  Ninivc    (iv^  siècle  ,  I.  W>, 

un,  422. 
Abbas    demeure    avec    22  frères   dans  une 

caverne  nommée  de  Beit  Sabra  près  de  l,i 

montagne  élevée,  IX,  415. 
■Abd  el-Kader  rl-Cilani,  \,  270,  271.  —  Cf. 

154,  note  1. 
'Abdisou  ('Abdîs<>'),  patriarche  chaldéen  eu 

1555,  IX,  20. 
'Abd-Taous  (ser\iieiir  de  Taous).  envoyé  par 

Taons  ttheos)  en  ce  monde,  X,  156-7.  —  Cf. 

169,  notes  U  et  5. 
Aben  al-Abba.s,  biographies  arabes  de  .^a  van I s 

espagnols,  X,  112. 
Aben  Béder,  son  algèbre,  X,  217. 
Abenhazam   de   Conloue.    Traité   de    mo- 
rale, X,  218. 
Abenmasarra  et  son  école,  origines  de  la 

philosophie  hispano-musulmane,  IX,  220. 
Abentomlusd'Aucyre.  Introduction;!  la  logi- 
que, X,  218. 
Abgar,   sa  corresijondanee  avec  Notre-Sei- 

gneur.  version  cojite,  X,  306,  337. 
Abou  '1-Ahad,  prêtre  de  Diarbéliir,  rend,  eu 

1692,  le   ms.   syriaque  114  au  docteur  Pic- 

ques,  IX,  393,  note  1. 
Abraham,    apocryphe    copte  sur    Abraham 

et  Melchisédek,  IX,  222.  —Cf.  IX.  243;  Vil, 

25,  133. 


Abraham  le  Grand,  dispersion  de  ses- 
moines,  I,  417. 

Abraham  de  la  Haute  Montagne,  maître  de 
lîarsauma  le  Syrien,  mort  en  399  ou  406, 
1\,  414  410. 

Abraham  de  Kaskar  raconte  son  histoire  à 
Sergis,  X,  30-32. 

Abraham  de  Netfar,  VI,  238. 

A.braham  bar  Lipeh,  I,  9. 

Abraham  le  Syrien,  patriarche  copte  d'A- 
lexandrie, son  histoire.  IV,  380;  V,  26,  218. 

Abraham  Zabaya,  auteur  de  l'histoire  de 
Bar  'Edta,  I,  403. 

Abusait  de  Dénia,  son  traité  de  logique,  X. 
110. 

Acace,  évèque  de  Mélitène,  >  III,  387. 

Acn  (armeini},  son  parler,  VII,  328. 

Acta  Pilali  en  syriaque,  111,  446. 

Adam,  sa  création  d'après  les  Vézidis,\,  160. 
198,  24'i,  '255.  —  Melek  Taous  refuse  de 
l'adorer,  269.  —  Dans  la  Didascalie  de 
IVioire-Seigneur  Jésus-Christ  on  racouiede 
même  que  l'ange  Satanael  a  refusé  d'ado- 
rer Adam,  II,  252.  —  Cf.  VI.  83. 

Addaï  (Invention  de  la  Croix  d'après),  IX. 
231,  2'i5. 

Addaï,  sa  didascalie,  VII,  335. 

Adi.  —  V.  Cheikh  'Adi. 

Adonai  Kurios.  —  Cette  locution  esl-elli- 
propre  à  Lucien'.'  VI,  430. 

.ffidesios,  liirétique,  IV,  318. 


(1)  Comme  nous  l'avons  fait  à  la  fin  de  la  première  série  —  inde  prhicipium,  illuc  refet- 
exitum  —  nous  ajoutons  une  table  alphabétiques  Elle  contient  les  mots  caractéristiques  des 
litres  des  articles  et  des  ouvrages.  De  plus,  nous  avons  pris  la  peinCde  relever  uu  certain 
nombre  de  noms  propres  et  de  faits  remarquables.  Il  suffira  de  se  reporter  à  la  table  pré- 
«édente  pour  voir  dans  quel  contexte  ils  figurent, 

J-.  Nal. 


108 


REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN,    DEUXIEME    SERIE. 


Agapius  de  Meiibidj.  —  Sur  son  hisloire. 
V.  334. 

Aghomanie  (ou  Albanie).  —  Histoire  de 
ei'tle  CRlise,  I.  275,  noie  2. 

Agoursâ.  village  près  du  monastère  de 
Jîariabba,  X,  8. 

Aha.  chef  de  la  phalange  spirituelle  du 
bienheureux  niar  Eugène.  —  Son  iiionas- 
lère  dans  la  montagne  de  Qourah,  IX, 
437. 

Ahikar.  —  V.  Haikar  le  Sage,  111,  367.  — 
Sa  légende,  IV,  106,  IK.  —  Préceptes.  IX, 
209. 

Ahiqar  et  les  papycus  araméens  d'Eléphan- 
tine,  VI,  343-4. 

Ahmed,  grand-père  de  cheikh  'Adi  le  kurde, 
\,  187,  188,  197-8.  cf.  p.  164.  ligne  2. 

Ahoudemmeh,  1,  11. 

Ain  Sepné,  village,  X,  187.  —  Noé  y  cons- 
truisit l'arche.  X.  255. 

Alexandrie  (Liste  éthiopienne  des  patriar- 
ches), VII,  212,  302;  VIII,  92. 

Alexis  (saint),  résumé  de  la  légende  syriaque, 

V,  55. 

Alexis  studite.  patriarche  de  Constantinople. 

—   Trois   pièces  contre  les  jacobites,  Vil, 

449. 
Algèbre  orientale,  X,  217. 
Alioxani,  Histoire  des  juges  de  C.ordoue,  IX, 

448. 
Al-Khowarazmi,  son  algèbre,  X,  217. 
Amharique,  vocabulaire  amharique  Italien. 

VI,  222.  —  Cf.  VIII,  109. 
Amid..  sa  construction,  X,  6-7. 
Ammonas.  successeur  de  saint  Antoine,  ses 

œuvres,  X,  222. 

Ammonius.  les  dix  canons  d'Eiisèbe  et  Ani- 
monius,  Vlll.  314. 

Amos  et  sa  version  éthiopienne.  X,  3M.  — 
Cf.  Vlll,  221. 

Axnraphel  ou  llammurabi.  Vil,  112. 

Amulettes  chez  les  Mongols,  Vlll,  15. 

Amulette  (Lettre  dAbgar),  X,  308. 

Anachorètes  (Exhortation  éthiopienne  aux  . 
Vlll,  317. 

Analecta  Bollandiana  (1910-11),  VII,  111. 

Anathématismés  défendus  par  divers  ca- 
nons, IV,  127. 

Andrès.  missionnaire  américain  de  Mardin, 
X,  242,  cf.  146. 

Ange  gardien,  \ll,  375. 

Anthime.  parent  de  Théodore  gouverneur 
d'Aniid.  X,  6,  7. 

Anthime.  évèque  de  Constanlinople.  --  Let- 
tre à  Jacques  (Baradée),  IV,  9,  12.'(. 

Antioche,  ses  suffragants  an  milieu  du 
vr  siècle,  IV,  209.  —  Lettre  du  concile 
d'Autioche  à  Alexandre  de  Constanlinople, 
IV,  3,  12.  —  Etude  sur  ce  concile  de  l'an 
324,  IX,  216. 

Antiochus,  moine  de  Saint-Saliba,  I,  327. 

Antipriscilliana.  1,  105. 

Antoine  (S.),  la  version  syriaque  de  sa  pre- 
mière lettre,  IV,  '282. 

Antoine,  compagnon  de  Jacques  le  Reclus, 
X.  6.  —.-On  bâtii  un  temple  sous  son  voca- 
ble X,  8, 


Antonin,  évèque  d'Alep.  —  Ses  canons  en 
l'an  535,  IV,  8,  113. 

Aorzamihor,  général  perse  à  Nisibe.  IX, 
434.  —  Cf.  Rouzamihor,  IX,  4.39. 

Apamée.  — >  11  y  avait  un  temple  d'idoles 
avec  170  jjrètres,  X,  19. 

Aphou,  vLe  copte  d'Aphou,  X,  92,  113. 

Aphraate,  II,  3.36. 

Aphrodite  et  Tammouz,  X,  104. 

Apocalypse  de  Pierre.  —  M.  James  la 
retrouve  dans  le  traité  sur  «  la  seconde 
venue  du  Christ  et  la  .(résurrection  des 
morts  »  édité  V,  198,  316,  425.  -^  Cf.  V, 
441.  —  Seconde  apocalypse  de  Pierre.  — 
V.  Oalêmentos. 

Apocalypse  dans  la  lettre  de  Pisuntios,  IX, 
79,  302,  441. 

Apocryphes  éthiopiens  traduits  en  français, 

I,  110.  —  Sur  Mo'ise,  I,  157,  .371.  —  Sainte 
Véronique,  I.  220.  —  Sur  Elie,  I,  385-9. 
Testaments  arabes  de  N.-S.,  1,  427.  —  Le 
second  est  apparenté  à  Methodius  et  à  la 
lettre  de  Pisenthius.  —  Légendes  islamiques 
apocryphes.  Vil,  437. 

Apocryphes.  —  Testament  éthiopien  de 
N.-S.,  Il,  1.  "  Ln  logion,  11,  408  (n»  80).  - 
Lettre  de  Paul  et  Barnabe  aux  Cypriotes, 

II,  136.  —  Une  didascalie  de  N.-S.  J.-C, 
11,  2'25.  —  Prière  de  Manassé  (extraite  de 
la  Didascalie),  111,  134,  447.  —  Peines  por- 
tées par  les  apôtres,  IV,  32. —  Fragment  des 
voyages  de  saint  Pierre,  IV,  131.  —  Sur 
l'ascension  d'Isa'ie,  IV,  221.  —  Testament 
de  Jésus  lils  de  Siracli  et  de  Lokman,  IV, 
253.  —  Fekkaré  lyasous,  IV,  443;  IX,  222. 
—  Vision  de  Théophile  sur  le  séjour  de  la 
Sainte  Famille  en  Egypte.  V,  125.  —  Deux 
discours  de  Cyriaque  sur  le  même  sujet, 
V,  157.  —  La  dormiiion  de  la  Vierge,  V, 
162.  —  Apocalypse  de  Pierre  se  retrouve 
V,  -208-214,  316-17.  —  Cf.  V,  441.  —  Proté- 
vangile  de  Jacques,  V,  221.  —  Sur  la  capti- 
vité de  Babylone,  V,  255;  VI,  128.  ~  Le 
Qalèmentos,  \I,  72,  etc.  —  Joseph  le  char- 
pentier,  VI,   3"24.    —    Sur    saint  Matthieu, 

VIII,  312.  —  Noms  des  femmes  et  des  enfants 
des  fils  de  Jacob,  VIII,  417.  —  Etude  sur  les 
évangiles  apocryphes,  Vlll,  442.  —  Cf.  Pa- 
pyrus copies,  Vlll,  445.  —  Evangile  de 
Barthélémy,  ^  III,  446.  —  Les  24  vieillards 
de  l'Apocalypse,  VII,  449;  Vlll,  411;  IX,  5§, 

(Apocryphes  sur  Abraham  et  Melchisédek, 

IX,  222  (copte).  —  Sur  le  bois  de  la  Croix, 
Salomou  et  la  sibylle  érythrée,  IX,  244.  — 
Apocalypse  dans  la  lettre  de  Pisuntios,  IX, 
79,  302,  441,  445.  —  Apocalypse  d'Esdras, 
IX,  442.  —  Evangile  de  l'enfance,  IX,  447,'— 
Légendes  des  Yézidis  sur  Adam  et  la  créa- 
tion, X,  160,  198,  254,  '268,  269.  —  Logia  et 
agrapha  apud  Moslemos,  X,  221.  —  Miracles 
de  Jésus,  X,  222.  —  Correspondance  tl'Ab- 
gar,  X,  306.  —  Instructions  de  David  à 
Salomon,  X,  3'29.  Apocahpse  de  Samuel,  X, 
374,  405. 

Apollonius  de  Tyane.  —  Le  secret  de    la 

créature.  II,  99. 
Apophtegmes    des    Pères.    —    Fragments 


TABLE    DES    MATIERES. 


469 


copies  de  Paris,  VIII,  168.  —  Note  sur  le 
texii-  original.  208.  —  Cf.  Ilisloires  des 
solitaires  égyi)liciis. 

Apôtres,  leurs  tribus,  Mil.  206. 

Apôtres  à  Mossoul  et  eu  Mésopolumie,  W. 
285.  —  Pays  où  ils  ont  prêché.  VI,  299. 

Arabe.  —  Les  synagogues  des  .Juifs  d'Al- 
Maqrizi,  I,  149,  371.  —  Morphologie  de 
la  langue  syriaque,  I,  217.  —  Iza  el-Hazar, 
I,  2.'il.  —  Deux  testaments  de  N.-S.,  I,  ^127. 

—  Lexicographie  arabe,  I,  4W.  —  V.  Ca- 
talogues, Masoudi,  Larachc. 

Arabes  (textes  et  traductions).  —  Apollo- 
nius de  Tyane  arabe  et  latin,  11,  99.  —  Les 
églises  des  chrétiens,  traduction  du  texte 
arabe  dAl-Maqrizi,  11,  190,  269.  —  Une 
homélie  attribuée  à  saint  Jean  Chrysos- 
tome,  III,  24,  247.  —  Les  couveius  des  chré- 
tiens (d'ALMaqrizi),  111,  33.  192.  —  Vie  de 
sainte  Marine,  111,  67.  —  Sermon  de  Sche- 
noudi,  111,  81.  —   Mss.   chrétiens.  111,  105; 

IV,  174,  276,  3S7:  VI,  68.  —  Conversion 
des  juifs  de  Taihéi,  III,  298.  —  Haikar  le 
Sage  (Ahikar),  111,  367:  IV,  50,  142.  —  Vie, 
préceptes  et  testament  de  Lokman,  IV,  225. 

—  Histoire  d'Abraham  le  Syrien,  IV,  380; 

V,  26,  218.  —  Deux  discours  de  Cyriaque 
de  Behnesa  sur  la  fuite  en  Egypte,  V,  157. 

—  La  dormiiion  de  la  Vierge.  V,  162.  — 
Sur  la  captivité  de  Babylone,  V,  255.  — 
Apocalypse  de  Samuel,  X,  374. 

Arabes.—  \  . Abenmasarra  Turmeda.  —  Par- 
tage des  héritages  entre  les  musulmans 
du  rite  malé((ui,  1\,  221.  —  Lettre  de 
Pisunlios  évéque  de  Qcft,  I\,  79,  302,  4'il. 

—  Aljoxani,  Histoire  des  juges  de  Cordoue. 

IX,  448.  —  Eludes  arabes  espagnoles,  X. 
111.  —  Sur  Cheikh  'Adi,  X.  149.  —  Sur  les 
Yézidis,  X,14y,  156etc.  —  Arabe  espagnol, 

X,  217-221. 

Arabes  Ilimyarites,  un  palmier  est  «  le  dieu 
du  camp  »,  ^  ,  58.  —  Arabes  de  Mésopota- 
mie ont  à  Hagoulou  un  temple  avec  trente- 
deux  idoles,  IX,  437. 

Araméens  (documents)  d'Eléphanline,  \  1, 
337. 

Arche,  s'est  arrêtée  sur  la  montagne  de  Beil 
Kowila,  IX.  4.36  et  sur  le  mont  Goudi 
d'après  les  Yézidis,  X,  255. 

Archélidès,  \,  449. 

Archéologie  et  épigraphe  byzantines,  \  III, 
444. 

Argon  (Arcaon).nom  des  nestorienschez  les 
Mongols,  VIll,  8.  V 

Ariston  médecin,  martyrise  Romanus,  X.l'i? 

Arménien.  —  Histoire  de  l'Eglise  arménienne 
par  Kr.  Tourncbizc,  1,  11,  111.  IV.  CL  \, 
334.  —  Documents  relatifs  ;i  l'Arménie,  l\. 
.335.  —  Histoire  d'Elie  de  kharpout.  V,  337; 
\  I.  55.  —  177  accusations  cimtre  les  Arim'- 
niciis.  1,  161  etc.  —  Histoire,  M,  111. 
I.ellre  à  Grégoire  11,  VII,  145.  —  Le  parler 
arménien  d'Acn.  Vil,  3'28.  —  Massacres  des 
Arméniens,  VIll,  108.  —  Mss.  arméniens, 
VIll.  448. 

Arménien.  —Note  sur  le  ms.  Borgia  <».  l\. 
188.  —  Lettre  au  patriarche  arménien.  I.\, 


'itWi.  —  Chronologie  de  l'histoire  d'Arménie, 
1\,  290,  358.  —  V.  Tiridate  Etienne.  —  His- 
loire  moderne  des  Arméniens,  X,  216. 

Arsène  (S.),  111,  38. 

Asbath  (Paul),  catalogue  de  ses  manuscrits. 
\ll,  '280,  449;  Mil,  '241;  X,  276. 

Ascétisme,  voir  l'édition  des  Histoires  des 
solitaires  égyptiens.  11,  |||,  IV,  etc. 

Ascléplade,  gouveineur  d'Antioche,  X,  14. 

Asia,  son  histoire,  X,  17.  —  Meurt  le  15  octo- 
bre, X,  20. 

Asie.  —  L'expansion  nesiorienne  en  Asie. 
IX,  334. 

Asie  centrale  (Découvertes  en),  VllI,  4,  225. 
375. 

Asômâ.  montagne,  V,  61. 

Astrolabe  plan,  Traité  de  Sévère  Sébokl,  V, 
229. 

Astrologie  attribuée  à  Esdras,  II,  14:  cf. 
Mil,  97. 

"'Ataïa  bar  Athéli,  I.  32. 

Athanase  (S.).  —  Texte  éthiopien  de  son 
symbole,  X,  68,  133.  —  Il  semble  quAtha- 
nase  pape  d'Alexandrie  (car  les  évéques 
d'Alevandrie  se  donnaient  ce  titre)  est 
devenu  dans  les  traductions  «  Athanase, 
pape  de  Rome;  Athanase  de  Rome  et  sur- 
tout Athanase  de  Baba  (pape  =  papa  = 
Baba).  —  Beaucoup  de  phrases  et  de  mots 
ont  subi  des  modifications  analogues.  — 
Anapbore  de  saint  Athanase,  VIll,  100. 

Athanase  de  Balad.  —  Lettre  sur  les  rap- 
ports avec  les  musulmans,  IV,  10,  128. 

Athos,  actes  de  l'Athos,  VII,  448. 

Audiens,  X,  116-119. 

Audo  Israël,  métropolitain  de  Mardin,  X,'242. 
—  CL  146-7. 

Axoum  (Rois  d"),  VII,  217. 

Babai,  auteurs  de  ce  nom,  I,  18. 

Babylone  dans  les  historiens  chinois,  \'. 
282,  350. 

Bahram  roi  de  Perse,  \oir  Wartaran,  X,  23. 

Balkach  (Elude  sur  la  région  au  sud  du 
lac).  Carte.  VIll,  7-8. 

Banat  So'ad,  poème  de  Ka'b  bon  Zobair. 
VI,  110. 

Baptême  chez  les  Maronites,  V,  73. 

Bardesane,  V,  335. 

Bar 'Edtà, moine  nestorien  du  vi»  siècle:  son 
histoire,  I.  403:  II,  9.  —Cf.  I,  13. 

Barhadbeshabba  'Arbaia,  I,  15.  —  Son  his- 
toire des  saints  Pères  analysée,  VI,  234.  — 
La  deuxiènu'  partie  a  été  éditée  Patr. 
or,  t.  IX:  cf.    I\,  110. 

Bar  Hébraeus.  ses  textes  relatifs  à  Cheikh 
'Adi  le  Kurde,  X.  154. 

Barnabe.  Lettre  aux  Cypriotes,  II,  136. 

Barsabba  mis  à  mort  avec  ojize  disciples 
le  18  du  mois  d'août,  X,  7-10. 

Barsauma  le  Syrien,  résumé  de  son  histoire 
svriMqiie.  Mil.  270.  379;  l\.  113,  278. 

Barsauma  (monastère  de;.  .Michel,  patriar- 
che d'Antioche.  y  écrit  le  ms.  167  de  Paris 
III  lan  1190.  IX.  381.  —  ^  possède  un  ms. 
des  homélies  de  Sévère  de  l'an  569,  IX, 
.■W4  <i. 


170 


REVUE    DE    L  OillEXT   CHRETIEN,    DEUXIEME    SERIE. 


Barsauma  de  Carkha,  I,  21. 

Barsoma  le  Syrien,  sa  vie  étliio|)ieniic',  111, 
337;  IV,  13J,  26'i,  'lOl,  ^ilii.  —  \.  Bar- 
sauma. 

Basile  (S.),  ses  vies  syriaques,  VHI,  2!il. 

Basiliens  de  Saiut-S;iineur,  \  1.  ;iO'i. 

Batou.  roi  mongol,  X,  191. 

Beit  Addaï.  village  du  Beit  'Aibaïc.  L\,4.H<». 

Beit  Gourbaq,  1,  40'i,  ilO,  UM.  'xii. 

Beit  Kervila.  montagne  où  la  relie  s'est 
arri'tt'e.  I\,  'i36. 

Beit  'Omar,  village  du  Beit   'Arbaïé,  IX,  439. 

Beit  Qades.  \illage  du  Beit  'Arljaïe,  IX.  Uy.K 

Beit  Rastaq.  école,  1.  409. 

Beit  Sohdé  ou  Mar  Sahda.  Son  histoire, 
V.  191. 

Belinous.  voir  Apollonius  de  T>ane.  II.  99. 

Bénédicité  éthiopien.  VIII,  21."^. 

Bénédiction  (Bourktà),  X.  U.  —  Cf.  X.  169- 
170,  note  2. 

Bénédiction  de  Cheikh  'Adi,  l(i9-]70,  2.'><i. 

Benjamin,  évèque  d'Agoursa.  X.  s.  U. 

Beyrout.  Mélanges  de  la  Faculté  orientale, 
\  H.  '437,  4.^8. 

Bible.  Psaumes,  commentaire  syriaque,  I, 
.■^13.  —  Bible  pour  le  peuple.  M,  221.  — 
(trdre  des  lectures  de  la  Bible  en  Ethiopie, 
VUI.  308. 

Bible.  Pentateufiue,  11,  109;  111.  109. —  Prière 
de  Manassé.  extraite  de  la  Didascalie.  III, 
13'i,  447.  —  Psaumes,  111,  219.  —  Livres  de 
Salomon,  IV,  428.  —  Deuléroeanoniques. 
IV,  4'29.— Patriarches,  IV.  432.  —  I  Pierre, 
II,  5,  IV,  433.  —  Quatrième  évangile.  V. 
108.  —  Une  homélie  grecque  sur  le 
Ps.  xcvi,  V,  119.  —  Papyrus  araméens,  VI, 
337  ;  Vil,  100.  —  Papyrus  grecs.  VI.  396.  — 
Sur  Jean,  viii.  1-11,  VI.  425.  —  Sur  Ps.  vu, 
10-11,  VI,  427.  —  Permutations  des  lettres 
M.  N.  B  dans  le  Codex  Vaticanus.  VI.  428. 

—  Sur  Tobie,  il.  1,  VI.  429.  —  Sur  Adonaï 
Kurios.  VI,  430.  —  Sur  le  Codex  Marcha- 
lianus,  VI.  432.  —  V,  Zui|ninensis  (Codex). 

—  V.  Philoxénienue. 

Bible.  Histoires  bibliques  dans  le  tioran.  IX. 
399.  410. 

Birtâ  (ou  Bàrlà)  au  Beit  'Arbaïé.  IX.  439. 

Byzance,  sa  construction  d'après  une  chro- 
nique syriaque.  111,  437. 

Byzantines  (éludes^  11.  220.  222:  lit.  333.— 
\ .  Grec. 

Gaïphe.  maison  de  Caïpiie.  IX.  244-j. 

Calendrier  lunaire  de  l'Ancien  Testament. 
11.  l'i.  —  d'Aboul  Barakat.  III.  113.  •--  Mar- 
tyrologe de  Rabban  Sliba,  V.  327.  —  Méno- 
loge  éthioiiien.  IX.  199;  X,  201.  —  Calen- 
driers divers.  IX.  447.  —  Calendrier  du 
Malabar,  AU.  82.  —  Calendrier  syriaque. 
Vil,  87;  musulman.  VII.  92.  —  In  calen- 
drier composite.  Vil.  319. 

Calliste.  Edit  de  Calliste,  IX.  218. 

Cascar  ou  Kaskar.  —  V.  Abrahain:  Théo- 
dore. V.  3.  —  Dafneh.  X.  30-32. 

Catalogue,  corrections  au  catalogue  des 
manuscrits  sjriaqnes  de  Paris,  IX,  38'i-388. 

Catalogues   des    manuscrits    arabes   chré- 


tiens de  Paris,  IV,  174,  276.  337;  VI.  68.  — 
des  manuscrits  coptes  de  la  Bibliothèque 
nationale  de  Paris.  IV,  417  ;  V,  85,  133.  392  ; 

VI.  85.  155,  239,  368;  VU.  390.  —  des  mss. 
syriaques,  éthiopiens  et  mandéens  entrés  à 
la  Bibliothèque  nationale  de  Paris.  VI.  271. 

—  Catalggue  des  mss.  éthiopiens  de  Berlin, 

VII.  45.  —  Mss.  arabes  de  la  Junte  à  Madrid, 
VII,  223.  —  des  Météores,  Vil,  268. 

Catalogue  des  manuscrits  éthiopiens  de 
M.  E.  Delorme.  VII.  113:  IX.  44,  174,  347; 
X.  82.  —  des  manuscrits  éthiopiens  des 
bibliothèques  et  musées  de  Paris,  des 
départemenis  et  de  collections  privées.  IX, 
13,  247.  —  des  manuscrits  du  P.  Paul 
Asbath.  VII.  280:  VllI.  241:  X.  276.  —  Cf. 
Vil,  449. 

Caverne.  Douze  bienheureux  vivent  et  meu- 
rent dans  une  caverne  près  d'Edesse.  V, 
58. 

Célestin  (S.)  pape,  extraits,  IV.  126.  —  Tra- 
ductiou  française  des  lettres  de  Nestorius 
à  saint  Célestin.  Vf.  186. 

Chahid  lils  d'Adam,  de  qui  descendent  les 
Yézidis.  X.  245. 

Ghalcédoine.  Histoire  du  concile  d'après 
Denis  bar  Salibi.  IV.  .307.  —  D'après  les 
monophysites.  IV,- 140;  V,  48;  IX.  77,  129- 
134. 

Chaldéenne  (Église).  IX.  221,  269-273.  —  Cf. 
IX.  26. 

Chapitres  écrits  de  l'Orient.  43  canons.  IV, 
39. 

Charaf  ed-Dln  Mohammed,  fils  de  Cheikh 
"Adi,    X.    154,   189,   193.   194,   195,  198,  •>4I. 

—  A  été  rattaché  aussi  à  Hassan  qui  s'était 
donné  pour  le  fils  adoptif  d"Adi  le  Soufi. 
p.  247.  ligne  9. 

Cheikhs  chez  les  Yézidis,  X,  236.  248,  257, 
■258,  261,  -263.  Cf.  142  note  1,  235. 

Cheikh  'Adi.I.  Souli.  musulman  syiien, lils 
de  Mosaffer  fils  d'ismaël,  mort  sans  posté- 
rité, au  pays  des  Kurdes,  vers  1161,  X,  149- 
154.  —  Ses  écrits  sont  d'un  musulman,  149. 

—  Un  certain  Hassan  se  fit  passer  plus  tard 
pour  son  fils  ado|)tif  (Hassan  el-Barvab, 
Hassan  el-Basri),  150.  153,  24'i,  247.  Cf.  159, 
ligne  36. 

H. Kurde  Taïrahile.  lils  de  Mosaffer  (et  de 
Setias),  lils  d'Ahmed  doni  les  fils  sont 
mentionnés  par  Bar  Ilébraeus,  \,  154-155, 
procureur  d'un  couvent  neslorien  qu'il 
usurpa  ensuite,  188-191,  190  note  4;  cf. 
"245-6  et  147  note  1  ;  mis  à  mort  au  plus  tôt 
en  1223,  X.  192,  <f.  146.  —  Ses  ouvrages  et 
sa  doctrine  sont  formés  d'idées  chrétiennes 
apprises  chez  les  Nestoriens  avec  quehjues 
apports  pa'iens  (gou\erneurs  du  monde, 
dieux  inférieurs,  métempsycose).  156- 
159,  165-171.  —  Ses  enfants  l'ont  identifié 
avec  le  souli  musulman,  152.  ligne  27, 
153,  ligne  12.  et  même  avec  Dieu.  Cf. 
poème  de  Cheikh  'Adi,  163-165  et  275.  — 
Les  fils  de  Cheikh  'Adi  s'identifiaient 
d'ailleurs  aussi  avec  les  jiremiers  auges 
créés:  cf.  Chems  ed-Din.  p.  159,  1.  37; 
Fakhr  ed-Din,  p.  160,  1.  2  et  698,  ou  avec 


TABLE    DES    MATIERES. 


471 


il'anciens  roi;,  p,  Kil.  I.  21:  cf.  167.  1. 
17;  267,  l.  32.  ou  iiiOme  avec  le  soleil  cl 
la  lune.  p.  25?i.  I.  31.  Cf.  \<.  1«>9,  ne. te 
1.    —  La    métempsycose   que   l'on   trouve 

pai'tinii  chez  les  Vézidis  rendait  les  subs- 
titutions faciles.  —  In  Kodjak  (vieillard) 
racontait  qu'il  s'était  trouvé  dans  la  barque 

avec    le    prophète    Jonas   et    qu'il   l'avait 

jeté  à  leau,  261.  —  \oir  les  noms  Ahmed 

(grand-père    d"Adi    le     Kurde).     Mosatfer 

(père)    et   Gharaf    ed-Diu.    Chems    ed-Din. 

laUhr  edlJin  (fils).  —  CL  l\.   105. 
Chems  ed-Din.  fils  de  Cheikh    Adi,  X.  155. 

159.  161.   167,    189,   193.   195,   198.   2'il.  2'i7. 

260.  261.  273.  —  Cf.  25^,  1.  31  ;  258,  1.  21  cl 

29. 
Chine,  III.  .346:  V.  282.  350. 
Christ,  légendes  coptes.  III.  fi4.  U6. 
Christ  d'après  les  Yi-7idis.  \.  261.  269. 
Christianisme  en  Orient.  —  Documents  du 

XM'  au  \i\'-   siècle.  V.  223.  —  Expansion 

chez  les  Mongols.  I\.  33i. 
Chronographes  (une  listi'  de).  \.  101. 
Chronologie   de    l'hisloirc   d'Vrménie,    I\, 

2<'0.  358. 
Chronologie  éthiopienne.  111.  101. 
Chronologie  des  patriarches  d'Alexandrie  et 

de  la  Bible  d'après  un  manuscrit  éthiopien, 

\  II,  302.  306. 
Chrysobulle  de  Manuel  Comnène  (IHS).  IV, 

203. 
Chypre.  Les  légendes  apostoliques  de  l'Église 

de  Chypre,  U.  125. 
Cieux  (Noms  éthiopiens  des  sept).  VIII.  20'i. 
Clément  (S.).  Littérature  éthiopienne  pseudo- 
Clémentine.   11.   139   etc.   —  Attribue  cinq 

li\res    à    Salomon.    I\.    V28.    --    Cf.    Vlll, 

219. 
Colophons.    Colo|)hons    de    Ions  les    niss. 

syriaques  acquis  à  Paris   depuis   1870,  M, 

272. 
Gommunicfe.  Punition    pour    avoir   mangé 

du  pain  avant  la  communion  chez  les  nes- 

toriens  au  vf   siècle.  I.  'i22. 
Comput  alexandrin  d'aiirès  Jacques  d'Éd  esse, 

IV.  'i3o. 
Conciles.  Histoire  des  conciles  de  Sévère  ibn 

al-Moqaffa.  II.  93  (édité  P:  O..  VI). 
Concile  d'Antioche.  —  Sa  lettre  à   Alexan- 
dre de  Conslanlinople.  IV.  3.  12.  —  Elude 

sur  ce  concile  de  l'an  32'i.  I\,  216. 
Confesseurs,  fêtés  le  \endredi  après  Pâques, 

1\.  192. 
Confession  chez  les  Arméniens,  VIL  192. 
Confession  chez  les  Bouddhistes-Mazdéens, 

Vlll.  15.  225. 
Congrès  des  Orientalistes  de  Co|teuhague, 

m.  3'29. 
Constantin.   Lettre   de   convocation    à    \i- 

cée,  IV.  5-6,  —  Vision  de  f;onstantin.  Vlll. 

106. 
Constantin    et   Hélène   (Vie   grecque  .    III, 

223.  —  V.  H.'bne. 
Constantin   rie  L;  odicée.  —  Ses  canons  en 

lan  535.  IV.  8.  113.  116. 
Controverse  judéo-chrétienne.  III-  298.     - 

Cuntr<i\erse   à  Alexandrie    entre    Thomas. 


iiestorien.  et  Parthénioa.  «liacre   chalcéilo- 
nicn.  IV.31'i.  —  Controverse  a\eclesmusul- 
mans.  IV.  .380;  V.  26,  218. 
Controverse  d'EIic   de   Kharpout    avec  les 
musulmans.  \.  337-49. 

Conversions.  Kègles  pour  le«  conversion^ 
au  mouiq)hysisme.  1\,  'i9.  113.  115. 

Copte.  Le  rite  copte  de  la  prise  d'habit.  I. 
60.  13(1.  311.  —  Fragments  du  Pasteur 
d'Hermas.  1, 101.  .301.—  Consécration  «l'une 
église.  L  108.  —  Sur  le  Pentateuque.  I, 
221. 

Copte  (textes  et  traductions).  Sévère  d'An- 
tioche dans  la  littérature  copie.  II.  119.  — 
Leurs  églises  d'après  AlMaqrizi.  II.  190. 
269.  —  Calendrier  d'Aboul  Barakat,  111, 
113.  —  Homélie  de  Sévère,  I\.  69.  135.  — 
Sur  Abraham  Melchisédek  et  Schenouili, 
I\.  222.  —  Lettre  de  Pisuniios.  évèque  de 
Qeft.  IN.  79.  302.  441.  445.  —  Calendrier, 
l\.  4'i7.  —  V.  Cyrille  IV.  —  Job. 

Copte.  —  Une  homélie  de  Grégoire  de  Nysse, 
VIL  395.  —  Sur  les  24  vieillai-ds.  VIL  449  ; 
Vlll,  411  ;  IX,  58.  —  V.  Job.  Apophthegmes. 
—  Textes  théologiques  d'après  les  papyrus 
coptes.  MIL  445.  —  Martyrs  coptes,  Vlll, 
445.  —  V.  Sévère  d'Auiioche. 

Copte.  Discours  de  Pisenthius,  X.  38.  —  Dis- 
cussion d'Aphou  (moine  audien)  avec 
Théophile  d'Alexandrie,  X.  92.  113. —  Let- 
tre d'Abgar.  X.  30(). 

Coran.  Etude  exégéti<|ue  d'un  passage  du 
Coran    11.  244),  IX.  398. 

Cosme.  patriarche  d'Egypte.  X.  5. 

Cosmographie.  Il,  102:  III.  10^.  —  Au 
VIT  siècle  chez  les  Syriens,  V,  225. 

Création  d'après  les  Yézidis.  X.  159-161. 
198.  243.  254.  269. 

Croisades.  L  444. 

Croix.  Sur  la  fête  du  14  septembre.  oi)i- 
nion  de  Jacques  d'Edesse.  IV.  437;  di' 
Moyse  bar  Cépha,  IX.  225.  —  Diverses 
inventions  de  la  Croix.  IX.  231.  —  D'où 
vient  le  bois  de  la  Croix,  IX.  243.  —  CL 
Vlll.  106  (vision  de  Constantin). 

Cyr  en  Syrie,  pays  de  Tobia,  martyr  à  deux 
ans.  X,  15.  , 

Cyriaqpie.  Les  miracles  du  saint-enfant 
Cyriaque.  VU,  117:  VIII,  419:  I\,  93;  X. 
106.   129. 

Cyriaque,  évèque  de  Behnésa.  deux  dis- 
cours sur  la  fuite  en  Egyi)le,  \ .  157. 

Cyriaque  du  monastère  de  Saint-Eugène, 
disciple  de  Yaret,  IX,  435-8. 

Cyriaque  (couvent  de  Mar)  à  Zoniqrat. 
Son  histoire,  X.  154. 

Cyrille  d'Alexandrie  (S.).  —  Lettre  aux 
frères  solitaires.  IV,  125.  —  Homélies  sur 
saint  Luc.  VI.  443.  —  Légendes  nestoriea- 
nes,  \,  19. 

Cyrille      S.)    et    Xestorius.   V.    3(»  :  VI.    1. 
176.  —  Traduction  de  la  2''  lettre  <le  saint 
Cvrille.  178.  et  de  sesanathématismes.  189. 
Ses  présents  à   la  cour  de  Conslanlino- 
ple. VI.  447. 

Cyrille  IV  (I8)4-18(>1).  —  tn  luvlat  copte 
léfornialeur.  VU,  3. 


172 


REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN,    DEUXIEME    SERIE. 


Cyrille  de  Scylliopolis,  11.  298. 
Cyrillona  ou  Cyoré.  1.  3. 

Dadjésus  Katraïa,  I,  25. 

Damase  (S.).  Cinq  canons,  IV,  38. 

Daniel  de  Gulus,  rosiimé  de  sa  vie  écrite  par 
Jacques  le  docteur  (Jacques  de  Saroug), 
V.  60. 

Daniel  fils  de  Habib,  successeur  de  Jacques 
le  Reclus,  X,  's- 12. 

Daniel  du  Tour  'Abdin.  clironographe,  \, 
104. 

Dasnoiè  pour  des  Yézidis  de  la  région  de 
Mossoul,  X,  142.  168. 

David.  Instructions  à  Salomon,  \,  329. 

David  et  Lokman,  IV,  225. 

Decourdemanche.  sa  collection  de  mon- 
naies mongoles.  1,  50,  113. 

Delorme  (E.).  V.  Catalogues. 

Denis  bar  Salibi.  Traité  contre  les  Nesto- 
riens,  IV,  298. 

Denys  d'Alexandrie.  V,  222. 

Diaconesse,  oïdination  d'après  Jacques 
d'Edesse,  IX,  391,  note  1. 

Didachè,  VII,  .^35. 

Didascalie  des  apùtres,  I,  h'i:\,  U'ib:  VU,  .335. 

Didascalie.  traduction  de  la  version  éthio- 
pienne, VI,  161,  206:  Vil,  190,  286:  IX.  183. 

Dîmit,  solitaire  au  Sina'i,  X,  18. 

Diodore  de  Tarse.  X,  219. 

Diodore.  Établit  à  Antioche  l'oflice  en 
deux  chœurs,  VI.  299. 

Dioscore.  IV.  l'il  :  IX,  131. 

Dogmes  (Histoire  des),  VII,  222. 

Dominicains,  province  de  Hongrie,  VIII,  443. 

Droit  canonique.  II,  218.  —  Littérature  ca- 
nonique syriaque  inédite.  IV,  1,  113.  — 
Droit  cauoni(iue  syrien,  IV,  447.  —  Con- 
sanguinité et  affinité  chez  les  Maronites, 
IX,  3.37. 

'Ebed  Mscl.iiha  Hirta'i'a,  1,  27. 

Éclipses.    Traité  de   Sévère  Sébokt  sur  les 

éclipses,  V,  229. 
Éclipses,  V,  254. 
École  en  Syrie,  I,  406-408. 
Écriture  des  pierres  lopbales  nestoriennes, 

VIII.  5-6. 
Édesse.  Le  christianisme  primitif  à  Édessc, 

I.  217. 
Édesse.  sa  construction,  III,  324,  441.  —  Sur 

A'igosolia,    la   grande  église   d'Édessè,   111, 

442. 
Édesse.  Saint  Alexis,  Paul  l'évêque  et  Jean 

le  prêtre  y  habitent,  V,  55-59.  —  Euphcmie 

elles  saints  confesseurs,  V,  64-72,  173-191. 

—  V.  Gouria,  Vil,  .3.34. 
Édesse,  monastère  des  cellules  (qouqés),  IX, 

421. 
Églises  St-Ëtienne  à  Jérusalem,  II,  70,  414; 

III,  1,  '20. 

Egypte.   Histoires   des   solitaires  égyptiens 
(textes  inédits  du  ms.  Coislin  126),  II,  III. 

IV,  etc.  —  Les  églises  des  chrétiens  en 
Egypte,  II.  190,  269.  —  Schenoudi,  11.  313: 
111,  81.  —  Macaire,  II,  322.  —  Sérapion.  II, 
323.  —  Les  couvents  des  chrétiens,  III,  33, 


192.  —  Histoire  d'Abraham   le  Syrien,  pa- 
triarche copte   d'Alexandrie.    IV,  .380.    — 
Vision   de  Théophile  sur  le    séjour   de  la 
.-Vierge  en  Egypte,  V.  125.  —  Deux  discours 
de  Cyriaque  sur  le    même    sujet,   V,  157. 
—  V.   Coptes.   —  (;ataIogucs.  —  Liturgie, 
V.  Jean  4e  Petit. 
Égyptiens  (Histoires  des  solitaires).  H,  43, 
171.  .•W3;  m,  47,  '206:  IV,  .357;  MI,  204,  -294; 
VIII.  137. 
Éléphantine.  \ .  Araméi  ns   Documents),  VI, 

336. 
Élie,  sa  légende  d'a|)rès  Maqrizi,  I,  385-9. 
Élie   et  Hénoch  envoient   une   grenade   à 

Théodore,  ascèli'  de  Cascar,  X,  31-32. 
Élie  de  Kharpoul.  Son  histoire,  V,  .337. 
Élie   de  Nisibe  (Le  fondement  de  l'année, 
d'après),  i\,  440.   —  Sa  chronographie,  V, 
110.  —  Le  livre  de  l'expulsion  de  la   tris- 
tesse, 1,  443. 
Elipidia,  [lalrie  d'Asia,  X,  17. 
Elisée  l'interprète.  I,  4. 
Emir,  chef  des  Yézidis,  X,  236,  247. 
Emmanuel  b:ir  Schahharé,  IX,  101. 
Enanjésu  le  moine,  I,  20. 
Enfer  est  éteint,  d'après  les  Yézidis,  X.  256, 
Entréchius  d'Anazarbe,  IV,  119. 
Éphèse.  Barsauma  au  deuxième  concile,  IX, 

1-27. 
Ephrem  (S.).Hymni  de  Virginitale,  11, 108  (édi- 
tés par  Lamy,  œuvres  de  S.  Ephrem,  t.  W , 
puis  par  M»'  Rahmani).  —  Cité  par  Jacques 
d'Édessè,  1\  ,  43«.  —  ^  ersion  grecque,  X, 
223. 
Ephrem,  moine  de  Mar  Hanania  (Zafaran), 

X,  '247.  Cf.  146-7. 
Épiphane  de  Chypre,  Hexaméron,  MU,  432; 
IX,  .348;  X,  S2.  —  Sur  les  écritures  des  lan- 
gues, X,  103. 
Esdras.  opuscules  astrologiques  qui  lui  sont 

attribués.  11,  14.  Cf.   VIII,   97. 
Espagne.  L'origine   espagnole*du  Filioque, 

1,  92.  —  Antipriscilliana,  I.  105. 
Espagne.  Histoire  (arabe)  de  1170  à  1263,  X. 

111. 
Espagne.    Musulmans    espagnols.    IX,   449, 
cf.  449  el   Mozarabes.  —  Éludes  d'histoire 
ara))e  espagnole,  X,  220. 
Esther  et  Judith  (authenticité),  VII,  109. 
Ethiopie,  II,  329.  —  Le  patriarche  Jean  Ber- 

mudez,  l\ ,  321. 
Éthiopien.  Apocryphes  traduits  en  français, 

I.  110. 
Éthiopiens  (textes  et  traductions),  II,  1 
(Testament  de  N.-S.).  —  Littérature  éthio- 
pienne pseudo-Clémentine,  II,  139,  285,380; 
III.  166,  314:  V.  198.  307,  4->5,  etc.  —  Vie 
de  Barsauma,  III.  337;  IV,  135,  264,401,414. 
—  La  poésie  éthiopienne,  IV,  90.  —  Prière 
de  Langinos,  V,  42.  —  Lettre  de  Jean 
d'Antioche,  V,  215.  —  Lettre  de  Firmus,  V, 
.3-24.  —  Homélie  de  Juvénal,  V,  440.  —  Voir 
Catalogues.  —  Hexaméron  d'Épiphane  de 
Chypre,  IX,  .348;  X,  82.  —  Manuscrits  de 
Berlin,  VU,  45.  —  Notes  philologiques,  439, 
Éthiopien.  Traduction  d'Hénoch,  1,  331.  — 
Martyre    de  Judas  Cyriaque,  331.  —  Cycle 


lAHI-K    DES    MATIERES. 


173 


lie  laMergp.  1,  W.i.  —  Miracles  de  Notre- 
Seiyneur  analyst''s.  VI,  255.  .'(56.  —  Homélie 
d'Eusèbe,  évô(|iit'  d'Héraclt-c,  VI,  ?i2fi.  — 
Liste  des  patrinrches  d'Alexaiidrii',  \ll,  212; 

"  Vll[,  92.  ~  Rois  d'Axoiira,  VII.  217.  —  Dos- 
criptiou  du  Tigré,  \  il,  220.  —  Jérémie,  \il. 
'i'i7.  —  Les  miracles  de  rarclianpc  P.aRou'el, 
VIII,  113.  277.  -  Répertoire  des  Salaiii  el 
Malke'e,  VIII,  IS.^,  XM.  —  Les  sept  cieux, 
VIII.  2(l'i.  —  Cf.  Évagrius.  —  Bénédicité 
ëtbiopien,  MIL  215. 

Éthiopien,  catalogue  des  manuscrits  de  M.  E. 
Delorme,  \ll.lii;<;  1\,  'j'j.  174.   :W7;  X,  X2. 

—  La  Didascalie,  VI,  161;  \ll.  100,  2«6;  1\, 
IW.  —  Dix  proverbes,  1\,  W,  l<t6.  —  V. 
Athanase,  Kpiplu-ne  de  Chyiire. 

Etienne    (S.).    Les  églisi-s    Sainl-Étienne    à 

Jérusalem,  11,  70,  -'il4,  'l'il  :  III,  1,  20. 
Etienne  réis  d'Alqos.  Son  histoire,  \,   211. 

—  Cf.  IW  148,  242. 

Etienne,  roi  des  Arméniens,  \,  10. 

Etienne,  évéque,  é'crit  l'histoire  d'Abraham 
de  la  Haute  Montagne,  l\,  41H-9. 

Euchites,  X,  5-6. 

Eudocie  et  Barsauma,  IX,  115-117,  119-125. 

Eugène  (S.J.  Sou  monastère  était  sur  la  mon- 
tagne de  Sanià,  1\.  '4.'55. 

Euphémie  el  miracle  des  saints  confesseurs 
d'Édesse,  V,  04-72.  17:M91  :  VII,  .Wi  :  VIII, 
218. 

Euphrosynus.  chef  .T.édecin.  mailre  de  Pan- 
laléon,  X,  '22. 

Eusèbe.  Les  dix  canons  d'Kusébe  et  d'Am- 
monius,  VIH,  ,H14. 

Eusèbe  d'Alexandrie,  Homélies.  III,  406,  429. 

Eusèbe  d'Emèse.  Fragments  syriaques,  III, 
420. 

Eusèbe,  évéque  d'Héraclée,  version  éthio- 
pienne de  l'une   de  ses   homélies,  VI,  4"24. 

Eustorgios.  père  de  Panlaléon,  X,  22. 

Euthyme  le  Grand,  sa  vie.  11.  298.  Xil  ;  111, 
181,  22.'5,  .589;  IV,  189,  256.  —  Vie  grecque, 
l\.  22.5. 

Eutychès,  I\,  76. 

Eutychius  (Saïd  ibn  Balriq).  Il,  90. 

Évagrius.  Les  huit  mauvaises  passions, 
version  éthiopienne,  IX,  174.  —  .Sentences, 
\,  211.  — Cf.  Vlil,  21.5  (passion  de  la  colère): 
\  III,  427  (l'avaiice)  ;  X,  435. 

Évangile  aux  Hébreux,  VI,  426. 

Évéques.  Les  suffragants  d'Anlioche  au 
milieu  du  iv»  siècle,  IV,  209. 

Extrême-Onction,  IV,  117. 

Extrême-Orient.  Notes  de  géographie  et 
il'histoire,  III.  546:  IV,  71.  ~  Babylone 
ilans  les  historiens  chinois,  \.  282.  — L'ex- 
pansion neslorienne  eu  Asie,  IX,  5,54. 

Fadl  Allah  Rasihid  ed-lJin.  —  Histoire   des 

Mongols,  X,  556. 
Fakhr   ed-Din.   fils  de  Cheikh  "Adi,  X,  155, 

160,    161.    167,    195    note    1,    198,    241,  247. 

Cf.  250,  1.  51. 
Fakirs   (moines)    chez  les  ^ézidis,  X,  258, 

249-251. 
Farrach,  sacristain  de  Cheikh- 'Adi,  X^  252, 

2.59. 


Fekkaré  lyasous,  IV,  445;  fX,  222. 

Femme  adultère  (La  périco|)e  de  la),  \  i, 
425. 

Filioque,  son  origine  espagnole,  1,  92.  ( 

Firmus,  évéque  de  Césarée.  Traduction 
<le  la  version  éthioi>ieune  d'une  de  ses 
lellres,  V,  .■V24. 

Fondement  de  l'année,  IV,  4.'i0,  note  2.  — 
d'aiirès  Kli>-  de  Nisibe,  IV,  440. 

Fontaine  miraculeuse  luès  de  Samosate.  I\, 
4 '29. 

France,  nom  persan  qui  signifie  •  sembla- 
ble à  la  constellation  (les  Pléiades»,  moine 
•     mort  le  7  février  748,  I.  191. 

Gabriel  Dambo  restaure  en  1808  le  cou- 
vent de  Kabban-Horniizd,  V,411. 

Gabriel  Kalraïa,  I,  17. 

Gallion,  proconsul  d'Achai'e,  VI,  447. 

Gamlianè,  évéque  de  Pirrin,  VIII,  579. 

Gandris,  village  entre  Apamée  et  Antioclii', 
X.  19. 

Gaspar,  pai'en  persan,  et  Marc,  marcliand 
chrétii^n;  leur  histoire,  V,  194. 

Georges  (S.).   Textes  grecs,  VU,  .533. 

Georges  (Monastère  de  S.-)  au  norddeMos- 
soul,  X,  2.58. 

Georges  de'Chvpre.  Texte  parallèle,  IV, 
211. 

Géorgien.  La  version  géorgienne  de  la 
liturgie  de  saint  Jacques,  Vlll,  596;  IX,  1.55. 

Géorgienne  (L'église)  jusqu'à  nos  jours,  VI, 
3.55. 

Giamil  (M=''  S.),  éditeur  d'un  ouvrage  sur 
les  Yézidis.  résumé,  X,  253. 

Gindîsî,  est-ce  Giudisî  (famille  de  Michel  le 
Syrien).  I\,  389. 

Gogmal  ou  C.ogma'.  pays,  1,  423. 

Goudi,  montagne  où  s'arrêta  l'arche  d'a- 
près les  Yézidis,  X.  255. 

Gouria  Samoua  el  Habib,  VI,  .5:54;  Vlll,  218. 

Gousan,  soldat  romain,  X,  11. 

Gouverneurs  du  monde,  d'après  les  Yézi- 
dis. \,  1.57,  ligne  11:  158,  1.  1  et  43:  2.5.5, 
2.59-(i0.  '271, 

Graffln  (M8'),  ses  éditions.  Il,  115:  111,  210. 
529,  .531  ;  IV,  104  ;  VI.  1,  200. 

Grammaire  hébra'H|ue,  VI,  442. 

Grec.  Deux  mss.  grecs  palimp-sestes,  Pa- 
ris suppl.  grec  4K0  et  Chartres  1754,  I.  430. 
—  iQ  manuscrit  des  Météores,  VIL  52.  — 
l  n  calendrier  musulman,  \U,  92.  —  Saint 
Georgis,  VII,  .5;«,  —  Évangile  de  Barthé- 
lémy, Vlll,  446. 

Grecs.  Manuscrits  grecs  relatifs  à  saint 
Ktienne,  I,  199.  —  Poèmes  alphabétiques 
grecs,  1,  440.  —  \.  Cyrille,  Nesiorius. 

Grec  (textes  et  traductions).  Édition  des 
textes  iné'dits  du  ms,  Coislin  126,  M,  III, 
I\,  etc.  —  La  légende  des  i''vé(|ues  Héra- 
clide  Mnason  el  Rliodon,  II,  125.  —  lue 
didascalie  de  N.-S.  J.-C,  II,  225.  —  Récit 
de  Sei'gia  sur  Olympiiis,  II,  2.55.  —  La 
guerre  de  Troie  chez  les  Syriens,  III,  90.  — 
C.alaloguo  des  manuscrits  du  hiéromoin»' 
Ignace  en  1516.  III,  205.  —  Homélies 
d'Kusébe  d'Alexandrie,  III,  'iW;   de  Léonce 


J71 


REVUK    DE    L  ORIENT    CHRETIEN,    DEUXIEME    SERIE, 


(le  Nt'apolis.  III.  41").  —  l'eines'porir-es  par 
les  apôlres,  1\ ,  :vi.  —  Chrysobulle  de 
MmiiupI  Conmène  sur  les  biens  d'i'glise,  l\  , 
10;i    —    Évèques   suMraganis     d'Auliocbe, 

IV,  209.  —  Le  synaxaire  de  Marc  d'Kphèse, 

V,  y'.  —  Trois  homélies  de  Nestorius.  V, 
ll.'î.  —  Une  homélie  sur  le  Psaume  xcvi, 
\.  119.  —  Sur  le  manuscril  supi>l.  grec 
1278,  V,  218.  —  Sur  le  dialogue^e  saint 
Cyrille  et  de  Nestorius,  V,  W2. 

Grec.  Invention  de  la  Croix,  origines  du  bois 
de  la  Croix  d'après  le  manuscrit  grec  1.586, 
1\,  241. 

Grégoire,  primat  d'Orient,  neveu  de  Michel 
le  Syrien,  auteur  d'une  anaphore  attribuée 
à  tort  à  Bar  Il.-braeus,  IX,  3(t.'i-.W4. 

Grégoire II.  catholique  arménien  (l(>6ô-110Jl. 

VII,  l'iô. 

Grégoire  de  Nysse.  Homélie  en  copie.  VU. 

.Sd.î:  Vlll,  M",. 
Guiznet  (Les  [lierres  tombales  nestoriennes 

du  Musée),  Vlll.  3.  :«5. 

Habînâ,  fleuve  au  pays  du  nord.  I\.  'i20. 
Hagiographie  syriaque.  Saint   Alexis,  Jean 

et  Paul,  Daniel  de  (lalas,  Hannina,  Euphé- 

niie,  Sahda,  Récils  de  Mélèce  sur  le  ven- 
dredi, sur  MaiT  et  Caspar,  sur  un  homme 

riche  qui  perdait  tous  ses  enfants  etc..  "V, 

.53,  173. 
Haikar  le  Sage  (Ahikar  ,  III,  .'i67;  IV,  50,  142. 
Hala,  compagnon  de  Jacques  le  Reclus,  X,  8, 

11.  —  Son  monastère,  \,  11. 
Hammurabi  ou  Aiuraphel,  VII.  112. 
Hanna,  X,  2'i6.  ligne  2 :  2b9,  1.  'i,  pour  (Voii)- 

hanna.  —  Voir  Vouhanan  et  Icho'sabran. 
Hannina,  sa  vie  écrite  par  Jac(|ues  de  Saroug 

pour  Philothée,  V,  62. 
Hasmi,  montagne  où  habitait    saint    Julien 

Sabà,  V.  61. 
Hassan  el-Basri  ^de  Bassorah),   X,  244,  247. 

Cf.   150,  153. 
Hélène,  découvre  la  Croix,  IX,  2;i8,  241,  242. 

—  meurt  à  80  ans,  est  enterrée  dans  l'église 

des  Saints-Apôtres,  IX,  2'i3. 
Henana,  baume  pour  guérisons,  X,  19. 
Hénoch,  traduction  française,  !,  .331. 
Héraclès,  dieu  des  Perses,  X,  V». 
Héraclide  Mnason  et  Rhodon,  II.  125. 
Héraclide  de  Damas  (Le  livre  de),  ouvrage 

de  Nestorius,  traduit.  Cf.  VI,  100. 
Héritage.  Partage  chez  les   musulmans  du 

rite  malequi,  IX,  221.  —  chez  les  uestoriens. 

M,  .'508. 
Hermas.    nouveaux  fragments  du  Pasteur. 

I,  loi.  301. 
Hermippus,  martyrisé  à  Nicomédie,  X,  22. 
Hermocrate,  martyrisé  à  Nicomédie,  X,   22. 
Hermolaos    et   Pantaléon.  Leur  martyre    à 

Nicomédie,  >1,  21. 
Hesn  kifà,  X.  7. 
Hexaméron  d'Emmanuel  bar  Schahharé.  IX. 

101. 

Hexaméron  d'Épiphane  de  Chypre,  IX,  .348: 

X,  82.  —  Voir  le  sixième  jour,  Vlll,  432. 
Hiérarchie    chrétienne     d'après     Masoudi. 

VIII,  134. 


Hippolyte.  nouveaux  fragments.  VI,  433. 
Hippopotame,  connu   de  Jacques  d'Édesse 

qui  ne  le  rapproche  pas  de  Bohemoth.  I\. 

4.3'.). 
Histoires  des  solitaires  égyptiens  (édition 

des  textes    inédits  du   ms.  Coislin  126).  dl. 

111  etc.  —  dgux  ouvrages  de  Sévère  ibn  al- 

moqafla,   11,    «0.   —   Voir  Hagiographie  — 

Monograpliies. 
Hnaniso'.  successeur  de  Sabrîso',  I,  188. 
Homélies  grecques  sur  le  dimanche,  Ili,  406. 
Hormizd   (Histoire  du  couvent  de   Kablan) 

de  1808  à  18.^2),  V,  410  :  VI,    113,  249,  .346. 
Hormizda.  fils  du  roi  de  Perse,  guéri  par 

Asia,  X,  U». 
Hugo  sanetellicnsis,  ses  traductions  de  l'arabe 

en  latin  (antérieur  au   xii'  siècle),,  11,  loo. 
Huile  de  la  prière,  V,  59    IX,  113,  281. 

lahja  ibn  Adi,  sa  philosophie,  VI,  217. 

Ibn  el-Assal.  —  Trois  frères.  Lequel  est 
auteur  du  Nomocanou,  X,  104. 

Ibn  Khallikan  sur  Cheikh  'Adi,  X,  151. 

Icho'yahb  bar  Mqadam,  métropolitain 
d'Arbelles  au  \v  siècle,  raconte  la  prise 
du  couvent  uestorien  par  'Cheik  Adi,  X,  190, 
note  4.  Cf.  Jesuyab,  1,  29. 

Idoles.  Temple  avec  32  statues  à  Ragoulou 
dans  le  Beit  'Arbaïé,  IX,  437.  —  Idoles  à 
Djebel  (Byblos),  X,  1.5-16.  —  A  Apamée,  X, 
19.  CI.  Vlll.  .'585. 

Imposition  des  mains  dans  le  christianisme 
primitif.  VI,  440. 

Inscriptions  sémitiques.  III,  110,  220.  — 
La  pierre  qui  porte  l'inscription  araméenne 
du  viir'  siècle  (cf.  lil,  220)  a  servi  d^ 
meule  à  moudre  le  blé;  il  est  donc  inutile 
de  cherclier  à  en  trouver  une  autre  partie. 
On  ne  sait  même  plus  d'où  elle  peut  venir 
(communication  oiale  de  M.  Pognon).  — 
Inscription  de  Medinet-habu,  I,  220.  —  Les 
pierres  tombales  uesloçiennes  du  Musée 
Guimel,  MIL  3,  325.  —  Archéologie  et  épi- 
graphie  byzantines.  Vlll,  444. 

Interprète  des  Turcs  (1),  1,  28. 

Invention  de  la  Croix.  Moïse  bai-  Cépha 
raconte  les  deux  découvertes  de  la  Croix, 
IX,  231.  —  Récit  du  ms.  grec  1586,  IX, 
•241,  2'i5. 

Isaac,  maître  deDalmale,  mort  en  383,  I,  200. 

Isaac,  prêtre  chaldéeu,  auteur  de  la  compi- 
lation sur  les  Vézidis  éditée  par  M''''  Samuel 
Giamil,  X.  '2,53,  ■254,  270. 

Isaac  Schbedna'ia.  1,  31. 

Isa  el-Hazar.  poète  arabe  chrétien,  I,  251. 

Isho'dad,  évèque  de  Men'.  Ses  commen- 
taires, VI.  'i3'i  ;  Vlll,  222    X,  223. 

Issai  l'interprrle,  1,  10. 

Jacob    Noms  des  leinmes  et  des  enfants  des 

lils  de  ,  Vlll.  417. 
Jacobites.  Kxposé  de  leur  foi,  VII,  178,  .324  : 

I\,  77. 
Jacques  (S.).  La  version  géorgienne  de  la 

liturgie  de  saint  Jac(|ues,  Mil,  MH-i:  IX,  1.55. 
Jacques  d'Iùlessc.  Sa  compilation  canonique, 

IV,  2,  note  1. 


TADLE    DES    MATIERES. 


475 


Jacques    fl'Édcsse.  Ciu<i    lettres   à  Jean   le 

Siyliie,  IV,  ii2'.  —  Cité,  IX,  .Wl.  note  1. 
Jacques  le  Reclus  et  rEfr>ptieii.  Son  monas- 
tère. (V,  1.  —  Sa   vie,  N.  "i.   —  Meurt  le 

2(1  septembre  'r21,  \,  11. 
Jacques  de  Saroun.  Ses  liomélies,   111.  ."Wô: 

VI,  107.  —  Critique,  par  Jacques  d'Édesse, 

de  deux  homélies  qui  lui  sont  attribuées, 

IV,   Wj.   —   Écrit  les   vies    de    Daniel    de 

Galas  et  de  llannina  résuinéi'S,  V,  60  el  ()2. 

—  Traduction  en  vers  français  de  dixer^es 

homélies.  Vil.  ilO:  VIII.  'il,  147,  2ô2,  358; 
l\.  <>1.  l'i.i. 
Jean    d'Antioche.  Version   éthiopienne  de 

sa  lettre  à  saint  Cyrille   d'Alexandrie,  V, 

21.5. 
Jean,     prêtre     d'Autioehe,      clironographe, 

nommé  Glylio,  X.  101. 
Jean-Baptiste   S.'  (Sur  l'édition  d'une   vie 

de).  IV.  .'..'.'i. 
Jean  Bermudez,  patriarche  d'Kthiopie,  IV, 

321. 
Jean   Chrysostome   (S.;.    Il,   'l'iô;    III,  2U, 

•>'i7,  Wj;  IV,  -222;   VI.  223. 
Jean  Chrysostotne.  ^  ersiou  éthiopienne  de 

trois  homélies  sur  les  noces  de  Cana  et  le 

baptême  de  N.-S.,  VI,  V*j. 
Jean,  évèque  égyptien.  Sa  lettre  écrite   de 

Chypre  aux  archimandrites.  IV,  US. 
Jean  X,  patriarche  jacobite  {l{>6i-1073  ).  Sa 

lettre  au  catholique  arménien  Grégoire  11. 

VU,  1^5. 
Jean,  fils  du  chorévêque  Job,  scribe,  l\, 2ûl. 
Jean    Mennas,    évé(|ue     d'Amid     (xii®    ou 

xiil"  siècle).  Sa  vie,  \  I,  272. 
Jean  le  Nain.  Il,  .322:  111.  'i6,  201. 
Jean  Ninwaia  (de  Ninive),  1.  2'i. 
Jean  bar  Peukaié.  1,  '23. 
Jean  le  Petit.  La  version  syriaque  de   son 

histoire  éditée  et  traduite,   \  II,  .3fi7;  Vlll, 

.)3,  12'i.  2S3;  IS.  :«. 
Jean  le  prêtre  et  Paul  l'évCque,  résumé  de 

leur  légende,  \,  .56. 
Jean  Rufus,  évèque  de  Maïouma.  Pléropho- 

ries.  Vil,  106. 
Jean  Saba, auteur  du  «  Vieillard  spirituel  », 

X.  77.  — 

Jean  le  siloite,  sa  vie,  IV,  155:  V,  25. 
Jean  le  Stylite,  destinataire  de  cinq  lettres 

<le  Jac(|ues  d'Édesse.  \\.  'i27. 
Jérémie,  sa  traduction  éthiopienne,  \  II,  i'i7. 
Jérémie  apocryphe,  \  ,  2.55  :  \l.  72. 
Jérusalem.  Invention  de   la  Croix.  1\,  231. 

—  Di'tails  lippOî,M'aphiques,  IX,  2'i'i. —  Pèle- 
rinage annuel,  \.  1W>. 
Jérusalem.  Voyage  de  Uarsauma  à  Jéi-usa- 

lem,  IX,  115,  118-125.  —  Voyage  de  Asia,  X, 

is.  —  Cf.  \  m,  106  (.lésus  à  .lérusaleni).    • 
Jésuyab  bar  Mqadam,  I,  2<.». 
Job,  fragments   salii(li(iues  pré-hexaplaires, 

Vlll,  111. 
Jonas  le  |)rophète,  \.  ■2<il. 
Joseph  de  l.lisn  Cépha  dans  le  l'our  'Abdin 

écrit  en  1195  et  .1202  les  mss.  syriaques  :«• 

el  .35  de  Paris,  IX.  3S7. 
Judas  Cyriaque,  évêqne  de  Jéiusalem.  Sou 

martyre,  I,  .3.37. 


Juifs.  La  vie  privée  thi  peupl<'  juif,  \  ,  109. 

—  I'.evii'nneni  à  Jérusalem  avec  l'autorisa- 
tion d'Kudocie,  IX.  119-125. 

Juifs.  Conversion  des  juifs  de  Toniei  en 
Egypte.  III,  29S.  —  attaquent  le.s  chrétiens 
à  Nisibe,  IX,  Wi-5. 

Juifs  demandant  à  Eudocie  de  rentrer  à 
Jérusalem,  IX,  119-125. 

Juifs.  Leurs  synagogues  d'après  Makri/.i,  I, 
l'iO,  371. 

Juifs  d'Élépliantine,  VI,  .'«7:  Ml,  100. 

Jules  d'Aqfalis,  V,  301. 

Julien  Saba.  son  monastère,  V,  61. 

Juliette,  mère  de  Cyriaque.  Mil,  419:  IX.  «3; 
X,  107,  129. 

Justinien  el  une  mosaïque  du  SInaï.  11,96. 

Juvénal  de  Jérusalem,  traduction  de  la 
version  éthiopienne  de  l'une  de  ses  homé- 
lies, V,  'l'iO. 

Kaisoun  (Caesarium,  Péluse),  \  I.  'tl6. 
Kalila    cl   Diaina.   L'ancien    manuscrit    de 

M'-'-  Graflin,  VI,  200. 
Kawals  chez  les   Yézidis,  X,  237,  2W,  251. 

—  ou  Qawals.  257,  2.59. 

Kefar  'Abdin  prés  de  Samosale,  IX,  U2H.  — 
V.  Siniéon. 

Khasieh,  prophétesse  chez  les  Yézidis,  X, 
161.  Cf.  271.  —  Cf.  Kàsin,  p.  26:î. 

Khuastuanift  (Le).  Traduction  de  ce  for- 
mulaire mazdéen  de  confession,  VIN,  225. 

Kodjaks,  pénitents  chez  les  Yézidis,  X,  23s. 

—  ou  Kochaks,  X,  251. 

Kôstans.  N(un  propre  nestorien  mongol,  Vlll, 
l.s.  —  Doit  peut-être  être  lu  Kôstak  (car  le 
caf  fmal  a  d'autres  fois  la  forme  ns). 

Krumbacher  (Karl),  sa  mort,  IV,  'i'42. 

Langinos  (Prière  de).  V,  ^i2. 
Larache  (Textes  arabes  dans  le  dialecte  vul- 
gaire dei.  Vlll,  •22.-?. 
Latin.  Traduction  latine  d'un  ouvrage  arabe 

attribué    à    Apollonius   de    Tyane,    II,  99. 

Manuscrits  latins  relatifs  à  S.  Etienne,  II, 

'l'jl.  —  Une  mission  en  Orient  sous  le  ponti- 

lical  de  Pie  IV,  LX,  24,  '266. 
Layard    raconte   un    pèlerinage   à  Cheikh- 

'Adi,  résumé,  \,  272.  Cf.  275. 
Lazare,  disciple  de  Daniel  de  Galas,  parcourt 

le  pays  des  Romains,  va  à  Rome,  V,  62. 
Léonce  de    Xéapolis,    Sfin   homélie    sur    le 

Dimanclie.  111,  406,  415. 
Leroy  (Lucien),  notice  nécrologi(|ue,  \  ,  'i'i3. 
Lexique  grec  des  termes  nauti(|ues.  \  II,  110. 
Littératures  chrétiennes  de  l'(  )rii'nl,  \  11,  1 10. 
Liturgie,     origine    de     l'invocation     Deus 

sanrtus,  VI,  .304. 
Liturgie.  Les  origines  litiirgifiues,  I,  'l'ii.  — 

I.T.ucliaristia,  \  II,  'l'iS.  —  cf.  \  III,  219. 
Liturgie.  —  Copte.  Consécration  el  épidèse, 

Nil,  2'25.  —  Grecque  el    syrienne   sur   un 

tropaire,  \ll,  2.53. 
Liturgie  l'tliiopienne.  X.  110.  —  Glagolilo- 

romaine  du  xiii»  ou  xiv«  siècle,  I,  3,35.  — 

.lacobile  et  syrienne,  \  II,  25S. 
Liturgie  jacobile,  \ll,  Ino,  253. 
Liturgie.  La  version  géort;ienne  de  la  lilur- 


476 


REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN,    DEUXIEME   SERIE. 


gif  de  saint  Jacques,  MU,  ;W6;  IX,  155.  — 
Homélie  sur  le  Vendredi  des  confesseurs, 
IX,  192.  —   Litursies    orientales,  III,   110; 

IX.  219.—  V.  Baptême,  Pénitence;  sur  la 
fête  de  la  Croix,  IX,  225,  2Ub. 

Livre  noir.  Ecrityéïidi,  Histoire  de  la  Cn'-a- 

tion,  traduit,  X,  159. 
Livre  de  la   Révélation.  L'ouvrage  le  plus 

ancien  des  Yézidis,  traduit,  X.  156.  Cf.  272. 
Logia  et  agrapha  apud  Moslemos,  X,  221. 
Logique.  ^.  Abusait,  X,  110. 
Lokman.  Vie,  préceptes  et  testament.  IV,  225. 
Loups  arabes  =  loups  du  soir,  111,  ?>M. 
Luc  (S.),  son  martyre,  IV,  98. 
Lucien  d'Anliochc  \1.  'i.'iO. 

Macalre  l'Égyptien  (Prière  de).  II,  .'522. 

Macédoniens.  —  V.  Théodore  de  Mop- 
suesle. 

Magdala,  à  un  mille  du  mont  Asômà,  \, 
61. 

Magisteriani  (ofliciers  royaux).  Histoires,  II, 
07,  171. 

Mahdi,  nom  d'un  homme,  IX,  4.37. 

Mahomet,  IX,  Uh'i  ;  X,  255. 

Mahomet  et  le  Coran,  IX.  ;«)8-4i;5. 

Malabar  (Deux  notices  relatives  au),  Ml. 
Ik.  —  Cf.  IX,  28. 

Malabar.  —  Lettres  de  Pie  IV  en  1565.  IX, 
■270-272. 

Maladies  guéries  par  Uannina,  V,  65.  —  par 
Barsauma,  Vlll,  270,'  ,'i79;  IX,  113,  278 
(100  prodiges).  —  Voir  Mouonographies  sy- 
riaques. 

Mamlouks.  Histoire  des  sultans  manilouks, 

X.  222. 

Ma'na,  évèque  nestorien,  1,  7. 

Manassé  (Prière  de),  a  ligure  ])our  la  pre- 
mière fois  dans  la  Didascalie  des  apôtres, 
III,  1.V4,  Ixkl. 

Manichéisme,  III,  222;  Vil,  .'SSO. 

Manuel  Comnène,  son  chrysobulle  (1148) 
sur  les  biens  d'église,  IV.  203. 

Manuel  de  confession  mazdéeu  (mani- 
chéen';), VIII,  15.  225. 

Manuscrits  byzantins,  I,  317,  U2h. 

Manuscrit  syriaque  51  du  Vatican,  sa  date, 
ses  copies,  IX,  390-393. 

Marqrizi,  I,  1«),  .371;  11,  190,  269;  III,  ;«, 
192;  1\,  447:  X,  153. 

Marc,  anachorète  du  Sina'i,  X,  18. 

Marc  d'Éphèse,  son  synaxaire,  V,  97. 

Marc,  marchand  chrétien,  et  Gaspar,  pa'ien 
persan.  Leur  histoire,  V,  194. 

Marchalianus  (vat.  gr.  2125),  vi«  nu 
viii'^  siècle,  VI,  432. 

Marcien.  Prophétie  de  Barsauma  à  son 
égard,  IX.  286-7. 

Mardê.  montagne,  V,  60,  61. 

Mari,  évè(iue  d'Amid,  V,  62. 

Mari,  évèque  de  Qazal   en   Arabie,  IX,  133. 

Mariage.  —  Consanguinité  et  affinité  chez 
les  MaroDlles,  IX,  .337. 

Marie-Madeleine,  monastère  jacobite  à 
Jérusalem  en  1179,  IX,  379. 

Marine  ;S'"),  vie  arabe,  111,  67. 

Maronites.  Piome    et  l'église   maronite,  I, 


335.  —  L'église  maronite  en  1905-6,  1,  432. 

—  L'es  Maronites  et  le  Saint-Siège,  YI,  110. 
Maronites.  —  L'initiation  chrétienne  dans 

le  rite  maronite,  V,  73.  —  Lettre  de  Pie  IV 
(1565)  au  pairiarche  maronite,  IX,  276.  — 
Pouvoir  de  dis|)enser  de  la  consanguinité 
et  de  rafhni.té  au  deuxième  degré,  IX,  337. 

—  Calendrier,  IX,  447. 

Martyrius,  évèque  d'Antioche.  —  Comment 
recevoir  les'  héTétiques  (jui  se  convertis- 
sent, IV,  8,  119. 

Martyrologes  et  ménologes  orientaux,  VIII. 
331. 

Martyrs  (Les),  I,  333.  —  Les  40  martyrs 
du  Sinai,  Vil,  445.-—  Martyrs  coptes,  Vlll, 
445. 

Masoudi  (Hiérarchie  chrétienne  d'après), 
Vlll.  134. 

Mattai,  couvent  au  mont  Aljiap  (Elfef),  1,411, 
419. 

Matthieu  (S.),  notice  éthiopienne,  VIII,  312. 

Maximilien,  prince  de  Saxe.  Sur  les  litur- 
gies orientales.  III,  110;  IX.  219.  Cf.  III. 
210-211. 

Me 'are,  village  non  loin  du  monastère  de 
Saint-Eugène,  IX,  436.  —  Beit  Me 'are  au 
pied  du  mont  Asômâ.  V,  61. 

Mebarak,  évèque  de  Dasseu,  I,  419. 

Mélèce  d'Antioche,   ses   récits,  V,  192-196. 

Mèlek  Taous.  —  Dans  le  plus  ancien  docu- 
ment c'est  celui  qui  existe  avant  tous  les 
êtres,  qui  était,  qui  est  et  qui  n'aura  pas  de 
fin,  qui  occupe  tous  les  lieux,  X,  156-157. 

—  C'est  le  Dieu  (théos)  qu"Adi  le  Kurde  a 
aiipns  à  connaître  chez  les  Nestoriens. 
157,  note  1.  ^  Il  a  une  image,  157,  1.  7; 
159,  1.  17,  cf.  169, 1.  1.  —  Cette  image  est 
une  sorte  d'oiseau,  cf.  157.  note  1,  et  voir 
Sandjaks.  —  Chaque  âge  a  son  adminis- 
trateur choisi  par  Mélek  Taous  (Théos), 
157, 1.  11;  158,  1.  1  et  43,  qui  peut  envoyer 
quelqu'un  plusieurs  fois  dans  le  monde 
(métempsycose),  158,  1.  24. 

l'ius'lard,  Mélek  Taous  est  devenu  le  dieu 
|iarliculier  des  ^ézidis,  169;  ils  en  ont  fait 
du  moins  le  premier  des  dieux  secondaires 
et  créés.  159.  1.  34:  160-161.  —  H  lente 
Adam,  160-161,  cf.  269,  ce  (jui  conduit  les 
étrangers  à  l'Identifier  avec  le  chef  des 
anges  Lucifer  ou  Satan,  271.  1.  43.  —  Cer- 
tains racontent  que  Dieu  a  été  irrité  con- 
tre Mélek  Taous.   269;    d'autres  racontent 

'  que  ce  fut  contre  Ci'.briel,  244;  mais  les 
Yézidis  tiennent  qu'il  n'y  a  plus  d'enfer, 
256,  et  que  l'ange  déchu  est  rentré  en 
griices,  244.  269-270.  —  Les  adversaires  des 
Yézidis  jettent  l'opprobre  sur  leur  dieu  en 
•le  traitant  de  Satan,  "268:  il  est  tlonc 
ordonné  de  mettre  à  mort  ceux  qui  jiro- 
noncent  ce  mot  et  il  est  défendu,  par  i)ré- 
caution,  de  proLOncer  les  mots  analogues, 
268;  cf.  161,  169.  —  Chez  les  Yézidis,  les 
opinions  opposées  ne  sont  j)as  contra- 
dictoires. 260-261. 

Mèlek  Taous  refuse  d'adorer  Adam,  X,  269. 

—  11  eu  est  de  même  de  l'ange  Samuel 
(Satauael),  H,  252;  cf.  YI,  83. 


TABLE    DES    MATIÈRES. 


177 


Melkites.    —    Histoire    <les    l'atriarclies,  IV, 

'iW;  VI,  105. 
Menas  (Les  animaux  de  saint),  III,  212. 
Mènologes.  —  V.  Martyrologes,  Calendriers. 

Cf.  VIII,  sn. 

Mesures  chinoises  et  babyloniennes,  V,3r)'i. 
Cf.  V,  112. 

Métempsycose  chez  les  Yézidis,  X.  158 
(II,  11),  IW,  261,  26:5,  271. 

Météores  (Convenls  des),  III.  206.  —  (Un 
manuscrit  des).  Vil,  32.  —  Anciens  catalo- 
gues, VII,  268. 

Michael  l'interprète,  I.  56. 

Michel  (S.),  miracle  à  Colosses,  IV.  ^ri. 

Michel  le  Syrien  (Autographes  de),  I\,  378, 
cf.  395-397.  —  Un  nouveau  manuscrit  de  sa 
chronique.  1,  102. 

Michel  de  TaiTël.  couvent  neslorien.  \,  187. 

Mika  granikaia,  1,  21. 

Militaires  (Les  légendes  grecques  des  saints), 
VI,  332. 

Miracles  de  Jésus,  collection  éthiopienne. 
X,  222.  —  Analysée.  VI,  255,  356.  —  Un 
miracle  édité  et  traduit,  VU,  'r27. 

Miracles  de  Bar  'Edta,  I,  ^il2;  II,  9.  —  de 
l'archange  Ragou'êl,  Mil,  113,  277. 

Miracles.  —  Cent  attribués  à  Barsauma, 
Mil,  '270,  379;  IX,  113,  278.  —  Sept  à 
Abraham,  IX.  416.  —  Quatre  à  Siniéon,  IX. 
'i26..  —  Foniaine  miraculeuse,  IX.  429.  — 
Prodiges,  /t29-/i30,  433-439;  X.  5-11.  —  Un 
nourrisson  parle,  X.  11;  cf.  \.  14,  15.  — 
Prodiges,  X,  18-20. 

Miracles  de  Cyriaque,  VIII,  419;  IX.  93:  X, 
106.   l'29. 

Miracles  au  couvent  de  Saleriso',  I,  184-  HM>. 

Mnasou  et  Rhodou,  évèques  de  Chy[)re,  II, 
129. 

Moawiah,  père  de  Yézid,  X,  19(),  245,255-6. 

Moëz  al-Malek  al-Moëz,  calife  d'Egypte.  \\. 
2S2.  —  Se  convertit,  V,  .32.  CL  \ ,  218. 

Mohamed  el-Qaisi.  —  Polémique  anléisla- 
mique,  VI,  111. 

Moines.  —  Rite  copte  de  la  prise  d'habit, 
I,  60,  130.  -  CL  Fakirs,  X.  249-251. 

Moïse.  Son  histoire  d'après  Makrizi.  I.  157. 
CL  II,  4.39;  111,36. 

Monastère  de  Jacques  le  Reclus  au  vil- 
lage de  Salah,  IV,  1:  X.  9. 

Mongols.  Campagnes  dans  l'Iran  et  en  Rus- 
sie, IV,  75.  CL  X,  3.'56.   —  V.  Monnaies. 

Monnaies   mongoles    de    la  collection  De- 

courdemanche,  I,  .50,    113. 
Monophysites.  Sévère  ibn  al-Maffa.  II,  90. 
—  Littérature  canonique  syriaque  inédite, 

IV,  1,  113.  —  Leur  année    ecclésiastique, 

V,  447.  —  Lettre  de  Pie  l\  (156)  au  pa- 
triarche jaeobile.  I\,  273.  —  V.  Monogra- 
phies, llagiogiaphie. 

Montagne  qui  «e  déplace  à  la  prière  d'A- 
braham le  Syrien,  IV,  .384:  \  ,  26. 

Montanisme,    l\,  224. 

Mosaffer  (Mustir\  lils  d'Ahmed,  père  d"Adi 
le  Kurde,  X,  187,  188.  —  CL  164.  vers  '27  et 
57  :  197-8,  256. 

Mossoul.  —  Histoire  de  son  origine  apos- 
tolique, VI,  284. 


Moufazzal  ibn  Abil-Kazaïl.  —  Ilistoii-e  deS' 

sultans  mamlouks,  X,  222, 
Mousin  (Muséum,  oasis),  \  I,  416. 
Moyse  bar  Cépha.  —  Son  homélie  sur  les 

confesseurs  du  Vendredi  (qui  suit  Pâques), 

IX,  192.  —  Sur  la  fête  de  la  Croix,  IX,  225. 
Mozarabes,  leur  littérature,  IV,  223. 
Mu'allaqa  (AI-),    église  copie  au  Caire,    H, 

193:  IV,  385;  V,  31. 
Musulman  (Calendrier)  écrit    en  grec,  VII, 

92. 
Mystères  du  ciel  et  de  la  terre  (édition  de 

la  2"  partie  du  texte  éthiopien),  VI,  3.33. 

Nathniel  de  Sirzor,  1, 12. 

Nativité  (Sur  la  léte  de  la),  VU,  187,  194. 

Nazareth.  Sur  ses  deux  églises,  \  ,  445. 

Nèmésius,  traduil   en  syriaque,  X,  331. 

Nestoriens  (é-crivains),  I,  1.  —  La  question 
uestorienne.  Vil,  432,  — . 

Nestoriens,  I,  47;  V,  365;  VI,  1.  —  Traduc- 
tion française  des  lettres  grecques  de 
Nestorius,  VI,  177, 181,  189.  —du  livre  d'Hé- 
raclide  de  Damas,  cf.  M,  100.  —  Nestorius 
d'après  les  sources  orientales,  VI,  219.  — 
Les  pi'Mres  tombales  nestoiiennes  du 
Musée  Guimet,  VUI,  3. 

Nestoriens.  —  Traité  de  Denis  bar  Salibi 
contre  les  Nestoriens,  IV,  298.  —  Contribu- 
tion à  l'histoire  des  origines  des  sehisnres 
monophysite  et  neslorien,  \,  ,365.  —  A . 
Nestorius.  ~  Lettre  de  Pie  1\  à  'Abdisou', 
patriar-che  chaldéen,  IX,  '26,  269.  —  L'ex- 
pansion uestorienne  en  Asie,  IX,  334. 

Nestorius.  Note  sur  le  sens  du  litre  Tegourla 
Her-aclidis,  ouvrage  de  Nestorius,  IV,  20.s. 
—  Sa    famille,   d'après    Denis    bar  Salibi. 

IV,  .301.  —  .Son  enseignement,  IV,  330.  — 
Sa  vie,   IV,  424.    —  Sa   légende  syriaque. 

V,  1.  -  •  Le  texte  grec  de  trois  de  ses  ho- 
mélies, V.  113.  —  Lettre  aux  habitants  de 
Conslanlinoide,  \,  275.  —  Nestorius  et 
saint  Cyr-ille,  \,  .365.  —  Sur  tni  dialogue 
avec  saint  Cyrille,  V.  443.  —  CL  IX,  76, 
129. 

Nicolas  de  Damas.  Fragments,  \,  231. 

Nicomédie.  X,  22. 

Nisibe.  Jacques  de  Nisibe  n'aurait  pas  eu  de 

successeur  immédiat,  IX,  434.  —  École  de 

Nisibe,  I.  6. 
Noir.  —  V.  Livre,  X,  159. 
Nomocanon  d'Ibn  el-Assal,  X,  104. 
Notre-Seigneur    (Miracles    de),   collection 

élliiopieuÈie    analysée,    VI,    255,    .356:    VII, 

427. 
Nouveau    Testament   (Les  papyrus  grecs 

el    la    ci-ili(iue    textuelle    dui.    VI.  396.  — - 

Date    de    la   pi-emière   version  latine,  ^l. 

448. 
Nubie,  textes  nubiens,  VI.  444. 
Numismatique    des  étals  hispano-africains. 

\,  m. 

Octateuque  syriaque  de  Clément,  \  111.  44s. 
Odes.  \ .  Salomon. 

Olympius,  sa  vie  écrite  par  Sergia.  I,  225; 
11,   255. 


•  178 


REVUE    DE    L  ORIENT    CHRETIEN,    DEUXIÈME    SÉRIE. 


Onnophrius,  \,  38,  'lO-'il. 

Ophel  (Les  fouilles  d'),  \  1,  UUx. 

Ordinations  en  Iwi»  jiour  les  ('glises  de 
Samouni,  do  Saint-Georges  et  de  Saint- 
Thomjs.  I\,   «»3,  note  1. 

Organum,  pays  des  Argous  (chn'tiens  nes- 
toriens),  Viuj  8. 

Orient.  Questions  religieuses  orientales.  Mil, 
fi'iU.  —  Mission  en  Orient  sous  le  pontifi- 
cat de  Pie  IV,  1\,  2U,  266. 

Orient.  Specimina  codicum  orii'ntalium.  IX. 
109.  —  Cf.  IX,  111. 

Orient  chrétien,  Revue  Russe,  Mil.  111. 

Oronia,  nom  de  femme.  X.  is. 

Ouïgours,  Mil.  12. 

Pacome,  son  histoire,  IV.  :53.î. 
Palestine.  —  Églises  Saint-Élienne  à  Jéru- 
salem. 11,  70,  ^114;  in,  1.  20.  —  Décauvertes 
archéologiques  en  Palestine.  II.  20V».  —  Vie 
de  saint  Euthyme,  II.  29».  .I.S?  :  III,  181, 
223,  .389-11.  'l'iS. 

Palestine.  —  Littérature  de  Palestine,  M. 
223. 

Pandas,  nom  propre  d'homme.  I\.  i3ï>. 
Pantaléon   et  llermolaos.  Leur  martyre  à 
Nicomédie.  V,  21.  —  Cf.  X.  17,  notr  1. 

Panthéros  et  Gorgonia,  parents  d'Asia.  X. 
17. 

Papas,  patriarche  nestorien,  1.  2. 
Papyrus  aramé'ens  d'Éléphanliue.   VI.  337: 
VU.  100. 

Papyrus  coptes.  Vlll.  UUô. 

Papyrus  grecs  de  Berlin.  VI. 'l'il. 

Papyrus  grecs  et  la  criii((ue  textuelle  du 
Nouveau  Testament,  VI.  3(>(). 

Pâques  (Sur  la  fêle  de).  Vil,  189:  cf.  V.  2'i2. 

Paradis  des  Pèri's,  II.  'j6. 

Parthénios,  diacre  chalcédonien.  discute  à 
Alexandrie  avec  Thomas  le  nestorien.  IV. 
314. 

Patriarches  d'Alexandrie,  chronologie,  VU. 
302. 

Patristique  (Enchiridion).  VU.  107. 

Patrologies  syriaque  et  orientale.  H.  113; 
III.  210. 

Patrophile.  Théodore  de  Mopsuesie  lui 
adresse  sa  controverse  avec  les  Macédo- 
niens, VI,  237. 

Paul  (S.)n.etire  aux  Cypriotes.  11.  l.'îii. 

Paul  (S.).  Actes  et  lettres  apocry|ilies.  Vlll. 
219. 

Paul  l'évèque  et  Jean  le  prétri-.  résumé  de 
leur  légende.  V.  56. 

Paul  de  Thèbes  (S.),  1,  221. 

Pèlerinage  à  Cheikh- 'Adi.  X.  272. 

Pénitence.  Édit  de  Callisle.  étude  sur  les 
origines  de  la  pénitence  chrétienne,  I\, 
218. 

Perrhe,  Vlll.  379. 

Perses.  Les  mages  offrent  à  Sillouh  des  sa- 
crifices à  leur  dieu  Héraclès.  \.  9. 

Philippe    II   Auguste.  .Sa    croisade.  I,  ,333. 

Philoxène  de  Mahboug,  sept  canons.  IV.  37. 

Philoxénienne   (Version)  de    îa   Bible,  VI, 

&'47. 

Picques.  consul  de  France,  a  acquis  en  par- 


ticulier les  manuscrits  syriaques  113,  114, 
1\,  393. 

Pie  I"V,  Une  mission  en  Orient  sous  le  Ponti- 
fical de  Pie  IV.  IV,  2'J,  266. 

Pierre  (S.),  l'rannieni   de    ses  «  voyages  », 

IV,  131.  —  Son  ancienne  apocalypse,  V, 
'l'il. 

Pierre  (S.).  Êvangélise  Assur  (Massoul),  VI. 
285.  —  Sa  naissance  d'après  les  Yézidis, 
X,  269. 

Pir  ou  vieillard,  titre  chez,  les  Yézidis.  \. 
236,  238,  249. 

Pisenthius.  Discours  (copte)  sur  Onno- 
phrius, X.  38. 

Pisuntios,  évè(|ue  de  Qeft.  Lettres  à  ses 
lidéles,  IX,  79,  302,  m.  'i/i5.  -  V.  Pisen- 
thius. 

Plérophories  de  Jean  Kufus,  évêque  de 
Maïouma.  Vil,  106. 

Poésie  éthiopienne,  IV,  90. 

Polémique  anléislamique,  VI,  111. 

Possi,  1.  25. 

Préceptes  éthiopiens  aux  évêques  et  aux 
prêtres.  Mil,  42.9. 

Prière  des  Yézidis,  X.  167. 

Prodiges  rabbiniques  des  temps  du  Nouveau 

Testament;  Ml.  .332. Prodiges  antiques, 

"Vil,  333. 

Profession  de    foi  jacobite  (monophysite), 

VIII,  178,  S24;  l\.  77. 

Proverbes.  Dix   proverbes    éthioi)iens.  I\. 

98,  196,  444.  —  V.  Lokman,  Ilaikar  Ahikar. 

Sentences. 
Psaumes.  Commentaire  syriaque,  I,  313. 
Psaumes  de  Salomon,  \\,  1<I3.  —  Cités  par 

.lacqiies  d'Kdesse,  VI.  105. 
Ptolémée.  \  ersion  syriaque  du  Tetrabibloti, 

V,  228. 

Oaiounia,  inaitrc  de  Ijannina,  V,  63. 

Qalèmentos,  les  huit  livres  de  Clément  ou 
la  seconde  Apocalypse  de  Pierre,  traduit 
dans  la  littérature  éthiopienne  pseudo- 
clémentine,  .3'=  partie,  cf.  VI,  72,  167,  225; 
\  II.   16,   l.«,  244,  XM  etc. 

Qandida,  femme  du  roi  perse  Wartaraa, 
père  de  Sapor,  X,  "23. 

Qazat,  ville  épiscopale  d'Arabie,  IX,  133, 

Qen  'Ourha,  hiMellerie,  X,  8. 

Qlôdia,  pays,  X,  20. 

Qouqè,  monastère  des  cellules  (qouqà)  des 
anachorètes  sous  la  dépendance  d'Édesse, 

IX,  420. 

Ctoura  de  liatna,  chronographe,  X,,  104. 
Qourah,  montagne  où  était  le  monastère  de 
Mar  Al.ia,  1\,  4;i7. 

Rabbat  Moab.  Description  de  la  synagogue 

de  cette  \ille,  Vlll,  .383. 
Ragu'el,  archange.  Ses   miracles,  VU.   113, 

277. 
Ragoulou.  ^  i  liage  du  Beit  'Arbaïé.  11  y  avait 

un  temple  d'idoles  avec  32  statues,  IX,  ftSl. 
Ramicho',  auteur   (en  1452)  d'un  document 

syriaque  sur  les  Yézidis,  X,    187;   cf.   146, 

239. 
Religions  (Histoire  des),  VI,  4.38;  ^u,  224. 


TABLE    DES    MATIERES. 


479 


Renaudot.  Sa  lra<luction  du  calendrier  copie 
d'Aboul  Barakat.  III,  U.'i.  Ce  calendrier 
a  été  édité  par  E^ufî.  Tisserant.  Pair,  or., 
t.X.) 

Répertoire  des  Salam  el>Malke'e  éthiopiens, 

VIII,  is;5,  .■537. 
Révélation.  V.  Livre,  X.  I.ô6. 
Rhapsodie.  Explication  du  mol  par  Michel  le 

Syrien,  l\,  ;«)2. 

Rite  copte  de  la  prise  d'habit  et  de  la  pro- 
fession monacale,  I,  60,  \M),  .ill. 

Rituel  de  \n  fin  du  i='  siècle,  VllI,  2W. 

Romanos.  .Ses  hymnes.  I.  3.52. 

Romanus  et  l'enfant  martyrisé  avec  lui  le 
1!S  novembre,  \,  l.'5. 

Romulus  et  Rémus,  Leur  légende  syriaque. 
\'l,  :5o;5, 

Rufus,  chef  du  château  de  Hem  kil'à,  X,  7. 

—  Chef  d'Agoursà.  I\,  8  et  11. 

Saba  (Jean).  Ses  œuvres,  X.  77. 

Saba.  Reine  de  Saba  et  Salonion,  Vil.  315. 

—  \.  Sibylle  Krythrée. 

Sabas  et  ses  disciples,  X,  10,  note  1. 
Sabellia    et    Schafira,    de   Cyr,    parents   de 

Talia,  X,  15. 
Sabriso'.  patriarche  nestorién.  expose,  pour 

Kosrau,  les  croyances  des  orientaux,  1,  413. 
Sabriso'    de    Beit    Qoqà;    analyse    de    sou 

histoire.  I,  182. 
Sabrjésus  bar  Paulos,  1,  27. 
Saiitbâ.  village  du  Beit  'Arbaïé,  IX,  UM. 
Sahda  (Mar)  ou  Beit  Sohdé,  son  histoire,  V, 

191. 
Sahdona,  I,  418. 
Sabia,  montagne.  V,  61. 
Saïdnaya,  couvent   fondi-   près   de  Damas 

par  Justiaien,  1,  257,  note  1  ;  IX,  388,  note  2. 
Salam  éthiopien  à  la  Vierge,  texte  et  traduc- 
tion, \  III,  121.  —  Répertoire  des  salam  et 

Malkee,  Mil,  183.  .•5.'57. 
Saliba  de  Mansouriah.  Histoire  de  Xestorius. 

M,  235,  note    1.  —  Celte   histoire   a    été 

éditée  Pair,  or.,  t.  XIU. 
Salonaon  et  la  reine  de  Saba,  VU,  315. 
Salomon.   Nombre   de     ses    livres    d'après 

Jac(|ues  d'Édesse,  IV,  428. 
Salomon.  Odes  de  Salomon,  V,  UUH;  VI,  220; 

IX,  :5.53.  —  Psaumes,  VI,  103. 
Sam.ir,  général  perse,  X,  9. 

Sétmuel  le  prêtre,  historien  de  Barsaiima,  1\, 

28t>. 
Samuel  de  Kalamoun,  III.  44;  X,  405. 
Sandaq.  village,  X,  19. 
Sandjaks  ou  images  en  forme  d'oiseau  du 

dieu  des  Vézidis,  X,  237  (cf.  168-169).  248-«,>, 

256-7.  Cf.  157,  note  1. 
Sania,  montagne  oii  était  le  monastère  de 

Saint-Eugène,  non  loin  de  Nisibe,   IX,  435. 
Sarasale.    commencement  de  l'année   chez 

les  Vézidis,  au  premier  Mercredi  d'avril.  En 

ce  jour' Dieu  donne  le  monde  à  ferme.  X, 

259-260. 
Sargis  d'Aberga,  le  texte  grec,  V,  3-25;  la 

version  éthiopienne,  X,  .3:54.  —  Extrait,  VIII, 

101. 
Satan  tente  des  moines,  \,  5-6. 


Satan   chez,   les   Vézidis,    \.  161,  169.  n"  5, 

'268,  271;  —  Voir  Mélek  Taous. 
Satanael    iSainuel),  ange,    refuse    il-niorer 

Adam,  II.  252.      11  en  est  de  même  de  Mélek 

Taous  chez  les  Vézidis,  X.  "269.  Cf.  VI,  83. 
Scété.  Ses  monastères.  III,  198. 
Schenoudi,  11,  313:  III,  81:  V,  330;   IX,  222. 
Scbenouté.  scribe  copte.  67. 
Sébastia,  ferme  i|ui  di'pendait  du  mouastèie 

des  Oontfé  d'Edesse.  I\,  422. 
Sébok,  VllI,  327. 
Sentences  en  arménien,   l\,    189-191.    -  en 

étbioiiieu.  Mil,  'i2;5.  yc,  98:  X,  207,  211. 
Sérapion  (Prière  du  Père),  II,  323. 
Sérapion  le  sindonite.  I\,  103. 
Serbie.   La  civilisation  du  |)enple  serbe  au 

moyeu  âge,  \,  280. 
Serge  de  Uoukliara,  \,  340;  à  comparera  Ba- 

hira  (Sergius). 
Sergia.  Sa  vie  d'f^lympias,  II,  255. 
Sergis.  anachnréle  du  Beit  Houzoïé.  \,  29. 
Sergis,    évèque    d'Amphiatar.    Canons,    l\, 

127. 
Sergis,  métropolitain  d'Amid,  X,  8. 
Sergius,  traduit  du  grec  (eu  syriaque?)  un 

ouvrage   attribué    a   Apollonius  de   Tyane, 

II,  105,  106. 
Sergius  de  P.eschaina  et  Sévère  Sébokt,  \ . 

225;  VI,  .'506. 
Settias,  mère  d"Adi  le  Kurde,  X,  256. 
Sévère  d'Antioche  dans  la  Ifttérature  copte, 

11,  119.  —  Son  monastère  en  Egypte,  III,  193. 

—  Extrait  de  sa  lettre  à  Césaria,  IV.   12(1. 

—  Première  homélie,  version  copte.  I\,  69. 
135.  —  Discours,  X.  416. 

Sévère  d'Antioche,  ses  hymnes,  V,  332.  -- 
Version  copte  de  sa  première  homélie,  IX, 
69.  —  Homélies,  l\,  331.  —  Ses  lettres. 
X,  335. 

Sévère  ibn  al-Moqaffa,  évêque  d'Achmouna'in, 
II,  90;  IV,  383. 

Sévère  Sébokt  et  Sergius  de  Reschaina,  \ , 
225. 

Sibylle  Eryihn'e,  fait  une  prédiction  à  Salo- 
mon, IX.  244. 

Sillouh,  village  près  duquel  était  un  oratoire 
des  Mages,  X,  9. 

Siméon  de  Kefar  'Abdin,  élevé  àrEdesse.  Sou 
histoire.  IX,  420. 

Siméon  stylite.  Note  sur  sa  biographie,  l\, 

289. 

Siméon  (Le  vieillard),  a  vécu  350  ans,  \  I.  ;503. 
Sinaï,  II,  96;  III,  201.  —  Asiana  au  Sinaï.  \. 

18.  —  Les  40  martyrs  du  désert  du  sinaï. 

VII,  445.  Cf.  VIII,  382. 
Sindjar  (Sur  les  Yéziilis  du),  X,  327. 
Siouffi   (N.).  consul    de    France  à   Mossoul, 

auteur  d'une  compilalion   sur  les  \ézi<tis, 

résumi'C,  \,  ".^43. 
Siyourk    Hokhataïlaï,   princesse     mongole 

uestorienne,  \,  3.T6. 
Sliba    (Rabban).  L'n   nouveau  manuscrit   de 

son  martyrologe,  V,  .'527. 
Sliba  bar  David.  1,  .50. 
Smedt  (Charles  <le),  notice  nécrologiiiue,  \  I, 

333. 
Sor,  villagc'prés  d'Amid,  V,  60. 


480 


REVFE    DE    L  ÛRIEXT    CHRETIEN,    DEUXIEME    SERIE. 


Soubhalmoran,  mort  le  2  août  72t>,  I,  191. 

—  Anahse  des  œuvres  de  Soubhalmoran, 
YI,  237.' 

Sourbâd,  dans  le  Beit  'Arbaïc,  1\,  'i:«». 
Sourgin,  à    Aniid;   monastère  de   Barèabba 

d'Arzoun  et  de  ses  20  disciples,  \,  ". 
Sourin  l'interprète,  I,  22. 
Symbole   de   saint   Alhanase,  \,  6)S,  IX"*. — 

Voir  Allianase. 
Synagogues  des   juifs  (Les\   par   Makrizi. 

I,  IW. 

Synagogue.  Description  de  la  synagogue  de 
Rabl.at  Moab,  VIII.  ;i8.î. 

Synaxaire  arabe  jacobiie.  \,  221. 

Synaxaire  éthiopien  (Sur  le),  VIII,  .■528. 

Syriaque.  V.  Édesse.  —  (irammaire.  I,  217, 
219. —  Un  commentaire  des  Psaumes  d'après 
Théodore  de  Mopsuestc,  1,  SIS.  —  Histoire 
de  Rabban  Bar  'Edta.  I.  'lOS  :  11,  9.  —  An- 
cien credo  syrien,  I.  Wà.  —  Manuscrits  syria- 
ques récemment   acquis  à  Paris,  VI,  271. 

—  Mar  Aba,  VII,  69.  —  Malabar,  VII,  7?i.  — 
V.  Calendriers.— ilean  le  Petit,  VII.  ;5?(7  : 
\  m.  53,  nu,  2H%  J  *X,  .3.3.  —  Etiphémie  et  le 
jjoth,  Vil,  .33'i:-  VUI,  21.S.-  —  Hexaméron 
d'Kmnianuel  bar  Schahharé,'  IX.  101. 

Syriaque  palestinien,  I\  ,  332. 

Syriaques  (textes  et  traductions).  Analyse  de 
l'histoire  de  Rabban  bar  'Edia.  1  et  II.  — 
St^rgius  traduit  (en  syriaque:')  un  ouvrage 
grec  attribué  à  Apollonius  de  Tyane,  II. 
105,  106.  —  Prières  de  Srhenoudi,  Macaire. 
Sérapion,  'II,  3">0.  —  Traduction  de  la 
chronique  anonjme  éditée  par  M-''  BahmanI, 

II,  fi29;  m,  90,  .321,  'i:56.  —  Eusèbe  d'Emèse, 

III,  -'i20.  —  LitliTature  canonique  syria(|ue 
inédite,  IV,  1,  113,  —  Première  lettre  de 
saint  Antoine,  IV.  2H2.  —  Traité  de  Denis 
bar  Salibi   contre  les  nestoriens,  1\,  298. 

—  Cinq  lettres  de  .lacques  d'Édesse,  IV, 
'i27.  Voir  Hagiographie  syriaque.  -  His- 
toire syriaque  de  la  Vierge.  V,  125.  —  La 
cosmographie  chez  les  Syriens,  IV,  225. — 
La  lettre  de  Neslorius  au\  habitants  de 
Constantinople,  ^,  275.— Histoire  du  couvent 
de  Rabban  Hormizd,  V,  '410.  —  Résumé  de 
monographies  syriaques  :  Barsauma,  Abra- 
ham de  la  Haute  Montagne,  Siniéon  de 
Kefar  'Abdin.  Varet  l'Alexandrin,  Jacques 
le  Reclus,  Romanus,  Talia,  Asia,  Pantaléon, 
Candida,  Sergis  et  Abraham  de  Cascar. 
VIII  à  X.  Voir  ces  noms.  —  Traduction  en 
vers  français  de  diverses  homélies  de 
Jacques  de  Saroug,  VII,  'ilO:  VIII,  12,  l'i7, 
252:  IX,  61,  1^3.  —  Homéli<-  sur  les  con- 
fesseurs du  Vendredi,  IX,  192.  —  Homélie 
de  Moyse  bar  Cépha  sur  la  fête  et  la  dé- 
couverte de  la  Croix,  IX,  2'25.  —  Quelques 
autographes  de  Michel   le  Syrien,  IX,  .378. 

—  Sur  les  Yézidis,  X,  15'i,  172.  —  Traduc- 
tion de  Némésius.  X.  331. 

Syrie.  1,  217;  II.  107. 

Syrie  à  la  veille  de  l'occupation  Tulunide 
(avant  878),  I,  3'i. 

Table  alphabétique  de  tous  les  noms  (|ui 
hgurent    dans   les    colophons -des  manus- 


crits .syriaques  récemment  acquis  à  Paris, 

VI,  315. 

Tagra,  pays  vers  Antioclie,  X,  19. 

Talia,  enfant  de  deux  ans  martyrisé  un  grand 

nombre  de  fois,  couronné  le  8  août.  X,  15-16. 
Talil,  martyr  (jui  a  un  temple  à  Cyr  eu  Syrie, 

X,  15. 
Tammouz  et -Aphrodite,  X,  104. 
Tamoul  (Manuel),  I.  .'«5. 
Taous  (ou  théos).  V.  Mélek  Taous. 
Targum  des   prophètes  (Le  Messie  dans  le), 

VII,  108. 

Tasita.  village  sous  la  dépendance  d'Amid. 
à  un  mille  au  sud  de  la  Montagne  dt  Galas. 
\,  60. 

Tcha^vichs.  sacristains  chez  les  Yézidis.  X, 
'251. 

Tegourta  Heraclidis.  Ce  titre  doit  être  tra- 
duit :  «  traité  (ou  livre)  d'iléraclide  »,  IV,  208. 

Testament  de  Notre-Seigneur,  deux  apocr\- 
phes  arabes.  I,  'i27. 

Tfinkdji  Joseph,  traducteur  d'un  texte  sy- 
riaque sur  les  Yi'zidis'.'X,  185.  Cf.  ^16-7. 

Théodore  Abou  Kura,  I,  103:  ses  œuvres. 
VI,  217.  :;.  ■  1--  ■'    : 

Théodore,  asc'ete  de  CaScar,  X,  31. 

Théodore  bar  Khoni,  !,  m.    ■ 

Théodore  de  Mopsuesle.  Dispute  avec  les 
Macédoniens,  VI,  2.'i6-7.  Ce  texte  a  été  édité 
Pdtr.  or.,  t.  I\.  —  Cf.  IX,  110.  —  Son  œuvre 
exégélique,  VIII,  'i46. 

Théodose,  empereur,  a  une  Mlle  possédée  du 
démon,  X,  20. 

Théodose,  éyrque  d'Alexandrie.  Canons,  IV, 
9,  120.      ■ 

Théologie  morale  pour  les  missions  d'Orient. 
VI,  21'i.  .      , 

Théophile  d'Alexandrie.  Visfo-n  sur  le  séjour 
de  la  \ierge  en  Kg\pte,'A  ,'J25,"— ,  Homélie 
sur  le  jugement  particulier,  Mlh  79-83. 
Cf.  IX,  22'4.  —  Discussion  avec  un  moine  au- 
dien,  X.  92,  113.  —  Lettre  dans  la  vie  de 
Sérapion,  IX.  103. 

Théophile  le  Persan,  I,  8. 

Thessalonique.  Topographie  et  histoire,VII  1, 
105. 

Thomas  (S.i.  Sa  légende.  Vil,  446.  —  Homélie 
de  Jacques  de    Saroug  sur  saint  Thomas, 

VIII,  l'i7. 

Thomas.  Deux  homélies  éthiopiennes  sur 
saint  Thomas  attribuées  à  saint  Jean  Chry- 
sostome.  Cf.  IX,  448. 

Thomas,  évèque  de  Dara,  IV,  113.—  Son  opi- 
nion sur  la  célébration  de  la  Pàque.  V,  243. 

Thomas  le  Xestorien.  Discussion  à  Alexan- 
drie avec  Parthénios,  diacre  chalcédonien, 
IV,  314. 

Tigré  (Description  du),  VU,  220.  —  VocabUr 
laire,  VIII.  109. 

Timothée,  patriarche  d'Alexandrie.  Ses  ques- 
tions. IV,  35. 

Timothée  Eliire.  Sa  chrislologie.  IV.  99. 

Tiomteh  ou  Beit  'Arbaïé  a  un  roi,  IX,  4.39. 

Tiridate,  roi  d'Arménie,  recourt  à  Abraham, 
maître  de  Barsauma,  IX,  417. 

Tobie.  In  mot  liThreu  dans  Tobie  (il.  lu  VI. 
4'29. 


TA  RLE    DKS    MATIERES. 


481 


Traditions  iiiu^iilMi;nii'>  sur  ClioiKIi  'Adi, 
\.  I'i9. 

Traductions.  Ouvrage  grec  Mllrilmé  ;i  Apol- 
lonius de  Tyiine  Iraduil  (en  syria<iue  '.').  puis 
en  arabe,  enfin  en  latin,  11,  Wt. 

Transcription,  rationnelle  générale  des 
noms  géographiques,  I,  'i'i7. 

Troie,  son  histoire  chez  les  Syriens,  III.  00. 

Tukulti  Ninip  II,  roi  d'Assyrie.  Ses  annales. 
VI,  '4?i6. 

Turcs.   Massacres  des  Arméniens,  \lll.  Kts. 

Turmeda  Anselme  (Dispute  de  l'âne  el  ili'. 
1\.  n\. 

■Vendredi.  Histoire  pour  l'observance  du 
vendredi,  \,  1>)2.  —  Cf.  1,  ^12:5;  II,  229. 

■Vendredi  des  Confesseurs  (Vendredi  ()iii  suit 
Pâques),  1\,  192. 

Victor  (S.),  son  monastère,  III,  'lO. 

Vieillards  (Les  2'i)  de  l'Apocalypse,  textes 
coptes,  Vil,  Uti\):  Mil.  /ill;  I\,  .i«. 

Vierge  (Sainte).  (■'.  nipilation  syriaque  ren- 
fermant son  histoire  et  vision  de  Théophile 
sur  son  séjcuir  c  K.c-,  ptf.  V,  12ri.  —  Version 
arabe  de  sa  dorniition.  \.  liil!.  -  Son  tom- 
beau. ^.  19(1 

■Wartaran.  père  de  Sapor.  voi  de  Pcise,  \. 
2;',. 

Yakoub  ibn  Klialis,  juif  converti  à  l'islam, 
vizir  d'Al-Mélek  al-Moëz.  IV,  ;W2.  —  Sa 
mort,  V,  .^52. 

Yaret  l'Alexandrin,  fils  de  Justuset  de  Pris- 
eille.  Son  histoire,  IX,  «2-?i'i0. 

Yasid  I.  Son  califat,  Vil,  ^.'59,  UUi.  —  Cf. 
■^ézid  et  "Vi-îidis. 

Yésid.  fil<  de  M.ia-iah.  Sa  légende,  \,  196, 
2'i.5.  -    Le  dieu  Yézid,  X,  2.'),),  256.  '261,  267. 

Yézidis.  Recueil  de  textes  el  de  docnments 
sur  les  Yézidis,  X.  l?i2-2()0,  225-277.  —  Secte 
kurde  fcuidée  par  'Adi,  Kurde  Tairahito, 
fils  de  Mosaffer,  fils  d'Ahmed,  procureur 
du  couvent  nestorien  de  ^ouhanan  (.leani 
qu'il  usurpa  plus  tard,  mis  à  mort  vers 
122.S.  Le  siège  de  la  secte  est  à  Cheikh-'Adi, 
près  de  Mossoul,  sur  l'emplacement  du 
couvent  usurpé.  Les  nestoriens  du  mont 
Sindjar  semblent  avoir  été  convertis  en  bloc 
à  la  religion  yézidie.  X,  327.  —  Il  résulte  de 
ces   origines    «pie    la    secte    se    rapproche 


beaucoup  du  christianisme  tel  que  des 
Kurdes  pouvaient  le  concevoir  et  le  prati- 
quer, avec  des  traces  de  paganisme  (gou- 
verneurs du  monde,  sept  dieux  inférieurs 
créés  par  le  grand  Dieu,  métempsycose) 
et  quelques  rares  emi)riints  à  l'Islam. 
Voir  les  règlements  de  Cheikh  "Adi,  X,  'i'iô. 
Voir  les  propriétés  du  grand  Dieu  Mélek 
Taous  (Théos),  1.56-9;  cf.  167-8.  —  On 
Inmvera  les  traditions  postérieures  surin 
création  avec  appcuts  païens  et  légendaires. 
159-161,  1«»H,  2;i.H-5,  2^^1-5.  —  Les  Yézidis 
ont  des  pèlerinage,  168-9,  '272-5;  des  règles 
morales,  2'i6.  2W  ;  des  sacrements  :  baptême. 
166,  199;  mariage,  199,  262.  Cf.  170,  n"  9 
(époques  ofi  le  mariage  est  défendu,  262); 
ordre,  2W-50  ;  enterrements,  169,  n"  6;  199, 
262  (extrême-onction)  :  purifications,  '266. Cf. 

170,  n"  12.  —  Ils  ont  des  jeûnes,  170,  n"  8; 
des  fêtes,  200,  26'i-7;  des  moines  (fakirs). 
250.  cf.2.'58;  des  chantres  (qavvals),  2.51  ;  des 
religieuses, 252;  des  «  'lnts,257-8;  des  inter- 
cesseurs, ■26.'5-^  ;  des  p  initions  sous  forme 
de  calamités  personnifiées,  260,  ou  par  mé- 
tempsycose, 26;i.—  Ils  pratiquent  l'aumône. 
260.  —  Ils  ont  des  nourritures  prohibées,  161, 

171,  n''l'i,  267-8,  et  des  castes.  199.  2'i9,  261. 
Youhanan    et   Icho'sabran   (.lean    et  .lésus 

noli'e   espoir),  vocable  du  monastère  nes- 
torien usurpé  par  Cheikli   'Adi,  X,  188.   — 
CI.  190,  note  ^i;  2'i6,  lignes  1-16;  259,  I.  U. 
Yzdafneh,  évèque  de  Cascar,  X,  ?,y. 

Zacharie  ou  Zoutâ,  évêque  de  Saraosate, 
disciple  de  Barsauma,  VIII,  .378;  IX.  125. 

Zacharie,  évêque  de  Saklia,  auteur  de  la 
\ie  de  Jean  le  Petit,  IX,  57. 

Zakkai.m()nuph\site  (vi«  siècle),  I,  'il9,  'i20. 

Zemzem,  sourc(>  à  Cheikh-'Adi,  \,  166, note  1, 
257,  265. 

Zeus  Cassios.  Son  temple  à  Péluse,  Vil,  lO'i. 

Zinai,  village    et   montagne,   I,   193,  196. 

Zohdam.  roi  des  Dailamites,  IX,  'j18. 

Zonigrat,  couvent  de  \far  Cyriaqne.  Son 
histoire,  X,  1.5'i. 

Zosime.  Chapitres  de  Zosime,  IX,  223.     - 

Zouquin  (Elisée  du  monastère  de),  en  903, 
VI,  'i38. 

Zozan,  montagne  du  Kurdistan,  X,  187,  188. 

Zuqninensis  (Codex  reseriptus  veteris  Te- 
stament I),  VI,  'i36. 


ORIENT   CHRETIEN. 


.11 


III 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  AUTEURS 


A.  G.  —  I.  105. 

Asbath  (Paul).   Vil.   280.   —  VIll.  2'il.   —  \. 

278. 
Asin  y  Palacios  vM.).  I.  251.  —  111.  fi". 

Babakhan  (.lacqiicsi.  Vil,  410.  —  VIll.  'r2, 
l'jT.  252,  -.V-iS.  —  l\.  61,  143.  —  \,  215. 

Bâcha    Le  R.  P.  h.'.  \l,  204. 

Basmadjian  (K.  J.).  V,  337.  —  M,  55.  — 
IX,  290.  358. 

Basset  (René).  II.  330.  —  VII,  220,  432. 

Beès  (Nikcs  A.),  VI,  433.  —  VII,  32,  268. 

Blochet  (E.),  I,  50,  113.  —  III,  346.  —  IV,  71. 

-  V,  282,  350. 

Bousquet  (J.),    I,   225,  334,  440.    —  11,   217. 

255. 
Bouvat  (Lucien),  III,  .3.34. 
Bouvier  (F.),  I,  '34. 
Brière  (Maurice),  IV,  155,  330.  —  V.  1.  108, 

221,  .332.  410.  445.  —  VI,  115.   214.-249,  346. 

434.  —  Ml.  106,  220.  .328.  —  VIII.  79.  —  I\. 

109. 
Brooks  (E.  W.),  V,  275. 

/ 
Chaîne  (Marins),  111.  212.  —  IV.  421.  —  Vil. 

45,  225,  395.  —  VIll,  36,  105.  183,  337.  —  IX. 

3,  247. 
Clédat  (J.),  VIII.  104. 

Conybeare  (Fred.  L.).  VUI,  396.  —  IX,  155. 
Crum  (W.-E.).  X.  38. 

Delaporte  (L.),  I,  101,  .301.  —  IV,  417.  ^  V, 
85,  133,  392.  —  VI,  85,  155,  239,  .368.  — 
Vil,  .390.;—  VHI,  84,  105,  '390,  411.  —  IX. 
58. 

Dib  (P.),  I.  217,  427.  —  V,  73,  157,  301,   .398. 

—  VI,  100,  128.  —  IX.    24.   266,    3.37.    —  X. 
104. 

Drioton  (El.).  X.  92,  113,  308,  3.37. 
Duval  (Ruljeiis).  su  mori,  \I.  224. 

Evetts  (B.),  I,  60,  130.  —  VI,   416.         Ml,  3. 

Françon  (J.),  VI,  161,  266.  —  \11,  199,  286, 
.328.  —  IX,  183. 

Gastoué  (Amédc-e),  I,   317,  445. 


Graffin  ^R-)-  ^-  215.  336. 

Grébaut  (Sylvain).  II.  139.  285.  380.  —  III, 
101.  166.  314.  .337.  —  IV,  90,  1.35.  220,  264, 
409,  414.  —  V,  42,  198,  215,  221,  .307,  .324. 
425.  —  VI.  72.  100.  167,  214.  225,  255,  356, 
424,  434.  —  Vil.  16,  113,  133.  212.  217,  244, 
302.  315.  328.  337.  427.  432.  —  VIII.  69,  92, 
97.  98,  100,  101.  105,  113,  121,  204,  206,  213, 
223.  277,  308.  317,  331.  417,  442.  —  IX,  17, 
93.  98,  174.  196,  199,  215,  324,  331,  347,  443. 
—  X,  33,  77.  82,  106,  129,  201,  207,  210,  211, 
408,  424.  431,  444. 

Griveau  (R.),  111,  298.  —  IV,  174,  276,  337.  — 
M,  68.  —  IX,  398,  441. 

Guerrier  (L.).  IL  1.  —  VIII,  223.  —  X.  68, 
133.       ' 

Guidi  (Ignace),  I,  337. 


H.  D.,  VI,  324. 

Kugener  (M. -A.),  L  217. 
443. 


IL  217.  330.  —  I\. 


Lagrange  (Fr.  M.-J.').  11.  414.  —  111.  1. 

Lallemant  (Gli.).  MI,  328. 

Legrain  [L.U  111.  219. 

Leroy  iLucien),  1,  149,  .371.  —  11.  190,  269.  — 

111,  24.  .33,  192,  219,  367.  —  IV,  50,  225.  380. 

—  V,  26.  162,  218,  255.  —  X,  330. 

Malvy  lA.).  L  440.  —  VIll,  105. 
Mangenot  (E.),  I,  92,  105,  424. 
Mokles  (K.),  I,  432. 

Nau  (François),  I.  102,  105.  198.  313.  327. 
.334,  430,  440.  —  II.  14,  43,  99,  107,  113,  125, 
171.  217,  225,  313,  3.30.  393,  419,  441,  444, 
445.  —  IIL  47.  90,  105.  113.  134,  205,  210, 
219,  266.  321.  329,  334,  406.  436.  444.  —  l\ . 
1,  98.  106.  113.  131,  208,  209,  220,  282,  298, 
330,  357,  424,  427,  443. —V.  53,  108,  113,125, 
173,  218,  221,  225,  325,  327,332,365.  271.  324. 
441,  442,  445.— VI,  1,  100,176,  200,  214,234, 
337,  422,  425,  434.  —  VII,  69,  74,.  100,  106, 
145,  204,  220.  294.  319,  324.  328.  347,  432.  — 
VIll,  3.  .53,  105,  124,  1.34.  137,  208,  223,  225, 


TABLE    ALPHABETIQUE    DES    AUTEURS. 


183 


270.  2S.S.  S2j,  .328.  3"5,  .S70.  '|Î|2.  —  1\,  ;«, 
101,  10.-,.  105.  109,  ILS,  192,  209,  215.  225, 
2-8,  XM.  .STS,  'au,  Vl7.  —  X.  S,  101,  110, 
Kl2,  217.  225.  .">,Vi,  'i05,  ?ifi2. 

O'  Brien,   \  |,  21'!. 

Périer  (A.-),  IX.  79,  302,  4îi5. 

Pétridès  (S.),  IV.  20.3.  —  V,  97. 

Placide  de  Mecsicr  (Dom).  I.  .S.Vi. 

Pognon  (H.\  X.  .328. 

Porcher  (K.).  Il,  119.  —  Mil.  168.  —  1\.  ()9. 

135.  —  X,  'iltt. 
Pressoir  (Jcau).  \  I,  .32'i,  'iSh. 
Puyade  (O.  Julien),  VII,  253,  258. 

Saba  (Joseph  B.  S.),  IV.  106. 
Savary  (A.),  VI.  396. 


Scher  (M^'  XMaï).  I.   1.   182.  'i03.  —  II.  9. 
Stanoyévitch  (St.).    X.  282. 

Tfinkdji   (.1.),   X.  I'i2.  225. 

Tisserant  (Eugène),  II.  209.  -  111,  81.  —  IV. 

1(16,  330,    'l'i.î.  —    \,  .330.    —  VI,  100.  —  IX, 

18S. 
Tournebize  [F.).  I,  7'i,  163,  274,  352.  —  IL 

22.  152.  280.  .3.56.  —  III,  72,  l'i2. 

Vailhé  (S.).   II.  70.    <•«.    298.   3.37.     -    III.   181, 
223.   389.    -   l\.  189.   2.56. 

"Wardrop  ((Jli\ier,i.  VIII.  .396.  —  IX.  155. 

Zanolli  (A.),  X,  332. 
Ziadeh  (J.),  X,  37-'i. 


Le  Directeur-Gérant  : 
F.  Chakmetant, 


Typographie  Firmin-Didol  el  C.  —  Paris. 


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'I^'  nai-x 


ipr  use  i»  lit»^^v«,' 


1-7  V.20 

Revue  De  L'Orient  Chrétien 

Princeton  Theological  Seminary-Speer  Library 


1    1012  00321   9831